Japon : le directeur de l'AIEA en visite à la centrale de Fukushima 1 | Japan Tsunami | Scoop.it
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Alors que le pays du soleil levant semble traverser, en plus d’une dépression nucléaire sans précédent (et qui a eu des répercussions internationales, ainsi qu’en témoigne, entre autres, la décision de la chancelière allemande Angela Merkel de sortir définitivement son pays de l’énergie atomique en 2022), une importante crise alimentaire, le Premier ministre nippon Naoto Kan, dont la cote de popularité est au plus bas, se veut tout de même optimiste. Peut-être exagérément optimiste, il a en effet indiqué que la situation à la centrale de Fukushima 1 était désormais maîtrisée. Afin de corroborer – ou non – les allégations du chef du gouvernement, le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) Yukiya Amano se rend aujourd’hui sur le site de la centrale accidentée.
Après avoir refusé de s’y rendre en mars dernier en raison de niveaux de radiation trop élevés, il a finalement changé d’avis. « L’AIEA salue les progrès significatifs réalisés par TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) pour mettre en Ĺ“uvre sa feuille de route destinée à contenir et stabiliser la situation », a déclaré vendredi M. Amano, qui doit s’entretenir avec les représentants de l’opérateur au sujet du développement et de la sécurité de l’énergie nucléaire au Japon. Il devrait également rencontrer les employés qui, réunis à Tokyo, se sont récemment exprimés quant à leurs conditions de travail, plus que précaires.

La plupart des salariés embauchés pour travailler à la centrale nucléaire de Fukushima 1 mais aussi aux alentours n’auraient en effet pas été avertis du risque élevé de radiations et n’auraient même pas encore été rémunérés (!)

37 des 54 réacteurs que compte le pays sont actuellement à l’arrêt et les deux tiers des Japonais souhaitent une sortie du nucléaire. De fait les exploitants nippons prennent un maximum de précautions pour se prémunir contre une nouvelle catastrophe. Chubu Electric Power, l’exploitant de la centrale de Hamaoka (centre-sud du pays), a ainsi officialisé vendredi son intention de construire un mur anti-tsunami de dix-huit mètres de haut et d’1,6 kilomètre de circonférence autour de la centrale. Une mesure de prévention justifiée par les prévisions des sismologues, selon lesquels il y aurait 87% de chances qu’un tremblement de terre de magnitude 8 sur l’échelle de Richter survienne dans la région au cours des trente années à venir.
La construction de ce mur anti-tsunami devrait coûter près de 100 milliards de yens (885 millions d’euros). Dans la mesure où une nouvelle secousse de magnitude 6,5 a été ressentie samedi dans le nord-est du pays, cet investissement apparaît néanmoins essentiel.