Survol des problèmes rencontrés par les Japonais suite à Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it

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Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon est confronté à un certain nombre de problèmes. Survol.

 

Arrêt du nucléaire

Constatant la gravité des dégâts causés à la centrale de Fukushima, à la suite du Tsunami mais aussi-et c'est nouveau-directement à la suite du tremblement de terre lui-même, le Japon a décidé d'arrêter rapidement (d'ici le printemps prochain) la totalité de ses 58 centrales nucléaires.

Ces centrales produisaient 30% de l'électricité. Le charbon, le pétrole et le gaz seront mis à contribution pour compenser. Mais cela va engendrer une augmentation de la production de CO2. D'autres sources d'énergie « non polluantes » devront être utilisées. Lesquels, dans quels délais ? Questions.

Il faudra aussi faire d'importantes économies d'énergies électriques.

 

Gestion du démantèlement des centrales nucléaires

Pas plus que nous, les Japonais ne savent comment démanteler leurs centrales. Ca n'a jamais été fait dans le monde.

Quel en sera le coût ? Sans doute, comme chez nous, « monumental ». Que ferra-t-on des ces millions de tonnes de déchets radioactifs ? Pas de réponse.

Chez nous on évoque un enfouissement, une façon de botter en touche.

 

Economies d'énergies

Le Japon a commencé à faire des économies d'énergie électrique : modification des horaires des trains, réduction de l'éclairage public et privé : un tout début !

En France, on pense qu'il est possible, sur 20 ou 30 ans, d'économiser au moins 30% de notre énergie électrique. Comment va se débrouiller le Japon ?

 

Gestion de la contamination du lait, du riz, des légumes

Les radiations ont touché la terre, ce que la terre produit (plantes, herbe, légumes,...). Et aussi, bien sûr, ceux qui s'en nourrissent !

Des élevages de bovins sont abandonnés car leur viande est contaminée et de même pour le lait qu'ils produisent.

Le Japon doit recourir à des importations de riz car le sien est irradié. Un symbole très fort pour tous les Japonais.

Idem en ce qui concerne des légumes : importations obligatoires. D'où surcoût.

Des anomalies, sans doute d'origine génétiques secondaire aux irradiations, sont retrouvées chez certains légumes.

A ce jour, aucune étude n'a été publiée sur les effets des radiations concernant les animaux.

Par ailleurs, on a retrouvé de la radioactivité dans la mer, avec le danger de voir le poisson, dont les Japonais raffolent, être lui aussi impropre à la consommation. Que faire ?

 

Gestion de la santé des adultes et des enfants

Adultes et enfants des zones irradiées présentent toutes sortes de troubles de santé aussi bien sur le plan physique que psychologique.

Fragilisation des organismes, état de stress permanent.

Non ou mal préparés à faire face, les autorités improvisent, font ce qu'ils peuvent. On devine des difficultés de tous ordres, pendant des décennies.

 

Demandes de déplacement des populations

Soumis à des irradiations, craignant pour eux, pour leurs enfants, pour leur environnement, des populations réclament pour être déplacées.

A Tchernobyl, plus de 200.000 personnes avaient été déplacées. Une ville entière a été abandonnée.

Le Japon donne cette liberté de partir à ces habitants...mais ne prévoit pas d'aider ceux qui font ce choix.

En fait, le Japon est confronté à un très grave dilemme : d'une part il souhaite protéger au mieux sa population, mais, en même temps, il doit tenir compte de sa surface qui est réduite ! Actuellement le Japon a fait le choix de ne pas déplacer les populations des zones irradiées... Est-ce le bon choix ?

 

Décontamination des terres et des eaux des zones irradiées

Faute de place, le Japon a fait le choix de décontaminer les terres irradiées plutôt que de déplacer les populations. C'est un problème immense, les volumes de terre contaminée à déplacer sont énormes. Où va-t-on mettre ces terres ? Quel sera l'impact sur l'environnement ?

Idem pour l'eau qui a servi à refroidir la centrale de Fukushima : une partie a déjà été déversée dans la mer. Que faire de ces millions de mètres-cubes d'eau irradiés stockés ?

Aucune solution en vue.

 

La communication

Il est assez dramatique de constater que face à cette catastrophe, les autorités japonaises ont fait le même choix qu'à Tchernobyl : tout faire pour dédramatiser.

On pourrait penser que cette attitude est justifiée chez les Japonais par le sacro-saint « Ne pas perdre la face » et que à Tchernobyl, le secret était une forme de gestion propre au communisme.

Mais chez nous aussi, à chaque fois qu'il y a un incident nucléaire, tout est fait pour le banaliser. Dans le monde entier tout se passe donc comme si tout ce qui touchait à l'atome devait rester secret.

Mais Internet est là et on arrive quand même à en savoir plus et plus vite au sujet de Fukushima que de Tchernobyl.

Reste que de faire l'autruche n'avance à rien, surtout quand il s'agitr d'un problème grave, complexe et qui concerne tout le monde. Le sentiment que l'on a est que les autorités (dans le monde entier) de savent à quel saint se vouer et cachent leur impuissance et leur incapacité derrière un rideau de fumée.

 

Conclusion

On voit bien que les problèmes engendrés par l'explosion de la centrale de Fukushima sont à la fois multiples, concernent des domaines extrêmement divers et vont entrainer bien des bouleversements dans la vie de tous les jours des habitants, bien au delà des zones directement concernées.

Bien des questions restent sans réponses.

Nous entendrons encore parler du Japon pendant longtemps.

Puissions-nous en retenir les leçons et agir chez nous de façon à ne pas avoir, nous aussi, à gérer un Fukushima français.

 

PS : Un grand nombre d'informations de ce billet se retrouvent détaillées ICI.

 http://www.scoop.it/t/fukushima-informations