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LLN - The Cat Hell Team

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Plus que quelques jours avant "le" grand jour !


Elles l'ont bichonnée corps et âme jusque dans les moindres détails, même les écrous ont été ponçés !

 

Souvenez-vous, le 14 avril 2012, je vous annonçais que Evelyne Hemstedt et Clotilde Vromman, étudiantes à LLN et originaires de Dion-Le-Mont, fondaient "The Cat Hell Team".  Amies par les scouts, portant toutes deux un totem de chat, elles ont toujours été l'équipe des félines, d'où... "The Cat Hell Team" !

 

Les 2 jeunes femmes participent au raid 4L Trophy 2013, un des plus grands, si ce n'est le plus grand événement sportif étudiant en Europe.  Sous leur nom de "The Cat Hell Team", leur numéro d'équipage est le 851.

 

Créé en 1997 par Jean Jacques Rey, pilote et passionné de rallye-raid, le 4L Trophy a su devenir en 15 ans un rendez-vous incontournable des étudiants prêts à en découdre sur les pistes marocaines. 

 

En 2012, la quinzième édition du raid 4L Trophy battait tous les records avec 1.350 voitures engagées et près de 3.000 personnes qui s'élançaient pour un périple d'environ 6.000 km jusqu'au Maroc.

 

On ne parle pas de vitesse sur le 4L Trophy (n'oubliez pas que la 4L a fêté ses 50 ans l'année dernière), mais bien d'une course d'orientation.  Le but est de rallier l'arrivée en faisant le moins de km possible tout en ayant validé les différents points de contrôle.  Pas de GPS, les concurrents ont pour seules armes une boussole, une carte, un road-book et leur flair.

 

Evelyne et Clotilde, nos deux pilotes néo-louvanistes ont ouvert une page spéciale sur Facebook pour permettre de partager et de relater leur aventure, vous les trouverez en cherchant "The Cat Hell Team".

 

Duc

 

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En collaboration avec Koter Info, le site des étudiants de LLN - WSL

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Avec tant de visiteurs différents, "Koter Infose targue d'être un site utile aux étudiants de Louvain-La-Neuve ou de Woluwé-Saint-Lambert-UCL.

 

Pour tout savoir sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve ou de Woluwé-St-Lambert-UCL, découverte, histoire, vie estudiantine, locations kots, photos, vidéos, cercles, kaps, etc...

 

Informations générales : Locations - Services - Adresses utiles, ne fusse que pour indiquer les grandes directions, mais c'est beaucoup plus !!!

 

En fait, Koter Info est un site en constante évolution avec plus de 90 pages à votre dispositon.  On y trouve tout se qu'il faut savoir quand on ne connait pas encore LLN ou WSL. 

 

Voyez par vous-même, cliquez ici ou sur le lien dans le titre ou dans la photo.


Duc

  

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Avec tous ces lecteurs (différents), c'est indéniablement "La Gazette" des campus de LLN & de WSL-UCL et environs.  On y lit des infos locales ainsi que des publications diverses intéressantes boudées généralement par les médias habituels.

  

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Dossiers de La Gazette


La Gazette de "Koter Info" a suivi plusieurs aventures d'équipages estudiantins néo-louvanistes ou liés à Louvain-La-Neuve au fameux Raid 4L Trophy destiné aux étudiants. Si vous voulez revivre ces aventures au jour le jour, de la préparation de la 4L à la fin du raid au Maroc, les photos, les vidéos et les reportages journaliers ont été rassemblés dans un dossier complet.

 

La Gazette a également créé un dossier reflétant les pages du site "Koter Info" et leur contenu avec un lien direct vers chacune des pages : "vitrine du site Koter Info"


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Des oiseaux par centaines


Des oiseaux dans un arbre s’envolent par centaines

 

Phobiques des oiseaux ou personnes ayant trop regardé le film d’Hitchcock s’abstenir.


Ces images sont impressionnantes !


Filmée aux Pays-Bas, cette vidéo s’ouvre sur un arbre immense dont les branches ploient sous le poids des centaines d’oiseaux qui sont venus y trouver refuge.


Quand tous les volatiles décident de prendre simultanément leur envol, l’homme derrière la caméra ne peut retenir un « wooooow » impressionné devant le nuage d’oiseaux qui se forme à quelques mètres de lui.

 

Par Le HuffPost – le 20 novembre 2014


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Monde merveilleux des Cuys


L’agence de pub canadienne DentsuBos a dévoilé une vidéo pour le moins humoristique afin de lutter contre le cancer des testicules. Elle met en scène des... cuys, qui sont comparés aux organes génitaux masculins. Fou rire garanti.


Bienvenue dans le monde merveilleux des Cuys, ces jolis cochons d'Inde poilus et fragiles dont il faut prendre soin. Il est donc important de les examiner une fois par mois pour détecter le moindre problème.


"Le merveilleux monde des Cuys" est une campagne réalisée par Cancer Testiculaire Canada pour inciter les hommes à l'auto-examen des testicules.


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Phrases de connards


Prétention, égoïsme, narcissisme, toutes les raisons sont bonnes pour balancer une phrase de connard, c'est ce que Norman vous explique avec son humour habituel.


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Guerre en Afghanistan : questions

Guerre en Afghanistan : questions | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


10 raisons de (ne pas) faire la guerre en Afghanistan

Par Selma Benkhelifa

 

 

Aucune des raisons avancées pour faire la guerre en Afghanistan et puis pour y rester pendant plus de dix ans ne résiste à l’analyse.

 

 

Une riposte au 11 septembre ?

 

Aucun des pilotes kamikazes n’était afghan. Les attentats n’ont pas été revendiqués par les talibans. La raison officielle de la guerre contre l’Afghanistan est que le gouvernement des talibans aurait refusé d’extrader Ben Laden. En réalité, les talibans refusent d’extrader Ben Laden, sans que leur soient données les preuves de son implication dans les attentats du 11 septembre. Rien de surprenant. C’est ce que n’importe quel pays aurait fait dans le cadre d’une demande d’extradition, l’État demandeur doit fournir un dossier qui démontre le fondement de sa demande. Rien d’inacceptable. Cependant, les États-Unis ne donneront jamais suite à cette demande. Leur intention est d’attaquer l’Afghanistan, pas de faire du droit.

 

Preuve en est, lorsque, dans le discours de guerre à la Terreur du 20 septembre, Georges Bush déclare que les talibans refusent l’extradition de Ben Laden, nous sommes la veille de l’annonce faite par l’Ambassadeur des talibans au Pakistan que son gouvernement exige des preuves de l’implication de Ben Laden dans les attentats.

 

 

La guerre contre Al Qaeda ?

 

Les moudjahidines ont été formés par la CIA, Ben Laden a été un grand ami des Américains pendant 20 ans et était au Pakistan au moment de sa capture. De plus, on l’a vu, Al Qaeda peut redevenir une amie quand il s’agit de faire la guerre en Libye.

 

 

Chasser les talibans ?

 

On négocie avec eux au Qatar en vue de les faire revenir au gouvernement.

 

 

Instaurer une démocratie ?

 

Jamais un gouvernement n’a été plus corrompu que celui d’Hamid Karzai. Le nouveau président Ashraf Ghani ne vaut guère mieux et son vice-président n’est autre que le tristement célèbre général Dostum, un des pires criminels de guerre du pays. (1)

 

 

Lutter pour les droits des femmes ?

 

La situation des femmes est intolérable, même avec la nouvelle constitution.

 

 

Lutter contre la drogue ?

 

La culture et le trafic d’héroïne n’ont pas cessé d’augmenter.

 

 

Aider le peuple afghan ?

 

La guerre humanitaire a fait des ravages en termes de crimes contre les civils.

 

 

Sécuriser le pays ?

 

Toutes les milices ont gardé leurs armes. Il est impossible de traverser le pays sans payer les miliciens ou les talibans.

 

 

Empêcher une guerre civile ?

 

Les pires criminels de la précédente guerre civile siègent toujours au gouvernement. Aurions-nous tous été bernés, floués, trahis ? Nous a-t-on tout simplement menti sans vergogne pendant plus de dix ans ? Est-il possible que toutes les opinions publiques des dizaines de pays de la coalition aient été manipulées à ce point ? Il est intellectuellement difficile de l’accepter. Difficile d’admettre que des millions de gens aient été grugés.

 

Les neuf raisons avancées pour justifier la guerre et l’occupation de l’Afghanistan sont fausses, grossièrement mensongères, inacceptables.

 

La dixième raison, la vraie, quelle est-elle ?

 

 

Mais alors que diable allaient-ils faire dans cette galère ?

 

Parce que pour entrer en guerre et dépenser des millions dans un pays montagneux perdu au milieu de nulle part, ii faut bien avoir une raison ! Et une bonne raison.

 

Les raisons qui poussent les États-Unis à faire des guerres sont d’ordre économique. Tous les Présidents, démocrates ou républicains, voient leurs campagnes financées à coup de millions de dollars par l’industrie de l’armement. Ce riche lobby attend bien évidemment une contrepartie : l’assurance que les dépenses militaires ne cesseront d’augmenter pour le profit de leurs heureux actionnaires.

 

Un lobby idéologique existe aussi. Des gens structurés entre eux, intelligents, influents, riches qui pensent réellement qu’imposer les États-Unis comme leader du monde par la force est une bonne chose. Les membres de think thanks comme Project for the New American Century ne sont pas seulement persuadés du bien fondé de leurs idées, mais ils sont paranoïaques. Ils sont intimement convaincus qu’ils doivent sans cesse attaquer pour ne pas être attaqués. Les paranoïaques sont des gens dangereux puisqu’ils pensent sincèrement devoir se défendre contre des dangers inexistants.

 

Tout cela est vrai pour toutes les guerres menées par les États-Unis. Cela n’explique pourtant pas pourquoi l’Afghanistan.

 

 

Perdu au milieu de nulle part ?

 

En grande partie désertique, parsemé de pierres, poussiéreux, l’Afghanistan est un pays magnifique par son aspect rude et inviolé. Mais l’Afghanistan est pauvre. Son sous-sol renferme bien des richesses non exploitées. Les mines de Badakhshan sont la première source de lapis-lazuli au monde ; on trouve aussi des gisements de saphirs, émeraudes et rubis, ainsi que d’autres pierres semi-précieuses aigues-marines, saphirs étoilés, etc..

 

L’exploitation des richesses naturelles du pays par un gouvernement soucieux du sort de ses citoyens pourrait sortir le peuple afghan de la misère. Toutefois au niveau macro-économique, ces richesses sont infimes et n’expliquent pas les dépenses colossales engagées dans la guerre. Si en Irak, les concessions pétrolières faites aux multinationales ont pu faire rentrer les Américains dans leurs frais, si je peux m’exprimer ainsi, la guerre en Afghanistan coûte et coûte bien plus que ce qu’elle peut rapporter.

 

Pourquoi vouloir à tout prix rester dans ce pays, somme toute, inhospitalier ? Pourquoi cette opération si peu rentable ?

 

L’hypothèse qui est la mienne est que l’Afghanistan n’est justement pas « perdu au milieu de nulle part ». Il a des frontières avec la Chine et l’Iran, avec le Pakistan et l’Ouzbékistan. Il est le cœur de l’Asie. Plus précisément l’Afghanistan est au centre de l’organisation de coopération de Shanghai.

 

 

L’organisation de coopération de Shanghai

 

La plupart des gens n’en ont jamais entendu parler. Pourtant en 2001 une organisation intergouvemementale régionale asiatique a été créée. La Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan ont pris la décision de coopérer ensemble.

 

Selon la charte de l’OCS, les missions majeures du bloc consistent à renforcer la confiance et le bon voisinage au sein des pays membres, développer la coopération dans divers domaines, surtout les domaines politique, économique, scientifique, culturelle, éducative, énergétique, du transport et de la protection de l’environnement, maintenir la paix et stabilité régionale, promouvoir la création d’un nouvel ordre politico — économique international caractérisé par la démocratie, la justice et la rationalité.

 

Un début qui ressemble à s’y méprendre aux débuts de l’Union européenne. Très vite d’autres pays s’associent au processus comme observateurs : la Mongolie (en 2004), l’Inde, l’Iran et le Pakistan (en 2005).

 

Imaginez si ces pays parvenaient à une entente économique, si la région connaissait une paix durable grâce aux traités d’entente entre les armées, s’ils avaient l’idée saugrenue d’une monnaie unique... Les puissances économiques les plus importantes de la planète, les pays émergents les plus dynamiques, se mettent ensemble et défient l’Occident. Sur son terrain, avec son arme : l’argent.

 

Si cela devait arriver, les économies américaines et européennes s’écrouleraient. L’émergence de l’organisation de coopération de Shanghai signifie ni plus ni moins que la fin de l’hégémonie occidentale telle que le monde la connaît depuis les Empires coloniaux. Le début d’un nouvel ordre politico-économique international, comme stipulé dans la charte.

 

C’est cela que les États-Unis et les États de l’Union européenne veulent à tout prix empêcher. Les empires sont prêts à tout pour ne pas s’effondrer. À livrer une lutte sans merci. C’est cette guerre-là qui se joue en Afghanistan.

 

Sur la carte l’Afghanistan est comme une tache au cœur de l’Asie. Le seul pays qui ne fait partie ni des membres ni des observateurs de l’Organisation de Shanghai. En plein milieu.

 

Ni les Américains ni les Européens ne veulent gagner cette guerre. Ils ne cherchent même pas à remporter la victoire. Ce qu’il leur faut c’est un foyer d’instabilité permanent au cœur de l’organisation de Shanghai. Un facteur de déstabilisation de l’ensemble de la région. Une dictature amie qui accepte sur son sol des bases américaines et des missiles à portée de l’Iran, de la Chine, de la Russie, de l’Inde.

 

Un accord a déjà été signé entre le gouvernement afghan et les États-Unis pour la mise en place de bases militaires jusqu’en 2024.


Noam Chomsky, interrogé par de jeunes pacifistes afghans à propos du projet de bases américaines, a répondu : sans aucun doute, le gouvernement américain a l’intention de maintenir un contrôle militaire effectif sur l’Afghanistan par un moyen ou un autre, par un État client avec des bases militaires, et le soutien à ce qu’ils vont appeler les troupes afghanes. C’est le modèle ailleurs. Par exemple, après avoir bombardé la Serbie en 1999, les États-Unis ont maintenu une énorme base militaire au Kosovo, ce qui était le but des bombardements. En Irak, ils sont encore en train de construire des bases militaires, même s’il y a une rhétorique à propos de quitter le pays. Et je suppose qu’ils vont faire la même chose en Afghanistan aussi.

 

 

Une hypothèse qui explique beaucoup de choses

 

Bien sûr ce n’est qu’une hypothèse, mais elle explique bien des choses. Elle explique pourquoi les talibans ont continué à être financés par les États-Unis eux-mêmes, via le racket ou via l’Arabie Saoudite. Quand on veut gagner une guerre, on empêche son ennemi de recevoir le moindre dollar. On ne tolère pas qu’ils s’approprient les millions qui lui servent à continuer l’insurrection.

Cela permet aussi de comprendre pourquoi les milices n’ont pas été désarmées, pourquoi tous les Afghans ou presque peuvent circuler lourdement armés, pourquoi les criminels de guerre ne sont pas jugés. Aucun être sensé ne peut imaginer construire une paix durable dans des conditions pareilles.

 

Comment expliquer les milliards de dollars que coûte cette guerre perdue, les millions de dollars d’aide humanitaire qui n’ont pas empêché un tiers de la population afghane de vivre en dessous du seuil de pauvreté absolue ? Pourquoi tout cet argent gaspillé, pour gagner les cœurs et les esprits ? Tout en Afghanistan semble incohérent. Sauf si on admet que le but n’a jamais été de gagner.

 

Les principaux acteurs de la pièce n’en connaissent pas le scénario. Les jeunes recrues américaines, abruties de jeux vidéos, croient à la guerre contre le terrorisme ; les rebelles afghans, perdus dans leurs clivages ethniques et leurs rivalités claniques ignorent que dans leur pays se joue le sort du monde au 21e siècle. Ni les uns ni les autres ne savent pas qu’ils sont tous là pour empêcher un nouvel ordre politico-économique international de voir le jour.

 

Et nous tous nous avons été trahis. Nous avons plaint les femmes afghanes, honni Ben Laden, pleuré les morts des tours jumelles... Nous avons posé la question de savoir quand cette guerre allait se terminer. La réponse n’est jamais. Tout a été mis en place pour que cette guerre ne finisse jamais.

 

L’Afghanistan doit rester un foyer d’instabilité au cœur de l’Asie. C’est de que veulent ceux qui agissent dans l’ombre et manipulent les opinions publiques. Tout a été prévu, calculé. Tout sauf la fatalité. La fatalité qui veut que l’Afghanistan soit le fossoyeur des Empires...

 

Par Selma Benkhelifa — Investig’Action – le 20 novembre 2014

 

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Candidature d’Hillary Clinton

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Cyniques, écartez-vous : c’est l’excitation générale autour de la candidature d’Hillary Clinton

Par Glenn Greenwald (*)

 

Il est facile de se montrer cynique lorsque l’on considère l’inévitable (et malheureusement imminente) campagne présidentielle d’Hillary Clinton. Au-delà du fait que c’est une habituée des jeux de pouvoir à Washington, et qu’elle est totalement dénuée de principes et assoiffée de pouvoir, c’est une personnalité politique américaine tout à fait banale. Un des aspects qui la rend unique, peut-être le seul, est la manière dont la première présidence féminine [des États-Unis] sera exploitée (suivant le modèle Obama) pour mieux cacher son véritable rôle de gardienne du statuquo.

 

Le fait qu’Hillary bénéficie de la succession d’une dynastie en fait une cible toute désignée des critiques qui mêlent le mépris à l’ennui. Les dizaines de millions de dollars que les Clinton ont « gagnés » en tirant parti de leur célébrité politique par des conférences devant des parterres de globalistes, de grands groupes industriels, de » Hedge funds », ou d’autres appendices de Wall Street qui auraient tout intérêt à la voir élue présidente, rendent le spectacle encore plus déprimant. 


Mais nous ne devrions pas être aussi cyniques. Il existe une intense et véritable excitation à l’idée d’une (nouvelle) présidence Clinton. De nombreux groupes aux USA considèrent son accession au Bureau ovale comme une opportunité pour un rajeunissement, l’occasion d’un enthousiasme symbole d’espérance et de changement, et d’avancées politiques vitales. Ces groupes toujours plus excités sont les suivants :


 

Wall Street

 

Extrait de Politico Magazine du 11 novembre 2014 (« Pourquoi Wall Street aime Hillary »)


« Là-bas à Wall Street, ils ne croient pas une seconde à la rhétorique populiste d’Hillary Clinton. Tandis que l’industrie financière déteste effectivement Warren, les grands banquiers craquent pour Hillary et la veulent absolument à la Maison-Blanche. La plupart des plus riches banquiers et industriels (parmi lesquels le PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, celui de Morgan Stanley, James Morgan, le tout puissant vice-président de Morgan Stanley, Tom Nides, et les dirigeants de JP Morgan Chase et de Bank of America) considèrent Hillary Clinton comme une personne pragmatique trouvant des solutions aux problèmes, et peu encline à la rhétorique populaire. Pour eux, Hilary est de celles qui pensent que tout le monde y gagne si Wall Street et le business américain en général se portent bien. Que pensent-ils de ses incursions dans les sujets rhétoriques les plus chauds ? En réalité aucun d’eux ne croit qu’elle est sincère lorsqu’elle affiche ce populisme.

 

Même si Hillary n’a pas encore annoncé officiellement sa candidature, l’opinion de Wall Street est qu’elle est déjà en lice, et que son organisation nationale est en train de se mettre en place en coulisses. Tout cela la rend attirante. Wall Street aime par-dessus tout les vainqueurs, d’autant plus ceux qui ne toucheront pas à son énorme tirelire. […] »



Le lobby israélien

 

Traduit de Foreign Policy du 7 novembre 2014 (« Hillary Clinton serait-elle bonne pour la Terre sainte ? » d’Aaron David Miller) :

 

« Si elle devait être élue présidente, cela aurait un impact bénéfique quasiment garanti sur les rapports avec Israël. N’oublions pas que les Clinton ont aussi traité avec Bibi [surnom familier de Benjamin Netanyahu  – NDT] comme Premier ministre. Tout n’a pas été facile, mais c’était clairement beaucoup plus productif que ce que l’on voit aujourd’hui. Pour le dire simplement, en tant que politicienne conventionnelle, Hillary est bonne pour Israël, elle a des relations avec ce pays que l’actuel président n’a pas. Hillary n’est pas de la même génération, et elle a travaillé dans un milieu politique dans lequel être bon pour Israël était à la fois obligatoire et intelligent.


Soyons clairs : lorsqu’il s’agit d’Israël, il n’y a pas de Clinton 2.0. L’ex-président restera probablement unique pour la profondeur de ses sentiments pour Israël et sa disponibilité à mettre de côté ses propres frustrations au vu de certains comportements d’Israël, comme les colonies. Mais cette compréhension vaut aussi pour Hillary. Que ce soit Bill ou Hillary, tous deux sont autant amoureux de l’idée même d’Israël et de son histoire unique qu’ils sont prêts à faire des concessions sur le comportement de l’État hébreu, par exemple la continuation des constructions dans les territoires occupés. »

 


Les interventionnistes (i.e. les fous de guerre)

 

Extrait du New York Times du 15 août 2014 (« Un historien affirme que les événements en Irak ouvrent la voie à un retour des interventionnistes ») :

 

[…] Mais le meilleur exemple de ce que Robert Kagan décrit comme sa vision « conventionnelle » de la force américaine tient dans ses relations avec l’ex-secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton, qui reste le vaisseau amiral dans lequel de nombreux interventionnistes placent leurs espoirs. […]


« Je suis très à l’aise à l’idée qu’elle prenne en main la politique étrangère, » a déclaré M. Kagan, ajoutant que la prochaine étape après l’approche très réaliste d’Obama « pourrait théoriquement être n’importe quelle initiative qu’Hillary pourrait prendre, »  si elle était élue présidente. « Si elle poursuit la politique que l’on pense qu’elle suivra, a-t-il ajouté, c’est quelque chose que l’on a autrefois appelé « néoconservatisme », mais il est clair que ses supporters ne vont pas l’appeler comme ça ; ils trouveront un autre nom. »


 

Les néocons de la vieille école

 

Extrait du New York Times, le 5 juillet 2014 (« La prochaine action des néocons :… être prêts à s’allier avec Hillary Clinton ? »)

 

« Après quasiment 10 ans d’exil politique, le mouvement néoconservateur est en train de revenir. Tandis qu’ils fustigent Obama, les néocons se préparent à une entreprise bien plus audacieuse : s’aligner sur Hillary Clinton et sa future campagne présidentielle, dans l’espoir de revenir aux postes de commande de la politique étrangère américaine.


D’autres néocons ont suivi le centrisme prudent et le respect de Robert Kagan pour Mme Clinton. Max Boot, membre historique du Council on Foreign Relations, a fait remarquer cette année dans The New Republic, que « dans les conseils d’administration, Hillary était l’une des voix de principe pour une position ferme sur des questions controversées, que ce soit pour soutenir l’insurrection afghane ou l’intervention en Libye. »

 

Le fait est que ces néocons ont raison : Mme Clinton a effectivement voté pour la guerre en Irak, soutenu l’envoi d’armes aux rebelles syriens, et comparé le président russe Vladimir Poutine à Adolf Hitler, tout en insistant sur l’importance de promouvoir la démocratie.

 

Il est facile d’imaginer que Mme Clinton fera de la place aux néocons dans son administration. Personne ne pourrait l’accuser de faiblesse en matière de sécurité nationale avec quelqu’un comme Robert Kagan dans son équipe. Loin d’être terminée, l’odyssée néocon est donc sur le point de repartir. En 1972, Robert L. Bartley, éditorialiste du Wall Street Journal et fervent soutien des néocons, donnait cette définition du mouvement néoconservateur : « un groupe à cheval sur les deux grands partis. » Malgré les âpres batailles de partis au début des années 2000, il est remarquable de noter à quel point les choses ont peu changé.

 

Alors, que tous les cyniques se rendent à l’évidence !  Il existe une vraie et vibrante excitation politique dans le pays autour d’une présidence d’Hillary Clinton. On voit apparaitre des posters, des pins, on prépare des chèques, et des rencontres sont organisées. Les groupes d’électeurs unis en synergie avec la ploutocratie et les guerres sans fin ont désormais leur candidate favorite. Et il est bien difficile de leur donner tort et d’affirmer que leur excitation et leur affection ne sont pas justifiées.

 

 

 

Par Glenn Greenwald — The Intercept – 11 novembre 2014

Traduction : IlfattoQuotidiano.fr

 

 

(*) Glenn Greenwald, journaliste politique, avocat, blogueur et écrivain américain, est à l’origine d’une bonne partie des révélations d’Edward Snowden sur les pratiques d’espionnage généralisé par la NSA (National Security Agency), la plus grande agence de renseignement américaine.

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Le Pen & Farage contre Juncker

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Photo : blogs.telegraph.co.uk



Marine Le Pen et Nigel Farage s’allient

contre Juncker

 

Le groupe eurosceptique de Nigel Farage s’est allié au Front national pour déposer une motion de censure contre Jean-Claude Juncker. Un projet sans avenir, mais qui signe la première collaboration des forces eurosceptiques au Parlement européen.

 

Le scandale des LuxLeaks, le système d’évitement fiscal du Luxembourg qui déstabilise le président Juncker, a poussé les forces antieuropéennes du Parlement européen dans les bras l’une de l’autre.

 

Le 18 novembre, le groupe parlementaire de Nigel Farage a annoncé avoir rassemblé les 76 signatures d’eurodéputés nécessaires au dépôt d’une motion de censure contre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

 

« Une motion de censure de la Commission européenne a été soumise au président du Parlement européen […]Les signatures des 76 eurodéputés nécessaires ont été remises au bureau du Président Schulz aujourd’hui. Quarante-quatre signatures proviennent du Groupe EFDD et 32 des membres non-inscrits » souligne un communiqué.

 

 

Le Front national dans la boucle

 

Parmi les signataires non inscrits figure la quasi-totalité des 23 eurodéputés du Front national, à l’exception de Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch et Édouard Ferrand.

 

Selon la procédure établie, la motion de censure doit maintenant être débattue et soumise au vote lors de la prochaine session plénière du Parlement européen. Ses chances d’être adoptée sont nulles au regard de la majorité confortable dont dispose Jean-Claude Juncker au Parlement européen.

 

« Le débat ne peut pas avoir lieu dans les 24 heures suivant le dépôt de la motion de censure, et le vote ne pourra se dérouler que minimum 48 heures après le début du débat », a précisé le président du Parlement européen, Martin Schluz, suite au dépôt de la motion, citant le code de procédure.

 

Selon toute vraisemblance, la motion de censure devrait être discutée puis soumise au vote lors de la session plénière du 24 au 27 novembre.

 

 

Première alliance

 

Il s’agit de la première alliance des différentes forces eurosceptiques au Parlement européen, jusqu’ici en opposition permanente. Après les élections européennes, Nigel Farage avait en effet réussi à constituer un groupe parlementaire grâce notamment au soutien du mouvement 5 Étoiles de l’italien Beppe Grillo, grand vainqueur des élections en Italie.

 

De son côté, la Présidente du Front national, Marine Le Pen avait échoué à rassembler un nombre suffisant de nationalités pour constituer son propre groupe parlementaire, et siège depuis ainsi que ses alliés néerlandais, italiens ou belges chez les non-inscrits.

Si tout rapprochement était jugé inenvisageable par les deux forces politiques, le front commun anti-Juncker semble avoir rapproché les anciens ennemis.

 

La gauche radicale avait également tenté un peu plus tôt dans le mois de faire voter une motion de censure contre la Commission de Jean-Claude Juncker. Mais le groupe de la Gauche unitaire européenne et de la Gauche verte nordique (GUE/NGL) avait échoué à rassembler les signatures manquantes, ayant refusé toute alliance avec des eurodéputés d’extrême droite.

 

 

Par Cécile Barbière — EurActiv.fr – le 18 novembre 2014

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1967 - Israël attaqua l'Amérique

Vidéo ajoutée le 17 nov. 2014 sur YouTube

Sous-titres en français 



Le jour où Israël attaqua l'Amérique !


Très intéressant documentaire d’Al Jazeera daté du 31/10/2014 sur le drame de l'USS Liberty. 


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Le saviez-vous ?


Si non (comme moi), il est indispensable de regarder cette vidéo, car son contenu est exceptionnel !


Duc

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Exceptionnel, vraiment à voir !


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Chapeau bas l'artiste


C’est qui le patron ? Quand Poutine force Hollande

à se relever au sommet du G20

 

C’est tel un gros sac de patates que Flamby s’en est allé s’affaler sur son siège et c’est tel un gosse rappelé à l’ordre par son papa qu’il s’est relevé pour serrer la main du président russe, Vladimir Poutine, devant les objectifs des journalistes au sommet du G20.

 

 

Commentaires de croah.fr – le 18 novembre 2014

Source : Droite TV

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USA/Orlando - Montagnes russes


VIDÉO -  Les plus hautes montagnes russes

du monde vont voir le jour en 2017 avec

le « Skycraper » d’Orlando

 

Du haut de ses 170 mètres, le « Skycraper » d’Orlando en Floride devrait devenir l’attraction la plus haute du monde, dépassant d’une trentaine de mètres le grand 8 « Kingda Ka » de Jackson Township aux États-Unis (New Jersey). La construction de la structure est prévue pour 2017, mais les internautes peuvent d’ores et déjà se faire peur grâce à une reproduction en 3D de l’attraction (la vidéo ci-dessus).

.

Comme en témoigne la vidéo, les wagons du « Skyscraper » monteront autour d’une tour et plongeront les amateurs de sensations fortes à près de 104 km/h pendant quatre minutes. Voilà de quoi faire passer « Space Mountain », le « Tonnerre de Zeus », et les autres montagnes russes des parcs français, pour des manèges de supermarchés.


Les moins téméraires pourront quant à eux regarder en direct la réaction des passagers, grâce à une plateforme munie de grands écrans.


Présentée à Orlando le 17 novembre, l’attraction sera construite sur un complexe de loisirs du nom de Skyplex.


« Avec l’ajout du « Skyscraper » et de l’incroyable Skyplex, Orlando sera une nouvelle fois le ciment de la capitale mondiale des attractions et la première destination où partir en vacances », a déclaré Joshua Wallack, le directeur de Skyplex, auprès de The Independent. « Nous sommes certains que ce nouveau manège à sensations et ses aménagements vont attirer beaucoup de visiteurs enthousiastes », rajoute-t-il.


Orlando, souvent qualifiée de capitale mondiale des complexes de loisirs, abrite déjà le fameux « SeaWorld », un « LegoLand », ou encore un parc Disney « Hollywood Studios ».



Par Valentin Etancelin Le HuffPost – le 19 novembre 2014

 

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De la nécessité de se révolter

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De la nécessité de se révolter

 

Howard Zinn (né le 24 août 1922 et mort le 27 janvier 2010 à Santa Monica, Californie) est un historien et politologue américain, professeur au département de science politique de l’université de Boston durant 24 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans l’armée de l’air et est nommé lieutenant bombardier navigant. Son expérience dans l’armée a été le déclencheur de son positionnement politique pacifiste qui élève au rang de devoir la désobéissance civile. Il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et du courant pacifiste aux États-Unis.

 

Petit texte publié par le monde diplomatique, le jour de sa mort :

 

« Militant politique puis universitaire militant, Howard Zinn n’a jamais redouté de s’engager au service des Américains, dont il a écrit l’histoire « par en bas », mémoire du peuple plutôt que mémoire des États. Radical, pacifiste, Zinn voyait « dans les plus infimes actes de protestation les racines invisibles du changement social ». Pour lui, les héros des États-Unis n’étaient ni les Pères fondateurs, ni les présidents, ni les juges à la Cour Suprême, ni les grands patrons, mais les paysans en révolte, les militants des droits civiques, les syndicalistes, tous ceux qui s’étaient battus, parfois victorieux, parfois non, pour l’égalité. Son Histoire populaire des États-Unis, publiée en 1980, a été lue par des millions d’Américains et traduite presque partout dans le monde, y compris tardivement en France (éditions Agone). Elle constitue une lecture irremplaçable. »



Un mot de son ami Noam Chomsky à son sujet :


« Howard Zinn a milité de façon réellement ininterrompue jusqu’à la toute fin de sa vie, même pendant les dernières années, marquées par l’infirmité et le deuil — ce qu’on aurait difficilement deviné en le rencontrant ou en le voyant discourir infatigablement, face à un public captivé, d’un bout à l’autre du pays. À chaque combat pour la paix et la justice, il était là, en première ligne, avec son enthousiasme indéfectible ; son intégrité, sa sincérité, son éloquence et son intelligence édifiantes ; sa légère touche d’humour face à l’adversité ; son engagement pour la non-violence ; et son absolue décence. On peut difficilement imaginer le nombre de jeunes gens dont les vies ont été marquées, en profondeur, par ce qu’il a accompli dans son œuvre et sa vie. »

 

Nous vous proposons ici quelques extraits tirés du livre « Se Révolter si Nécessaire » :

 

Extrait 1 :


« Les problèmes des États-Unis ne sont pas périphériques et n’ont pas été résolus par notre génie de la réforme. Ils ne n’expliquent pas par un excès, mais par la normalité. Notre problème de racisme, ce n’est pas le Ku Klux Klang ou le Sud, mais ce principe fondamental du libéralisme qui fait du paternalisme sa panacée. Notre problème économique, ce n’est pas la récession, mais le cours normal de l’économie, dominée par les grands groupes et le profit. Notre problème avec la justice, ce n’est pas un juge corrompu ou un jury acheté, mais le fonctionnement ordinaire, quotidien, de la police, des lois, des tribunaux, qui font primer la propriété sur les droits de l’homme. Notre problème de politique étrangère ne tient pas à une entreprise particulièrement insensée comme la guerre hispano-américaine ou la guerre du Vietnam, mais à la permanence historique d’un ensemble de présupposés quant à notre rôle dans le monde, notamment l’impérialisme missionnaire et la croyance en la capacité des États-Unis à résoudre des problèmes sociaux complexes.

 

En admettant tout ceci, alors l’activité normale de l’universitaire, de l’intellectuel, du chercheur, contribue à maintenir ces normes corrompues aux États-Unis ; de même qu’en se contentant de faire son petit travail, l’intellectuel a entretenu le fonctionnement normal de la société allemande, russe ou sud-africaine. Par conséquent, on peut attendre de notre part la même chose que ce que nous avons toujours attendu des intellectuels dans ces situations terribles : une rébellion contre la norme.


[...] Dans cette société, toute profession intellectuelle est politique. L’alternative ne se situe pas dans le fait d’être politisé ou non ; elle réside entre le fait de suivre la politique de l’ordre établi, c’est-à-dire d’exercer sa profession selon les priorités et les orientations fixées par les puissances dominantes de la société, ou bien de promouvoir ces valeurs humaines de paix, d’équité, de justice, que n’applique pas la société actuelle. »



Extrait 2 :


« Le professionnalisme est une forme puissante de contrôle social. Par professionnalisme j’entends le fait d’être presque totalement immergé dans son métier, le fait d’être tellement absorbé par l’usage quotidien de ces compétences que l’on a plus vraiment le temps, l’énergie ou le désir de réfléchir à la fonction que remplissent ces compétences dans le système social plus vaste. Je dis bien presque totalement immergé, car si l’immersion était totale, cela nous rendrait méfiants. C’est cet entre-deux qui nous permet de la supporter, ou du moins, il nous embrouille suffisamment pour que nous ne fassions rien [...].

 

Par contrôle social, j’entends le maintien des choses telles qu’elles sont, la préservation des arrangements traditionnels, le fait d’empêcher toute redistribution significative de la richesse et du pouvoir dans la société.

 

[...] Cette séparation étanche qui veut qu’on passe son temps à bûcher tout en ne s’occupant de politique qu’à ses moments perdus repose sur l’idée qu’exercer une profession ne serait pas intrinsèquement politique. Il s’agirait d’une activité neutre. »



Extrait 3 :


« À partir de ma modeste expérience, je me considère en mesure d’énoncer les points suivants — et vous laisserai poursuivre le débat à partir de là :

 

1. Dans notre société, l’existence, la conservation et la disponibilité d’archives, de documents et de témoignages sont largement déterminées par la distribution de la richesse et du pouvoir. En d’autres termes, les plus puissants et les plus riches sont les mieux placés pour trouver et conserver des documents, et décider ce qui sera ou non accessible au Oxford History public. Aussi l’état, les grands groupes et l’armée sont-ils en position dominante.


2. L’une des façons pour l’état fédéral de contrôler l’information et de restreindre la démocratie consiste à dissimuler au public des documents importants, à tenir secrète leur existence même ou à les censurer (cf. les batailles menées pour obtenir des informations sur le golfe de Tonkin, la baie des cochons, le bombardement du Laos, les activités de la CIA au Guatemala). Et si le but avoué d’un tel niveau de confidentialité est toujours la sécurité de la nation, le but véritable est presque toujours la sécurité politique des dirigeants de la nation. »



Extrait 4 :


« Que ce soit en tant qu’enseignant ou écrivain, je n’ai jamais été obsédé par « l’objectivité », qui ne m’a paru ni possible ni désirable. J’ai compris assez tôt que ce qu’on nous présente comme « l’histoire » ou « l’actualité » a nécessairement été sélectionné parmi une quantité infinie d’informations, et que cette sélection reflète les priorités de celui qui l’a réalisée.


[...] Chaque fait présenté dissimule un jugement, celui qu’il était important de mettre ce fait -là en avant — ce qui implique, par opposition, qu’on peut en laisser d’autres de côté. Et tout jugement de ce genre reflète les croyances, les valeurs de l’historien ou de l’historienne, quelles que soient ses prétentions à « l’objectivité ». »


Commentaire : On pourrait espérer malgré tout pouvoir régler ce problème de l’objectivité, essentiel, en résolvant le problème énoncé dans l’extrait 3, celui de la rétention et de la dissimulation d’information.



Extrait 5 :


« Il est dit explicitement que célébrer Christophe Colomb, ce n’est pas seulement célébrer ses exploits maritimes, mais aussi le « progrès », car son débarquement aux Bahamas marque le début de ces cinq siècles de « civilisation occidentale » dont on a dit tant de bien. Mais ces concepts doivent être réexaminés. Quand on demanda à Gandhi ce qu’il pensait de la civilisation occidentale, il se contenta de répondre : « l’idée est bonne ».


Il ne s’agit pas de nier les avantages du « progrès » et de la « civilisation » — en matière de technologie, connaissances, sciences, santé, éducation, qualité de vie. Mais une question doit être posée : le progrès, oui, mais à quel prix humain ?


Le « progrès » doit-il simplement être mesuré par les statistiques de développement industriel et technologique, indépendamment de ses conséquences pour les humains ? Accepterions-nous que des Russes justifient l’ère stalinienne, y compris son immense tribut en souffrances humaines, au motif que Staline a fait de la Russie une grande puissance industrielle ?


Je me souviens de mes cours d’histoire américaine au lycée : l’après-guerre de Sécession, c’est-à-dire en gros les années la séparant de la Première Guerre mondiale, était présentée comme l’« âge de la dorure », l’ère de la grande révolution industrielle, le moment où les États-Unis étaient devenus un géant de l’économie. Je me souviens quel enthousiasme éveillait en nous le récit du développement spectaculaire des industries métallurgique et pétrolière, la constitution des grandes fortunes et le quadrillage du pays par les voies ferrées.


Personne ne nous a parlé du coût humain de ce grand progrès industriel : du fait que la gigantesque production de coton reposait sur le travail d’esclaves noirs ; que l’industrie textile s’est développée grâce au travail de fillettes qui entraient à l’usine à 12 ans et mourraient à 25 ; que les voies ferrées furent construites par des immigrés irlandais et chinois que l’on tua littéralement au travail, dans la chaleur de l’été et le froid de l’hiver ; que les travailleurs, immigrés et natifs, durent se mettre en grève, se faire tabasser par la police et enfermer par la garde nationale avant d’obtenir la journée de huit heures ; que les enfants de la classe ouvrière, dans des quartiers misérables, devaient boire de l’eau polluée et mourraient en bas âge de malnutrition et de maladies. Tout ceci au nom du « progrès ».


Et certes, l’industrialisation, la science, la technologie, la médecine ont apporté de grands bienfaits. Mais jusqu’ici, en cinq siècles de civilisation occidentale, de domination occidentale sur le reste du monde, la plupart de ces bienfaits n’ont profité qu’à une infime partie de l’espèce humaine. Des milliards d’individus dans le Tiers Monde sont toujours confrontés à la famine, à la pénurie de logements, aux maladies, à la mortalité infantile.


L’expédition de Christophe Colomb a-t-elle marqué le passage de la sauvagerie à la civilisation ? Qu’en est-il des civilisations indiennes qui s’étaient constituées sur des milliers d’années avant l’arrivée de Christophe Colomb ? Las Casas et d’autres s’émerveillèrent de l’esprit de partage et de générosité qui caractérisait les sociétés indiennes, les constructions communales dans lesquelles ils vivaient, leur sensibilité esthétique, l’égalitarisme entre hommes et femmes.

 

En Amérique du Nord, les colons britanniques furent stupéfaits de la démocratie qui avait cours chez les Iroquois — qui occupaient l’essentiel des états de New York et de Pennsylvanie. Gary Nash, historien américain, décrit la culture de ces indiens : « Ni lois, ni décrets, shérifs ou policiers, juges ou jurés — avant l’arrivée des Européens, dans les régions boisées du Nord-Est, on ne retrouvait aucun des instruments de l’autorité propres aux sociétés européennes. Pourtant, les limites du comportement acceptable étaient fermement établies. Tout en mettant fièrement en avant l’autonomie individuelle, les Iroquois maintenaient un ordre moral stricte... »


En s’étendant vers l’Ouest, la jeune nation américaine vola les terres des Indiens, les massacra quand ils opposèrent résistance, détruisit leur moyen de se loger et de se nourrir, les repoussa dans des portions de plus en plus exiguës du territoire et s’employa à une destruction systématique de la société indienne. Dans les années 1830 — l’une des centaines d’offensives lancées contre les indiens d’Amérique du Nord — Lewis Cass, gouverneur du territoire du Michigan, qualifie de « progrès de la civilisation » le fait de leur avoir soustrait des millions d’hectares. « Un peuple barbare, dit-il, ne peut cohabiter avec une communauté civilisée ».

 

On peut mesure l’étendue de la « barbarie » de ces Indiens à la législation préparée par le Congrès dans les années 1880 : diviser en parcelles privées les terres communales sur lesquelles ils continuaient à vivre, opération que d’aucuns qualifieraient aujourd’hui avec admiration de « privatisation ». Le sénateur Henry Dawes, à l’origine de la loi, visita la nation Cherokee qu’il décrivit ainsi : « [...] Il n’y avait pas une famille dans toute cette nation qui n’eut une maison à soi. Il n’y avait pas un miséreux, et la nation n’a pas un dollar de dette [...] car elle bâtit elle-même ses propres écoles et hôpitaux. Pourtant, le défaut du système est manifeste. Ils sont allés aussi loin qu’ils le pouvaient étant donné qu’ils possèdent leur terre en commun [...], mais il n’existe aucune initiative pour rendre une maison plus belle que celle du voisin. L’égoïsme, qui est au fondement de la civilisation, n’existe pas. »


Ce fondement de la civilisation, qui n’est pas sans rappeler ce qui animait Christophe Colomb, est également à rapprocher d’une autre valeur très prisée aujourd’hui, « la motivation du profit » — dirigeants politiques et médias n’expliquent-ils pas que l’Occident rendra un grand service à l’Union soviétique et à l’Europe de l’Est en s’introduisant chez eux ?

 

On concède qu’il existe peut-être des situations dans lesquelles la motivation du profit peut contribuer au développement économique, mais dans l’histoire du « libre marché » occidental, elle a eu des conséquences catastrophiques, alimentant, pendant ces siècles de « civilisation occidentale », un impérialisme effréné.

 

[...] La quête effrénée du profit a conduit à d’immenses souffrances humaines ; elle a causé l’exploitation, l’esclavage, la violence sur les travailleurs, les conditions de travail dangereuses, le travail des enfants, la destruction des terres et des forêts, l’empoisonnement de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons, de la nourriture que nous mangeons.

 

Dans son autobiographie, rédigée en 1933, le chef indien Standing Bear écrivait : « Il est vrai que l’homme blanc a apporté de grands changements. Mais les divers fruits de sa civilisation, aussi colorés et attirants soient-ils, sont porteurs de maladie et de mort. Si mutiler, piller et entraver font partie de la civilisation, alors qu’est-ce que le progrès ? Je gage que l’homme qui s’asseyait par terre dans son tipi pour méditer sur le sens de la vie, qui reconnaissait le lien de parenté unissant toute les créatures et son unité avec l’univers des choses, infusait dans son être la véritable essence de la civilisation ».



Le mot de la fin


Réinterroger notre histoire, ce n’est pas seulement se pencher sur le passé, mais aussi s’intéresser au présent et tenter de l’envisager du point de vue de ceux qui ont été délaissés par les bienfaits de la soi-disant civilisation. [...] Nous devons y parvenir au moment d’entrer dans ce nouveau siècle si nous voulons qu’il soit différent, si nous voulons qu’il soit, non pas le siècle de l’Amérique, le siècle de l’occident, le siècle des blancs ou celui des hommes, ou celui de quelques nations, de quelques groupes que ce soit, mais le siècle de l’espèce humaine.



Par fr.sott.net4emesinge.com - le 19 novembre 2014


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UE : alliée du fascisme US

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Pourquoi l’Europe demeure-t-elle l’alliée de la puissance fasciste dominante, devenue nazie ?

Par Eric Zuesse (*)

 

Les États-Unis appuient avec enthousiasme un génocide qu’ils ont créé. (Cliquez sur les liens, pour vérifier ces faits choquants. Ils sont choquants uniquement parce qu’ils sont camouflés par nos « médias ».) Pourquoi l’Europe tolère-t-elle cela, voire, y participe ?


Le 14 novembre, la France a raté la deuxième date limite pour fournir à la Russie le porte-hélicoptères Mistral que la Russie avait déjà payé en totalité, et lequel avait été fabriqué selon les spécifications russes ne convenant pas à l’OTAN.


Michael R. Gordon, un des « reporters » du New York Times (qu’il est plus réaliste d’appeler « sténographes » de l’administration étasunienne), avait « signalé » en 2002 à quel point les armes de destruction massive (ADM) fabriquées par Saddam Hussein étaient horribles, ADM qui, en réalité, n’existaient pas sauf dans les agences de désinformation gouvernementales.

 

Le 14 mai 2014, Gordon titrait en une de l’organe de propagande du gouvernement des États-Unis (qui se fait appeler « journal ») « Les États-Unis mettent la France en garde contre la vente malavisée de deux navires à la Russie ». Il y fustigeait l’ignoble fournisseur de ce que les nationalistes étasuniens appelaient avec mépris « les freedom fries », les « frites de la liberté ». En bon sténographe du pouvoir, tout comme son journal, il commençait son article ainsi : « Lors d’une réunion à huis clos en février 2010, le secrétaire à la Défense, Robert M. Gates, a exhorté son homologue français à ne pas procéder à la vente de deux navires d’assaut amphibies à la Russie, parce que cela enverrait le mauvais message à cette dernière ainsi qu’à nos alliés en Europe centrale et orientale. » Autrement dit, la Russie est l’ennemi, elle doit être traitée en ennemi, pas autrement.

 

Jennifer Rubin dans le Washington Post  titrait le lendemain avec dédain, « L‘Europe fait son propre chemin » et commençait en disant que « la tentative de la France de vendre des navires de guerre à la Russie constitue à la fois une façon de « vendre la corde qui servira à la pendre » et de « commenter la stature actuelle des États-Unis ». Elle mentait. La Russie n’est pas l’ennemie de la France, toutefois c’est précisément ce que sont devenus les États-Unis. Et la France ne « tentait » pas de « vendre de navires de guerre à la Russie ». Ces navires de guerre avaient déjà été vendus, construits et payés, mais Washington faisait pression sur son « amie » la France, pour l’inciter à ne pas livrer ce qui avait déjà été vendu et fabriqué.


Pour les fascistes des États-Unis et même pour nos fascistes-racistes ou « nazis », la guerre froide n’a jamais pris fin, pas même après la chute de l’Union soviétique, ni quand on a commencé à rejeter l’économie marxiste partout sauf à Cuba et en Corée du Nord. La guerre froide n’a jamais vraiment été à propos du communisme, si l’on en croit ces fascistes. Elle consistait à détruire la Russie.


En réalité elle n’était pour eux qu’un plan de mise en marché pour les armes de fabrication étasunienne. Maintenant que la Russie est une démocratie, peut-être même plus que ne le sont les États-Unis aujourd’hui, la vieille haine brûle encore comme des charbons ardents dans les cœurs ténébreux de Barack Obama, des républicains et de tous les autres politiciens étasuniens d’extrême droite, pro-oligarques, servant Raytheon Corporation, Lockheed-Martin, et autres fabricants de l’OTAN, ce club occidental d’acheteurs d’armes.


La France n’a pas les tripes de dire à l’Oncle Sam de se taire et se tend son propre piège, lequel lui coûtera très cher, afin de plaire aux actuels colporteurs de génocide, les États-Unis. Ce fait-ci, celui-là ou même cet autre ne sont pas rapportés dans le New York Times, le Washington Post ou le Wall Street Journal. Ces faits viennent de « l’ennemi ».

 

Je suis un Euro-américain outré que mon pays ait récupéré ce qui fut l’un des grands objectifs de Hitler, à savoir détruire et asservir les Russes, et que l’Europe participe à cette dégradation morale des États-Unis pour le bénéfice d’un groupe tout-puissant d’oligarques étasuniens et de quelques oligarques européens qui ne croient pas que leur vie soit en jeu si cela déclenche une guerre nucléaire contre la Russie.

 

Cependant, s’ils réussissent à prostituer la « démocratie » de cette façon, leurs communautés fermées et leurs limousines aux fenêtres teintées ne les protégeront même pas, eux, de la méchanceté issue de la haine et des psychopathies qu’ils abritent.

 

Les États-Unis ont besoin d’une véritable presse, pas de « médias d’information » contrôlés par des aristocrates et vendant constamment au plus offrant, soit quiconque est en mesure de sortir de gros billets pour acheter des « reportages » et des « éditoriaux » afin de modeler la « démocratie ».

 

 

Par Eric Zuesse — Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

Article original :  Why Is Europe Staying with the Leading Fascist Power, That’s Now Turned Nazi?

 

(*) Historien d’investigation, Eric Zuesse est l’auteur de They’re Not Even Close : The Democratic vs. Republican Economic Records, 1910-2010, et de CHRIST’S VENTRILOQUISTS : The Event that Created Christianity.

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Seul contre les Rothschild

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Seul contre les Rothschild

 

Pourquoi Raspoutine n’a pas réussi à prévenir

la Première Guerre mondiale


En cette année où l’on commémore le centenaire du début de la Première Guerre mondiale, on a vu apparaître des publications et des films qui jettent une nouvelle lumière sur les mécanismes qui l’ont déclenchée. On peut citer à cet égard le film « Grigori R. » d’Andreï Malukov.


Grigori Efimovitch Raspoutine, paysan russe natif du village de Pokrovskoïe dans le gouvernement de Tobolsk, a exercé une grande influence sur certains membres de la famille impériale à partir de 1905. Il semblerait que nous sachions déjà tout de ce personnage. Cependant, une étude plus minutieuse des faits nouvellement découverts montre que sous bien des aspects son image ne correspond pas au stéréotype.



Le complot des sodomites

 

Étudier de près les mythes concernant Raspoutine, tel est le thème de cette recherche. Nous allons tenter de commencer par la fin et nous attaquer à cette idée généralement acceptée selon laquelle, en décembre 1916, il aurait été assassiné par des patriotes russes, fervents défenseurs du trône et qui voulaient préserver l’honneur de la famille du tsar.


Posons-nous une question simple : qui sont les meurtriers ? On connait leurs noms : le prince Ioussoupov, le comte Soumarokov-Elston, héritier d’une très riche et illustre lignée, le grand-duc Dimitri Pavlovitch, l’extravagant député monarchiste à la Douma Pourichkevitch, le médecin militaire Lazovert, le lieutenant du régiment Preobrajenski Soukhotine et un certain Oswald Rayner, envoyé de la couronne britannique. À première vue tout semble clair, mais il convient de creuser plus profondément, et alors on en vient à douter de la pureté des intentions des conjurés.


Ainsi, les deux représentants de la haute société sont connus pour être des adeptes des relations et des amours sexuels non traditionnels. Le fervent monarchiste, membre des Cent-Noirs, avait pu sortir de prison en avril 1918 sur ordre personnel de Dzerjinski (alors chef de la Tchéka, note de trad.) qui se trouvait être aussi un vieil ami d’un autre membre de la conjuration à savoir le Dr Samuel Lazovert. Et enfin l’Anglais, ami d’enfance de Felix Ioussoupov, avec lequel il avait étudié à Oxford. Comme le gouvernement britannique l’a reconnu récemment, Sir Rayner avait le titre de capitaine dans les services de renseignements anglais.


Cette étrange association d’homosexuels pro-occidentaux, de provocateurs professionnels et d’agents du renseignement britannique n’aurait-elle pas eu un autre but ? Ne représentait-elle pas des forces souhaitant renverser la monarchie russe, concurrence sérieuse pour l’Empire britannique ? Mais alors, pourquoi assassiner Raspoutine dont les agissements discréditaient la famille impériale ? Nous reviendrons plus loin sur cette question.



Une puissance rivale trop puissante


Pour le moment, plongeons-nous dans la période précédant la guerre, soit les années 1910-1912. La Russie, mettant à profit son potentiel véritablement illimité (d’après la revue américaine National Geographic), voit son importance politique croître à un rythme accéléré, elle s’enrichit rapidement et se prépare à entrer dans le clan des trois Etats économiquement les plus développés. Elle revendique le titre de superpuissance et cela à juste titre : c’est le troisième pays dans le monde pour le nombre de ses ressortissants, les revenus de sa population augmentent rapidement (la famille d’un ouvrier russe qualifié ne vivait alors pas plus mal que celle de son homologue britannique), la croissance du PIB atteint jusqu’à 12 % par an, la monnaie nationale, le rouble, se renforce, des impôts les plus bas du monde associés à un fort développement de l’industrie, à la construction de voies ferrées et à l’augmentation de la production pétrolière. Cela suscitait naturellement l’inquiétude justifiée de compétiteurs envieux, et en premier lieu de la Grande-Bretagne, l’éternelle alliée/ennemie.

 

Les Anglais, toujours jaloux devant les succès des autres et passés maîtres dans l’organisation de provocations et d’intrigues politiques, ne restaient pas les bras croisés. La lutte contre l’influence croissante de la Russie est devenue l’un des objectifs du MI-6, le meilleur service de renseignements au monde, créé au début du XXe siècle à l’initiative d’un groupe de banquiers anglais sous la houlette du clan des Rothschild.



Le puzzle des Balkans


Après le traité de Portsmouth qui a mis fin à la guerre russo-japonaise et par lequel les Anglais ont pris soin de sauvegarder leurs intérêts en Extrême-Orient, leur attention s’est portée sur les Balkans. On considérait cette péninsule comme très instable principalement à cause de la politique qu’y avait menée la Grande-Bretagne. Ici, après le Congrès de Berlin (1878) qui avait été préparé à Londres, on a vu naître un foyer de problèmes graves et de revendications territoriales réciproques. Les Britanniques se proposaient de faire éclater dans les Balkans une nouvelle guerre dans laquelle ils pensaient pouvoir entraîner la Russie.


Vers le début du XXe siècle, la situation était devenue très compliquée dans la péninsule. Un Empire ottoman affaibli qui avait profité du soutien de la couronne britannique utilisait ses dernières forces pour maintenir ses possessions européennes que revendiquaient la Bulgarie, la Serbie, le Monténégro et la Grèce. Ces États étaient traditionnellement protégés par la Russie qui considérait les Balkans comme sa zone d’influence. La monarchie des Habsbourg qui avait des intérêts territoriaux précis dans la région observait tout cela avec circonspection. Tout cela créait des conditions susceptibles de déboucher sur un conflit armé.

 

La Russie est intervenue plus d’une fois pour défendre par les armes les populations orthodoxes des Balkans. Cependant, après sa victoire éclatante sur les Turcs dans la guerre de 1877-1878, le gouvernement russe s’est mis à craindre davantage le renforcement de l’influence austro-hongroise dans la région.

Au printemps de 1912, des diplomates russes ont pris l’initiative de créer « la Ligue balkanique » comme contrepoids. Cependant des processus intensifs de renaissance nationale étaient en cours dans la région et la politique interne des gouvernements se réorientait afin de résoudre au plus vite les problèmes territoriaux qui s’étaient accumulés, notamment à la suite de l’affaiblissement de l’Empire ottoman. Les Grecs tentaient de créer « La Grande Idée » (qui devait réunir tous les Grecs dans un seul état avec Constantinople pour capitale, Note du trad.), leurs voisins au NE une Grande Bulgarie et les Serbes souhaitaient étendre au maximum leurs frontières, du Danube à l’Adriatique.

Tout cela a débouché sur deux guerres balkaniques dans lesquelles non seulement le parti panslave, mais aussi les nationalistes serbes francs-maçons secrètement liés à leurs « frères » anglais, de même que la France et la Grande-Bretagne, ont essayé d’entraîner la Russie, en dépit du fait que le Foreign Office prétendait officiellement ne pas s’intéresser à la question.


Mais cela n’a pas réussi. Et qui sait, la Première Guerre mondiale aurait pu commencer deux ans plus tôt s’il n’y avait eu… Grigori Raspoutine. C’est précisément lui qui, lors de quelques rencontres personnelles, a convaincu Nicolas II de ne pas s’engager dans le conflit dans les Balkans.


Grigori Raspoutine, contrairement à l’opinion courante, n’avait pas une influence absolue sur le tsar. Personnage assez faible, Nicolas était, en bien des choses, inébranlable, voire obstiné. Il savait garder les distances nécessaires avec les gens et disposait d’informations dignes de foi sur Raspoutine.

 

Celui-ci avait été mis sous surveillance sur ordre personnel du tsar. À plusieurs reprises, une commission spéciale s’était rendue au village de Pokrovskoïe, pays de Raspoutine, pour y enquêter sur son passé et vérifier notamment s’il était membre de la secte des khlysts, ce qui en fait ne put être confirmé. Ce qui permet de dire que l’empereur connaissait assez bien l’individu qu’il avait admis dans sa famille et directement auprès de son héritier.


Il est donc évident qu’il ne pouvait ignorer les bruits qui courraient sur le sosie de Raspoutine, ses pratiques et ses aventures qui faisaient la une de la presse de l’époque, appartenant tout comme aujourd’hui à des groupes d’oligarques mus par la cupidité. Par exemple, à la suite d’un des articles les plus connus relatant avec pittoresque les bamboches de Raspoutine, le tsar avait personnellement chargé le général Andrianov, gouverneur de Pervoprestolni, de faire une enquête approfondie qui avait établi qu’en fait Grigori Raspoutine ne se trouvait pas à Zlatoglavni à ce moment-là.

 

D’autres témoins oculaires ont écrit au sujet du sosie, entre autres une personnalité aussi connue que Mikhael Rodzianko, président de la Douma, tandis que le comte Dmitri Grabbe aurait rencontré Raspoutine… après son assassinat.



Il est temps de conclure


Mais revenons aux Balkans. « Je me rappelle d’un cas seulement », écrit Fräulein Vyroubov, proche de la famille impériale et qui connaissait bien Raspoutine, « où Grigori Efimovitch a véritablement exercé une influence sur la politique étrangère de la Russie. C’était en 1912 lorsque le grand-duc Nicolas Nicolaïevitch et son épouse cherchaient à pousser le souverain à s’engager dans la guerre balkanique. Raspoutine se jeta aussitôt aux pieds du tsar et le supplia de n’en rien faire, déclarant que les ennemis de la Russie n’attendaient que cela et qu’il en résulterait immanquablement un grand malheur pour le pays ». Cette déclaration a été pleinement confirmée par le comte Serge Witte que l’on ne saurait ranger parmi les admirateurs de Raspoutine.


En témoigne aussi une lettre de la tsarine à Nicolas II écrite le 1er novembre 1915 en pleine Première Guerre mondiale : « Notre ami s’est toujours opposé à la guerre et disait que les Balkans ne valaient pas la peine que le monde entier se batte pour cette péninsule ».

 

Suivant le conseil de Raspoutine, le souverain s’était alors refusé à entraîner la Russie dans la guerre. Le tout s’est limité à des manœuvres diplomatiques pour réprimer les ambitions des Bulgares et des Serbes. C’est ainsi qu’un simple moujik né sur les rives de la Toura en Sibérie s’est dressé sur le chemin des fauteurs de guerre des bords de la Tamise. Dès lors, Raspoutine devint persona non grata pour le renseignement britannique. Londres décida d’éliminer le moujik qui avait rendu à la Russie un service qu’elle n’avait pas su estimer à sa juste valeur.


Le 12 juillet 1914, Raspoutine fut victime d’un attentat à Pokrovskoïe, le lendemain de son retour de Saint-Pétersbourg. Il fut transporté à l’hôpital dans un état grave et ce n’est qu’un peu plus de deux semaines après qu’il apprit que la guerre avait commencé. Hélas, parmi les sujets qui entouraient alors Nicolas II, il ne s’était trouvé personne capable d’empêcher le conflit qui devait se révéler fatal pour la Russie. Raspoutine, véritable patriote et pacifiste, demeurait alors loin de la cour.


Qui était donc cette Khionia Goussova, auteur d’un acte terroriste qui en fin de compte a permis de déclencher la guerre la plus meurtrière jusque-là ? Reconnue comme aliénée au cours de l’enquête, elle fut internée dans une clinique psychiatrique, mais en fut libérée dans le mois qui suivit la révolution de février, sur ordre personnel de Kérenski, lequel entretenait des liens étroits avec la Grande-Bretagne.

 

Comment s’est déroulée l’intrigue qui a engagé la Russie dans la guerre mondiale constitue un autre thème. Le problème est qu’il n’est pas possible de renouveler cette question sans « l’éclairage » anglais au sujet de l’organisation maçonnique ultranationaliste « Jeune Bosnie » dont un membre, Gavrilo Princip, avait assassiné l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois et qui, en fait, éprouvait de la sympathie pour la Russie…



« Si je ne suis plus là, vous ne survivrez pas »


Revenons maintenant à la question posée au début de cet article. Il est plus facile d’y répondre si on considère que, en sortant de l’hôpital, Raspoutine a continué à être patriote et monarchiste, aspirant à la paix et la prospérité pour sa patrie. De la sorte, il entravait le jeu de l’élite pro-occidentale et des libéraux qui avaient trahi la Russie, signant du même coup son arrêt de mort.

 

Une des plus fameuses prophéties qu’il avait adressée à la famille régnante était : « Tant que je vivrai, il ne vous arrivera rien, ni à vous tous ni à la monarchie. Mais si je ne suis plus là, vous ne survivrez pas ». Deux mois après l’assassinat brutal de Raspoutine, la seconde partie du plan secret, soit le complot des généraux, entra en action, à la suite de quoi la Russie devint une république. Un an et demi plus tard, le souverain et sa famille ainsi que les sujets qui lui étaient restés fidèles furent mis à mort avec non moins de brutalité. S’il y a ou non une troisième partie à ce plan funeste pour anéantir la Russie, l’histoire ne le dit pas. Pour le moment.

 

 

Par Roman Ilioushchenkotraduit par Danielle Millioud pour Réseau International – le 19 novembre 2014

 

http://vpk-news.ru/articles/22629

via :

http://politikus.ru/articles/35450-odin-protiv-rotshildov.html

 

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Ukr. : attaque sur Lisichansk !

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Légende de la carte : localisation de Lisichansk dans le Donbass



Ukraine/Donbass : attaque sur Lisichansk

 

Le ministère russe des Situations d’urgence se prépare à envoyer dans le Donbass un huitième convoi transportant de l’aide humanitaire. Il devrait arriver à la fin du mois. Les forces ukrainiennes intensifient leurs pilonnages sur les infrastructures civiles des grandes agglomérations, comme Donetsk ou encore Gorlovka, ciblant particulièrement les réseaux électriques, les centrales de gaz et d’électricité et l’alimentation en eau potable. Mais l’événement du jour est cette attaque-surprise sur le sud de Lisichansk à partir des positions républicaines au nord et au nord-est de Pervomaïsk.

 

Ce soir, le renseignement militaire de Nouvelle Russie note une nette augmentation des renforts militaires des forces ukrainiennes à l’ouest et au nord-ouest de Donetsk :

 

. à Krasnoarmeisk (44 km au nord-ouest de Donetsk) une compagnie d’une centaine d’hommes du 40e « bataillon Kryvbas » de la garde nationale vient d’arriver ;

 

. à Rozovka (23 km au nord de Donetsk), on décompte un bataillon tactique de 300 combattants, renforcés par au moins une batterie de BM-21 Grad et une compagnie de 18 chars lourds ;

 

. à Kurahovo (29 km à l’ouest de Donetsk), un bataillon mécanisé d’environ 400 soldats et 42 véhicules blindés (BMP) ;

 

. à la station de chemin de fer de Lozovaja (114 km au sud-est de Kharkov) vers Krasny-Liman une batterie de missiles sol-air de 6 Buk-M1 et une compagnie mécanisée de 11 BMP.

 

 

Front nord : attaque sur Lisichansk

 

Les tirs de mortiers de 120 à partir des positions ukrainiennes sur Shachtye, la nuit dernière, ont précédé d’intenses combats sur ce secteur durant toute la journée. À l’est comme à l’ouest de cette agglomération transformée en camp retranché par les forces de Kiev, les DRG républicains ont pris à partie les positions identifiées, appuyés par leur artillerie à laquelle celle des Ukrainiens n’a pas tardé à répondre. Même situation plus au sud-est vers Stanitsa Luganskaya, où là encore les forces ukrainiennes sont sur la défensive.


Toute la journée, la « piste Bakhmuta » (T1303) a été pilonnée par des tirs de mortiers et de Grad-P, les FAN ciblant les points de contrôle encerclés et les batteries ukrainiennes pilonnant les agglomérations autour de cet axe secondaire au nord-est de Lugansk. Plusieurs tirs de contre batterie des FAN ont eu lieu contre les positons d’artillerie de Kiev au nord de la Seversky Donets.


Mais l’information principale de la journée est cette poussée en direction du nord-nord-ouest vers Lisichansk à partir du nord de Pervomaïsk d’un groupe tactique républicain. Ce matin, après une sérieuse préparation d’artillerie contre les positions retranchées des Ukrainiens de part et d’autre de la voie qui mène à Lisichansk, les forces de Nouvelle Russie ont progressé d’une bonne dizaine de kilomètres pour atteindre les faubourgs sud de cette agglomération. Là, l’attaque républicaine s’est heurtée aux dispositifs défensifs des Ukrainiens occupés par des éléments du 39e « bataillon » (ou brigade ?) territorial de Dniepropetrovsk. L’effort indépendantiste a été secondé par l’action de deux groupements de DRG, à l’est et à l’ouest de la progression, qui harcèlent à la fois les unités ukrainiennes et empêchent toute contre-attaque sur les flancs. Nous ne connaissons pas exactement la composition du groupe d’assaut des FAN qui continue encore de se battre en ce moment sur cette zone, mais il est très possible qu’il s’agisse d’éléments de la brigade « Prizrak » d’Aleksei Mozgovoi, sans doute appuyés par des éléments cosaques.

 

Au nord-est, le terrain d’aviation de Severodonetsk a été transformé en camp retranché par les forces de Kiev, et des batteries d’artillerie y sont implantées, au moins depuis une semaine. Les réseaux sociaux pro-Kiev signalaient en milieu d’après-midi des « saboteurs » progressant « en périphérie de Severodonetsk » et « convergeant vers Lysychansk ».

 

En réponse, le secteur de Pervomaïsk a une fois de plus reçu son lot de salves d’artillerie dans la journée.


Ce soir, nous ne savons toujours pas s’il s’agit d’un simple raid en profondeur contre les positions ukrainiennes ou d’une percée.

Ajoutons que le 22e « bataillon » territorial de la région de Kharkov a perdu presque tout son matériel opérationnel (seulement 3 camions restent utilisables), y compris ses véhicules blindés et ses canons antiaériens ZU-23/2. Officiellement composée de 423 hommes, cette unité avait été envoyée en mai dans la région de Lugansk et avait jusqu’alors été engagée uniquement pour tenir des postes de contrôle dans la zone de Severodonetsk.

 

 

À Debaltsevo : rien de nouveau !

 

 

 

À l’est immédiat de Debaltsevo, vers environ 6 h (heure locale), plusieurs accrochages successifs ont eu lieu au niveau des points de contrôle ukrainiens. Plus au sud du pourtour du saillant, la nuit du 20 novembre fut relativement calme vers Nikishino – Mius et ce n’est qu’au matin que les forces de Kiev ont ouvert le feu avec leurs mortiers. Les FAN ont riposté avec des lance-grenades automatiques AGS-17.

 

 

 

 

Uglegorsk, agglomération fortifiée à l’ouest du saillant de Debaltsevo, a encore été l’objet de frappes de l’artillerie républicaine, de même que plusieurs positions de 2e échelon à l’intérieur même du dispositif défensif du saillant. Il s’agissait d’une riposte des FAN suite à des tirs de mortiers contre Enakievo. Depuis 72 heures, les forces de Nouvelle Russie semblent mieux renseignées et atteignent nettement plus d’objectifs précis au cœur du saillant qu’auparavant.

 

Le secteur nord-ouest de Gorlovka a encore été particulièrement secoué aujourd’hui, avec des accrochages et des pilonnages d’artillerie. Sur le village d’Artemovo, une batterie d’artillerie des forces ukrainiennes a pris pour cible le centre-ville de Gorlovka. Vers Novobahmutovka, au sud-ouest de Gorlovka, plusieurs positions d’artillerie ukrainiennes ont été prises pour cible par l’artillerie des FAN.

 

 

Donetsk : frappes sur les arrières ukrainiens

 

 

 

Après deux jours de pause, les DRG républicains ont recommencé leurs actions sur les secteurs nord et nord-ouest d’Avdeevka, gênant considérablement la logistique des forces de Kiev enfermées dans Avdeevka et les quelques batteries qui se trouvent sur ce secteur et qui tirent sur Donetsk et son aéroport. Des actions complétées par des salves d’artillerie ciblées des FAN sur l’agglomération transformée en camp retranché. En milieu d’après-midi, plusieurs batteries des FAN positionnées à Makeevka (est de Donetsk) ont ciblé des positions ukrainiennes (dont de nombreuses batteries de D-30 et de mortiers de 120) vers Avdeevka. Spartak a encore été touché par des salves d’artillerie, un milicien y a été blessé.

 

Fait intéressant en cours de journée : une patrouille de police de la ville de Donetsk, a semble-t-il interpellé un « saboteur » du « bataillon Donbass » (il reste ne effet quelques éléments de cette unité vers Peski) dans le quartier Petrovsky de Donetsk. Les rumeurs selon lesquelles de lieutenant-colonel « Givi », chef du bataillon spécial « Somali » (qui défend l’aéroport de Donetsk), aurait été « arrêté » (sic) par les forces de Kiev, ont été très vite démenties par une vidéo. La désinformation bat son plein, du côté du régime kiévien et ce n’est pas la première fois que la junte diffuse ce type d’information, avec parfois la complicité de médias russes comme Itas-Tass ou encore les Échos de Moscou : la mort d’Igor Strelkov, celles de Valery Bolotov, d’Igor Bezler, et dernièrement encore celle d’Arsen Pavlov dit « Motorola », pour ne citer que ces exemples. À qui le tour ?

 

En fin d’après-midi, on signalait des affrontements au nord-ouest de Peski, sur la route menant à Karlovka, en zone ukrainienne : les DRG républicains semblent avoir encore accroché sévèrement une colonne ukrainienne.

 

 

Front sud : encore des renforts sur Mariupol

 

Sur Marinka, au sud-ouest de Donetsk, les forces de Kiev sont particulièrement nerveuses : un convoi de l’OSCE a essuyé des tirs d’un poste de contrôle ukrainien, sans gravité. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’incident se produit.

 

Salves d’artillerie des forces de Kiev, hier soir et encore ce soir sur Novotroiskoe et Dokuchaevsk, positions républicaines qui dominent par le nord les positions ukrainiennes de Volnovakha et qui verrouillent une partie de l’accès sud à Donetsk ; alors que dans l’après-midi de ce 20 novembre, on notait des accrochages au nord-ouest de Dokuchaevsk, au-delà de la N20, et quelques escarmouches vers Volnovakha en fin de journée.

 

Vers Pavlopol, au nord-est de Mariupol, une puissante explosion a été signalée au niveau d’un poste de contrôle ukrainien. À la mi-journée, sur Sartana, au nord-est immédiat de la cité portuaire, une explosion importante a été signalée.

 

Plusieurs rotations de troupes ont été signalées ces dernières 24 heures sur Mariupol avec pour conséquence une augmentation significative du nombre de chars et de véhicules blindés. Cela correspond aussi au développement ces deux dernières semaines des lignes de défense enterrées sur l’ensemble du périmètre de Mariupol et même plus au nord-ouest de la ville. Aux entrées est de l’agglomération, des canons antichars de 100 mm T-12 « Rapir » semblent avoir été positionnés dans des retranchements. On note aussi dans le secteur de Berdyansk de nombreux travaux du génie militaire. Tout cela n’empêche pas les DRG républicains infiltrés sur les lignes arrière des forces ukrainiennes d’opérer avec efficacité : ce soir, un camion militaire a sauté sur une mine terrestre et une partie de l’équipage a été transporté aux urgences à l’hôpital (deux blessés). Certaines sources évoquent un convoi dans lequel le chef d’état-major des forces de Kiev à Mariupol, Dmitry Gorbunov, était présent. 

 

Par Jacques Frère – NationsPresse.info – le 20 novembre 2014

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Merkel - Discours sur les Huns

Merkel - Discours sur les Huns | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Source photo : tempsreel.nouvelobs.com



Le « discours sur les Huns »

de Merkel contre la Russie

 Par Johannes Stern

 

Le 27 juillet 1900, l’empereur d’Allemagne Guillaume II prononçait à Bremerhaven son tristement célèbre « discours sur les Huns ». En prenant congé du Corps expéditionnaire allemand d’Asie orientale en partance pour la Chine pour y réprimer dans le sang la révolte des Boxers, il a dit que l’armée allemande avait été « constituée au cours de trente ans de travail loyal et pacifique. »

 

Il a accusé la Chine d’avoir « renversé le droit international » et d’avoir « tourné en dérision, d’une façon inédite dans l’histoire, le caractère sacré de l’émissaire et les devoirs d’hospitalité. »

 

Finalement, il a proféré cette funeste menace que le nom des Allemands en Chine devait acquérir, comme jadis celui des Huns en Europe, « la même réputation, afin que pour mille ans plus jamais un Chinois n’osât même regarder un Allemand de travers ! »

 

L’attaque de front menée contre la Russie par la chancelière allemande Angela Merkel après le sommet du G20 en Australie rappelle ce type de politique de grande puissance. Tout comme Guillaume II, Merkel tente de présenter sa propre attitude agressive comme le moyen de défendre la paix et le droit international et stigmatise son adversaire, en l’occurrence la Russie, comme l’agresseur.

 

Lors d’une réunion au Lowy Institute for International Policy (Institut Lowy pour la politique étrangère) à Sydney, un groupe de réflexion portant le nom du multimilliardaire Frank Lowy, la quatrième fortune d’Australie, Merkel a accusé le président russe Vladimir Poutine de « bafouer le droit international, » de refuser « une résolution du conflit par des moyens démocratiques et constitutionnels, » de compter sur « un supposé droit du plus fort, » et de « remettre en question, après les horreurs de deux guerres mondiales et la fin de la guerre froide… l’ordre tout entier de la paix européenne. »

 

C’est « précisément ce qui s’est passé au début de l’année avec l’annexion illégale de la Crimée par la Russie, » a déclaré la chancelière. Maintenant, c’est ce qui « se poursuit avec les efforts de la Russie pour déstabiliser l’Ukraine orientale à Donetsk et à Lougansk. » La Russie a porté atteinte à « l’intégrité territoriale et à la souveraineté étatique de l’Ukraine. » Un État voisin, l’Ukraine, est considéré comme une « zone d’influence », a-t-elle ajouté.

 

Dans ses remarques, la chancelière s’est dite opposée à une « résolution militaire de la crise. » Cependant, ses accusations envers la Russie sont non seulement dépourvues de tout fondement, la logique même de son reproche d’une soi-disant violation de la loi internationale et de la paix par la Russie mène à la confrontation militaire. Ses remarques bellicistes étaient conçues pour empoisonner encore davantage le climat politique afin de créer les conditions d’un encerclement militaire de la Russie et de la pousser dans ses derniers retranchements.

 

Le sommet du G20 a été dominé par une intensification du conflit avec la Russie. Les chefs de gouvernement des puissances impérialistes ont resserré les rangs face à Poutine, provoquant son départ anticipé. Dans son allocution, Merkel s’est manifestement rangée derrière le gouvernement antirusse en Ukraine en promettant de vouloir le soutenir « politiquement et économiquement. »

 

Le jour même, fort de cet appui, le président ukrainien Petro Porochenko a menacé la Russie d’une « guerre totale ». S’exprimant en marge d’une commémoration se déroulant à Bratislava, il a dit, « Je n’ai pas peur d’une guerre avec les troupes russes et nous nous sommes préparés à un tel scénario de la guerre totale. Notre armée est actuellement dans un bien meilleur état qu’il y a cinq mois et nous jouissons de soutien dans le monde entier. »

 

Le gouvernement allemand joue un rôle central dans cette campagne agressive contre Moscou. En février, il avait organisé, en étroite collaboration avec le gouvernement américain et des forces fascistes, un coup d’État contre le président ukrainien de l’époque, Viktor Ianoukovitch, après que ce dernier ait refusé de signer un accord d’association avec l’Union européenne. Depuis lors, il a travaillé en étroite collaboration avec le régime de Porochenko et joué un rôle de premier plan dans l’encerclement militaire de la Russie.

 

La semaine passée, le journal Die Welt a rapporté que l’armée allemande (Bundeswehr) constituerait le fer de lance d’une force de réaction rapide que l’OTAN est en train de mettre en place pour répondre au conflit en Ukraine, dans le but d’envoyer un « signal clair à Moscou. » En septembre, l’Allemagne avait pris la tête des patrouilles aériennes menées au-dessus des États baltes en doublant son contingent au sein du Corps multinational Nord-Est à Stettin en Pologne. La semaine dernière, le général allemand de l’OTAN Hans-Lothar Domröse avait lancé la menace d’importantes manœuvres près des frontières russes.

 

C’est l’OTAN qui étend ses frontières vers l’Est depuis des années et qui prépare actuellement, de plus en plus ouvertement, une guerre contre la Russie. Mais à Sydney, Merkel a mis le monde à l’envers et accusé la Russie d’étendre systématiquement sa sphère d’influence. « Il ne s’agit pas seulement de l’Ukraine, il s’agit aussi de la Moldavie, de la Géorgie, » a-t-elle dit. « Et si ça continue, est-ce qu’il faudra aussi se poser la question de la Serbie ? Ce n’est en aucun cas compatible avec nos valeurs. »

 

« L’histoire nous a appris qu’on ne doit pas être trop pacifique, qu’il faut prendre les mots au sérieux et avoir une oreille attentive, » a-t-elle poursuivi.

 

Quand un chef de gouvernement allemand dit que l’histoire enseignait que l’Allemagne ne devait pas être « trop pacifique » envers la Russie, cela fait froid dans le dos. Il y a soixante-quinze ans, l’Allemagne a mené une guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique, commettant les crimes les plus odieux de l’histoire de l’humanité, dont l’holocauste, le meurtre de 27 millions de citoyens soviétiques et la dévastation d’une bonne partie de l’Europe de l’Est.

 

Merkel a dit que le conflit au sujet de l’Ukraine « ne [pouvait] pas être réglé par la voie militaire », ajoutant pourtant de manière menaçante, « Il ne faut pas pour autant dire : puisque nous ne pouvons pas résoudre la crise par la voie militaire, nous ne pouvons pas la résoudre du tout. »

 

L’élite dirigeante allemande est parfaitement consciente des crimes historiques qu’elle a commis. À Sydney, Merkel a rappelé « le début de la Seconde Guerre mondiale il y a 75 ans et l’effondrement de la civilisation incarné par la Shoah, et tout particulièrement, le début de la Première Guerre mondiale il y a cent ans. »

 

Mais son évocation de la « diplomatie » et de solutions « non militaires » censées être fondées sur les expériences vécues lors des guerres du siècle dernier, est pure propagande. Elle vise à dissimuler le retour au militarisme allemand et à la politique de grande puissance, en faisant passer, tout comme sous l’empereur Guillaume, sa politique belliciste agressive pour une « politique de paix. »

 

En faisant référence à la « catastrophe originelle du 20e siècle, » Merkel a posé la question, « Mesdames et Messieurs, comment, il y a cent ans, les choses ont-elles pu en arriver là entre les peuples et les nations. »

 

Merkel devrait savoir la réponse. De nos jours comme jadis, la politique impérialiste implacable et agressive appliquée par les grandes puissances risque de précipiter l’humanité dans un abîme. Le coup d’État orchestré en Ukraine par l’Occident, l’encerclement militaire de la Russie et de la Chine et la nouvelle guerre au Moyen-Orient ont transformé le monde en une poudrière qui pourrait exploser à n’importe quel moment. Tout comme dans la première moitié du siècle dernier, l’Allemagne y joue un rôle tout particulièrement agressif.



Par Johannes Stern — wsws.org – le 20 novembre 2014

(Article original paru le 19 novembre 2014)


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Fr. - Supermarché court-circuité

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Photo : le magasin Talents de Fermes © Ville de Wambrechies

 

France/Nord : treize fermes court-circuitent un supermarché en ouvrant leur propre magasin

 

« Nous faisions tous de la vente directe sur notre propre exploitation. Mais en nous regroupant au même endroit, nous avons permis au client de trouver tous les ingrédients de ses repas », raconte Danielle Grave, exploitante maraichère de Talents de fermes. Pains, boissons, fruits et légumes, viandes, conserves... Depuis le 19 août, cette SARL (Société à responsabilité limitée) installée à Wambrechies permet à vingt-quatre producteurs de vendre directement les produits de leurs exploitations aux consommateurs.



« Un ensemble de fermes, regroupées en un seul lieu »


« Cet endroit est un ensemble de fermes, regroupées en un seul lieu. En vingt minutes, le client a ce qu’il lui faut », indique Perrine Dekeukelaire, une autre exploitante. Talents de fermes commercialise uniquement des produits frais et locaux, hormis le vin et les champagnes. « Nous assurons même des permanences sur place pour répondre aux questions de la clientèle », indique Danielle Grave. Les prix des produits, complète-t-elle, se font « en fonction de nos coûts de revient. Nous assurons une qualité qui justifie que, parfois, nos prix soient plus élevés que dans des grandes surfaces. »


En rapprochant les producteurs des clients, ce lieu ouvre de nouveaux débouchés aux agriculteurs, explique Perrine Dekeukelaire : « Nous vendons de plus grandes quantités, à un prix 20 % à 30 % supérieur à celui auquel la grande distribution achetait nos produits. »

 

 

L’impulsion de la mairie


C’est comme une alternative à la grande distribution que ce magasin a été imaginé en 2009. À l’époque, un projet d’implantation de supermarché dans la ville pousse les fermiers à manifester. « Il avait un nom qui portait à confusion, « La ferme du Sart ». Les clients auraient cru aller à la ferme, alors que ce supermarché vendait des crevettes de Madagascar ! » raconte Danielle Grave, mobilisée dès le départ.

 

Le maire de la ville, Daniel Janssens, joue pleinement un rôle d’arbitre. Il veut privilégier la vente de denrées 100 % locales. Il décide de soutenir les agriculteurs dans leur combat. Il les encourage à se regrouper en collectif (« L’Union fait la ferme ») et s’appuie sur le plan local d’urbanisme (PLU) pour s’opposer à l’ouverture du supermarché. « Les grands magasins importent beaucoup de produits que nous avons déjà sur place. De plus, ils exercent une forte pression sur les producteurs » justifie Daniel Janssens. Fin stratège, le maire modifie par la suite le PLU… pour permettre aux agriculteurs d’ouvrir leur espace de vente collectif !

 

Après cinq ans de démarches administratives et de récolte de fonds — 1,3 million d’euros ont été investis —, Talents de Fermes ouvre ses portes le 19 août 2014. Entre temps, le supermarché contre lequel les agriculteurs se battaient s’est implanté à 15 km, à Villeneuve d’Ascq, sous un autre nom. À noter, ce magasin annonce vendre plus de 50 % de produits locaux et que 95 % de leurs fournisseurs viennent de la région.



Un avenir prometteur


Aujourd’hui, Talents de Fermes affiche un chiffre d’affaires quotidien de 5 000 €, accueille 2 000 clients par semaine, emploie 8 salariés et 5 étudiants le week-end. Outre les 24 producteurs associés au sein de la SARL, trente-deux « dépôts-vendeurs » y déposent leurs marchandises. La clé du succès ? L’esprit d’équipe, assure Danielle Grave : « L’aspect humain est primordial. Cela a pris du temps, mais aujourd’hui la machine tourne et les clients reviennent. »

 

Le cas de Talents de Ferme n’est pas isolé en France. « Il y en a de plus en plus de magasins de ce type, s’enthousiasme Danielle Grave. Il en existe plusieurs centaines, de tailles différentes. Uniferme, dans la région Rhônes-Alpes, existe même depuis une trentaine d’années. » Et ce n’est pas fini. Le 13 novembre dernier, un agriculteur d’Amiens est venu visiter Talents de Ferme, visiblement disposé à transposer le concept dans sa ville.



Par Thomas Masson - Journaliste We Demain – le 17 novembre 2014

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L’OTAN : un danger pour la paix

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L’OTAN, un danger pour la paix mondiale

 Un texte du grand sociologue américain

Immanuel Wallerstein

 

Immanuel Wallerstein (né le 28 septembre1930) est un sociologue américain de renommée internationale, de l’Université de Yale.

 

Né à New York, il a fait ses études à l’université Columbia, à New York, où il obtient une licence en 1951, une maîtrise en 1954 et un doctorat en philosophie en 1959. Il est devenu professeur de sociologie à l’Université McGill à Montréal puis, à partir de 1976, professeur de sociologie à l’Université de Binghamton (SUNY), jusqu’à sa retraite en 1999. Il a en outre travaillé comme directeur du centre Fernand Braudel pour l’Étude de l’Économie, des Systèmes historiques et des Civilisations. Il a occupé plusieurs postes de professeur honoraire d’université dans plusieurs pays, reçu de nombreuses récompenses et occupé le poste de Directeur d’études associé à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris. Il a été président de l’Association internationale de sociologie entre 1994 et 1998.

 

Wallerstein a débuté sa carrière en tant qu’expert des affaires postcoloniales africaines. Jusqu’au début des années 1970, l’essentiel de ses travaux est dédié à ce sujet. Sa très précoce critique du capitalisme mondial et son soutien aux « mouvements anti-systémiques » ont fait de lui, au même titre que Noam Chomsky et Pierre Bourdieu, une référence du mouvement altermondialiste.

 

Sa contribution la plus importante, The Modern World-System, a paru en trois volumes, respectivement en 1974, 1 980 et 1 989.

Wallerstein s’inspire de trois principaux courants intellectuels :

 

  • Karl Marx, dont il reprend la prise en compte de l’importance première des facteurs économiques et de leur dominance sur les facteurs idéologiques dans la détermination des politiques mondiales.
  • Fernand Braudel, l’historien français qui a décrit le développement des grands réseaux d’échanges économiques dans les grands empires de l’époque moderne, ainsi que leurs implications politiques.
  • La Théorie de la dépendance avec ses concepts de « centre » et de « périphérie ».

 

***



OTAN : Un danger pour la paix mondiale

 Par Immanuel Wallerstein 

 

 

La mythologie officielle veut qu’entre 1945 (ou 1946) et 1989 (ou 1991), les États-Unis et l’Union soviétique (URSS) se soient affrontés en continu – politiquement, militairement, et surtout idéologiquement. C’est ce que l’on a appelé la « guerre froide ». Si c’était une guerre, le mot à souligner était « froide », car les deux puissances ne s’engagèrent jamais dans une action militaire directe l’une contre l’autre pendant toute la période.


Il y eut cependant quelques répercussions institutionnelles de cette guerre froide, et à chacune d’entre elles ce furent les États-Unis, et non l’URSS, qui firent le premier pas. En 1949, les trois pays occidentaux occupant l’Allemagne fusionnèrent leurs zones pour créer la République fédérale d’Allemagne (RFA) comme un État. L’Union soviétique répondit en transformant sa propre zone d’occupation en République démocratique allemande (RDA).

 

En 1949, l’OTAN fut créée par douze nations. Le 5 mai 1955, les trois puissances occidentales finirent officiellement leur occupation de la RFA et reconnurent cette entité comme un État indépendant. Quatre jours plus tard, la RFA fut admise comme membre de l’OTAN. En réponse à cela, l’URSS créa l’Organisation du Traité de Varsovie (OMC) et y inclut la RDA comme un de ses membres.

 

Le traité instituant l’OTAN devait s’appliquer seulement à l’intérieur de l’Europe. Une des raisons était que les pays d’Europe occidentale possédaient encore des colonies à l’extérieur de l’Europe et ne voulaient pas permettre à un quelconque organisme d’avoir le pouvoir d’intervenir directement dans leurs décisions politiques concernant ces colonies. Les moments de confrontation apparemment tendue entre les deux camps – le blocus de Berlin, la crise des missiles de Cuba – s’achevèrent tous par le statu quo ante.

Le recours le plus important aux clauses d’engagement militaire prévues par les traités fut celui qu’en fit l’URSS lorsqu’elle agit dans sa propre zone d’influence contre les développements qu’elle jugeait dangereux pour l’URSS : la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968, la Pologne en 1981. Dans des circonstances semblables, les États-Unis sont intervenus politiquement, comme lors de l’entrée potentielle du Parti communiste italien dans le gouvernement italien.

 

Ce bref rappel met en lumière l’objectif réel de la guerre froide. La guerre froide n’a pas été conçue pour transformer les réalités politiques de l’autre côté (sauf à une échéance très lointaine dans le futur). La guerre froide était un mécanisme par lequel chaque camp gardait ses satellites sous contrôle, tout en maintenant l’accord de facto des deux puissances pour leur partition à long terme du monde en deux sphères : un tiers pour l’URSS et deux tiers pour les États-Unis. La priorité fut donnée par chacune des deux puissances à la garantie qu’elles n’utiliseraient pas la force militaire (et pas d’armes nucléaires en particulier) l’une contre l’autre. Ce système a été connu comme la garantie contre la « destruction mutuelle assurée ».

 

L’effondrement de l’URSS en deux étapes – le retrait d’Europe de l’Est en 1989 et la dissolution officielle de l’URSS en 1991 – aurait dû signifier en théorie la fin de tout rôle pour l’OTAN. Il est en effet bien connu que, lorsque le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev donna son aval à l’intégration de la RDA dans la RFA, il reçut la promesse que les États du Pacte de Varsovie ne seraient pas intégrés dans l’OTAN. Cette promesse a été violée. Au lieu de cela, l’OTAN a pris entièrement un nouveau rôle.


Après 1991, l’OTAN s’est octroyé un rôle de gendarme du monde pour ce qu’elle considère comme des solutions politiques appropriées aux problèmes du monde. Le premier effort majeur en ce sens a eu lieu lors du conflit entre le Kosovo et la Serbie, lorsque le gouvernement américain a jeté tout son poids en faveur de la création d’un État du Kosovo et d’un changement de régime en Serbie. Cette première initiative a été suivie par d’autres : en Afghanistan en 2001 pour chasser les talibans, en Irak en 2003 pour changer le régime à Bagdad, en 2014 pour lutter contre l’État islamique (ÉI) en Irak et la Syrie, et en 2013-2014 pour soutenir les prétendues forces pro-occidentales en Ukraine.

 

En fait, le recours à l’OTAN s’est lui-même révélé source de difficultés pour les États-Unis. D’une part, il y avait toutes sortes de réticences des États membres de l’OTAN sur les actions entreprises. D’autre part, lorsque l’OTAN a été officiellement impliquée, comme au Kosovo, l’armée américaine s’est sentie entravée dans ses actions militaires par la lenteur de la prise de décision politique.

 

Alors, pourquoi a-t-on vu l’expansion de l’OTAN au lieu de sa dissolution ? Cela tient une fois de plus à la politique intraeuropéenne, et au désir des États-Unis de contrôler ses alliés présumés. C’est sous la présidence Bush que celui qui était alors secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, a parlé d’une « vieille » et « nouvelle » Europe. Par « vieille Europe », il faisait en particulier référence à la réticence française et allemande à se mettre d’accord avec les choix stratégiques des États-Unis. Il voyait les pays d’Europe occidentale comme souhaitant distendre leurs liens d’avec les États-Unis. Sa perception était d’ailleurs correcte. En réponse, les États-Unis ont espéré couper les ailes des Européens de l’Ouest en introduisant les pays d’Europe orientale à l’OTAN, que les États-Unis considèrent comme des alliés plus fiables.

 

Le conflit sur l’Ukraine révèle tout le danger de l’OTAN. Les États-Unis ont cherché à créer de nouvelles structures militaires, évidemment dirigées contre la Russie, sous le couvert que celles-ci étaient destinées à contrer une hypothétique menace iranienne. Alors que le conflit ukrainien était en cours, le langage de la guerre froide a été relancé. Les États-Unis utilisent l’OTAN pour presser les pays d’Europe occidentale à se mettre d’accord avec les actions anti-russes. Et aux États-Unis, le président Barack Obama est sous forte pression pour agir « avec force » contre la prétendue menace russe contre l’Ukraine. Ceci se combine avec la grande hostilité du Congrès américain à tout accord avec les Iraniens sur le développement du nucléaire.

 

Aux États-Unis et en Europe occidentale, les forces qui cherchent à éviter la folie militaire risquent d’être dépassées par ce qui ne peut être appelé autrement que le « parti de la guerre ». L’OTAN et ce qu’elle symbolise aujourd’hui représentent un grave danger, car elle donne corps à la prétention des pays occidentaux à intervenir partout, au nom d’interprétations occidentales de réalités géopolitiques. Cela ne peut conduire qu’à d’autres conflits, très dangereux. Renoncer à l’OTAN comme structure serait un premier pas sur le chemin de la raison et la survie de la planète.

 



Par Immanuel WallersteinDistribué par l’Agence mondiale — Source et introduction de François Asselineau sur Upr.fr — 15 novembre 2014 

 

Immanuel Wallerstein, chercheur principal de recherche à l’Université de Yale, est l’auteur du Déclin de la puissance américaine : Les États-Unis dans un monde chaotique (NewPress).


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Plan Yinon & stratégie Yaalon

Plan Yinon & stratégie Yaalon | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : Moshe Yaalon, chef du renseignement militaire (1992-98), chef d’état-major israélien (2002-05), député du Likoud (2009-13), ministre de la Défense du cabinet Netanyahu (depuis 2013)



Du « plan Yinon » à la « stratégie Yaalon »

Par Alfredo Jalife-Rahme (*) 

 

Alors que les États-Unis d’une part, la France et la Turquie de l’autre, tentent de remodeler à leur façon le Levant, Alfredo Jalife-Rahme observe la continuité entre le plan d’Oded Yinon en 1982 et celui de Moshe Yaalon en 2014. Tout en soutenant les visions de l’un et des autres, Israël poursuit son propre projet de balkanisation de la région. Historiquement, Israël a toujours œuvré pour le démembrement des pays voisins.

 

 *

« Les structures ethniques de la Syrie l’exposent à un démantèlement qui pourrait aboutir à la création d’un État chiite le long de la côte, d’un État sunnite dans la région d’Alep, d’un autre à Damas, et d’une entité druze qui pourrait souhaiter constituer son propre État — peut-être sur notre Golan — en tout cas avec l’Houran et le Nord de la Jordanie. (…) Un tel État serait, à long terme, une garantie de paix et de sécurité pour la région. C’est un objectif qui est déjà à notre portée. »

Oded Yinon, « Une stratégie pour Israël dans les années 80 », Kivunim février 1982, traduction de Youssef Aschkar.

 

 *

 

Durant le voyage de cinq jours qu’il a effectué aux États-Unis, Moshe Yaalon, le ministre de la Défense israélien, a affirmé à Steve Inskeep, l’animateur de l’émission Morning Edition de NPR que « les frontières au Moyen-Orient étaient destinées à changer définitivement » [1].

 

M. Yaalon poursuit à la lettre le processus de balkanisation du « plan Yinon », du nom d’un ancien fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères israélien [2] : « les frontières ont déjà changé » puisque le président syrien Bachar al-Assad n’est plus en mesure d’unifier son pays et qu’il « ne contrôle plus que 25 % de la Syrie », ce qui crée un problème qu’Israël « devra régler ». Comme c’est triste !

 

De l’avis antédiluvien de M. Yaalon, il existe des pays avec une vraie histoire et d’autres pays dont les frontières ont été tracées artificiellement en 1916 par la France et la Grande-Bretagne dans le cadre des accords Sykes-Picot visant à se répartir les ruines de l’Empire ottoman.

 

Moshe Yaalon assène des vérités de La Palisse du genre « L’Égypte restera l’Égypte » ou encore « La Libye était une création récente, une création occidentale découlant de la Première Guerre mondiale. C’est la même chose pour la Syrie et l’Irak, deux États-nations artificiels (sic !), et ce à quoi nous assistons à l’heure actuelle, c’est l’effondrement de l’idée occidentale. »

 

Et le « Nouvel Israël », n’est-il pas une création des banquiers esclavagistes Rothschild et du cabinet d’avocats de Lloyd George qui plus tard deviendra Premier ministre de Grande-Bretagne ?

Après son implantation en Russie et sa persécution ultérieure en 1883, puis en 1903, le sionisme errant a caressé l’idée d’implanter « artificiellement » des colonies exogènes dans des pays de la sphère d’influence anglo-saxonne comme le Canada, l’Australie, l’Afrique orientale, la partie sud-ouest du Texas (sic !), l’Angola et l’Ouganda [3].

 

Le sionisme de la finance, un sionisme plus mortel que sa version irrédentiste, n’a-t-il pas déjà été, au XXIe siècle, incorporé intégralement aux pays de la sphère d’influence anglo-saxonne susmentionnés grâce à la déréglementation de la mondialisation bancaire ?

 

Dans une autre interview accordée à Charlie Rose, M. Yaalon s’en est pris au président turc Erdogan qu’il a accusé d’être un « partisan bien connu » des Frères musulmans [4].

 

Le journal israélien Haaretz a indiqué que M. Yaalon « n’a pas dit si les frontières d’Israël, qui ont aussi (sic) été fixées par les puissances occidentales à l’issue de la Première Guerre mondiale, changeront » [5].

 

M. Yaalon a proféré d’autres injures racistes contre les Palestiniens, allant même jusqu’à évoquer l’insultante possibilité d’un « transfert ethnique ». L’objectif du voyage de M. Yaalon aux États-Unis était de calmer les esprits au sein de l’équipe Obama après les déclarations douteuses de Naftali Bennett, le chef de The Jewish Home, le parti religieux fondamentaliste d’extrême droite, contre John Kerry, le secrétaire d’État états-unien, qui a lié l’essor de l’État islamique à la non-résolution du conflit israélo-palestinien. Auparavant, M. Kerry avait accusé Israël d’être presque un « État paria ». Presque ?

 

Le journal Haaretz a rapporté que M. Yaalon a été « humilié (sic) publiquement » par les États-Unis qui lui ont refusé de rencontrer certains des hauts fonctionnaires de l’équipe Obama : le vice-président Joe Biden, John Kerry et la conseillère à la sécurité nationale Susan Rice.

 

Abondant comme d’habitude dans le même sens, l’hebdomadaire The Economist – propriété du Financial Times, appartenant au groupe Pearson, un groupe qui contrôle la banque BlackRock, la plus grande banque d’investissement du monde dirigée par l’Israélo-États-Unien Larry Fink [6] – a affirmé que la plupart des trois millions de réfugiés syriens envisagent « la perte de leur pays » [7].

 

Le gouvernement de Bachar al-Assad contrôle 25 % de la Syrie et la majeure partie du reste se trouve aux mains des djihadistes du Califat de l’État islamique (dont la capitale Rakka est aujourd’hui contrôlée par une troupe internationale de mercenaires téléguidés). En revanche, une portion relativement faible du territoire, située au nord-est du pays à la frontière avec la Turquie, se trouve encore aux mains des Kurdes syriens dont le symbole est devenu la ville martyre de Kobani où l’État islamique aurait utilisé des armes chimiques [8], une possibilité « étrangement » occultée par la machine de propagande des États-Unis et d’Israël (la mal nommée Hasbara [9]).

 

Il existe d’autres enclaves, à Alep, en périphérie de Damas et sur le plateau du Golan (où Israël joue la carte d’Al-Nusra), qui sont aux mains d’étranges coalitions baptisées par l’« Occident » : Armée syrienne libre (sic), Al-Nusra, Al-Qaïda ou encore l’État islamique.

Le plan de balkanisation élaboré par les Israéliens Yinon et Yaalon progresse à vitesse grand V grâce à cette chose irréelle qu’est le califat de l’État islamique, dont les tentacules s’étendent au Maghreb (la partie occidentale du monde arabe et l’Afrique du Nord) pour ce qui est de la balkanisation [10] et qui a pour modèle la Libye.

 

Les djihadistes de l’État islamique ne constitueraient-ils pas l’instrument permettant de couper bien proprement le monde arabe, conformément aux plans élaborés par les fonctionnaires israéliens Yinon et Yaalon, des plans dont la portée va jusqu’au Yémen ? [11]

Comme pourraient le laisser croire les affirmations simplistes, ce qui n’est pas la caractéristique des subterfuges israélo-anglo-saxons, il semblerait que les avions états-uniens « se soient trompés » dans la livraison des armes destinées aux Kurdes syriens assiégés dans Kobani puisque les armes ont fini entre les mains des djihadistes de l’État islamique [12]. Ben voyons !

 

Personne, pas même le duo Yinon/Yaalon, les djihadistes de l’État islamique ou les stratèges états-uniens (« la formule Brzezinski/Rice/Peters/Clark/Wright ») [13], ne se rend mieux compte de la perfidie des plans de balkanisation que le tenace président turc Erdoğan qui possède sa propre politique en ce qui concerne les Kurdes, un groupe appuyé par Israël et l’OTAN, représentant 15 à 25 % de la population de la Turquie, un pays aujourd’hui au bord de l’implosion. M. Erdoğan les a qualifiés de « nouveaux Lawrence d’Arabie » en référence à l’ancien espion britannique, les accusant d’être des champions toutes catégories de la balkanisation [14].

 

Israël prépare sa énième guerre contre le Hezbollah au Liban, lui aussi prêt à imploser, alors que, à un échelon stratégique supérieur, la stratégie de balkanisation de la machine de propagande de Tel-Aviv est mise en œuvre par le MEMRI. Grâce à l’avancée fulgurante des djihadistes de l’État islamique, ce centre, dont le siège se trouve à Washington et qui a été fondé par Yigal Carmon, un espion militaire israélien, ainsi que par Meyrav Wurmser, une amazone de l’Hudson Institute liée au Likoud, le parti fondamentaliste sioniste, peut faire avancer la question du « nouvel ordre (sic) au Moyen-Orient » selon quatre axes qui sont à l’avantage exclusif du « Grand Israël ».

Ces quatre axes sont les suivants :

 

1) le contentieux nucléaire avec l’Iran (qui n’a pas le droit de posséder l’arme nucléaire contrairement aux « élus » d’Israël) ;

 

2) le conflit israélo-arabe (gelé) ;

 

3) le processus (sic) turco-kurde (implosion de la Turquie et expansion du « Grand Kurdistan » ?) et

 

4) le conflit opposant les chiites aux sunnites (refaire sur le plan théologique une « guerre de 30 ans » ?).

 

Pour des raisons esthétiques, je laisse de côté la gravissime accusation du président Poutine selon laquelle « Les États-Unis font la promotion du terrorisme en finançant les djihadistes de l’État islamique » [15].

 

La balkanisation du « Moyen-Orient élargi » et l’« Ordre nouveau » qui en découle ne seraient-ils pas la conséquence des plans du couple Yinon/Yaalon consolidés par la

« formule Brzezinski/Rice/Peters/Clark/Wright » et de l’avance irrésistible de leurs djihadistes fantoches ?

 

 

 

Par Alfredo Jalife-Rahme — voltairenet.org — Traduction : Arnaud Bréart — Source : La Jornada (Mexique) – le 19 novembre 2014

 

Alfredo Jalife-Rahme : Professeur de Sciences politiques et sociales à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM). Il publie des chroniques de politique internationale dans le quotidien La Jornada et l’hebdomadaire Contralínea. Dernier ouvrage publié : El Hibrido Mundo Multipolar : un Enfoque Multidimensional (Orfila, 2010).

 

 

Notes :

 

[1] “Israel’s Defense Minister : Mideast Borders ’Absolutely’ Will Change”, NPR, 23 octobre 2014.

[2] “A Strategy for Israel in the Nineteen Eighties (The "Yinon Plan")”, by Oded Yinon, Translation Israel Shahak, Kivunim (Israel) , Voltaire Network, 1 February 1982.« Une stratégie pour Israël dans les années 80 » extraits en français traduits par Youssef Aschkar, Réseau Voltaire.

[3] “Zionist Congress:The Uganda Proposal”, 26 août 1903, Jewish Virtual Library.

[4] « Frères musulmans : dénonciation israélienne et enquête britannique », Réseau Voltaire, 23 octobre 2014.

[5] http://www.haaretz.com/news/diploma...

[6] « BlackRock : el mayor inversionista del mundo detrás de la privatización de Pemex », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 11 décembre 2013.

[7] “Syrian refugees : The loss of a nation”, The Economist, 23 octobre 2014.

[8] “Kurds fear Isis use of chemical weapon in Kobani”, Emma Graham-Harrison, The Guardian, 24 octobre 2014.

[9] La Hasbara est une méthode de communication factuelle. Il s’agit en théorie de rétablir la vérité en précisant les points litigieux.

[10] “Is an ‘Islamic State in the Maghreb’ following in the footsteps of ISIS ?”, Adam al-Sabiri, Al-Akhbar, 23 octobre 2014.

[11] “Southern Yemen separatists demonstrate calling for their independence”, Al-Akhbar, 23 octobre 2014.

[12] « Kobané résiste encore », Réseau Voltaire, 28 octobre 2014.

[13] « "Fórmula Brzezinski/Rice/Peters/Clark/Wright" para balcanizar Medio Oriente », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 17 août 2014. Voir aussi « La Coalition divisée sur ses objectifs », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 novembre 2014.

[14] « Turkish President Declares Lawrence of Arabia a Bigger Enemy than ISIS », Jamie Dettmer, The Daily Beast, 13 octobre 2014.

[15] “US promotes terrorism by funding Takfiris : Putin”, PressTV, 25 octobre 2014

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USA - Enfants SDF en 2013

USA - Enfants SDF en 2013 | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


2,5 millions d’enfants américains ont vécu

sans domicile fixe en 2013

 

Près de 2,5 millions d’enfants aux États-Unis, soit un enfant sur 30, ont connu l’année dernière une période sans domicile fixe, selon une nouvelle étude parue lundi.

 

Il s’agit d’un « record historique », reflet notamment d’un manque de logement à bas prix et de la pauvreté, affirment les instituts américains pour la recherche (AIR).

 

« Le nombre d’enfants SDF a atteint des proportions inquiétantes en Amérique », estime Carmela DeCandia, directrice du centre national pour les familles sans domicile fixe, qui dépend d’AIR.

 

« La vie dans des foyers, des caves de voisins, des voitures, en camping ou encore dans des endroits bien pires : les enfants SDF sont les personnes les plus invisibles et négligées de notre société », a-t-elle déclaré.

 

Le Minnesota, Nebraska, Massachusetts, Iowa et le New Jersey figurent parmi les cinq États américains les plus touchés, selon cette étude de 130 pages.

 

Causes

 

Parmi les autres causes de ce phénomène, l’étude recense les conséquences de la récession de 2008-2009, les disparités économiques selon les races, les familles monoparentales ou encore les violences domestiques.

 

L’étude explique que l’administration américaine a déployé beaucoup de moyens pour lutter contre le phénomène des sans-abris chez les anciens combattants et les clochards en général, mais a porté peu d’attention aux enfants.

 

Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté aux États-Unis était en 2013 de 45,3 millions, soit un taux de pauvreté à 14,5 % en légère baisse sur un an, selon un rapport du recensement américain en septembre.

 

 

Par ledevoir.com — Agence France-Presse à Washington – le 17 novembre 2014

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Une pelle dans l'arrière train


Dans l'Etat de l'Ohio (USA), les médecins se sont demandé comment une telle situation était possible lorsqu'ils ont vu arriver aux urgences un patient très spécial.


En effet, ce patient avait un manche de pelle enfoncé dans l'anus et il se tordait de douleur.


Selon le malheureux, il était en train de réparer le toit de sa maison quand il a chuté en s'empalant sur le manche d'une pelle traînant en bas de l'habitation.


Dans une terrible douleur, le patient a finalement été délivré de cet objet plus qu'encombrant par le médecin.


Moralité : soyez très prudent si vous bricolez, sinon ... !


Duc


Koter Info's insight:


Drôle d'endroit pour ranger une pelle !


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LLN-Incubateur chinois : recours

LLN-Incubateur chinois : recours | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : l’incubateur comprendra des bureaux, un centre de services et un hôtel. Il s’installera entre l’E 411 (à g. sur l’image) et la N 4.



Un recours contre l’incubateur chinois

 

Un riverain de la rue du Génistroit a déposé un recours contre le permis unique pour la construction et l’exploitation du China-Belgium technology center à Louvain-la-Neuve. Ce permis a été délivré le 29 septembre dernier par les fonctionnaires techniques et délégués de la Région. Ce sera au ministre de l’Aménagement du territoire, Carlo Di Antonio (cdH), de trancher.


Quels sont les griefs du riverain face à cet incubateur qui doit s’installer entre la N 4 et l’E. 411 à côté du magasin Oh! Green ? Il pointe des nuisances sonores, olfactives, urbanistiques et paysagères ainsi que les rejets atmosphériques et aqueux qu’entraîne le projet. Enfin, il vise aussi la perte d’ensoleillement, la pollution lumineuse et l’atteinte à la vie privée.

 

« La présence de bâtiments au style « massif » et « monumental » (termes utilisés par les architectes eux-mêmes) modifie totalement la vue depuis le jardin des riverains », peut-on lire dans l’argumentaire du riverain.

 

Si une partie des terrains recevra moins d’ensoleillement, il ajoute que son habitation sera « même totalement dans l’ombre au moment du solstice d’hiver en raison de la présence d’une tour que l’étude d’incidence suggère de déplacer pour supprimer cette nuisance ».

 

 

Le recours n’est pas suspensif

 

L’accès au site se fera via une nouvelle route tracée entre les rues Laid Burniat et du Génistroit en prolongement de la rue Fond des Més. Le riverain souhaite que celle-ci soit limitée aux personnes se rendant sur le site et ne soit pas une nouvelle route de déviation vers la N 4.

 

Autres justifications : la perte de valeur immobilière des habitations ou encore la vue plongeante, depuis l’hôtel prévu, sur les jardins et les habitations d’où une atteinte à la vie privée. Et de conclure que le projet « nuit clairement à la qualité de vie dans la rue du Génistroit ».

 

Le recours n’est pas suspensif, le projet peut continuer à avancer. Le chantier pourrait débuter en janvier ou février.

 

 Vite dit

 

Incubateur chinois ?

 

Le projet prévoit la construction de 74.000 m2 de bureaux, d’un centre de services (dont du commerce et un centre de conférence), d’un hôtel de 160 chambres et de 1 032 places de parking dont 800 souterraines. L’objectif du projet ? « Il s’agit d’un incubateur destiné à des entreprises européennes ainsi qu’aux entreprises innovantes chinoises désireuses de s’implanter sur le marché européen ? », peut-on lire dans la description du projet. 2 000 emplois sont prévus.

 

Recours jusqu’au 4 décembre, on peut prendre connaissance du recours au service de l’Urbanisme, Espace du Cœur de Ville 2, à Ottignies. Les lundis de 12 h 30 à 19 h, du mardi au vendredi de 8 h 30 à 12 h 30 et les samedis de 9 h à 12 h.



Par Quentin COLETTE - lavenir.net - le 19 novembre 2014


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Autos électriques sans batterie

Autos électriques sans batterie | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


D’ici 5 ans, les voitures électriques

n’auront plus besoin de batterie

 

Les voitures électriques fonctionnent avec des batteries ou accumulateurs pour emmagasiner, transporter et délivrer l’énergie nécessaire à leur fonctionnement. Pourtant, des chercheurs ont prévu que d’ici 5 ans, ces véhicules en seront dépourvus grâce aux supercondensateurs. On vous explique tout sur cette technologie d’avenir.


Les batteries (notamment leur autonomie, leur encombrement et leur prix) semblent être le facteur limitant l’essor des voitures électriques. Bien qu’il y ait eu des progrès impressionnants concernant les batteries au cours de ces dernières années, une équipe de chercheurs a trouvé le moyen de s’en passer grâce à un film supercondensateur. La suppression des batteries sera donc possible d’ici 5 ans. Les travaux issus de la collaboration entre les scientifiques de l’université Rice et l’université de technologie du Queensland ont été publiés dans le Journal of Power Sources et dans la revue Nanotechnology.


« Les véhicules ont besoin d’une forte poussée d’énergie lors de l’accélération, c’est ici que les supercondensateurs entrent en jeu. Ils peuvent contenir une quantité limitée d’énergie, mais ils sont en mesure de la délivrer très rapidement, ce qui en fait le complément idéal des batteries de stockage de masse », a déclaré dans un communiqué de presse Marco Notarianni de l’université de technologie du Queensland. « Ce qui signifie un taux d’accélération rapide et un temps de charge de seulement quelques minutes contre plusieurs heures pour une batterie classique de voiture électrique. »


Le supercondensateur est constitué d’une couche d’électrolyte entourée de deux couches de graphène. Il est solide, extrêmement mince et est capable de libérer une grande quantité d’énergie dans un court laps de temps, ce qui est essentiel. Les batteries ordinaires prennent énormément de place alors que le film supercondensateur pourrait être intégré dans plusieurs zones existant déjà dans le véhicule comme les panneaux de carrosserie, le toit, le plancher et les portes. Un supercondensateur pourrait fournir à une voiture la quantité d’énergie nécessaire à son fonctionnement tout en la rendant beaucoup plus légère.


Le film supercondensateur à base de graphène pourrait être chargé plus vite et pourrait libérer l’énergie plus rapidement que les batteries standard, mais ne pourrait pas contenir autant d’énergie. C’est un aspect que les scientifiques espèrent changer avec une étude plus approfondie. « On espère que le supercondensateur pourra stocker plus d’énergie qu’une batterie lithium-ion, tout en conservant sa capacité à libérer l’énergie jusqu’à 10 fois plus rapidement. Cela signifie que la voiture pourrait être entièrement alimentée par des supercondensateurs », explique Dr Jinzhang Liu de l’université de technologie du Queensland. « Après une charge complète, cette voiture sera capable de rouler 500 kilomètres, autant qu’une voiture à essence, mais deux fois plus qu’une voiture électrique actuelle. »


Puisque les supercondensateurs sont fabriqués à partir de graphène, une seule couche d’atomes de carbone suffit, le film est donc écologique. Aussi, parce que le carbone est plus facile à produire que le lithium présent dans les batteries classiques, le supercondensateur pourrait finir par être assez économique.


« Le prix des batteries lithium-ion ne peut pas diminuer, car le prix du lithium est élevé. Le film supercondensateur ne repose pas sur ces métaux et autres matériaux toxiques, il est donc plus respectueux de l’environnement » a expliqué le directeur de recherche de l’université de technologie du QueenslandNunzio Motta.


Cette technologie qui vise à placer un film supercondensateur dans différentes parties d’une voiture électrique permet de l’alléger et de lui donner une plus grande autonomie tout en étant plus écologique. Au bureau, on apprécie l’idée d’un véhicule pouvant rouler sans batterie et on a hâte de voir les premiers prototypes. 



Par William Arsac — dailygeekshow.com – le 19 novembre 2014


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Ukr. - La guerre continue

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Photo : poste antichars Fagot des forces de Kiev au nord-est de Mariupol

 

 

Ukraine/Donbass : les FAN répondent

coup pour coup

 

Le président ukrainien Petro Porochenko a signé le décret instituant le retrait des services publics des régions sous contrôle des indépendantistes de Nouvelle Russie. Le Donbass ne fait donc plus partie de l’Ukraine, c’est désormais officiel, mais aucune déclaration en ce sens n’est attendue, ni le moindre geste. Mais cela ne signifie pas pour autant que la guerre va se terminer, bien au contraire. Des renforts arrivent encore de l’ouest de l’Ukraine dans le Donbass et la pression sur l’aéroport de Donetsk ne faiblit pas.



 

 

Sur la partie nord du front, l’intensité des combats sur Stanitsa Luganskaya et sur Shachtye a sensiblement diminué alors que la pression est maintenue sur les postes de contrôle encerclés au nord-est de Pervomaïsk sur la T1303.Et ce sont les agglomérations, plusieurs kilomètres en arrière, qui font les frais des salves de l’artillerie ukrainienne en réponse…



Affrontements au cœur du saillant



 

Il y a toujours autant d’affrontements à l’est de l’agglomération de Debaltsevo et les forces de Kiev n’ont pas réussi à faire reculer, ne serait-ce d’un kilomètre, les positions indépendantistes. Si l’intensité des affrontements semble avoir légèrement baissé dans le secteur de Nikishino-Mius, on notait tout de même dans la journée plusieurs tirs de mortiers lourds ukrainiens sur cette zone, de même que des accrochages (Un BTR ukrainien a été touché par un tir de RPG). Au sud-est du saillant, la batterie ukrainienne vers Orlovo-Ivanovka qui visait Nikishino et Kirovskoe a dû être déplacée suite aux attaques de DRG républicains et de tirs d’artillerie concentrés sur ses positions.



 

Les affrontements sont désormais portés par les FAN au sein du saillant, comme ces combats signalés cet après-midi sur la M04, à l’ouest du dispositif défensif ukrainien, au nord d’Elenovka et on notait de surcroît plusieurs ripostes d’artillerie de la part des forces de Kiev contre l’agglomération d’Enakievo.


Il y a quelques jours, déjà, c’est vers Debaltsevo que ce type d’opération d’infiltration des forces de Nouvelle Russie était signalé. Même situation plus au sud-ouest du périmètre défensif ukrainien et au nord de Kirovskoe, où un poste de contrôle des forces de Kiev a été attaqué. À noter que les forces de Kiev semblent incapables de mener des opérations d’infiltration (ou en très petit nombre) sur les arrières des forces indépendantistes, elles se contentent de chercher à percer au sud ou au sud-est ou bien à tenter de repousser les lignes à l’est et à l’ouest du pourtour du saillant. Gorlovka a été relativement calme, aujourd’hui, et c’est essentiellement sur l’ouest d’Avdeevka que l’activité du jour dans le secteur nord-ouest du front a été marquée : l’artillerie de Nouvelle Russie a pilonné plusieurs positions, avec succès, semble-t-il.



Donetsk : de lourdes pertes pour la 93e



 

 

À Donetsk, si la nuit dernière fut relativement calme sur la ville, le secteur aéroportuaire fut particulièrement tendu, avec des accrochages.

 

Au moins deux groupes de combat de la 93e brigade mécanisée ont été pris sous le feu des forces républicaines hier soir, dont un est tombé dans une embuscade des FAN. Le premier groupe a été sévèrement accroché vers la partie sud-ouest de l’aéroport là où habituellement les troupes de Kiev pénètrent pour tenter d’accéder aux défenses républicaines sur la zone aéroportuaire.

 

Le premier groupe, une section d’infanterie portée sur BMP et sur BTR, apparemment accompagnée de chars lourds, a tenté d’approcher par le sud-ouest les bâtiments en ruines de l’aéroport tenus par les forces de Nouvelle Russie : vers 19 h, heure locale, l’accrochage d’une rare violence a mis hors de combat au moins 10 soldats ukrainiens et 1 BMP de même que 1 BTR ont été détruits. La désorganisation des forces de Kiev n’a pas permis d’évacuation des blessés avant le lever du jour. Un soldat ukrainien est décédé pendant son évacuation sanitaire.


Le second groupe de la 93e brigade s’est fait allumer près du village de Peski en pleine nuit vers 2 h 30, heure locale, par au moins un DRG. Il est possible qu’il s’agisse de l’unité spéciale « Rusich », dernièrement arrivée sur zone du nord de Lugansk et habituée à ce genre d’action sur les lignes arrière (on se souvient de la colonne du « bataillon Aydar » totalement détruite début septembre au sud de Shachtye). Bilan côté ukrainien : la moitié d’une compagnie mise hors de combat, soit près d’une douzaine de tués et deux douzaines de blessés, 4 véhicules blindés et des véhicules d’accompagnement totalement détruits. Il est probable que ce second groupe de combat ait été pris en embuscade alors qu’il se portait en soutien du premier qui venait d’être sérieusement pris à partie par les FAN quelques heures plus tôt. Nos sources évoquent aussi la possible destruction de trois chars lourds, sans plus de précisions.


Vers 16 h 30, heure locale, les tirs de l’artillerie de Kiev se sont une fois de plus concentrés sur l’aéroport de Donetsk de même que sur Spartak à partir de deux secteurs où sont regroupées les positions des pièces ukrainiennes : vers Peski et à l’ouest Avdeevka. Des mouvements de chars lourds ont même été entendus au nord-ouest de la zone aéroportuaire. Vers 22 h, heure locale, l’artillerie de Nouvelle Russie a opéré plusieurs tirs de contre-batterie sur ces positions. Un dépôt de munitions aurait été touché.

 

On signalait dans la journée des mouvements motorisés de troupes ukrainiennes près de Krasnogorovka (ouest de Donetsk) et vers Konstantinovka. Cela signifie sans doute que les attaques vont s’intensifier dans les heures ou les jours à venir.

 

Sur le front sud, l’activité s’est essentiellement portée sur Mariupol aujourd’hui, hormis plusieurs salves d’artillerie (Grad ukrainiens) signalées sur Telmanovo. Au nord-est, près de la ligne de front sur le Kalmius, le secteur de Granitnoe a été l’objet d’accrochages importants et de tirs d’artillerie, et cela depuis la nuit dernière.

 

Dans l’après-midi, plus de 10 km plus au nord-ouest à l’intérieur des lignes ukrainiennes, on notait un affrontement au niveau de Starognatovka.

 

On note une possible avancée républicaine, qui est encore à confirmer, sur la banlieue nord-est de Mariupol, au niveau de Sartana.



Par Jacques Frère – NationsPresse.info – le 19 novembre 2014

 

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Géopolitique de H.J. Mackinder

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L’œuvre géopolitique de

Sir Halford John Mackinder (1861-1947)

Par Robert STEUCKERS

 

Qui était le géopoliticien britannique Mackinder, génial concepteur de l’opposition entre thalassocraties et puissances océaniques ? Un livre a tenté de répondre à cette question : Mackinder, Geography as an Aid to Statecraft, par W.H. Parker. Né dans le Lincolnshire en 1861, Sir Halford John Mackinder s’est intéressé aux voyages, à l’Histoire et aux grands événements internationaux dès son enfance. Plus tard, à Oxford, il étudiera l’Histoire et la géologie. Ensuite, il entamera une brillante carrière universitaire au cours de laquelle il deviendra l’impulseur principal d’institutions d’enseignement de la géographie. De 1900 à 1947, il vivra à Londres, au cœur de l’Empire britannique.


Sa préoccupation essentielle était le salut et la préservation de cet Empire face à la montée de l’Allemagne, de la Russie et des États-Unis. Au cours de ces cinq décennies, Mackinder sera très proche du monde politique britannique ; il dispensera ses conseils d’abord aux « Libéraux-Impérialistes » (les « Limps ») de Rosebery, Haldane, Grey et Asquith, ensuite aux Conservateurs regroupés derrière Chamberlain et décidés à abandonner le principe du libre échange au profit des tarifs préférentiels au sein de l’Empire.


La Grande-Bretagne choisissait une économie en circuit fermé, tentait de construire une économie autarcique à l’échelle de l’Empire. Dès 1903, Mackinder classe ses notes de cours, fait confectionner des cartes historiques et stratégiques sur verre destinées à être projetées sur écran. Une œuvre magistrale naissait.


Une idée fondamentale traversera toute l’œuvre de Mackinder : celle de la confrontation permanente entre la « Terre du Milieu » (Heartland) et l’« Ile du Monde » (World Island). Cette confrontation incessante est en fait la toile de fond de tous les événements politiques, stratégiques, militaires et économiques majeurs de ce siècle.


Pour son biographe Parker, Mackinder, souvent cité avec les autres géopoliticiens américains et européens tels Mahan, Kjellen, Ratzel, Spykman et de Seversky, a, comme eux, appliqué les théories darwiniennes à la géographie politique. Doit-on de ce fait rejeter les thèses géopolitiques parce que « fatalistes » ? Pour Parker, elles ne sont nullement fatalistes, car elles détiennent un aspect franchement subjectif : en effet, elles justifient des actions précises ou attaquent des prises de position adverses en proposant des alternatives. Elles appellent ainsi les volontés à modifier les statu quo et à refuser les déterminismes.


L’intérêt qu’a porté Mackinder aux questions géopolitiques date de 1887, année où il prononça une allocution devant un auditoire de la Royal Geographical Society qui contenait notamment la phrase prémonitoire suivante : « Il y a aujourd’hui deux types de conquérants : les loups de terre et les loups de mer ».


Cette allégorie avait pour arrière-plan historique concret la rivalité anglo-russe en Asie Centrale. Mais le théoricien de l’antagonisme Terre/Mer se révélera pleinement en 1904, lors de la parution d’un papier intitulé « The Geographical Pivot of History » (= le pivot géographique de l’histoire).


Pour Mackinder, à cette époque, l’Europe vivait la fin de l’Âge colombien, qui avait vu l’expansion européenne généralisée sans résistance de la part des autres peuples. À cette ère d’expansion succédera l’Âge Postcolombien, caractérisé par un monde fait d’un système politique fermé dans lequel « chaque explosion de forces sociales, au lieu d’être dissipée dans un circuit périphérique d’espaces inconnus, marqués du chaos du barbarisme, se répercutera avec violence depuis les coins les plus reculés du globe et les éléments les plus faibles au sein des organismes politiques du monde seront ébranlés en conséquence ». Ce jugement de Mackinder est proche finalement des prophéties énoncées par Toynbee dans sa monumentale « Study of History ». Comme Toynbee et Spengler, Mackinder demandait à ses lecteurs de se débarrasser de leur européocentrisme et de considérer que toute l’histoire européenne dépendait de l’histoire des immensités continentales asiatiques. La perspective historique de demain, écrivait-il, sera « eurasienne » et non plus confinée à la seule histoire des espaces carolingien et britannique.


Pour étayer son argumentation, Mackinder esquisse une géographie physique de la Russie et raisonne une fois de plus comme Toynbee : l’Histoire russe est déterminée, écrit-il, par deux types de végétations, la steppe et la forêt. Les Slaves ont élu domicile dans les forêts tandis que des peuples de cavaliers nomades régnaient sur les espaces déboisés des steppes centre-asiatiques. À cette mobilité des cavaliers, se déployant sur un axe est-ouest, s’ajoute une mobilité nord-sud, prenant pour pivots les fleuves de la Russie dite d’Europe. Ces fleuves seront empruntés par les guerriers et les marchands scandinaves qui créeront l’Empire russe et donneront leur nom au pays. La steppe centre-asiatique, matrice des mouvements des peuples cavaliers, est la « terre du milieu », entourée de deux zones en « croissant » : le croissant intérieur qui la jouxte territorialement et le croissant extérieur, constitué d’îles de diverses grandeurs. Ces « croissants » sont caractérisés par une forte densité de population, au contraire de la Terre du Milieu. L’Inde, la Chine, le Japon et l’Europe sont des parties du croissant intérieur qui, à certains moments de l’histoire, subissent la pression des nomades cavaliers venus des steppes de la Terre du Milieu. Telle a été la dynamique de l’histoire eurasienne à l’ère précolombienne et partiellement aussi à l’ère colombienne où les Russes ont progressé en Asie Centrale.


Cette dynamique perd de sa vigueur au moment où les peuples européens se dotent d’une mobilité navale, inaugurant ainsi la période proprement « colombienne ». Les terres des peuples insulaires comme les Anglais et les Japonais et celles des peuples des « nouvelles Europes » d’Amérique, d’Afrique Australe et d’Australie deviennent des bastions de la puissance navale inaccessibles aux coups des cavaliers de la steppe. Deux mobilités vont dès lors s’affronter, mais pas immédiatement : en effet, au moment où l’Angleterre, sous les Tudor, amorce la conquête des océans, la Russie s’étend inexorablement en Sibérie. À cause des différences entre ces deux mouvements, un fossé idéologique et technologique va se creuser entre l’Est et l’Ouest, dit Mackinder.


Son jugement rejoint sous bien des aspects celui de Dostoïevsky, de Niekisch et de Moeller van den Bruck. Il écrit : « C’est sans doute l’une des coïncidences les plus frappantes de l’histoire européenne, que la double expansion continentale et maritime de cette Europe recoupe, en un certain sens, l’antique opposition entre Rome et la Grèce... Le Germain a été civilisé et christianisé par le Romain ; le Slave l’a été principalement par le Grec. Le Romano-Germain, plus tard, s’est embarqué sur l’océan ; le Greco-Slave, lui, a parcouru les steppes à cheval et a conquis le pays touranien. En conséquence, la puissance continentale moderne diffère de la puissance maritime non seulement sur le plan de ses idéaux, mais aussi sur le plan matériel, celui des moyens de mobilité ».


Pour Mackinder, l’histoire européenne est bel et bien un avatar du schisme entre l’Empire d’Occident et l’Empire d’Orient (an 395), répété en 1054 lors du Grand Schisme opposant Rome et Byzance. La dernière croisade fut menée contre Constantinople et non contre le Turc. Quand celui-ci s’empare en 1453 de Constantinople, Moscou reprend le flambeau de la chrétienté orthodoxe. De là, l’anti-occidentalisme des Russes. Dès le XVIIe siècle, un certain Kridjanitch glorifie l’âme russe supérieure à l’âme corrompue des Occidentaux et rappelle avec beaucoup d’insistance que jamais la Russie n’a courbé le chef devant les aigles romaines. Cet antagonisme religieux fera place, au XXe siècle, à l’antagonisme entre capitalisme et communisme. La Russie optera pour le communisme, car cette doctrine correspond à la notion orthodoxe de fraternité qui s’est exprimée dans le « mir », la communauté villageoise du paysannat slave. L’Occident était prédestiné, ajoute Mackinder, à choisir le capitalisme, car ses religions évoquent sans cesse le salut individuel (un autre Britannique, Tawney, présentera également une typologie semblable).


Le chemin de fer accélérera le transport sur terre, écrit Mackinder, et permettra à la Russie, maîtresse de la Terre du Milieu sibérienne, de développer un empire industriel entièrement autonome, fermé au commerce des nations thalassocratiques. L’antagonisme Terre/Mer, héritier de l’antagonisme religieux et philosophique entre Rome et Byzance, risque alors de basculer en faveur de la Terre, russe en l’occurrence. Quand Staline annonce la mise en chantier de son plan quinquennal en 1928, Mackinder croit voir que sa prédiction se réalise.


Depuis la Révolution d’Octobre, les Soviétiques ont en effet construit plus de 70.000 km de voies ferrées et ont en projet la construction du BAM, train à voie large et à grande vitesse. Depuis 70 ans, la problématique reste identique. Les diplomaties occidentales (et surtout anglo-saxonnes) savent pertinemment bien que toute autonomisation économique de l’espace centre-asiatique impliquerait automatiquement une fermeture de cet espace au commerce américain et susciterait une réorganisation des flux d’échanges, le « croissant interne » ou « rimland » constitué de la Chine, de l’Inde et de l’Europe ayant intérêt alors à maximiser ses relations commerciales avec le centre (la « Terre du Milieu » proprement dite). Le monde assisterait à un quasi-retour de la situation précolombienne, avec une mise entre parenthèses du Nouveau Monde.


Pour Mackinder, cette évolution historique était inéluctable. Si Russes et Allemands conjuguaient leurs efforts d’une part, Chinois et Japonais les leurs d’autre part, cela signifierait la fin de l’Empire Britannique et la marginalisation politique des États-Unis. Pourtant, Mackinder agira politiquement dans le sens contraire de ce qu’il croyait être la fatalité historique. Pendant la guerre civile russe et au moment de Rapallo (1922), il soutiendra Denikine et l’obligera à concéder l’indépendance aux marges occidentales de l’Empire des Tsars en pleine dissolution ; puis, avec Lord Curzon, il tentera de construire un cordon sanitaire, regroupé autour de la Pologne qui, avec l’aide française (Weygand), venait de repousser les armées de Trotsky. Ce cordon sanitaire poursuivait deux objectifs : séparer au maximum les Allemands des Russes, de façon à ce qu’ils ne puissent unir leurs efforts et limiter la puissance de l’URSS, détentrice incontestée des masses continentales centre-asiatiques. Corollaire de ce second projet : affaiblir le potentiel russe de façon à ce qu’il ne puisse pas exercer une trop forte pression sur la Perse et sur les Indes, clef de voûte du système impérial britannique. Cette stratégie d’affaiblissement envisageait l’indépendance de l’Ukraine, de manière à soustraire les zones industrielles du Don et du Donetz et les greniers à blé au nouveau pouvoir bolchévique, résolument anti-occidental.


Plus tard, Mackinder se rendra compte que le cordon sanitaire ne constituait nullement un barrage contre l’URSS ou contre l’expansion économique allemande et que son idée première, l’inéluctabilité de l’unité eurasienne (sous n’importe quel régime ou mode juridique, centralisé ou confédératif), était la bonne. Le cordon sanitaire polonocentré ne fut finalement qu’un vide, où Allemands et Russes se sont engouffrés en septembre 1939, avant de s’en disputer les reliefs. Les Russes ont eu le dessus et ont absorbé le cordon pour en faire un glacis protecteur. Mackinder est incontestablement l’artisan d’une diplomatie occidentale et conservatrice, mais il a toujours agi sans illusions. Ses successeurs reprendront ses catégories pour élaborer la stratégie du « containment », concrétisée par la constitution d’alliances sur les « rimlands » (OTAN, OTASE, CENTO, ANZUS).


En Allemagne, Haushofer, contre la volonté d’Hitler, avait suggéré inlassablement le rapprochement entre Japonais, Chinois, Russes et Allemands, de façon à faire pièce aux thalassocraties anglo-saxonnes. Pour étayer son plaidoyer, Haushofer avait repris les arguments de Mackinder, mais avait inversé sa praxis. La postérité intellectuelle de Mackinder, décédé en 1947, n’a guère été « médiatisée ». Si la stratégie du « containment », reprise depuis 1980 par Reagan avec davantage de publicité, est directement inspirée de ses écrits, de ceux de l’Amiral Mahan et de son disciple Spykman, les journaux, revues, radios et télévision n’ont guère honoré sa mémoire et le grand public cultivé ignore largement son nom... C’est là une situation orwellienne : on semble tenir les évidences sous le boisseau. La vérité serait-elle l’erreur ?




Par Robert STEUCKERS — Archives de SYNERGIES EUROPEENNES — 1986  — robertsteuckers.blogspot.com.es – le 12 novembre 2014

 

W.H. PARKER, Mackinder. Geography as an Aid to Statecraft, Clarendon Press, Oxford, 1982, 295 p., 17.50 £.  

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Canada - Opinion manipulée

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Canada : stratégie de manipulation

de l’opinion publique de grande envergure

Par Ahmed Bensaada

 

Scandale au pays de l’érable ! TransCanada, une compagnie canadienne spécialisée dans le transport du pétrole et du gaz, cherche à obtenir coûte que coûte un mégaprojet de 12 milliards de dollars. Il s’agit d’un projet de pipeline de 4 600 km susceptible d’acheminer le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers l’Est du Canada, via le Québec.



Le pipeline du projet Énergie Est


Devant une opinion publique québécoise réticente, TransCanada a fait appel à Edelman, le géant américain des relations publiques en lui donnant comme mission d’élaborer une stratégie de « vente » du projet à l’opinion publique de la « société distincte » du Québec.

 

Les documents secrets élaborés par Edelman se sont retrouvés, grâce à un informateur anonyme, dans les mains de Greenpeace qui les a transmis aux médias.

 

La centaine de pages exposant la stratégie Edelman contient des méthodes jugées très déloyales par certains observateurs, « aussi sales que leur pétrole » selon d’autres.

 

Jugez-en :

 

Créer de toutes pièces une mobilisation citoyenne en recrutant 35000 activistes pour écrire des articles favorables ou en commenter d’autres sur Internet et en particulier sur les médias sociaux.

 

— Tenter de mettre de leur côté des universitaires « car ils sont particulièrement crédibles aux yeux des Québécois » en organisant « une campagne de financement majeure » d’une université québécoise pour la recherche environnementale.

 

Tenter d’entrer en relation avec des « personnes d’influence, potentiellement favorables au projet ». Une liste contenant plusieurs noms est fournie : on y trouve d’anciens Premiers ministres, des maires de grandes villes (Montréal, Québec), différents PDG, etc.


— Contrer les opposants au projet en travaillant avec des tierces parties que « nous armerons de l’information dont ils ont besoin pour leur mettre de la pression et les distraire de leur mission ».


— Faire une « recherche de fond détaillée sur les principaux groupes d’opposition ».

 

Etc.

 

Vidéo : https://fr-ca.actualites.yahoo.com/...

 

 

Cette stratégie a fait bondir Keith Stewart, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada qui a déclaré :

« Ils adoptent un modèle politique américain qu’ils reconnaissent comme étant « agressif » et font appel à des spécialistes américains de relations publiques connus pour leurs pratiques déloyales utilisant de faux groupes citoyens pour attaquer les détracteurs de l’industrie.

En ayant recours à des groupes factices pour décrédibiliser leurs détracteurs, les compagnies pétrolières portent atteinte au débat démocratique ».

 

La preuve que business et éthique sont souvent antinomiques. Même en démocratie.

 

Coïncidence ? Le projet Keystone XL vient d’être rejeté par le Sénat américain. Ce projet d’oléoduc qui devait transporter le pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries du golfe du Mexique (États-Unis) était lui aussi porté par TransCanada.

 

Un mauvais présage pour le projet Énergie Est ?



Par Ahmed Bensaada — Investig’Action – le 19 novembre 2014


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Portugal - Sortie de l'euro

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Photo : Mário Soares, ancien premier ministre et président de la République portugaise, a été l’un des grands artisans de l’entrée de son pays dans la Communauté économique européenne.



Vu d’Espagne – « La solution pour le Portugal consiste en une sortie négociée de l’euro » 



Le texte qui suit est la traduction dans son intégralité de l’article intitulé « La solución para Portugal es una salida negociada del euro », publié le 16 mai 2013 sur le site du journal El País. Il s’agit de l’interview accordée au principal quotidien d’information espagnol par João Ferreira do Amaral, professeur portugais d’économie et ancien conseiller de plusieurs présidents du Portugal. Bien que déjà ancien (il a plus d’un an), il témoigne du fait que le débat sur la sortie de l’euro n’est pas du tout tabou en Espagne et que, contrairement à la France, même les journalistes des grands médias laissent la parole à des personnalités sérieuses opposées à un maintien de leur pays dans la zone euro. Plusieurs penseurs et personnalités publiques espagnoles qui ont pignon sur rue ont déjà témoigné de leur scepticisme vis-à-vis de l’euro, voire de leur rejet de la monnaie unique, sans que cela ne suppose pour eux un anathème généralisé. Le 7 mai 2013, cinq récipiendaires du prix Nobel d’économie (James Mirrlees, Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Christopher Pissarides et Thomas Sargent) enjoignaient l’Espagne de sortir de l’euro dans une tribune qui avait fait grand bruit. De même, plusieurs économistes et politologues proches de la gauche radicale ont demandé à ce que le Gouvernement espagnol abandonne l’euro dans un manifeste cinglant. Si nous ne partageons pas toutes les opinions de João Ferreira do Amaral, son point de vue s’avère néanmoins intéressant et prouve que la question est loin d’être close.


João Ferreira do Amaral, âgé de 65 ans, est professeur à l’Institut supérieur d’Économie et de Gestion de l’Université technique de Lisbonne et a été conseiller de deux présidents de la République, les socialistes Mário Soares et Jorge Sampaio. Il révolutionne aujourd’hui le panorama politico-économique portugais, déjà bien agité, avec un livre qu’il a récemment publié, qui s’oppose aux courants majoritaires et qui s’intitule tout simplement Pourquoi nous devons sortir de l’euro. Le professeur a parcouru journaux et chaînes de télévision portugaise en y défendant sa thèse, rappelant qu’elle ne date pas d’aujourd’hui, mais remonte à l’instauration de la monnaie unique européenne, alors qu’une majorité d’experts la considéraient non seulement comme un succès non seulement incontestable, mais aussi durable. Ferreira de Amaral est catégorique : seul un traitement de choc comme l’abandon de la monnaie européenne peut réanimer l’économie moribonde du Portugal et la sortir de cette agonie dans laquelle elle se débat.



Question. Est-ce là l’unique solution, sortir de l’euro ?

Réponse. Pour le Portugal, oui. Car notre problème n’est pas financier, mais économique. Il concerne la destruction de notre propre structure économique. Depuis l’entrée dans la monnaie unique, nous structure productive se détruit peu à peu. Voyez donc : aujourd’hui, l’industrie ne représente guère plus de 13 % du PIB portugais. Au milieu des années 90, elle atteignait 25 % du PIB. Et pour redresser notre économie, les programmes mis en place par le gouvernement ne sont d’aucune utilité.


Question. Vous faites référence aux programmes d’austérité ?


Réponse. Oui, bien entendu. Ils n’ont aucun sens. J’aime, à titre personnel, comparer la situation actuelle avec celle du plan Marshall. Si, dans les années 40, les Américains étaient venus et avaient dit, « d’accord, nous vous aidons, mais vous devez veiller à avoir un budget équilibré, faire ceci et cela », eh bien ils n’auraient rien fait. Nous avons besoin, au Portugal, d’un important plan de stimulation qui favorise, entre autres, les exportations. Et cela ne s’obtient qu’avec une dévaluation de la monnaie, ce qui n’est possible qu’avec une politique monétaire propre. C’est un point fondamental.


Question. Une dévaluation de combien ?


Réponse. Eh bien, d’environ 30 %. C’est ce que nous avons perdu en compétitivité.


Question. N’avez-vous pas peur d’une panique bancaire [« corralito », expression espagnole qui traduit couramment l’anglais bank run] à l’Argentine qui vienne mettre à bas tous ces projets ? N’y aurait-il pas une vague de peur collective qui verrait tous les Portugais se rendre à leur banque pour y retirer leur argent ?


Réponse. Ce qui s’est passé en Argentine est quelque chose que nous devons éviter, bien entendu. Car, même si le pays s’est redressé, les deux années qui ont suivi la panique bancaire ont été très préjudiciables. Ce que moi je propose, c’est qu’il y ait un accord entre le Portugal et l’Union européenne pour une sortie négociée de l’euro. Il en va de notre intérêt commun : d’un côté, nous y gagnons des possibilités de croissance économique et, de l’autre, l’Union européenne se décharge d’un problème. Ainsi le processus serait-il contrôlé. L’on annoncerait la sortie et durant un processus long de six mois, l’on introduirait la nouvelle monnaie. La grande crainte des citoyens est que leurs économies en sortent diminuées ou disparaissent. L’important est que celui qui a des dépôts ne perde rien suite à la dévaluation, qu’il ne soit pas pénalisé.


Question. Et cela n’est-il pas inévitable ?


Réponse. Si on procède de façon contrôlée, non. Il est possible de le faire.


Question. Mais le Portugal doit 78 milliards d’euros à la troïka. Combien de milliards de milliards d’escudos cela ferait-il ?


Réponse. Le Portugal payerait cela en euro. Dans les faits, en dévaluant sa monnaie, le pays aurait plus de revenus en euros. L’on peut toujours objecter que la dette en escudos serait multipliée. Et c’est vrai. Mais à ce moment-là, l’État aurait enfin la possibilité d’émettre sa propre monnaie. Ce qu’il faut, c’est obtenir des euros. Et l’on n’en obtient qu’en exportant plus et en important moins. Et nous en revenons donc à ce que j’expliquais précédemment.


Question. Et n’y aurait-il pas un problème d’inflation galopante ?


Réponse. Il y aurait de l’inflation, mais pas galopante. Une certaine inflation est inévitable, mais elle ne serait pas galopante.


Question. Mais les Portugais, du coup, seraient beaucoup plus pauvres…


Réponse. Non. N’oublions pas que la dette existe déjà. C’est l’inverse qui se produirait. Il s’agirait de croître pour réduire le taux de chômage. Et en mettant la machine en mouvement, il serait possible de baisser certains impôts comme celui sur le revenu, car l’État en obtiendrait autant en TVA du fait de la reprise de la consommation. Et cela donnerait un peu de répit aux familles. Il est certain que si un Portugais voulait acheter des produits à l’étranger, cela lui coûterait plus cher. Mais il n’y a pas d’autre choix. Sinon, nous ne nous en sortirons pas. Si nous continuons ainsi, nous nous appauvrirons encore plus. En fait, je crois que nous sommes bien plus pauvres en restant au sein de l’euro que nous ne l’aurions été si nous en étions sortis avant. Ou nous sortons, ou l’économie portugaise continue sur le chemin de la récession permanente et arrive le jour où nous ne pouvons plus payer ce que nous nous sommes engagés à payer et où l’on nous jette hors de l’euro.


Question. Et vous aviez la même opinion lorsque le Portugal est entré dans l’euro ?


Réponse. Oui. Chose étrange, j’avais beaucoup de débats avec des collègues économistes et des personnes liées au monde de l’économie. Moi, j’apportais davantage d’arguments en défaveur de l’entrée dans l’euro. Et les économistes étaient d’accord avec moi, mais, par la suite, on avait l’impression que ça leur était égal, qu’ils pensaient que le plus important était d’entrer dans l’euro. J’ai dit que nous ne pourrions pas supporter une telle décision, qu’adopter une monnaie forte comme l’euro allait créer une forte pression sur nos exportations.


Question. Et ce modèle monétaire bénéficie à l’Allemagne ?


Réponse. Oui, mais moi, je ne critique pas l’Allemagne, qui fait ce qui lui convient. Si nous étions à la place de l’Allemagne, nous ferions la même chose. L’euro a été conçu avec les paramètres désirés par les Allemands. Le problème, c’est que cela n’a pas de sens d’utiliser une même monnaie pour un pays comme l’Allemagne et un pays comme le Portugal. D’un point de vue monétaire, ce qui convient à l’un est préjudiciable pour l’autre.


Question. Mais si le Portugal n’en sort pas, pensez-vous qu’il finira par être expulsé de l’euro ?


Réponse. C’est quelque chose de possible. Je ne dis pas que ça sera inéluctable. Mais c’est possible.


Question. Quand ça ?


Réponse. Je ne sais pas si ça va se produire. Mais si ça se produit, cela ne tardera pas au vu de la dégradation de l’économie portugaise, qui est très rapide.


Question. Croyez-vous que d’autres pays doivent aussi en sortir ?


Réponse. La Grèce est dans un pire état que le Portugal, mais ensuite… L’Espagne a une structure économique plus solide que la portugaise, peut-être suffisamment pour tenir. Le problème de l’Irlande est uniquement financier, elle peut donc y rester sans problème.



Par Nicolas KLEIN – News360x – le 19 novembre 2014

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