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Bilderberg pour la dépopulation

 

Un "Bilderberg" parle ouvertement de dépopulation, mais tout cela est déjà bien en cours, car les fondations des familles oligarchiques financent réellement un programme criminel de dépopulation mondiale.

 

Duc

 

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En collaboration avec Koter Info, le site des étudiants de LLN - WSL

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Avec tant de visiteurs différents, "Koter Infose targue d'être un site utile aux étudiants de Louvain-La-Neuve ou de Woluwé-Saint-Lambert-UCL.

 

Pour tout savoir sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve ou de Woluwé-St-Lambert-UCL, découverte, histoire, vie estudiantine, locations kots, photos, vidéos, cercles, kaps, etc...

 

Informations générales : Locations - Services - Adresses utiles, ne fusse que pour indiquer les grandes directions, mais c'est beaucoup plus !!!

 

En fait, Koter Info est un site en constante évolution avec plus de 90 pages à votre dispositon.  On y trouve tout se qu'il faut savoir quand on ne connait pas encore LLN ou WSL. 

 

Voyez par vous-même, cliquez ici ou sur le lien dans le titre ou dans la photo.


Duc

  

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Avec tous ces lecteurs (différents), c'est indéniablement "La Gazette" des campus de LLN & de WSL-UCL et environs.  On y lit des infos locales ainsi que des publications diverses intéressantes boudées généralement par les médias habituels.

  

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Dossiers de La Gazette


La Gazette de "Koter Info" a suivi plusieurs aventures d'équipages estudiantins néo-louvanistes ou liés à Louvain-La-Neuve au fameux Raid 4L Trophy destiné aux étudiants. Si vous voulez revivre ces aventures au jour le jour, de la préparation de la 4L à la fin du raid au Maroc, les photos, les vidéos et les reportages journaliers ont été rassemblés dans un dossier complet.

 

La Gazette a également créé un dossier reflétant les pages du site "Koter Info" et leur contenu avec un lien direct vers chacune des pages : "vitrine du site Koter Info"


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Wall Street contre la France…

Wall Street contre la France… | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it



Wall Street prépare une attaque

en règle contre la France…

Par Charles Sannat (*)

 

Si nous vivons pour le moment avec des taux bas en France qui rendent le service de la dette (les intérêts à payer chaque année) supportable, c’est uniquement parce que SMS1er, le roi du mobile et accessoirement le mamamouchi en chef de notre république en déclin, s’aligne sans vergogne sur toutes les positions des États-Unis d’Amérique, fussent-elles contre les intérêts à long terme de notre pays, mais que voulez-vous, le porte-monnaie ne peut être ignoré et si Paris valait bien une messe, éviter l’insolvabilité vaut bien quelques capitulations en rase campagne.


En clair, tant que nous sommes gentils et bien obéissants à l’égard de l’oncle Sam, ses chiens de garde financiers restent sages ou plutôt attentistes.


Pourtant, cette veillée d’armes semble toucher à sa fin et nous prochainement à notre faim (d’où l’idée des pâtes en solde chez Intermarché sans oublier, message de l’un de nos camarades contrariens, de recharger aussi les stocks avec quelques boîtes de concentré de tomate à 32 centimes ; je connais les prix vu que j’en avais pris hier), et certains à Wall Street, sans doute la « mauvaise » finance, semblent fourbir ses armes et commencent à avoir du mal à patienter.



Le buzz des États-Unis : une star de Wall Street parie sur l’effondrement de la France


C’est le titre d’un article des Échos revenant sur David Einhorn, PDG du fond activiste Greenlight, qui recommande de spéculer à la baisse sur les obligations françaises… Pas franchement une bonne nouvelle, mais somme toute une nouvelle parfaitement logique et qui ne surprendra aucun de nos camarades lecteurs contrariens. En fait, ce qui est surprenant c’est que les « zinvestisseurs » continuent effectivement encore à prêter à la France, cependant cette question vaut aussi pour l’Italie, l’Espagne, le Portugal et même l’Allemagne qui se croit très forte, mais qui va perdre un grand paquet de sa population dans les 20 ans qui viennent, va subir de plein fouet la nouvelle révolution robotique et qui se traîne tout de même elle aussi une sacrée dette.



Alors voilà l’essentiel de ce que nous raconte le Einhorn et c’est assez énorme (on pourrait même dire Einhorme !!) :


« Pariez sur les banques grecques, et contre la France ! Tel est le conseil prodigué lundi par l’une des grandes stars de Wall Street, David Einhorn, lors d’une conférence d’investisseurs à New York. Le PDG du fond activiste Greenlight Capital, à qui l’on doit plusieurs coups de maître (dont l’anticipation de la faillite de Lehman Brothers dès 2007), a dressé un tableau dramatique de la situation en France :


Les marchés obligataires considèrent la France comme l’Allemagne, alors qu’elle ressemble bien davantage à la Grèce », indiquait-il dans sa présentation. Il voit d’ailleurs Athènes dans une meilleure situation que Paris : « La Grèce a bu la potion amère, elle a restructuré ses obligations et son économie. Elle a cessé de vivre au-dessus de ses moyens. La France, elle, semble trop fière pour se réformer », indique-t-il en dénonçant en vrac la taxe à 75 %, les 35 heures et les tensions avec la Commission européenne autour du dernier budget « anti-austérité ». Chiffres à l’appui, il montre que la charge de la dette payée par la Grèce est désormais inférieure à celle de la France (en pourcentage de leur croissance).


Et pourtant : la dette à 10 ans se négocie à 1,3 % en France et à 9 % en Grèce. « Si les marchés révisent le risque souverain français à sa juste valeur, le service de la dette française va devenir insupportable. C’est pourquoi nous recommandons de vendre (à découvert) la dette française », conclut-il. Il recommande, à l’inverse, d’acheter des obligations de banques grecques (Alpha, Piraeus, NBG,Eurobank, etc.). « Les investisseurs s’inquiètent tous de la Grèce, mais ils devraient s’inquiéter davantage de la France. Le rendement des obligations françaises, tel qu’on le connaît aujourd’hui, ne devrait pas exister. »



Le « Made in USA » gagne encore du terrain


« Plus d’une entreprise américaine sur deux (54 %) envisage de relocaliser sa production aux États-Unis, selon l’étude publiée mercredi par le cabinet de conseil BCG. Près d’un quart d’entre eux affirment même avoir enclenché le processus de relocalisation de leur production aux États-Unis. Grâce à une énergie bon marché et une grande flexibilité du marché du travail, le pays est ainsi redevenu la destination la plus choisie (27 %) pour implanter de nouvelles usines américaines, dépassant la Chine (23 %) et le Mexique (24 %). Cette tendance devrait encore se renforcer dans les prochaines années, estime le BCG : d’ici à cinq ans, près de la moitié des forces de production américaines (47 %) devraient se retrouver sur le territoire américain. La Chine n’abritera ainsi plus que 11 % de la production des compagnies américaines vendue aux États-Unis. »

La stratégie américaine ? Couler l’Europe et faire dérailler la Chine pour sauver le leadership américain…


Lorsque vous êtes un « empire » et que vous raisonnez uniquement en terme de puissance et de leadership, vous ne voulez pas voir un concurrent sérieux émerger. Il est évident qu’une Europe politiquement et économique efficiente avec un euro qui marcherait serait un concurrent sérieux pour les USA, comme l’est une Chine prospère et qui désormais atteint des standards de qualité parfaitement « occidentaux ».



Alors donner un petit coup de pied dans tout ça et secouer le cocotier peut s’avérer une stratégie payante.


En gros, les USA exploitent à fond leur gaz de schiste pour proposer une énergie pas cher à leurs industriels qui, du coup, veulent relocaliser (bien qu’en automatisant tout donc avec assez peu de création réelle d’emplois, mais c’est un autre sujet). En faisant cela, ils laminent la croissance chinoise qui reste basée avant tout sur le fait que la Chine est l’usine low cost du monde.


Ils attaquent le plus gros des maillons faibles de l’Europe, à savoir la France, ce qui aura pour conséquence de faire exploser l’euro puisqu’aucun plan d’aide européen ne sera suffisant et possible pour sauver la France, ce ne sont pas les Grecs qui vont payer pour nous, bien que l’inverse fut vrai. Résultat ? Dislocation de l’Europe et mort de l’euro. Avec le bazar que ne manquerait pas de créer l’explosion de la monnaie unique, les peuples européens seraient vaccinés sur plusieurs générations contre toute tentation de monnaie unique.


Tout bon pour maintenir le statut du roi dollar qui se verrait apprécié, et les États-Unis verraient affluer des fonds du monde entier qui viendraient s’investir sur les bons du Trésor américain dont les taux, du coup, baisseraient même sans l’aide de la FED…


Entre-temps, on stresse un peu les Russes avec cette histoire ukrainienne, on distend les liens entre l’Europe et la Russie pour affaiblir les deux et au passage, on fait signer un beau traité transatlantique afin de pouvoir acheter de beaux actifs dont les prix seront fracassés lors de la grande crise que l’on n’aura pas manqué de créer.


Comme ce fameux traité est censé être signé en 2015… Évidemment, tout cela n’aura jamais lieu, car il s’agit uniquement du délire d’un pauvre contrarien derrière son clavier qui voit le mal partout et vraiment… aucune raison d’espérer.


Bon, je vais aller acheter quelques boîtes de raviolis péremption 2018… On ne sait jamais. Il est déjà trop tard. Préparez-vous et restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

 


Par Charles Sannat (*) — AuCOFFRE – le 24 octobre 2014

(*) Charles Sannat est diplômé de l’École Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques.

 

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)


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Pourquoi l'Occident va perdre ?

Pourquoi l'Occident va perdre ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : le 29 août 2010, à Skorovodino, en Sibérie, le Premier ministre russe Vladimir Poutine inaugure la partie russe de l’oléoduc entre la Sibérie orientale et l’océan Pacifique. Photo : EPA

 

 

POURQUOI L’OCCIDENT VA PERDRE SA NOUVELLE GUERRE FROIDE AVEC LA RUSSIE

 

Les sanctions à propos de l’Ukraine, heurteront beaucoup plus l’Allemagne et la France que quiconque, y compris Moscou.


Après des mois de tension croissante à propos de l’Ukraine et d’évocations de l’arrivée d’une nouvelle guerre froide, la Russie et l’Occident pourraient, d’une manière surprenante, bientôt parvenir à un rapprochement. L’économie de la zone euro souffre beaucoup, et les sanctions contre la Russie en sont partiellement la cause. L’hiver est aussi sur nous, et cela rappelle à tout un chacun que Vladimir Poutine tient les cartes, quand il s’agit de la fourniture de gaz.


Cependant, ce qui fait pencher la balance, c’est que l’Ukraine s’achemine vers la déliquescence financière. À moins qu’un très grand plan de sauvetage ne vienne prochainement à son aide, l’Ukraine fera défaut, et cela enverra des ondes de choc à travers toute l’économie globale. C’est un risque que personne ne veut prendre, surtout pas Washington, ni Londres, ni Berlin.


Les sanctions contre la Russie allaient inévitablement frapper durement l’Europe occidentale. L’an dernier la zone euro a fait douze fois plus de commerce avec la Russie qu’avec les États-Unis (c’est une des raisons pour laquelle Washington est plus ferme à l’égard de l’isolement de la Russie).


La plupart des grandes économies européennes, en particulier celle de l’Allemagne, n’ont clairement soutenu les sanctions occidentales qu’après le drame du vol MH17, abattu au-dessus de l’espace aérien ukrainien en juillet, où 298 personnes ont trouvé la mort. Après cette tragédie, immédiatement imputée à Moscou, il était politiquement impossible de suggérer que des sanctions pourraient être contreproductives. Il en a résulté la plus grande restriction sur le commerce russe depuis l’époque soviétique (ciblant principalement les secteurs de l’énergie, de la défense et de la finance) et la détérioration des relations Est-Ouest, les plaçant à leur plus bas niveau depuis la guerre froide.


L’économie occidentale, qui a le plus souffert, et de loin, est aussi la plus grande de la zone euro. Au cours des dernières années, les pur-sang de l’industrie allemande ont investi des dizaines de milliards d’euros dans des installations de production russes. Volkswagen a plusieurs sites complets de production en Russie, où sont fabriquées les marques préférées de la classe moyenne, dans ce qui sera bientôt le plus grand marché automobile d’Europe. Siemens est au cœur de la mise à niveau du vaste réseau ferroviaire russe, alors que le fabricant spécialisé Liebherr y a aussi une assise importante.


De nombreuses entreprises dites Mittelstand [l’équivalent de nos PME, elles représentent plus de la moitié de l’économie allemande] ont également établi des liens commerciaux lucratifs depuis l’ouverture de la Russie, il y a 20 ans, vendant de tout, depuis le placoplatre jusqu’aux machines-outils. Plus de 6 000 d’entre elles fonctionnent à travers le pays, avec 350 000 emplois allemands dépendant directement du commerce avec la Russie. Elles en ressentent les effets.


Cela contribue à expliquer pourquoi, après une hausse de 0,8 % au cours des trois premiers mois de 2014, le Produit intérieur brut allemand a reculé de 0,2 % au deuxième trimestre. Le poumon économique qu’est la zone euro est maintenant au bord de la récession. La production industrielle a baissé en août de 4 %, ce qui représente la plus forte baisse mensuelle depuis le début de 2009. Les exportations ont diminué de 5,8 %, soit la plus forte baisse depuis la faillite de Lehman Brothers, en 2008.


Si les industriels allemands sont tranquillement en colère à propos des sanctions étasuniennes, les agriculteurs français sont bruyamment furieux. Le boycott réciproque de douze mois par Moscou, sur l’importation de produits agricoles occidentaux, touche à peine les agriculteurs étasuniens, alors qu’il provoque les hurlements de protestation gaulois. L’année dernière, un tiers des fruits et légumes frais exportés par l’Union européenne, et plus d’un quart de la viande bovine, étaient destinés à la Russie. L’embargo soigneusement ciblé par Moscou a provoqué une surabondance de produits agricoles en Union européenne, entraînant une chute des prix de gros. En se mobilisant de leur manière habituelle, les agriculteurs français ont mis le feu à des centres d’impôts régionaux. Réunis aux constructeurs allemands, ils constituent un puissant lobby anti-sanctions.


La raison principale, celle qui brisera très rapidement les sanctions Est-Ouest, est que l’économie ukrainienne est en train d’imploser, soulevant ainsi le spectre de la contagion financière. En juin, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) estimait que PIB ukrainien allait diminuer de 7 % en 2014.


Le mois dernier, cette prévision a été réestimée à -9 %, et accompagnée d’un commentaire de la BERD, avertissant qu’il y aurait d’énormes difficultés, si l’approvisionnement en énergie provenant de la Russie n’était pas entièrement restauré avant l’hiver. Gazprom fournit généralement à l’Ukraine plus de la moitié de ses besoins en gaz, à un tarif fortement subventionné. Mais comme il n’y a pas eu d’accord entre Moscou et Kiev sur un nouveau prix, le robinet est coupé depuis juin.



Par Liam Halligan - Traduit par les Éditions Démocrite (Alexandre et Marie José Moumbaris) pour vineyardsaker.fr - le 22 octobre 2014


Source : Why the West will surrender in its new cold war with Russia (spectator.co.uk, anglais, 18-10-2014)

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USA - Guerre contre les pauvres

USA - Guerre contre les pauvres | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


La guerre sans merci contre les pauvres aux États-Unis (Black Agenda Report)

 

 

Du philosophe Alain :


« Les lois justes sont celles qui s’ingénient à faire que les hommes, les femmes, les enfants, les malades, les ignorants soient tous égaux. Ceux qui disent, contre le droit, que l’inégalité est dans la nature des choses, disent donc des pauvretés ».


Cité dans « 200 CITATIONS POUR COMPRENDRE LE MONDE passé, présent et à venir ». VD et MV, éditions La brochure. LGS



Texte I — La réalité des sans-abri aux

États-Unis en dix points.

 

Par Bill QUIGLEY (*)


Voici, d’abord, trois histoires vraies :

Renee Delisle faisait partie des 3 500 sans-abri à Santa Cruz quand elle s’est retrouvée enceinte. Le journal, le Santa Cruz Sentinel explique qu’elle n’avait pas pu aller dans un refuge parce qu’ils n’avaient pas de place pour elle. Alors que d’autres sans-abri dormaient dans des voitures ou sous des ponts, Renee avait trouvé refuge dans une cage d’ascenseur désaffecté jusqu’à ce qu’elle perde les eaux.


Jerome Murdough, 56 ans, ancien marine sans domicile fixe, avait été arrêté pour intrusion à New York quand on l’avait trouvé un soir de grand froid en train de dormir dans la cage d’escalier de logements sociaux. Le New York Times raconte qu’une semaine plus tard, Jerome était mort d’hyperthermie dans une cellule de la prison, où la température dépassait les 37°.


Paula Corb et ses deux filles ont vécu, à la suite de la saisie de leur maison, quatre ans dans leur mini van. Elles faisaient la lessive dans l’annexe d’une église, allaient se laver dans les stations-service et les filles faisaient leurs devoirs sous des lampadaires.



Dix réalités concernant les sans-abri


N° 1 – Plus d’un demi-million de personnes sont sans-abri

Le rapport du « US Department of Housing and Urban Development (HUD) » (« Département du logement et du développement urbain ») sur les sans-abri aux US indique qu’il y a, chaque nuit et sur toute l’année, plus de 600 000 sans-abri aux États-Unis. La majorité d’entre eux passe la nuit soit dans des refuges soit dans quelque abri de transition à court terme. Un peu plus qu’un tiers vivent dans des voitures, sous les ponts ou ailleurs.



N° 2 – Un quart des sans-abri sont des enfants


Le HUD indique que plus de 138 000 sans-abri aux États-Unis sont des mineurs. Parmi ces enfants, il y en a des milliers qui ne sont pas accompagnés, toujours selon le HUD.


Un autre programme fédéral, « No Child Left Behind » (« Aucun enfant abandonné », réforme de l’Éducation des années G. W Bush, NDT), donne une définition plus large des enfants sans-abri, qui englobe non pas uniquement ceux qui vivent dans des refuges ou dans des logements de transition, mais également ceux qui cohabitent avec d’autres personnes à cause des difficultés économiques, qui vivent dans des voitures, dans des parcs, des gares routières ou ferroviaires, ou qui attendent un placement dans une famille d’accueil.


En s’appuyant sur cette définition, le « National Center for Homeless Education » signalait en septembre 2014 que les secteurs scolaires locaux (LEA) comptaient qu’il y avait plus d’un million d’enfants sans abri qui fréquentaient les écoles publiques.



N° 3 — Des dizaines de milliers d’anciens combattants sont sans-abri.


Plus de 57 000 anciens combattants de l’armée sont sans abri de façon permanente. 60 % d’entre eux dorment dans des refuges, les autres n’ont pas d’abri. Parmi eux, il y a près de 5 000 femmes.



N° 4 – la violence domestique est la cause principale pour laquelle les femmes se retrouvent à la rue.


Plus de 90 % des femmes sans abri ont été victimes de violences sexuelles et physiques graves et c’est pour échapper à ces violences qu’elles ont été contraintes de quitter leur domicile.



N° 5 – Beaucoup sont sans domicile parce qu’ils n’ont pas les moyens de payer un loyer.


Selon le HUD, le manque de logements à loyer modéré est la première cause de la multiplication des cas de sans-abri. Le budget du HUD a été réduit de plus de 50 % au cours de ces dernières décennies, ce qui s’est traduit par la perte chaque année de 10.000 logements subventionnés destinés aux personnes à faible revenu.



N° 6 – Il y a aujourd’hui moins de locations abordables pour les pauvres


Un logement social sur huit a disparu définitivement depuis 2001. Il manque sept millions de logements à loyer modéré pour les familles à faibles revenus et, en conséquence, des millions de ménages dépensent plus de la moitié de leurs revenus mensuels en loyer.



N° 7 – Ces dernières années, des millions de personnes ont perdu leur maison


Plus de 5 millions de maisons ont été saisies depuis 2008, parmi lesquelles une sur 10 était hypothéquée. C’est la raison pour laquelle de plus en plus de personnes se sont retrouvées en concurrence pour trouver des logements abordables.



N° 8 — L’État ne fournit pas autant d’aides qu’on le pense


Il y a des aides au logement pour environ un quart des ménages à très bas revenus. Ceux qui ne reçoivent pas d’aides sont sur des listes où l’attente dure des années.


Ainsi, la ville de Charlotte, en Caroline du Nord, qui vient, pour la première fois en quatorze ans, d’ouvrir les inscriptions pour l’obtention de logements à loyers modérés a enregistré plus de 10.000 candidatures pendant la journée d’inscriptions.



N° 9 – Un sans-abri sur 5 souffre de maladie mentale grave non traitée


Selon les chiffres officiels, si environ 6 % de l’ensemble de la population souffre de maladie mentale grave, ils sont 20 à 25 % dans ce cas parmi les sans-abri.


La moitié d’entre eux se soignent tout seuls et sont plus susceptibles de souffrir de dépendance et d’être en mauvaise santé physique.


Une étude réalisée par le « Penn Center for Mental Health Policy and Services Research » de Pennsylvanie montre que les sans-abri qui souffrent de maladie mentale coûtent, en moyenne, à l’État 40 500 dollars par an.


Cette somme sert à payer leurs séjours en prison, dans les refuges ou à l’hôpital alors que, avec la même somme, on pourrait leur offrir un logement supervisé qui leur fournirait non seulement un toit, mais également les services nécessaires pour se soigner et se réinsérer.



N° 10 – Les villes criminalisent de plus en plus l’impossibilité de se loger


Une enquête réalisée en 2014 par le « National Law Center on Homelessness & Poverty » (organisation nationale qui défend les droits des personnes sans abri et/ou économiquement faibles) montre que :

  • 24 % d’entre elles pénalisent la mendicité dans l’ensemble de la ville ;
  • 33 % interdisent le vagabondage ;
  • 18 % pénalisent ceux qui dorment dans les espaces publics ;
  • 43 % pénalisent ceux qui dorment dans leur voiture ;
  • 53 % interdisent de s’asseoir ou de s’allonger dans des lieux publics spécifiques.

Et le nombre des villes qui criminalisent l’itinérance est en constante augmentation.




Par Bill Quigley (*) 


(*) Bill Quigley enseigne le droit à l’Université de Loyola à La Nouvelle-Orléans.

 

***



Texte II — Comment on fait payer les pauvres

Par Rebecca Vallas (*) 


http://talkpoverty.org/2014/10/07/punished-for-being-poor

Le week-end dernier, j’ai participé à une table ronde sur MSNBC avec le journaliste du New York Times, Michael Corkery, dont l’enquête sur l’essor des prêts automobiles « subprime » est à la fois grave et terrifiante (système mis en place en 2009, NDT).


Car il s’agit d’une nouvelle offensive des pratiques prédatrices qui ont déclenché la crise des prêts hypothécaires à risque.


Les particuliers à faible revenu sont incités à contracter des prêts automobiles deux fois plus élevés que la valeur effective de la voiture, avec des taux d’intérêt atteignant jusqu’à 29 %.


Ils peuvent, ainsi, se retrouver avec des remboursements mensuels de 500 dollars — une somme plus élevée que celle que la plupart des emprunteurs dépensent en alimentation en un mois, et certainement bien plus élevée que ce qu’ils peuvent raisonnablement se permettre.


De nombreux concessionnaires seraient donc prêts en substance à piéger les emprunteurs à bas revenus.


En outre, les concessionnaires ont fait installer sur le GPS des voitures des emprunteurs à risque un nouveau dispositif qui leur permet, d’une part, de savoir à quel endroit se trouve l’emprunteur et, d’autre part, de bloquer le starter à distance depuis un ordinateur ou un téléphone portable. Ainsi, la voiture peut être aussitôt immobilisée en cas de non-versement des remboursements, même s’il n’y a qu’un ou deux jours de retard.


Une habitante du Nevada raconte la frayeur qu’elle a eue quand sa voiture a soudain été bloquée alors qu’elle roulait sur l’autoroute.

[NDT Une autre, parent isolé, raconte ici qu’elle devait, un jour de mars, conduire d’urgence à l’hôpital sa fille de 10 ans, dont la fièvre était montée à 40° et qui était en pleine crise d’asthme, mais qu’il lui avait été impossible de faire démarrer sa voiture. Cette femme ayant un retard de paiement de trois jours, le prêteur avait immobilisé sa voiture. Pour la débloquer, il lui fallait débourser plus de 389 dollars, somme qu’elle n’avait pas ce jour-là].


Et, pour beaucoup d’emprunteurs, l’affaire est loin de se terminer avec la saisie du véhicule, ils peuvent être poursuivis des mois et même des années plus tard pour les contraindre à rembourser le reste du crédit.


Les prêts automobiles « subprime » sont les toutes dernières trouvailles dans une longue liste de pratiques qui font qu’être pauvre, ça coûte très cher – ce que j’ai pu constater tous les jours quand je représentais des clients à faibles revenus en tant qu’avocate commise d’office.


Les personnes à faibles revenus risquent beaucoup plus que les autres d’avoir à acquitter des frais bancaires, comme des frais de gestion mensuels, si le solde de leur compte courant descend en dessous du minimum requis – des sommes qui peuvent s’élever à

1500 dollars dans des banques importantes comme la Bank of America et Wells Fargo — sans parler des agios exorbitants.


Pour les plus de 10 millions de ménages étasuniens qui n’ont pas de compte bancaire, ceux qui encaissent les chèques prennent une commission qui peut atteindre 5 % de la somme. Cela ne semble peut-être pas grand-chose, mais, sur un salaire d’employée à faible revenu d’environ 1 500 dollars par mois, cela signifie qu’il faudrait qu’elle verse 75 dollars uniquement pour pouvoir toucher son salaire. Si on ajoute à cela le coût de l’envoi d’un mandat – ce qu’elle est obligée de faire pour payer son loyer et les autres factures –, on en arrive à environ 1 000 dollars par an juste pour payer les services financiers.


Qu’ils aient un compte bancaire ou pas, les ménages à très faibles revenus ont rarement des fonds d’épargne d’urgence, et plus de 2/3 d’entre eux disent qu’ils ne pourraient pas réunir 2 000 dollars en 30 jours en cas de frais urgents comme le remplacement d’un chauffe-eau ou une facture médicale imprévue. Sans solution de rechange, beaucoup ont recours à des prêteurs sur salaire pour avoir l’argent liquide nécessaire.


Jon Oliver, présentateur de Last Week Tonight, traite cette question cruciale de façon remarquable, expliquant en détail comment les familles qui ont recours à ces agences de prêts sur salaire peuvent se retrouver piégées dans une spirale infernale d’endettement à 400 % d’intérêts annuels.


Ensuite, il y a le secteur du « crédit-bail » (« rent-to-own »). Avec des échéances hebdomadaires, les ménages à faibles revenus qui ont un mauvais score de crédit ou pas de crédit du tout peuvent finir par rembourser jusqu’à deux fois et demie le coût effectif de produits de base comme un lave-linge, un séchoir à linge, ou l’ordinateur portable pour que leur enfant puisse faire ses devoirs.


Les achats de produits alimentaires peuvent également entrainer des surcoûts. Les ménages qui n’ont pas les moyens d’acheter en grosse quantité ne peuvent pas bénéficier des économies que fait réaliser Costco. Quant à ceux qui n’ont pas de voiture et qui habitent dans un quartier pauvre où il n’y a pas de grandes surfaces, il leur faut, soit payer le taxi ou le bus pour pouvoir rapporter les courses, soit acheter chez les petits commerçants du coin, où les prix sont plus élevés.


Et ensuite, il y a la question de la perte de temps. Quand je m’occupais d’aide juridique, j’ai souvent entendu mes clients se plaindre du temps qu’on perd pour tout quand on est pauvre. Beaucoup m’ont raconté qu’ils (/elles) prenaient trois bus différents pour aller travailler et pour revenir, et qu’ils avaient jusqu’à 5 heures de trajet aller-retour tous les jours.


Ceux qui sont obligés d’avoir recours aux aides sociales pour joindre les deux bouts parlent des journées passées à attendre leur tour au bureau d’aides sociales, parfois juste pour signaler un changement dans leur revenu.


À tout cela, s’ajoutent également la criminalisation de la pauvreté et les couts élevés que cela entraine.


Selon l’enquête du National Law Center on Homelessness and Poverty, il y a, actuellement, au niveau national, un nombre croissant d’États et de municipalités qui ont voté des lois qui peuvent paraitre innocentes – comme l’interdiction de s’asseoir sur le trottoir, d’uriner en public, de « mendier de façon agressive » – mais qui, en fait visent les sans-abri (une citation d’Anatole France me vient à l’esprit :" la majestueuse égalité des lois interdit aux riches comme aux pauvres de coucher sous les ponts, de mendier dans la rue et de voler du pain »).

Arrêter un sans-abri pour avoir uriné en public quand il n’y a pas de toilettes publiques n’est pas seulement une piètre utilisation des ressources policières, mais cela déclenche également une spirale infernale : l’individu qui a été arrêté ne pourra pas payer la caution ni une amende éventuelle, et le non-paiement de ces frais pourrait bien se traduire par un retour à la case prison.


Dans un cas extrême, en Arkansas, le défaut de paiement d’un mois de loyer est considéré comme un délit. Si un locataire a, ne serait-ce qu’un jour de retard de paiement, la loi autorise son propriétaire à l’expulser – et si le locataire n’est pas parti dans les dix jours, il peut être incarcéré.


Les États et les municipalités, qui cherchent actuellement à racler les fonds de tiroirs, comptent de plus en plus renflouer leurs caisses grâce au paiement des infractions au Code de la route – et les amendes et les frais de justice – qui sont infligés à ceux qui ont commis une infraction.

À Ferguson, Missouri, la municipalité comptait, en 2013, sur l’augmentation des tarifs des amendes pour gonfler de 20 % son budget annuel de 12,75 millions de dollars.


Que la personne soit solvable ou non n’est pas souvent pris en compte quand il s’agit de ces amendes et frais de justice qui rendent les particuliers encore redevables bien longtemps après qu’ils ont payé leur dette à la société. Alors que la prison pour dette a été déclarée anticonstitutionnelle depuis bien longtemps, le défaut de paiement peut ouvrir la voie au retour en prison dans de nombreux états.



Par Rebecca Vallas (*)

 

(*)  Rebecca Vallas est directrice-adjointe du « Poverty to Prosperity Program » au « Center for American Progress » et a été avocate aux services d’aide judiciaire de Philadelphie.

(Traduction Leo Lerouge)

 

 

Par legrandsoir.info – le 23 octobre 2014

 

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Mettre fin à toutes les guerres

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Mettre fin à toutes les guerres : une idée dont le temps est venu – pour nos enfants et toutes les générations futures

 

Par David Swanson et David Hartsough, avec la participation de George Lakey, Jan Passion, Mike Ferner, Colleen Kelly, Ruth Benn, Leah Bolger, Nathan Schneider, Hakim, Paul Chappell, Colin Archer, Kathy Kelly, et d’autres. (dont aucun n’est à blâmer pour les lacunes de ce projet). De nombreux groupes et individus discutent d’un nouveau projet ; si vous avez des idées, faites-le-nous savoir.



Si des souffrances inutiles sur une échelle énorme sont à éviter, nous devons abolir la guerre. Quelque 180 millions de personnes sont mortes dans les guerres du 20e siècle et, bien que nous n’avons pas encore répété de guerre à l’échelle de la Seconde Guerre mondiale, les guerres ne vont pas disparaître. Leur destruction énorme continue, mesurée en termes de décès, blessures, traumatismes, des millions de personnes ayant dû fuir leurs maisons, le coût financier, la destruction de l’environnement, les pertes économiques, et l’érosion des droits civils et politiques.


Si l’humanité veut survivre, il faut abolir la guerre. Toute guerre apporte avec elle à la fois une destruction massive et le risque d’une escalade incontrôlée. Nous sommes confrontés à un monde de plus grande prolifération des armes, de pénurie de ressources, de pressions environnementales, et à la plus grande population humaine que la Terre n’ait jamais vu. Dans un monde si turbulent, nous devons abolir la violence organisée par les gouvernements connue en tant que guerre, parce que sa poursuite risque de mener à notre extinction.


Si nous abolissons la guerre, l’humanité ne fera pas que survivre et mieux répondre à la crise climatique et à d’autres dangers, mais elle trouvera beaucoup plus facile de prospérer. La réaffectation des ressources loin de la guerre promet un monde dont les avantages sont au-delà de la simple imagination. Quelque 2 000 milliards de dollars par an, venant environ de la moitié des États-Unis et de la moitié du reste du monde, sont consacrés à la guerre et à la préparation de la guerre. Ces fonds pourraient transformer les efforts mondiaux pour créer des systèmes durables pour l’énergie, l’agriculture, l’économie, la santé, et l’éducation. La redirection du financement de la guerre pourrait sauver de nombreuses fois les vies qui sont prises par les dépenses de la guerre.

 

Lire la suite (en anglais) :

http://www.worldbeyondwar.org/ending-war/



Par orldbeyondwar.org - wikileaksactu.wordpress.com - le 23 octobre 2014

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UCL - Le soleil en tranche

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Des étudiants de l’École polytechnique de Louvain inventent... le soleil en tranche


Dans un monde de plus en plus régi par l’électronique, qui n’a pas rêvé de posséder une source d’énergie portable, fiable et presque illimitée ?


Les chargeurs solaires répondent à ce besoin, mais ils peuvent s’avérer peu pratiques, car ils sont souvent destinés à un seul type d’appareil. Comment faire, par exemple, si l’on a besoin de charger une lampe de poche et un smartphone, dont les besoins en énergie sont différents ?

 

Des étudiants de l’École polytechnique de Louvain ont résolu ce problème en inventant un concept de chargeur solaire modulable. Baptisé Sunslice (tranche de soleil), ce chargeur est constitué de petites cellules solaires de 8 cm sur 8 que l’on attache ou détache en fonction des besoins. Un jeu de puzzle en somme, qui permet de moduler la quantité d’énergie fournie par le chargeur et procure ainsi une flexibilité, une liberté et une résistance aux chocs inédites.

 

Cette idée toute simple a valu à Henri Gernaey et Geoffroy Ghion, tous deux étudiants en 3e BAC ingénieur, de remporter récemment la finale de Startech, le concours entrepreneurial wallon des étudiants ingénieurs organisé par l’incubateur technologique wallon WSL et l’Agence de stimulation économique (ASE).

Leur récompense : un voyage tous frais payés en Californie en mai prochain pour présenter leur projet devant des investisseurs internationaux réunis à la conférence TiEcon 2015 à Santa Clara. D’ici là, ils travailleront à la mise au point de prototypes et comptent bien, dès qu’ils seront prêts, faire breveter leur invention. Comme quoi, prendre au sérieux un travail demandé dans le cadre d’un cours peut mener loin.



Par l'Université catholique de Louvain - octobre 2014


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Combats de rues à Donetsk ?

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Photo : un poste de commandement et de logistique ukrainien dans Debaltseve cet après-midi, après que l’artillerie républicaine ait fait son œuvre…

 

Ukraine/Donbass : Donetsk se prépare

aux combats de rues

 

Importants mouvements de blindés lourds aujourd’hui dans l’agglomération de Donetsk : les forces républicaines se préparent à combattre dans la grande ville du Donbass, quartier par quartier, rue par rue. L’alerte comme quoi Kiev aurait l’intention de donner l’assaut juste après les législatives de dimanche est prise très au sérieux. Sur la ligne de front, et notamment au nord, à l’ouest et au sud de Donetsk, la tension reste vive. Sur le secteur nord allant de Gorlivka à Debaltseve, les forces républicaines accentuent la pression sur celles de Kiev. Et au nord-ouest de Lugansk, les DRG, les cosaques et le bataillon « Saint-Georges » continuent leur harcèlement des forces ukrainiennes avec succès.


.


 

 .

L’utilisation de sous-munitions contre des zones résidentielles à l’est de l’Ukraine, si elle est confirmée, pourrait être considérée comme un crime de guerre, a déclaré le secrétaire général adjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme, le Croate Ivan Simonovic, lors d’une réunion du Conseil de sécurité. Il a appelé à « une enquête rapide et approfondie », ce que les alliés américains, français et britanniques du régime de Kiev s’empresseront de dénoncer, voire d’empêcher. Le même diplomate international avait précédemment fait part de la découverte d’un nouveau charnier dans les environs de Donetsk. Là encore, il y a peu de chances que la moindre enquête aboutisse…


Au nord-ouest de Lugansk, le mini saillant est devenu un mini chaudron. Vers 14 h, heure locale, une colonne de 22 véhicules, principalement des blindés, a été prise sous le feu sur la T1303 lors d’une embuscade républicaine : il y aurait quelque 200 pertes du côté ukrainien. Cette colonne tentait d’approcher le point de contrôle n° 32 au sud-ouest immédiat de Smile qui est encerclé à la fois par des cosaques et une unité du bataillon « Saint-Georges ».


Dans le milieu de l’après-midi, les DRG opérant au-delà de la Siverskiy Donets ont pris pour cible plusieurs postes de contrôle à Geivka, un village à 5 km l’ouest de Shchastya.



Renforcements et frappes sur Debaltseve


La tension ne faiblit pas sur l’énorme saillant de Debalseve où les duels d’artillerie se succèdent de même que les opérations d’infiltration des DRG républicains dans le dispositif adverse. Sur la ville même de Debatlseve, les retranchements et les systèmes défensifs terrestres ont été renforcés ces 72 dernières heures. Kiev craint que les efforts des FAN parviennent finalement à transformer le saillant en chaudron en le coupant de ses arrières par la prise de cette agglomération. On note aussi différents niveaux de retranchements en profondeur destinés à gêner l’action des DGR républicains : Kiev tient à ce que ce saillant soit imprenable. Depuis 7 h, heure locale, des affrontements ont lieu sur le secteur ouest du saillant, dans la localité de Vuhlehirsk (Uglegorsk).


Cette journée a été marquée, dans ce secteur, par plusieurs reconnaissances offensives et ris d’artillerie des forces de Nouvelle Russie. Un poste de commandement, dans Debaltseve même, a été touché, de même qu’une compagnie de ravitaillement. 

 

Des témoins ont rapporté que le 23 octobre, dans l’après-midi, dans Slaviansk en direction de Donetsk une colonne de plus de 30 ZSU-23/4 « Shilka », tout un bataillon de défense antiaérienne mécanisée, a été aperçu. Cela confirme ce que nous savons déjà : Kiev projette bien une offensive à grande échelle et craint une réaction de Moscou, ce bataillon de défense sol-air à basse altitude est destiné à protéger les positions ukrainiennes de toute attaque aérienne russe.


À cela s’ajoute l’intensification de l’arrivée de troupes motorisées et mécanisées du secteur de Slaviansk-Kramatorsk vers Artemisvsk et vers Severodonesk en direction du saillant de Debaltseve.


À environ 20 km au nord-ouest de Gorlivka, Konstantinivka a été transformée en une position fortement retranchée par les troupes de Kiev. Un véritable verrou destiné à stopper toute avancée blindée républicaine en cas de contre-attaque des FAN. Un bataillon d’artillerie mécanisée de la 25e brigade, comprenant entre autres des batteries 2S19 MSTA-S de 152 mm, y est positionné. Il peut tirer des obus jusqu’à plus de 30 km, il peut donc à la fois toucher Gorlivka, mais aussi une grande partie du nord de Donetsk.



Donetsk, camp retranché


Au nord-ouest de Donetsk Avdiivka a encore été le lieu de duels d’artillerie et d’affrontements.


Le secteur de Pisky a encore été le théâtre de combats et surtout de tirs d’artillerie. La situation sur l’aéroport reste inchangée et les tirs ukrainiens tant sur cette zone que sur la ville de Donetsk se poursuivent.


Au nord-ouest immédiat de l’aéroport, le quartier de Spartak a été la cible de l’artillerie de Kiev en fin d’après-midi.

Sur l’aéroport, il n’y a plus que les compagnies de choc « Sparta » et Somali » de la brigade de « Motorolla » qui tiennent les positions retranchées au niveau de l’aérogare. Le reste des forces républicaines présentes sur l’agglomération de Donetsk se sont partiellement redéployées sur des positions défensives dans la ville, en attendant un assaut prévu dans quelques jours ou d’ici quelques heures.


Un bataillon de la brigade « Vostok » tient encore le front sur Pisky, interdisant l’accès de la ville de ce côté ; le reste de l’unité « Vostok » est prépositionné sur des endroits stratégiques de la ville. Des blindés, y compris des chars lourds (T-64 et T-72) sont retranchés sur certains axes, on a également vu des canons antiaériens dans des positions préparées. La brigade « Oplot » tient le front sud et une partie de Marinka. Elle interdit l’entrée de Donetsk par ce côté (c’est un T-64 BV de cette brigade qui est en photo). La brigade « Kalmius » est positionnée plus au nord-ouest, vers Avdiivka, son artillerie mobile est placée en réserve pour intervenir quand cela sera nécessaire.


Car le choc risque d’être sévère : Kiev a préparé depuis des semaines son offensive et multiplié les positions fortifiées qui servent à la fois d’appui-feu et de positions de coups d’arrêt en cas de contre-attaque réussie des FAN. En voici quelques-unes :


À Krasnogorivka, à l’ouest de Donetsk, juste au nord de Marinka, les forces ukrainiennes ont établi une position retranchée interarmes : de l’infanterie portée sur BTR, une batterie de BM-27 Uragan, une batterie d’obusiers de 122 D-30, une compagnie mécanisée sur BMP, plusieurs batteries de BM-21 Grad, etc. Vers 21 h, heure locale, plusieurs assauts des forces républicaines ont été signalés sur cette position. Les combats se poursuivent au moment où nous bouclons cet article.


Sur Kurakhove, sur la N15 face à Marinka, un dispositif semblable rassemble entre autres un bataillon de chars, de l’infanterie portée, une batterie Grad, une batterie D-30. À l’ouest de Marinka, sur Heorhivka, on note la présence d’au moins une section de T-64BM Bulat.



C’est le 3e bataillon de la 72e brigade mécanisée qui tient fermement Novotroiske devant Dokuchajevsk, avec des moyens antichars et des retranchements conséquents, en plus de blindés d’infanterie (BMP) et d’une section de chars lourds.


Au sud-ouest de Volnovakha, une colonne ukrainienne de renforts a été aperçue hier soir tard, un peu avant minuit : 15 chars lourds (type non spécifié) et une section de 3 BM-21 Grad. Cette colonne se dirigeait vers le nord-est.


Sur le village de Berezove (sur la N20 à 3 ou 4 km l’ouest de Dokuchajevsk), ce soir, plusieurs échanges de tirs à l’arme légère ont coûté la vie à 4 militaires ukrainiens.


On note, cet après-midi, plusieurs tirs de l’artillerie ukrainienne aux abords nord et est de Mariupol. Le fait que les drones de l’OTAN au service de l’OSCE survolent ce secteur pour surveiller la mise en œuvre du cessez-le-feu ne semble pas gêner outre mesure les troupes de Kiev. Dont acte.



Après les Russes, les Polonais…


Après avoir éradiqué les Russes par une politique de nettoyage ethnique dont une déjantée comme Iryna Farion doit avoir le secret, les néo-banderistes entendent s’en prendre aux Polonais. Le journaliste polonais Andrzej Stankiewicz, dans Rzeczpospolita, a expliqué dernièrement que les services spéciaux polonais s’intéressaient à l’activité des « nationalistes ukrainiens » (sic) qui se développait ces derniers temps dans la partie sud-est de la Pologne. Selon les informations de Rzeczpospolita, « il s’agit de partisans des partis nationalistes Svoboda et Secteur droit qui viennent de plus en plus en Pologne. Ils se réfèrent à l’idéologie de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne qui, en Pologne, est considérée comme criminelle, en raison des massacres de Polonais en Volhynie (près de 100.000 morts, NDLR) dans les années 1943-1944. »


Les activistes de Svoboda et Praviy Sektor s’intéresseraient tout particulièrement aux Basses-Carpates et à la région de Lublin. Au cours de réunions publiques, restreintes, mais néanmoins inquiétantes pour la sécurité polonaise, ces activistes proposaient de rattacher à l’Ukraine plusieurs comtés frontaliers polonais, même si ce genre de revendication territoriale est pour le moment passé sous silence par Svoboda, dont la direction et le noyau militant sont composés pour l’essentiel de… Polonais russifiés.


Reste à savoir ce qu’il adviendrait des populations polonaises de ces territoires annexés : la politique de Stepan Bandera contre les populations de Volhynie peut nous apporter une réponse. En 2008, Vladimir Poutine avait proposé aux autorités polonaises d’étudier la possibilité de rattacher la Galicie ukrainienne à la Pologne. Varsovie n’a pas donné suite, sans doute par crainte d’avoir à gérer ce genre de fous dangereux.



Par Jacques Frère - NationsPresse.info - le 24 octobre 2014

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Fonds vautours, dette illégitime

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Le CADTM attaque les fonds vautours et la dette illégitime le 28 octobre au Parlement fédéral

 

L’Argentine a perdu cette année un nouveau procès à New York contre deux créanciers spéculateurs connus sous le nom de « fonds vautours ». Profitant des graves difficultés financières des États, les fonds vautours rachètent à très bas prix des créances sur les États pour ensuite les contraindre par voie judiciaire à les rembourser au prix fort, c’est-à-dire le montant initial des dettes, augmentées d’intérêts, de pénalités et de divers frais de justice.


Les deux fonds vautours qui ont attaqué l’Argentine aux États-Unis ont ainsi obtenu le droit de se faire rembourser 1,5 milliard de dollars, soit une plus-value de 1 600 %.

 



- Quelles sont les conséquences du jugement de New York sur la population argentine et sur les autres pays actuellement attaqués par les fonds vautours comme la République démocratique du Congo ?

 

- Pourquoi l’affaire n’a-t-elle pas été jugée en Argentine ?

 

- Comment la Grèce s’est-elle retrouvée piégée par les fonds vautours ?

 

- En quoi la Belgique est-elle aussi concernée ? Quels types de lois pourrait adopter le Parlement belge contre ces fonds spéculatifs ?

 

- Quelles sont les marges de manœuvre des États pour combattre les fonds vautours et annuler les dettes illégitimes ?

 

- Quel est le lien entre les fonds vautours, le FMI et la Troïka ?

 

Pour répondre à toutes ces questions, le CADTM organise :



ce mardi 28 octobre 2014 de 9 h 15 à 16 h 30 à la Maison des Parlementaires (21 rue de Louvain, 1000 Bruxelles)


son 13e Séminaire international intitulé « Que peuvent faire les États pour stopper les fonds vautours ? ».

 

Ce séminaire est parrainé par Olga Zrihen (sénatrice) et Ahmed Laaouej (député fédéral) et soutenu par EURODAD, CNCD-11.11.11, Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging – 11.11.11.

 

Les intervenants seront :

 

— Cephas Lumina (ancien Expert des Nations-Unies sur la dette extérieure et les droits humains),

— Mario Cafiero (ex-député national argentin), Georges Katrougalos (juriste grec et eurodéputé),

— Maria Elena Saludas (représentante d’ATTAC-CADTM Argentine), — Dominique Mougenot (Magistrat belge et Maître de conférence à la Faculté de droit de Namur)

— Tim Jones (représentant de la campagne Jubilé UK),

— Louise Abellard (juriste française spécialiste des fonds vautours), — — Tiago Stichelmans (chargé de recherche à EURODAD),

— Claude Quémar (vice-président du CADTM France),

— Renaud Vivien (co-secrétaire général du CADTM Belgique)

 

— quatre parlementaires belges : Ahmed Laaouej (PS), Olga Zrihen (PS), Georges Gilkinet (ECOLO-GROEN) et aussi un représentant du CD & V.

 

Le programme complet de ce séminaire se trouve dans le dossier en pièce jointe.

 

Contact :

Renaud Vivien (cosecrétaire général du CADTM Belgique) :

0497 04 79 99

www.cadtm.org

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Par  CADTM  - le 24 octobre 2014

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Du chaos à la révolution

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VIDE DU POLITIQUE/POLITIQUE DU VIDE/RÉVOLUTION

Le retour du politique : du chaos à la révolution européenne

 

Par Gérard DUSSOUY (*)

 

Le nouvel ordre mondial, qui s’est esquissé à la fin du Vingtième siècle, n’est pourtant pas celui attendu par Washington. Il est demeuré, ou redevenu, un  « concert de puissances », nouveau par sa configuration géographique et parce qu’il a, maintenant, un chef d’orchestre asiatique qui, lui, n’a pas perdu le sens du politique. C’est donc en Europe que l’éviction de celui-ci est le plus net. À tel point que la bonne gouvernance (ou le « bon gouvernement ») consiste principalement à aligner, à coup d’ajustements vers le bas, les économies nationales sur les critères du marché mondial ; et d’abord, sur celui du travail.


Il est symptomatique que ce que l’on tient pour être la « réussite » de l’Allemagne consiste à ce qu’elle y parvienne mieux que ses partenaires. Bien qu’elle soit plus fragile qu’il n’y paraît, et qu’elle doive tout à la bonne spécialisation internationale industrielle de la RFA (qui pourrait pâtir bientôt d’une insuffisance de ses investissements). Et sans qu’il s’agisse en contrepoint, car ce serait trop facile, d’exonérer les gouvernements français successifs de leurs propres gestions calamiteuses, cette « réussite » révèle une résignation consécutive à une impuissance du politique.


Cette impuissance est celle des États européens face à un environnement international dont ils sont incapables de mettre en cause les règles. Elle découle, à la fois, de leur dépassement structurel dans une mondialisation qu’ils ont voulue, et de l’adhésion obstinée de leurs élites au « paradigme smithien ».

 


La  politique du vide

 

Le vide du politique est, dès lors, comblé, au niveau des partis de gouvernement, par une logorrhée convenue qui s’efforce d’expliquer qu’il n’existe pas d’alternative à l’inclusion dans un système mondial de plus en plus contraignant et régressif.  Qu’il faut donc accepter la fin du modèle social européen (gravement menacé, de toutes les façons, par l’état de la démographie des pays concernés), pour un autre plus inégalitaire et qui fait cohabiter, tant bien que mal, une élite compradore avec différentes catégories de nationaux.


Parmi ceux-ci, les plus aisés ont à charge d’assister ceux qui le sont moins, ainsi d’ailleurs  que tous les nouveaux venus sur le sol européen. Les partis politiques sont aidés dans cette tâche par une pléthore de journalistes et d’informateurs dont la « fausse conscience » est remarquable (falsches bewusstein, dixit Franz Mehring). Elle consiste dans le fait que toutes ces personnes ne se rendent pas compte (ou ne veulent pas savoir) qu’elles sont là où elles sont, et rémunérées en conséquence, pour tenir le discours qu’elles tiennent. Alors qu’elles se croient porteuses d’objectivité, elles ne font que participer à un travail de persuasion.

  

La politique du vide conduit ainsi à vivre sur des acquis, à essayer de les faire durer le plus longtemps possible, tout en sachant qu’ils sont incompatibles avec la logique du système mondial en marche. En son sein, les rapports sont devenus trop inégaux et trop pénalisants pour n’importe lequel des États européens, pour qu’il en soit autrement.  La conscience de la chose éveille certains, mais la décadence est une période  confortable, au moins tant qu’il y a du patrimoine à liquider ou de l’épargne à épuiser (les Français en disposeraient, tous ensemble, de quelques 10 000 milliards d’euros).

 

Cette résignation est, sans doute, ce qu’il y a de plus préoccupant dans la situation présente de l’Europe. Car, loin des théories sur la manipulation des foules, ou loin aussi de l’on ne sait quel complot mondial, il faut admettre que la situation est ce qu’elle est, car elle satisfait, encore, à la quiétude de populations qui n’entendent pas se remettre en cause, ni du point de vue matériel, ni du point de vue symbolique (celui de leur idéologie et de leurs croyances), ni encore du point de vue comportemental. Par exemple, le problème de l’immigration, qui prend des proportions considérables, est avant tout celui de la démographie européenne, de la dénatalité et du vieillissement. Il est symptomatique d’une dégradation sociétale ancienne et d’essence individuelle. Et, malgré les déséquilibres démographiques internationaux, il va de soi qu’il se poserait avec moins d’acuité si les populations européennes étaient jeunes et dynamiques.

    

La politique du vide est donc sans perspective politique et sans vision stratégique globale. Elle se résume à une gestion économique «  au fil de l’eau » ; ou, pour être plus académique, à une « politique au fil de la croissance ». Cependant, l’économie ne règle pas tout, surtout que la croissance s’étiole. Et ce n’est pas demain qu’elle va retrouver des taux enchanteurs. Il ne peut pas y avoir en Europe de reprise forte et durable. Cela pour deux raisons : (1) la faiblesse structurelle de la demande interne (en termes de consommation comme  d’investissement) à cause du vieillissement de la population et de la saturation des marchés (que l’on essaie de surmonter à coups de gadgetisation des produits) ; (2) le recul de  la demande extérieure à cause des transferts de technologie et de la montée en gammes des productions des économies émergentes.


L’impasse économique qui se dessine est d’autant plus à redouter que l’on sent bien que la mondialisation est au bord de l’implosion (il ne s’agit de quelques années) par suite au déferlement migratoire qui s’annonce, aux pandémies qui se développent, aux vertiges  politiques et culturels (ou religieux) induits par la nouvelle donne de la puissance.



Le  retour du politique : du chaos à la révolution européenne


S’il doit avoir lieu, et tout ce que l’on a appris de l’Histoire le donne à penser, le retour du politique en Europe se fera à l’occasion du chaos (pour l’éviter, pour le surmonter ou parce que celui-ci l’aura rendu inéluctable), pris ici dans le sens d’une « destruction créatrice » (Schumpeter).


Le retour se fera nécessairement sous des formes politiques nouvelles, à l’occasion d’une révolution européenne, au sens propre (celui du changement et de l’innovation), parce qu’on ne peut pas affronter des défis de dimension globale avec des instruments du passé. C’est ce qui, entre parenthèses, rend la démarche intellectuelle du Front National obsolète et dérisoire, son programme inadapté au réel et même contreproductif, et sa pratique partisane si incertaine, notamment quant à ses alliances. Et,  parce qu’en plus d’innover, il faut voir grand et loin devant, la restauration du politique sera le fait de jeunes Européens menacés de devenir minoritaires dans leurs propres patries. Pour cette bonne raison, mais aussi parce qu’ils ont appris à se connaître (c’est le bon côté de la « génération Erasmus ») et à transcender leurs nationalités, ils  auront compris que leur cadre d’action est continental. 


Renouer avec la primauté du politique, c'est donner la priorité aux intérêts matériels et symboliques des Européens contre ceux du marché ou encore ceux de la pseudo-société mondiale ; c’est se débarrasser, en même temps, des inhibitions idéologiques et des prescriptions de la pensée dominante. Cela devrait être permis par le chaos parce que, comme l’enseigne l’épistémologie pragmatiste, quand le contexte change, les valeurs changent aussi, comme les faits.  On est donc en droit de croire, ou d’espérer que le chaos va enclencher une révolution cognitive, soit amener une autre façon de percevoir le monde et de penser le réel qui va remplacer le « paradigme smithien », épuisé.


L’opportunité intellectuelle et cognitive créée par le chaos n’aura néanmoins de traduction politique possible que si les Européens ne se trompent pas sur la direction à suivre, en regardant en arrière et en voulant restaurer des institutions périmées, et si, en conséquence, ils savent se donner les moyens pour agir. L’instrument politique qu’ils doivent forger, et ils n’ont pas d’autre choix, parce que tout le reste n’est qu’illusion mondialisante ou, au contraire, aveuglement passéiste, est l’État européen révolutionnaire. Il est le seul moyen, pour les jeunes générations européennes, de mener à bien « les travaux d’Hercule » qui les attendent (remigration, restauration et autonomisation de l’économie européenne, relance de l’innovation technologique, etc.), pour se sauver.

 

La meilleure manière de se préparer mentalement à vivre cette mutation historique et à la conduire à bon terme serait de préfigurer l’instrument étatique dans un parti européen révolutionnaire. Ce serait là, le cadre transnational idoine pour expérimenter le vivre-ensemble-européen et pour préparer communautairement des solutions communes aux immenses difficultés qui se précisent.


Faute de ce retour du politique à la dimension du continent, il y a tout lieu de craindre que le chaos ne se prolonge, et cela sans la moindre contrepartie créatrice, en entraînant le délitement de la civilisation européenne. Surtout si, par malheur, la fragmentation nationaliste venait ajouter ses effets délétères aux contraintes du monde extérieur à l’Europe. 



Par Gérard DUSSOUY (*) metamag.fr - le 23 octobre 2014



* Professeur émérite à l’université de Bordeaux, auteur de "Contre l'Europe de Bruxelles, Fonder un Etat européen, Ed Tatamis.
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LLN - Habitat pour handicapés

LLN - Habitat pour handicapés | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Atteint de handicap moteur, Baudouin a emménagé, le 24 septembre, dans son tout nouveau logement, situé dans la rue de la Neuville, à quelques encablures du centre-ville de Louvain-la-Neuve.


Un studio de 50 m² parfaitement adapté à tous ses besoins. "Je m’y sens très bien , explique le Néolouvaniste, travaillant chez Alteo Nivelles en tant que volontaire. Avant, je vivais chez mes parents et j’avais un peu peur d’être désemparé en arrivant ici. Mais l’adaptation a été très rapide. Il y a même des jours où je n’ai pas envie d’en sortir."


Comme lui, sept autres jeunes adultes atteints d’infirmité motrice cérébrale (IMC) ont (ou vont) emménagé (er) dans le premier bâtiment passif pour personnes handicapées de Wallonie. Un bâtiment né de la volonté de l’ASBL Côte-à-Côte, elle-même créée par des parents d’enfants IMC.


"Leur objectif, en créant l’ASBL, était d’offrir à leurs enfants un véritable chez soi, en dehors du cocon familial, afin qu’ils puissent s’épanouir en ayant leur propre autonomie , confie Sylvie Dorsin, la coordinatrice de Côte-à-Côte. Elle se différencie des aides à la vie journalière (AVJ), où les personnes handicapées ont leur propre appartement mais souffrent d’isolement en raison du peu d’interaction avec le monde extérieur. Ici, en journée, les résidents peuvent avoir leurs propres activités, aller sur leur lieu de travail, voir des amis. Le soir, ils regagnent le bâtiment, où ils peuvent avoir d’autres interactions avec les résidents."


Si chacun a en effet son espace personnel - sous forme de chambre ou studio -, le reste est commun à tous. "C’est une sorte d’habitat groupé pour personnes handicapées , poursuit Sylvie Dorsin. Chacun y organise sa vie comme il l’entend. Tantôt en restant dans sa chambre, tantôt en participant à la vie communautaire. Mais avec l’avantage que toutes les pièces ont été adaptées à leurs besoins. Si un résident veut faire la cuisine ou aller faire des courses, il en a la possibilité. Ils sont véritablement acteurs de leur propre vie. Ce sont eux qui décident ce qu’ils veulent en faire."


Pour les aider dans les tâches plus difficiles à accomplir, deux accompagnantes sont présentes. "Côte-à-Côte vise à apporter une aide aux tâches journalières (habillement, repas, toilette,…) mais aussi une aide à l’autonomie par le développement de leur projet personnel. L’intérêt est de permettre une vie communautaire intense tout en ayant un chez soi et des échanges avec la ville qui seront bénéfiques tant à la personne handicapée qu’aux citoyens valides." 


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Chine, ses dollars, ses projets

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Comment la Chine convertit ses dollars

en grands projets



Un TGV chinois


Dans une dépêche publiée hier (Route de la soie : la Chine tend la main à l’Europe), nous écrivions que la Chine et la Russie se sont entendues pour la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre Moscou et Kazan, couvrant une distance de 800 km. Cette ligne sera largement financée par les Chinois, et ceux-ci espèrent même construire, d’ici une échéance de 5 ans, l’entièreté de la ligne allant de Moscou à Beijing, soit une distance de 7 000 km ! Coût total estimé : 230 milliards de dollars. Même si le projet n’est pas encore bouclé et qu’il n’est pas encore clair comment se répartiront les financements entre les deux pays, il semble que les Chinois vont y consacrer des moyens conséquents.



Une question se pose alors : d’où vient l’argent de la Chine ?


À part les questions stratégiques que nous avons évoquées hier (volonté de remplacer certaines routes maritimes par des routes continentales pour les soustraire aux pressions pouvant être exercées par la marine américaine, ainsi qu’une volonté de développer les pays qui restent jusqu’ici enclavés) il y a une autre raison importante pour que la Chine donne un coup d’accélérateur à ce type de projets : l’imminence d’un krach financier mondial.


En effet, la Chine dispose d’importantes réserves en devises étrangères, et cherche à en convertir une grande partie le plus rapidement possible (comme l’expliquait dès 2009 l’économiste américain Lyndon LaRouche), tout en soutenant l’activité et le développement des qualifications de sa force de travail, notamment par la demande pour ses produits dans le domaine des biens d’équipement. Il en va de sa future stabilité politique et sociale.


Ainsi, la réponse de la Chine à la crise financière de 2008 à et celle à venir tient en quelques mots : volontarisme d’État, recherche scientifique, industrie et qualification du travail.


C’est Deng Xiaoping qui avait lancé cette politique de modernisation en 1978. Grâce à une économie planifiée, le produit intérieur brut de la Chine est passé entre 2009 et 2012 d’environ 5 000 mds $ à 6 800 mds $ (contre 2 400 mds $ en France), avec des taux de croissance annuelle de 7,8 voire 9 % (1,7 % en moyenne en France) !

La croissance industrielle, à deux chiffres depuis la fin des années 1980, est spectaculaire : elle a été de 20 % en 2012 (-1 % en France) ! La constitution de la force de travail explique l’essentiel : 27 % de la population active, soit près de 270 millions de travailleurs, est employée par l’industrie, qui contribue à hauteur de 47 % du PIB (12,5 % en France...).


La Chine est aujourd’hui la première puissance commerciale du monde. Mais la monnaie chinoise, le yuan ou RMB n’étant pas convertible, les exportateurs chinois sont obligés d’échanger leurs devises contre des yuans auprès de leur Banque centrale, qui accumule ainsi des milliards en devises. En 2013, ces réserves ont atteint 3 800 milliards, notamment en dollars ! C’est cet argent que la Chine investit, dans des obligations d’État d’autres pays et dans de grands projets infrastructurels.



Et « l’Occident » ?


La seule chose qui croît de façon aussi fulgurante chez nous, c’est la spéculation ! Depuis 2007, grâce à la directive MIF sur les marchés financiers, qui a éliminé le monopole des bourses sur les investissements financiers, les « opérateurs de marché » ont créé à Londres les « Dark Pools », plateformes alternatives où s’échangent les grands blocs d’actions du monde, de façon totalement anonyme, entre les 24 plus grosses banques et assureurs mondiaux ! Là, les gros ordinateurs du « trading à haute fréquence », à la nanoseconde, attirent les banques comme l’aimant le fer. On loue des bureaux au plus près possible pour ne pas perdre une seule seconde !


Grâce à ces ordinateurs, on gagne « à la marge », sur les différences de cotations entre New York et Paris ou ailleurs. Elles ne sont que de 0,001, mais multipliées par 200 millions d’ordres, on gagne à tous les coups, provoquant en même temps l’effondrement de notre économie productive ! Voilà ce qu’il faut changer chez nous.



Par la Rédaction de Solidarité & Progrès - le 24 octobre 2014


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LLN - Louvain-La-Neige 2014

LLN - Louvain-La-Neige 2014 | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Un événement incontournable de la région !


Depuis 19 ans, s’organise à Louvain-la-Neuve un marché de Noël à l’occasion des fêtes de fin d’année. La particularité unique de Louvain-la-Neuve, c’est son centre-ville entièrement piéton qui permet de créer un cadre idéal pour cet événement, où petits et grands se retrouvent pour un moment chaleureux et convivial.


Infos et inscription par mail à info@louvainlaneige.be


Renseignements :

  • Village Nordique : 010/81 21 04
  • Marché Artisanal : 010/45 79 81


En cliquant sur le lien dans le titre, vous pourrez accéder au site officiel des festivités de fin d'année à Louvain La Neuve.

 ans, s’organise à Lou un marché de Noël à l’oc

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BE - Black-out plus désagréable

BE - Black-out plus désagréable | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Un risque de black-out « plus désagréable » qu’annoncé

 

« Ce que je vais expliquer est plus désagréable que ce que dit la presse », a déclaré Jean-Claude Baum, du service de recherche Beaums-Energy, de l’école polytechnique de Bruxelles, lors d’une conférence de presse organisée jeudi par l’Université Libre de Bruxelles (ULB) à propos du risque de pénurie d’électricité encouru par la Belgique cet hiver.



« Quand je parle de black-out, je ne parle pas du délestage volontaire manuel, qui est un moyen d’éviter le black-out. Je parle bien d’un incident qui intervient alors qu’il existe un déséquilibre entre la production et la consommation d’électricité », a précisé le professeur. « La marge de manœuvre est très réduite sur notre système électrique. Celui-ci fonctionne sur 50 Hz. Si vous passez à 49 ou à 51, vous avez un risque d’incidents en cascade sur le réseau. Dès qu’un incident apparaît, il faut donc réagir très vite, sous peine d’incidents en cascade et de black-out. Un simple événement météo peut suffire pour créer un incident », a prévenu Jean-Claude Baum.


Pourquoi connait-on un risque de black-out en Belgique ? Selon Jean-Claude Baum, « on sait depuis des années que la demande en électricité et les moyens de production ont évolué. Mais personne n’a investi dans le réseau de transport d’électricité. Le marché ne parvient pas à satisfaire une planification à long terme. De plus, chaque pays reste compétent alors que l’ensemble de l’Europe est interconnecté », explique le professeur. « Une décision comme celle de la sortie du nucléaire en Allemagne a des conséquences pour les pays voisins, dont la Belgique, importatrice nette d’électricité de façon structurelle. » La Belgique est donc très exposée au risque de black-out. « Que se passerait-il si la France décidait subitement, parce qu’elle serait touchée à son tour, de ne plus exporter ? » « Il est donc indispensable de poser des choix dans l’exploitation du système électrique sur base d’une analyse de risque », a-t-il conclu.



« Une gigantesque expérimentation sociale »


Sur base d’expériences menées à l’étranger, le professeur Grégoire Wallenborn, du Centre d’Études du développement durable (CEDD) de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), a de son côté, analysé l’impact d’un black-out sur le ressenti de la population. Selon lui, cela pourrait devenir une « gigantesque expérimentation sociale ». « Depuis que l’on parle de ce risque de pénurie d’électricité, il existe une prise de conscience de l’existence d’un réseau électrique en Belgique », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse jeudi à l’ULB.


« La ville de New York a connu deux black-out. En 1965, on a observé des scènes de solidarité. C’était devenu un moment festif. En 1977, on a par contre connu des tensions et des pillages », a raconté Grégoire Wallenborn. En fonction du contexte, les réactions de la population à un black-out peuvent donc être très différentes.


Aujourd’hui, « la plupart des consommateurs ne se sentent pas concernés par la question. Allumer une lampe chez soi est considéré comme un droit. Depuis que l’on parle de ce risque de pénurie, il existe une prise de conscience. »


Mais la population est-elle vraiment prête à réduire sa consommation d’électricité ? « Pour l’instant, c’est essentiellement par le biais de la tarification que l’on agit », a expliqué le professeur.


« Le système du compteur bihoraire est socialement bien intégré. Il existe maintenant des possibilités d’aller plus loin et de proposer, via des compteurs intelligents, une tarification dynamique heure par heure. Mais les consommateurs ne sont pas prêts à surveiller leur consommation d’heure en heure. Une certaine lassitude apparaît », a analysé le chercheur.


Par ailleurs, « le potentiel de mobilisation de la population n’est pas suffisamment exploité », estime-t-il. Ces dernières années, notamment sur le photovoltaïque, on s’est focalisé sur le gain financier. Or, la majorité de la population est plutôt « pondérée » dans ses choix, entre un calcul purement économique et une action en faveur de l’environnement.



Par la Rédaction de levif.be – le 23 octobre 2014


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Danger : "Killer Clown"


Actuellement, certains clowns suscitent la peur et la crainte via le nouveau phénomène à la mode des « Killer Clowns ».



Amusant ou crapuleux ?


Cela dépend du fait que vous regardez cette vidéo en rigolant bien ou du fait que vous êtes victime du "Killer Clown".


Le principe est facile à comprendre : des jeunes gens déguisés en clown plongent leurs victimes dans un scénario ne pouvant que les terroriser (enfants ou adultes).


Bientôt, ce sera Halloween et cette nouvelle mode pourrait surgir rapidement chez nous.


Néanmoins, gare aux policiers, car si des "Killer Clowns" agissent, une tolérance zéro risque d'être appliquée avec fouille, PV et mise en cellule des plaisantins.


Duc


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L'énigme de Kobané

L'énigme de Kobané | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : femmes en armes à Kobané


TURCS, KURDES, AMÉRICAINS ET

L’ÉNIGME DE KOBANÉ

Par Pepe Escobar

 

Portez une attention particulière aux femmes de Kobané, où les Kurdes syriens combattent avec la force du désespoir l’EIIS/EIIL/Daech. Elles luttent également contre les plans perfides des USA, de la Turquie et du gouvernement du Kurdistan irakien. Qui l’emportera ?


Commençons par parler du Rojava, qui correspond aux trois provinces en majorité kurdes du nord de la Syrie. Le plein sens de l’existence du Rojava est rapporté dans un éditorial [1] écrit (en turc) par le militant incarcéré Kenan Kirkaya. Il soutient que le Rojava propose un modèle révolutionnaire qui remet en cause l’hégémonie du système capitaliste d’État-nation, ce qui dépasse de loin sa signification régionale pour les Kurdes, pour les Syriens ou pour le Kurdistan.


Kobané, une région agricole, est à l’épicentre de cette expérimentation non violente de la démocratie, rendue possible en vertu d’une entente entre Damas et le Rojava (vous n’appelez pas à un changement de régime, nous vous laissons tranquilles). Dans l’article indiqué en note [2] (en persan), par exemple, il est précisé que même si la survie d’un seul aspect du véritable socialisme y était assurée, des millions de mécontents convergeraient vers Kobané.


Au Rojava, les décisions sont prises par des assemblées populaires multiculturelles et multiconfessionnelles. Les trois principaux dirigeants de chaque municipalité se composent d’un Kurde, d’un Arabe et d’un Assyrien ou d’un Arménien chrétien, l’un d’eux devant être une femme. Les minorités non kurdes ont leurs propres institutions et peuvent s’exprimer dans leurs propres langues.


Parmi une myriade de conseils formés de femmes et de jeunes se distingue une armée féministe, qui fait de plus en plus parler d’elle : la milice YJA Star (Union des femmes libres), l’étoile (Star) faisant référence à l’ancienne déesse mésopotamienne Ichtar).


La charge symbolique est on ne peut plus manifeste. L’armée d’Ichtar (Mésopotamie) combat l’armée de l’EIIS (dont l’acronyme anglais ISIS [3] correspond au nom d’une déesse égyptienne), qui s’est métamorphosé en califat intolérant. En ce début du XXIe siècle, les barricades derrière lesquelles se postent les femmes de Kobané sont à la ligne de front de la lutte contre le fascisme.


Inévitablement, quelques lignes parallèles pourraient être tracées entre les Brigades internationales qui luttaient contre le fascisme en Espagne en 1936 et ce qui se passe au Rojava, comme le souligne l’article indiqué en note [4], un des rares sur le sujet à être publié dans les médias grand public occidentaux.


Si ces éléments ne suffisaient pas à rendre fous les wahhabites profondément intolérants (et leurs puissants partenaires du Golfe bourrés de pétrodollars), il y a aussi la réalité politique mondiale.


Le combat au Rojava est essentiellement mené par le PYD [5], qui est la branche syrienne du PKK turc [6], le mouvement de guérilla marxiste en guerre contre Ankara depuis les années 1970. Washington, Bruxelles et l’OTAN, sous la pression continuelle de la Turquie, ont toujours officiellement classé le PYD et le PKK comme terroristes.


Une lecture attentive de Confédéralisme démocratique [7], le livre du chef du PKK Abdullah Ocalan qu’il faut absolument lire, démolit l’équation qui en fait un terroriste stalinien (Ocalan est confiné dans l’île-prison d’Imrali depuis 1999).


Ce à quoi le PKK et le PYD aspirent, c’est le municipalisme libertaire. En fait, c’est exactement ce que le Rojava tente d’implanter : des communautés autonomes qui pratiquent la démocratie directe en s’appuyant sur des conseils, des assemblées populaires et des coopératives gérées par des travailleurs, que défendent des milices populaires. Le Rojava se trouve ainsi à l’avant-garde d’un mouvement mondial favorisant l’économie et la démocratie fondées sur la coopération, dont l’objectif ultime serait de s’éloigner du concept de l’État-nation.


Outre cette expérimentation politique en cours dans le nord de la Syrie, sur le plan militaire, ce sont les combattants du PKK et du PYD qui ont secouru ces dizaines de milliers de Yazidis qui étaient encerclés par l’EIIS/EIIL/Da’ech sur les hauteurs du mont Sinjar, et non pas les bombes américaines comme on l’a prétendu. À l’heure actuelle, comme l’indique la coprésidente du PYD, Asya Abdullah [8], ce qu’il faut, c’est un corridor pour briser l’encerclement de Kobané par les brutes du calife Ibrahim.



Le jeu de puissance du sultan Erdogan


De son côté, Ankara semble être résolu à poursuivre sa politique d’avoir beaucoup de problèmes avec nos voisins.


Pour le ministre turc de la Défense Ismet Yilmaz, la principale cause de la présence de l’EIIS, c’est le régime syrien. N’étant pas en reste, le Premier ministre Ahmet Davutoglu, à qui l’on doit la doctrine zéro problèmes avec nos voisins, aujourd’hui morte et enterrée, a souligné à maintes reprises qu’Ankara n’interviendra sur le terrain à Kobané pour défendre les Kurdes que si Washington présente un plan post-Assad.


Puis il y a ce personnage plus grand que nature, le président turc Tayyip Erdogan, alias le sultan Erdogan.


Les conditions du sultan Erdogan sont bien connues. Les Kurdes syriens devront lutter contre Damas, sous le commandement de cette fiction nulle qu’est l’Armée syrienne libre reconstituée (dont l’entraînement se fera en Arabie saoudite, rien de moins). Ils devront abandonner toute forme d’autonomie. Ils devront soutenir béatement la demande de la Turquie à Washington, qui est de créer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ainsi qu’une zone frontalière sécurisée en territoire syrien. Le PYD et Washington ont tous les deux rejeté ces demandes et il n’y a pas de quoi s’étonner.


Le sultan Erdogan rêve de reprendre le processus de paix avec le PKK, mais en position de force. Sa seule concession jusqu’ici a été d’autoriser les peshmergas kurdes irakiens à entrer dans le nord de la Syrie pour faire contrepoids aux milices du PYD et du PKK, et ainsi éviter le renforcement de l’axe kurde anti turc.


Le sultan Erdogan sait aussi que l’EIIS/EIIL/Da’ech a déjà recruté pas loin de 1 000 titulaires de passeport turc. Un autre de ses cauchemars est que le mélange toxique en Syrak finisse tôt ou tard par déborder les frontières jusqu’en Turquie.



Les barbares sont aux portes


Les brutes du calife Ibrahim ont déjà télégraphié leur intention de massacrer ou de réduire en esclavage la population civile au complet de Kobané. Pourtant, cette ville n’a aucune valeur stratégique pour l’EIIS/EIIL/Da’ech (c’est d’ailleurs ce qu’a dit le secrétaire d’État américain John Kerry la semaine dernière, avant de se rétracter comme on pouvait s’y attendre). Le commandant du PYD dont il est question dans l’article indiqué en note [9] est très convaincant, mais il n’en demeure pas moins conscient de la menace que représente l’EIIS/EIIS/Da’ech.


Kobané n’a pas une importance capitale comme Deir ez-Zor (avec son aéroport qui permet de ravitailler l’Armée arabe syrienne) ou Hassaké (où se trouvent des champs pétrolifères contrôlés par les Kurdes avec l’aide de l’Armée arabe syrienne). Kobané n’a ni aéroport ni champs pétrolifères.


Il faut dire toutefois que la chute de Kobané serait un excellent coup de relations publiques pour les brutes du calife, car elle renforcerait l’impression qu’elles forment une armée victorieuse, notamment auprès des nouvelles recrues potentielles titulaires de passeport de l’Union européenne. Elle leur permettrait aussi d’établir une base solide tout près de la frontière turque.


Pour l’essentiel, le jeu du sultan Erdogan consiste à combattre à la fois Damas (à long terme) et les Kurdes (à moyen terme), en laissant le champ libre (à court terme) à l’EIIS/EIIL/Da’ech. Sauf que si l’on regarde un peu plus loin, il faut donner raison à Fehim Tastekin : l’entraînement des rebelles syriens modérés [10] fictifs en Arabie saoudite finira inévitablement par la pakistanisation de la Turquie.


Comme si les choses n’étaient pas suffisamment embrouillées, voilà maintenant que Washington fait volte-face et renie son dogme à propos des terroristes, en parlant maintenant avec le PYD. De quoi causer un nouveau mal de bloc au sultan Erdogan.


La nature des tractations entre Washington et le PYD n’est pas encore déterminée. Mais certains faits sur le terrain ne trompent pas : plus de bombes et plus de largage de matériel par les USA. Il convient toutefois de ne pas prendre à la légère un élément important. Dès que Washington a plus ou moins reconnu le PYD, son chef, Salih Muslim, a rendu visite à Massoud Barzani, le chef rusé du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK). C’est à ce moment que le PYD a promis un partage du pouvoir au Rojava avec les peshmergas de Barzani.


Les Kurdes syriens forcés d’abandonner Kobané et de s’exiler en Turquie, qui soutiennent le PYD, ne peuvent retourner en Syrie. Les Kurdes irakiens eux, peuvent aller et venir sans problème. Cet accord louche a été négocié par le chef du service du renseignement du GRK, Lahur Talabani. Point crucial, le GRK s’entend très bien avec Ankara.


Cela permet de mieux saisir encore le jeu d’Erdogan. Il souhaite que les peshmergas, qui sont les ennemis jurés du PKK, tiennent le haut du pavé dans la lutte contre l’EIIS/EIIL/Da’ech, pour mieux saper l’alliance PYD/PKK. Là encore, la Turquie oppose Kurdes contre Kurdes.


Pour sa part, Washington manipule Kobané pour légitimer sa croisade contre l’EIIS/EIIL/Da’ech (n’oublions surtout pas que tout a commencé par un déluge de baratin à propos du Khorasan, ce groupe fantomatique bidon qui s’apprêtait à refaire le coup du 11 septembre).


Ce que tout cela signifie à long terme, c’est une menace sérieuse à l’expérimentation de la démocratie directe en cours au Rojava, que Washington interprète comme un retour du communisme.


Kobané est devenu un énorme pion d’un jeu manipulé par Washington, Ankara et Irbil. Aucun de ces joueurs ne souhaite que l’expérimentation de la démocratie directe à Kobané et au Rojava s’épanouisse, s’étende et attire l’attention dans le grand Sud. Les femmes de Kobané sont non seulement en danger mortel d’être réduites à l’esclavage, mais aussi d’être amèrement trahies.


C’est encore plus inquiétant lorsqu’on voit le jeu de l’EIIS/EIIL/Da’ech à Kobané pour ce qu’il est essentiellement : une tactique de diversion, un piège pour l’administration Obama. Ce que les brutes du calife veulent vraiment, c’est la province d’Anbar en Irak, qu’ils contrôlent en grande partie, et la ceinture de Bagdad, d’une importance cruciale. Les barbares sont aux portes non seulement de Kobané, mais aussi de Bagdad.



Par Pepe Escobar - Traduit par Daniel pour Vineyardsaker.fr - le 24 octobre 2014

 

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), de Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007) et de Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).


Notes 

[1] Rojava, sadece bir yön tayini değildir, Özgür Gündem, 29-08-2014

[2] جذابیت کوبانی برای جوانان در چیست؟, Hafteh.de, 04-10-2014

[3] ISIS est l’acronyme anglais de Islamic State in Iraq and Syria, appelé en français l’État islamique en Irak et en Syrie (EIIS).

[4] Why is the world ignoring the revolutionary Kurds in Syria ?, The Guardian, 08-10-2014

[5] Partiya Yekîtiya Demokrat ou Parti de l’union démocratique

[6] Partiya Karkerên Kurdistan ou Parti des travailleurs du Kurdistan

[7] Confédéralisme démocratique, par Abdullah Ocalan, première édition, 2011[8] Asya Abdullah : Kobane corridor is essential, Kurdish Question, 2014

 [9] Interview With YPG Commender : ISIS Has Lost in Kobané, The Rojava Report, 17-10-2014

 [10] Turkey to train Syrian rebels, but at what cost ?, Al Monitor, 16-10-2014



Source : Turks, Kurds, Americans : the Kobani riddle, Russia Today, 22-10-2014


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The Tree of Life - Lacrimosa

 

The Tree of Life - Lacrimosa


Attention, le morceau risque de vous faire pleurer, tant il est beau. En même temps, c’est le but puisqu’il s’agit d’un Lacrimosa.

 

Zbigniew Preisner, compositeur polonais de 57 ans, écrivit en 1998 son Requiem for a Friend, le « friend » en question étant le réalisateur Krysztof Kiéslowski, mort deux ans plus tôt.

 

La mélodie qu’on pourrait, à en juger par le titre, croire morbide est en réalité très lumineuse et méditative, tel un cri dirigé vers le mystère que constitue la fin de la vie sur Terre.

 

Il s’agit également d’une des musiques utilisées dans le film de Terrence Malick Tree of Life, pendant la longue scène poétique peignant la création de l’univers (voir la vidéo ci-dessus) ; le film remporta d’ailleurs la Palme d’Or au Festival de Cannes 2011.

(Source du texte : lamusiqueclassique.com)


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Citoyen contre lobby

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Couverture © Benjamin Sourice

 

Citoyen contre lobby, ou comment

lutter contre la corruption douce


PAR BENJAMIN SOURICE


Ce texte est l’introduction de mon livre « Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen » publié chez les Éditions Charles Léopold Mayer le 20 février 2014 et aujourd’hui disponible en ligne gratuitement en version ebook.


Dans cet ouvrage, j’ai étudié en détail les méthodes de lobbying moderne et les mécanismes conduisant à la capture de la prise de décision publique par des intérêts privés, en particulier avec l’articulation des phénomènes de conflits d’intérêts et de portes tournantes entre le public et le privé.

 

Je me suis appuyé sur l’étude de divers scandales – amiante, Mediator, OGM – et j’ai tenté d’illustrer mon propos d’exemples récents pour éclairer les rouages opaques d’un système évoluant aux marges du lobbying et de la corruption.

 

Développant une analyse des alternatives, cet ouvrage est aussi un appel aux citoyens pour ériger de nouveaux contre-pouvoirs afin de penser la démocratie de demain, entre ouverture et participation citoyenne.

 

 

Introduction

 

« Le lobbying, c’est l’argent, l’alcool et les femmes », proclame un dicton américain, réduisant ainsi les stratégies d’influence des décideurs à une caricature mêlant espèces sonnantes et trébuchantes et abus de convivialité alcoolisée, quand ne s’y ajoute pas faiblesse charnelle tarifée. Ce stéréotype du « pourri », largement entretenu par les romans de gare et le cinéma hollywoodien, a tellement imprégné l’imaginaire populaire que le grand public a bien du mal à s’en affranchir lorsqu’il s’agit de juger de la probité de ses élus.

 

Il n’est dès lors pas rare d’entendre des citoyens comme des militants en arriver à la conclusion qui s’imposerait : si le lobbying n’est rien d’autre que de la corruption, alors il suffit de l’interdire ! Mais a-t-on jamais réussi à interdire la corruption ? Cette confusion caricaturale et prompte à nourrir tous les populismes n’est donc en rien adaptée à la réalité du lobbying en politique, même s’il ne faut pas complètement évacuer que la corruption puisse être la poursuite du lobbying par des moyens illégaux.

 

Il serait donc simpliste de confondre trop facilement lobbying et corruption. « L’appréciation de la « corruption » est bien plus complexe qu’elle n’y paraît », explique en effet le politologue Pierre Lascoumes, spécialiste des questions relatives aux rapports ambigus qu’entretiennent le citoyen et son représentant par rapport aux différentes atteintes à la probité publique. Dans Une démocratie corruptible (Seuil, 2011), Lascoumes souligne que « les actes de corruption et d’enrichissement sont massivement réprouvés et judiciairement punis », car il y a là quelque chose de l’ordre du flagrant, de la déviance et de l’abus qui mérite d’être unanimement condamné.

 

Mais, poursuit-il, « dans les faits, certains abus de fonction, la distorsion des règles d’impartialité, les ruptures d’égalité entre citoyens et la distribution de passe-droits sont souvent acceptés, voire justifiés » au nom du pragmatisme et de l’efficacité de l’action politique, ou plus prosaïquement parce que les citoyens en tirent avantage.


Il existerait donc deux types de corruption, celle qui serait honteuse et répréhensible, et celle qui serait douce et tolérable, ces « petits arrangements » avec la probité publique parfois maladroitement justifiés au nom de quelque « particularisme culturel » régional ou national. Ce sont ces dernières pratiques qui forment, toujours pour reprendre une expression de Lascoumes, une « zone grise du pouvoir » où lobbying et corruption s’entrecroisent aux dépens de la démocratie.

 


Cette ambiguïté démocratique par rapport à la « corruption douce » a cela de saisissant qu’elle pose d’emblée la question de la double responsabilité tant de l’élu que du citoyen dans les attitudes de complaisance quant au favoritisme et aux conflits d’intérêts, des pratiques aussi mal encadrées que trop souvent tolérées. Toujours à la limite de la légalité, ces petits arrangements et gros conflits d’intérêts sont caractérisés par un « usage intéressé des marges de la loi » impliquant une grande maîtrise des textes juridiques.


Ces comportements prennent racine dans la « zone grise du pouvoir » où s’expriment, en dehors du regard des citoyens, les antagonismes d’intérêts et les jeux d’influence voilés. Hors de la lumière médiatique, les stratégies de corruption douce menant à une confusion entre décision publique et intérêts privés échappent d’autant plus facilement à la vigilance publique que la machinerie politique est devenue opaque et peu compréhensible. C’est pourtant au cœur de cette complexité bureaucratique de l’État que se forge la décision publique dans le choc des intérêts et le souffle des lobbies.

 

Selon Pierre Lascoumes, « pour comprendre les enjeux de la période contemporaine, il importe de dépasser le schématisme du « pur » et de « l’impur » », une démarche qui nécessite de sortir d’une opposition fictive entre la défense d’un intérêt général immanent et une décision publique corrompue au service d’intérêts financiers. Au contraire, « il faut plutôt s’interroger sur la façon dont la tension entre les intérêts privés et publics est pensée, sa visibilité assurée, et leur ajustement pratiqué et justifié ». Cette réflexion peut également s’étendre vers l’identification des intérêts en présence, les différents modes d’expressions des acteurs et les leviers, licites et illicites, dont ils disposent pour faire prévaloir leurs intérêts.


Ainsi, le lobbying s’inscrit dans cet affrontement des intérêts comme l’ensemble des mécanismes de l’influence exercée par certains acteurs privés pour orienter la décision publique ; le contre-lobbying – auquel nous appelons dans ce livre – apparaît alors comme le moyen de construire un véritable contre-pouvoir citoyen garant des règles du jeu démocratique et de la prévalence de l’intérêt général.



De la modernité du lobbying et de ses dérives


Polymorphe, alternant entre opacité maîtrisée et transparence calculée, souvent critiqué pour sa volonté permanente de s’autodéfinir, le lobbying se fait insaisissable pour mieux échapper à toute tentative de régulation contraignante. Récemment, dans un ouvrage consacré aux « coulisses de l’influence en démocratie », deux lobbyistes de profession (Daridan et Luneau, 2012) tentaient de définir les contours de leur métier : « Le lobbying est une démarche visant à influencer la décision publique ou, plus largement, à assurer la promotion et la défense d’intérêts particuliers auprès des pouvoirs publics. »


Un autre auteur (Farnel, 1994) vient compléter cette définition en considérant que la démarche du lobbyiste aura pour but d’« influencer, directement ou indirectement, les processus d’élaboration, d’application ou d’interprétation de mesures législatives, normes, règlements et, plus généralement, toute intervention ou décision des pouvoirs publics ». Cependant, aucune de ces définitions ne s’attarde sur les moyens de cette influence, la discrétion des méthodes employées restant un point d’honneur pour tout bon professionnel.


Ces dernières années, le lobbying a évolué vers des formes d’actions modernes et sophistiquées, cherchant à faire de « porteurs d’intérêts » des partenaires incontournables du politique. Cette image policée d’un lobbying légaliste, loin des stéréotypes du passé, évacue adroitement l’utilisation de méthodes douteuses ayant fait la réputation sulfureuse du métier.



Rien ne démontre aujourd’hui que la tromperie et la manipulation n’ont plus cours. Tout au plus s’évanouissent-elles derrière les promesses de bonne conduite et autres codes de déontologie avancés par les professionnels. Demeure pourtant un certain nombre de questions sur la légitimité du lobbying et des acteurs qui le pratiquent. Qui fait du lobbying ? Comment ? Toutes les formes d’influence se valent-elles pour défendre ses intérêts ? Quelle déontologie pour les professionnels du secteur ?


Pour juger de l’influence du lobbying sur la prise de décision en politique, il importe de faire la lumière sur ses méthodes de travail, les espaces où s’expriment son pouvoir et les règlements encadrant son action. Cette observation attentive permet d’identifier plus aisément les failles de la loi, ces « zones grises » où s’engouffrent les moins scrupuleux pour assurer la prévalence de leurs intérêts. Car si nous évoquions précédemment la coresponsabilité du citoyen et du politique, il va sans dire que le corrupteur abusant des marges de la légalité est le premier des coupables. Bien souvent, le scandale (politique, financier, sanitaire) est l’unique et pitoyable révélateur de ces stratégies d’influence dévoyées jouant sur la confusion des intérêts et l’utilisation de méthodes antidémocratiques.



Si le lobbying vise à orienter, la corruption tend à diriger.


Lorsque le souhait d’influencer le pouvoir cède la place à la volonté de le contrôler, le lobbying se transforme alors en stratégie de capture de la décision publique au profit d’intérêts privés. Dans cet essai, qui prend bien souvent la forme d’une enquête journalistique, nous aborderons les risques de dérives qu’induit une capture du pouvoir entendue comme la situation dans laquelle l’entité régulée – dans notre cas, une entreprise ou un groupement industriel – se trouve en situation de dicter ses règles à l’entité régulatrice – qu’il s’agisse d’une agence d’expertise ou de régulation d’un marché, plus largement de toute structure de gouvernance nationale et internationale responsable de la production de normes.


Le financement de données biaisées par des experts, l’infiltration des administrations et les conflits d’intérêts, la rémunération de « conseils » à des personnalités publiques, la confusion volontaire entre les intérêts publics et privés, la multiplication des « portes tournantes » entre administration et industrie sont autant de comportements caractérisant le désir de capture de la décision publique par des intérêts privés. Nous démontrerons que cette situation, en substituant la recherche d’intérêts financiers court-termistes à l’intérêt général, finit inévitablement par mettre en échec les politiques publiques, décrédibiliser les décideurs et menacer les populations.


Les nombreux scandales sanitaires et politiques que nous évoquerons dans cet ouvrage attestent que si le lobbying a su évoluer, la corruption s’est aussi modernisée pour maintenir son emprise sur le pouvoir. En d’autres termes, celle-ci ne se réduit plus à quelques enveloppes maladroitement glissées sous une table ; bien au contraire, elle vise désormais à offrir, en échange d’un service rendu, des opportunités économiques tout à fait légales – comme l’entrée au capital d’une société, la participation à un conseil d’administration ou la rémunération de conseils et de travaux de recherches. Le principal effet de cette corruption douce et légale est de confondre l’intérêt du décideur avec celui du corrupteur, provoquant ce qu’il convient désormais d’appeler des conflits d’intérêts.



Remettre le citoyen au cœur des choix de société


Dans une société où la création de normes concerne avant tout la régulation des marchés et la commercialisation de produits innovants, détenteurs de savoirs techniques et représentants politiques ont dû apprendre à se partager le pouvoir pour assurer une cogestion du risque et la responsabilité partagée du bien commun. Ce processus a été plus particulièrement marqué par l’irruption de l’expert dans le champ politique. En introduisant ainsi la science au cœur de la décision publique, il s’agissait avant tout d’appuyer et de justifier la décision publique sur des critères supérieurs de rationalité, mais aussi d’ouvrir un nouvel espace de création de normes dans lequel le pouvoir serait confié aux experts, dégageant ainsi le politique de certaines de ses responsabilités.

 

Ce transfert de pouvoir s’est fait au prix d’une moindre lisibilité du processus de décision, écartant progressivement le citoyen dans l’orientation des choix de société. En effet, la justification scientifique et technique qui prévaut désormais dans l’explication des décisions politiques a entraîné une marginalisation du citoyen profane. Pourquoi la population ignorante serait-elle consultée sur l’introduction des bios ou nanotechnologies, quand seul le débat entre scientifiques éclairés peut permettre de trancher ?


Malheureusement, ce processus de transfert a longtemps ignoré, volontairement ou non, d’établir les conditions nécessaires à la production d’une expertise indépendante, seule capable d’assurer la poursuite de l’intérêt général. Devenues des cibles de lobbying du fait de leurs activités normatives, les agences d’expertises ont été d’autant plus faciles à capturer que le législateur a longtemps fait l’économie de règles contraignantes pour lutter contre les conflits d’intérêts ou encadrer les modalités de passage au privé. Cette absence de contrainte réglementaire peut également s’expliquer par une moindre transparence des décideurs publics, eux-mêmes étant la cible de tentatives de corruption qu’ils ne savent pas toujours déjouer.


Dans ces conditions, il faut s’interroger sur la dépossession du citoyen des moyens d’influencer la décision publique. Les barrières scientifiques, techniques ou intellectuelles au débat sont avant tout érigées pour créer les conditions d’un entre-soi antidémocratique visant à renforcer la position de quelques acteurs forts, sinon monopolisateurs. Si le citoyen ne dispose pas du même arsenal technique que les grands lobbies, il n’en reste pas moins la source première de toute légitimité démocratique quant à l’orientation des choix de société. Mettre en place les conditions d’un contre-lobbying revient donc à recentrer la décision publique autour de l’intérêt du citoyen et à rappeler les fondements éthiques qui doivent prévaloir dans la vie politique de nos sociétés modernes.


Ainsi, la transparence du processus décisionnaire doit-elle être conçue comme un outil de lecture pour mieux appréhender la construction de la norme et révéler plus clairement les intérêts en présence. Plus qu’un simple enjeu de lisibilité, cette transparence doit permettre de rechercher une responsabilité supérieure du décideur, politique comme scientifique, dépassant la simple délégation de pouvoir pour atteindre une véritable « redevabilité » envers les citoyens, ce que les Anglo-Saxons nomment « accountability ».


Par ailleurs, ne serait-il pas temps de faire entrer la science en démocratie et de reconnaître l’intelligence collective ? Ainsi, les citoyens et la société civile doivent s’emparer des moyens techniques d’intervention sur les enjeux de société liés aux innovations et aux choix technologiques afin de se réapproprier la maîtrise des risques. Finalement, ce qui est au cœur de ce Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen, ce n’est pas la seule dénonciation d’une usurpation du pouvoir par les lobbies, mais un questionnement sur les conditions modernes de la participation réelle du citoyen à la décision publique, les outils à sa disposition pour y parvenir et le nécessaire partage des responsabilités dans le cadre d’une démocratie renouvelée et réconciliée avec son temps et l’idée d’un progrès pour tous.

 

 

PAR BENJAMIN SOURICE - blogs.mediapart.fr – le 23 octobre 2014

 

Référence : Introduction, Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen, Benjamin Sourice, Ed Charles Léopold Mayer, Fev 2014

En vente en librairie et en ligne.

 

Version ebook en libre accès :

http://docs.eclm.fr/pdf_livre/365PlaidoyerPourUnContreLobbyingCitoyen.pdf

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UCL - JOURNÉES DÉCOUVERTES

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JOURNÉES DÉCOUVERTES À LA TOUSSAINT !


Scienceinfuse organise des journées d’expériences en labo pour les jeunes de 4e, 5e et 6e secondaire curieux de découvrir les laboratoires de l’UCL pendant les vacances de Toussaint. Ce sera également l’occasion de vous familiariser avec le site de Louvain-la-Neuve et de vous informer concernant les études scientifiques à l’UCL.

 

Pendant les vacances de la Toussaint :

 

Pour les jeunes de 4e secondaire, « Manips à la Toussaint », le jeudi 30 octobre 2014. La demi-journée comprend un labo d’électricité, plus une information sur les études supérieures. Début à 13 h 30 (accueil à 13 h 20), fin à 16 h 30.

 

Pour les jeunes de 5e et de 6e secondaire, Scienceinfuse et le CIO vous proposent une journée découverte

 

Au programme : un atelier d’aide au choix d’études supérieures, un outil pour s’évaluer en math, une visite des nouvelles serres de l’UCL.... le jeudi 30 octobre 2014. 

 

Scienceinfuse organise également le 30 octobre 2014 un après-midi familial de jeux de mathématique et de logique, plus d’informations ici

.


Par l'Université catholique de Louvain - octobre 2014

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UCL - Ateliers-blocus

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L’UCL propose des ateliers-blocus à ses étudiants

 

Le blocus est souvent redouté par les étudiants. Cette période, parfois longue de plusieurs semaines, peut s’apparenter à une course de fond. Pour tenir sur la longueur, il est primordial que chacun s’y prépare de la meilleure manière : organiser, planifier, trouver les bons endroits d’étude, bouger, dormir suffisamment, manger correctement, etc. Sans pour autant se couper du monde.


Il est très important de se ménager des moments de détente pour souffler. Sur les différents sites de l’UCL (Louvain-la-Neuve, Woluwe, Mons, Tournai, Saint-Gilles et Charleroi), des pédagogues, conseillers aux études, psychologues mettent tout en œuvre pour aider les étudiants à passer cette étape avec succès.



Une nouveauté cette année


Avant le blocus d’hiver, durant les congés de Toussaint, Univers santé, en partenariat avec le Support Kot, le service d’aide de l’UCL et le centre de développement pédagogique de l’UCL, propose des ateliers du blocus, les 03, 04 et 06/11, à Louvain-la-Neuve et Woluwe. L’objectif ? Démystifier le concept de blocus, rassurer les étudiants et les guider dans l’acquisition d’une méthode de travail efficace. Professeurs, psychopédagogues, anciens étudiants disposeront de trois journées complètes pour encadrer les étudiants et les aider à s’organiser.

 

Enfin, durant le blocus, l’UCL propose des aides très concrètes :

  • Les auditoires et bibliothèques sont ouverts, avec horaires élargis
  • Le service d’aide aux étudiants est à l’écoute des craintes ou angoisses qu’ils pourraient ressentir, via des consultations individuelles
  • Le service sport propose, en podcasts, des exercices faciles et utiles pour se défouler en toute autonomie ;
  • Univers santé, asbl de l’UCL, édite des fiches info (bons réflexes à avoir en matière d’alimentation et d’hygiène de vie), organise des quizz sur le stress, des cours de relaxation et de sophrologie et distribue un « kit de la bloque » en partenariat avec Jeunesse et santé.



Sur les sites 


Par ailleurs, les sites de l’UCL mettent en place d’autres initiatives plus spécifiques :

 

À Louvain-la-Neuve, cette aide est apportée par le personnel UCL, mais également par les étudiants. Le kot-à-projet Support Kot organise de nombreuses activités telles que le Run & bloque (rendez-vous sportifs, pour se défouler en groupe, conseils à l’appui).

 

À Mons, la cellule d’accompagnement pédagogique, active toute l’année auprès des Bacs 1, organise des ateliers sur la gestion du blocus : conseils pour la planification du travail durant le blocus et les examens : quels scénarios d’étude, par quoi commencer, comment évaluer le temps nécessaire à l’étude de chaque cours ? Possibilité aussi de rendez-vous individuels avec les conseillers pédagogiques.

 

À Woluwe, le centre de développement pédagogique (CDP) propose des outils innovants pour les 1er Bac : podcast de gestion d’un blocus, tableau de bord pour l’organisation de son temps de travail, blocus assisté. Tout est mis en place pour aiguiller les étudiants dans leur étude. Le médecin des étudiants est également disponible pour des conseils santé.



Par l'Université catholique de Louvain - octobre 2014


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Économiser 1 milliard en 4 ans ?

Économiser 1 milliard en 4 ans ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


La Cour des comptes européenne vient de publier un rapport qui indique les économies qui pourraient être réalisées si l’on centralisait toutes les activités des eurodéputés à Bruxelles et que l’on supprimait le  second siège du Parlement européen à Strasbourg.



La conclusion du rapport est la suivante :


Celle-ci a estimé que dans le scénario du seul déménagement de Strasbourg à Bruxelles, l'économie annuelle pourrait atteindre 114 millions d'euros, à majorer d'une économie exceptionnelle de 616 millions d'euros si les bâtiments de Strasbourg sont vendus ou à diminuer de 40 millions d'euros s'ils ne le sont pas. »


En quatre ans, les économies totales pourraient donc dépasser le milliard d'euros.


Le rapport souligne que seulement 100 personnes sont basées à Strasbourg, contre à 4100 à Bruxelles. Il rappelle en outre que les deux tiers des eurodéputés souhaitent que Bruxelles soit l’unique siège du Parlement européen.

La Cour a également calculé les économies qui pourraient être réalisées en cas de suppression du Secrétariat général qui est basé à Luxembourg:


Un déménagement de Luxembourg à Bruxelles se traduirait par une économie annuelle de 13 millions d'euros seulement en cas d'achat d'espaces de bureaux à Bruxelles et entraînerait une charge exceptionnelle de 220 millions d'euros. Inversement, la location de bureaux à Bruxelles entraînerait une charge annuelle supplémentaire de 16 millions d'euros, mais s'accompagnerait d'un bénéfice exceptionnel de 476 millions d'euros. »


Le rapport fait suite à un autre rapport émis par deux députés, le Britannique Ashley Fox et l’Allemand Gerald Haefner en novembre dernier, qui proposait de modifier le traité pour permettre aux députés de choisir eux-mêmes le siège de leurs institutions. Ce rapport ne cite ni le parlement de Strasbourg, ni celui de Bruxelles.


Selon les militants, c'est la première fois qu'une étude crédible et indépendante provenant d’une source experte confirme qu'un siège unique permettrait aux contribuables européens de réaliser de substantielles économies.


Chaque mois, en effet, les membres du parlement européen doivent empiler leurs dossiers dans des containers de plastique noir pour qu’ils soient emmenés à Strasbourg. Chaque mois, ce sont donc 8 camions qui embarquent les milliers de conteneurs correspondants, suivis par l’armée des quelque 4.000 eurocrates (les députés et les membres de leur personnel). Une semaine plus tard, tous se livrent au même ballet en sens inverse.


Ces déplacements occasionnent annuellement des milliers de jours de travail perdus, une production de 15.000 tonnes de CO2 et un coût de 180 millions d'euros pour les contribuables européens. Dans la ville alsacienne, les hôtels sont extrêmement chers, et le parlement demeure vide 300 jours par an.


Le Traité de l’UE prévoit que le parlement européen est basé à Strasbourg, et seul le Conseil peut revenir sur cette décision, mais pour cela, il faut obtenir l’unanimité. Mais comme on peut s’en douter, le gouvernement français bloque toute tentative de remise en cause…


Koter Info's insight:


Facile, mais si on le voulait !


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Crash du Falcon un attentat ?

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L’accident survenu dans la nuit de lundi à mardi à l’aéroport Vnukovo 3 de Moscou entraînant la mort du PDG de Total, Christophe de Margerie, suscite déjà beaucoup de questions pour l’instant sans réponse.


Dans le contexte géopolitique actuel, le Web est à l'affût, et le moindre renseignement sera décortiqué dans tous les sens pour essayer d’en savoir un peu plus sur ce crash qui est tout sauf ‘’banal’’, malgré toute la prudence affichée par les commentateurs pour en parler.


Christophe de Margerie n’est pas n’importe qui. C’est un acteur dans les événements qui secouent actuellement les relations entre la Russie et l’Occident. Que représentait-il dans la confrontation cataclysmique en cours ?


Aucune recherche d’explications sur les causes du crash responsable de sa mort ne peut donc faire l’impasse sur cet aspect des choses. Surtout si certains éléments autour de l'événement sont délibérément tus.


Par exemple, concernant l’explosion du Falcon, aucune photo de l’engin de déneigement qui aurait été directement la cause de l’accident et donc l’explosion n’est disponible. Mais il y a bien eu une explosion. Et un conducteur d’engin indemne !


D’autre part, nous n’avons aucune explication sur ce que faisait cet engin seul à cet endroit à ce moment-là, alors qu’habituellement ils travaillent à plusieurs, en râteau, selon certaines sources.


Comment alors ne pas se poser d’autres questions…

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Tout était déjà écrit...

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Le cahier N° 13 de l’OCDE :

tout ce qui nous arrive était déjà écrit…

 

C’est la troisième fois que nous publions cet article. Démarche sans doute insistante, mais qui s’explique par le contenu stupéfiant du rapport dont il fait état qui démontre que les politiques actuelles de privatisations du bien commun et de réductions des dépenses publiques sous prétexte de dettes publiques folles ne sont en fait que la mise en pratique d’une idéologie ultralibérale.


Il s’agit d’un rapport rédigé en 1996 par le Centre de Développement de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) auquel rappelons-le adhèrent la France et la grande majorité des pays dits du « Nord », « occidentalisés », mais surtout actuellement « ensablés ».


Le Centre de Développement a pour objectif dans ses activités de recherche, « d’identifier et d’analyser les problèmes qui vont se poser à moyen terme, dont les implications concernent aussi bien les pays Membres de l’OCDE que les pays non membres, et d’en dégager des lignes d’action pour faciliter l’élaboration de politiques adéquates ».


Le titre de ce rapport est « la faisabilité politique de l’ajustement », autrement dit comment faire en sorte que les décisions difficiles à supporter pour le peuple ne créent pas de troubles et n’empêchent pas les réélections de ceux qui les ont prises.


Autant vous dire que ce rapport est édifiant et d’un cynisme absolu. Dans ce document pudiquement appelé « Cahier », l’auteur explique quelles sont les meilleures stratégies pour que les décisions qui seront forcément impopulaires en raison d’une crise (éventuellement) « passent bien ou mieux », au cas ou TINA (There Is No Alternative) ne serait pas assez convaincante.


M Morrisson, son auteur, a la délicatesse d’illustrer et/ou d’argumenter ces stratégies par ce qui s’est fait dans certains pays avec ou sans succès.


Florilège :


  • « Les cinq études par pays du Centre de Développement confirment l’intérêt politique de certaines mesures de stabilisation : une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. »


  • « Les coupures dans les budgets d’investissement ne suscitent habituellement aucune réaction, même lorsqu’elles sont très sévères. »


  • « La libéralisation des échanges — une mesure recommandée avec insistance par la Banque mondiale — illustre ces réactions opposées dont le gouvernement peut tirer parti. Certes, il existe toujours un front protectionniste assez large et puissant, même s’il est hétérogène. Il rassemble les industriels des secteurs protégés (et leurs salariés), les hauts fonctionnaires qui veulent garder leur pouvoir (sans parler des cas de corruption que permet l’octroi de licences d’importation), les syndicats et les partis de gauche, les partis marxistes étant les plus opposés et, dans certains pays, les partis nationalistes pour lesquels l’importation de certains biens est synonyme d’occidentalisation. À l’opposé, le gouvernement est soutenu par ceux qui bénéficient de la libéralisation : les industriels exportateurs, les agriculteurs, les artisans qui peuvent s’approvisionner plus facilement et moins cher et enfin les consommateurs. 
L’histoire des politiques de libéralisation confirme ces résistances, mais montre qu’elles ne sont pas dangereuses au point de remettre en question l’ouverture. »


  • « La politique de libéralisation interne, pour l’agriculture ou le secteur financier, ne suscite pas non plus d’opposition politique très forte »


  • « Ainsi, toute politique qui affaiblirait ces corporatismes (syndicats par exemple) serait souhaitable : d’un point de vue économique, cela éliminerait des entraves à la croissance et, politiquement, le gouvernement gagnerait une liberté d’action qui peut lui être précieuse en période d’ajustement »


  • « Il est possible aussi d’atténuer l’impact d’une hausse de prix par des distributions de denrées alimentaires pour rémunérer la main-d’œuvre embauchée sur les chantiers des travaux publics. Enfin, il ne faut jamais augmenter les prix à des moments difficiles pour les ménages, comme les fins de mois ou les fêtes religieuses » (vaut mieux attendre Le Tour de France, c’est connu…)


  • « Après cette description des mesures risquées, on peut, à l’inverse, recommander de nombreuses mesures qui ne créent aucune difficulté politique. Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école, mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population. »


— La clairvoyance politique est indispensable pour agir rapidement et efficacement. Si un gouvernement arrive au pouvoir au moment où les déséquilibres macro-économiques se développent, il bénéficie d’une courte période d’ouverture (quatre à six mois), pendant laquelle l’opinion publique le soutient et il peut rejeter sur ses prédécesseurs l’impopularité de l’ajustement. Grâce à ce soutien, les corporatismes sont temporairement affaiblis et il peut dresser l’opinion contre ses adversaires. Après ce délai de grâce, c’est fini : le nouveau gouvernement doit assumer en totalité les coûts politiques de l’ajustement, car il est considéré comme le seul responsable de la situation.


– En raison du risque élevé d’émeutes dans les quartiers les plus pauvres, le premier souci des responsables de l’ajustement devrait être, soit d’éviter toute hausse des prix des produits de base, soit d’appliquer cette hausse avec discernement. Parmi ces produits, on compte non seulement la nourriture, mais aussi l’eau, l’électricité, les transports, les médicaments ou les carburants utilisés pour préparer les repas et se chauffer. Ce qui importe politiquement, c’est uniquement la hausse des prix, quelle qu’en soit l’origine : subvention supprimée, dévaluation, hausse des impôts indirects ou réduction du déficit d’entreprises parapubliques (pour les transports, l’eau ou l’électricité). Si l’on ne peut éviter une hausse des prix, plusieurs précautions doivent être prises.


– La réduction des salaires et de l’emploi dans l’administration et dans les entreprises parapubliques figure, habituellement, parmi les principales mesures des programmes de stabilisation. En principe, elle est moins dangereuse politiquement que la hausse des prix à la consommation : elle suscite des grèves plutôt que des manifestations et elle touche les classes moyennes plutôt que les pauvres (il y a peu de fonctionnaires parmi les 40 pour cent les plus pauvres). [...].  ; On peut ne pas remplacer une partie des salariés qui partent en retraite ; ou bien l’on peut supprimer des primes dans certaines administrations, en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires.


Évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l’ordre dans une conjoncture politique difficile où l’on peut en avoir besoin.

– On peut en donner plusieurs exemples : la libéralisation financière bénéficie aux prêteurs aux dépens des emprunteurs, la libéralisation des marchés agricoles — en faisant disparaître les monopoles publics et le prélèvement d’un surplus aux dépens des agriculteurs  — obtient leur soutien tandis que les salariés de ces monopoles s’y opposent. Le cas le plus spectaculaire est celui de la libéralisation des échanges.


Certes, la coalition protectionniste est puissante, car elle regroupe des entrepreneurs protégés, des hauts fonctionnaires qui veulent conserver leurs pouvoirs, des syndicats, des partis de gauche et des partis nationalistes. Mais avec une stratégie habile, un gouvernement peut l’emporter. C’est le cas si l’on abaisse d’abord les droits sur des produits comme l’emballage, achetés par toutes les entreprises, ou si l’on supprime les quotas pour des produits intermédiaires que les petites entreprises se procuraient difficilement. Une telle stratégie permet de former le plus rapidement possible une coalition soutenant cette politique d’ouverture. Par ailleurs, les réformes structurelles n’ont pas, en général, le caractère d’urgence des mesures de stabilisation.



Et il y en a comme ça 42 pages. Tout simplement énorme et machiavélique.


Ah oui, veuillez désormais parler s’il vous plaît d’ajustement. Non pas de licenciement abusif, d’exploitation, de bas salaires, de mutations forcées, de baisse de qualité de service, de baisse ou blocage de salaire… Mais d’A-JUS-TE-MENT.


Rendons grâce à M Morrisson cependant qui écrit dans son cahier : « L’intérêt politique de ces mesures ne signifie pas qu’elles sont les plus « rationnelles ou les plus justes » « . Ah merci de le reconnaître, belle lucidité. Maintenant les politiques (on ne parle pas des hommes, mais des pratiques) ne doivent plus être rationnelles ou justes. Allons bon.  L’organisation de la cité ne doit pas se faire d’une manière rationnelle et juste ? On croit halluciner.


Petite précision tout de même au bénéfice de L’OCDE qui prend soin de préciser en tête du rapport cahier : « LES IDÉES EXPRIMÉES ET LES ARGUMENTS AVANCÉS DANS CETTE PUBLICATION SONT CEUX DES AUTEURS ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT CEUX DE L’OCDE OU DES GOUVERNEMENTS DE SES PAYS MEMBRES. » Ouf, l’honneur est sauf.


Sauf que figurez-vous, c’est ce qui est en train de se passer depuis 1996 avec une accélération depuis 2008, date du début de la crise programmée.


Voici le document. Régalez-vous…


Téléchargement : Cahier N° 13 OCDE ou lien OCDE.



Par ElDon - blogapares.com - le 24 octobre 2014


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Grèce/UE & détournements d'€

Grèce/UE & détournements d'€ | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


DES ENTREPRISES GRECQUES ET DES EMPLOYÉS DE LA COMMISSION DE L'UE POURSUIVIS POUR DÉTOURNEMENT DE 25 MILLIARDS


La cour poursuit des employés de la Commission de l’UE et quatre entreprises grecques qui auraient mis en place des sociétés fictives dont le but était de siphonner les fonds du programme de l’UE (pour un montant supposé de 25 milliards d’euros)

 

Un juge d’Athènes poursuit en justice les représentants des quatre sociétés anonymes grecques et des employés de la Commission de l’UE, y compris des Grecs, concernant une fraude présumée impliquant des programmes de financement de l’UE de 25 milliards d’euros, cinq ans après une première enquête qui avait été lancée par le bureau contre la fraude en Europe, l’OLAF, selon des révélations des médias ce jeudi.

 

L’affaire déposée par le procureur en chef du Tribunal de première instance d’Athènes implique les programmes et les subventions accordées aux entreprises grecques, dont les représentants sont poursuivis sur trois actes de félonie.

 

Selon les rapports, les entreprises en question se sont vues accorder des fonds de l’UE pour un grand nombre de programmes de recherche, sans remplir les conditions nécessaires — aboutissant à d’énormes profits via la création de sociétés fictives.

 

Des employés de la Commission de l’UE, y compris des Grecs, seraient également l’objet de poursuites pour avoir approuvé les subventions.

 

Le dossier a été compilé — avec les recherches de l’équipe financière de la police et de l’unité de la criminalité financière (SDOE) — pour examiner une « fraude systématique commise contre les fonds de l’UE par un groupe de sociétés ».

 

L’enquête initiale a été lancée en 2009 par la direction de la Société de l’information et des médias de la Commission de l’UE qui est responsable de l’octroi des fonds pour promouvoir le développement et l’utilisation des technologies de l’information et de la communication à travers la recherche.

 

 

La Rédaction d’okeanews.fr – le 24 octobre 2014

 

Source : The Press Project


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Imminence d'un krach boursier

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Imminence d’un krach boursier

 

Trois raisons qui font craindre le krach


Publication prochaine des « stress tests » de la Banque centrale européenne ; fin programmée du QE3 (assouplissement quantitatif-épisode III) de la Réserve fédérale américaine ; éclatement de la bulle des gaz de schiste. Voici trois raisons garantissant l’imminence du prochain krach financier, dont l’arrivée est aussi certaine que l’explosion d’une nouvelle supernova dans notre galaxie (tous les cent ans environ). Les échelles de temps ne sont pas les mêmes bien sûr, et la politique monétaire de nos banques centrales est beaucoup moins sensée que la gestion des flux d’énergie et de matière dans la Voie lactée !



1. La bulle des dérivés exclue des stress tests


L’Autorité bancaire européenne (qui n’a aucune autorité bien entendu) et la BCE doivent publier ce dimanche les résultats des « stress tests » qu’elles ont imposés aux 130 banques de la zone euro. À part les rumeurs qui circulent sur la possible faillite de telle ou telle banque (on dit que 11 à 18 d’entre elles sont concernées) il est certain que les mégabanques, celles qui sont les plus impliquées dans l’orgie de spéculation sur les produits dérivés (voir graphique), ne seront pas inquiétées… pour la simple raison que se sont des banques dites « systémiques », dont la moindre rumeur de faillite provoquerait un effondrement de tout le système.


Il y a fort à parier que la bulle des produits dérivés, qui a grossi à un rythme accéléré au cours des deux dernières années pour atteindre la barre des deux millions de milliards de dollars (le double du montant officiellement rapporté par les autorités financières), n’a pas été prise en compte dans les « stress tests ». Quant à la crédibilité que l’on doit donner à ce type d’exercice, il suffit de rappeler que Dexia avait fait faillite seulement quelques mois après avoir passé les tests de 2 010.



2. L’arrêt annoncé de la planche à billets


Après cinq années de taux d’intérêt proches de zéro et trois programmes d’assouplissement quantitatif (rachat de titres toxiques auprès des banques et de titres souverains auprès de l’État), la Réserve fédérale avait laissé entendre cet été qu’elle mettrait fin en octobre à ses achats de bons du Trésor américains, tout en maintenant des taux bas, afin de ne pas trop bousculer les marchés financiers. Ainsi, après avoir acheté des bonds à un rythme mensuel de 85 milliards de dollars depuis quelques années déjà, elle planifiait, après avoir réduit le rythme de ces achats annuels, acheter une dernière tranche de 15 milliards ce mois-ci.


Or, après les secousses des derniers jours sur les marchés boursiers, la Fed semble vaciller dans sa détermination à mettre fin à ses achats non pas parce qu’elle n’aime pas les baisses boursières, comme l’affirment plusieurs commentateurs, mais parce qu’elle craint un effondrement de tout le système financier : un système accroc à la spéculation à très court terme (jusqu’à la nanoseconde près) et absolument incapable d’investir sur le moyen terme dans l’économie réelle. Certains parlent déjà d’une nouvelle vague d’argent facile, sans oublier le fait que la BCE est censée d’une manière ou d’une autre prendre le relais. Mais cela suffira-t-il à conjurer le mauvais sort ? Permettez-nous d’en douter.


C’est dans ce contexte qu’il faut voir les récents avertissements de Guy Debelle, de la Banque des règlements internationaux (BRI), à la mi-octobre, qui constate depuis quelques mois une anémie anormale des marchés boursiers (« une baisse suspicieuse des niveaux de volatilité » dit-il), qu’il impute à un manque de liquidités et qui pourrait aggraver la panique lorsque viendra le moment de vendre des actifs et surtout de trouver des acheteurs.



3. La bulle des gaz de schiste


La production de gaz de schiste aux États-Unis a progressé à un rythme effarant au cours des 12 dernières années, passant de 0 % de la production nationale de gaz naturel à près de 50 % aujourd’hui. Des centaines de milliards de dollars ont été investis, et pourtant la production stagne ou est déjà en déclin dans la majorité des grands bassins gaziers du pays. Comme l’a expliqué le quotidien londonien The Daily Telegraph cet été, la baisse de production du puits moyen de gaz de schiste (les États-Unis en comptent plus de 63 000), est beaucoup plus rapide que pour les puits de pétrole et de gaz traditionnels : il n’est pas rare d’assister à des chutes de production de 60 % dès la fin de la première année d’opération, contre 7 à 10 % pour les puits normaux. Le seul moyen de maintenir la production totale est par conséquent de percer plus de puits, ce que les investisseurs font déjà avec moins d’enthousiasme.


Résultat : tous les ingrédients pour que la bulle éclate sont réunis, à l’image de celle des nouvelles technologies au début de notre millénaire. Sauf que le système financier est aujourd’hui bien plus fragile qu’en 2000 et 2008.




Par Benoit Chalifoux Solidrité & Progrès - le  24 octobre 2014


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Elles échappent à la catastrophe


Ce 20 octobre, deux filles échappent miraculeusement à la catastrophe après une explosion qui a endommagé un stade dans le Donbass en Ukraine.


Pour l’une d’entre elles, c’était vraiment à quelques centimètres près.

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BE - Moins d'impôts / Top 50

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Top 50 des sociétés qui payent le moins

d’impôts en Belgique

 


Le nouveau classement du service d’études du PTB (Parti du Travail de Belgique) liste les 50 entreprises belges qui ont bénéficié des plus importants cadeaux fiscaux au cours de l’année 2013.


Mais ce taux d’imposition de 2,8 % dénoncé par le PTB est-il « si scandaleux » que cela ? Qu’en est-il par rapport au taux d’impôts fixe des sociétés en Belgique ?

La différence est de taille. « Le taux d’imposition des sociétés s’élève à 33,99 % (en incluant la contribution complémentaire de crise de 3 %) », peut-on lire sur le site Portail Belgium.be.

 

http://www.belgium.be/fr/impots/impot_sur_les_revenus/societes/declaration/imposition/

 .

D’où vient alors cette différence de traitement ? Des mécanismes de déduction fiscale utilisés par ces sociétés. Un de ceux-ci a même un nom bien connu du grand public : les intérêts notionnels. Les deux autres sont l’exonération des plus-values sur actions (la revente d’actions avec plus-values, or cette plus-value n’est pas taxable en Belgique) et les revenus définitivement taxés (une société peut déduire fiscalement 95 % des dividendes perçus de ses filiales).


Par « ristourne fiscale », le PTB entend « la différence entre l’impôt réellement payé par une société et l’impôt qu’elle aurait payé si elle avait été taxée au taux de 33,99 %, le tout exprimé en euros ».


Ainsi, ces 50 sociétés ont réalisé en 2013 un bénéfice total de 22 milliards d’euros sur lequel elles ont payé 622 millions d’euros d’impôts, selon le PTB. Ce qui représente un taux d’imposition de 2,8 %. D’après l’étude, elles ont donc bénéficié d’une ristourne fiscale de 6,9 milliards d’euros par rapport à ce qu’elles auraient dû payer si leur bénéfice avait été soumis au taux de 33,9 %.


Pour cette étude, le service d’études du PTB a aussi épluché les comptes de mille sociétés belges bénéficiaires (Top 1000 des bénéfices), et ce afin de calculer leur taux d’imposition. Ces mille entreprises ont réalisé un résultat total de 48 milliards d’euros pour un impôt de 3,2 milliards d’euros, soit un taux d’imposition d’à peine 6,7 %. Elles ont ainsi bénéficié d’une ristourne fiscale de 13 milliards d’euros si l’on compare au taux officiel de l’impôt des sociétés de 33,9 %.


(source : PTB)


Par Virginie Moriaux — trends.levif.be — le 23 octobre 2014

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