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Les aliments bio à acheter

Les aliments bio à acheter | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

 

Les aliments qu’il vaut mieux acheter bio


On a l’impression que le mouvement en faveur de l’alimentation biologique est devenu populaire ces vingt dernières années, mais en réalité, c’est un concept bien plus ancien.


Avant la Seconde Guerre mondiale, tout le monde mangeait des fruits et des légumes biologiques, parce que toutes les récoltes étaient biologiques. C’est ensuite que de nombreux agriculteurs ont commencé à faire pousser les récoltes de façon « standard » — soit en les arrosant de nouveaux pesticides synthétiques et chimiques pour diminuer les mauvaises herbes, les insectes et les rongeurs.


Désormais, beaucoup d’entre nous entrent avec circonspection dans la section des produits frais, puisqu’on nous propose des fruits et légumes ayant été cultivés de deux façons différentes.

 

Ce billet donne un point de vue américanocentré sur l’agriculture biologique, LeHuffPost français a aussi mené l’enquête, en se demandant quels étaient les fruits et légumes les plus soumis aux pesticides.

 

Quelle différence entre les aliments biologiques et les aliments conventionnels ?

 

Les aliments conventionnels diffèrent des biologiques de plusieurs façons, comme l’utilisation de produits chimiques contre celles de fertilisants naturels pour nourrir la terre et les plantes. La plupart des agriculteurs utilisent aussi des herbicides synthétiques pour se débarrasser des mauvaises herbes, alors que les agriculteurs biologiques utilisent des composants écologiques. C’est pourquoi les produits bio contiennent bien moins de résidus pesticides que les aliments conventionnels.

 

La réglementation de l’USDA (Département de l’Agriculture des États-Unis) pour l’alimentation biologique interdit aussi l’utilisation d’additifs alimentaires et d’agents enrichissants, comme les édulcorants et colorants artificiels, les préservatifs et le glutamate de sodium. Les ventes mondiales d’aliments biologiques ont ainsi bondi de 1 milliard en 1990 à 29 milliards en 2011.

 

Cependant, ces chiffres ne représentent que 4, 2 % de l’ensemble des aliments vendus aux États-Unis durant cette même période. Et tandis que de plus en plus de gens achètent des aliments biologiques bons pour leur santé, on reproche souvent à ces aliments leur coût élevé.

 

Sur le rapport entre bénéfices et prix, certaines études émettent des doutes sur le fait que l’alimentation biologique aurait des bénéfices nutritionnels vraiment plus élevés comparés à l’alimentation conventionnelle.

 

Malgré les sceptiques, la communauté scientifique s’accorde de plus en plus à dire que de petites quantités de pesticides et d’autres produits chimiques ont de mauvais effets sur la santé. Les femmes enceintes et les mères devraient tout particulièrement y prendre garde, parce que des études ont montré que les fœtus et les jeunes enfants seraient plus affectés par une exposition nocive à de faibles niveaux de pesticides.


1) Les pommes de terre

 

Parmi les aliments qu’il faut acheter estampillés bio, les pommes de terre sont un must. Les pommes de terre cultivées conventionnellement ont l’un des taux de pesticides les plus élevés parmi les fruits et les légumes. En 2006, la USDA a découvert que 81 % des pommes de terre testées contenaient encore des pesticides après avoir été lavées et épluchées.


2) La viande de bœuf

 

Quand les animaux sont élevés de façon standard, ils sont nourris aux hormones et aux médicaments pour lutter contre les maladies et accélérer leur croissance — des éléments qui finiront inévitablement dans vos hamburgers et dans votre corps. Les hormones montent les taux d’œstrogènes et de testostérone des bœufs à un niveau anormalement élevé.

 

En retour, ces hormones peuvent avoir des effets assez importants sur notre corps. L’Union européenne a d’ailleurs interdit toutes les hormones dans la viande de bœuf. Par ailleurs, les agriculteurs biologiques essaient de préserver le milieu naturel de l’animal en le faisant paître à l’extérieur. Pour réduire les risques de maladies, ils appliquent la rotation des pâturages, maintiennent l’habitat des troupeaux propre et leur offrent un régime biologique équilibré sans farines animales.


3) Le lait

 

Pour augmenter la quantité de lait produit, on donne aux vaches élevées de façon standard de la rBGH (hormone bovine de croissance recombinée), interdite notamment en Union européenne et au Canada. Bien qu’il n’existe pas de preuves scientifiques que la rBGH peut avoir des effets négatifs sur les humains, il peut s’avérer néanmoins bénéfique de boire du lait sans rBGH, étant donné que l’American Cancer Society a établi que la rGBH pouvait avoir des effets négatifs sur la santé des bœufs.


4) Les pommes

 

Dans ce fruit populaire, la peau est une des parties les meilleures pour la santé, contenant des phytocomposants pouvant réduire le risque de cancer et de maladies cardiaques. Malheureusement, la peau est l’endroit où les pesticides s’accumulent, plaçant les pommes en haut de votre liste d’aliments biologiques prioritaires.


5) Les fraises

 

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi les fraises traditionnelles semblent parfois plus brillantes que leurs congénères biologiques ? C’est parce que certaines sont embellies au moyen d’une substance contenant du captane polluant à effet fongicide. Par ailleurs, les fraises importées sont souvent celles qui ont le plus de pesticides, parce que les restrictions en matière de pesticides ne sont pas toujours les mêmes dans les autres pays.


6) Le chou frisé (« Kale ») et les épinards

 

Si les épinards et le chou frisé contiennent de nombreux nutriments peu caloriques, ils sont souvent pulvérisés par plus d’une vingtaine de pesticides avant d’être mis dans nos salades et cuits dans nos omelettes. Une étude de l’USDA a montré qu’en général, les épinards contiennent 58 résidus de pesticides.


7) Les pêches

 

Bien que juteuses et délicieuses, les pêches sont haut placées sur la liste des fruits susceptibles d’avoir des résidus de pesticides et en contiennent des quantités généralement au-dessus des normes légales. Les polluants dans les pêches sont le captane et l’iprodione qui ont été associés au cancer.


Se mettre au bio peut aider notre planète

 

La production de l’alimentation non bio coûte bien plus à la planète que les quelques euros supplémentaires dépensés au magasin d’alimentation.

 

Avec le temps, les pesticides et les herbicides utilisés pour les récoltes des aliments conventionnels contaminent les nappes phréatiques, aggravent l’érosion et appauvrissent la terre. Ils peuvent aussi menacer les réserves d’alimentation des États-Unis en contribuant au syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (CDD), soit la mystérieuse mortalité des abeilles responsables de la pollinisation.


Mieux vaut un fruit ou un légume non bio que rien

 

Bien qu’il soit bénéfique pour notre santé et notre planète d’acheter autant d’aliments biologiques que possible, on peut avoir du mal à sortir l’argent supplémentaire pour en acheter, surtout en ces temps de crise économique. Si ça ne rentre pas dans votre budget, ne vous inquiétez pas. Le Environmental Working Group, une association à but non lucratif qui milite pour des politiques de santé globales et individuelles, a créé une liste de produits appelés les « Clean 15″, comprenant vos choix les plus sûrs. Ils contiennent le moins de pesticides et représentent les aliments conventionnels les moins risqués à consommer. Ces aliments comprennent les champignons, l’ananas, l’avocat, l’asperge, et les patates douces.

 

Rappelez-vous, c’est important de consommer beaucoup de fruits et de légumes dans le cadre d’un régime équilibré, et de ne pas sacrifier les bénéfices de cette consommation à cause d’un risque d’exposition aux pesticides. Passez au biologique quand cela vous sera possible, surtout pour les aliments que vous mangez le plus souvent et ceux qui contiennent le plus de pesticides, dont 7 sont décrits dans le programme Builtlean.

 

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En collaboration avec Koter Info, le site des étudiants de LLN - WSL

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Site "Koter Info" LLN-WSL-UCL


=  plus de 88.000 lecteurs du site

 

Avec tant de visiteurs différents, "Koter Infose targue d'être un site utile aux étudiants de Louvain-La-Neuve ou de Woluwé-Saint-Lambert-UCL.

 

Pour tout savoir sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve ou de Woluwé-St-Lambert-UCL, découverte, histoire, vie estudiantine, locations kots, photos, vidéos, cercles, kaps, etc...

 

Informations générales : Locations - Services - Adresses utiles, ne fusse que pour indiquer les grandes directions, mais c'est beaucoup plus !!!

 

En fait, Koter Info est un site en constante évolution avec plus de 90 pages à votre dispositon.  On y trouve tout se qu'il faut savoir quand on ne connait pas encore LLN ou WSL. 

 

Voyez par vous-même, cliquez ici ou sur le lien dans le titre ou dans la photo.


Duc

  

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"La Gazette" de LLN-WSL-UCL


=  plus de 85.000 lecteurs de La Gazette

 

Avec tous ces lecteurs (différents), c'est indéniablement "La Gazette" des campus de LLN & de WSL-UCL et environs.  On y lit des infos locales ainsi que des publications diverses intéressantes boudées généralement par les médias habituels.

  

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Dossiers de La Gazette


La Gazette de "Koter Info" a suivi plusieurs aventures d'équipages estudiantins néo-louvanistes ou liés à Louvain-La-Neuve au fameux Raid 4L Trophy destiné aux étudiants. Si vous voulez revivre ces aventures au jour le jour, de la préparation de la 4L à la fin du raid au Maroc, les photos, les vidéos et les reportages journaliers ont été rassemblés dans un dossier complet.

 

La Gazette a également créé un dossier reflétant les pages du site "Koter Info" et leur contenu avec un lien direct vers chacune des pages : "vitrine du site Koter Info"


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Koter Info's curator insight, January 14, 3:51 PM

 

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Des Israéliens refusent la guerre

Des Israéliens refusent la guerre | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


50 réservistes israéliens refusent de servir dans la guerre à Gaza


Le Washington Post cite l’opposition croissante à la lutte sur le terrain


Plus de 50 anciens soldats israéliens ont refusé de servir dans la force de réserve de la nation, citant un regret de faire partie d’une armée qu’ils disent jouer un rôle central dans l’oppression des Palestiniens, a rapporté mercredi le Washington Post.

 

 

Par Forward.com, le 23 juillet 2014

 

Lire la suite :

http://forward.com/articles/202671/-israeli-reservists-refuse-to-serve-in-gaza-war/ # ixzz38SYgCFo9

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Pourquoi choisir le bio ?

Pourquoi choisir le bio ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Tous les fruits, légumes, et céréales destinés à l'alimentation humaine, peuvent aujourd'hui bénéficier de l'appellation "Produit Bio" à condition de respecter un cahier des charges très précis qui garantit la qualité des produits.


Ce cahier des charges est défini par une réglementation européenne (Règlement du 5 septembre 2008, appliqué depuis le 1er janvier 2009). Il concerne toutes les étapes de la filière bio : production, préparation, transformation, stockage, conditionnement, transport, apport d'ingrédients, conservation...


Principales exigences de l'agriculture bio


Pour que les produits agricoles bénéficient de l'appellation " bio " il faut obligatoirement qu'ils soient cultivés par des agriculteurs bioqui, eux-mêmes, pour bénéficier du statut d'agriculteurs bio, doivent s'engager :


  • à exclure les engrais chimiques de synthèse, donc non naturels ;
  • à exclure les pesticides se synthèse (insecticides, herbicides, fongicides) ;
  • à exclure les OGM
  • à favoriser la biodiversité ;
  • à préserver la biologie naturelle des sols ;
  • à recycler les matières organiques naturelles ;
  • à assurer la rotation des cultures ; 
  • à utiliser des engrais verts, naturels ;
  • à prévenir ou traiter les maladies des plantes et les parasites en n'utilisant que des produits naturels ;
  • à exclure l'ionisation (irradiation) pour la conservation des produits.
  • à exclure l'hydroponie (agriculture hors sol).
  • par ailleurs, avant de pouvoir bénéficier du label bio, il faut que le terrain sur lequel les fruits et légumes sont produits ait été cultivé selon le cahier des charges bio pendant au moins trois ans.
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Ils parlent de Tsahal

Ils parlent de Tsahal | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Micha, Dana, Noam, et Mikhael ont combattu pour Tsahal.


C'est la première fois que des officiers israéliens manifestent à visage découvert leur contestation à propos des exactions infligées dans la bande de Gaza, entre 2000 et 2009.


Des grenades pour faire peur

« On déboule dans un village palestinien à 3 heures du matin et on se met à lancer des grenades étourdissantes dans les rues. Pour rien, pour faire peur. On voyait les gens se réveiller affolés... On nous raconte que cela fait fuir les éventuels terroristes. N’importe quoi... Par rotation, on faisait ça toutes les nuits. La routine. On nous disait “Bon­ne opération”. On ne comprenait pas pourquoi. »


Voler un hôpital

« Une nuit, nous avons l’ordre d’entrer de force dans une clinique d’Hébron qui appartient au Hamas. On confisque l’équipement : ordinateurs, télépho­nes, imprimantes, d’autres choses, il y en a pour des milliers de shekels. La raison ? Toucher le Hamas au portefeuille, juste avant les élections du Parlement palestinien, pour qu’il perde. Le gouvernement israélien avait officiellement annoncé qu’il n’allait pas tenter d’influencer cette élection... »


« On a tué un type par pure ignorance »

« On ne savait pas que, pendant le ramadan, les fidèles sortent dans la rue à 4 heures du matin avec des tambours pour réveiller les gens, qu’ils mangent avant le lever du soleil. On identifie un type dans une allée qui tient quelque chose, on lui crie “stop”. Là, si le “suspect” ne s’arrête pas immédiatement, la procédure exige des sommations. “Arrêtez ou je tire”, puis on tire en l’air, puis dans les jambes, etc. En réalité, cette règle n’est jamais appliquée. On l’a tué, point. Et par pure ignorance des rites locaux. »


Les paysans en larmes

« Nos excavateurs dressent une barrière de séparation en plein milieu d’un champ de figuiers palestinien. Le paysan arrive en larmes : “J’ai planté ce verger pendant dix ans, j’ai attendu dix ans qu’il donne des fruits, j’en ai profité pendant un an, et là, ils me le déracinent !” Il n’y a pas de solution de replantage. Il y a des compensations seulement à partir de 41 % de terre confisquée. Si c’est 40 %, tu n’as rien. Le pire c’est que peut-être demain ils vont décider d’arrêter la construction de la barrière. »


Rendre ses galons, redevenir soldat

« On installe des check points surprises. N’importe où, ça n’est jamais clair. Et soudain on arrête tout le monde, on contrôle leur permis. Il y a, là, des fem­mes, des enfants, des vieux, pendant des heures, parfois en plein soleil. On arrête des innocents, des gens qui veulent aller travailler, trouver de la nour­riture, pas des terroristes... J’ai dû le faire pendant cinq mois, huit heures par jour, ça m’a cassé. Alors j’ai décidé de rendre mes galons de commandant. »


« Notre mission : déranger, harceler »

« On est à Hébron. Comme les terroristes sont des résidents locaux et que notre mission est d’entraver l’activité terroriste, la voie opérationnelle c’est de quadriller la ville, entrer dans des maisons abandonnées, ou des maisons habitées choisies au hasard – il n’y a pas de service de renseignement qui nous pilote –, les fouiller, les mettre à sac... et ne rien trouver. Ni armes ni terroristes. Les habitants ont fini par prendre l’habitude. Ils sont irrités, dépressifs, mais habitués car ça dure depuis des années. Faire souffrir la population civile, lui pourrir la vie, et savoir que cela ne sert à rien. Cela engendre un tel sentiment d’inutilité. »


« Les punitions collectives »

« Mes actes les plus immoraux ? Faire exploser des maisons de suspects terroristes, arrêter des centaines de gens en masse, yeux bandés, pieds et mains liés, les emmener par camions ; pénétrer dans des maisons, en sortir brutalement les familles ; parfois on revenait faire exploser la maison ; on ne savait jamais pourquoi telle maison, ni quels suspects arrêter. Parfois, ordre nous était donné de détruire au bulldozer ou aux explosifs l’entrée du village en guise de punition collective pour avoir hébergé des terroristes. »


« Protéger des colons agressifs »

« On débarque dans le district de Naplouse pour assurer la sécurité des colons. On découvre qu’ils ont décidé d’attaquer Huwara, le village voisin, palestinien. Ils sont armés, jettent des pierres, soutenus en cela par un groupe de juifs orthodoxes français qui filment, prennent des photos. Résultat : on se retrouve pris entre des Arabes surpris, terrorisés, et notre obligation de protection des colons. Un officier tente de repousser les colons dans leurs terres, il reçoit des coups, il y a des tirs, il abandonne. On ne sait plus quoi faire : les retenir, protéger les Palestiniens, nous protéger, une scène absurde et folle. On a fini par faire retourner les agresseurs chez eux. Une dizaine d’Arabes ont été blessés. »


Assassiner un homme sans armes

« On est en poste dans une maison qu’on a vidée de ses occupants, on soupçonne la présence de terroristes, on surveille, il est 2 heures du matin. Un de nos tireurs d’élite identifie un mec sur un toit en train de marcher. Je le regarde aux jumelles, il a dans les 25-26 ans, n’est pas armé. On en informe par radio le commandant qui nous intime : “C’est un guetteur. Descendez-le.” Le tireur obéit. J’appelle cela un assassinat. On avait les moyens de l’arrêter. Et ça n’est pas un cas unique, il y en a des dizaines. »

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Gaza ou simplement gaz ?

Gaza ou simplement gaz ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


La guerre de Gaza cache-t-elle, derrière un alibi militaire, la volonté israélienne de reprendre une zone géographique permettant à l’Etat hébreu de revendiquer les gisements gaziers? Le débat avait été lancé dès la découverte des gisements sous-marins au début de ce siècle, mais la nouvelle offensive de Tsahal relance la polémique.


Voici quelques jours, le ministre israélien de la Défense, Moshe Ya’alon, avait annoncé que l’opération militaire contre le Hamas s’étendrait "par tous les moyens à notre disposition… Le prix payé par l’organisation –le Hamas- sera très lourd ".


Mais, rapportait le Guardian du 9 juillet, dès 2007, juste avant l’opération militaire "Plomb Fondu" dirigée contre la bande de Gaza, le même Moshe Ya’alon s’inquiétait déjà d’une source de gaz naturel découverte en 2000 au large des côtes de Gaza. L’actuel ministre avait dit craindre, à l’époque, que cette source potentielle de revenus ne serve pas à aider à la construction d’un Etat palestinien, mais bien à financer des attaques terroristes contre Israël.


Il avait alors évoqué la possibilité, pour le Hamas, d’utiliser ces fonds pour attaquer le Fatah: "Sans une opération militaire permettant de chasser le Hamas des postes de commande de Gaza, aucun forage ne peut débuter sans l’accord du mouvement islamistes radical ". L’opération Plomb Fondu n’avait, à l’époque, pas permis d’atteindre ses buts (éradiquer le Hamas), mais avait coûté la vie à près de 1400 Palestiniens dont 773 civil et 9 Israéliens (dont 3 civils).


Selon un spécialiste des enjeux énergétiques mondiaux que nous avons interrogé mais qui a voulu conservé l’anonymat, la découverte de champs gaziers au large de la bande de Gaza remonte à l’an 2000. Les campagnes de recherches assurées par British Gaz (BG) ont mené dans un premier temps à la découverte de gaz naturel au large de Gaza et, ensuite dans les zones offshore israélienne et chypriote.


A ce jour, à cause de la situation politique de la région, aucune des ressources de la zone de Gaza n’a pu être mise en exploitation. "Les conditions globale ne le permettent pas. BG a essayé de définir les règles d’exploitation, mais cela n’a jamais été possible et les tentatives ont été abandonnées il y a quelques années", nous a déclaré notre interlocuteur.


En 2009, Jean-Michel Vernochet, journaliste et géopolitologue français déclarait dans une interview que "British Gaz s’est chargé des opérations et dispose d’un contrat d’exploitation de recherche de 25 ans." Ce contrat aurait été négocié avec les Palestiniens, puis renégocié avec l’Etat Israélien. Selon d’autres sources, des négociations auraient aussi eu lieu entre l’Autorité Palestinienne et le russe Gazprom pour développer le champ gazier de Gaza.


La seule certitude est que depuis la découverte en 2000 de ces ressources gazières, la guerre de l’énergie donne un nouveau visage au conflit dans un contexte où les besoins énergétiques d’Israël sont en croissance. On peut lire dans le Guardian que Mark Turner, fondateur de Research Journalism Initiative explique le siège de Gaza par l’ambition d’Israël d’éliminer la puissance du Hamas dans la bande de Gaza afin de "générer un climat politique permettant de mener à un accord sur le gaz". Cela passerait donc par la reprise du pouvoir du Fatah et de Abbas sur la bande de Gaza.


En 2012, le premier ministre Benjamin Netanyahu appelait aussi de ses vœux un accord sur le gaz de Gaza. Mais déjà à l’époque le Hamas, exclu des négociations, avait rejeté par avance la légitimité de cet éventuel accord qui n’est d’ailleurs jamais intervenu.


La position du ministre Ya'alon (du moins celle qu’il exprimait en 2007) est plus catégorique. Il craignait que, même dans la perspective d’une éradication du Hamas de la bande de Gaza, le contrôle par la Palestine de ses propres ressources de gaz n’augmente fondamentalement l’influence de l’Etat Palestinien.


Les gisements découverts constituent un élément géostratégique important. Et parmi eux les "Leviathan field” situés plus au nord, loin des côtes de Gaza. Les ressources sont estimées à près de 500 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Un tel volume pourrait transformer Israël en exportateur net vers l’Europe, la Jordanie et l’Egypte.


Le problème est que ces dizaines de milliards de mètres cubes de gaz et 1,6 milliard de barils de pétrole se trouvent dans une zone marine frontalière que plusieurs pays se disputent: Israël le Liban et Chypres.


Depuis un an (mars 2013) Israël peut compter sur des ressources gazières propres grâce à la mise en œuvre du champ de Tamar, situé dans la zone israélienne. Outre la consommation nationale, cette poche de gaz naturel va permettra à Israël d’exporter une partie de la production vers la Jordanie.


Israël ne dispose pas encore de ressources pétrolières, mais une campagne de recherche a débuté cet été sous la poche de gaz de Tamar dans l’espoir d’y trouver des gisements pétroliers.


Après des débats politiques, Israël pourrait ainsi exporter jusqu’à 60% de ses réserves, le solde servant à assurer ses propres besoins en gaz, nous a déclaré un spécialiste du commerce gazier mondial. Mais comme rien n’est simple, des scientifiques israéliens ont mis le gouvernement en garde contre l’insuffisance de ces ressources pour supporter à la fois sa consommation interne et ses exportations.


Durant les prochaines décennies “Nous pensons que la consommation domestique en gaz naturel augmentera d’ici 2020 et qu’il ne faudrait pas exporter" peut-on lire dans le Guardian. Dans le même sens, Gary Luft – un conseiller de l’US Energy Security Council a pour sa part écrit dans le journal of Energy Security qu’Israël pourrait être confronté à une crise énergétique d’ici quelques années. Il incite Israël à diversifier ses sources d’approvisionnement.


Entre la volonté d’Israël d’assurer son indépendance énergétique et le scénario d’une guerre de défense qui servirait en réalité à s’attribuer le gaz offshore de Gaza, les spéculations vont bon train. L’auteur Jean-Michel Vernochet établit un parallèle avec le Golan qui, selon lui, est moins un promontoire aux atouts militaires qu’une vaste réserve d’eau. Raison de son intérêt stratégique pour Israël. Plus que jamais, l’énergie (et son contrôle) reste un pion essentiel du jeu d’échec diplomatique et militaire qui se joue au Moyen-Orient.


Jean-Claude Verset


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USA & démission de Iatseniouk

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Légende photo : Jeffrey Pyatt et Arseny Iatseniouk



Les USA et la démission de leur protégé


Arseny Iatseniouk, protégé des USA et du grand capital polonais (son ascension politique a été financée par le milliardaire polonais, sous-traitant principal de l’industrie automobile allemande dans son pays Zbigniev Drzymala) a présenté sa démission au parlement ukrainien, hier après-midi.


Cette décision était le résultat de la sortie des partis UDAR ! (de Vitali Klitschko) et SVOBODA (d'Oleg Tiagnibok) de la coalition et des pressions de Piotr Porochenko qui veut des élections anticipées, le plus rapidement possible, afin d’avoir la majorité acquise.


L’ambassadeur des États-Unis Jeffrey Pyatt, qui est le parrain politique d’Arseny Iatseniouk depuis au moins l’été 2013 (Iatseniouk avait alors fait la tournée des grands-ducs à Washington), pris de désespoir, a craché le morceau, devant la TV ukrainienne 112 :


«Les États-Unis ont fait de gros investissements politiques en Ukraine. Et maintenant je suis inquiet, par la démission, hier, du gouvernement. Cela se passe au moment où se préparent des paquets de crédit de plusieurs milliards de dollars.»




«N’importe quel gouvernement élu constitutionnellement doit faire de sérieuses réformes économiques. Je rappelle qu’il existe des exigences du FMI, et la nécessité de suivre cette voie, surtout quand les premières mesures sérieuses ont été prises.»


La feuille de route est donc donnée : L’Ukraine a ordre de continuer dans les réformes libérales et dans la casse des salaires, quelle que soit la couleur du prochain gouvernement. Les Ukrainiens des classes populaires sont donc prévenus par le maître de leur pays.



Par Rhalauniov pour lemonderusse.canalblog.com - le 25 juillet 2014



Source :

http://korrespondent.net/ukraine/politics/3397310-ssha-obespokoeny-otstavkoi-yatsenuika

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Ukr./crash - Exercice de la DCA

Ukr./crash -  Exercice de la DCA | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende et source photo : Crash d'un Boeing malaisien en Ukraine - © RIA Novosti. Andrei Stenin



Vol MH17 : exercices de la DCA ukrainienne près de Donetsk le jour du crash


Le jour du crash du vol MH17 en Ukraine orientale, des unités de DCA de l’armée ukrainienne se sont entraînées à ôter le verrouillage des systèmes de missiles Bouk-M1, une erreur de manipulation pourrait avoir causé le drame, a annoncé à RIA Novosti une source au sein de l’armée ukrainienne.


« Le 17 juillet, le commandant de la 156e unité de missiles sol-air a reçu l’ordre de mener un entraînement consistant à couvrir des troupes terrestres dans la banlieue de Donetsk – il fallait déployer des divisions, assurer le suivi des cibles, et réaliser tout l’éventail d’accompagnement et de destruction des cibles des systèmes aériens Bouk-M1 », a indiqué l’interlocuteur de l’agence.


Selon lui, malgré le fait que les clés permettant le déverrouillage des missiles aient été fournies aux commandants des batteries, aucun tir de missiles 9М38М1 n’était prévu.


« Afin de participer aux exercices, on avait envoyé à Dniepropetrovsk deux avions Su-25 depuis la base de Koubalkino 229 de Nikolaïev, où est déployée une brigade de l’aviation tactique. Ils avaient pour mission d’assurer la reconnaissance aérienne et de fixer les cibles de contrôle dans la zone de concentration de troupes de l’opération antiterroriste à l’ouest de Donetsk », a annoncé la source.


« Après l’entrée d’un des avions dans la zone de détection des systèmes Bouk, il a été accompagné par l’équipe de servants de la batterie située près du village de Zarochtchenskoïe. De toute évidence, par un hasard tragique et malgré la différence des plans horizontaux, au bout d’un certain temps les itinéraires des vols du Boeing malaisien et du Su-25 se sont confondus sur l’écran en un seul gros point, ce qui a été fatal pour le vol civil : au moment de la fusion de deux cibles en un seul indicateur, le système d’accompagnement se focalise uniquement sur celle qui a la plus grande surface », a-t-il poursuivi.


Cependant, la source n’a pas été en mesure d’expliquer la cause du tir non autorisé du missile.


« Les membres du Service de sécurité ukrainien (SBU, NDLR) s’occupent de cette question. Vers dix heures du soir, ils ont emmené le commandant de la batterie avec l’équipage », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il ne possédait aucune information sur l’évolution de l’enquête.


« Depuis 2001, suite à la tragédie de l’avion russe Tu-154 au-dessus de la mer Noire, presque tous les exercices impliquant des Bouk ont été interdits. Par suite, les militaires ont eu une expérience limitée à la maintenance technique de l’appareil et à la conduite » du véhicule supportant les missiles, a supposé la source au sein de la défense ukrainienne, insistant sur le fait que c’était son opinion personnelle.


Un Boeing 777 de Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s’est écrasé le 17 juillet dans la région de Donetsk (est de l’Ukraine). L’avion avec 283 passagers et 15 membres d’équipage volait à 10.050 mètres d’altitude. Les autorités de Kiev accusent les forces d’autodéfense de Donetsk d’être à l’origine du crash, mais les insurgés affirment ne pas disposer de systèmes capables d’abattre un avion à cette altitude.


Les États-Unis ont immédiatement affirmé que l’avion avait été abattu par un missile Bouk.


L’État-major russe a publié lundi 21 juillet ses données sur le crash du Boeing. Selon lui, l’avion a dévié de l’itinéraire initialement prévu et une activité excessive des radars ukrainiens a été constatée près de la zone de la catastrophe. Par ailleurs, selon l’armée russe, un avion de combat ukrainien évoluait dans le couloir aérien réservé aux vols de l’aviation civile peu de temps avant le crash du Boeing malaisien.


En 2001, un avion Tu-154 de la compagnie aérienne Sibir reliant Tel-Aviv à Novossibirsk s’est écrasé dans la mer Noire. Selon les enquêteurs, le crash qui a fait 78 morts a été provoqué par un missile S-200 tiré par les Ukrainiens lors d’exercices. La majorité des victimes étaient des ressortissants israéliens. Les tribunaux d’Ukraine ont toutefois refusé de reconnaître la culpabilité des militaires ukrainiens dans la tragédie.



Par la Rédaction de Ria Novosti – le 25 juillet 2014


Koter Info's insight:


La vérité commence à se dessiner !!!!


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Disparition de la France !

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Cherchez la France !


Mais la France a purement et simplement disparu, noyée sous les eaux.


Ah, la culture américaine !  Le "Los Angeles Times" a choisi l'option cartographique pour localiser les trois catastrophes aériennes successives de ce mois de juillet.


La Belgique devient le Finistère de l'Europe continentale. La Suisse, ravie, découvre l'océan : Genève a désormais les pieds dans l'Atlantique.


Même révolution cartographique pour l'Espagne et le Portugal, autrefois péninsule, et qui prennent avec fracas leur indépendance du continent.  Les voilà déconnectés de l'Europe, comme une presqu'île de l'Afrique.


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Les Belges les plus braves

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«De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves », qu’il disait... La formule, rebattue, a fait le tour du monde. Elle a fini par ne plus résister à l’épreuve du temps. Rendons à César ce qui lui appartient : son hommage appuyé aux « anciens Belges » est à prendre avec bien des pincettes. 

Ambitieux comme pas deux, le conquérant romain y est allé de Commentaires plus que tendancieux à propos de sa guerre des Gaules. Il peut ainsi se vanter d’avoir brouillé les pistes et induit en erreur une kyrielle de générations sur ce qu’était vraiment la Belgique gauloise de son temps. 

Pourtant, Jules César a aussi fait des heureux. Notamment tous ceux qui, historiens en tête, ont cherché à donner un lointain passé à la Belgique indépendante, toujours grande et belle. De bons clients pour la cause, ces anciens Belges « tellement braves » : tantôt « précurseurs de la résistance héroïque face aux Germains barbares et envahisseurs », tantôt « malheureuses victimes d’un génocide au nom de la latinisation de cette portion de la Gaule », pour reprendre les mots de Baudouin Decharneux, philosophe et historien des religions à l’ULB. 

Des barbares difficiles à mater 

En fait, on a mal compris César et détourné le sens de ses propos. « Loin d’illustrer l’esprit de résistance, ce passage fameux n’est en réalité guère flatteur pour ces mêmes Belges, affirme l’historien et archéologue Serge Lewuillon, attaché à l’Université de Picardie. En clair, pour le proconsul romain, les Gaulois ne sont jamais que des barbares, que le contact avec Rome promet de tirer de leur abrutissement. » Et si César juge les peuplades belges si braves, c’est parce qu’elles sont très éloignées de la Province romaine des bords de la Méditerranée, et donc difficilement accessibles et pas faciles à civiliser. 

Le général romain ne manque pas de logique : plus il progresse vers le nord, plus les tribus incultes qu’il rencontre se montrent imperméables aux bienfaits de la civilisation. Ainsi ces Nerviens, établis grosso modo sur le territoire de l’actuelle Belgique, allergiques au vin et à la monnaie qui font pourtant tout le sel d’une existence civilisée.

Dont acte : la bravoure des Belges n’était donc rien d’autre que le signe distinctif de leur condition de barbare... Les voilà remis à leur juste place. Du moins au stade actuel des connaissances que l’on en a. Que sait-on d’eux, au juste ? Qu’ils ne formaient pas un peuple, mais un maillage extrêmement complexe de tribus unies par des liens de parenté et d’alliances. Des gens comparables, en somme, aux turbulents Indiens d’Amérique du Nord aux XVIIIe et XIXe siècles. Auteur de travaux historiques sur la Gaule, Ugo Janssens décrit ainsi « une société qui ne connaissait jamais vraiment la paix, mais seulement des temps de pause entre les razzias, les escarmouches et les guerres tribales ». 

Morins, Ménapiens, Atrébates, Eburons, Nerviens, Trévires, Condruses, Aduatuques et autres Suessions : les tribus belges étaient légion. On en recense même quelques dizaines installées dans le sud de l’Angleterre. « Ces Belges sont les fondateurs de Londres, de Brighton et d’autres localités dont le nom se termine par « on », ou encore de Leicester », fait encore remarquer Ugo Janssens. Certains rois qui règnent outre-Manche au temps de César ont du sang belge dans les veines : Cassivellaunos, Commios, Volisios. 

Tous ces peuples devaient avoir la tête fort près du bonnet. César, pour sa part, les trouve extrêmement coriaces et très difficiles à mater. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir systématiquement le dessus. Non sans se pousser un peu du col, pour sa gloriole. « La valorisation de ses adversaires donnait encore plus de lustre aux hauts faits de César », pointe Baudouin Decharneux. 

Ces sauvages Gaulois n’existeraient pas qu’il aurait fallu les inventer pour la gloire du grand César. Le Romain a besoin des Belges, voisins de ces Germains constamment sur le sentier de la guerre. Sans cette menace permanente venue des bords du Rhin, point de hauts faits d’armes à se mettre sous la dent. 

Une guerre d’indépendance ? Trop simple 

Le penchant gaulois pour la zizanie convient aussi fort bien à ce manipulateur qu’est César. Il en fait une des clés de sa conquête des Gaules. Baudouin Decharneux : « Le conquérant romain impose peu à peu l’hégémonie de Rome en jouant finement sur les luttes d’intérêts et les alliances divisant et unissant les peuplades de la Gaule. » La bonne vieille tactique du « diviser pour régner » colle à merveille à la nature égocentrique et encline à la trahison que montrent les chefs gaulois. 

Il est arrivé que la situation se gâte dangereusement. Comme à l’hiver 57 avant notre ère, lorsqu’elle vire à l’insurrection quasi généralisée. « Ce n’est pas un peuple qui entre en campagne mais un groupement de peuplades plus ou moins liées au reste de la Gaule. » Difficile de percer ce qui se passait alors dans la tête de ces révoltés. 

« Reconnaître le sens authentique des révoltes gauloises n’est pas une mince affaire », objecte Serge Lewuillon. Une guerre d’indépendance, comme on l’a souvent prétendu ? Trop simple : « D’ailleurs, l’indépendance de quoi ? » interroge ce spécialiste français des Celtes. L’envie d’en découdre viendrait surtout d’un goût immodéré de « montrer son courage au combat, et d’obtenir de la considération », avance pour sa part Ugo Janssens. 

On est loin d’un plan de bataille concerté et mûrement réfléchi contre l’envahisseur romain. César, au milieu de tout ce tumulte, ne doit généralement guère forcer son talent militaire. « Il remporta plus de victoires par des intrigues et des promesses que par les armes », prolonge Ugo Janssens. Le général romain sait frapper vite et fort. Ses légions prennent ainsi de vitesse les rebelles, dont leurs alliés de la région de Reims s’empressent de retourner leur veste. « La résistance de la belle unité belge débute donc avec une trahison », appuie Baudouin Decharneux. On comptait déjà des collabos dans les rangs... L’image du Gaulois indomptable, épris de liberté, ne craignant juste que le ciel lui tombe sur la tête, en prend un coup au passage. 

Au final, une lutte très inégale. Les peuples gaulois sortent exsangues de huit années de guérilla. Certains de leurs chefs ont pourtant donné des sueurs froides au conquérant romain. Ambiorix l’Eburon ou encore Boduognat et ses Nerviens, lesquels ont été à deux doigts, en cette mémorable année 57 avant notre ère, de l’emporter sur le grand stratège autoproclamé. 

C’est un fait : César aimait réécrire l’histoire, et celle qu’il relate dans son De Bello Gallico est un morceau de choix. « En une campagne, deux batailles dont une fictive et un massacre, César s’était rendu maître du redoutable peuple belge qui semblait, quelques pages auparavant, menacer jusqu’à Rome... », ironise Baudouin Decharneux. Au final, « le mythe est bien pauvre et le courage des Belges assez pathétique ». 

On est pourtant bien forcé de se fier un minimum à la parole de César, pour essayer de deviner ce qui s’est passé dans nos régions à son époque. Eugène Warmenbol, spécialiste de protohistoire européenne à l’ULB, mesure tout l’apport du personnage : « L’histoire de la Belgique ne s’écrit pas de la même manière “avant” César ou “après” César. Avec lui, la Belgique entre dans l’Histoire. Avant lui, elle appartient à l’archéologie. » Que la Guerre des Gaules reste un ouvrage de référence, c’est une évidence. Avis au lecteur : « Gardons à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’un ouvrage d’histoire mais d’apologie et de propagande. » 

Le grand homme ne craignait pas d’être contredit. Aucune autre source écrite de l’époque n’existe pour recouper sa version. César, « ce grand menteur qui a déconstruit les événements pour mieux tirer la couverture à lui », dixit Eugène Warmenbol, reste difficile à prendre en défaut. L’archéologie, à ce stade, n’est pas d’un grand secours. C’est en vain que les archéologues cherchent toujours les traces irréfutables des campagnes de César sous nos latitudes. « Aucun des champs de bataille, aucun des cantonnements cités par le général romain n’ont pu être localisés avec certitude jusqu’à présent », recadre Eugène Warmenbol. Incontournable, insaisissable César.


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En clair : César ou Obama, même tactique et mêmes buts, seule différence : +/- 2.000 ans de distance !  -  Duc

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L'EIIL, autre ami de l'Otan ?

L'EIIL, autre ami de l'Otan ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


L'EIIL est-elle le relais en Irak et ailleurs de la «sale guerre» de la CIA, de l'OTAN et du Mossad ?


Le programme d'invasion de l'EIIL semble se calquer sur le plan USA et sioniste qui vise à balkaniser la Syrie, l'Irak et, dans un second temps, la Jordanie, l'Egypte et l'Arabie Saoudite.


Soutenue et renforcée par les forces atlantistes en Syrie, l'EIIL détient dans le nord de la Syrie un certain nombre de territoires géographiques. En voulant créer un Etat islamique en Syrie, l'EIIL a participé à sa balkanisation.


En Irak, la conquête de Mossoul, et de nombreuses autres villes sunnites participent également à l'émiettement de l'Irak sur des critères ethniques. Et plus récemment, l'EIIL a annoncé vouloir marcher sur la Jordanie en activant des cellules dormantes au sein de l'armée et des services secrets jordaniens.


Curieusement les étapes de conquête de l'EIIL favorisent la balkanisation de ces Etats selon les mêmes lignes que le plan sioniste révélé par Oded Yinon.


Ce plan envisage que pour survivre, Israël doit devenir une puissance régionale impériale et doit effectuer la division de l'ensemble de la zone en petits Etats par la dissolution de tous les États arabes existants. "Petit" ici dépendra de la composition ethnique ou sectaire de chaque état. Par conséquent, l'espoir sioniste est que les Etats sectaires de base deviennent des satellites d'Israël et, ironiquement, sa source de légitimation morale.


Ceci n'est pas une idée nouvelle, car elle avait déjà été évoquée en 1980 dans le plan de l'ancien premier ministre israélien Moshe Sharett (Terrorisme sacré d'Israël) où l'objectif était de morceler les Etats arabes en petits états. Une tentative fut appliquée au Liban.


Une stratégie beaucoup plus sophistiquée est-elle en place actuellement pour émietter l'ensemble des pays arabes dans la région au travers de groupements se revendiquant d'Al-Quaïda et s'appuyant sur des bases sectaires mais étroitement instrumentalisés par les services atlantistes et israéliens ?


Rappelons nous que jamais avant l'intervention directe atlantiste en Irak, en Libye et (indirecte) en Syrie, des troupes djihadistes n'avaient été présentes. Ce n'est que depuis les interventions atlantistes que les troupes se réclamant d'Al-Quaïda poussent comme des champignons dans la région.


Un certain nombre d'informations ne semblent pas être transmises par les grands médias atlantistes. Toutefois, dans certains médias plus indépendants, il a été évoqué des informations pour le moins troublantes :

  • selon The Telegraph, l'attaque de l'EIIL sur l'Irak était connue depuis 5 mois par la CIA et le MI6 et ceux-ci n'ont pas donné suite.
  • des membres de l'EIIL ont été formés en Jordanie, au Qatar et sont soutenus par l'Arabie Saoudite.
  • certains miliciens de l'EIIL auraient des passeports des USA selon la BBC. S'agit-il de simples Djihadistes états-uniens engagés ou bien sont-ils en lien étroit avec les services de renseignement US?
  • l'EIIL viserait à attaquer aussi la Jordanie.
  • par ailleurs, un expert militaire israélien a déclaré à la chaîne 10 de la télévision israélienne que l'Arabie saoudite et le régime israélien avaient coopéré à un très haut niveau pour préparer le terrain aux attaques de l'EIIL en Irak.


Selon Russia Today : "des fuites suggèrent que l'attaque militaire de grande envergure de l'EIIL et des militaires sunnites en Irak - et de façon moindre dans la Syrie voisine - a été contrôlée depuis la Virginie aux Etats-Unis, ainsi que par d'autres avant-postes de la CIA et du Pentagone dans la région comme une prochaine étape dans la diffusion du chaos en Irak, deuxième plus grand état producteur de pétrole, ainsi que pour favoriser l'affaiblissement des récents efforts de stabilisation syriens.


Les détails mêmes de la réussite militaire de l'EIIL dans le centre pétrolier irakien, Mossoul, sont suspects. Selon des journalistes irakiens bien informés, L'EIIL a pris possession de la région de Mossoul sans qu'un coup de feu ne soit tiré en résistance. Selon un rapport, les habitants de Tikrit ont déclaré avoir observé de façon surprenante des "soldats remettre leurs armes et leurs uniformes aux miliciens d'EIIL qui, normalement, sont connus pour tuer les soldats du gouvernement sur place."


Selon le New York Times, le cerveau derrière le succès militaire ISIS est l'ancien chef du parti Baas de Saddam Hussein, le général Ibrahim al-Douri. Douri serait le chef du groupe rebelle irakien "L'Armée des Hommes de l'Ordre de Naqshbandi" ainsi que le Commandement suprême pour le Jihad et la Libération en raison de ses positions de leadership de longue date dans la secte Naqshbandi en Irak.


En 2009, le général David Petraeus, à la tête du Commandement central des États-Unis lors de l'avancée irakienne, a affirmé aux journalistes que Douri était en Syrie. Des Parlementaires irakiens ont affirmé qu'il était au Qatar.


Le fait curieux, c'est que tout en étant sur la liste USA des plus recherchés depuis 2003, Douri a miraculeusement réussi à éviter la capture et à revenir pour se venger pour reprendre de grandes parties de l'Irak sunnite. A-t-il eu de la chance ou bien a-t-il des amis bien placés à Washington ?


Enfin le soutien financier pour les djihadistes de l'EIIL vient également de trois des plus proches alliés des États-Unis dans le monde sunnite à savoir le Koweït, le Qatar et l'Arabie saoudite."


Source : Blog Samlatouch


Reference : 

  • 1. The Zionist Plan for the Middle East 
  • 2. Washington relance son projet de partition de l’Irak (Voltaire.net)
  • 3. US plotting to reshape Mideast, Africa: Analyst Press TV
  • 4. La France et les USA veulent à nouveau attaquer la Syrie ! (Irib) 
  • 5. En bon atlantiste, Fabius regrette que les Etats-Unis n'aient pas fait la guerre en Syrie 
  • 6. Libye, Syrie. Qui sont ces terroristes soutenus par la France et les USA ?
  • 7. Les USA ont Officiellement armé des extrémistes en Syrie
  • 8. WND Blowback ? U.S. Trained ISIS At Secret Jordan Base 
  • 9. L'Etat islamique d'Irak (EIL) en passe de contrôler le nord-est de la Syrie. 
  • 10. Moon of Alabama Where Will ISIS Go Next ? 
  • 11. Israel’s Sacred Terrorism
  • 12. The Telegraph US and Britain were warned of Isis advance in Iraq but 'turned a deaf ear' 13. Al Arabiya Six cent Saoudiens combattent au côté d'Al-Quaïda en Syrie 
  • 14. De la Libye à la Syrie : les USA ont armé et formé les rebelles islamistes selon un documentaire de PBS (Vidéo)
  • 15.PBS Frontline Syrian Rebels Describe U.S.-Backed Training in Qatar
  • 16. BBC ISIS militants with US passports?
  • 17. Irib Alliance des espions israéliens et saoudiens
  • 18. Russia Today ISIS in Iraq stinks of CIA/NATO ‘dirty war’ op
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Un bonjour d'Irak

Un bonjour d'Irak | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant ont fait exploser le lieu de pèlerinage à Mossoul, où le prophète Jonas aurait été enterré.


D'après l'EIIL, la mosquée était devenue un lieu de renoncement à l'islam.


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France - Censure d'Internet

France - Censure d'Internet | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


En route vers la censure d’Internet !

 

C’est le genre d’article qu’on espérait ne jamais devoir écrire… Les députés ont voté mardi soir en commission des Lois le blocage administratif de sites faisant l’apologie du terrorisme, et ce, sans intervention de la justice. L’Assemblée devra se prononcer en plénière mi-septembre sur l’ensemble du projet de loi de lutte contre le terrorisme. Si le but est évidemment louable, la mesure est largement critiquée, dans la droite ligne des blocages prévus pour lutter contre la pédopornographie.


Quelques heures avant le vote, une commission spécialisée avait durement contesté le projet du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Dans sa recommandation, cette commission de réflexion sur le droit et les libertés à l’âge du numérique, créée en février pour éclairer les parlementaires sur ces questions, rappelle que « le préalable d’une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à respecter l’ensemble des intérêts en présence, lorsqu’est envisagé le blocage de l’accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques ». 


Coprésidée par le député socialiste Christian Paul et l’avocate Christiane Féral-Schuhl, la commission explique notamment que le blocage des sites est très difficile à mettre en œuvre. Mais le projet est bien parti pour être validé en septembre, d’autant qu’il est très cher au Premier ministre Manuel Valls, qui avait déjà fait un pas dans cette direction lorsqu’il était Place Beauvau. Aujourd’hui, comme pour tous les projets de loi concernant les libertés sur Internet (Hadopi, Loppsi 2, Loi de programmation militaire, etc.), quelques députés de tous bords qui ont compris le fonctionnement d’Internet semblent s’opposer, en vain, à l’éternel fantasme de contrôle d’Internet, que l’on retrouve autant à droite qu’à gauche.


La commission craint par ailleurs les blocages de contenus par erreur, c’est-à-dire l’inscription sur la liste noire de sites n’ayant rien à voir avec le terrorisme ou la pédopornographie, comme cela a été prouvé, par exemple en Australie. Le « retrait du contenu auprès des hébergeurs doit être privilégié sur le blocage lorsque ces derniers sont coopératifs », estime la commission.


Plusieurs autres voix se sont élevées contre le projet de loi socialiste. Reporters sans frontières (RSF), qui n’a pas pour habitude de critiquer la France, n’y va pas de main morte.

Selon son communiqué, le texte « pourrait engendrer un recul de la liberté d’information puisqu’il (…) prévoit le blocage administratif de sites internet et augmente les mesures de surveillance ».



Par News360x – le 25 juillet 2014

Source : Le Point

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LLN - "Altérez-vous" plus ...

LLN - "Altérez-vous" plus ... | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


" Altérez-vous "


Il y a cinq ans, deux couples d’amis ouvraient un café citoyen place des Brabançons à Louvain-la-Neuve, sans aucune expérience dans l’Horeca.


Aujourd’hui, le succès est au rendez-vous puisque des travaux de rénovation sont prévus pour janvier 2015. «Depuis la création d’Altérez-vous, nous avons évolué, grandi et appris, et le café citoyen a évolué avec nous», explique Patrick Ayoub, cofondateur et cogérant du café-restaurant.


Ce projet de réaménagement se chiffre à 100.000 euros. «C’est un budget conséquent mais il permettra notamment d’agrandir la cuisine pour la rendre plus opérationnelle afin de faire face à la demande de la clientèle et de pouvoir lui proposer une carte plus variée.»


Les quatre amis souhaitent également installer une scène fixe pour pouvoir accueillir plus souvent des spectacles et concerts. «Le budget pour la rénovation provient de nos fonds propres et d’un emprunt que nous avons dû faire, mais aussi et surtout d’investissements de coopérateurs, généralement des particuliers qui croient en notre projet», souligne Patrick Ayoub. Des bénévoles ont également rejoint l’aventure, pour aider lors des travaux.


Afin d’avoir une meilleure visibilité et un soutien notoire, l’équipe d’amis a proposé à Olivier De Schutter, professeur de droit international à l’UCL et rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU, de devenir l’ambassadeur d’Altérez-vous. «Il est vrai qu’on bénéficie de beaucoup d’aide, mais nous avons encore besoin d’un petit coup de pouce financier pour mener à bien ces travaux et diminuer le plus possible notre crédit», explique Sorina Ciucu Pislar, cofondatrice et cogérante.


Ces projets de rénovation comprennent l’aménagement d’une rampe pour permettre l’accès aux personnes à mobilité réduite.


Altérez-vous n’est pas un café tout à fait comme les autres. Cette coopérative à finalité sociale (dont la recherche du profit n’est pas la valeur centrale) se veut conviviale et responsable dans la consommation puisque tous les produits proviennent du marché équitable et sont garantis bio.


Altérez-vous c’est aussi un réel travail de sensibilisation auprès des clients. «Nous nous sentons très concernés par l’alimentation durable, l’eau, l’accord transatlantique pour ne citer que quelques exemples. Nous envisageons d’interpeller les clients de façon scénique, sans être trop intrusifs, aux moments où la fréquentation du café-restaurant est la plus forte», précise Sorina Ciucu Pislaru.


Interpeller sur des sujets d’actualité qui peuvent ensuite inciter à la discussion autour des tables, voilà une des originalités d’Altérez-vous.


L’année 2015 annonce donc un souffle de fraîcheur sur ce bar citoyen où se désaltérer est synonyme d’engagement.


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Aucune pub payante ici, mais pour toutes ces bonnes raisons, "La Gazette de Koter Info" soutient également (et gratuitement) "Altérez-vous".  -  Duc

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www.alterezvous.be

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Susan George & TTIP

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Illustration de Jochen Gerner pour Télérama



Susan George (*) : « La mobilisation contre le traité transatlantique est difficile à cause du secret »



C’est un des rares éléments positifs des élections européennes : les citoyens de la Communauté ont subitement découvert qu’une commission en fin de mandat négociait depuis un an un traité de libre-échange avec les États-Unis. Le TTIP ou Tafta, selon ses sigle et acronyme anglais, déterminera les futures normes du commerce international. L’omniprésence des multinationales dans les coulisses des négociations laisse craindre une « harmonisation » par le bas et une gestion des conflits par une justice privée. C’est la conviction de l’écrivaine franco-américaine Susan George, fondatrice d’Attac et plus récemment, avec Pierre Larrouturou, du parti Nouvelle Donne. À 79 ans, cette grande militante altermondialiste continue de monter au front. Elle analyse ici les menaces qui, selon elle, pèsent sur la démocratie.



Le débat sur le TTIP-Tafta a émergé pendant la campagne des élections européennes. C’est un début de fonctionnement démocratique, non ?


Susan George : Qu’on débatte ou non, ces négociations restent antidémocratiques, parce que personne ne dispose des textes, pas même les députés européens. Nous ne pouvons délibérer qu’à partir d’hypothèses. Or, seuls les députés de la Commission du commerce international sont informés de temps à autre par le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, qui leur dit ce qu’il veut bien leur dire. À l’issue de chaque cycle de négociations, nous ne savons pas ce qui a été discuté, ces gens ne sont comptables de rien, c’est secret, et une fois le traité signé, il sera irréversible.



Cela fait plus d’un an que les négociations ont commencé. Pourquoi le débat public n’a-t-il pas émergé plus tôt ?


S.G. : Déjà, avec l’AMI, l’Accord multilatéral sur l’investissement négocié secrètement entre 1995 et 1998 par les vingt-neuf pays de l’OCDE, nous avions eu beaucoup de mal à mettre le débat sur la table. La mobilisation est difficile à cause du secret, mais aussi parce que les médias considèrent que ces accords, « c’est trop compliqué pour les gens ». Et, de fait, dans les détails, c’est compliqué. Mais je peux démontrer, dans les grandes lignes, que ce projet de traité constitue un assaut frontal contre les pouvoirs législatif et judiciaire de tous les pays d’Europe. Un gouvernement qui voudra légiférer sur l’alimentation, la médecine, l’environnement, le social, pourra être attaqué devant des tribunaux privés par une entreprise estimant que ses profits actuels, ou même futurs, sont entamés par ces mesures. « La régulation à l’américaine est fondée 
sur l’après-coup, et sur les procès. »



Pourquoi l’Europe et les États-Unis négocient-ils aujourd’hui ?


S.G. : C’est une histoire de vingt ans. Ce traité pour la libéralisation des échanges est préparé depuis 1995 par les entreprises transnationales de part et d’autre de l’Atlantique. Il y a d’abord eu le Transatlantic Business Dialog, soixante-dix entreprises réunies secteur par secteur, automobile, aéronautique, chimie, dans le but « d’harmoniser » les normes, selon leurs mots. En Europe, BusinessEurope, dont Ernest-Antoine Seillière a été le président, est aussi très efficace. Et n’oublions pas la Table ronde des industriels européens, composée des PDG des compagnies les plus puissantes, qui ont apporté très souvent des plans à la Commission européenne. C’est beaucoup plus qu’un lobby, chacun de ces grands patrons peut avoir accès à tout instant au plus haut niveau politique. Ce que veut la Table ronde, c’est la « régulation » des échanges et des tribunaux d’arbitrage.



Qu’entend-on par « régulation » ?


S.G. : Les Américains considèrent que nos méthodes sont antiscientifiques. En Europe, lorsqu’on a un doute raisonnable sur la nocivité d’un produit, on applique le principe de précaution. On l’a fait pour les OGM et certains pesticides. Mais les Américains considèrent que notre refus des OGM et des pesticides est une offense quasi criminelle. C’est cela qu’ils veulent changer. Ils veulent « réguler », c’est-à-dire, en fait, harmoniser par le bas. Eux aussi font de la régulation, ils ont des bureaux pour ça, pour chaque secteur industriel, mais en l’absence de preuve absolue de la nocivité d’un produit, ils laissent courir. Leur philosophie, c’est : s’il y a des dégâts, il y aura des litiges, et à travers ces litiges, on pourra éventuellement renforcer les régulations. Dans la pratique, General Motors a fini par rappeler un million de véhicules après un bon nombre d’accidents mortels. Une coalition de victimes d’accidents a obtenu des tribunaux qu’on réexamine les voitures. La régulation à l’américaine est fondée sur l’après-coup, et sur les procès.


 

Comment savez-vous que ces questions sont en jeu dans les négociations du traité ?


S.G. : Soixante-quatre grandes fédérations de producteurs agricoles américains ont demandé à leurs négociateurs « un chapitre ambitieux fondé sur la science », ils veulent qu’on mette fin aux « restrictions non justifiables qui impactent négativement les exportations des États-Unis », aux barrières « qui empêchent la liberté d’exportation du maïs et du soja transformés, et qui imposent des exigences environnementales arbitraires ». Les Américains sont hostiles aux étiquettes sur les produits et, pour eux, le champagne ou les fromages sont des produits « génériques » qui n’ont pas besoin d’appellations d’origines contrôlées. Ils attaquent aussi la directive européenne sur les produits chimiques Reach. Aux États-Unis, pour la fracturation hydraulique qui permet d’exploiter les gaz de schiste, une entreprise n’est pas obligée de dire quel produit chimique elle injecte dans le sol.

« Toute firme qui estime que ses profits 
sont entamés par l’action d’un gouvernement 
pourra attaquer ce gouvernement. »



Que faut-il craindre si le traité voit le jour ?


S.G. : Il faut comprendre que ce traité, qui s’appelle en anglais « Transatlantic Trade and Investment Partnership » (TTIP), portera peu sur le commerce (trade), parce que nos tarifs douaniers sont déjà très bas, mais bien sûr l’investissement. Les investissements croisés entre l’Europe et les États-Unis représentent 3 000 milliards de dollars. Avec ce traité, toute firme qui estime que ses profits sont entamés par l’action quelconque d’un gouvernement pourra avoir recours à un système d’arbitrage privé, et attaquer ce gouvernement.



Pourquoi les États se laissent-ils faire ?


S.G. : Les tribunaux d’arbitrage – qui sont des tribunaux privés – existent déjà dans de nombreux traités de commerce bilatéraux. Après l’enlisement des négociations mondiales qui ont suivi l’adoption en 1994 des accords de l’OMC, beaucoup d’Etats, poussés par leurs grandes entreprises, ont signé des traités bilatéraux. Et dans tous ces traités ou presque, il y a un chapitre « arbitrage ». Par exemple, Veolia Environnement fait un procès au gouvernement égyptien, notamment parce que celui-ci a augmenté le salaire minimum, ce qui entame les profits de l’entreprise. Ce système d’arbitrage est aux mains de grands cabinets d’avocats, surtout britanniques et américains. Ça se passe toujours entre avocats : un avocat peut devenir arbitre puis, au procès suivant, se retrouver avocat. Les multinationales attaquent les États, et cela coûte très cher aux contribuables, puisque les avocats sont payés 1 000 dollars de l’heure, l’arbitre 3 000 dollars par jour, et ça peut durer très longtemps. C’est ainsi que l’Équateur a dû payer un milliard de dollars, soit 20 % de toutes ses dépenses de santé, à une compagnie pétrolière américaine qui s’estimait lésée par une zone de forage déclarée protégée.



Qu’est-ce qui fonde ce recours à des tribunaux privés ?


S.G. : Ces derniers sont nécessaires, je veux bien l’admettre, quand des États peuvent être soupçonnés d’avoir des tribunaux publics corrompus, achetables. Mais peut-on dire ça des États-Unis et de l’Europe ? En tout cas, les avocats spécialisés prévoient dans les années à venir une explosion des litiges, ils sont ravis, ils ont eu un grand congrès à Noël à Bruxelles, le New York Times était là, ils ont mangé du foie gras au chocolat…

« En 1994, l’accord de l’OMC, c’était promis, 
allait doper l’emploi. 2,5 millions 
de paysans mexicains ont été ruinés. »



Mais beaucoup de voix, celles des sénateurs français ou de Pascal Lamy (ex-directeur général de l’OMC), s’opposent aux tribunaux d’arbitrage pour le futur traité transatlantique…


S.G. : Pascal Lamy n’est pas chargé de cette négociation ! Cette négociation, ce sont les multinationales qui l’ont voulu, et elles veulent des tribunaux d’arbitrage. L’ONG Corporate Europe Observatory a réussi à savoir que sur les cent vingt-sept réunions préparatoires qu’a tenues la Commission européenne, 93 % étaient organisées pour les multinationales et leurs lobbies. 7 % seulement pour les associations de consommateurs, les syndicats…



Comment expliquez-vous que le gouvernement français, socialiste, entre dans un tel processus ?


S.G. : Tous les gouvernements aujourd’hui plient devant la puissance des entreprises transnationales. Et puis, ils croient de façon erronée que cette libération absolue des échanges va créer de l’emploi. En 1994, l’accord de l’OMC, c’était promis, allait doper l’emploi. 2,5 millions de paysans mexicains ont été ruinés parce que le maïs subventionné des États-Unis est entré à flots. Maintenant, les États-Unis construisent un mur de plus en plus haut pour empêcher ces paysans d’entrer.



Ce grand marché américano-européen va-t-il s’élargir au reste du monde ?


S.G. : Depuis plus de deux ans, les États-Unis mènent aussi des négociations avec onze pays du Pacifique, dont le Japon. Si les deux traités sont signés, ils vont couvrir 75 % du commerce et 65 % du PNB mondial. Aucun pays émergent, Brésil, Inde, Chine, ne seront dans ces accords, ils seront obligés de plier, les normes américaines s’imposeront, le commerce sera régulé dans l’intérêt des très grandes entreprises. Ce sera le triomphe du slogan « Approved once, accepted everywhere », c’est-à-dire « approuvé par nous, accepté partout ».



Que pensez-vous de l’exception audiovisuelle obtenue par la France ?


S.G. : C’est minime. Où sont les exceptions travail, santé, alimentation, environnement, droits sociaux ? Ce projet est pourri dans tous les domaines, et il ne faut pas s’asseoir à cette table, accepter que les entreprises fassent notre législation et privatisent le juridique. Des gens sont morts pour qu’on ait des institutions judiciaires indépendantes, ils ne sont pas morts pour qu’on ait des juges privés payés 3 000 dollars par jour, et des compensations juteuses payées par les citoyens contribuables.

« On peut gagner grâce à la stratégie
de Dracula. Si vous exposez
le vampire à la lumière, il meurt. »



Pensez-vous que la mobilisation peut monter en puissance ?

S.G. : Bien davantage de gens qu’il y a deux ou trois mois ont entendu parler du traité. Je commence à espérer. Mais la politique est devenue tellement compliquée ! C’est aujourd’hui une affaire pour les intellectuels. Quand j’ai commencé, on disait « US hors du Vietnam » ou « Arrêtez l’apartheid ». D’accord ou pas d’accord, chacun comprenait. Maintenant, si je dis « Votez contre le traité », il faut expliquer de quoi il s’agit.



Mais on a le sentiment, dans notre société en réseau, qu’un mouvement peut partir de n’importe où, à n’importe quel moment, pour n’importe quelle cause…


S.G. : Cela ne part jamais de rien, toujours de quelques personnes bien informées. Pour le référendum sur la Constitution européenne, au cœur de la mobilisation, il y avait les collectifs d’Attac, un millier en France. Le terrain était préparé, les militants au travail. À un moment donné, si on a de la chance, ça fait tilt et tout le monde veut y être.



Ça peut être le cas aujourd’hui ?


S.G. : On peut gagner comme on a gagné en 1998 sur l’AMI – accord qui menaçait les aides au développement et la protection de l’environnement –, grâce à ce que j’appelle la stratégie de Dracula. Si vous exposez le vampire à la lumière, il meurt. Cela s’est passé avec l’AMI, c’est vraiment nous qui avons eu sa peau, je m’en souviens bien, car c’est une des très rares victoires de ma longue vie militante. Aujourd’hui, les lobbies font tout pour diminuer la conscience des citoyens. Être au courant de tout ce que les multinationales développent de nocif pour l’humanité et l’environnement demande un temps énorme. Beaucoup de gens sont désespérés, mais n’ont pas l’énergie d’être furieux. Nous essayons de les rendre un peu furieux. Dracula opère, il n’est pas mort, mais on peut retirer quelques clous de son cercueil…




Propos recueillis par Vincent Remy pour Télérama.fr - le 10 juillet 2014


(*) Née aux États-Unis, Française depuis 1994, Susan George a toujours été une militante. Cofondatrice d’Attac (1998) et du Collectif Roosevelt (2012), elle est aujourd’hui proche du parti Nouvelle Donne.

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Manuel US - Terrorisme

Manuel US - Terrorisme | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Un manuel rendu public montre comment les agences américaines mettent des millions de personnes sur la liste des "suspects de terrorisme"

.

 "Le Guide de Mise sous Surveillance" de 166 pages a été rédigé conjointement par 19 agences, et a été publié dans son intégralité sur The Intercept.


Comme Jeremy Scahill et Ryan Devereaux le soulignent dans leur analyse, le document est positivement kafkaïen, permettant aux agences de vous ajouter à la liste si vous êtes soupçonné de vous être associé avec une personne suspectée d’être soupçonnée d’être terroriste – et "terroriste" a été redéfini pour inclure "les gens qui endommagent la propriété du gouvernement", et les gens qui cherchent à "influencer la politique du gouvernement par l’intimidation".


Ce document – et les millions de personnes qui ont été placées sous suspicion en conséquence de cela – doit son existence à l’administration Obama et à sa campagne pour préserver sa réputation en élargissant la liste des cibles de la surveillance à la suite de l’échec du complot du "kamikaze en sous-vêtements" [Complot d’Al-Qaïda : l’aspirant kamikaze travaillait pour la CIA].

 

 

Par Cory Doctorow, le 24 juillet 2014


Lire la suite :

http://boingboing.net/2014/07/24/leaked-manual-shows-how-us-age.html

 

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FMI, une histoire contrastée

FMI, une histoire contrastée | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Source logo : www.lesfilsdelaliberte.net


 

FMI, une histoire contrastée

 

Dès l’origine, l’objectif du Fonds est de promouvoir le développement sans entrave du commerce international et de limiter l’ampleur des crises. Il est chargé d’une double mission : la mise en place du système monétaire de Bretton Woods fondé sur la libre convertibilité des monnaies et un régime de change fixe (basé sur l’or et le dollar) ainsi que l’assistance aux pays connaissant des difficultés financières.

 


Bretton Woods et la « pax americana »


En réalité, c’est la mise en place du système monétaire pensé en 1944 qui occupera le FMI pendant ses premières années d’existence. Les pays en reconstruction passeront principalement par le plan Marshall pour pallier leurs difficultés. Mais, fin des années 1950, les premiers déficits américains apparaissent et en 1964, le montant des avoirs en dollars détenus hors des États-Unis — les eurodollars — devient supérieur au stock d’or américain.


Le système monétaire basé sur la convertibilité du seul dollar en or (35 $ l’once d’or) devient alors intenable pour le Trésor américain. En 1971, le président Nixon suspend la convertibilité du dollar en or et en 1973 le régime de change fixe est définitivement abandonné, marquant la fin du système de Bretton Woods. Un nouveau rôle est alors attribué au FMI en plus des prêts aux pays en difficulté : la surveillance des déséquilibres économiques.
 Durant les Trente Glorieuses, le montant des prêts du FMI reste assez modeste. Parmi ses interventions, on peut mentionner le premier « accord de confirmation » accordé à la Belgique en 1952, l’assistance au Royaume-Uni lors de la crise de Suez puis de la livre sterling, la « crise du pool de l’or » à la fin des années 60 ou encore les « mécanismes pétroliers » des années 70.



Le médecin des Trente Glorieuses se fait sorcier néolibéral


Dans les années 1980, les crises de la dette qui frappent les pays du Sud vont considérablement modifier le rôle du FMI sur la scène internationale. En moyenne, le Fonds interviendra dans 35 pays par an durant les années 80 : deux fois plus que dans les années 70. Une grande partie des pays africains et sud-américains sont concernés. Si à l’origine, les pays ayant connu des problèmes de balance des paiements bénéficient d’une relative liberté dans l’affectation des aides reçues, les années 80 vont être marquées par des interventions de nature tout à fait différente.


Le FMI ne va plus seulement s’intéresser à la résorption de déséquilibres temporaires, mais bien à la croissance et à l’investissement à long terme – donc à la « réforme » en profondeur de la base productive des pays. C’est le début des plans d’ajustement structurel, de la conditionnalité, en d’autres termes de la mise sous tutelle des pays en développement.


Au menu : réduction des dépenses publiques, hausse des taxes sur divers biens de consommation, des prix de l’essence et de l’électricité, gel des salaires, libéralisation, privatisations, réduction du rôle des États dans l’économie 
Dans les années 90, rebelote. Les banques étant encore échaudées par les restructurations de dette de la fin des années 80, les États doivent désormais emprunter sur les marchés financiers. La croissance observée au début de la décennie dans les pays latino-américains s’accompagne d’une hausse des importations (notamment de biens d’équipement) et les déficits publics explosent. Il s’ensuit une défiance croissante des investisseurs étrangers et la fuite des capitaux.


Le Mexique, l’Argentine et le Brésil sont successivement touchés par des crises économiques et politiques. Les plans d’ajustement des années 90 poursuivront « l’œuvre » entamée quelques années plus tôt. Les populations en paieront les frais lors de la crise asiatique (1997) ou de la crise turque (2000-2001).


En Amérique latine, le taux de pauvreté dans les années 1990 retrouve son niveau des années 1970 ! Après l’implosion de l’URSS, la Russie signe six accords avec le FMI entre 1992 et 2000. L’ouverture des comptes de capitaux et la dérégulation hâtive constitueront une des causes de la crise russe de 1998.


Paradoxalement, plutôt qu’une remise en question de sa stratégie, ces crises confortent le FMI dans son rôle.
 Quant aux pays n’ayant pas accès aux marchés financiers internationaux, ils resteront sous perfusion du FMI et de la Banque mondiale. Des plans d’ajustement, on s’acheminera vers l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés). L’intitulé change, les pratiques très peu. Les bons élèves pourront voir une partie de leur dette annulée – une générosité de façade vu les sommes en jeu.



L’Europe comme nouveau terrain de jeu


Au tournant du 21e siècle, la légitimité du Fonds s’estompe progressivement. L’« échec » des interventions des décennies précédentes, le meilleur accès aux marchés financiers pour les pays en développement et le fait que certains « gros clients » – les pays latino-américains notamment — remboursent même par anticipation leurs emprunts contribuent à une certaine marginalisation du FMI.



Par ailleurs, la gouvernance et le système des quotes-parts (qui détermine les montants de prêt, mais surtout le nombre de votes auquel un pays à droit [1]), symbole de la mainmise occidentale sur l’institution, sont de plus en plus décriés par les pays émergents. 
Il faudra l’éclatement de la bulle des subprimes en 2008 et la crise de l’euro à partir de 2010 pour redonner souffle à l’organisation.


Dès 2008, avant les pays du Sud de la zone euro, la Hongrie, la Lettonie puis la Roumanie demandent l’assistance du FMI. Les recettes « européennes » proposées par le FMI sont similaires à celles des interventions des décennies précédentes : programme d’austérité budgétaire, mise à mal des systèmes sociaux, marginalisation de la concertation sociale. Le rôle du Fonds évolue cependant dans le cas de la crise européenne. Il intervient désormais « en couple » aux côtés des institutions européennes dans le cadre de la Troïka (FMI, Commission et Banque centrale européenne) et « coopère étroitement » au Mécanisme européen de stabilité. La spécificité de cette Troïka est d’agir en dehors de tout statut juridique international.


D’autre part, au sein de cette construction, le FMI endosse aussi un rôle d’expert aux côtés des institutions européennes, et moins, comme ce fut le cas dans les pays du Sud, d’acteur principal des ajustements. Un expert peu écouté lorsqu’il reconnaitra après coup sa mauvaise estimation des effets des politiques d’austérité.


Dès lors, une question s’impose aux peuples européens : leurs institutions européennes sont-elles plus néolibérales que le FMI ?



Par Romain Gelin pour econospheres.be – le 25 juillet 2014



Source originale : revue dlm | Demain le monde, n°26

http://www.cncd.be/dlm-Demain-le-mo...


.

Notes

[1] Les Etats-Unis, avec plus de 17% des droits de vote, disposent de facto d’un droit de véto pour les décisions importantes qui se prennent à une majorité de 85% des voix.


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BE - Dette de la ville de Liège

BE - Dette de la ville de Liège | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Aux origines de la dette de la ville de Liège


Introduction


Avec la crise bancaire de 2008, de nombreux citoyens ont découvert les conséquences sociales dramatiques que pouvait avoir la dette sous toutes ses formes. Les budgets des villes et des communes sont à présent dans le rouge et, au nom du remboursement de la dette et de l’assainissement des finances publiques fédérales, régionales et locales, les droits sociaux sont attaqués de toutes parts : réduction des effectifs et précarisation de l’emploi, réduction des investissements publics locaux, réduction des budgets en matière de services publics de proximité et d’aides à la personne, réduction des subventions et des aides indirectes accordées aux associations, etc.


Cette dégradation sociale va se poursuivre, car la logique des pouvoirs publics est limpide : appliquer des politiques d’austérité qui font payer la crise aux citoyens alors qu’ils n’en sont pas responsables.


C’est pour refuser cette énorme injustice, mais aussi pour comprendre le mécanisme de l’endettement de la Belgique en général et de la Ville de Liège en particulier, que des citoyens et des organisations d’horizons différents ont décidé d’unir leurs forces et leurs connaissances et de constituer un collectif local d’audit citoyen à Liège. Créé en mars 2013 |1|, ce groupe réalise à la fois un travail de sensibilisation en direction de la population liégeoise et un travail de recherche sur plusieurs grandes questions : l’historique de la dette de la Ville, les conséquences de la crise financière, les perspectives d’évolution |2|.


Ci-dessous, nous vous proposons une analyse de la dette de la Ville de Liège, se concentrant sur la période 1945 – 1992. Retourner aux origines de la dette ainsi qu’aux combats sociaux menés depuis trente ans pour résister aux exigences des institutions bancaires peut nous être utile. En effet, comme nous allons le voir, cela nous aide à comprendre les menaces qui planent à nouveau sur les travailleurs, sur les citoyens et sur les services publics de la ville. Mais cela peut aussi nous permettre de trouver des solutions crédibles et viables à la crise de la dette qui touche quasiment toutes les villes et communes de Belgique.



Un lourd héritage…


À la fin de la guerre, Liège et Anvers doivent se relever des nombreux bombardements dus à leur importance stratégique |3|. L’État choisit de ne pas financer leur reconstruction, contrairement à ce qui se passe pour d’autres villes, estimant que ces deux villes ont la capacité d’emprunter de manière autonome. C’est l’engrenage de la dette qui commence pour le plus grand profit des banques.


En 1945, la dette de Liège était de 773 millions de FB. En 1954, elle s’élève déjà à 2,8 milliards et atteint 5,5 milliards de FB en 1964. En 20 ans, la dette a donc été multipliée par 8.


À cause de la crise économique des années » 70, la dette liégeoise explose pour de multiples raisons :


  • Les dépenses du Centre public d’aide sociale (CPAS) augmentent parallèlement à l’augmentation du chômage
  • Le Fonds des communes est progressivement réduit par le gouvernement entre 1978 et 1992. Sa non-indexation enlève à la Ville en 15 ans 31 % de ses revenus |4|.
  • La Ville rencontre des problèmes dans la gestion de ses finances publiques. D’un côté, elle traîne à introduire des demandes de subsides à l’État, tels que les dossiers concernant les salaires des enseignants. De l’autre, l’État, lui, traîne à les accorder.
  • Les taux d‘intérêt explosent de manière généralisée à partir de 1981.

.

La fusion des communes en 1977 va jouer un rôle d’accélérateur. Juste avant la fusion, les communes périphériques et la Ville elle-même ont nommé de nombreux agents supplémentaires, à l’appel notamment de Guy Spitaels |5|, pour lutter contre les pertes d’emplois de plus en plus massives dans les secteurs industriels. Ces agents vont être intégrés, avec tous leurs droits, au personnel de la Ville de Liège. Cela représentera assurément un bonus pour les services aux citoyens, mais aussi un poids accru des salaires dans le budget de la Ville et, ensuite, une charge en termes de pensions qui augmentera fortement entre » 77 et » 92 |6|. En 1977, la dette de Liège atteint donc le chiffre imposant de 12,8 milliards de FB, que l’État refuse d’effacer alors qu’il le fait ailleurs dans le cadre de la fusion des communes.



La crise de la dette


Quand la crise éclate en 1982, la dette cumulée |7| s’élève à 45 milliards de FB. Mais… la Ville a des services à la population performants, gratuits ou peu coûteux. Son service incendie est totalement professionnalisé. Son enseignement est florissant. L’impôt des personnes physiques et le taux de taxation sont peu élevés.


Au mois de mars » 82, alors qu’il vient de dévaluer le franc belge de 8,5 %, le gouvernement bloque les ressources de la Ville en les conditionnant à un plan d’assainissement drastique |8|. À l’intérieur de ce cadre-là, aucune issue sociale positive n’est possible.


En avril « 82, la Ville administrée par une majorité RPSW (PS+RPW) — Ecolo |9| se déclare en cessation de payement et ne verse les salaires que partiellement ou avec de nombreuses semaines de retard.


Les travailleurs liégeois commencent alors une lutte de longue haleine. Ils mènent des actions d’avril » 82 à juillet » 83 et plusieurs semaines de grève dans différents secteurs.


Malgré cela, le collège décide en juillet » 83, puis en « 85 et » 89 une succession de plans qui démantèlent complètement l’emploi à la Ville et au CPAS, et les services publics. Le temps de travail hebdomadaire augmente de 2 h, les salaires sont réduits de 15 à 30 % selon les cas et l’emploi est raboté de 33 % en » 83 à 45 % en » 93, quand toutes les mesures auront pris leur effet. Plusieurs services sont fermés, y compris dans les hôpitaux, tandis que d’autres sont cédés au privé par exemple le ramassage des déchets en 1990.


La crise de la dette va donc permettre au privé d’accaparer, à long terme, des pans essentiels du service public.


Il n’était pas obligatoire que la Ville sacrifie ses travailleurs et la qualité de vie de sa population pour rembourser des dettes aux différents organismes bancaires qui s’étaient déjà bien servis au passage (20 millions FB d’intérêts journaliers en » 83 !).


Mais pour éviter de payer, il aurait fallu que le collège « progressiste » de l’époque, comme il l’avait promis dans son accord électoral de » 82, s’appuie sur les travailleurs en action et les puissantes mobilisations pour décréter un moratoire sur le remboursement de la dette et imposer une forte réduction de celle-ci. En juin 1982, un rapport de la FAR (Fondation André Renard), réalisé à la demande de la CGSP (Centrale générale des services publics, affiliée à la FGTB), mettait clairement en évidence le poids exorbitant du remboursement de la dette (36 % du total des dépenses !) et dénonçait des emprunts avec des taux d’intérêt allant jusqu’à 22,5 %, au profit du Crédit communal et de quelques banques privées.


Par ailleurs, la Ville aurait dû mener bataille contre le gouvernement social-chrétien-libéral pour que, comme le proposait également la FAR, l’État revalorise l’indexation du Fonds des communes et rembourse rapidement à la ville ce qu’il lui devait : les impôts communaux, les subventions pour l’enseignement….


Il aurait certes fallu du courage politique pour s’opposer à la détermination du gouvernement, car le projet de Martens-Gol était de faire assumer par l’État l’endettement des grandes entreprises privées, puis de rembourser le gouffre de la dette belge (3.085 milliards de FB) |10| en démantelant les services publics et la sécurité sociale grâce aux pouvoirs spéciaux |11|. Pour y arriver, il devait casser la résistance des travailleurs à un endroit stratégique. La Ville de Liège a donc été en quelque sorte un des grands laboratoires du néolibéralisme et de l’austérité en Belgique, et la dette de la Ville le prétexte pour imposer des reculs sociaux et démocratiques.



Pourquoi les luttes n’ont — elles pas pu stopper le processus d’endettement ?


  • 1. Le manque d’unité


Pour être contraint à reculer, il aurait fallu que le gouvernement trouve sur sa route un front uni : 

un Collège des bourgmestres et échevins décidé à obtenir de l’État ce que celui-ci devait aux citoyens liégeois, appuyé par les sidérurgistes en danger eux aussi (perte de 4.000 emplois à Liège, de 8.000 en tout), par les autres villes et communes en difficulté, par l’ensemble des services publics attaqués chacun à leur tour (sociétés de transport en commun, SNCB, Régie des postes, enseignement…), et par tous les citoyens concernés par les sauts d’index, les augmentations d’impôts, les pertes d’emplois et la dégradation des services. Le 31 mai 1986, toutes ces forces réuniront d’ailleurs 200.000 personnes à Bruxelles, témoignant bien de l’existence d’un réel potentiel de mobilisation.


Si la force du mouvement et la grande combativité des travailleurs et travailleuses de la Ville de Liège ont été insuffisantes pour enrayer la politique brutale de reculs sociaux dans les années » 80, il faut ajouter également que la population de la ville s’est sentie relativement peu concernée par la lutte des travailleurs, alors que le prix qu’elle allait payer à moyen et à long terme pour cet échec était important |12|. La conscience citoyenne face au pouvoir des banques et au poids de la dette était sans doute moins développée qu’aujourd’hui, malgré les efforts de sensibilisation réalisés par les travailleurs en action. Le Parti Socialiste, pourtant dans l’opposition au niveau national, a activement participé à l’imposition des mesures d’austérité et de privatisations ainsi qu’aux attaques contre les droits des travailleurs, ce qui a constitué un facteur clé de l’échec de la lutte à la Ville de Liège. André Cools, président du parti socialiste et bourgmestre de Flémalle, a systématiquement présenté les agents communaux sous la forme de travailleurs privilégiés.


Par ailleurs, le mouvement associatif n’était guère préoccupé par les questions financières, d’endettement, etc. Heureusement, depuis lors, le CADTM, Attac, les comités de chômeurs ou de soutien aux groupes sociaux précaires ont fait avancer la prise de conscience, ont créé des liens plus étroits entre travailleurs et citoyens, et ont développé de nouveaux moyens de lutte. Il est intéressant de remarquer qu’en 1983 quelques actions avaient déjà particulièrement frappé l’esprit des Liégeois et des médias. Ce furent la grève de la faim de 15 jours initiée par des pompiers, rejoints par d’autres services, et l’action « grands magasins », où un groupe de femmes, après avoir fait leurs courses, se sont présentées aux caisses en déclarant ne pas pouvoir payer. Ce fut aussi le blocage des principales entrées de la ville et surtout l’encerclement de l’Hôtel de Ville par des immondices. Ces méthodes de lutte, créées et coordonnées par les militants de base ont joué un rôle très positif dans la réflexion du public.



  • 2. Les dérives politico-financières des années « 80


Pour expliquer l’attitude du Parti socialiste liégeois tout au long de cette crise, il faut bien sûr évoquer les « affaires liégeoises » qui allaient bientôt déchirer ce parti, hégémonique à Liège |13|. C’est en effet au cours de ces dix années d’austérité aggravée que commencèrent à se développer dans la région liégeoise des pratiques de corruption financière et politique. Elles devinrent au fil du temps de plus en plus structurelles et donc aussi pesantes pour les budgets communaux.


À la fin des années 1980, André Cools veut, quels que soient les moyens nécessaires, restaurer la croissance économique de la région.


La Ville se lie d’abord à la multinationale française Compagnie Générale des Eaux afin qu’elle apporte des capitaux aux projets économiques du bassin liégeois, notamment à travers le holding de redéploiement industriel appelé Meusinvest |14|. Après la révélation de quelques scandales, en 1990, c’est la Lyonnaise des eaux qui emporte le marché du traitement des déchets et des eaux usées.


C’est une énorme opération de privatisation des services publics à travers des filiales comme Sita, Pagem, et même Intradel, où la plus grande partie du personnel est déjà sous statut privé, moins favorable encore que celui des services publics |15|.


Les dirigeants socialistes liégeois jouent alors une nouvelle carte : le renforcement des intercommunales en les réunissant en société anonyme sous le nom de Néos, dont le président est André Cools. En apportant à Meusinvest son capital d’un million de francs belges, Néos y devient incontournable et n’hésite pas, à cette époque, à compromettre des fonds en bonne partie publics dans des méthodes de gestion « limites » comme le « management fee » |16|. Ces méthodes rapportent plus à quelques « amis » bien placés qu’à la maîtrise collective des rouages essentiels de l’économie que devraient théoriquement représenter les intercommunales |17|.


En plus des dérapages clairs, remarquons que, par leur fonctionnement même, les intercommunales ont introduit les services publics dans l’exigence de la rentabilité. Ainsi, en pleine crise de la dette, Liège crée l’intercommunale de la Citadelle puisque le CPAS de la ville ne peut plus supporter seul la charge d’un tel hôpital. Mais il faut garantir aux communes qui ont souscrit des parts une rétribution de 9 % d’intérêt, ce qui entraîne nécessairement une gestion plus « libérale » de l’hôpital qui se marque directement dans la disposition des lieux, souligne Michel Gretry |18| : ainsi une galerie commerciale s’installe à la place de ce qui était précédemment une crèche.



Des banques sans état d’âme


La banque qui mène la danse à Liège est à cette époque le Crédit communal. Le Crédit communal est une banque publique belge entièrement dirigée par les trois grandes familles politiques — les libéraux, les sociaux-chrétiens et les socialistes — avant d’être privatisée et de devenir Dexia en 1996… Mais, comme nous allons le voir, ce n’est pas parce qu’une banque est publique qu’elle agit en fonction de l’intérêt public.


Ainsi, en 1983, l’État autorise la Ville de Liège à emprunter 10,5 milliards FB à un taux de 15,1 % auprès du Crédit Communal. C’est une hausse d’intérêt importante. De plus, le capital emprunté doit être remboursé en 1989, c’est-à-dire fort rapidement. Que se passe-t-il alors ? Chaque année, pendant 7 ans, la Ville rembourse sous forme d’intérêt environ 1,1 milliard. En septembre 1989 toutefois, elle se retrouve incapable de rembourser le capital emprunté. Il reste à rembourser 8,5 milliards. Sans état d‘âme, le Crédit Communal refuse dès lors d’octroyer un nouveau crédit et d’autorité se rembourse sur le dos de la ville en débitant directement le compte de la Ville de la somme de 8,5 milliards. Il bénéficie en effet du droit de prélever sur ce compte toutes les sommes qui y sont versées par l’État, la Région, ainsi que l’essentiel de ses recettes.


Outre l’extorsion de ces fonds publics, on peut citer en 1983 deux emprunts contractés sur 20 ans, à 12 % d’intérêt, et en annuités progressives. La première, attractive, était de 720 millions de FB. L’année suivante elle était doublée, puis triplée et ainsi de suite jusqu’à la dernière, de 14,4 milliards FB. C’est ce qu’on pourrait appeler un prêt « léonin » |19| .



Le CRAC est arrivé !


Finalement, après le retour des socialistes au pouvoir au niveau du gouvernement fédéral (dans une majorité gouvernementale CVP -PS-SP-PSC), l’Etat accepte en 1988, à travers le fonds Nothomb, de reprendre 45 des 78 milliards de FB de la dette de la Ville.


Face à la situation dramatique des grandes villes wallonnes, la Région décide en 1992 de créer le CRAC (compte régional pour l’assainissement des communes), alimenté via le Crédit communal, et en 1995 d’ouvrir le centre régional d’aide aux communes, appelé aussi CRAC. Les villes endettées, qui adoptent les recommandations du CRAC pour obtenir son aide, sont liées à un plan de gestion rigoureux pendant de nombreuses années. Le CRAC est omniprésent dans l’élaboration de leurs budgets et dans toute modification de ceux-ci. En échange, la Région wallonne prend en charge une partie du remboursement des emprunts.


C’est ainsi qu’en 1993, la Région accepte d’intervenir pour la moitié des 3,4 milliards de FB que la Ville doit rembourser annuellement. Le CRAC exige en échange de nouvelles mesures d’austérité et la promesse que la Ville soit en équilibre en 2002.


Nouvel échec, dû notamment au poids des pensions. Nouveau prêt du CRAC en 2003 à travers le « plan Tonus » : 88, 5 millions d’Euros sont prêtés à 1,5 % d’intérêt seulement. Rien n’y fait, en 2008, la charge de la dette pèse toujours pour 28 % dans les dépenses de la Ville. La Région wallonne décide enfin de reprendre la quasi-totalité de la dette. En contrepartie, la dotation du fonds des communes est diminuée de 34 millions d’euros en 2009 et ne sera plus indexée jusqu’en 2016, ce qui représentera un manque à gagner cumulé d’environ 300 millions d’euros |20|.



Conclusion : la dette de Liège, une dette illégitime ?


La crise des années » 80 nous montre comment, avec l’aide des gouvernements, les banques sont parvenues à mettre « sous tutelle » la Ville de Liège en extorquant des intérêts très élevés et en conditionnant leur aide à des exigences de régression sociale sans précédent. Cette situation dramatique a poussé la Ville à transférer au privé des secteurs entiers de ses services publics rentables. Elle a perdu au fil de ces événements des pans importants de son autonomie. Bien sûr, la crise des années « 80 est loin derrière nous. Mais les restructurations qu’elle a imposées nous concernent encore maintenant.


En 2008, au moment où la Ville commence à respirer grâce à la reprise par la Région wallonne de la plus grande partie de sa dette survient la crise bancaire et son nouveau cortège de problèmes : difficultés de Dexia, investissement important de la Ville (9,6 millions d’euros) pour soutenir le holding communal, faillite de Dexia et du holding communal et ses conséquences sur le budget communal à travers la perte de tous les dividendes qui l’aidaient antérieurement à boucler son budget.


Face à la situation difficile devant laquelle se trouve à nouveau aujourd’hui le budget communal, le collectif d’audit citoyen de la dette fait le point.


Dans la dette de Liège, une grande part de responsabilité revient à l’État qui, dès l’après-guerre, n’a laissé comme seule issue à la Ville que l’asservissement au système bancaire et l’effet boule de neige des intérêts. Pour aider les communes à se reconstruire, le gouvernement aurait dû imposer davantage le capital (entreprises, holdings, banques…) et les gros patrimoines. Au contraire, il a modifié profondément la législation fiscale en leur faveur. Fortes de ce soutien politique, les banques ont imposé à la Ville des taux d’intérêt, et des plans de remboursement, malhonnêtes.


Dès lors, on peut s’interroger :

Les dettes qui ont pesé si lourdement sur les travailleurs et les habitants de la ville de Liège étaient-elles légitimes ? Quelle part de ces dettes a servi réellement à l’épanouissement social de la ville ? Quelle part n’est due qu’à la rapacité des banques et n’a rapporté qu’à elles seules ?


Plusieurs juristes spécialisés en droit international ont établi des critères pour tenter de cerner la notion d’illégitimité d’une dette publique. Ce qui ressort, c’est que l’absence de bénéfice pour la population constitue le critère déterminant pour qualifier une dette d’illégitime. Deux autres éléments sont importants :


  1. La population a-t-elle donné son consentement ?
  2. Les créanciers étaient-ils au courant de cette « absence de bénéfice » ou de cette absence de « consentement » ?

.

Au vu de ces trois critères, on est réellement en droit de se demander si la dette de la Ville de Liège ne devra pas être remise en cause pour illégitimité.


1° Les prêts n’ont pas bénéficié à la population concernée, mais ont au contraire fait peser lourdement sur celle-ci le poids du remboursement de la dette (hausse des impôts et des taxes, baisse de la qualité des services publics…). Les agents communaux ont quant à eux payé un lourd tribut : salaires rabotés, indexations gelées |21|, arrêt des nominations, des évolutions de carrière, des évolutions barémiques et réduction de leurs droits statutaires, depuis près de trente ans.


2° Les citoyens travaillant à la ville n’ont assurément pas accepté ces emprunts puisqu’ils s’y sont opposés de toutes leurs forces. Quant aux autres citoyens de Liège, ils avaient élu leurs représentants sur un programme totalement différent de celui qui leur a été servi |22|.


3° Les créanciers étaient plus qu’au courant du contexte social injuste puisque ce sont eux qui ont créé le problème. Bien qu’institution publique, le Crédit communal, principal créancier, a mis consciemment en difficulté la ville en profitant de sa position dominante, au lieu d’exercer son rôle légal de conseiller des communes. Ces créanciers doivent donc assumer le risque de devoir à présent rendre des comptes.


Pour éviter la catastrophe économique et sociale qui s’annonce, nous sommes convaincus qu’il est possible et nécessaire de remettre en cause le paiement des dettes illégitimes et de faire payer les responsables, et non les victimes, de la crise de la dette.


Pour ce faire, plusieurs possibilités existent. Au-delà des propositions générales développées dans le mémorandum de ACiDe Belgique |23|, nous en soumettons deux très concrètes :


  • Tout ce qui dépasse les intérêts normaux d’emprunts de l’époque peut être considéré comme illégitime et devrait être remboursé à la ville de Liège ou au pouvoir public emprunteur.
  • La diminution de la dotation du Fonds des communes, imposée en 2008 en contrepartie de l’aide régionale, grève considérablement le budget communal jusqu’en 2016. Une partie de cette somme vient d’une dette partiellement illégitime. Elle devrait dès lors être également récupérée.

.

Bien sûr, que ce soit à Liège ou ailleurs, les institutions bancaires ne vont pas l’entendre de cette oreille. Seule la pression des citoyens, entreprenant eux-mêmes un audit des dettes de leur ville, pourra convaincre les mandataires communaux de se pencher à nouveau sur le passé pour imposer aux créanciers une réduction importante de la dette et de nouveaux choix financiers et politiques.


Annexe

« Cette obligation d’équilibre des finances locales a pour la première fois été consacrée par un arrêté du Régent du 10 février 1945 qui instituait par la même occasion une tutelle de réformation en cas de non-respect de ce principe d’équilibre. Néanmoins, pour diverses raisons, ce principe d’équilibre n’a que peu été respecté, plongeant les grandes villes essentiellement, dans des déficits abyssaux. Ainsi, le déficit cumulé de l’ensemble des communes belges s’élevait en 1983 à 59 milliards de francs belges, soit environ 1,46 milliard d’euros. Des mesures ont alors été prises, notamment dans deux arrêtés de pouvoirs spéciaux de 1982 qui exigeaient le retour à l’équilibre à partir de 1988. Ces deux arrêtés prévoyaient des mesures sur le personnel pour les communes en déficit, déplafonnaient le taux des centimes additionnels à l’impôt des personnes physiques jusqu’alors fixé à 6 % et rendaient effective la tutelle de réformation.


Ils permettaient ainsi à l’État « de prendre toutes mesures de nature à diminuer les dépenses ou augmenter les recettes. » Ces arrêtés se sont accompagnés d’une reprise partielle, en 1988, de la dette des communes par l’Etat. » |24|

 


Par le collectif ACiDe liégeois (Audit citoyen de la dette) – CADTM – le 21 juillet 2014

 

Bibliographie & notes : ici 

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UE & sanctions antirusses

UE & sanctions antirusses | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


UE : Van Rompuy veut habiliter le Coreper à décider seul des sanctions antirusses

 

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a proposé aux chefs de diplomatie des pays membres de l’Union européenne de demander au Comité des représentants permanents des pays de l’UE (Coreper) de prendre seul la décision concernant les nouvelles sanctions contre la Russie.

 

À cet effet, Herman Van Rompuy a suggéré d’interdire les exportations de technologies pétrolières vers la Russie, sans toucher au secteur gazier.

 

Plus tôt vendredi, le Conseil de l'UE a définitivement approuvé la liste élargie des personnes physiques et morales russes visées par les sanctions. Cette liste comprend 15 personnes physiques et 18 personnes juridiques supplémentaires accusées par l'Union européenne de soutenir les insurgés dans l'est de l'Ukraine. 



Le Comité des représentants permanents des pays de l'UE a en outre demandé à la Commission européenne de préparer un document prévoyant des sanctions économiques contre la Russie.


Tout porte à croire que ce document sera rédigé très vite et que le Coreper pourra l'examiner mardi 29 juillet.


Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev avait auparavant déclaré que les sanctions contre la Russie servaient en réalité à déguiser les mesures protectionnistes mises en œuvre au profit de certaines sociétés.


L'ambassadeur de Russie auprès de l'Union européenne, Vladimir Tchijov estime pour sa part que l'UE « n'a pour le moment pas réussi à abandonner la voie des sanctions, même s'il est évident que cette voie ne mène nulle part ».



Par la Rédaction de Ria Novosti – le 25 juillet 2014


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Lettre ouverte de Judith Butler

Lettre ouverte de Judith Butler | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Le Jérusalem Post a récemment publié un article, rapportant que certaines organisations s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno, un prix décerné tous les trois ans à quelqu’un qui travaille dans la tradition de la théorie critique au sens large. Les accusations portées contre moi disent que je soutiens le Hamas et le Hezbollah (ce qui n’est pas vrai), que je soutiens BDS (partiellement vrai), et que je suis antisémite (manifestement faux).


Peut-être ne devrais-je pas être aussi surprise du fait que ceux qui s’opposent à ce que je reçoive le prix Adorno aient recours à des accusations aussi calomnieuses, sans fondements, sans preuves, pour faire valoir leur point de vue.


Je suis une intellectuelle, une chercheuse, initiée à la philosophie à travers la pensée juive, et je me situe en tant que défenderesse et dans la perpétration, la continuité d’une tradition éthique juive comme le furent des personnalités tel que Martin Buber et Hannah Arendt. J’ai reçu une éducation juive au Temple à Cleveland, dans l’Ohio sous la tutelle du Rabbin Daniel Silver où j’ai développé de solides fondements éthiques sur la base de la pensée philosophique juive.


J’ai appris, et j’accepte, que nous sommes appelés par d’autres et par nous-mêmes, à répondre à la souffrance et à réclamer, à œuvrer afin qu’elle soit soulagée. Mais pour ce faire, nous devons entendre l’appel, trouver les ressources permettant d’y répondre, et parfois subir les conséquences d’avoir parlé comme nous le faisons.


On m’a enseigné à chaque étape de mon éducation juive qu’il n’est pas acceptable de rester silencieux face à l’injustice. Une telle injonction est difficile à mettre en œuvre, car elle n’indique pas exactement quand, ni comment parler, ni comment parler de manière à ne pas produire une nouvelle injustice, ou encore comment parler de façon à être entendue et compris clairement et justement. Ma position actuelle n’est pas entendue par ces détracteurs, et peut-être cela ne devrait-il pas me surprendre, car leur tactique consiste à détruire les conditions d’audibilité.

[…]


Il est faux, absurde et pénible que quiconque puisse prétendre que ceux qui formulent une critique envers l’Etat d’Israël sont antisémites ou, si juifs, victimes de la haine de soi. De telles accusations cherchent à diaboliser la personne qui articule un point de vue critique et à disqualifier ainsi, à l’avance son point de vue. C’est une tactique pour faire taire : cette personne est inqualifiable, innommable, et tout ce qu’elle dira doit être rejeté à l’avance ou perverti de telle façon que la validité de sa parole soit niée.


Une telle attitude se refuse à considérer, à examiner le point de vue exposé, se refuse à débattre de sa validité, à tenir compte des preuves apportées, et à en tirer une conclusion solide sur les bases de l’écoute et du raisonnement. De telles accusations ne sont pas seulement une attaque contre les personnes qui ont des opinions inacceptables aux yeux de certains, mais c’est une attaque contre l’échange raisonnable, sur la possibilité même d’écouter et de parler dans un contexte où l’on pourrait effectivement envisager ce que l’autre a à dire. Quand un groupe de Juifs qualifie un autre groupe de Juifs d’ « antisémite », il tente de monopoliser le droit de parler au nom des Juifs.


Ainsi, l’allégation d’antisémitisme recouvre en fait une querelle intra juive.


Aux États-Unis, j’ai été alarmée par le nombre de Juifs qui, consternés par la politique israélienne, y compris l’occupation, les pratiques de détention à durée indéterminée, le bombardement des populations civiles dans la bande de Gaza, cherchent à désavouer leur judéité. Ils font l’erreur de croire que l’Etat juif d’Israël représente la judéité de notre époque, et que s’identifier comme juif signifie un soutien inconditionnel à Israël.


Et pourtant, il y a toujours eu des traditions juives qui s’opposent aux violences des Etats, qui prônent une cohabitation multiculturelle et défendent les principes d’égalité ; et cette tradition éthique vitale est oubliée ou écartée lorsque l’un d’entre nous accepte Israël comme étant le fondement de l’identité et ou des valeurs juives. Nous avons donc d’une part, les juifs qui critiquent Israël et pensent qu’ils ne peuvent plus être juif puisqu’Israël représente la judéité, et d’autre part, ceux qui pour qui Israël représente le judaïsme et ses valeurs, cherchant à démolir quiconque critique Israël en concluant que toute critique est anti-sémite ou, si juive, issue de la haine de soi.


Je m’efforce, tant dans la sphère intellectuelle que dans la sphère publique de sortir de cette impasse, de cet emprisonnement.


À mon avis, il y a de fortes traditions juives, et même des traditions sionistes initiales, qui attachent une grande importance à la cohabitation et offrent une panoplie de moyens pour s’opposer aux violences de toutes sortes, y compris la violence d’Etat. Il est très important en ce moment, pour notre époque que ces traditions soient soutenues, mise à l’honneur, vivifiées, inspirées - elles représentent des valeurs de la diaspora, les luttes pour la justice sociale, et la valeur juive extrêmement importante, celle de « réparer le monde » (Tikkun).


Il est clair pour moi que les passions soulevées par ces questions rendent la parole et l’écoute très difficiles. Quelques mots sont sortis de leur contexte, leurs sens déformés, et ils étiquettent, labellisent un individu. C’est ce qui arrive à beaucoup de gens qui émettent un point de vue critiquant Israël - ils sont stigmatisés comme antisémites ou même comme collaborateurs nazis ; ces formes d’accusations visent à établir les formes les plus durables et les plus toxiques de la stigmatisation et de diabolisation. La personne est ciblée, en sélectionnant des mots hors contexte, en inversant leurs significations et en les collant à la personne : annulant en effet les propos de cette personne, sans égard pour la teneur de ses opinions, de sa pensée.


Pour ceux d’entre nous, qui sommes des descendants de Juifs Européens, détruits, exterminés par le génocide nazi (la famille de ma grand-mère a été anéantie dans un petit village au sud de Budapest), c’est l’insulte la plus douloureuse et une véritable blessure que d’être désigné comme complice de la haine des Juifs ou d’être défini comme ayant la haine de soi.


Et il est d’autant plus difficile d’endurer la douleur d’une telle allégation lorsqu’on cherche à promouvoir ce qu’il y a de plus précieux dans le judaïsme, cette réflexion sur l’éthique contemporaine, y compris la relation éthique à ceux qui sont dépossédés de leurs terres et de leurs droits à l’autodétermination, à ceux qui cherchent à garder vivante la mémoire de leur oppression, à ceux qui cherchent à vivre une vie qui sera, et doit être, digne de faire son deuil. Je soutiens le fait que ces valeurs soient issues d’importantes sources juives, ce qui ne veut pas dire que ces valeurs soient spécifiquement juives.


Mais pour moi, étant donné l’histoire à laquelle je suis liée, il est très important en tant que Juive de m’élever contre l’injustice et de lutter contre toutes formes de racisme. Cela ne fait pas de moi une Juive qui a la haine de soi ; cela fait de moi une personne qui souhaite clamer un judaïsme qui ne s’identifie pas à la violence d’Etat mais qui s’identifie à une lutte élargie pour la justice sociale.

[…]


J’ai toujours été en faveur de l’action politique non-violente, principe auquel je n’ai jamais dérogé. Il y a quelques années une personne dans un public universitaire m’a demandé si je pensais que le Hamas et le Hezbollah appartenait à « la gauche mondiale » et j’ai répondu sur deux points :


Mon premier point était purement descriptif : les organisations politiques se définissant comme anti-impérialistes et l’anti-impérialisme étant une des caractéristiques de la gauche mondiale, on peut alors sur cette base, les décrire comme faisant partie de la gauche mondiale.


Mon deuxième point était critique : comme avec n’importe quel groupe de gauche, il faut décider si l’on est pour ou contre ce groupe, et il faut alors évaluer de façon critique leurs positions.

[…]


A mon avis, les peuples de ces terres, juive et palestinienne, doivent trouver un moyen de vivre ensemble sur la base de l’égalité.


Comme tant d’autres, j’aspire à un régime politique véritablement démocratique sur ces terres et je défends les principes de l’autodétermination et de la cohabitation des deux peuples, en fait, pour tous les peuples.


Et mon souhait est, ce que souhaitent un nombre croissant de juifs et non juifs, celui que l’occupation prenne fin, que cesse la violence sous toutes ses formes, et que les droits politiques de chaque habitant soient assurés par une nouvelle structure politique.


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Pour info à Louvain-La-Neuve


A ne pas manquer en septembre, car Judith Butler donnera une conférence à l'UCL. - Duc

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Du veau au menu ?

Du veau au menu ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Cela s'appelle probablement un "champ de veaux" et je doute que ce soit très humain, alors, pensez-y lorsque vous mettrez du veau au menu.  -  Duc


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Ukr. - 2 conseillés US abattus

Ukr. - 2 conseillés US abattus | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Deux conseillers militaires de l’armée des USA ont été tués par des inconnus à Marioupole


La délégation des conseillers militaires de l’armée des USA venant de la base Fort Benning arrivée hier à Kiev a comptabilisé ses premières pertes à Marioupole. Deux de leurs conseillers ont été abattus par des inconnus.


Cette nouvelle a été rendue secrète et surtout interdite de publication en Ukraine.


Il est curieux que ce ne soit pas l’armée ukrainienne que cette grande équipe de délégués US vient préparer, mais bien « les hommes noirs » de la formation armée volontaire du bataillon « Azov » et « les mercenaires de Kolomoïsky » — le bataillon « Dniepr » ainsi que le résidu de l’ex « Berkut ».

 

L'entièreté de l’article (en russe) de politikus.ru peut être lu ici.


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MH17 : l’hystérie de comptoir

MH17 : l’hystérie de comptoir | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende et source photo : des débris du vol de la Malaysia Airlines MH17, qui s'est écrasé en Ukraine le 17 juillet 2014., D.FAGET/AFP - 20minutes.fr 



MH17 : ou l’hystérie de comptoir en guise de diplomatie


« The finger point at Putin » ; « Putin's rebels blew up a plan »;  « Putin's victims » ; « Putin looters rob Brit victims » ; « Putin killed my son », on en passe et des meilleures comme on dit : le crash du MH17 a provoqué une vertigineuse poussée de fièvre antirusse dans les tabloïds britanniques, mais pas seulement. Peu ou prou, c’est toute l’élite politico-médiatique occidentale qui a cru l’heure de la curée venue pour clouer enfin définitivement l’ours russe au pilori. Le tout bien sûr sans l’ombre d’un début de preuve, mais il est vrai que l’hystérie de comptoir a depuis longtemps succédé à la diplomatie dans le Bloc atlantiste. Et même si de plus en plus d’éléments incriminent aujourd’hui l’armée ukrainienne, les USA et leurs laquais européens continuent de sanctionner et d’accuser, preuve de leur encagement dans une pure politique d’agression.





Fracturer l’Eurasie



Nous avons largement développé les raisons de cette agression dans nos précédentes brèves. Mais pour résumer, disons que les États-Unis tentent de freiner leur déclin en cherchant à mobiliser le Bloc occidental contre la Russie, tête de pont des puissances émergentes des pays du BRICs qui menacent de plus en plus ouvertement leur hégémonie.
 Leur principale crainte est de voir l’Europe et la Russie s’engager sur la voie de ce partenariat naturel qui les pousse l’un vers l’autre, partenariat qui les éjecterait de facto de l’Eurasie. Or comme le disait Zbigniew Brzeziński, politotogue américain et conseiller de plusieurs présidents US : « Qui contrôle l’Eurasie contrôle le monde ».
 C’est dans cette logique qu’il faut replacer toute l’affaire ukrainienne, le but ultime du déclenchement de cette guerre au travers du coup d’Etat de février dernier étant donc de fracturer l’Eurasie pour éviter la constitution de ce Bloc concurrent Euro-BRICs.





Rétropédalage



S’agissant du crash du MH17, rien de surprenant donc que le Bloc ait tenté de capitaliser au  maximum sur l’évènement en accusant Moscou. D’où le déchaînement d’accusations gratuites, hystériques même, où toute forme de retenue a été abandonnée par une presse occidentale dont l’alignement aux thèses officielles, par une savoureuse ironie de l’Histoire, nous rappelle furieusement la propagande… soviétique. 
Sauf que voilà, une semaine après le crash, de plus en plus d’éléments accusent désormais l’armée ukrainienne. Il est vite apparu en effet aux observateurs non endoctrinés qu’en toute logique, abattre un appareil évoluant à plus de 10’000 mètres d’altitude dépassait en principe les dotations d’une rébellion, fusse-elle relativement bien armée.



Et après avoir laissé la presse occidentale s’enflammer, l’État-major russe a publié sa propre version des faits sous forme d’une série de questions qui laissent peu de doute sur le déroulé des évènements. Des « putains de bonnes questions», serions-nous tentés d’ajouter.
 Et déjà, le rétropédalage a commencé. Les Américains, tout en affirmant que ce sont quand même les séparatistes qui ont fait le coup, mais «sans doute par erreur», ont même fini par admettre que la Russie «n’y était pour rien». 
Mais au défilé des cons et des menteurs de la presse-Système, personne ne se pressera, rassurez-vous, pour ouvrir le bal de Canossa en admettant s’être enflammé un peu tôt, sans savoir, dans l’ignorance totale des faits, par pure idéologie donc.





Aveuglement total



De quoi refroidir un peu les ardeurs et l’agressivité occidentales ? Pas vraiment ! L’UE a annoncé de nouvelles sanctions, témoignant ainsi de son encagement dans la stratégie d’agression dictée par l’agenda washingtonien. 
Dans cette affaire, c’est bien l’UE qui concentre l’essentiel de la bêtise ambiante. Car si l’on peut parfaitement comprendre la stratégie américaine visant à contrer les BRICs et à casser l’Eurasie pour sauver ce qui peut l’être de son hégémonie, il est de plus en plus difficile de comprendre la soumission européenne. Son suivisme antirusse, et donc à terme anti-BRICs, est en effet un véritable suicide économique à l’heure où nombre de pays de l’UE sont déjà proches du dépôt de bilan.





Haro sur le Mistral, et bientôt le Rafale ?

La polémique lancée par les anglo-saxons contre la livraison du Mistral français à la Russie aurait, par exemple, dû au moins réveiller quelques intellects endormis à l’Élysée.
 Car si la France devait céder sur cette question, et elle en prend honteusement le chemin, il suffirait alors aux USA d’étendre à terme l’interdit aux pays des BRICs pour empêcher alors l’Hexagone de vendre par exemple son chasseur Rafale à l’Inde.
 Or le Rafale est l’un des derniers concurrents aux appareils américains...
 Avec des alliés comme ça, on a décidément plus besoin d’ennemi. Car une fois le Traité Transatlantique signé (voir vidéo explicative), les portes de la prison US seront définitivement refermées sur l’UE.




Bon vent.



Par entrefilets.com, le 23 juillet 2014

 

 

E. F. : ex-journaliste repenti, spécialiste du Moyen-Orient (couverture de la « Guerre de Libération » au Liban, reportages en Irak, Algérie, en Palestine occupée, etc.). A vécu au Caire et à Beyrouth. 

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Poutine : Ukr. & sanctions US



Vladimir Poutine s’exprime au sujet de l'Ukraine et sur les nouvelles sanctions US (VOSTFR) - Conférence de presse, du17 juillet 2014


Prenez la peine d'écouter le point de vue modéré et plein de bon sens de celui qu'on accuse de tous les maux de la Terre.


A ceux qui n'entendent que les sous-entendus accusateurs (dans le vide) de "nos" médias, cela vous permettra peut-être de vous recadrer un tantinet.


Duc

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Chers amis de l'Otan

Chers amis de l'Otan | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Réagissant à l’avancée de l’Émirat islamique (ÉI, ex-ÉIIL) en Irak, le Front Al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie) a décidé de créer son propre califat, a annoncé son émir Abou Mohammad al-Jolani, dans un message audio daté du 11 juillet.


Le « Front pour la victoire du peuple du Levant » est apparu début 2012. En mars, il commet un double attentat kamikaze à Damas (qui fut d’abord présenté par la presse occidentale comme une opération sous faux drapeau de l’État syrien). Il était alors composé de membres de l’Émirat islamique en Irak, dont certains de nationalité syrienne, principalement originaires de Deraa, qui entendaient poursuivre le jihad dans leur propre pays.


Il semble que le Front ait été créé à l’initiative de Farouk Tayfour, vice-secrétaire général de la Confrérie des Frères musulmans. Il recevrait ses ordres politiques du bureau des Frères à Istanbul et ses informations militaires de l’Otan.


Le financement du Front était initialement assuré par l’État du Qatar, puis par l’État d’Arabie saoudite (jusqu’à sa rupture avec les Frères), puis encore par des dons privés de personnalités religieuses et de chefs de grandes entreprises du Golfe, et désormais par les services secrets saoudiens (depuis le retour du prince Bandar).


Fin 2012, le Front assume publiquement ses liens avec Al-Qaïda, à cette occasion, il est inscrit par Washington sur sa liste des organisations terroristes, le 11 décembre.


Cependant, la France, qui encadre militairement le Front avec des officiers de la Légion étrangère, continue à le soutenir aussi diplomatiquement. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare lors de la réunion des "Amis de la Syrie" à Marrakech, le 12 décembre, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position états-unienne, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition [nationale syrienne] était aussi sur cette ligne ». Le président de la Coalition, cheik Moaz al-Khatib (par ailleurs lobbyiste de Shell), demande à Washington de reconsidérer sa position. 29 groupes rebelles signent une pétition contre la décision états-unienne et soutiennent le Front. En définitive, la France se rallie officiellement à la position US et prend une initiative pour faire inscrire le Front sur la liste onusienne des organisations terroristes.


En réalité, la présence en son sein d’officiers français, états-uniens, qataris et turcs est largement attestée après son inscription sur la liste des organisations terroristes de l’Onu.


Le Front al-Nosra installe des tribunaux islamistes et proclame la charia dans les territoires qu’il occupe. Il multiplie les égorgements et autres exécutions publiques.


La Turquie lui offre une assistance logistique bien qu’Al-Nosra prenne des otages turcs. L’armée turque prend avec lui la ville syro-arménienne de Kassab, en mars 2014. La Turquie ne cesse ses relations avec le Front qu’en juin 2014, c’est-à-dire après l’invasion de l’Irak par l’ÉI.


Le Front dispose d’armes modernes, notamment des missiles anti-char Milan de fabrication franco-allemande et quantité de Manpad. Il se déplace et échappe aux attaques de l’Armée arabe syrienne grâce aux images satellitaires qu’il continue à recevoir de l’Otan au moins jusqu’en juin 2014.


Le Front tente actuellement d’éliminer ses rivaux dans deux zones, l’une au Nord du pays (dans une partie de l’agglomération d’Alep), l’autre au Sud (dans la campagne alentour de la ville de Deraa), de manière à pouvoir proclamer rapidement un Califat.


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Vous seriez "enchantés" de lire la longue liste des amis de l'Otan, c'est-à-dire la liste de "vos" amis par conséquent.


Mais vous pouvez rester crédules et croire que c'est du pipeau puisque les médias n'en parlent pas !  -  Duc


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UKR. - YATS TOMBE À L’EAU

UKR. - YATS TOMBE À L’EAU | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende photo : Petro Porochenko (gauche) et Arseni Iatseniouk (droite). Crédits : Max Levin - source : histoireetsociete.wordpress.com



YATS(*) ET PINOCHENKO SONT DANS UNE BARQUE, YATS TOMBE À L’EAU, QUI RESTE-T’IL ?


Mercredi 23 Juillet une vidéo largement reprise nous a régalés du spectacle d’un débat au parlement de Kiev se tenant sous la forme d’une mêlée ouverte (quasiment une bagarre), spectacle non inhabituel dans divers parlements démocratiques (Corée du Sud, Taïwan, ébauche à l’Assemblée, etc.), mais qui, dans le cas de Kiev n’était accompagnée d’aucun commentaire ni d’aucune explication.

Ce prologue musclé a trouvé une suite logique et parfaitement claire dans la démission annoncée de Arseni Iatseniouk, le « Yats… our man » de Victoria « f**k the UE » Nuland. D’après des articles du Monde, du Guardian et de Libération, reproduisant des bribes des débats au Parlement, nous pouvons dégager brièvement le déroulement et les faits saillants de cet épisode de la vie démocratique ukrainienne.


Le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, se serait fait mettre en minorité par le refus de deux groupes de sa coalition de voter un projet de loi concernant l’application de mesures plus strictes de contrôle du secteur énergétique, mesures qui semblent amener à privatiser les revenus du réseau de gazoducs ukrainiens.


Le calme et pondéré Yats s’est enflammé dans un discours passionné lançant de nombreuses accusations. « … l’histoire ne nous pardonnera pas », a-t-il dit au Parlement, « des millions de gens ont fait cette révolution. Nous n’avons pas décidé du choix de l’Europe, mais des centaines d’Ukrainiens sacrés et des milliers l’ont fait » dit-il se référant à ceux tués surtout par des snipers durant les protestations.


Pour Yatseniuk, en bloquant les nouvelles lois proposées, dont celle destinée à contrôler plus strictement le secteur de l’énergie face à une diminution des livraisons de gaz de la Russie, le parlement mettrait l’Ukraine en danger. Et si le Parlement ne serrait pas les dépenses budgétaires, il mettrait aussi les soldats ukrainiens en danger : « Notre gouvernement maintenant n’a pas de réponse à la question : comment allons-nous payer les salaires, comment allons-nous demain envoyer du carburant pour les blindés, comment allons-nous payer ces familles qui ont perdu des soldats, prendre soin de l’armée ? (…) Ces gens qui attendent sous les tirs, pouvons-nous arrêter de penser à eux ? »


Tout au contraire, le Président exemplairement élu Poroshenko (prononcé Pinochenko) accueillit avec bonheur la décision de deux partis de se retirer de la coalition majoritaire au parlement : celui du nationaliste Svoboda (vous savez, ce parti pas nazi, d’après BHL, qui n’avait obtenu que 1 % aux élections, mais avait 30 sièges au Parlement), et Udar (punch), celui de l’ancien champion de boxe Vitaly Klitschko, devenu maire de Kiev.


« La société veut un complet changement des autorités de l’État », affirma Poroshenko dans une déclaration, ajoutant que ce changement montrait que ceux qui avaient décidé de quitter la coalition suivaient la volonté du peuple. Les politiques et les activistes se sont plaints d’avoir encore à élire un nouveau parlement, alors que l’Ukraine a un nouveau Président depuis le renversement de Viktor Yanukovych en février, et ont accusé les supporters de celui-ci de saboter leur travail.


Vladimir Groïsman (un oligarque très proche de Petro Poroshenko et des Polonais), qui était jusqu’alors Vice-Premier ministre, est le nouveau Premier ministre par intérim. Il aura un mois, suivant la constitution pour former une nouvelle majorité. Ce qui parait peu probable.


Les conséquences de ces fractures au sein du Parlement de Kiev devraient donc amener à des élections parlementaires anticipées dans un délai de 2 mois maximum, après le premier délai de 1 mois, avant que la dissolution puisse être annoncée officiellement et devenir effective. Les élections législatives devraient être organisées dans le délai tout aussi constitutionnel de deux mois.


Munis de préservatifs caoutchoutés solides, revenons sur cette séquence tout à fait prévisible et largement anticipée, car elle s’inscrit dans un enchaînement (chrono) logique, en explorant et sondant les motivations de cet étonnant et détonnant corps protoplasmique.


Yats est membre du parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko (la fée aux jolies tresses blondes), la plus importante force de la coalition, et qui est opposée à des législatives anticipées. Dans les faits, sinon officiellement, élu par les USA et l’Union européenne, totalement conforme à leurs vœux de libéralisme économique réformateur, il est CIA et FMI compatible.


C’est donc, comme son parti, un farouche propagateur du cahot par une guerre forcément juste dans notre ordre mondial néolibéral, puisqu’à but lucratif.


C’est peut-être son manque de nationalisme réel donc outrancier, ses costumes gris, sa fragilité physique, qui ont, encore une fois obligatoirement, provoqué le lâchage de Yats par le parti Svoboda, lequel est solidement ancré dans le Banderisme et les nostalgies nazies. Il peut aussi y avoir un petit malentendu sur la répartition du butin de guerre, les miliciens de Svoboda et de leur associé Pravy Sektor s’étant investis dans les nettoyages ethniques en cours dans le sud-est.


Pinochenko, dont personne ne peut dire s’il est bique ou bouc, mais qu’on peut affirmer doué d’un solide appétit, vise prioritairement le statut de Capo de tutti capi (chef de tous les chefs, ce qui est la pente naturelle d’un Oligarque [avec un grand O, comme pour une institution] ou d’un Capitaliste moderne [idem]. Ce rôle souhaité de parrain s’accommoderait assez bien de la défaite, voire de l’élimination de certains concurrents importants à Odessa ou dans la région de Donetz. Une fois élu Président lors d’élections qualifiées forcément d’exemplaires et démocratiques, son projet reste la centralisation de son fief de Kiev et le maintien de l’unité [sic] Ukrainienne, donc la persistance des espoirs et l’attente de la manne du FMI [17 Mds $ US].


L’alliance avec le parti Udar semble assez solide, mais il n’est pas certain qu’elle pourrait résister au projet d’un Maidan 3, tel que souhaité par Ioulia Timochenko.


Enfin la crise dans la crise provoquée au sein même de l’Ukraine par l’attentat contre le vol MH17 de la Malaysian Airlines et ses 298 victimes civiles pèse de tout son poids, tel un enfant naturel et légitime de la démesure et de l’orgueil habituels au bloc américaniste-occidentaliste (alias BAO, expression empruntée à Philippe Grasset/Dedensa).


L’épisode actuel ukrainien se nourrit des appétits manifestés par les acteurs locaux, qui en cela sont reconnus comme bons par les ménestrels médiatiques du bloc BAO. Il est facile d’y voir plusieurs strates et fractions, que l’on devrait plutôt qualifier de « centres d’intérêt » :


  • La privatisation du réseau de gazoduc, qui rapportait près de 4 Mds $ US à l’Ukraine en droits de passage. Rappelons à cette occasion que le fiston de Joe Biden, rien moins que le Vice-Président des États-Unis, a pris des participations dans la société gérant cette manne. Le refus de voter cette loi peut donc être vu d’abord comme une surenchère venant de parties insatisfaites par la répartition de cette cagnotte.


  • L’absolue obligation de respecter le credo libéral des restructurations, des privatisations, de l’austérité, des mesures antisociales diverses, condition sine qua non pour correspondre aux normes UE-FMI, peut aussi être la raison du refus par les partis activistes qui ont accaparé Maidan.


  • La condition impérative imposée par le FMI que l’Ukraine soit unie si elle veut recevoir la suite des aides prévues entraîne de facto qu’il faut reconquérir les régions dissidentes. Ici une autre ligne de fracture est visible entre la grande majorité belliciste et le maire de Kiev, sans parler de tous ceux qui souhaitent réduire les dépenses militaires pour continuer à manger goulûment.


  • Enfin, il peut y avoir, soigneusement et pudiquement non-évoqué, quelques soupçons sur les réels coupables du massacre du col MH17, générant l’envie de se désolidariser de ceux qui l’ont perpétré et qui ont confisqué les bandes d’enregistrements de la tour de contrôle de Kiev. Sur ce point-là des rumeurs ont accusé des sbires de Yatseniuk.

 

Dans une exemplaire synchronisation de son élan vital pour un maximum d’autodestruction, la succursale Union européenne (UE) du bloc américaniste-occidentaliste votait le soir même de nouvelles représailles contre la Russie et son incarnation archimaléfique.


L’UE tenait à ne pas manquer cette occasion de contribuer au grand fracassement de sa représentation unitaire, pourtant déjà bien ébréchée par la recomposition erratique de ses Conseils, de sa Commission et de son Parlement.


Comme déjà relevé, ce vote a confirmé une « dés-Union » de l’UE en trois blocs :


  1. les Anglais, les Scandinaves et les ex-pays de l’Est inféodés ou hypnotisés par l’OTAN,
  2. l’Europe du Sud des cigales détruites par la Troïka, augmenté de l’Autriche signataire du projet de gazoduc South Stream,
  3. le club des modérés qualifiés d’hésitants, mais que l’on peut penser plutôt tout à fait fourbes, donc plus rationnels, à savoir l’Allemagne et la Fance, plus la Roumanie.

 

Cette évolution semble conduire inexorablement à une implosion du bloc américaniste-occidentaliste, assez semblable finalement au processus de glaciation de l’ère Brejnev ou à sa copie en France des politiques du « ni-ni » de Mitterrand, ou du « rien-rien » de Chirac, avec leurs avatars Sarkozy et Hollande.



Par Charles pour vineyardsaker.fr - le 25 juillet 2014

 

 

(*) Yats est un surnom de Iatseniouk

 

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LLN - Sauvée à l'Ibis

LLN - Sauvée à l'Ibis | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Parce qu’elle refusait de lui réserver ses faveurs, un garçon a frappé une copine d’école avant de lui couper ses longs cheveux noirs.


Étaient-ils ou non en couple? Les versions du prévenu et de la victime divergent sur ce point. À tout le moins, ils étaient copains et fréquentaient la même école à Namur. Le 30 juin dernier, elle avait accepté de monter dans la voiture du prévenu pour aller ensemble à l’école. Ils n’y sont jamais arrivés.


En cours de route, le prévenu, Younes E. (20 ans), entreprend la jeune fille, glisse sa main à l’intérieur de ses cuisses, à cinq ou six reprises. Elle repousse ses avances, ce qui provoque une dispute. Younes décide alors de faire un crochet par Louvain-la-Neuve.


Là, dans un endroit un peu désert, non loin de l’hôtel Ibis, les choses s’aggravent. Assis sur un banc, il lui demande de lui faire une fellation. «Je compte jusqu’à trois et c’est dans ton intérêt de faire ce que je te dis», lui dit-il.


La jeune fille persiste dans son refus, Younes E. compte puis sort ses ciseaux et rassemble les longs cheveux de sa copine en queue en lui disant qu’il va les lui couper. Elle pose ses mains sur ses cheveux dans le but de les protéger, mais il entaille ses doigts et lui met un coup de poing au visage avant de tenir sa promesse. Un acte qu’il avait longuement ruminé avouera-t-il.


«Ce n’est pas la première fois que je prenais les ciseaux avec moi, avouera-t-il aux enquêteurs. Je ne voulais pas la frapper mais je n’avais pas confiance en elle, je lui avais dit que si elle me trompait, je lui couperais les cheveux. Elle est lunatique, elle s’énerve tout le temps alors j’avais décidé de lui couper les cheveux plutôt que de la frapper.»


Younes E. a pourtant aussi frappé sa victime. Et lorsqu’elle s’est jetée à terre pour ramasser ses cheveux, il lui a shooté dans le dos et mise à terre.


À la réception de l’hôtel Ibis où la jeune fille s’était réfugiée, le réceptionniste témoignera de l’état de choc dans lequel se trouvait la jeune fille et de ses contusions au visage.


Poursuivant le prévenu pour traitements dégradants et coups volontaires avec préméditation, le ministère public a requis une peine de travail de 180 heures à son encontre.


La défense a crié à l’exagération de la part de la victime. «Les dégâts à la chevelure ne sont pas si graves que ce qu’on en dit, a plaidé Me Deutsch contestant également que ce geste puisse être qualifié de traitement dégradant ou de coups. «Si la victime avait rompu et avait été claire, tout ça ne serait pas arrivé», a plaidé l’avocat. Estimant que les responsabilités étaient partagées, il a proposé de réduire à 100€ les 1.000€ de dommages réclamés.


Jugement le 28 juillet, à suivre ...


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