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José Mujica, Président

 

Le Président de l’Uruguay se préoccupe plus du bien-être de ses concitoyens que du reste.  Son discours est un exemple que devraient suivre "nos" politiciens. - Duc

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La Gazette des campus de LLN et de WSL-UCL ainsi que diverses infos intéressantes visant la vérité ou l'autre vérité (qui que ce soit qui la dise, mais sans forcément prôner l'auteur).
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En collaboration avec Koter Info, le site des étudiants de LLN - WSL

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Koter Info 

Site "Koter Info" LLN-WSL-UCL


=  plus de 91.000 lecteurs du site

 

Avec tant de visiteurs différents, "Koter Infose targue d'être un site utile aux étudiants de Louvain-La-Neuve ou de Woluwé-Saint-Lambert-UCL.

 

Pour tout savoir sur le campus universitaire de Louvain-la-Neuve ou de Woluwé-St-Lambert-UCL, découverte, histoire, vie estudiantine, locations kots, photos, vidéos, cercles, kaps, etc...

 

Informations générales : Locations - Services - Adresses utiles, ne fusse que pour indiquer les grandes directions, mais c'est beaucoup plus !!!

 

En fait, Koter Info est un site en constante évolution avec plus de 90 pages à votre dispositon.  On y trouve tout se qu'il faut savoir quand on ne connait pas encore LLN ou WSL. 

 

Voyez par vous-même, cliquez ici ou sur le lien dans le titre ou dans la photo.


Duc

  

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"La Gazette" de LLN-WSL-UCL


=  plus de 90.000 lecteurs de La Gazette

 

Avec tous ces lecteurs (différents), c'est indéniablement "La Gazette" des campus de LLN & de WSL-UCL et environs.  On y lit des infos locales ainsi que des publications diverses intéressantes boudées généralement par les médias habituels.

  

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Dossiers de La Gazette


La Gazette de "Koter Info" a suivi plusieurs aventures d'équipages estudiantins néo-louvanistes ou liés à Louvain-La-Neuve au fameux Raid 4L Trophy destiné aux étudiants. Si vous voulez revivre ces aventures au jour le jour, de la préparation de la 4L à la fin du raid au Maroc, les photos, les vidéos et les reportages journaliers ont été rassemblés dans un dossier complet.

 

La Gazette a également créé un dossier reflétant les pages du site "Koter Info" et leur contenu avec un lien direct vers chacune des pages : "vitrine du site Koter Info"


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Hold-up du marketing...

Hold-up du marketing... | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Hold-up du marketing stratégique sur le digital

 

Bras de fer tendu dans les organisations. Qui va mettre la main sur le « digital » ? Le marketing, la communication, les systèmes d’information, la distribution ou le nouveau responsable des « Projets digitaux ». Cinq entités qui défendent frénétiquement leurs arguments. L’enjeu est loin d’être neutre, car cette révolution dépasse la seule dimension technologique. Celui qui la pilotera se transformera en seul maître, après Dieu. D’une seule touche de clavier, le Big Data aura alors beau jeu de renvoyer les récalcitrants au fin fond du « cloud » des prétentieux.

La mutation informatique était volumétrique, la révolte du PC était individuelle, la rupture internet était interactive, l’invasion des mobiles était géostratégique. Et la révolution digitale ? Elle incarne tous ces bouleversements à la fois, vitesse, démultiplication des réseaux et « sur mesure » en sus.



Nous ne vivons pas une lutte de pouvoir interne comme les autres.

 

Ni compétition d’ego, ni dialogue de sourds (la barrière du langage informatique, autrefois château fort des DSI, étant abolie), la révolution digitale touche aux fondamentaux de toute organisation, à sa culture, à ses méthodes, à sa valeur ajoutée la plus profonde.

Devant l’accélération du phénomène et le temps perdu à départager les impétrants (« le Digital, c’est moi » !), le risque que nombre de dirigeants se retrouvent dos au mur devient réel.



Qui tient la corde aujourd’hui dans ce match intestinal et virulent ? Pour l’instant, les Directions du marketing pures et dures jouent, seules, l’échappée.


Les dernières études montrent que 65 % des Chief Digital Officers nommés aujourd’hui viennent du marketing stratégique. Une vision efficace « canal médias/distribution » qui prime à leurs yeux (c’est le cas d’Orangina).


Derrière, en tête du peloton, apôtres du décloisonnement, les indépendantistes mènent la chasse (16 %). À leur crédit, la préconisation d’une fonction réellement transversale, équilibrée et nouvelle, avec deux équipes jointes, l’une consacrée au marketing direct, l’autre plus opérationnelle, orientée à la fois communication et plateformes de knowledge management.


Au milieu du même peloton, les reconvertis (10 %), partisans d’une fonction davantage axée sur le digital en tant que support technique pour tous (e.marketing, CRM, études, automatisation des forces de vente ou SFA…), à commencer par le marketing. Enfin, non loin de la voiture-balai, les Résistants (9 %), souvent des ex-directions des systèmes d’information qui, ayant vu, de loin, la montée de l’Alpe d’Huez, ont préféré se replier dans leurs infocentres, web et architectures globales plutôt que de prendre la pente à bras le corps, avant tout le monde.



Les jeux seraient-ils faits ? Loin de là.


Les négociations, âpres, continuent. Le marketing met en avant sa triple capacité d’intégration (stratégies médias, international, unités opérationnelles). Les indépendantistes s’arc-boutent sur leur capacité de négociation globale tout en transformant l’organisation en écosystème via des processus d’innovation ouverte et une maîtrise du rôle joué par les agences externes (choix fait par Carrefour ou Opodo), ainsi que le développement d’une meilleure fluidification des partages d’expériences. Le besoin de centraliser s’impose (parfois, jusqu’au PDG, en mode gestion de projet), mais il reste temporaire, les entreprises à la pointe de cette transformation (comme Lafuma) mettant rapidement en place des comités transversaux afin de partager à tout instant une vision homogène de la réaction des clients. Chez Air France ou Accor, même mouvement d’aller et retour avec le sommet, afin que le digital puisse assurer la cohérence de la mise en œuvre des nouveaux programmes.


Dans une lancée similaire se créent des académies dédiées (Bouygues et sa « Digital University »). 28 % des entreprises auraient déployé ce type de projet, 24 % seraient en train de les monter, mais 32 % n’auraient encore engagé aucun investissement et 16 % pensent que « c’est un enjeu pour l’avenir ». Bref, une entreprise sur deux prend le risque de se retrouver demain enfermée dans un piège de glue mortelle. Chaque jour compte. Nous ne vivons plus au temps des « budgets » et des « assemblées générales ». La révolution digitale sonne le tocsin des organisations aux inerties valétudinaires.


Si des fonctions SI peuvent se retrouver dans la position de l’aboyeur regardant passer la caravane du digital, pourquoi ne profiteraient-elles pas de ce virage essentiel pour se remettre en question, elles aussi ? Devenir des gestionnaires d’actif du capital immatériel que sont les données ? Des incubateurs internes ou externes ? Des garants de la cohérence entre le patrimoine d’information de l’organisation et ses innovations ?


Quant aux Directions de la Communication, la fringale les guette à chaque épingle à cheveux, un essoufflement soudain, une panne sèche sous le soleil et puis c’est l’éclatement. Hier, nombre Dircom se concentraient sur la mise en scène idéale de la parole du chef et sa répétition (aujourd’hui contreproductive), plutôt que de prendre le train « amont » » de la réflexion stratégique. Mais le silo « communication », troué, percé, traversé de toutes parts, perd ses privilèges, et de sa prestance. La gestion au laser des réseaux dépasse désormais la logique de coups et d’opportunités médiatiques.


Pourtant, la communication reste plus que jamais un vecteur stratégique, en particulier dans les nouvelles relations à inventer avec les parties prenantes (ces innombrables « Stakeholders », à commencer par les clients, qui viennent s’imposer à tout instant… 92 % des consommateurs se renseignent sur le Net avant d’aller en magasin) ou dans la veille dynamique autour des enjeux de réputation (voir le cas exemplaire de la RATP et sa gestion des réseaux sociaux).


Mais si tout n’était affaire que de répartition de périmètres ou de territoires. Or, la puissance de feu du digital ne se mesure pas au nombre de ses soldats. Le digital s’impose parce que le client s’impose partout dans l’entreprise, en H 24 et 7 j/7. Relations, expériences, dialogues, parcours, segmentations, temps réel, customisations… autrefois (soit vers les années 2011, 2012, il y a un siècle !), l’entreprise se contentait de mesurer sa « share of voice ».


Désormais, s’ajoutent autant de gâteaux avec chacun leurs parts de « buzz », de « search », de marché, de tout… Le point de vente passant même au second plan, en tant que lieu célébré de la dramaturgie (unité de temps, de lieu et d’action). Multicanal, cross-canal, omnicanal… qui n’a pas son canal ? Le match de catch se joue alors à guichets fermés. « Amazon chez les cannibales » : à droite, le « On-line » trépidant, à gauche « Brick & Mortar », le ventru.


>>> lire à ce sujet l’article de Harvard Business Review : Le Big Data, une révolution du management.




Qui ramassera l’emprise des données ? 


La question ne se pose point en ces termes. Qu’il soit communicant, informaticien ou expert en marketing, celui qui occupera le job de « CDO » portera avant tout une responsabilité majeure : l’intégration totale du digital dans toutes les fonctions et opérations de l’organisation. Quitte, à terme, à ce que son poste disparaisse de lui-même, dès lors que la digitalisation aura atteint son niveau de maturité optimal. Cet enjeu gagnant-gagnant passera aussi via des directions générales qui s’approprieront cette priorité en mettant en avant ses liens avec la stratégie globale de l’organisation, la rapidité de réaction et d’adaptation qu’elle provoquera, le nécessaire rattrapage en matière de culture technologique pour les plus de 30-40 ans (organisation d’un dialogue intergénérationnel avec les « digitals natives »), l’agilité névralgique entre métiers et expertises… Chief Digital Officer, Data Scientist, E-Influencer, Social Media Manager, Creative technologist, Digital Evangelist… chaque jour de nouveaux métiers, des compétences originales se révèleront.


Que vous le vouliez ou non, que vous le sachiez ou pas, la révolution digitale a déjà pénétré chez vous, par l’entrée de service, le garage, le grenier, ou par effraction. Les risques de cambriolage de vos données, en plein jour, se posent ouvertement. Anticipez, gérez, menez cette mutation dans les meilleurs délais. Un univers radicalement inédit s’éjecte de vos câbles en fibres optiques, antennes relais, smart devices et « boxes » noires ou blanches. Profitez-en avant que vous en deveniez le captif !



Par Nicolas Rousseaux – Harvard business review – le 19 août 2014


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Holocauste & manipulation

Holocauste & manipulation | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende et source photo : un jeune garçon palestinien avec des éclats d’obus dans le corps, est amené à l’hôpital al-Shifa, le 19 Juillet. L’hôpital Al-Shifa est le plus grand dans la bande de Gaza et il a énormément de mal à faire face au grand nombre de blessés, d’autant plus que d’autres hôpitaux ont dû fermer après avoir essuyé des tirs des forces israéliennes - Photo : EI/Silvia Boarini



Cet Holocauste qui refuse la manipulation


« Jamais plus ça » – « Never again », – dit-on pour l’Holocauste des juifs en Europe. « « Plus jamais ça » doit signifier PLUS JAMAIS CA POUR PERSONNE ! »... », conclut la lettre ouverte publiée dans le New York Times par 327 survivants et descendants de survivants de l’Holocauste, à propos de l’action d’Israël contre Gaza ainsi implicitement mise dans la même catégorie que l’Holocauste.


Du point de vue fondamental du système de la communication, le coup est rude pour la politique de Netanyahou contre Gaza, pour les Israéliens qui la soutiennent en majorité, pour les USA qui la soutiennent par tous les habituels moyens humanitaires – fric, armes et tirades hystériques – pour le bloc BAO  (Bloc américano-occidental - le reste) qui suit en général bien en rang et le doigt sur la bonne couture du pantalon de service.


La lettre ouverte a été publiée dans le New York Times, après une publication soutenant l’attaque de Gaza par Elie Wiesel. La lettre attaque avec violence Elie Wiesel, d’une façon qui ne peut que satisfaire le jugement. Wiesel est l’un des plus pitoyables et l’un des plus serviles parmi les employés Système du domaine qu’on sait, où il excelle dans la représentation permanente.


L’intervention de ces diverses personnes intimement liées à la catastrophe de l’Holocauste représente une importante démarche de communication, en raison de la dimension religieuse (voir le 18 juin 2010), voire la dimension pseudo-métaphysique (cette thèse est défendue dans La Grâce de l’Histoire) que le Système a assignée à cet événement de l’Holocauste. Haaretz, le 23 août 2014, détaille l’intervention des signataires.


« Des centaines de survivants de l’Holocauste et de descendants de survivants ont signé une lettre, publiée comme une publicité dans le New York Times de samedi condamnant « le massacre des Palestiniens à Gaza » et appelant à un boycott total d’Israël.


Selon cette lettre, la condamnation fait suite à une autre publicité rédigée par Elie Wiesel et publiée dans les plus grands médias internationaux, accusant le Hamas de procéder à des « sacrifices d’enfants » et comparant le mouvement aux nazis.


« La lettre, signée par 327 survivants de l’Holocauste juif et descendants de survivants et sponsorisée par le Réseau International Anti-Sioniste juif, accuse Wiesel d’« exploiter l’Histoire » dans le but de justifier les actes d’Israël dans la bande de Gaza : »… nous sommes dégoûtés et outragés par la manière dont Élie Wiesel exploite notre histoire dans ce texte pour justifier l’injustifiable : la monstrueuse tentative israélienne de détruire Gaza et le meurtre de 2 000 Palestiniens dont plusieurs centaines d’enfants. Rien ne peut justifier le bombardement de refuges de l’ONU, de maisons, d’hôpitaux et d’universités. Rien ne peut justifier de priver les gens d’eau et d’électricité. »


« La lettre accuse aussi les États-Unis d’aider Israël dans son offensive sur Gaza et l’Occident en général de protéger Israël de la condamnation, en disant : « Le génocide commence avec le silence du monde ». »


Russia Today, qui reprend l’information ce 25 août 2014, signale une intéressante coïncidence. La lettre ouverte a été publiée peu après, – quelques instants, observe le texte, – que 190 personnalités d’Hollywood aient signé une déclaration condamnant le Hamas pour son action barbare et, comme l’on sait, dévastatrice, avec ses tirs de fusée contre Israël. La déclaration constitue de facto une justification de l’action israélienne contre Gaza, conduite, comme l’on sait, avec la plus extrême modération par Netanyahou – l’homme qui est à lui seul une définition hollywoodienne du terme « modération ».


« La lettre a été publiée peu de temps après que 190 personnalités d’Hollywood aient signé une déclaration condamnant les actions du Hamas qui disait : « On ne peut pas laisser l’organisation tirer une pluie de roquettes sur les villes israéliennes ».


Elle a été publiée par la Communauté créative pour la Paix fondée en 2011 pour rassembler « des membres éminents de l’industrie des loisirs et contrecarrer le boycott culturel contre Israël et promouvoir une image exacte de l’état juif. » La liste inclut Minnie Driver, Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger, mais la vaste majorité des acteurs n’a pas signé la déclaration. »



Par Philippe Grasset - Dedefensa - Traduction des parties en anglais : Dominique Muselet - info-palestine.net – le 26 août 2014


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Russie - Moment de vérité

Russie - Moment de vérité | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it



Russie : Le moment de vérité approche pour le pays


Comme nous avons pu le remarquer dans sa récente interview, Sergueï Glaziev présentait une analyse de la situation destinée essentiellement à des spectateurs occidentaux.


Voici maintenant un article paru le 21 août dernier dans l’hebdomadaire « Zavtra » et cosigné par Mikhaïl Deliaguine et Alexandre Nagorny.


Ceux-ci font partie du Club Izborsky (Alexandre Nagorny en est le secrétaire exécutif. Il est également rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire Zavtra), aux côtés de Sergueï Glaziev, Alexandre Prokhanov, Alexandre Douguine et l’archimandrite Tikhon Shevkounov, entre autres.


Ce texte, intitulé « Le moment de vérité approche pour le pays » nous présente cette fois une analyse de la situation adressée aux lecteurs russes. L’interview de Glaziev et le présent texte offrent donc une analyse d’une même situation, présentée sous deux éclairages différents. Le texte nous entr’ouvre en outre une fenêtre nouvelle sur la Russie.



Le moment de vérité approche pour le pays


La Russie est entrée dans l’étape la plus critique de son développement, dans le cadre de l’agression occidentale dirigée par les États-Unis et du conflit en Nouvelle Russie et dans l’Ukraine entière, et dont le caractère de guerre froide évolue vers celui d’une « guerre chaude ».


L’intervention récente de Poutine à Yalta l’a souligné. Dans un avenir proche apparaîtra un danger réel pour l’existence même de notre pays. Il est aisé de s’imaginer à quoi ressemblera l’évolution des événements si pour l’une ou l’autre raison les forces pro-russes de la République Populaire de Donetsk et de la République Populaire de Lougansk venaient à être défaites.


En Ukraine, où culmine la crise, s’est établit un régime durement anti-russe et qui plus est, « néobanderiste », qui au cours des six à dix derniers mois a reçu de l’Occident toute l’aide militaro-technique, financière et économique nécessaire.


Cela doit permettre de constituer une armée puissante de six cents à huit cent mille hommes habités d’un esprit fermement anti-russe et dotés d’un équipement moderne. Mais le plus important consiste en ce que ce bras armé de l’Occident parvienne à mener ses actions terroristes à large échelle via une « guerre d’attentats à l’explosif » en Crimée, et ensuite dans les districts de la Fédération de Russie avoisinant l’Ukraine. Cela devrait être aisé à réaliser en recourant aux éléments radicaux des Tatars de Crimée, et même à des Ukrainiens vivant en Russie.


Logiquement, il n’y aura plus de touristes en Crimée. Mais Moscou devra prendre en compte les deux millions de Criméens parmi lesquels l’humeur anti-Moscou ira croissante. Et nous devons nous attendre à une montée des actions terroristes dans le Caucase, soutenues secrètement par les États-Unis et l’Arabie Saoudite.


Le délai dans lequel surviendront ces événements est estimé à douze ou dix-huit mois. Ces tendances s’inscrivent dans le contexte économique conséquent aux sanctions occidentales, et dans une plus grande mesure encore dans le cadre de l’échec écrasant de la politique économique « libérale » du cabinet Medvedev. Ce gouvernement restera probablement en place, dans la mesure où Poutine ne veut clairement pas le remplacer, pour diverses raisons.


Bref, les tensions sociales seront palpables à Moscou même, là où les groupes favorables à l’Occident contrôlent les mass-médias. Dès lors, en 2016 ou 2017, il est probable que l’État de la Fédération de Russie soit poussée vers son point d’éclatement par une habituelle « révolution de couleur » puissamment soutenue par les États-Unis et l’Occident tout entier. Comment échapper à tout cela ? Voilà le problème auquel est confrontée la Fédération de Russie et ses dirigeants. Quels sont dès lors, par priorité, les problèmes les plus graves et les mesures nécessaires pour le pouvoir de la Fédération de Russie ?


En Ukraine : victoire ou paix à tous prix ?


Pour l’instant rien ne dépasse en importance le problème ukrainien. La tendance répétée à éviter l’intervention de la Russie dans le conflit dont a fait montre notre pouvoir exécutif est considérée par les États-Unis et l’Occident tout entier comme une invitation continue à se moquer de la faiblesse de la position russe et à poursuivre l’agression. Le résultat se compte en dizaine de milliers de tués et en des centaines de milliers, bientôt un million, de réfugiés.


Pour arrêter l’agresseur, il convient de fixer idéologiquement une dimension évidente : il faut expliquer directement à notre peuple et au peuple ukrainien ce qui se passe à côté de chez nous et quelle est la tâche de la Fédération de Russie en fonction de ces événements.


Cela signifie qu’il faut fixer l’essence néofasciste du régime en place à Kiev, qui est en train de réduire à néant les résultats de la Grande Guerre patriotique et qui plante un système anti-russe et anti-orthodoxe dans la zone de nos intérêts stratégiques.


En d’autres termes, aucun de nos hauts fonctionnaires et dirigeants ne peut entretenir aucune accointance avec les représentants d’un tel régime. Par conséquent, à tout prix, il ne faut pas arrêter le combat, mais vaincre le « néofascisme » implanté par les États-Unis et leurs satellites de l’OTAN.


Dans la mesure où l’économie ukrainienne ne subsiste que par son intégration à l’économie russe et que la culture ukrainienne est extrêmement proche de la russe, le nazisme est contraire aux intérêts de l’Ukraine et détruit sa structure en tant qu’État.


C’est précisément pour cela que la Crimée s’est unie à la Russie. L’Est s’est levé contre le nazisme, mais en Nouvelle Russie, l’oligarque Kolomoïski a créé une entité moyenâgeuse dont les guerriers accomplissent, avec ceux de Kiev, un génocide de la population.


Le « pouvoir » de Kiev ne peut ni ne veut assumer les obligations minimales d’un État (depuis le paiement des importations et des prestations sociales jusqu’au maintien de l’ordre). Ces marionnettes sanglantes plongent l’Ukraine dans le gouffre de la folie et de la russophobie.


La relation de la Russie avec le nazisme est déterminée par son histoire, et par les décisions du Tribunal de Nuremberg. Dans ce contexte, les pouvoirs à Kiev et à Dniepropetrovsk sont considérés par la Russie comme des régimes terroristes d’occupation, transformant l’Ukraine, qui fut la partie la plus riche et développée d’Union soviétique, en un « État défaillant » tel l’État Somalien, ainsi qu’à l’extinction de sa population.


La Russie n’admettra pas leur légalité, regardera toute collaboration avec eux comme un délit, punissable, et entretiendra des relations avec eux uniquement en vue de protéger ses citoyens pendant la durée de l’occupation des territoires par les nazis. La collaboration y compris le commerce ne peut être développée qu’avec les régions libérées.


La Russie doit déclarer son objectif de dénazification de l’Ukraine et de restauration d’une coopération mutuellement profitable, en soutenant par tous les moyens nécessaires ceux qui combattent le nazisme, depuis l’envoi de volontaires armés jusqu’à l’aide organisée par l’État. En outre, il est nécessaire d’intégrer le patriotisme ukrainien dans un système commun de lutte contre le néofascisme.


Et enfin, les criminels de Kiev, Porochenko en tête, doivent être traduits devant un tribunal du type de celui de Nuremberg. L’État doit informer le monde et la communauté de toutes les atrocités des nazis et de leurs maîtres occidentaux, en soulignant le rôle des monopoles globaux basés aux États-Unis.



Projet de mobilisation pour la Russie


La lutte et la victoire en Ukraine sont impensables sans un changement radical de l’actuelle orientation quasi libérale et du présent modèle économico-financier. Cela exige en particulier de réagir aux sanctions introduites par l’Occident. Il est trop tard pour combattre ces sanctions : l’Occident a déchaîné contre nous une « guerre froide », et seule une démonstration de force peut l’empêcher de se transformer en guerre « chaude ».


Il faut expulser de Russie les entreprises des États-Unis jusqu’à la normalisation de la politique de ces derniers. Mais l’essentiel est de se tourner vers la société russe et de lui donner une orientation nouvelle, basée sur la mobilisation de toutes nos ressources afin de repousser l’agression qui se déploie. Ici, l’essentiel consiste en la modification des modèles financiers et économiques.


Cela signifie que nous avons besoin des indicateurs d’une planification stratégique, de l’élimination immédiate de l’actuelle bureaucratie et de la corruption au niveau des entreprises, et du retrait de nos moyens financiers des banques occidentales et du système obligataire des États-Unis. De bien d’autres choses encore, entre autres d’une nouvelle orientation dans la sphère scientifique et éducationnelle.


La Crimée doit devenir une région d’avant-garde en matière de développement, débarrassée de nos vices. L’obtention de leur visa doit être facilitée pour ses habitants en leur permettant l’enregistrement dans d’autres régions.


Les biens nationaux de la Russie investis en Occident doivent y être redéployés afin d’éviter tout lien avec les structures d’État locales à défaut de quoi ils serviront de moyen de chantage. Il convient de réorienter également notre commerce vers des pays ne menant pas de guerre froide contre nous.


La question la plus douloureuse en matière de machines-outils de haute précision, c’est la Corée du Sud.Ayant évalué la volonté de l’Occident de modifier les normes du « droit international », il faut se préparer à sortir de sa sphère d’influence.


Les Européens doivent être prévenus de ce que le vol par leurs créatures nazies d’un seul mètre cube de gaz entraînera l’interruption du transit à travers ce qui fut l’Ukraine jusqu’au paiement par ces nazis de toutes leurs dettes.


Les Européens hystériques qui ont mis les criminels au pouvoir doivent le savoir : ils ont créé un cas de force majeure, à leur préjudice. La Russie doit se réserver la possibilité d’une contrainte de pacification directe en cas de prolongation de l’agression nazie (sans parler de tirs d’artillerie sur notre territoire et de l’assassinat de nos citoyens), mais les Ukrainiens doivent libérer eux-mêmes leur pays, car alors seulement ils seront leurs propres maîtres.




Poutine et l’Occident.


Ceux qui trouvent ces mesures excessives doivent, se souvenir de ce que l’Occident ne pardonnera jamais à la Russie sa simple existence, ni à Poutine ses agissements, en premier lieu l’accueil de la Crimée au sein de la Russie et l’aide qui fut fournie pour y tenir le référendum.


La modification des frontières sans l’accord du « chef », les États-Unis, est un péché mortel, dont l’auteur doit être exterminé comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi.
 Il ne s’agit en fait pas tellement du rejet des valeurs européennes, comme notre aversion à l’égard de l’imposition agressive de l’homosexualité, ou de l’insurrection et de la réunification avec la Crimée, mais de la désobéissance au diktat de l’hégémonie financière et politique.


Les élites occidentales, de Obama à Liaschko, sont habituées à se soumettre sans un murmure au business global : c’est leur maître, dans le sens direct et esclavagiste du terme.


Poutine a démontré son indépendance à son égard, tout en n’entrant pas en conflit avec lui. Mais on a pu voir que la Russie, ce n’est pas l’Occident, qu’il existe une différence naturelle. Bien sûr, il serait plus facile de renverser les autochtones audacieusement autonomistes et de les remplacer par des libéraux, mais le prix de la coopération risque d’être très élevé.


Pour les politiciens occidentaux toute allusion de Poutine à la possibilité de ne pas se soumettre (sans parler de celle de répondre aux sanctions) est considérée comme une effroyable insulte : ils placent Poutine un rang inférieur à celui de toute la classe politique occidentale.


En signifiant, même involontairement, la possibilité d’insoumission aux monopoles de la mondialisation, Poutine manifeste combien le Russe actuel, même s’il n’en a pas conscience, est supérieur à l’Européen et à l’Américain, de par sa liberté intérieure (tout en reconnaissant ses vices et ses malheurs), car il admet les avantages de ces monopoles non en tant que vérité supérieure absolue, mais comme toute autre modalité dont il est raisonnable d’adopter les éléments favorables et d’essayer de se les approprier, et qu’il est déraisonnable d’ignorer.


Les leaders occidentaux se sentent personnellement offensés lorsqu’un faraud ignore leurs règles impunément. Cette haine féroce et insatiable ne peut être guérie qu’à travers des démonstrations de force imprévisibles et irrésistibles destinées à briser l’« idiot agressif ».


Les discours et les préjudices dosés (du genre des 12 milliards d’euros de sanctions réciproques) demeurent inutiles ; dans la puanteur d’urine des portes-cochères ou dans les sommets de dirigeants internationaux, les hooligans ne comprennent que les réponses asymétriques et inadéquates. 
Les cadres décident tout.


Un libéral peut être une personne bonne, un spécialiste, mais la croyance que l’État doit être au service non du peuple, mais du business global, fait de lui un esclave de ce dernier. Il est dès lors nécessaire, pour la survie du pays, de la société et de ses dirigeants d’assainir l’État, ses cerveaux et ses bras en évaluant son indépendance à l’égard de l’hérésie criminelle.


Les libéraux, qui aspirent à revenir à la Russie des années « 90 doivent être éloignés des services de l’État, depuis l’administration présidentielle jusqu’à celle des villages, vite et impitoyablement. Ceux qui restent devront choisir entre le service de l’État et celui des actifs familiaux placés en Occident. Les fonctionnaires qui auront essayé de se dissimuler devront démissionner sous l’opprobre et resteront libres à condition de ne pas agir contre les intérêts de la Russie.


La fuite de l’« aristocratie offshore » donnera l’occasion de restructurer l’appareil d’État (qui ignore une série de ses fonctions et sévit là où il n’a rien à faire) en l’adaptant au système électronique de prise de décision. Avec amertume, il convient de congédier Medvedev, jusqu’ici marqué de l’empreinte de la « cinquième colonne » libérale. Sa présence en tant que Premier ministre suscite la tentation d’évincer Poutine du pouvoir au profit d’un jeune manager facilement manipulable, avec qui « tout sera comme au temps du grand-père Eltsine », et qui s’occupera de choses correspondant à son niveau personnel et professionnel. L’Administration socio-économique et la Banque de Russie doivent être dirigées par des personnes aspirant à la prospérité de la patrie, et non par l’extraction d’avantages au profit du business global.


Mass-Media : les clés que constituent les canaux de télévision, de radio et les portails internet (y compris les moteurs de recherche et les principaux fils et agrégateurs d’informations) doivent être retirées à toute gestion extérieure et résolument transférées à des organes de gestion de l’État. Et pas seulement les mass-médias ; à toute propriété privée, il conviendrait d’appliquer le principe de socialisation présent dans la Constitution allemande : elle est sacrée seulement dans la mesure où elle sert les intérêts de la société. Si elle est utilisée de façon à porter préjudice à celui-ci, elle devient délictueuse. Il faut alors agir vis-à-vis de son propriétaire comme à l’égard d’un criminel et vis-à-vis d’elle comme d’un instrument du délit.
Première étape : Modernisation des infrastructures.


L’élément clef du développement repose dans la modernisation complexe des infrastructures, permettant de diminuer drastiquement les coûts sociaux et d’augmenter l’activité des affaires. C’est l’unique sphère dans laquelle l’État est protégé de la concurrence malhonnête du business ; l’investissement dans les fondements de l’infrastructure outrepasse les possibilités de ce dernier.


De l’argent, il y en a. Dans le budget, on a gelé 7,8 trillions de roubles. Avec une petite partie de cette somme, il est possible de remettre à neuf la Russie, éreintée par les libéraux, d’en faire un pays adapté à l’époque actuelle.


Mais il faut gérer plus judicieusement l’argent des budgets sociaux et de la défense et développer l’économie en recourant à des projets de financement : il faut émettre des roubles, comme les pays développés, en fonction des besoins de la Russie, et pas selon ce que nous autorisent nos concurrents.


Pour moderniser les infrastructures, nous avons besoin d’un endiguement fondamental de la corruption, élémentaire techniquement, risqué politiquement (car il sera mis en œuvre parallèlement à la modification de l’appareil d’État), accompagné d’un frein à l’arbitraire des monopoles (sinon une partie des fonds sera volée, l’autre partie contribuant à la hausse des prix), accompagné aussi du passage au protectionnisme raisonnable, même s’il est de type européen, (sinon, les bénéfices des activités seront accaparés par nos concurrents étrangers) et de l’octroi garanti du minimum vital, expression économique du droit à la vie.


Coût de l’affaire : approximativement 420 milliards de roubles par an dont la plus grande partie sera récupérée via l’impôt. Sans cela, il sera impossible de former et d’attirer les travailleurs qualifiés nécessaires à la modernisation. 
Il s’agit seulement là d’un premier train de mesures. Nous avons également besoin d’organiser l’impôt sur le revenu des particuliers selon une échelle progressive (aujourd’hui elle est en fait régressive ; au plus la personne est pauvre au plus elle doit contribuer socialement, et pour les riches, on a créé un paradis fiscal). Il faut constituer un système électronique de tenue des comptes de l’État et des taxes compensatoire sur les privatisations prédatrices.


Dans notre pays, maintenu artificiellement dans la pauvreté par les libéraux, les logements, les soins de santé et l’éducation doivent être rendus disponibles quasi gratuitement pour la moitié de la population et gratuitement pour un quart. Le monde crée de la technologie, maintenant il s’agit d’une base technologique renouvelée (la « révolution du schiste », les imprimantes 3D, premières hirondelles du printemps futur). La Russie peut récupérer une capacité concurrentielle globale au moyen de la recherche et du perfectionnement des technologies mises au point par le complexe militaro-industriel soviétique.


Mais la mesure primordiale consiste à transformer en un an la Russie en un pays nouveau, tourné vers le progrès, l’efficacité et la puissance.


Depuis longtemps, les États, même les États-Unis, ne sont plus les acteurs principaux de la politique mondiale. Au-dessus d’eux a grandi une nouvelle communauté toute-puissante : le business global.


C’est pourquoi, tout en conservant la diplomatie habituelle, il faut déplacer le centre de gravité de notre politique étrangère dans la relation avec les véritables maîtres du monde : les monopoles de la mondialisation. Sans cela, la Russie restera ridicule, s’adressant aux serviteurs et ignorant le maître de maison. On peut et on doit jouer au contradicteur vis-à-vis du business de la mondialisation. Pour cela, il faut le connaître. Chez nous, depuis Staline, on s’est dispensé de l’étudier, ainsi que la classe de l’aristocratie dirigeante de la mondialisation, qui lui est soudée, avec ses élites culturelles et technologiques. Il y a bien eu des démarches partielles en ce sens, comme la collaboration entre Rosneft et ExxonMobil, mais rien de systématique ; c’est donc insuffisant.


La situation de la Russie mise en perspective : l’effondrement de l’architecture traditionnelle poussera les élites à se tourner vers la culture, le patriotisme et les valeurs sociales, symboles de ce que fut toujours notre pays.


La culture russe unit l’humanisme et la compétence technique ; il s’agit de la seule culture puissante capable de nous sauver de deux menaces stratégiques évidentes : la déshumanisation et la dégradation technologique. Ce messianisme permettra à la Russie de devenir une ressource pour la survie de l’humanité tout entière.
 Mais pour que cette possibilité devienne réalité, l’État devrait commencer par remplir ses obligations les plus immédiates.


Sans aucun doute, il faut adopter une nouvelle ligne géopolitique. Cela est partiellement en cours, à travers les BRICS, et l’élaboration de relations de quasi-alliés avec la République Populaire de Chine et l’Inde.


Ici, il est nécessaire de se débarrasser des partisans cachés des Occidentaux qui tentent de saboter nos initiatives économiques et militaro-politiques de grande envergure. Bref, un « virage stratégique » est nécessaire dans l’architecture de l’État, sans attendre.

Et en cela réside la clé de la victoire. Et celle-ci commencera par la victoire en Ukraine.



Publié par Bertrand Gaideclin — gaideclin.blogspot.be – le 27 août 2014 - Source : zavtra.ru — Trad. « Serge »

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USA & le Monde en 2014

USA & le Monde en 2014 | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

 

Comment les États-Unis ont façonné le Monde en 2014 ?

Entretien avec François Asselineau – Président de l’Union Populaire Républicaine




  • Eurasie — L’explosion des budgets militaires



Les nations occidentales semblent avoir de plus en plus de mal à conserver leur rang de modèle économique et politique mondial, à quoi cela peut-il être attribué selon vous ?


On est en train d’assister à une fuite en avant, un mouvement de panique, d’un certain nombre de dirigeants américains, comme européens. Ces derniers, constatant la dégradation de la situation économique de leur pays, que l’on peut expliquer par deux grands phénomènes : les délocalisations industrielles et la disparition progressive de l’influence du dollar (dont la masse monétaire globale n’est plus calculée depuis mars 2006).


Si l’on ajoute à cela les dernières données disponibles quant au pic pétrolier à venir, et l’influence grandissante de la Chine dans des régions fortes en ressources, il apparaît logique pour le gouvernement américain de se développer rapidement dans les régions moyen-orientales, comme cela a été mis en valeur par le général Wesley Clark.


En amont comme en conséquence de cela, on assiste à des programmes de réarmement important en Russie et en Chine. Ainsi, les dépenses militaires chinoises qui étaient équivalentes à 1 % de celles des États-Unis en 2001 sont aujourd’hui proches de 20 % de celles-ci. À ce rythme, on estime que la Chine, dont le budget militaire est en 2014 supérieur à ceux de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni cumulés, pourrait égaler la puissance des forces armées états-uniennes d’ici 15 à 20 ans. La Russie n’est pas en reste et augmente considérablement elle aussi son budget militaire, ce qui la place au 3e rang mondial.


 

  • USA — Le décès du dollar et des valeurs



Les États-Unis pourraient-ils alors perdre la place de leader mondial qui est la leur depuis près de cent ans ?


Nous sommes les témoins d’une perte d’influence progressive, mais déjà bien visible des États-Unis à travers le monde. Leur comportement expansionniste a amené à la déclaration de Fortaleza et donc à la constitution des BRICS, qui se veulent être une opposition politique et économique à l’empire états-unien, voire même un concurrent direct à la banque mondiale.


Les nations concernées (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) sont en train de multiplier les accords bilatéraux et n’hésitent plus à se priver du dollar au profit de leur propre monnaie pour signer d’importants contrats énergétiques et économiques. Ce faisceau d’éléments nous conduit à ce que l’on appelle la « dédollarisation » du monde, ce qui à terme risque de mettre fin au plus important des privilèges obtenus par les États-Unis à la fin de la Seconde Guerre mondiale.


On peut d’ailleurs tristement remarquer que derrière les actions contemporaines menées par les dirigeants occidentaux, ne se cachent même plus les grandes valeurs démocratiques du siècle dernier, qui permettaient à des personnages comme Roosevelt, Churchill ou De Gaulle de bénéficier d’une certaine légitimité.


Après tout, si on lit la charte de San Francisco qui a amené à la création de l’ONU, il est difficile d’y trouver quoi que ce soit à redire tant elle paraît incontestable d’un point de vue éthique.


Or, que cela s’explique par la déchristianisation de l’Occident, les révolutions culturelles et sexuelles des années du siècle dernier, la montée en puissance de certains lobbies militaires et financiers, la montée de l’individualisme dans la société, ou bien d’autres raisons, nous sommes les spectateurs passifs de l’arrivée au pouvoir d’une génération de dirigeants presque dénués de valeurs moralesIls ne semblent plus avoir d’idéal démocratique, usent de plus en plus de l’art de la manipulation, et hésitent de moins en moins à mentir ouvertement. Une fois dénués de ces grands codes moraux civilisationnels qui ont pourtant bâti nos pays, leur seul objectif devient d’asseoir leur pouvoir le plus possible. Dans le cas des dirigeants américains, cela passe par une domination économique, qui ne peut découler que d’une main mise politique et culturelle.



  • Russie — Les dessous du conflit

 


Comment interprétez-vous les prises de position de plus en plus offensives des États-Unis d’Amérique à l’égard de la Russie ?


En fait, on assiste à l’application de la doctrine Wolfowitz (ex-secrétaire adjoint à la Défense et ex-président de la Banque mondiale) qui avait été rendue publique par le New York Times en 1992, et qui explique en quoi, afin de préserver l’hégémonie américaine, il est désormais nécessaire d’empêcher l’alliance ou le fort développement économique des principaux pays étrangers. Cela explique l’attitude clairement hostile des États-Unis envers la Russie depuis désormais 70 ans. Par exemple, dans le cas du bouclier antimissile européen, il est évident qu’une telle initiative ne pouvait être prise qu’excessivement mal par les dirigeants russes, pour la même raison que les états-majors américains s’étaient trouvés scandalisés lorsque Khrouchtchev avait voulu installer des missiles à Cuba en 1962.


Lorsqu’on cherche à éviter le conflit avec une nation, il va de soi qu’on évite d’installer des dispositifs balistiques pouvant être dirigés contre elle à ses frontières. Il ne faut pas sous-estimer l’importance qu’a eu M.Wolfowitz au sein des états-majors US, à l’instar de celle qu’ont pu avoir et qu’ont toujours les écrits de Zbigniew Brzezinski (auteur de l’ouvrage « Le grand échiquier ») qui recommandent d’empêcher à tout prix que la Russie retrouve l’influence qu’elle a pu avoir sur la politique et les territoires ukrainiens afin de la priver de sa dimension d’empire. Au même titre, il était nécessaire de couper la Crimée de la Russie, qui reste son seul grand port d’accès aux mers chaudes, quand bien même celle-ci est historiquement et culturellement russe.


Les nécessités géostratégiques dans la région ont ainsi amené à voir les États-Unis soutenir « pleinement » et de façon officielle comme officieuse, notamment à travers des ONG telles que « Freedom House », les anciens responsables politiques que sont Viktor Iouchtchenko, Ioulia Tymochenko et plus récemment Petro Porochenko, tous les trois impliqués dans de nombreuses affaires de corruption.


Ceci est également valable pour les partis d’extrême droite antisoviétiques les plus violents à l’instar de Parvy Sektor. (Cette organisation politisée a par ailleurs eu la chance de voir certains de ses membres occuper des fonctions importantes après le soulèvement de la place Maïdan)


Quant à Viktor Ianoukovytch, je rappelle que sa présidence a été tournée à la fois vers Moscou et vers Bruxelles, et qu’il apparaît assez évident aujourd’hui qu’il faisait lui aussi passer ses intérêts personnels avant ceux de son pays, ayant sans doute eu lui aussi l’occasion de bénéficier de versements irréguliers.


Il faut être pleinement conscient de l’interventionnisme américain dans la région et de la démesure de leur position officielle, et donc de celle de M.Hollande, vis-à-vis des sujets que nous venons d’aborder et d’autres comme celui du vol MH17. La désinformation d’état dans ce dossier et dans bien d’autres est telle, que neuf anciens responsables du renseignement américain ont écrit à M. Barack Obama une lettre ouverte pour dénoncer la partialité de ses dernières prises de position et les risques de guerres qu’elles pourraient entraîner.


Je ne sais pas si vous vous en rendez compte. Son équivalent français correspondrait à une déclaration publique de plusieurs anciens responsables des Renseignements généraux qui annonceraient la nécessité de revoir officiellement notre position sur la Syrie ou l’Ukraine, et la nécessité de voir Laurent Fabius quitter immédiatement ses fonctions, chose qui, à titre personnel, me semble être une simple preuve de bon sens.



  • Ukraine — Les positions de Merkel et Cameron



On peut observer des divergences d’opinions en Europe, notamment entre le Royaume-Uni, qui réclame une intervention de l’OTAN en Ukraine, et l’Allemagne, qui s’y oppose. Cela vous a-t-il surpris ?


La position du Royaume-Uni n’est guère étonnante, étant donné les imbrications politiques, historiques et économiques des deux pays. Quant à l’Allemagne, leur position est comme souvent ambivalente, et cela est dû en grande partie à la nature des peuples dont nous parlons. Il y a une forte proximité intellectuelle entre les deux pays due à leur passé migratoire commun important ainsi qu’à leur vision contiguë du monde, car après tout, les Américains sont majoritairement des Anglo-saxons.


Cependant, les confrontations et divergences historiques qu’ils ont pu connaître avec les Anglais et Américains laissent à penser que si les Allemands peuvent à un moment donné se passer de l’appui des États-Unis, ils le feront, car comme le dit un proverbe chinois : « Après une grande haine, il restera toujours une petite haine ».


Les Allemands, culturellement bien moins dogmatiques que les Français qui sont un peuple latin, et qui ont donc bien moins de mal à penser la perfidie, cherchent simplement à jouer leur propre partition. Ils développent donc pour cela de multiples accords bilatéraux, comme ils ont pu le faire récemment avec la Chine ou le Brésil, de là à y voir une volonté de tourner le dos à l’Union européenne pour rejoindre les BRICS, comme certains le murmurent, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas.


L’Allemagne n’y a pour l’instant aucun intérêt et se priverait d’un allié trop puissant. Madame Merkel est en quelque sorte « coincée avec plaisir » dans une Europe qu’elle sait certainement être la création des États-Unis, mais qu’elle a pu depuis exploiter à son avantage, et dans laquelle elle a su conforter sa position de gouverneure générale.



  • Kirghizistan — La base militaire de Manas



Cette méthodologie se limite-t-elle à une dimension européenne ou est-elle appliquée dans un cadre plus large, voire mondial ?


Il y a de nombreux autres théâtres sur lesquels s’opère cette stratégie de contrôle régional. Certains bien connus comme la Syrie font la une de tous nos médias, et d’autres plus discrets, bénéficient d’un silence médiatique total. Je pense par exemple, au Kirghizistan, ancienne République socialiste soviétique, qui sortait tout juste en 2010 de deux régimes manifestement autoritaires et corrompus, dont le dernier a été mis en place suite à la « Révolution des tulipes », financée outrageusement par le gouvernement américain.


Une grande déception et d’importants mouvements de contestation ont permis à M.Atambaïev d’arriver au pouvoir et de mettre fin à ces présidences catastrophiques. 


Quant au pays même, les États-Unis y possédaient une base aérienne militaire qu’ils ont installée en 2001 à la suite des attentats du 11 Septembre, soi-disant pour lutter contre le terrorisme. Depuis la fermeture en 2005 d’une base dans l’Ouzbékistan voisin, c’était la dernière base de cette ampleur des Américains en Asie centrale.


Or, depuis le démantèlement de cette base, il se murmure que Washington chercherait à s’installer de nouveau dans la région, histoire de ne pas perdre totalement la main (sur un pays dont la participation à l’Union Douanière n’est sans doute plus qu’une question de temps).


On voit depuis réapparaître des tensions avec le Tadjikistan voisin, ce qui a amené Bichkek a participé à des exercices militaires internationaux avec la Chine et la Russie. Notons également que ce pays possède une frontière avec la Chine, et se situe non loin des récents événements s’étant déroulés dans le Xinjiang.



  • Xinjiang — L’équation ouïghoure

 


À ce propos, quelle est votre analyse sur les heurts qui viennent de se dérouler dans cette partie de la Chine, ancien Turkestan oriental ?


Ces émeutes, qui ont fait des centaines de morts, sont attribuées et revendiquées par des séparatistes ouïghours (musulmans sunnites représentant près de 45 % des habitants de la région). Elles ont actuellement lieu un peu à travers toute la Chine, et font suite à une attaque suicide et à des violences en mars à la gare de Kunming qui sont à elles seules responsables de la mort de 72 personnes.


La frange radicale de cette population serait également responsable de l’assassinat de Jume Tahir, imam de la plus grande mosquée de Kachgar. Cet homme, qui était un des grands pontes de l’Islam en Chine, avait d’importantes responsabilités politiques, et ce, y compris dans le gouvernement chinois. Il était également réputé pour être un opposant aux indépendantistes ouïghour, fidèle au pouvoir en place, et ainsi capable d’empêcher les soulèvements dans la région.


Les tensions dans cette région se sont accrues au cours des années, mais elles viennent littéralement d’exploser ! La Chine a beau avoir encouragé une politique migratoire importante dans le but de peupler le territoire de Hans (Chinois de souche), et ne pas être un modèle d’intégration culturelle, il est difficile d’expliquer le caractère soudain et incroyablement violent de ces événements.


Il faut mettre en lumière un autre acteur majeur de ce conflit ethnoculturel, le « Congrès Mondial des Ouïghours », qui s’est bien gardé de condamner cet assassinat. Cette organisation est financée de façon tout à fait officielle par le Congrès des États-Unis, où sa présidente vit en exil, et la NED, un des paravents des services secrets américains (dont le rôle est similaire à celui de la CIA de l’aveu même d’un de ses fondateurs). Son influence est tout sauf minime, et il est presque inenvisageable, et je vous invite à le constater par vous-même, de trouver un papier dans les médias occidentaux sur les récents heurts dans le Xinjiang ne leur donnant pas écho.


Ce qui est terriblement dérangeant, c’est la manière avec laquelle cet organisme se permet de souffler sur les braises du conflit qui se déroule dans cette région du monde, et ce afin de lui donner l’ampleur la plus importante possible. (Pékin a d’ailleurs accusé à demi-mot Washington d’ingérence en indiquant qu’il était probable que les extrémistes en question avaient été financés et formés par des « forces étrangères »)


L’intérêt pour les États-Unis de voir cette région demeurer la plus instable possible est évident, et je peux même vous confier que lorsque j’étais au Ministère des Affaires étrangères, les officiels chinois que j’étais amené à rencontrer ne prenaient en privé pas le moindre gant pour dénoncer l’implication sur place de personnels américains dans la région.


Après tout, ce ne serait ni la première ni la dernière fois que l’on verrait les États-Unis prendre contact, développer, financer, puis utiliser des extrémistes musulmans afin de fragiliser tout ou partie d’un pays ou de ses plus proches alliés. C’est une approche millénaire et tout à fait courante : si l’on souhaite user et distraire son adversaire sans se confronter à lui, il suffit de glisser régulièrement quelques cailloux dans ses chaussures et dans celles de ses amis. Si par la même occasion on peut l’accuser d’être le responsable de tous ces maux afin de faire douter ou retourner ses alliés contre lui, pourquoi s’en priver ?



  • Irak – La fulgurante ascension takfiriste



Le Nord de l’Irak est dévasté depuis des semaines par les troupes du « califat islamique », y voyez-vous un lien avec les méthodes que vous venez d’expliciter ?


Dans le cas de l’EIIL et de l’EI, nous savons désormais de source sûre que les gouvernements occidentaux, dont le nôtre, ont participé à l’armement et à la formation des troupes rebelles syriennes qui s’opposaient à Bashar Al Assad. Comme vous le savez, une partie importante d’entre eux était constituée de takfiristes excessivement violents, que l’on retrouve aujourd’hui en Irak, ce qui n’est pas sans nous rappeler les récents troubles que l’on a pu observer au Mali.


Cela m’a été confirmé personnellement par des amis que j’ai gardé dans le renseignement qui m’ont confirmé l’origine américaine d’une partie de l’armement des djihadistes. L’on voit également apparaître ici et là sur de nombreuses photographies notre fameux fusil d’assaut français, le FAMAS. Avec ce matériel qui est de toute évidence de bonne qualité, ces derniers détruisent les églises et mosquées sunnites et chiites de la région, et menacent ou exécutent les minorités sur place qui refusent le califat et l’application de la Charia.


À ce sujet, j’aimerais dénoncer la présentation partiale, pousse au crime, et peu professionnelle des principaux médias français qui nous exposent à tort la situation comme le massacre des chrétiens d’Orient par les islamistes radicaux. En omettant de façon quasi systématique les autres minorités religieuses présentes sur place, Yazidis et Kurdes notamment, il m’apparaît évident que l’on cherche à transposer ce conflit sur le sol français, ce qui est inadmissible.


Précisons que l’évolution de l’EIIL, qui est passée du statut de réseau terroriste clandestin à celui de force armée régionale et organisée est tout simplement sans précédent.


Je vous avoue que j’ai un mal fou à croire que le fait que les États-Unis, qui connaissent et surveillent de près ce groupe depuis plusieurs années, n’aient rien remarqué ou constaté des évolutions de ce mouvement armé qui s’est centralisé depuis de nombreux mois. Cela sous-entendrait qu’il n’y ait eu aucune communication entre les services secrets de chaque pays présent dans la région, et que les renseignements des États-Unis, d’habitude si prompts à détecter la moindre menace, seraient passés à côté de toutes les transmissions, appels satellites, réunions et mouvements de troupe de ce réseau takfiriste pourtant si vaste. 


Deux possibilités s’offrent alors à nous :


— Soit l’information n’est pas remontée aux oreilles du gouvernement, ce qui signifierait que les services de renseignement agissent comme des cellules indépendantes et que M.Obama exerce son mandat en étant entouré d’hommes dont les intérêts ne sont pas les siens, ce qui fait de son pays un partenaire dangereux.


— Soit les États-Unis ont laissé délibérément se former ces troupes djihadistes dans le but de déstabiliser la région et sont donc responsables des déportations et massacres ayant eu lieu dans le Nord de l’Irak, ce qui fait de ce pays un partenaire très dangereux.


Évidemment, en dehors des données précédentes, il est évident que la présence et la puissance de ce califat dans la région arrangent au mieux l’État-major et le gouvernement américain. Le Nord Irak est aujourd’hui un point de fixation, une épine dans le pied des Syriens comme des Iraniens.


Tout cela génère ce que l’on appelle un complexe obsidional, soit un repli sur soi lié à la présence d’une forte menace, par exemple civilisationnelle, qui amène progressivement à la division de la société face, entre autres, à la résolution de ce problème. C’est valable pour les Irakiens, pour les Iraniens, et bien évidemment pour les Européens face à la « menace russe » que l’on expose chaque jour un peu plus comme un impérialisme sauvage que seuls les États-Unis et l’Europe peuvent contenir.



  • Mer de Chine — La multiplication des tensions



M.Obama semble infiniment plus critique envers Moscou ou Damas qu’envers Pékin. Comment analysez-vous une telle retenue envers un gouvernement et sa monnaie qui s’affiche désormais comme un challenger officiel au dollar ?


Washington ne peut envisager d’affaiblir économiquement son toujours premier partenaire économique, ce qui ne l’empêche pas de l’affaiblir politiquement et de toucher à sa légitimité.


On peut ainsi observer, la formidable pression exercée par les États-Unis afin de convaincre les principales nations de la région de sanctionner la Russie, allié le plus proche de la Chine, à l’instar des gouvernements européens. On notera d’ailleurs le soutien affirmé du gouvernement japonais, et le refus catégorique assez surprenant du gouvernement sud-coréen, qui possède pourtant sur son sol nombre d’installations militaires et ressortissants américains.


L’autre actualité majeure c’est une nouvelle fois l’aggravation des tensions entre la Chine et le Japon à propos de différents archipels, dont celui des Senkaku. Les relations entre les deux pays sont exécrables depuis presque deux ans, et les déclarations agressives du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel envers ses homologues chinois ont tout fait sauf apaiser la situation.


(Il est de toute façon évident que si les États-Unis avaient cherché à calmer la situation ou tout au moins à ne pas attiser ce conflit territorial, ils n’auraient pas envoyé leurs avions survoler les zones en question à plusieurs reprises).


Je crains que le Japon ne continue dans les prochaines décennies sa politique proaméricaine, lui qui semble ne plus pouvoir sortir de son emprise et influence après plusieurs millénaires d’autonomie. Reste que Pékin ne semble pas non plus vouloir identifier Washington comme une ennemie à l’heure actuelle, et a même confirmé sa participation aux exercices militaires RIMPAC sous direction des États-Unis.



  • Inde — Un partenariat obligé



Qu’en est-il des pressions ou rapprochements envisagés auprès du reste des BRICS ?


Les relations entre les États-Unis et l’Afrique du Sud et le Brésil sont actuellement calmes, car ces deux pays, économiquement et régionalement moins influents que les deux géants dont nous parlions précédemment, ne semblent pas nourrir les mêmes ambitions politiques ou militaires.


Quant à l’Inde, le secrétaire d’État américain John Kerry a rencontré vendredi à New Delhi le nouveau Premier ministre indien Narendra Modi, qui était précédemment interdit de Visa aux États-Unis. On assiste ici à une opération de séduction et de communication pour tenter de ramener l’Inde dans le giron US qui ne mènera à mon sens à pas grand-chose…


Ce pays qui sera bientôt le plus peuplé du monde sait les convoitises qu’il suscite, les avantages qui seront prochainement les siens, l’ascendant qu’il aura un jour sur la Chine, et il compte bien en tirer profit.


L’objectif de Washington est actuellement d’affaiblir les grands pontes des BRICS, tout en essayant de convaincre les membres actuels et potentiellement futurs de cette organisation de l’échec à venir de celle-ci. Et puis soyons cohérents, se priver d’un marché de 130 millions de russes n’a pas les mêmes répercussions que de renoncer à plusieurs milliards de consommateurs asiatiques.


(Se positionner comme le garant de la stabilité du Moyen-Orient et allié des puissances pétrolières va de pair avec le développement de relations cordiales avec les pays asiatiques, qui vont consommer de plus en plus les matières premières qui seront issues de la région)

C’est une stratégie planifiée de longue date, parfaitement cohérente sur le plan économique, mais qui ici passe par des actes criminels, menés par des gens dénués de toute éthique.


Quant aux gouvernements de ces deux « mastodontes humains » d’Orient, dont la diplomatie est portée sur le long terme, il m’apparaît peu probable qu’ils s’alignent sur Washington qui, à défaut d’être vu comme un ennemi, est vu comme un partenaire dangereux et intéressé, d’où l’augmentation massive des budgets militaires de ces deux pays.


Quoi de plus normal pour ces derniers que de vouloir jouer un rôle dans cette partie d’échecs mondiale, dans laquelle la France, qui pourrait tenir le rôle d’arbitre, se contente de celui de pion.




Par Lilian Delfau — Entretien avec François Asselineau, Président de l’Union Populaire Républicaine (France) – réalisé pour News360x – le 27 août 2014


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Kenya - “Paiement mobile”

Kenya - “Paiement mobile” | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Un système de « paiement mobile » inventé au Kenya à la conquête de l’Europe


Longtemps, l’Afrique a dépendu de technologies développées à l’étranger. Mais un système kényan de transfert d’argent par téléphonie mobile, qui a révolutionné la vie quotidienne de millions d’habitants de ce pays d’Afrique de l’Est, part à la conquête de l’Europe.


Le système M-Pesa (« M » pour mobile, « Pesa » signifiant « argent » en langue swahilie), qui permet, via un simple téléphone mobile, d’envoyer et de recevoir de l’argent, et de payer biens et services, s’implante désormais en Roumanie.


« De l’Afrique de l’Est à l’Europe de l’Est, c’est quand même phénoménal quand on y pense », explique à Nairobi Michael Joseph, qui dirige le secteur « argent mobile » de Vodafone.


Le géant britannique de la téléphonie est l’actionnaire principal (40 % des parts) de Safaricom, premier opérateur mobile kényan, et a participé à la conception et au lancement en 2007 de M-Pesa au Kenya.


« Je pense que c’est quelque chose que le reste du monde peut regarder en se disant qu’il y a des idées qui peuvent émaner du monde en développement et être amenées vers le monde développé », a-t-il ajouté.


Depuis son lancement, le service a connu une croissance exponentielle et a vu transiter 30 milliards d’euros, rien qu’au Kenya, où il est désormais partie intégrante de la vie quotidienne de nombreux Kényans.


M-Pesa compte quelque 18 millions de clients – sur une population d’environ 25 millions d’habitants de plus de 15 ans – et huit millions de transactions y sont effectuées chaque jour, qui contournent le système bancaire dans un pays où une partie non négligeable de la population ne dispose pas de compte en banque.


— Facture d’eau et taxi —

L’application, utilisable sur les modèles de téléphones portables les plus simples, permet de régler ses factures d’eau ou d’électricité, de payer une addition dans un restaurant, une consommation dans un bar ou une course en taxi, mais aussi d’envoyer de l’argent à ses amis ou ses proches.


La somme minimale est de 8 centimes d’euros seulement, la maximale de 600 euros. Un maximum de 1.200 euros de transactions journalières est autorisé par M-Pesa.


Le destinataire de l’argent peut conserver la somme sur son compte M-Pesa et l’utiliser ensuite pour payer à son tour un bien ou un service, ou retirer le montant en liquide chez l’un des nombreux agents répartis à travers le pays, avec simplement son téléphone et une pièce d’identité.


Chez ces agents – échoppes ou petits kiosques – on peut aussi déposer de l’argent pour créditer son compte M-Pesa. Leur nombre à travers le pays est l’une des clés du succès.


Certains commerçants ou supermarchés acceptent également de donner du liquide contre l’envoi de la somme correspondante par M-Pesa.


Une version « épargne » a également été lancée, permettant aux Kényans n’ayant pas accès au système bancaire d’engranger des intérêts sur leur compte M-Pesa.


Le système a depuis été exporté ailleurs en Afrique – en Tanzanie voisine, mais aussi en Afrique du Sud, en Égypte, au Lesotho, au Mozambique, en République démocratique du Congo – ainsi qu’en Inde et à Fidji. Selon Vodafone, plus de 1,2 milliard de dollars sont échangés via M-Pesa chaque mois à travers le monde.


En mars dernier, M-Pesa a été lancé dans un premier pays européen, la Roumanie, où un millier de points de distribution sont déjà ouverts à travers le pays, un nombre censé tripler d’ici la fin de l’année.


Chez l’un des détaillants de Bucarest, Michi Carstoiu vient d’activer son compte. Selon lui, M-Pesa est un complément idéal aux services bancaires en ligne. « Le plus important est que je gagne du temps. En plus je crois que les frais sont moins importants », explique cet ingénieur à l’AFP.


« Tout le monde a un téléphone mobile et il est très simple d’envoyer et de recevoir de l’argent ou d’effectuer des paiements », ajoute-t-il.

Selon Michael Joseph, la Roumanie a été choisie comme rampe de lancement européenne, car de nombreux Roumains sont toujours tributaires de l’argent liquide.


« La majorité des habitants en Roumanie a au moins un téléphone mobile, mais plus d’un tiers n’a pas accès au système bancaire », souligne-t-il.


Vodafone estime à sept millions le nombre de clients potentiels en Roumanie et en espère 300.000 d’ici fin 2014. Les Roumains pourront effectuer jusqu’à 9.000 dollars de transactions quotidiennes.


Pourtant, s’attaquer aux marchés occidentaux représente de nouveaux défis : les réglementations – notamment bancaires – sont différentes et les consommateurs ont déjà accès à de multiples services financiers, notamment en ligne.



Par Etienne Froment - geeko.lesoir.be – le 24 août 2014

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Il y a enfants et enfants ?

Il y a enfants et enfants ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Il y a enfants et enfants ? Eh bien, non !

 

Il est humain que le meurtre d’un garçon israélien, un enfant à nous, suscite une plus grande identification que la mort d’un quelconque autre enfant. Ce qui est incompréhensible, c’est la réponse des Israéliens à la mort de leurs enfants.


Après le premier enfant, personne n’a sourcillé ; après le 50e pas un même frémissement n’a été ressenti dans l’aile d’un avion ; après le 100e, ils ont arrêté de compter ; après le 200e, ils ont rejeté la faute sur le Hamas. Après le 300e ils ont blâmé les parents. Après le 400e, ils ont inventé des excuses ; après (les premiers) 478 enfants, plus personne ne s’en soucie.


Puis est arrivé notre premier enfant et Israël a été en état de choc. Et en effet, on a le cœur qui saigne devant l’image de Daniel Tragerman, 4 ans, tué vendredi soir dans sa maison de Shaar Hanegev. Un bel enfant, qui avait été une fois pris en photo dans un maillot de l’équipe de football argentin, bleu et blanc, le numéro 10. Et qui n’aurait pas le cœur brisé à la vue de cette photo, et qui ne pleurerait pas, vu la façon dont il a été criminellement tué. « Hé Leo Messi, regarde ce garçon », disait un post sur Facebook, « tu étais son héros. »


Tout à coup, la mort a un visage et des yeux bleus rêveurs et des cheveux blonds. Un petit corps qui ne grandira jamais. Tout à coup, la mort d’un petit garçon a un sens, tout à coup c’est choquant. C’est humain, compréhensible et émouvant. C’est aussi humain que le meurtre d’un garçon israélien, un enfant à nous, suscite une plus grande identification que la mort d’un quelconque autre enfant. Ce qui est incompréhensible, c’est la réponse des Israéliens à la mort de leurs enfants.


Dans un monde où il y aurait un minimum de bonté, les enfants devraient être laissés à l’écart de ce jeu cruel appelé la guerre. Dans un monde où il y aurait un minimum de bonté, il serait impossible de comprendre l’insensibilité totale, presque monstrueuse face à la mort de centaines d’enfants – pas les nôtres, mais de notre fait. Imaginez-les debout en rang : 478 enfants, dans une classe de diplômés de la mort. Imaginez-les portant des maillots de Messi – certains de ces enfants en portaient aussi une fois, avant de mourir ; eux aussi l’admiraient, tout comme notre Daniel d’un kibboutz. Mais personne ne les regarde ; leurs visages ne sont pas vus, personne n’est choqué par leur mort. Personne n’écrit sur eux : « Hé Messi, regarde ce garçon. » Hé, Israël, regarde leurs enfants.


Un mur de fer de déni et d’inhumanité protège les Israéliens du travail honteux de leurs mains dans la bande de Gaza. Et en effet, ces chiffres sont difficiles à digérer. Des centaines d’hommes tués, on peut dire qu’ils étaient « impliqués » ; des centaines de femmes qu’elles étaient des « boucliers humains ». Pour un petit nombre d’enfants, on pouvait prétendre que l’armée la plus morale du monde n’avait pas eu l’intention de les tuer.


Mais que dire sur près de 500 enfants tués ? Que les Forces de Défense d’Israël n’avaient pas eu l’intention de les tuer, et cela 478 fois ? Que le Hamas se cachait derrière chacun d’eux ? Que cela rendait légitime de les tuer ?


Hamas s’était peut-être caché derrière certains de ces enfants, mais maintenant c’est Israël qui se cache derrière Daniel Tragerman. Son sort est déjà utilisé pour couvrir tous les péchés de l’armée israélienne dans la bande de Gaza.


La radio a déjà parlé hier d’« assassinat ». Le Premier ministre a déjà qualifié le meurtre de « terrorisme », alors que des centaines d’enfants de Gaza dans leurs tombes fraîches ne sont pas des victimes d’assassinat ou de terrorisme. Israël devait les tuer. Et après tout, qui sont Fadi et Ali et Islam et Razek, Mahmoud, Ahmed et Hamoudi, face à notre seul et unique Daniel ?


Nous devons admettre la vérité : en Israël, les enfants palestiniens sont considérés comme des insectes. C’est une déclaration terrifiante, mais il n’y a pas d’autre façon de décrire l’état d’esprit régnant en Israël en cet été 2014. Quand pendant six semaines des centaines d’enfants sont détruits, leurs corps enterrés sous les décombres, s’empilant dans les morgues, parfois même dans des chambres froides pour légumes par manque de place, lorsque des parents horrifiés transportent les corps de leurs bébés comme mus par un automatisme, quand leurs funérailles se succèdent non-stop, 478 fois – même le plus insensible des Israéliens ne devrait pas se permettre d’être si insensible.


Quelque chose ici doit se lever et crier : assez. Aucune excuse, aucune explication ne pourra justifier cela : il n’y a pas des enfants qu’on a le droit et d’autres qu’on n’a pas le droit de tuer. Il n’y a que les enfants tués pour rien, des centaines d’enfants dont le sort ne touche personne en Israël, et un enfant, un seul, autour de la mort duquel les gens s’unissent pour le deuil.



Par Gideon Levy (*) - Réseau International - le 27 août 2014 - Traduit par Fausto Giudice Фаусто

 

Merci à Tlaxcala

Source :

http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.612085

Date de parution de l’article original: 24/08/2014


URL de cette page :

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=13235.



(*) Gideon Levy, né en 1953 à Tel-Aviv, est un journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz, identifié avec la gauche. Gideon Lévy est connu en grande partie pour s'être élevé dans des médias israéliens pour dénoncer la politique israélienne à propos de Gaza et Cisjordanie. Il critique aussi les médias et la société israélienne, selon lui insensibles au sort des habitants des Territoires occupés. (Source Wikipédia

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Ukr. : impossible paix ?

Ukr. : impossible paix ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende photo : V. Poutine à la conférence de Minsk


Ukraine : l’impossible processus de paix


Sans grande surprise, le sommet à Minsk entre les membres de l’Union douanière (Russie, Biélorussie et Kazakhstan), les représentants de l’UE (affaires étrangères, économie et énergie) et l’Ukraine n’a rien permis de résoudre. L’on peut bien sûr estimer que le simple fait d’une rencontre Poroshenko-Poutine ou de leur poignée de main, d’ailleurs analysée à la loupe — faute de mieux — soit déjà une grande victoire, une avancée significative. Car que pouvait-on attendre de plus ? Un processus de paix est un renoncement et chaque partie, le pouvoir à Kiev autant que les combattants dans l’Est, a encore trop à perdre et pense encore pouvoir gagner, pour renoncer à quoi que ce soit. Ce sommet est arrivé trop tôt ou trop tard, s’il n’est qu’une simple opération de communication.


À la demande de Poroshenko, une rencontre justement dans ce format fut organisée par le Président biélorusse, en territoire neutre. Mais cette rencontre, finalement, a été organisée soit trop tard soit trop tôt. Que ce soit sur le plan éthique, militaire ou économique, le temps est passé ou il n’est pas encore venu.



La destruction de la nation ukrainienne


Sur le plan éthique, un plan de paix ne peut avoir une chance d’aboutir, que si toutes les parties en présence sont, au moins, capables de voir en l’autre un être humain, avec lequel il est possible de développer une vision politique. En l’occurrence, nationale, puisque le conflit est une guerre civile.


Après que Kiev ait détruit l’idée d’une Ukraine unie le 2 mai en permettant le massacre d’Odessa, il est difficile d’organiser une rencontre autour de la position du Président Poroshenko consacrant le caractère incontestable de l’unité de l’Ukraine. 


Ce premier crime, jusqu’à présent irrésolu, fut le premier d’une grande lignée de crimes commis contre une part de la population, qui n’est plus considérée comme faisant partie de soi. Marquant ainsi la fin de la possible nation ukrainienne. Un discours de haine contre les Russes ethniques s’est propagé dans la population, ces individus qu’il faut tuer au couteau, ces êtres qui ne seraient pas vraiment humains. L’on ne voit plus dans l’autre un être humain. Il faut donc un mode d’organisation territoriale qui ne permette la reconnaissance de la différence, le fédéralisme est impossible, l’État unitaire est le seul acceptable et en phase avec l’idéologie au pouvoir.


Les Ukrainiens non russes ethniques ne pourraient comprendre que, soudain, leurs dirigeants leur disent : maintenant, c’est fini, tout va bien, on va vivre ensemble et en paix. Chacun son territoire et ses lois dans une Ukraine fédérale. Même si c’est la seule sortie de crise, elle est impossible, elle obligerait les dirigeants ukrainiens à se dédire. Les dirigeants ukrainiens se sont enfermés dans une impasse et ne peuvent que rejeter la fédéralisation qui deviendrait le signe de leur échec. Et les Ukrainiens ethniquement russes, après tous ces combats, ces massacres, ces crimes de guerre, ont de plus en plus de difficultés à imaginer pouvoir reconstruire une vie ensemble. Or, ce qui ne peut être conçu, ne peut être réalisé et vécu. Cette paix, celle du mea culpa et de la reconnaissance réciproque, a peu de chances de voir le jour sans fécondation in vitro.


Et la position des politiques ukrainiens, juste avant le sommet de Minsk, est révélatrice de la crispation. Turchinov, ancien Président par intérim lors du coup d’État de Kiev, actuellement par intérim à la tête du Parlement, affirme sur tous les médias ukrainiens qu’une solution diplomatique au conflit n’est pas possible, la sortie de crise passe par la victoire militaire sur le Donbass. Quoi de plus éloigné d’une volonté de négocier ? Et l’attitude de Poroshenko le confirme. Dès son discours introductif, il parle de l’unité de l’Ukraine, du rejet du fédéralisme, du caractère inacceptable de toute ingérence extérieure, etc. Il n’y a aucune volonté d’apaisement.



Les combattants reprennent du terrain, mais l’armée ukrainienne n’est pas en déroute


Sur le plan militaire, pour qu’un processus de paix ait une chance d’aboutir, il faut qu’une partie soit certaine qu’elle ne puisse aller plus loin et l’autre, qu’elle ne puisse, maintenant, que reculer. Dans ce cas, chacune peut renoncer au combat, car le prolongement du conflit va à l’encontre de leurs intérêts.


Or, ici, personne, sur le terrain, n’a intérêt à mettre un terme au conflit armé aujourd’hui. 

 

Les combattants reprennent du terrain et attaquent sur tous les fronts. Lugansk annonce la possibilité de rompre le blocus de la ville dans les prochains jours. Dans la région de Donetsk, les combats continuent et tournent en faveur des combattants. Il a suffi du bruit de leur approche de Mariupole pour que les bataillons privés quittent la ville. Selon certains bruits, non confirmés, le gouverneur Taruta aurait déjà quitté la ville. Il faut dire que, la veille du sommet, il a donné une interprétation très personnelle du règlement pacifique de la situation, sur Ukraïnskaya Pravda : si les parties en présence au sommet de Minsk peuvent trouver un accord sur la désescalade du conflit, alors il suffira au pouvoir de 2-3 semaines pour nettoyer le Donbass. 


Donc, sur le plan militaire, les pourparlers de Minsk auraient pu servir de fondement pour « nettoyer » le Donbass des combattants. Ce n’est pas tout à fait l’état d’esprit demandé pour une désescalade.


Mais il est vrai que la situation de l’armée ukrainienne devient particulièrement délicate. De plus en plus souvent, des militaires se trouvant encerclés se rendent. Hier, par exemple, 100 soldats et officiers ukrainiens se sont rendus à Kuteïnikovo. Aujourd’hui, 129 à Starobechevo. Dans les différentes zones de combats, plusieurs enclaves sont en train de se refermer sur les soldats ukrainiens. On parle de 7 000 personnes. Actuellement, vue la situation, 4 à 5 000 personnes sont quasiment mises hors d’état de se battre. De ce fait, s’ils tombent également, il reste environ un millier de militaires en état de combat. Ce qui désorganiserait totalement le front sud de l’armée ukrainienne dans le Donbass et ouvrirait la voie à une avancée massive des forces de Donbass.


Pour autant, ce scénario est peu vraisemblable, vu le volume des forces combattantes du Donbass. Ils n’ont objectivement pas la possibilité, selon les analystes russes, de pouvoir mettre l’armée ukrainienne totalement en déroute. Ils manquent de moyens par rapport à une armée régulière. C’est pour cela justement, en s’appuyant sur cette estimation de la situation, que Poroshenko ne peut encore négocier un cessez-le-feu : il estime pouvoir encore reprendre du terrain.


Même si le temps joue contre lui. Par exemple, les mercenaires ukrainiens, qui se sont sauvés de Mariupole en courant à l’annonce de l’arrivée de forces combattantes, sont partis en direction de l’Oblast de Zaporijia, où ils se sont fait recevoir par les combattants locaux, certains mercenaires ayant dû revenir vers Mariupole, où ils se sont fait, cette fois, recevoir par les combattants locaux.


L’illusion découlant de l’espoir peut être préjudiciable, mais c’est une partie de poker et la posture vaut presque autant que le fait.



L’Ukraine est libre de s’associer à l’UE, mais la Russie n’en paiera pas les frais


Le plus grand problème qui reste en attente entre la Russie, l’UE et l’Ukraine est d’ordre économique. Il concerne tout autant les questions de circulation des marchandises entre ces trois entités, que celles du transit du gaz vers l’Europe. Or, de quel processus de paix peut-il être question quand ce ne sont pas les intérêts économiques nationaux, rationnels, qui sont en réellement en jeu, mais des intérêts géopolitiques extranationaux, déplaçant le discours sur un plan totalement irrationnel ?


Si l’Ukraine est libre, comme tout État souverain, de signer un traité d’association avec l’UE, traité qui comporte un volet politique, ratifié, et économique, encore en attente, elle doit en assumer les conséquences. Soit elle s’associe à l’UE, soit elle s’associe à l’Union douanière, mais elle ne peut prétendre aux deux et la Russie n’est pas prête à risquer des pertes de l’ordre d’une centaine de milliards de roubles pour le choix politique de l’Ukraine.


La mise en conformité des productions ukrainiennes avec les normes européennes va lui coûter très cher, son marché intérieur sera ouvert à la production européenne et il y a peu de chance pour qu’elle puisse exporter ses produits vers un marché européen déjà saturé, sans oublier les risques de désindustrialisation. Pour sa part, la Russie sera obligée de revenir sur la préférence douanière accordée à l’Ukraine, et devra protéger son marché intérieur. Car vu le contexte, V. Poutine soupçonne l’utilisation de l’Ukraine pour faire transiter des produits en provenance, réellement, des pays de l’UE à un autre tarif douanier et sous d’autres conditions. Ce qui serait préjudiciable au marché russe.


La question énergétique n’a pas non plus été réglée. La compagnie ukrainienne, Naftogaz, a refusé le paiement effectué par Gazprom , en avance, pour le transit du gaz vers l’Europe. Certes, le conflit sur le paiement du transit est lié au conflit sur le prix du gaz, les deux tarifs étant liés. Mais cela ne change rien au fait que, en conséquence, le transit du gaz vers l’Europe est pris en otage par l’Ukraine, pour forcer Gazprom à des conditions de prix qui ne sont pas contractuelles.

 

Il en ressort que, sur le plan économique, la signature de l’accord avec l’UE, dans la forme actuelle, n’est pas de l’intérêt de l’Ukraine. Pourtant l’accord va être envoyé au Parlement ukrainien, aujourd’hui suspendu, qui pourra ainsi entériner un accord économiquement dangereux pour le pays, sans avoir à en supporter la responsabilité politique. 


Mais si aucun compromis n’a pu être trouvé à Minsk, c’est par ce que la raison est politique. L’UE a besoin d’un nouveau marché pour écouler sa marchandise, son propre marché étant totalement saturé. Elle paie assez cher la guerre en Ukraine, il faut qu’elle y trouve sa compensation, alors que l’Ukraine, de son côté, a besoin du soutien financier et de la caution morale qu’elle lui donne. En d’autres temps, les troupes se payaient sur les villes prises, mises au pillage et les femmes au viol. Nous vivons dans une époque beaucoup plus civilisée, on ne le fait plus ouvertement et en public. Mais sur le fond, la population appréciera la nuance cet hiver. L’UE, bien représentée au sommet de Minsk, a veillé au grain. Donc, aucun accord ne pouvait être trouvé.


Si cet acte de l’épopée ukrainienne a pu démontrer l’inefficacité des processus politiques à accoucher d’un accord de paix, peut-on pour autant dire que la réponse doit être militaire ? Je pose ma question autrement : à quel moment une des parties en présence — des forces de Kiev ou des combattants — pourra-t-elle dire qu’elle a gagné ? 


Du côté des forces de Kiev, faudra-t-il totalement anéantir la population du Donbass, le « nettoyer » pour reprendre l’expression du Gouverneur Tartura ? Faudra-t-il que la Russie introduise les forces armées — même s’il y a peu de chance — pour que le but réel soit atteint et que le conflit prenne un nouveau tour ? C’est peu probable, le Conseil de sécurité et de défense ukrainien a déjà déclaré ne pas considérer les 10 soldats russes arrêtés comme des prisonniers de guerre. Ils ne semblaient être nécessaires que pour empêcher la possibilité même d’un accord à Minsk. But atteint. Mais Kiev n’est-il pas face à une guerre qu’il ne peut pas gagner ? Et les combattants, eux, jusqu’où doivent-ils aller ? Dans quelles frontières ? Quelles sont les revendications politiques ?

 

Pour qu’un réel processus de paix puisse honnêtement avoir lieu, non seulement aucune des deux parties n’y a aujourd’hui intérêt, mais trop de questions restent encore irrésolues. Elles doivent absolument être examinées en préalable à toute démarche pacifique, qui entende avoir comme résultat la paix.




Par Karine Bechet-Golovko - russiepolitics.blogspot.ru - le 27 août 2014

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Ukr. - Aide humanitaire russe

Ukr. - Aide humanitaire russe | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende et source photo : convoi humanitaire russe - rts.ch


LE BLOCAGE DU PROJET RUSSE DE DÉCLARATION SUR LA FOURNITURE DE L’AIDE HUMANITAIRE AU SUD-EST DE L’UKRAINE


Commentaire du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie sur le blocage du projet russe de déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la fourniture de l’aide humanitaire au sud-est de l’Ukraine


Le 21 août, la Russie a proposé que le Conseil de sécurité des Nations unies publie une décision de soutien à la fourniture de l’aide humanitaire d’urgence au sud-est de l’Ukraine.


Le projet de document comprenait les points suivants :

.

  • accueil par le Conseil de sécurité des accords concernant la fourniture de l’aide humanitaire russe et ukrainienne, sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en faveur du sud-est de l’Ukraine ;


  • recommandation à toutes les parties de respecter les accords concernant la sécurité absolue du passage du convoi d’aide humanitaire jusqu’à sa destination, et demande que les différents camps déclarent un cessez-le-feu à cette fin ;


  • recommandation d’une distribution immédiate, par l’intermédiaire du CICR, de l’aide humanitaire aux civils touchés par les hostilités ; expression de l’espoir que la communauté internationale, notamment l’ONU, l’OSCE, le Conseil de l’Europe, le CICR et les pays donateurs, continueront à se concentrer sur le soulagement de la détresse humanitaire dans le sud-est de l’Ukraine.

.

Cette initiative constructive russe a été bloquée par les États-Unis et la Lituanie. Ceux-ci ont, en particulier, proposé de supprimer du texte les appels à un cessez-le-feu et à assurer la sécurité de la fourniture de l’aide humanitaire, ainsi que la référence au fait que l’aide humanitaire était envoyée par la partie russe.


De plus, nos adversaires ont estimé qu’il était justifié d’inclure dans le projet une clause précisant que la situation actuelle dans le sud-est de l’Ukraine est causée par des « séparatistes », ce qui signifie que s’il n’y avait pas de « séparatistes », il n’y aurait pas de problèmes humanitaires.


Puisque les États-Unis se sont opposés à ce texte complètement non conflictuel et de réconciliation, il ne subsiste plus aucun doute quant à l’accent mis par Washington sur la poursuite d’une confrontation armée en Ukraine. Cela ne saurait être qualifié autrement que comme une tentative de « saper » la mission humanitaire. L’hypocrisie d’une telle politique est évidente. Le mépris cynique pour la vie des civils et pour le droit international humanitaire, dès lors que leurs intérêts géopolitiques sont en jeu, est devenu la politique principale suivie par les États-Unis et leurs satellites européens en Ukraine.


De plus en plus de questions se posent quant à la capacité de l’actuelle administration américaine à participer à l’élaboration d’approches réalistes et pragmatiques des problèmes internationaux, et à évaluer correctement la situation dans les différentes régions du monde.


Par The French Saker - le 27 août 2014


Source : Comment by the Ministry of Foreign Affairs of the Russian Federation on the blocking of the Russian draft of the UN Security Council statement on the provision of humanitarian aid to southeastern Ukraine (mid.ru, anglais, 22-08-2014)

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Ecoutez ... nos ancêtres


Ecoutez comment parlaient nos ancêtres


L’existence d’un idiome unique ayant donné naissance à toutes les langues indo-européennes modernes est connu depuis le XIXe siècle, rappelle le magazine Archeology, à l’origine de cette initiative passionnante.


Appelé Proto-Indo-européen (PIE), il était parlé entre 4500 et 2500 avant JC, mais n’a laissé aucune trace écrite.


Cela n’a pas empêché les linguistes de reconstruire cette langue perdue, et de tenter de recréer sa prononciation.


Dès 1868, un linguiste allemand nommé August Schleicher écrit une fable, intitulée "Le Mouton et les Chevaux", à partir des connaissances réunies à l’époque sur le PIE. Depuis, elle est régulièrement mise à jour pour intégrer les nouvelles informations glanées par les chercheurs.


Evidemment, ce travail reposant sur la linguistique comparée n’est pas 100% fiable et il n’existe pas de consensus au sein de la communauté des spécialistes du PIE. Toutefois, Andrew Byrd de l’Université du Kentucky s’est lancé dans la retranscription audio de cette fable en se basant sur le travail d’Eric Hamp et de feu Subhadra Kumar Sen.


Voici ce que dit le texte en français :

Un mouton sans laine vit des chevaux, l’un deux tirant un lourd wagon, l’un portant une lourde charge et l’un portant rapidement un homme. Le mouton dit aux chevaux : "mon cœur me fait souffrir, de voir un homme menant des chevaux. "Les chevaux dirent : "écoute, mouton, nos cœurs souffrent quand nous voyons ceci : un homme, le maitre, prend la laine du mouton pour s’en faire un vêtement chaud. Et le mouton n’a plus de laine". Après avoir entendu cela, le mouton s’enfuit à travers la plaine.


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Destruction d'un hôtel


 Une destruction d’immeuble sous les feux d’artifice

 

Souvent, les destructions d’immeuble sont des moments douloureux pour les habitants ou pour les habitués. Cette fois, pour faire de ce moment un événement festif, les organisateurs ont fait preuve de créativité avec des feux d’artifice.


L’annexe de l’hôtel Wellington à Albany (État de New York) a eu le droit à une soirée d’adieu très spéciale lors de sa destruction. Il a été détruit ce samedi dernier pour faire place à un centre des congrès de 66 millions de dollars (50 millions d’euros) selon AP.


Des feux d’artifice ont effectivement explosé partout autour de l’immeuble juste avant que l’annexe de l’hôtel ne disparaisse sous un nuage de décombres colorés. Les lettres « J & J » se sont formées pour rendre hommage aux organisateurs de l’événement.


Des chats avaient élu domicile dans cette bâtisse inoccupée de onze étages qui datait des années 1920. Heureusement, ils ont été évacués en 2009.


Par LeHuffPost – le 26 août 2014


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Vivre maintenant

Vivre maintenant | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Vivre maintenant


Je n’ai pas beaucoup écrit récemment et ce courrier électronique est peut-être personnel et dur. Nos journées commencent tôt et se terminent très tard. Nos nuits sont aussi parfois interrompues par les appels d’amis de Gaza ou d’autres qui ont besoin de soutien. Au cours des dernières 48 heures, plus de 100 Palestiniens, civils, ont été tués par les forces d’occupation israéliennes. Beaucoup d’entre eux à Rafah. Parfois je me sens coupable d’être plus touché par la mort de ceux que je connais que par la mort de ceux que je ne connais pas.


Par exemple, j’ai pleuré après avoir raccroché le téléphone avec Islam, un ami à Rafah, qui a quatre enfants qui n’arrivaient pas à dormir et dont la maison était secouée, les vitres se brisant tandis que les missiles pleuvaient sur les maisons à proximité. J’ai pleuré parce que je le connais, lui, ainsi que son fils handicapé, et son dilemme entre tenter de porter son fils et s’enfuir, ou pas… Puis j’ai pleuré encore en pensant aux nombreux innocents qui ont été tués ou blessés et que je ne connaissais pas et pour qui je n’avais pas pleuré plus tôt. Islam et sa famille seront traumatisés à vie. Des centaines de milliers seront encore plus traumatisés. Je n’arrive même pas à imaginer la vie d’une jeune fille qui a perdu toute sa famille et qui portera toute sa vie ces cicatrices émotionnelles et physiques.


Parfois j’ai l’impression d’avoir aussi des cicatrices. Peut-être que j’arrive à tenir parce que j’ai la chance d’avoir des choses positives à faire au quotidien, qui m’empêchent de trop réfléchir. J’ai de la chance parce que je peux aider les autres. J’ai de la chance parce que je suis entouré de dizaines de jeunes volontaires qui nous montrent ce que pourrait être la vie dans le futur. Des volontaires qui distribuent des tracts appelant au boycott, des volontaires qui revendiquent des terres agricoles, des volontaires qui nous aident à bâtir un musée d’histoire naturelle en Palestine, des volontaires qui aident d’autres volontaires à tenir dans des conditions difficiles, des volontaires qui consacrent du temps et donnent de l’argent aux enfants dans le besoin, et des volontaires qui font le boulot des médias (chose qui devrait être faite par des professionnels salariés).


Le camp de réfugiés d’Aida, où certains de ces volontaires habitent, est littéralement invivable à cause des déversements quotidiens de gaz toxiques et d’eaux toxiques puantes par les forces d’occupation israéliennes. L’impact sur la santé est dramatique, et ce bien au-delà des seules maladies respiratoires.


Les gens me posent des questions sur la politique et disent que c’est trop compliqué. Je réponds que c’est simple et prévisible. Depuis des millénaires, il y a eu une lutte entre des riches cupides qui emploient des gens pour tirer sur les pauvres afin que les riches deviennent plus riches.


C’était déjà le cas à l’époque de Jésus et c’est encore le cas aujourd’hui. Certains (une minorité), lorsqu’on leur en offre la possibilité, se joindront aux forces de répression et suivront le pouvoir. D’autres (une minorité aussi) mènent une vie active qui aide à améliorer le sort de beaucoup de gens. Entre les deux, une majorité sera apathique. Il faut que plus de gens voient la vérité et agissent en conséquence. Ce n’est pas trop difficile de changer, même pour ceux qui étaient dans le camp de la répression.


Yonatan Shapira, ancien capitaine de l’armée de l’air israélienne, est devenu un refuznik et un militant BDS et a écrit un jour : « La majorité de ma famille venait de Pologne et beaucoup ont été tués dans les camps de la mort pendant l’Holocauste. Lorsque je me promène dans les ruines du Ghetto de Varsovie je ne peux m’empêcher de penser à ceux de Gaza qui sont non seulement enfermés dans une prison à ciel ouvert, mais sont en plus bombardés par des avions, des hélicoptères de combat, des drones, pilotés par des gens que je côtoyais. Je pense aussi aux délégations de jeunes israéliens qui viennent visiter l’histoire de notre peuple, mais qui sont aussi soumis à un lavage de cerveau militariste et nationaliste quotidien. Peut-être qu’en lisant ceci se souviendront-ils qu’une oppression est une oppression, qu’une occupation est une occupation, et que des crimes contre l’humanité sont des crimes contre l’humanité, qu’ils soient commis ici à Varsovie ou à Gaza ».


J’ajouterais simplement qu’une résistance est une résistance et les habitants du ghetto de Varsovie creusaient aussi des tunnels et étaient aussi qualifiés de terroristes par leurs oppresseurs.


Dans mon livre de 2004, « Sharing the land of Canaan », j’avais écrit : « Les Palestiniens ont subi un traitement si cruel et inimaginable depuis tant d’années que beaucoup doutent qu’une justice soit possible et beaucoup pensent certainement qu’une coexistence est impossible. De même, parce que de nombreux Israéliens se sentent assiégés et attaqués, beaucoup pensent qu’une coexistence est impossible. Une attitude défaitiste se répand et recouvre non seulement les Palestiniens et Israéliens, mais aussi bon nombre de leurs soutiens.


Mais les sociétés doivent soit coexister comme des humains pacifiques, soit périr comme des sociétés rivales de primates... Un sentiment de désespoir et d’abandon pousse beaucoup à chercher les « miettes » d’une « nourriture » à la fois matérielle et psychologique. Ce qui est particulièrement stressant lorsque de surcroît nombreux sont ceux qui s’attachent profondément aux mythes de grandeur et de gloire. Je ne vais pas revenir sur l’histoire des civilisations juive, arabe et islamique (de nombreux volumes ont déjà été rédigés sur ce sujet). Je me bornerai à dire que notre profil psychologique souligne le contraste entre notre condition d’existence et la perception de grandeur chez nos ancêtres et prophètes.


Ainsi nous nous percevons comme un groupe privilégié, ce qui entre immédiatement en contradiction avec le constat d’une situation présente misérable telle que décrite tout au long de ce livre. Ceci est particulièrement vrai pour les Palestiniens qui ont été dépossédés. Nous pouvons aborder les questions plus larges, telles que pourquoi les 1,3 milliard de musulmans ou les 300 millions d’Arabes (musulmans et chrétiens) ont si peu leur mot à dire en matière d’économie mondiale et de développements sociaux et culturels, propriété quasi exclusive des États-Unis, unique puissance dominante du moment.


Mais peut-être que cette grande question pourra être lentement résolue, une fois résolu le point de friction Israël/Palestine. Imaginez l’exemple qui serait donné si cet endroit unique au monde, jadis symbole même de la violence, de la haine endémique et du tribalisme, arrivait à transcender tout ça pour devenir un véritable phare de coexistence et de non-violence. Imaginez les milliards de dollars dépensés en armement détournés vers la désalinisation de l’eau de mer, dans la haute technologie, et réellement investis dans les grands esprits de ses habitants (juifs, chrétiens et musulmans) pour des projets positifs....


Peut-être devrions-nous apprendre à nos enfants à se respecter, à aimer le travail d’équipe, à respecter les autres et à défendre les droits des minorités. Ce n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Les adultes ont peut-être besoin d’apprendre à accepter, d’une manière très positive, les points de vue qui leur sont étrangers. En d’autres termes, quelqu’un qui exprime ses opinions devrait être écouté et respecté, quelles que soient nos vaches sacrées. »


Je termine avec une citation de Howard Zinn (You Can’t Be Neutral on a Moving Train : A personal history of our times, p. 208) « Garder l’espoir dans des temps difficiles n’est pas simplement du romantisme béat. C’est entériner le fait que l’histoire humaine n’est pas uniquement faite de cruauté, mais aussi de compassion, de sacrifice, de courage et de bonté. Ce que nous choisissons de mettre en avant dans cette histoire complexe déterminera nos vies.


Si nous ne voyons que le pire, cela détruit notre capacité d’agir. Si nous nous souvenons de ces époques et de ces lieux – et il y en a beaucoup – où les gens se sont comportés d’une façon magnifique, cela nous donne l’énergie pour agir, ou du moins la possibilité de changer le cours d’un monde en folie. Et si nous décidons d’agir, même à une toute petite échelle, nous n’avons pas besoin d’attendre un futur utopique grandiose. L’avenir est fait d’une succession infinie de présents, et vivre maintenant comme nous pensons que des êtres humains devraient vivre, en défiant tout le mal qui nous entoure, est déjà en soi une merveilleuse victoire. »



Par Mazin Qumsiyeh - le 26 août 2014

bédouin dans le cyberespace, un villageois chez lui, Professeur à l’Université de Bethléem, Directeur du Musée d’Histoire Naturelle de Palestine.

https://www.facebook.com/pages/Palestine-Museum-of-Natural-History/145...


Traduction « Carpe Diem... si Israël le permet » par VD et Sam pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles


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Les « États faillis »

Les « États faillis » | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Photo : Naufrage en Méditerranée, Plainte contre l’OTAN, l’UE et les pays de la coalition en opération en Libye » GISTI, 9 juin 2011.


La stratégie USA/OTAN de démolition des pays à travers une guerre secrète. Les « États faillis »


Tandis que depuis la Libye en flammes des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, poussés par le désespoir, tentent chaque jour la traversée de la Méditerranée, et beaucoup y perdent la vie, le président Napolitano avertit « Attention aux foyers qui nous entourent », à commencer par « l’instabilité persistante et la fragilité de la situation en Libye ».


Il oublie, et avec lui la quasi-totalité des gouvernants et politiques, que c’est justement l’Italie qui a joué un rôle déterminant pour allumer en 2011 le « foyer » de cette guerre dont l’hécatombe de migrants est une des conséquences. Sur la rive sud de la Méditerranée, face à l’Italie, se trouvait un État qui — d’après même la Banque mondiale en 2010 — avait « de hauts niveaux de croissance économique », avec une augmentation annuelle du PIB de 7,5 %, et enregistrait « des indicateurs de développement humain élevés » parmi lesquels l’accès universel à l’instruction primaire et secondaire et, pour 46 %, à celle de niveau universitaire. Malgré les disparités, le niveau de vie de la population libyenne était notablement plus haut que celui des autres pays africains.


En témoigne le fait qu’environ deux millions d’immigrés, en majorité africains, trouvaient du travail en Libye. Cet État, en plus de constituer un facteur de stabilité et de développement en Afrique du Nord, avait favorisé par ses investissements la naissance d’organismes qui auraient pu un jour rendre possible l’autonomie financière de l’Afrique : la Banque africaine d’investissement, avec siège à Tripoli ; la Banque centrale africaine, avec siège à Abuja (Nigeria) ; le Fonds monétaire africain, avec siège à Yaoundé (Cameroun).


Après que des secteurs tribaux hostiles à Tripoli aient été financés et armés de telle sorte que le « printemps arabe » prît en Libye, dès le début, la forme d’une insurrection armée provoquant la riposte gouvernementale, l’État libyen fut démoli par la guerre en 2011 : en sept mois, l’aviation USA/OTAN effectuait 10.000 missions d’attaque, avec plus de 40.000 bombes et missiles. À cette guerre participa l’Italie avec ses bases et forces militaires, déchirant le Traité d’amitié, partenariat et coopération entre les deux pays.


« En souvenir des luttes de libération et du 25 avril — déclarait le président Napolitano le 26 avril 2011 — nous ne pouvions pas rester indifférents à la réaction sanguinaire du colonel Kadhafi en Libye : d’où l’adhésion de l’Italie au plan d’interventions de la coalition sous conduite OTAN ».


Pendant la guerre furent infiltrées en Libye des forces spéciales, dont des milliers de commandos qataris, et simultanément furent financés et armés des groupes islamistes, qualifiés de terroristes quelques mois auparavant encore.


Il est significatif que les milices islamistes de Misrata, qui lynchèrent Kadhafi, occupent maintenant l’aéroport de Tripoli.


Dans ce cadre se sont formés les premiers noyaux de l’ISIS (Eiil) qui, passés après en Syrie, ont construit le gros de leur force en lançant ensuite l’offensive en Irak.


En jouant un rôle de fait fonctionnel à la stratégie USA/OTAN de démolition des États à travers une guerre secrète. « Il est désormais évident — déclare le président Napolitano — que chaque Etat failli devient inévitablement un pôle d’accumulation et de diffusion mondiale de l’extrémisme et de l’illégalité ». Reste seulement à voir quels sont les « États faillis ». Ce ne sont pas les États nationaux comme la Libye, la Syrie et l’Irak qui, situés dans des aires riches en pétrole ou avec une position géostratégique importante, sont totalement ou en partie hors de contrôle de l’Occident, et sont ensuite démolis par la guerre.


Ce sont en réalité les plus grands États de l’Occident qui, en trahissant leurs Constitutions, ont failli comme démocraties, en revenant à l’impérialisme du 19e siècle.



Par Manlio Dinucci - Edition de mardi 26 août 2014 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/gli-stati-falliti/ — Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


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Et alors, toujours là ?

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Quand François Hollande estimait qu'en cas de crise profonde le Président de la République devait démissionner..., mais <<c'était avant ! >> (comme dirait la pub bien connue).


Bye Flamby !  -  Duc


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LLN - La recherche d'un kot

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Dans quelques semaines, de nombreux élèves deviendront étudiants et quitteront le cocon familial pour s'installer en kot. Un parcours qui pourrait s'avérer pénible, surtout à Louvain-la-Neuve où le manque de logements fait exploser les prix du privé.


La problématique du logement à Louvain-la-Neuve n'est pas neuve, mais elle s'aggrave chaque année.


Bien que l'Université Catholique de Louvain (UCL) possède, tous campus confondus, le plus grand parc immobilier des universités en Europe, les 4.278 lits mis à disposition sur le site de Louvain-la-Neuve sont loin d'être suffisants.

Pour accueillir au mieux ses étudiants, l'UCL investit dans de nouveaux logements. Avec son plan de logement, l'université vise les 6.000 lits sur le site de Louvain-la-Neuve d'ici 2017 et, ce, en maintenant les prix actuels variant de 245 à 340 euros mensuels.


Les 550 chambres mises à disposition par l'université sont réservées depuis début juillet et près de 600 futurs étudiants ont dû être redirigés vers le privé. 


Il y a quelques années, l'université catholique a lancé un programme visant à atteindre le nombre de 6.000 chambres tous campus confondus pour 2017. Deux nouveaux bâtiments ont déjà ouverts leurs portes en 2011 et 2013, les "Mercator" I et II. Conformément à la politique de l'UCL ils sont beaucoup moins énergivores que les anciens bâtiments. Ils sont notamment équipés de panneaux solaires, de réservoirs d'eau chaude et d'une ventilation contrôlée à double flux.


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Quid des Kots privés à LLN ?


La presse crie toujours "au loup" en parlant des propriétaires privés, mais elle ne signale jamais qu'il est impossible aux propriétaires privés de pratiquer les mêmes prix que l'UCL.


Pour faire simple, je m'en tiendrai au fait que l'UCL n'est pas imposée sur les loyers et ne paye pas un Syndic obligatoire pour gérer ses kots.


En clair, seule +/- la moitié du loyer payé par l'étudiant revient au propriétaire (après déduction des frais de chauffage, électricité, entretiens, rénovations, syndic, réparations, assurances, etc). Avec cette +/- moitié, le propriétaire devra encore payer le précompte immobilier et l'impôt des personnes physiques.


Et savez-vous combien coûtait l'achat d'un kot en début d'année ?

Tenez-vous bien : 60.000 euros !


Si vous faisiez réellement les comptes des propriétaires privés "normaux", vous vous rendriez vite compte qu'en matière de revenu net de loyer, ils gagnent finalement beaucoup moins que l'UCL même si le loyer est plus élevé.


D'autre part, des propriétaires "normaux" et "sérieux", il en existe à Louvain-La-Neuve et vous les trouverez ici :


IGB - Place de l’Équerre, 29/104 à Louvain-La-Neuve


Contact : PDF  ou Site  ou  tél 010.45.08.25


du lundi au vendredi de 09.00 hr à 12.30 hr.  

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James Foley tué il y a un an ?

James Foley tué il y a un an ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


James Foley tué il y a un an ?


Nouveau doute sur le récit derrière la vidéo

Par Paul Joseph Watson


Un nouveau doute a été jeté sur le récit concernant la vidéo de décapitation de James Foley après qu’un porte-parole du gouvernement syrien ait affirmé que le journaliste américain a été tué par des militants ISIS il y a un an.


Suite à la diffusion, la semaine dernière, d’une vidéo qui visait à démontrer l’assassinat de Foley, des experts médecins légistes avaient conclu que la vidéo était mise en scène avec « des utilisations trompeuses de la caméra et des techniques sophistiquées de postproduction », validant ainsi l’analyse de Infowars qui considérait la vidéo très douteuse étant donné qu’elle a été immédiatement utilisée comme justification pour des frappes militaires contre la Syrie.


Le porte-parole officiel du gouvernement syrien, Bouthaina Shaaban a compliqué encore plus les choses en affirmant que Foley avait été assassiné par des militants de l’Etat Islamique il y a un an.


« James Foley a été arrêté par l’armée syrienne libre et a été vendu à ISIS [NDLR EIIL : État Islamique en Irak et au Levant]. Vous pouvez vérifier auprès de l’ONU... James Foley a été tué il y a un an, pas maintenant.


Ils publient les photos maintenant, mais il a été tué il y a un an. Nous avons des renseignements précis, l’ONU dispose de ces informations », a déclaré Shaaban.


Cette déclaration contredit le récit disant que la famille de Foley a reçu le 12 août une lettre des militants ISIS menaçant d’exécuter le journaliste si Barack Obama donnait le feu vert pour des frappes aériennes sur les militants de l’État Islamique.


La vidéo de décapitation de Foley a été utilisée comme tête d’affiche pour la réalisation de ce que Washington n’avait pas réussi à faire suite à l’attaque d’armes chimiques de l’an dernier dans Ghouta — créer un consensus pour un assaut militaire sur la Syrie.


Les fonctionnaires et les législateurs ont cité la vidéo comme fournissant un « nouveau contexte » qui légitime une expansion de l’activité militaire des États-Unis dans le Moyen-Orient.


Bien que les frappes aériennes cibleront ostensiblement les combattants ISIS et non les positions du gouvernement syrien, Assad a affirmé à plusieurs reprises que toute action militaire des États-Unis en Syrie sera considérée comme un acte de guerre, menaçant d’enflammer toute la région.


Selon les rapports d’aujourd’hui, Obama a ordonné à un avion-espion US de commencer à patrouiller dans le pays en vue de lancer un assaut militaire. « Une étape qui plongerait les États-Unis dans un pays déjà ravagé par une guerre civile inextricable », rapporte le Daily Mail.

 



Traduction Rochelle Cohen pour Agence Info Libre — Source : InfoWars  - 26 août 2014 

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Ukraine : déroute et perspective

Ukraine : déroute et perspective | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Ukraine : déroute et perspective


La situation militaire continue d’évoluer en faveur des insurgés, comme le décrivent maintenant des sources multiples, tant occidentales qu’insurgées. La situation militaire peut s’interpréter comme suit :


(a) Au sud de DONETSK, les forces de Kiev sont à l’évidence en pleine déroute. Un encerclement considérable est en train d’avoir lieu. Les unités encerclées n’auront probablement pas d’autre choix que la destruction ou se rendre en Russie après avoir été désarmées. Un correspondant estime entre 4 000 et 5 000 hommes les forces encerclées, avec un matériel considérable. Vers la côte de la mer d’Azov, la panique qui a frappé les troupes de Kiev a conduit les insurgés à avancer très vite et à prendre le contrôle de Novoazovsk. Le manque d’effectif chez les insurgés limite néanmoins les gains territoriaux et il est douteux, à l’heure actuelle, qu’ils aient les forces de prendre Mariupol, sauf si cette ville était abandonnée par les forces de Kiev. Cependant, des opérations semblent être conduites au nord de Volnobakha, sur la route allant de Donetsk à Mariupol. 


Voir la carte 1 (ci-dessus)


(b) Sur la partie nord du front, les insurgés ont encerclé plusieurs unités qui attaquaient Lugansk par le sud et semblent avoir liquidé au moins l’une des « poches ». Ceci aurait pour effet de rouvrir la grande route qui va de Lugansk à la frontière russe, en passant par Krasniy Luch et Antracit. Différentes poches se sont ainsi constituées, avec un total de 3 000 à 5 000 hommes. Globalement, c’est probablement 10 000 soldats de Kiev (armée régulière et Garde Nationale) qui sont encerclés et qui devront se rendre d’ici quelques jours. Les insurgés conduisent actuellement des opérations offensives vers Lisichansk, à l’Est, mais à la hauteur de Slavyansk.



Voir la carte 2 (ci-dessus)


Au total, entre les forces encerclées et les unités qui ont été détruites dans les combats de ces derniers jours, les forces de Kiev auraient perdu environ 12 000 à 15 000 hommes, soit le tiers des effectifs engagés dans les opérations contre les insurgés. Des quantités importantes de matériel militaire ont été saisies. C’est une victoire majeure pour ces derniers, dont les conséquences politiques sont considérables.

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  1. Il est clair que l’insurrection ne sera pas écrasée militairement. De ce point de vue, l’insurrection a gagné. Kiev ne dispose plus des réserves suffisantes pour reprendre l’offensive. Tout au plus les forces de Kiev peuvent espérer stabiliser le front autour d’un « demi-carré » dont le flanc ouest irait de Mariupol à Slavyansk et le flanc nord de Slavyansk à la frontière russe. Cependant, pour cela, elles devront surmonter la grave crise de commandement et de crédibilité qu’elles connaissent aujourd’hui.
  2. La question d’un cessez-le-feu se pose, et ce dernier sera sans doute rendu possible par l’épuisement progressif des forces insurgées. Si ces dernières sont aujourd’hui à l’offensive, elles seront contraintes de s’arrêter par manque d’effectifs et manque de moyens d’ici au début du mois de septembre.
  3. Si un cessez-le-feu s’impose, ne serait-ce que pour des raisons humanitaires, la question du devenir politique de l’entité constituée par les insurgés (Novorossiya) se pose. Après les combats de l’été, et les attaques systématiques dont les populations civiles ont été l’objet, l’hypothèse fédérale est désormais obsolète. La constitution d’une ou de plusieurs provinces autonomes, formellement reconnaissant le gouvernement de Kiev mais, dans la pratique, établissant elles-mêmes leurs propres lois et leurs propres accords commerciaux, semble maintenant la solution la plus raisonnable. Cela ne veut, hélas, pas dire qu’elle sera celle qui prévaudra.
  4. On peut craindre que s’installe une situation « ni paix, ni guerre », avec des incidents constants sur la ligne de contact entre les forces de Kiev et celles des insurgés. Cette situation ferait courir le risque d’une reprise de l’offensive de Kiev ou de la part des insurgés. Il faudrait, alors, recourir à des forces d’interposition, qui soient acceptables par l’une et l’autre des parties en présence. Compte tenu de l’engagement des pays de l’UE au profit de Kiev, il est peu probable que cette force d’interposition puisse être européenne. Elle devra être trouvée, sous l’autorité des Nations Unies, au sein des pays émergents (Brésil, Chine, Inde).
  5. Une telle évolution serait une défaite politique et symbolique majeure des autorités de l’Union Européenne, obligées d’accepter que des puissances non européennes viennent maintenir la paix en Europe. Ce serait fort symbolique de l’effacement politique progressif de l’UE sur le continent européen.

 



Par Jacques Sapir – RussEurope – le 27 août 2014

 

Jacques Sapir : ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s’est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone euro.


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Sortons de l'OTAN, l'UE et l'euro...


Sortons de l'OTAN, l'UE et l'euro ! Rejoignons les BRICS !

 

Un monde nouveau s’ouvre sous nos yeux avec les initiatives des pays du BRICS pour s’émanciper de la tutelle financière et s’orienter dans une dynamique de progrès technologiques, scientifiques et humains.

Nouvelle institution de crédit, projet spatial et fusion nucléaire sont au programme.


Par Solidarité & Progrès - vidéo ajoutée sur YouTube le 25 août 2014


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BE - Black-out l'hiver prochain ?

BE - Black-out l'hiver prochain ? | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

 

Il y a un réel risque de black-out pour l’hiver prochain


« La situation est structurellement plus mauvaise qu’en 2013. Mais il est encore temps de prendre des mesures », a-t-il laissé entendre. En concertation avec la CREG et afin d’encourager les acteurs du marché de l’électricité à arriver à l’équilibre dans leur portefeuille, Elia a mis en place, en cas de pénurie, un tarif de déséquilibre fixé à 4.500 euros/MWh, soit 100 fois plus qu’en temps normal.


Les fournisseurs d’électricité devront payer cette somme « pour chaque MWh consommé par leur clientèle qui n’aurait pas été produit, importé ou évité (par de la gestion flexible de la demande) au sein de leur portefeuille. Inversement, les acteurs avec un portefeuille excédentaire recevront le même montant de 4.500 euros/MWh », explique Elia.


« Il s’agit d’un mécanisme très incitant et dont le coût final est nul. Celui qui rencontre une pénurie paie à celui qui est en excédent », résume Jacques Vandermeiren, CEO d’Elia. La non-disponibilité des centrales Doel 3, Tihange 2 et, depuis peu, Doel 4 constitue, d’après le gestionnaire du réseau à haute tension, « un incident imprévu », à cause duquel il existe un risque de pénurie d’électricité.


Ce risque surviendra surtout en cas de périodes froides ou sans vent, empêchant l’apport de l’éolien ou du photovoltaïque. Dans « le pire des cas », il faudra alors procéder à un plan de délestage sélectif dans les zones rurales. Un certain nombre d’utilisateurs sera alors privé d’électricité durant une période aussi brève que possible, afin de rétablir au plus vite une situation d’équilibre sur le réseau. Cela constitue la mesure ultime afin d’éviter un effondrement du réseau.


À partir du mois de novembre, Elia informera les citoyens de façon quotidienne via le site internet www.pretpourlhiver.be. Enfin, d’après le gestionnaire du réseau, le gouvernement fédéral dévoilera le 3 septembre prochain les détails du plan d’urgence en cas de pénurie.

 


Par la Rédaction de Trends Tendances – le 26 août 2014

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Ebola : le mensonge généralisé

Ebola : le mensonge généralisé | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Ebola : le mensonge généralisé


Alors que le journal Le Monde parle quotidiennement de « ravages » et de « catastrophe », la réalité est que l’épidémie de virus Ebola reste d’ampleur très modeste.


La presse parle de 1229 morts entre mars et août 2014 sur l’ensemble de l’Afrique, et encore ce chiffre n’est-il pas exact.

Si vous vous rendez sur la page du site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) traitant du sujet, vous vous rendez compte qu’il y a en fait 788 décès formellement identifiés comme causés par le virus Ebola. Les autres sont des cas « suspects » ou « probables ». [1]

Ce sont bien sûr 788 morts de trop, mais il faut comparer aux 1,2 MILLION de morts causés annuellement par le paludisme [2], ou aux 2000 morts causés annuellement en France par la grippe saisonnière. [3]



Très peu de contagion


Les images de soignants portant des masques et des combinaisons intégrales pour s’approcher des malades suspectés sont insensées et dignes d’un mauvais film de science-fiction.


Car le virus Ebola ne se transmet absolument pas si facilement :


« Il faut un contact direct avec un liquide biologique comme le sang, les selles, les vomissures. Il n’y a aucune transmission par voie aérienne. C’est-à-dire que, lorsqu’une personne parle ou tousse, elle ne répand pas le virus Ebola dans l’air ambiant » explique le Pr Bruno Marchou, chef de service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital de Purpan, à Toulouse. [4]


Autrement dit, le virus Ebola est comparable au SIDA pour son mode de propagation. Il faut vraiment être au contact du sang ou du liquide biologique du malade pour risquer soi-même d’être contaminé.


Cela veut dire, toujours selon le Pr Bruno Marchou, que le virus Ebola : « n’atteindra pas le stade pandémique. À Conakry (capitale de la République de Guinée), ils avaient initialement plusieurs dizaines de cas parmi le personnel hospitalier. Ils ont réussi, en appliquant des mesures d’hygiène standard simples, à endiguer la propagation du virus parmi leur personnel. » Ces mesures d’hygiène n’ont rien de sorcier : « Quand on s’occupe d’un patient, on se couvre les mains avec des gants. Si le patient vomit, il faut aussi se couvrir le visage. C’est le b.a-ba. On fait ça tous les jours » continue-t-il.



« La mort dans 20 à 90 % des cas »


Sandrine Cabu, de Médecins Sans Frontières, interrogée par Le Monde, explique que le virus Ebola entraîne « la mort dans 20 à 90 % des cas ». Pourquoi une fourchette aussi absurdement large ?


Parce que le virus Ebola est surtout dangereux quand il est mal soigné. Les personnes meurent de déshydratation ou d’hémorragies, mais le traitement consiste alors simplement à hydrater ou à transfuser le patient, pas à lui donner un vaccin ni un hypothétique médicament. Il ne faut pas croire ce que prétend l’industrie pharmaceutique qui aimerait pouvoir vendre aux gouvernements une poudre de perlimpinpin comme elle l’avait fait pour le Tamiflu.



« Les nouveaux médicaments ne sont pas la solution contre Ebola », selon un expert en maladies infectieuses


La solution contre l’épidémie consiste à respecter des mesures simples et de bon sens : hygiène, bonne nutrition, vitamine D, vitamine C.


Selon Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses des États-Unis, l’outil le plus efficace contre Ebola est de prodiguer les soins de base aux malades.


« La véritable priorité devrait être de créer des infrastructures médicales dans les pays touchés pour fournir aux malades le soutien médical de base comme l’hydratation et la transfusion sanguine. Cela aura un beaucoup plus gros effet sur la santé que la distribution au hasard de quelques médicaments expérimentaux. » [5]


Selon Thomas E. Levy, auteur d’un article récent sur les remèdes potentiels contre le virus Ebola [6] :


« Jusqu’à présent, il n’y a pas un seul virus testé qui n’ait pas été inactivé par une certaine dose de vitamine C. Un des moyens prioritaires pour détruire le virus, ou programmer sa destruction par le système immunitaire, est d’activer la « réaction de Fenton ». En un mot, cette réaction peut se produire à l’intérieur du virus, dans les cellules où les virus se répliquent et à la surface des virus eux-mêmes. »


Il n’y a donc aucune raison de suspecter le virus Ebola de se transformer brutalement en une pandémie à l’échelle de l’Afrique, et encore moins dans le reste du monde.


Mais il n’y aucun doute que cette psychose peut servir les intérêts financiers de quelques-uns.



Semer la panique : un business très lucratif


La panique autour du virus Ebola rappelle évidemment la grippe aviaire de 2005 et la grippe porcine (H1N1) de 2009.


Ces deux « pandémies imminentes » ont été l’occasion de manipuler grossièrement les opinions publiques pour justifier la vaccination en masse des populations, qui s’est révélée entraîner de terribles effets secondaires, dont la narcolepsie, un très grave trouble du sommeil. [7]

En 2009, l’Organisation Mondiale de la Santé a prédit qu’un tiers de la population mondiale pourrait être touchée par la grippe H1N1, avec des effets incalculables. La ministre de la Santé Roselyne Bachelot n’avait alors pas hésité à commander 94 millions de vaccins ! Les Français n’ayant été que 6 millions à se faire vacciner, Mme Bachelot avait, dès le mois de janvier 2010, annulé auprès des laboratoires pharmaceutiques la livraison de 50 millions de doses et fait verser par l’État en dédommagement près de 48 millions d’euros aux laboratoires. [8]


Quant au fameux médicament antiviral « miracle », le Tamiflu, son effet réel n’est que de réduire la durée des symptômes de moins d’une journée, sans limiter d’aucune façon les hospitalisations. Une étude britannique a conclu que la distribution de Tamiflu contre la grippe H1N1 a eu pour seul effet de… gaspiller 500 millions de Livres sterling.


En effet, la saison de grippe 2009 se révéla finalement moins grave que d’habitude, malgré la présence de la souche H1N1. De plus, de nombreux prétendus cas de grippe H1N1 se révélèrent ne même pas être des grippes, mais de simples rhumes, ce qui n’est pas sans rappeler ce cas de virus Ebola à Berlin qui s’est finalement révélé être… une gastro. [9]



Jouer avec le feu


Toutefois, les titres excessifs martelés par la presse sont à mon avis très dangereux :


« Une épidémie absolument pas sous contrôle, sans précédent », Médecins Sans Frontières, le 30 juillet 2014. [10] [11]

« Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest », Le Monde, 15 août 2014. [12]

« L’OMS décrète une urgence de santé publique de niveau mondial », France 24, le 20 août 2014. [13]

Cette psychose est en train de semer la pagaille en Afrique, où des gouvernements sont ni plus ni moins en train de fermer les frontières, mobiliser les armées pour réprimer les populations, et même isoler sans raison des dizaines de milliers de malheureux, hommes, femmes, vieillards et enfants mis en quarantaine dans un bidonville du Libéria, sans nourriture ni eau. [14]


« Pour espérer contenir l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui fait rage au Liberia (…) le gouvernement prend des mesures draconiennes. Deux quartiers de la capitale, Monrovia, ont été placés en quarantaine et sous surveillance sécuritaire, alors que dans le reste du pays, un couvre-feu a été instauré. », Le Monde du 22 août 2014.



« Tirer à vue »


Dimanche 24 août, on apprenait que, au Sierra Leone :

« Le parlement a adopté un projet de loi qui interdit d’héberger des malades. Les contrevenants sont passibles de deux ans de prison. [15] »


Lundi 25 août, pire encore : le gouvernement du Libéria ordonne à ses soldats de « tirer à vue » sur les personnes qui chercheraient à passer la frontière, soi-disant pour empêcher l’épidémie de se propager ! [16]


Ces réactions totalement excessives risquent de provoquer une vraie catastrophe humanitaire, bien plus grave que le virus Ebola lui-même.


Des mesures commencent également à être prises contre les Africains au niveau international :


« Au niveau international, les citoyens de ces pays font l’objet d’une quarantaine de plus en plus stricte avec la fermeture des frontières, la suspension des vols de la plupart des compagnies aériennes qui les desservaient, le rapatriement des membres des familles du personnel diplomatique dans ces pays, l’annulation de conférences internationales, la délocalisation d’événements sportifs, etc. » note Rue 89. [17]


En Corée, de véritables réactions racistes éclatent contre les Africains, interdits d’entrée dans certains magasins. [18]



Le mythe du passager infecté dans l’avion


À écouter les autorités et nos journalistes, on croirait qu’une épidémie de virus Ebola peut se déclencher à tout instant en Europe : il suffirait que débarque un Africain touché par la maladie arrivé par avion. Cette hypothèse est parfaitement irréaliste. Elle ne traduit qu’une ignorance complète de ce qu’est réellement le virus Ebola.


Ne succombons ni à la psychose ni à une forme de racisme qui ne dit pas son nom.


L’épidémie de virus Ebola ne sera correctement endiguée en Afrique que si toute violence et toute mesure répressive cessent. Qu’on laisse chaque patient être pris tranquillement en charge par un personnel ayant une formation médicale de base, et prenant les mesures d’hygiène évidentes.


N’envoyons ni cargaisons de vaccins en Afrique ni médicaments. Cela ne servirait qu’à enrichir les laboratoires pharmaceutiques et à provoquer des dégâts bien plus graves par les effets secondaires de ces médicaments.


À votre santé !


Par Jean-Marc Dupuis – Santé Nature Innovation - le 26 août 2014

 

Notes :

[1] Maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest – mise à jour

[2] La mortalité due au paludisme plus forte que prévu

[3] Nombre de décès dus à la grippe en France

[4] « Je n’ai pas peur du virus Ebola, mais de la panique qu’il va provoquer ».

[5] Fauci : New drugs not the best answer for Ebola

[6] Surprising solution for Ebola virus

[7] Des troubles neurologiques rares liés au vaccin anti-H1N1

[8] La grippe h1n1 finit en coûteuse fumée

[9] Alerte au virus Ebola : ce serait en fait une gastro

[10] Ebola : plus de 1.300 cas, 729 décès, 4 pays, une épidémie « sans précédent

[11] Ebola : le Sénégal ferme ses frontières avec la Guinée

[12] Le virus Ebola continue de dévaster l’Afrique de l’Ouest

[13] Ebola : l’OMS décrète une « urgence de santé publique de portée mondiale »

[14] Ebola : au Liberia, un bidonville coupé du monde

[15] Ebola : la Côte d’Ivoire ferme ses frontières ouest

[16] Shoot-on-sight order in Ebola-wary Liberia

[17] Ebola : ignorance, paranoïa et mise en quarantaine

[18] Ebola : ignorance, paranoïa et mise en quarantaine.


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LIBYE - Mystérieuses frappes

LIBYE - Mystérieuses frappes | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Légende et source carte : carte de localisation des raids aériens des Emirats arabes unis contre des milices islamistes en Libye ( AFP - INFOGRAPHIE ) - centrepresseaveyron.fr



LES ÉTATS-UNIS SONT FURIEUX D’APPRENDRE QUI EST DERRIÈRE LES « MYSTÉRIEUSES » FRAPPES EN LIBYE


Ces dernières semaines, nous avons été confrontés à un nouveau mystère : une entité « inconnue » s’est livrée à des frappes dans une Libye qui vit une crise politique d’une telle ampleur, que les titres comme ceux-ci sont devenus la norme :


  • DES MILICIENS ONT MIS LE FEU A LA MAISON DU MP LIBYEN THENI : AL ARABIYA

 

  • LES VOISINS DE LA LIBYE SE METTENT D’ACCORD POUR NE PAS INTERVENIR DANS LES AFFAIRES LIBYENNES ET APPELLENT AU DIALOGUE NATIONAL

Les frappes ont surpris tous les médias, y compris Reuters qui, pendant le week-end, rapportait que « Des avions de guerre non identifiés ont attaqué, samedi, les positions d’une faction armée dans Tripoli, la capitale de la Libye, selon des habitants et des médias locaux.


La chaîne locale al-Nabaa a rapporté que les avions avaient attaqué quatre positions de la milice Opération Dawn, un regroupement des forces de tendance islamiste de Misrata qui essaie de déloger les brigades de Zintan, qui se trouvent, elles aussi, dans l’ouest de la Libye ». Cette information a suivi l’annonce par le gouvernement, lundi, que des avions de combat inconnus avaient bombardé des positions de factions armées à Tripoli, dans une attaque revendiquée par un général renégat de Benghazi.


Il s’avère que le général renégat mentait et essayait simplement de s’attribuer le mérite des actions d’un tiers. Ce parti tiers, ou plutôt ces partis tiers, se sont révélés être l’Égypte et les Émirats Arabes Unis (EAU) qui, selon le New York Times, « se sont coalisés secrètement pour lancer des attaques aériennes contre les milices alliées aux islamistes qui se battent pour le contrôle de Tripoli en Libye, selon quatre officiels étatsuniens, dans un conflit qui s’exacerbe sans cesse entre les supporters et les opposants de l’Islam politique ».


Ce qui est étonnant, ce n’est pas l’intervention : après tout, il ne se passe pas une journée désormais sans qu’il y ait une invasion petite ou moyenne, quelque part, dans un monde où ce que racontent les médias n’a plus d’importance.


Ce qui est étonnant, c’est que les deux pays ont pris, sans vergogne, le parti de ne pas consulter le seul pays qui avait pourtant bien averti qu’il avait des intérêts nationaux en Libye : les États-Unis



Selon les officiels, les États-Unis ont été pris par surprise : L’Égypte et les Émirats, tous les deux des alliés proches et des partenaires militaires, ont agi sans informer Washington, ni lui demander son accord, laissant l’Administration Obama sur la touche.


Et ce qui est pire encore : les officiels égyptiens ont spécifiquement nié être à l’origine de cette opération, selon les officiels.


On dirait que la Chine et la Russie, qui ont récemment ignoré et/ou se sont moqués du statut de superpuissance des États-Unis, font de plus en plus d’émules, même dans les républiques les plus « bananières » de la planète. On peut dire ce qu’on veut des Administrations précédentes, mais il est très peu probable qu’un régime, quel qu’il soit, surtout un aussi grand allié des États-Unis que les Émirats Arabes Unis, et à un moindre degré l’Égypte, aurait osé lancer une opération militaire de cette envergure sans en avoir préalablement référé au Pentagone ».


Alors, maintenant que l’on sait qui sont les « mystérieux » responsables des frappes punitives, la prochaine question qu’on peut se poser est : pourquoi ?


La réponse est simple : pour stopper les islamistes. Et comme on ne peut plus compter sur les États-Unis pour faire ce que ses anciens principaux pétroalliés lui demandent, les Émirats Arabes Unis ont décidé de prendre les choses en main.


Les frappes constituent un nouvel élément à haut potentiel déstabilisateur dans une lutte pour le pouvoir qui a éclaté dans le pays dans la foulée des révolutions du Printemps arabe et qui oppose des autocrates arabes à l’ancienne aux islamistes.


Depuis le renversement par l’armée du président islamiste en Égypte, l’année dernière, le nouveau gouvernement égyptien, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont formé une coalition qui utilise son influence dans la région pour repousser ce qu’ils considèrent comme une menace islamiste à leur suprématie.


Les mouvements islamistes, qui ont émergé à la faveur des printemps arabes, avec le soutien de la Turquie et du Qatar, se sont groupés contre eux, y compris les Frères musulmans.


Les « autocrates arabes à l’ancienne » considèrent sans doute que l’invasion militaires est justifiée (il leur suffit pour le prouver de pointer du doigt ce que les États-Unis font en Irak), mais cela ne signifie pas que les États-Unis sont contents d’avoir été mis devant le fait accompli. C’est bien sûr tout le contraire, les États-Unis sont « furibards » (peut-être parce que ce ne sont pas eux qui ont mené l’attaque ?).


La Libye est le plus récent et le plus épineux champ de bataille. Selon plusieurs officiels, les diplomates étatsuniens sont furibards parce qu’ils pensent que ces frappes aériennes pourraient encore aggraver le conflit libyen, au moment où les Nations-Unies et les puissances occidentales recherchent une solution pacifique. 


« Pour nous, cela n’est pas du tout constructif », a dit un officiel de haut rang.
…
Les EAU n’ont pas abordé directement le sujet des frappes. Mais, lundi, un journal de l’Émirat a publié une déclaration d’Anwar Gargash, le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères, disant que les questions sur le rôle des Émirats étaient une manière pour les islamistes de « détourner l’attention » des résultats des récentes élections, qui marquaient un désir de « stabilité » et le rejet des islamistes. Les allégations sur le rôle des EAU, a-t-il dit, venaient d’un groupe qui « se couvrait du manteau de la religion pour atteindre ses objectifs politiques », ajoutant que « les gens s’étaient rendu compte de leurs mensonges et de leurs échecs ».


Ce qui est plus important, c’est que, comme le note The New York Times, cette dernière escalade en matière d’intervention politique directe sur le territoire d’un état souverain signifie que le Moyen-Orient n’est plus un terrain de guerre par procuration : après tout, pourquoi tourner autour du pot quand on peut bombarder directement un pays voisin sans craindre les représailles de la communauté internationale, comme viennent de le faire Abu Dhabi et Le Caire :

 

Selon des officiels, le gouvernement du Qatar a déjà fourni des armes et du soutien aux forces islamistes de Libye, par conséquent les nouvelles frappes indiquent qu’on est en train de passer de la guerre par procuration (dans lesquelles les puissances régionales se servaient d’alliés locaux pour atteindre leurs objectifs) à une implication directe.


Tout cela ne nous dit pas si les frappes ont atteint leur objectif. Eh bien, non, elles n’ont pas réussi à juguler les progrès des miliciens.


Les frappes se sont aussi révélées contre-productives jusqu’ici : les milices islamistes qui se battent pour le contrôle de Tripoli ont réussi à prendre l’aéroport durant la nuit qui a suivi la seconde attaque.


Selon des officiels étatsuniens, l’Égypte a fourni les bases d’où étaient lancées les frappes. Le président d’Égypte Abdel-Fattah el-Sisi et d’autres officiels ont fait des déclarations publiques fermes, mais formulées avec prudence, afin de démentir toute implication directe des forces égyptiennes en Libye. En privé, selon les officiels, leurs dénégations avaient été plus radicales.
…
Selon des officiels étatsuniens, le succès du premier raid a pu pousser l’Égypte et les EAU à croire qu’ils pouvaient procéder à des frappes sans être repérés. Ou alors l’audace de l’attaque reflète le poids de leur détermination à stopper ou à anéantir l’Islam politique.  


« Le plus ironique dans tout cela, exactement comme dans le cas d’Isis, c’est que si les Émirats ont sans doute la meilleure flotte aérienne de la région et s’ils sont capables d’attaquer directement leurs propres ennemis, c’est grâce à l’entraînement et l’aide que les États-Unis leur ont fournis.


On peut donc commencer le compte à rebours du moment où les États-Unis, dans leur effort pour empêcher l’ascension d’une nouvelle puissance régionale, armeront les mêmes islamistes qu’ils soutenaient en Égypte avant le fiasco Morsi, en se faisant encore plus d’ennemis, pendant que le reste du monde attend de voir comment leur dernière fourniture d’armes va se retourner contre les intérêts des États-Unis dans la région ou, comme Isis l’a montré, contre les États-Unis eux-mêmes.


Quoi qu’il en soit, les États-Unis n’ont désormais d’autres choix que d’intensifier leur présence dans une région qui est en train de se transformer rapidement en ruines, grâce à « l’assistance et l’entraînement » militaires étatsuniens, qui ne profite à personne, hormis évidemment à quelques conglomérats militaro / industriels américains et au consortium bancaire international de blanchiment d’argent.




Par Tyler Durden (Zero Hedge), le 25-08-2014
Traduit par Dominique Muselet pour vineyardsaker.fr


Source :

US Furious After Source Of « Mystery » Libya Bombing Raids Revealed

Pour approfondir :

Voilà qu’on strike sans autorisation US ! (publication en français complet d’un article de defensa.org du 26-08-2014)


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Chine - Son système d'exploitation

Chine - Son système d'exploitation | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

 

 

La Chine va lancer son propre système d’exploitation

 

C’est depuis le début de l’année que l’on connait l’existence de COS, pour China Operating System, un système d’exploitation financé par le gouvernement chinois.


Ce véritable système d’exploitation multiplateforme se veut une véritable alternative à Windows et OS X auprès des consommateurs.


Développé par l’institut du Logiciel au sein de l’académie chinoise, ce système d’exploitation vise à ce que la Chine s’affranchisse du monopole détenu par les éditeurs étrangers.


Si COS ne pourra être installé que sur les PC pour le moment, l’intention de ses concepteurs est d’en faire un système multiplateforme à même de remplacer Windows, mais également OS X, Android et iOS.


Techniquement parlant, COS s’appuie sur le kernel Linux et supportera les applications HTML5 et Java.


Si percer sur le marché des systèmes d’exploitation semble improbable, on soulignera simplement que la Chine a par exemple banni l’utilisation de Windows au sein des ordinateurs du gouvernement, une forme de protectionnisme qui ouvre bien évidemment les portes de son marché à COS, quelque part un gage de succès vu la taille du marché chinois.


Reste maintenant à savoir si COS sera disponible à l’international, mais aussi de connaître la richesse de son catalogue applicatif.



Par reseauinternational.net - le 27 août 2014

Source : linformatique.org - Via : cameroonvoice.com


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Quelques frayeurs à Walibi

Quelques frayeurs à Walibi | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Le Cobra et le Loup-Garou coincés


Certains visiteurs du parc d'attractions Walibi ont eu quelques sueurs froides ce dimanche.


Deux attractions ont dû être mises à l'arrêt au milieu de leur trajet et les moins chanceux sont restés coincés 20 minutes à plusieurs mètres de hauteur.


L'incident n'a heureusement fait aucun blessé.


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Cette maison cache un secret...

Cette maison cache un secret... | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Cette maisonnette à priori « classique » cache un secret... qui va vous laisser sur place !


Un riche homme d’affaires nommé Girard « Jerry » B. Henderson a décidé en 1978 de construire la maison de ses rêves.

Des décorations pittoresques, une cuisine high-tech, tellement de belles choses dans de beaux espaces que vous en seriez aveuglé. (photo 1)

Mais ce n’est pas la meilleure partie de cette maison... et on en voit plein des super villas avec des super trucs (il suffit d’avoir plein d’argent !) 


Voici ce qui fait la différence...


Jerry était un peu (trop) paranoïaque à cause de la guerre froide, il a donc équipé sa maison d’une section cachée supplémentaire : un abri antiatomique souterrain. La partie souterraine de la maison a été faite pour ressembler à une maison avec cour. (photo 2)


La section souterraine de 1500 mètres carrés a été équipée et aménagée de telle sorte que la famille puisse vivre dans la clandestinité pendant une année entière (vous savez, dans le cas d’une apocalypse, mode survivaliste). Cela peut paraître fou et ça l’est... 



Par beautiful-pictures.fr 


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L'Empire US & la domination

L'Empire US & la domination | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it

Source dessin : www.planetenonviolence.org



L’Empire US, vers l’internationale totalitaire en chantant


Comme disait l’autre, les Étasuniens sont des gens vraiment formidables, pour peu que l’on puisse faire abstraction des morceaux de cervelles d’enfants qui pendouillent à leur parka.


Et si eux-mêmes y arrivent parfaitement, c’est que leur ascension en tant qu’hyperpuissance mondiale s’est accompagnée d’une descente dans une pathologie à mesure. Pathologie de la domination mêlant messianisme, exceptionnalisme (version américanisée de l’élitisme israélien), ivresse de puissance et, surtout, inculpabilité.


Une pathologie protéiforme terrifiante lorsqu’elle ronge l’âme d’un Empire disposant d’une capacité technologique et d’une puissance de feu inégalées dans l’Histoire de l’humanité, le tout dissimulé sous les paillettes hollywoodiennes et le vernis d’une machine de propagande qui le font passer pour vertueux. Décryptage.





Violence permanente


Au risque de nous répéter – risque parfaitement assumé, car il est pour nous cri par l’écrit –, il faut dire et redire encore que les États-Unis sont responsables des pires atrocités commises depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, que ce soit directement ou par supplétifs interposés. Vietnam, Cambodge, Panama, Nicaragua, Salvador, Guatemala, Chili, Pérou, Iran, Somalie, RDC et Serbie sont quelques-uns des pays qui ont eu à affronter dans un passé récent la machine de guerre US, ou ses commandos d’assassins et autres spécialistes du coup d’État.
 


Depuis vingt ans, la projection de violence de l’Empire, au besoin à l’aide de sa milice globalisée qu’est l’OTAN, n’a fait que gagner en intensité avec les massacres de masse et l’emploi méthodique de la torture (Irak/ so called War on Terror) ; les guerres d’occupation (Afghanistan) ; les régimes changent ou tentative de (Libye / Syrie / Ukraine) ; les campagnes systématisées d’assassinats extrajudiciaires (Yémen-Pakistan) ; les boucheries à grande échelle et les épurations ethniques par supplétifs interposés (Liban 2006 / Palestine 2002-2006-2008-2012-2014).



Tout cela sous couvert de lutte contre le communisme, puis contre le terrorisme ou, encore, en vertu de fumeux concepts d’inspiration droit-de-l’hommiste comme le « devoir de protéger », pour rendre vertueuses des guerres d’hégémonie ou pour le pétrole.



Cet océan de barbarie, de violence à grande échelle et d’assassinats plus ou moins ciblés – auquel il faut encore ajouter l’établissement d’un goulag électronique globalisé par la NSA et ses clones – n’entame pourtant en rien l’image que l’Empire assassin-espion a de lui-même, ou que ses admirateurs ont de lui.


C’est-à-dire d’une vertueuse nation de défenseurs de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme. 
À cela deux raisons principales : une pathologie de la domination qui empêche toute culpabilité ou introspection au sein de l’Empire, et bien sûr une formidable machine de propagande dont le grand œuvre est une inversion quasi complète de la réalité avec réécriture en temps réel de l’Histoire.





De la pathologie de la domination



Pour évoquer cette pathologie de la domination, nous allons largement piller un texte admirable de l’écrivain américain Norman Pollack.
 Et tout d’abord son constat que nous partageons sans réserve lorsqu’il dit : « Gaza symbolise où nous en sommes : l’éradication des aspirations humaines par des forces de procuration, ici Israël, là l’Ukraine, résidus fascistes de la Seconde Guerre mondiale (…). Le fait est là. Où que l’on regarde, on ne voit que les destructions et les souffrances humaines dues à ceux que nous soutenons, alors que, pendant ce temps, les USA agissent, de leur côté, pour mettre en place l’architecture militaire d’un modèle global dévoué au commerce, à la finance, et au pouvoir, avec son industrie de guerre fonctionnant à plein régime. »



Pour expliquer ce que nous nommons habituellement l’inculpabilité de l’Amérique au regard de ses innombrables crimes, Pollack avance l’idée de « bulle solipsiste», c’est-à-dire l’enfermement des États-Unis dans une perception du monde dans laquelle il n’y a pour le sujet pensant d’autre réalité que lui-même. Une bulle «qui entoure et engaine l’Amérique, avec ses caractères respectivement associés de xénophobie et d’ethnocentrisme, la peur de l’étranger, la relation dichotomique du nous-eux fondant l’idéologie de l’Exceptionnalisme. Et ses conséquences : un autoritarisme prépondérant, structurellement enraciné dans la personnalité américaine, ayant beaucoup à voir avec la rigidité, qui unifie et intègre l’élaboration de la politique actuelle du gouvernement des USA



Aux origines du mal, Pollack renvoie à cette version ultime du capitalisme sur les bases de laquelle l’Amérique a été fondée : «Un capitalisme qui cherche et promeut la création d’une uniformité politico-culturelle de la personne humaine nécessaire à l’installation de la discipline sociale (1). (…) Et tout cela en continuant par ailleurs de battre le tambour de la guerre, des interventions, de la supériorité et de l’infériorité dans la hiérarchie des nations.»

Ce dernier point renvoyant à la fameuse théorie de «l’exceptionnalisme américain» reprise par Obama, et qui offre d’ailleurs un inquiétant miroir au concept délirant de Peuple élu israélien.
 Pollack a encore raison lorsqu’il dénonce le fait que la récente polémique opposant Obama à Clinton s’est exercée «dans un bocal hermétiquement fermé». Tous deux n’étant que des fauteurs de guerre, les deux visages d’une même tête pilotée par le complexe militaro-industriel étasunien (2).
 Et Pollack en vient ensuite à sa sentence : «Irak, Afghanistan, Ukraine, Gaza, tout exhibe une arrogance systématique, qui fournit une couverture utile à ce que je considère être une carence morale, imperméable à la souffrance humaine, jouissant de l’auto-indulgence de la nation. (…) Froideur et rigidité, nous sommes au-delà de ça [la culpabilité face à nos crimes], protégés culturellement, institutionnellement, et politiquement de toute introspection (du retour sur soi) sur les faits que nous commettons ou omettons


«L’opinion publique dominée par un égrégore ?»


 

Ce constat fait, on ne peut qu’être consterné par le suivisme européen d’un tel Empire nihiliste, par cette fascination et cette croyance en l’Amérique d’Hollywood propagée par la plus formidable machine à enfumer jamais conçue.

Machine qui réussit le tour de force de convertir au fantasme d’un Empire vertueux des esprits que l’on peine pourtant à soupçonner d’idiotie.
 Dans un billet intitulé «L’opinion publique est dominée par un égrégore», Pascal Roussel s’interroge alors sur cette uniformité de la pensée en se demandant si «en Europe et aux États-Unis, le monde politique et les grands médias qui couvrent les questions financières ou géopolitiques ne sont pas collectivement sous l’influence malfaisante d’un égrégore – concept désignant un esprit de groupe, une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome – ?


La position atlantiste poussant alors les autres pays à se radicaliser.» 
Et, souligne-t-il, «l’Histoire a montré qu’une opinion publique dominée par un même esprit de groupe peut rapidement se retrouver confrontée à une guerre qu’elle n’a pas souhaitée.»





Où nous en sommes



Or c’est bien là où nous en sommes avec la crise ukrainienne, où l’on a vu l’alignement complet de tous nos médias sur la grande hystérie antirusse voulue par Washington.


Avec, en point d’orgue, la fumeuse accusation sans preuve, mais néanmoins globale contre Poutine suite au crash MH17, et dont on est à peu près sûr aujourd’hui qu’il a été abattu (pour une opération false flag ou par erreur) par l’armée ukrainienne.



Tout cela nous menant donc à la possibilité d’une guerre à grande échelle que sans doute peu de peuples souhaitent vraiment in fine.
C’est l’aboutissement de deux décennies de formatage complet de la pensée dans les médias occidentaux où, là aussi, les opinions, les sensibilités, les divergences d’analyses restent confinées dans un «bocal hermétiquement clos» où domine l’alignement complet à la narrative messianique de Washington, à ses axes du mal à géométries variables, à son pseudo-devoir d’ingérence sélectif à souhait, à sa stigmatisation soudaine de méchants dictateurs qu’il est tout à coup vertueux de renverser après les avoir soutenus des décennies durant.


Il aura par exemple fallu plus de deux ans à la so called grande presse bobo-atlantiste française pour commencer à admettre les abominations commises par les djihadistes de Syrie ; et c’est seulement depuis l’avènement de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), et de ses carnages contre les minorités, que nos héroïques médias commencent à retrouver quelques vertus à Bachar al-Assad en tant que moindre mal sur la scène locale, comme par hasard là encore sous l’impulsion de Washington.





«Qui paie commande»



La question de Pascal Roussel est donc pertinente. 
Toute cette élite politico-médiatique occidentale est-elle, en quelque sorte, hypnotisée, contaminée par cet égrégore ?
 Pourquoi pas ?
 Si l’on considère, et Dieu sait si nous avons de bonnes raisons de le faire, que le Système néolibéral américaniste représente ce qui peut se rapprocher le plus de l’avènement du Mal absolu – avec le triomphe de ses faux prophètes et son âge des ténèbres –, qu’il incarne peut-être ainsi le réveil de la Bête immonde dont les 99 % sentent de plus en plus nettement le souffle brûlant sur leur nuque, alors oui, on peut admettre que cet égrégore puisse en être une émanation tangible.



Plus prosaïquement, on doit aussi considérer que les grands médias, télévisuels en particulier, obéissent à des lignes éditoriales simplement dictées par le Système puisque c’est lui qui les finance à coups de généreuses subventions et de publicité, et que comme dit l’adage, «qui paie commande».
 L’effet de troupeau, la complicité ou la couardise de nos élites politico-médiatiques faisant le reste pour nous conduire, sous l’aiguillon de l’égrégore peut-être, vers l’internationale totalitaire en chantant.




Par entrefilets.com - le 26 août 2014 



Notes : 

(1) C’est ce qu’observe aussi l’historien Arnold Toynbee lorsqu’il dit que «la civilisation occidentale ne vise à rien moins qu’à l’incorporation de toute l’humanité en une grande société unique, et au contrôle de tout ce que, sur terre, sur mer et dans l’air, l’humanité peut exploiter grâce à la technique occidentale moderne


(2) Soulignons toutefois que cette confiscation de la démocratie au profit d’un simulacre d’oppositions à l’intérieur d’un cadre strictement régulé par le Système n’est pas une spécificité américaine.

Comme nous l’avons détaillé dans notre essai Pourquoi notre Hyper-Titanic va couler, «l’avènement de la société libérale interdit en effet l’alternative. Les divergences de pures formes, qui opposent ce que l’on nomme les «sensibilités politiques», se discutent à l’intérieur du statuquo qu’elle impose. C’est à cela que se réduit l’opposition. Dans une société qui prétend pourvoir de manière satisfaisante aux besoins du plus grand nombre, l’opposition n’a en effet plus aucune raison d’être, elle est même une menace pour la collectivité



Ainsi, lorsque certains pensent se montrer réalistes en affirmant qu’en France, par exemple, «la gauche est un sous-programme de la droite pour gruger les pauvres», ils sont à mi-chemin de la vérité dont l’équation réelle est : «Gauche et droite sont des sous-programmes du Système pour gruger tout le monde».


Pour crédibiliser la farce, le Système prend toutefois soin de favoriser le développement stérile de quelques mouvements extrémistes sur ses marges, mouvements dont la fonction est alors d’absorber le mécontentement le plus radical, de le contrôler et de le maintenir dans l’impasse politique permanente.



Quant aux personnalités ou mouvements réellement antiSystèmes qui tenteraient tout de même d’émerger, toutes les composantes agréées du Système se retrouvent alors pour faire bloc et les diffamer afin de les éjecter de l’échiquier (cf. Dieudonné, Alain Soral, etc.).



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Situation à Lougansk - Témoins

Situation à Lougansk - Témoins | Koter Info - La Gazette de LLN-WSL-UCL | Scoop.it


Ukraine - Les conducteurs du convoi russe témoignent sur la situation à Lougansk

 

Après avoir constaté les conséquences de l'opération « antiterroriste" des autorités ukrainiennes à Lougansk, les conducteurs du convoi humanitaire russe ont l'intention de travailler gratuitement, écrit lundi le quotidien Rossiïskaïa gazeta.


"Les habitants nous ont accueilli les larmes aux yeux. Nous sommes arrivés à temps – la famine dans la ville a atteint une telle ampleur que les gens ramassaient les graines de sarrasin tombées de certains sacs percés", déclare Andreï Koneev, volontaire venu de la région d'Orenbourg, conducteur du camion 234.


Aujourd'hui, la ville de Lougansk est privée d'électricité et de communications : les habitants ont été informés de l'arrivée du convoi par le biais de haut-parleurs. Des volontaires pour décharger les camions étaient recherchés partout dans Lougansk, et étaient transportés par bus vers les points de déchargement.


Puis sont venus les gens ordinaires. Des habitants de la ville. Des femmes sont arrivées avec des photos de leurs enfants et pleuraient, demandaient de ne pas les abandonner.


"C'est terrible à regarder. La nuit j'aidais à décharger le camion quand une fillette d'environ neuf ans s'est approchée de moi. Je lui ai donné de la confiture de la ration et elle s'est jetée dessus comme si elle n'avait pas mangé depuis plusieurs jours. Je lui ai donné toute la ration, elle s'est éloignée de moi, a mangé encore quelque chose et est repartie avec le reste. Peut-être pour sa famille, si elle est encore en vie, ou peut-être pour plus tard… Je n'ai même pas eu le temps de demander d'où elle venait à une heure aussi tardive…", raconte Serguei, conducteur de la région de Volgograd.


De nombreux conducteurs ont partagé leurs rations avec les habitants.


Le convoi humanitaire a fait venir à Lougansk non seulement de la nourriture, mais aussi des médicaments de premier besoin (notamment pour les cardiaques et les diabétiques), ainsi que des groupes électrogènes. Sachant qu'il sera impossible de faire le plein de carburant sur place, les conducteurs avaient préparé des batteries et rempli les groupes avec du gasoil encore dans le campement.


Ceux qui ont vu Lougansk pour la première fois disent qu'ils ne s'attendaient pas à voir une "ville aussi charmante". Les autres sont frappés par l'ampleur des dégâts. C'est le secteur privé qui a été surtout touché – dans certains quartiers une maison sur deux est détruite ou brûlée, racontent les conducteurs. Des fenêtres sont brisées dans pratiquement toutes les maisons à travers la ville. Les bris de verre recouvrent les routes et les cours des maisons. Les câbles électriques arrachés empêchent de passer, les routes sont parsemées de déchets et de journaux, ainsi que d'affaires personnelles : des jouets, des vêtements pour enfants, des livres.


"J'avais vu des choses de ce genre à la télévision et c'est très étrange de l'observer en réalité. Comme si un enfant fâché avait joué et jeté ses affaires partout dans la maison. Mais ce n'est pas un jeu. C'est la réalité. C'est épouvantable", déclare Sergueï.


Les conducteurs ont également raconté que le déchargement était accompagné par des rafales de fusils automatiques…


"On a attendu dix jours la Croix-Rouge, qui n'a pas rempli sa mission au final. Nous ne les avons pas attendus et sommes partis. C'était impossible d'attendre davantage. J'ignore ce qu'on écrit à propos de nous sur internet, mais je suis persuadé d'avoir tout fait correctement", dit Andreï.


Ce voyage a conforté beaucoup de conducteurs dans l'idée qu'il fallait poursuivre l'aide. Certains sont prêts à refaire l'expédition dès demain.


Par Ria Novosti - le 25 août 2014


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