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Japon : confirmation d’une faille active sous un réacteur nucléaire à Tsuruga

Japon : confirmation d’une faille active sous un réacteur nucléaire à Tsuruga | Japan Tsunami | Scoop.it

Par Jean Michel Gradt| 15/05 |

 

L’un des deux réacteurs de la centrale de Tsuruga est situé sur une faille géologique active. La compagnie Japan Atomic Power sera donc contrainte d’étudier son démantèlement.

 

Décidément, les Japonais jouent de malchance avec le nucléaire. Après le tsunami qui a causé la catastrophe de Fukushima en mars 2011, ils viennent d’apprendre aujourd’hui qu’un des deux réacteurs de la centrale de Tsuruga (ouest du pays) se situe sur une faille géologique active. Un panel d’experts de l’Autorité de régulation nucléaire nippone a en effet confirmé ce danger dans un rapport remis mercredi. Sauf à infirmer ce jugement, option très improbable, le réacteur de Tsuruga ne pourra donc pas redémarrer. Ce qui signifie que la compagnie exploitante, Japan Atomic Power, n’aura d’autre choix que de procéder à son démantèlement.

C’est la première fois que les examens en cours sur plusieurs sites nucléaires de l’archipel débouchent sur un tel résultat. Shunichi Tanaka, président de l’organisme de régulation, avait déjà laissé entendre en décembre que l’autorité aurait de facto du mal à garantir la sécurité du site. Les conclusions des quatre experts mandatés par l’Autorité de régulation nucléaire nippone confirment que les derniers mouvements de la faille identifiée sont suffisamment proches pour considérer que la faille est active. Leurs conclusions vont désormais être transmises à l’Autorité régulation nucléaire qui émettra un jugement définitif, a expliqué à l’AFP un porte-parole de l’institution.

 

Deux réacteurs sur 50

 

Et Tusruga n’est pas un cas unique. Des experts soupçonnent que d’autres centrales sont exposées à des failles actives, notamment sous la centrale d’Ohi (ou Oi) où deux des quatre tranches (3 et 4) sont actuellement en opération, ayant obtenu en juin dernier l’aval de l’Etat pour être relancées pendant 13 mois. Par ailleurs, l’existence probable d’une faille active a également été détectée à proximité de la centrale Higashidori (Nord du pays). Mais les experts n’ont pas encore rendu leur le rapport final tandis que l’exploitant, Tohoku Electric Power, conteste les assertions des géologues. Si les conclusions des experts géologues sont confirmées, Tohoku Electric Power pourrait être contrainte à de nouveaux travaux de sécurisation avant une éventuelle remise en exploitation de la centrale. Des enquêtes sont aussi prévues pour trois autres sites, dont le prototype de surrégénérateur de Monju, également situé à Tsuruga.

A ce jour au Japon, seuls deux réacteurs sur un parc qui en compte 50, sont en service. Les 48 autres sont maintenus à l’arrêt après l’accident de Fukushima dans l’attente de l’obtention des nouvelles normes de sûreté. Celles-ci, toujours en phase finale d’élaboration, devraient entrer en application en juillet. Aucun réacteur ne peut redémarrer sans le feu vert de l’Autorité de régulation nucléaire créée en septembre 2012. Alors qu’environ 160.000 personnes ont dû fuir leur domicile après l’accident de Fukushima, la population nippone souhaite en majorité que s’applique davantage le principe de précaution.

JEAN-MICHEL GRADT

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Fukushima : la faille du séisme à l'étude

Fukushima : la faille du séisme à l'étude | Japan Tsunami | Scoop.it

« Blog Archipel des sciences: 

Le 12 avril 2012, un navire de forage, le Chikyū, va prendre le large pour une expédition dont l’objectif est de comprendre les mécanismes impliqués dans les séismes de grande ampleur. La faille du Japon, qui a subi de fortes frictions lors du tremblement de terre de Tohoku du 11 mars 2011, provoquant le tsunami puis l’accident nucléaire de Fukushima, sera ainsi observée.
Le 11 mars 2011, au large du Japon, à 130 km de la ville de Sendaï, un séisme de magnitude 9 provoquait un gigantesque tsunami qui s’abattait sur la côte est de l’île de Honshu, causant une des pires catastrophes nucléaires jamais enregistrées en frappant la centrale de Fukushima et engendrant la mort de plus 23.000 personnes. Des vagues dépassant 30 mètres de hauteur et inondant l’île jusqu’à 10 km à l’intérieur des terres, ont ramené entre 5 et 20 millions de tonnes de débris vers l’océan.
Un peu moins de huit mois plus tard, l’IODP (Integrated Ocean Drilling Program) annonce qu’il va expédier le Chikyū, un navire de forage japonais, non loin de l’épicentre du séisme, afin d’explorer la faille de subduction (glissement d’une plaque sous une autre) à l’origine du tremblement de terre.
Cette expédition entre dans le cadre d’un programme, le Japan Trench Fast Drilling Project (J-FAST). Créé en 2009, il avait initialement pour but d’envoyer un navire de forage après un tremblement de terre pour étudier les propriétés physicochimiques et récolter des données encore exploitables, près de l’épicentre. Le séisme de Tohoku (le nom donné au tremblement de terre du 11 mars 2011) est l’occasion idéale pour appliquer ce projet.

 

L’expédition devrait commencer le 1er avril et prendre fin le 18 mai 2012, selon un résumé de la mission rédigé par les responsables du projet. Au cours de ces 45 jours de mission, les scientifiques vont procéder à des forages à environ 1.000 m sous le plancher océanique, sous une profondeur d’environ 7.000.
Le but est de comprendre ce qui peut causer le déplacement de roches sur plusieurs dizaines de mètres et pourquoi certaines failles sont plus à même d’être à l’origine de séismes et de tsunamis importants. Pour comprendre les mécanismes de frictions impliqués dans ces phénomènes, les géologues vont insérer des capteurs de température au sein de la faille concernée.
En effet, lors d’une rupture rapide, une chaleur intense est dégagée au niveau du plan de faille, et cette chaleur met du temps à se dissiper. En obtenant des données de température précises et à long terme (les capteurs seront laissés sur place pendant un à trois ans), ils comptent obtenir les clés pour expliquer ces phénomènes.
L’analyse sera aussi physicochimique puisque les géologues rapporteront des échantillons des roches au niveau de la faille. Ces éléments leur permettront d’identifier des types de roches qui vont de paire avec des tremblements de terre intenses. 

 

Mais le défi n’est pas que scientifique, il est aussi technique. Si forer sur 1.000 m ne représente rien de vraiment exceptionnel, les 7.000 m qui sépareront le navire de la zone de forage sont en revanche moins habituels. Jusqu’à présent, la très grande majorité des forages qui avaient été effectués avec ce bateau, comme ceux de l’expédition NanTroSeize qui visait également à mieux comprendre le mécanisme des séismes, se situaient à des profondeurs qui n’excédaient pas 6.000 mètres sous l’eau. Ce forage nécessitera des dispositifs particuliers et surtout, des conditions météorologiques favorables et clémentes.
L’enjeu est crucial. De telles données pourraient peut-être permettre aux scientifiques d’appréhender des séismes brutaux, comme celui du 11 mars 2011, dont l’ampleur et la brutalité avaient surpris les géologues. 

 

 

 

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