Japan Tsunami
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8.8, 8.9, 9.0 and even 9.1 earthquake in Japan March 11th 2011,  <br>Earthquake & Tsunami aftermath,  <br>Fukushima
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Les forçats du nucléaire : "La Désolation" d'Arnaud Vaulerin

Les forçats du nucléaire : "La Désolation" d'Arnaud Vaulerin | Japan Tsunami | Scoop.it

 

Le sous-titre de l’enquête journalistique d’Arnaud Vaulerin condense en trois termes une réalité terrifiante. « Fukushima », tout d’abord, raccourci facilement prononçable dans toutes les langues du monde, et synonyme de catastrophe. La centrale de Fukushima-daiichi a été frappée, le 11 mars 2011, par les vagues du tsunami consécutif au séisme qui s’était produit au large du Japon moins d’une heure auparavant. Des vagues dépassant parfois 15 mètres de hauteur. « Humains » et « jetables », ensuite, deux mots que l’on voudrait antinomiques, mais en l’occurrence l’oxymore ici est d’actualité. Car après la catastrophe, et ses réactions en chaîne inévitables – arrêt des réacteurs, arrêt de l’alimentation électrique, groupes électrogènes noyés, combustible impossible à refroidir, température montant à 2300 °C, fuites dans l’enceinte de confinement, explosions, etc. –, il faut évacuer les zones proches, puis les zones plus éloignées. Il faut aussi, après avoir stabilisé au mieux, ou au moins mal, une situation que l’on décrète acceptable, démanteler la centrale. Les hommes employés au démantèlement subissent des niveaux de radioactivité élevés et sont bringuebalés d’un poste à l’autre. Ce sont eux, les « humains jetables ».

Arnaud Vaulerin est le correspondant au Japon du journal Libération. Il est allé à la rencontre de ces forçats du nucléaire, et en a rapporté une enquête qui tient du récit post-apocalyptique. Dans le livre, nous sommes plus de deux ans après le tsunami, mais ce n’est pas de l’histoire ancienne. C’est même de l’histoire à venir : le travail de démantèlement est prévu pour durer jusqu’en 2040. Autant dire que des hommes auront passé leur temps d’activité à détruire au lieu de construire, à vivre sur les ruines d’un désastre au péril de leur vie, quand le monde autour d’eux s’emploiera à oublier ou faire oublier, à faire comme si. En 2020, par exemple, se tiendront à Tokyo les Jeux Olympiques. C’est à ces anonymes soumis à « l’ennemi invisible », à ces sans-grades que l’on sacrifie pour sécuriser « le Titanic atomique », qu’Arnaud Vaulerin consacre son enquête. Même si les circonstances de la catastrophe sont très différentes, on ne peut s’empêcher de songer, par ricochet, aux sacrifiés de Tchernobyl.

Il n’est pas facile d’approcher les démolisseurs de Fukushima. Une chape de silence – de plomb – emprisonne la parole, due autant à la culture japonaise qu’aux injonctions de la Tepco (Tokyo Electric Power Company). La communication autour du nucléaire n’est jamais simple, toujours considérée comme biaisée. Le nucléaire fait peur et induit la paranoïa. Dans l’inconscient collectif, il a des résonances apocalyptiques, définitives comme une fin du monde annoncée et programmée. Le nucléaire, c’est la bombe. Fukushima rime avec Hiroshima. Tchernobyl, c’est un coup des Russes. Les coups de grisou, dans les mines de charbon, tuent encore de nos jours, mais sans autre conséquence que le deuil immédiat des familles des mineurs. L’accident nucléaire, lui, a des retombées invisibles qui terrifient. Dès lors, comment communiquer ? Arnaud Vaulerin souligne, à juste titre, que la filière française du nucléaire « n’est pas franchement réputée pour son ouverture et sa transparence. » Le premier ministre japonais affirme, lors de la candidature de Tokyo au J.O., que « la situation est sous contrôle » et que « aujourd’hui, sous le ciel bleu de Fukushima, il y a des petits garçons qui jouent au football et regardent l’avenir et pas le passé ». D’ailleurs, le slogan choisi par le Japon pour cette candidature est « Découvrir demain ».

La Désolation nous invite à découvrir non pas demain, mais aujourd’hui. Hic et nunc. Enfin, hic, c’est là-bas, au bord du Pacifique, là où des milliers d’hommes s’emploient, nunc, à nettoyer et décontaminer. Le temps du sauvetage est révolu, il s’agit à présent de balayer et de déblayer. Le premier de ces ouvriers que l’on rencontre est appelé Shota. Il a 20 ans, une femme et un enfant, est tout à fait conscient du travail qu’il effectue, et de sa dangerosité. Il fait plus vieux que son âge, il n’a rien d’un jeune homme insouciant, il n’y a presque plus rien de jeune en lui. Il dit : « Mon travail n’est pas dur, c’est pire. » Un autre de ces forçats se nomme Tetsuya Hayashi. Lui, il illustre les méandres de la sous-traitance et leurs corollaires : les infractions à la législation du travail. 800 sociétés travaillent sur le site de Fukushima, et emploient environ 7 000 ouvriers chaque jour. Tepco est incapable de superviser ce labyrinthe, dans les allées duquel s’insinue, bien entendu, la mafia. Sous-payés, surexposés, les ouvriers sont « embringués dans un labeur qui relève de l’abatage ». Au fil des mois, la situation n’évolue guère, ou alors en pire. Un avocat spécialisé dans le droit du travail, et qui s’occupe du cas de Tetsuya Hayashi, déclare que « Tepco est en état de mort cérébrale depuis des mois » et que « le gouvernement ne sait plus quoi faire avec Fukushima ».

Le lecteur sort sonné de l’enquête d’Arnaud Vaulerin, qui est peut-être le premier roman vrai de Fukushima. L’enquête se clôt sur le soudain silence de Shota, le jeune homme qui, le premier, avait osé parler. Un des mérites de La Désolation est de donner vie, corps et parole à des hommes invisibles et interchangeables. Vaulerin écrit en journaliste, sur des bases solides et vérifiées. Il écrit aussi en faisant entendre un « je » concerné et un « je » sensible. Le journaliste fouille l’obscurité pour découvrir la mer, trouve les mots justes pour évoquer l’odeur d’un wagon de train ou la solitude d’un parking de supermarché, et remercie « François Bon, Michaël Ferrier, Elisabeth Filhol et Daniel de Roulet pour leurs récits et romans qui [l]’ont accompagné ces dernières années ».

Extrait :

« Il ne devrait pas être face à nous, attablé devant un café brûlant d’un restaurant de quartier d’Ueda, cette bourgade éteinte à 20 kilomètres au sud d’Iwaki. Si la catastrophe du 11 mars 2011 n’avait pas eu lieu, Akihiro Yoshikawa serait sans doute encore employé par Tepco et, ce matin, probablement dans les murs de Fukushima-daiini, l’autre site géré par la compagnie électrique à 10 kilomètres au sud de Fukushima-daiichi.

Ces deux centrales établies sur la côte pacifique, cet homme les connaît comme sa poche. Il y a passé la moitié de sa vie à travailler. D’abord dix ans à Fukushima-daiichi, puis ensuite quatre à Fukushima-daiini. Des années qui comptent, qui forment une raison d’être, sinon une existence. Originaire d’Ibaraki, il s’est installé avec sa femme dans cette plaine boisée et horticole en lisière de l’océan. Il a emménagé d’abord à Futuba, puis à Namie, un gros bourg aux portes de cette zone nucléaire. Sa maison se situe à 7 kilomètres de la centrale. Jusqu’au 11 mars, Akihiro Yoshikawa a vécu là en ouvrier dévoué, puis en cadre très investi. La famille, le travail, les amis, la maison, la mer, la campagne, tout était là. Tout était simple. La centrale était au cœur de cette évidence. »

(Pages 153-154, chapitre « L’Enfant de Fukushima »)

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La journée d'un survivant du tsunami

La journée d'un survivant du tsunami | Japan Tsunami | Scoop.it
Quant au retraité tranquille qui promène son parapluie dans la rue fraîchement dégagée par les bulldozers de l'armée, rien ne laisse deviner qu'il a vécu ce 11 mars une odyssée digne des épopées antiques, survivant aux ...

 

| Japon Information :

 

Emporté par la vague, la maison dans laquelle était M. Yoshida a ensuite échappé à l’embrasement de Kesennuma.

 

 Témoignage recueilli par la correspondante du Nouvel Observateur : Ursula Gauthier.

 

 M. Yoshida avance à pas nonchalants, le regard imperturbable derrière de grosses lunettes teintées, le nez au vent pour humer les vapeurs persistantes de pétrole brûlé. Avec sa casquette vissée sur le crâne et son parapluie en guise de canne, on dirait un retraité consciencieux faisant le tour du quartier parce que le médecin dit que c’est bon pour la santé. Mais du quartier, de la ville, du port et des conserveries de Kesennuma célèbres pour leurs ailerons de requin, il ne reste qu’un invraisemblable amas d’objets indécidables, enduits de boue luisante et fumant encore de l’incendie qui a tout dévoré après que la vague ait tout fracassé. Frigos éventrés dégueulant leur contenu dans la gadoue, bagnoles encastrées dans des bicoques branlantes, un émouvant lapin en peluche trônant parmi des ferrailles tordues, et même en travers de ce qui fut la grand rue, le « Kyotoku-Maru N°18 », un chalutier de 800 tonnes au carénage rouge et bleu, exhibant une grande inscription peinte sur son pont : « La sécurité avant tout »…

Quant au retraité tranquille qui promène son parapluie dans la rue fraîchement dégagée par les bulldozers de l’armée, rien ne laisse deviner qu’il a vécu ce 11 mars une odyssée digne des épopées antiques, survivant aux assauts répétés de la vague et échappant par miracle à l’embrasement de la ville… Mais M.Yoshida n’est pas un bavard. Il faudra lui arracher bribe par bribe le récit époustouflant de cette journée où il a failli mourir dix fois.

 

Péripéties

Il vivait là, juste derrière ce tas de ferrailles calcinées, à un jet de pierre de la grand’ rue. En réalité, explique-t-il, il s’était mis à l’abri très tôt, bien avant que l’alarme ne jette des dizaines d’automobilistes dans les embouteillages, causant leur perte quand la vague a englouti la ville. « J’ai 74 ans, j’ai vu pas mal de tsunamis », lâche-t-il avec un mince sourire. Il s’est surtout souvenu du fameux « tsunami du Chili » de 1960 qui avait emporté tout le front de mer après un séisme exceptionnellement violent de l’autre côté du Pacifique. Les pertes furent telles que toutes les localités côtières construisirent une digue continue haute de 5,50 mètres le long du rivage. Alors, quand la mer a commencé à parler à son oreille, à vibrer dans ses veines d’ancien chef-mécanicien qui a passé quarante années à travailler à bord des thoniers de Kesennuma, l’instinct a pris le dessus. « J’ai eu le pressentiment que ça allait mal tourner cette fois, malgré la digue.

 

Tsunami du Chili

Appelez ça l’expérience. Comme j’étais seul à la maison, j’ai pris la bagnole et je suis monté sur cette colline ». De là haut, on voit la mer. De Kesennuma, on ne la voit pas, car elle est cachée derrière la haute digue. Dans ce coin du Nord-Est du Japon, il n’y a pas de plage, la côte monte à pic, rocheuse, entaillée de vallées étroites. Sur le sommet de la colline, M. Yoshida rencontre surtout des personnes âgées qui ont comme lui connu le tsunami du Chili et comme lui décidé d’écouter leur sixième sens. « Ce n’était pas évident quand on y pense. Pendant 50 ans, on n’a eu que des ‘petites’ vagues, toutes stoppées par la digue. La plupart des jeunes pensaient sûrement que ce serait un mini-tsunami… ».

C’est alors que, contre toute raison, M. Yoshida décide de reprendre sa voiture et de repartir… vers la ville. « J’avais oublié des choses chez moi », dit-il évasif. Des choses ? « Oui, des vêtements de ma femme, des trucs… » En insistant beaucoup, on finit par obtenir la vraie motivation de cet acte insensé : il avait en effet oublié d’emporter les précieusestablettes rituelles gravées du nom de ses parents, qui trônaient sur le petit autel des ancêtres. Et l’expérience des anciens, le sixième sens, le tsunami du Chili ? « Papa-mamma », répond-il dans une langue qu’il bricole pour se faire comprendre, des mots venus de ses voyages. « Je crois que j’ai un peu sous-estimé ce tsunami », concède-t-il avec un rire bref.

 

Embarcation de fortune

Il coupe la grand’ rue, perpendiculaire à la digue qu’on peut apercevoir là-bas à 2 kilomètres. Quand la vague engloutit le port, M. Yoshida n’entend et ne voit rien de ce que les autres témoins racontent : l’énorme rugissement qui sature l’atmosphère, la ligne jaune sale à l’horizon qui avance à une vitesse hallucinante, lançant des gerbes gigantesques, faisant basculer les poteaux électriques au loin… M. Yoshida est à l’étage de sa maison en bois, il sent qu’elle tangue de nouveau, « mais pas comme un séisme, plutôt comme un bateau. » Il court vers l’escalier. « Et là je vois qu’il n’y a plus de rez-de-chaussée. Il n’y a que de l’eau. La maison a été déracinée d’un coup ».

 

Happée par la vague, la maison part d’abord vers l’amont, puis elle est emportée en direction du port. Un tsunami, ce n’est pas une vague, c’est une chaîne de vagues, qui vont et viennent furieusement, encore et encore, projetant des bateaux sur les immeubles, emportant des parkings entiers vers le large, lançant des camions sur les façades, fracassant le béton, les coques des navires, les hommes. La maison de M. Yoshida a tangué interminablement. « Un moment, j’ai cru que c’était la fin : la maison s’est un peu affalée. Il ne restait plus qu’un petit espace hors d’eau, dans un angle à l’étage, juste assez pour me recroqueviller. Le sol était en pente, il faisait zéro degré et l’eau giclait, raconte M. Yoshida avec sobriété. Mais j’ai eu de la chance, la maison ne s’est pas complètement effondrée, ni ne s’est fracassée contre un cargo… ».

 

Quartier en flammes

Après avoir dérivé toute l’après-midi et toute la nuit, la vague finit par se retirer au petit matin, abandonnant l’arche démantibulée de M. Yoshida au bord de la digue. Quand il peut enfin poser un pied tremblant au sol, il découvre un gigantesque incendie dévorant tout ce qui n’avait pas péri dans les eaux. « Les réservoirs des navires échoués au milieu de la ville avaient pris feu et déclenchaient de proche en proche l’explosion des innombrables bouteilles de propane. J’ai vu mon quartier et toute la ville partir en fumée… ».

Qu’est-ce qui l’a aidé à tenir bon au fil de cette interminable épreuve ? « Deux choses, répond M. Yoshida, soudain volubile. D’abord mon téléphone portable a sonné pendant que j’étais coincé à l’étage. C’était mon fils. Il m’a dit que tout le monde était sain et sauf. Ca m’a donné du courage. Je n’avais plus à m’inquiéter que de moi-même. Et puis, vous savez, j’ai parcouru toutes les mers du monde. J’en ai vu des tourmentes et des tempêtes ! J’étais persuadé au fond de moi que je n’allais pas me laisser battre par ce tsunami ». Il a tout perdu, oui, mais il en a vu d’autres, et sa famille est sauve. Et les tablettes de papa-mamma ? Il fait un grand sourire pour la première fois : « Sauvées. Elles sont chez mon fils ».

Ursula Gauthier

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Un homme a survécu au tsunami en grimpant sur un poteau électrique

Un homme a survécu au tsunami en grimpant sur un poteau électrique | Japan Tsunami | Scoop.it
Bistro Bar Blog:
Miyako, Iwate – C'est ici qu'un homme a survécu au tsunami du 11 mars qui a ravagé la région en escaladant un poteau électrique qui se trouvait là par chance.
Sa décision à une seconde près l'a sauvé, mais il dit qu'il veut surtout oublier ce qui est arrivé en ce jour traumatisant.
Ce gérant d'une épicerie, Chofuku Ishisone, 57 ans, conduisait sa camionnette pour aller à la maison d'un ami quand le séisme s'est produit. Il a fait demi-tour et s'est dirigé chez lui pour s'assurer qu'il n'y avait pas de dommages, puis est retournée à son épicerie pour surveiller.
En passant devant la mairie de Miyako, il a vu une vague d'eau noire qui se ruait sur lui à 100 mètres devant lui. Pris de panique, il a fait demi-tour et a accéléré, mais le tsunami l'a vite rattrapé, envahissant la chaussée et faisant flotter sa camionnette. Le moteur a calé et malgré de nombreux efforts n'a pas voulu redémarrer.
Ishisone est sorti de son véhicule et a essayé de courir, mais l'eau lui arrivait déjà jusqu'aux genoux, le faisant tomber et le trempant jusqu'aux os.
Il a continué d'avancer et a empoigné un poteau électrique devant lui, en commençant à l'escalader pour sauver sa peau.
« Je ne sais plus comment j'ai escaladé. Avant de réaliser, j'étais déjà en haut. », raconte-t-il.
Et là, à 5 mètres du sol, Ishisone s'est accroché à une ligne électrique de ses deux mains et a calé ses pieds sur un poteau de feux tricolores.
Bateaux, décombres, voitures, bois flottant s'écoulaient sous lui sans cesse. Une voiture charriée par l'eau a foncé sur le poteau électrique, le faisant vaciller. Devant Ishisone, un autre poteau penchait déjà fortement. Son corps tremblait à la fois de froid et de peur.
« Tenez bon ! » Ishisone a entendu quelqu'un l'appeler du toit d'un bâtiment du gouvernement de la ville à environ 50 mètres de là.
Après environ trois heures passées sur sa perche, Ishisone n'était toujours pas délivré. Le ciel commençait à s'assombrir, et il a décidé d'aller vers le bâtiment du gouvernement. Il est descendu du poteau et a commencé à nager. L'eau lui semblait réellement chaude, peut-être à cause de la chute de température de son corps.
Il a trouvé son chemin vers une salle de réunion au 3ème étage du bâtiment. Il dit qu'en se retrouvant là et en sentant le poids de son corps, il a enfin eu le sentiment d'être sauvé.
Suite aux tsunamis, Ishisone est devenu une célébrité locale de son pub grâce à son histoire de survie pas courante. Mais quand il pense qu'il aurait pu traîner à sortir de son véhicule, qu'il aurait pu ne pas y avoir de poteau électrique devant lui et que le poteau aurait pu se renverser, il a le sentiment que c'est la chance qui l'a sauvé. Depuis la catastrophe, il dit que sa consommation d'alcool est le double de ce qu'elle était, et qu'il boit jusqu'à ce qu'il s'écroule.
« Seuls des gens qui ont vécu quelque chose comme ça peuvent comprendre le mot terreur. C'est peut-être un instinct de survie qui a pris le dessus. Ces derniers temps, je ne cherche pas beaucoup à comprendre ce qui est arrivé. »
Traduit par Hélios
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Comment vivre après Fukushima

Comment vivre après Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it
nouvelobs.com
Deux mois après le tsunami et l'accident nucléaire, l'écrivain japonais Akira Mizubayashi analyse les conséquences du désastre dans son pays et dénonce l'incurie des autorités.

Akira Mizubayashi - Dans un premier temps, j'ai vécu le désastre sismique loin du Japon. En effet, je venais de partir de l'aéroport de Narita de Tokyo quand le tremblement de terre s'est produit. A la suite de la publication d'«Une langue venue d'ailleurs», on m'avait proposé de faire une conférence et de participer à des rencontres en France. Ce que j'avais accepté avec joie.

Mais cette perspective joviale s'est brusquement assombrie. J'ai passé quinze jours à Paris, loin de ma famille, dans une angoisse croissante. Ce qui m'a préoccupé, c'était la différence de ton et de contenu entre les sources d'information françaises et japonaises. Je me suis souvent demandé pourquoi, du côté japonais, on ne parlait pas tellement de ce qui bouleversait si profondément l'opinion française.

Je suis rentré à Tokyo le 28 mars et, là, j'ai commencé à vivre mon deuxième temps de l'après-11 mars. Je me suis donc retrouvé, sans hiatus, dans le quotidien des Tokyoïtes, plongés dans la peur d'un monstre invisible: une ville plus sombre le soir en raison des lumières éteintes ou faiblement allumées, une ville où les bouteilles d'eau minérale avaient disparu, une ville où une angoisse sous-jacente semblait cohabiter avec l'habituel calme des gens qui vaquaient à leurs affaires.

J'ai vite compris qu'on ne pouvait pas se contenter du journal télévisé ni des grands quotidiens. J'ai repéré des pages d'internet qui présentent analyses et réflexions de spécialistes indépendants de l'opérateur Tepco et des autorités gouvernementales et nucléaires. Des amis proches et ma famille m'avaient mis en garde contre la présence médiatique, surexposée, de certains experts pronucléaires qui, malgré le déclenchement de la crise, prônaient honteusement, paraît-il, la fiabilité et la sûreté absolue des centrales japonaises. Aujourd'hui, ma journée est ponctuée de plongées dans des sources d'informations sélectionnées sur la situation évolutive de Fukushima.
(...)
- Comment ont réagi les Japonais à ce désastre? On a pu parler de fatalisme, de résignation, mais aussi de sagesse, de civisme et de dignité. Comment définiriez-vous leurs réactions?
(...)
- Les médias étrangers ont souligné le manque, au Japon, de transparence et d'information sur la catastrophe et ses conséquences. Pensez-vous que les diverses autorités japonaises ont été à la hauteur de l'événement?
(...)
- Qu'est-ce qui a changé, au fil des centaines de répliques sismiques, dans la vie quotidienne à Tokyo, où vous habitez?
(...)
- Depuis Hiroshima et Nagasaki, le Japon a un rapport unique au monde avec le traumatisme nucléaire. Après Fukushima, la société japonaise va-t-elle repenser sa relation au danger nucléaire?
(...)
- Le Japon vit aujourd'hui avec deux risques majeurs: un risque sismique permanent et un risque invisible de contamination radioactive. Comment vit-on ainsi?
(...)
- Où en est-on de la situation des victimes, des sans-abri et des réfugiés? Comment le Japon leur manifeste-t-il sa solidarité?
(...)
- Quelle est pour vous la signification de ce désastre? Est-ce un tournant historique pour le Japon ? Qu'est-ce qui va changer?

C'est un tournant historique. La reconstruction du pays doit nécessairement passer par une remise en question du modèle politique, qui a ses racines profondes dans la formation historique de l'articulation spécifique de l'individuel et du communautaire, étant entendu que c'est cette articulation même qui engendre simultanément la «discipline» des sinistrés et l'incompétence flagrante des hommes au pouvoir. Mais je ne suis pas sûr que les citoyens de ce pays soient prêts à prendre en main leur avenir dans ce sens-là. Au fort de la crise de Fukushima, la réélection de l'actuel gouverneur de Tokyo, chef de file des pronucléaires, est passée comme une lettre à la poste.


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Séisme du 11 mars au Japon

Séisme du 11 mars au Japon | Japan Tsunami | Scoop.it
| Journal d'un François au Japon
Le vendredi 11 mars 2011 a eu lieu le plus puissant tremblement de terre enregistré au Japon. Comment les ressortissants peuvent-ils s'informer ?
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La courage et la détresse des Japonais un mois après le séisme

La courage et la détresse des Japonais un mois après le séisme | Japan Tsunami | Scoop.it
- swissinfo :

La Japon est à genoux, un mois après la triple catastrophe qui s'est abattue sur ses provinces du nord. Le courage des Japonais n'a d'égal que l'ampleur des efforts qu'ils devront déployer pour surmonter la crise.
La reconstruction n'a pas démarré, la détresse est toujours grande. Reportage.

«C'est un Japon différent que je découvre, plus solidaire, plus unifié.» Voici 8 ans que le musicien lausannois Samy Guediche est sous le charme de l'empire du soleil levant, à tel point qu'il y élira domicile en juin.

Du paradis à l’enfer

Le sens du devoir

La peur des radiations réelle

La sève stagne
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U.S. museum acquires handwritten Japan newspapers on March 11 tsunami+

NEW YORK, April 15 (AP) - (Kyodo)—A Washington-based journalism museum, the Newseum, said Thursday it has acquired a set of handwritten copies of a newspaper in Ishinomaki, northeastern Japan, reporting on the March 11 earthquake and subsequent tsunami disaster.
The Newseum said on its website, "When the worst earthquake in Japan's history and the subsequent tsunami knocked out all power in the city of Ishinomaki in Miyagi Prefecture, editors at the Ishinomaki Hibi Shimbun, the city's daily newspaper, printed news of the disaster the only way they could: by pen and paper."

"The newspapers are a powerful testament to the timeless human need to know and to journalists' commitment to providing that information," it said.

The daily evening newspaper, which was first published in 1912, has a normal circulation of 14,000 in Ishinomaki, a major city in the prefecture with a population of about 160,000.

Hiroyuki Takeuchi, the newspaper's managing director and editor-in- chief, said the staff discussed the matter on the evening of March 11 by candlelight and agreed to issue handwritten newspapers using rolled paper that was found intact to provide information for survivors, including those at ad hoc shelters.

The newspapers -- with such headlines as "One of Japan's worst earthquakes and tsunami" and "Relief teams arrive from various places" -- were posted at six locations for six days until electric power was restored.
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Une énième alarme, un premier sourire

Une énième alarme, un premier sourire | Japan Tsunami | Scoop.it
- Tremblement et stupeur :
Kinkyu-jishin-sokuhou: en anglais «early earthquake warning». Merci de bien vouloir vous préparer au tremblement de terre qui arrive.
(...)
Peut-être que la trop grande fréquence des tremblements de terre et de leurs répliques a fini par venir à bout de certaines de nos habitudes sociales. Mais ce sourire échangé vient de modifier mon humeur du tout au tout. Ma frustration, mon stress viennent de s’envoler. Peut-être que tant qu’à subir un nouveau problème, il nous parut à tous les deux plus raisonnable de faire face en souriant, plutôt que de prétendre s’ignorer. Un rien de sociabilité en plus. Un rien d’humanité supplémentaire.
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Un mois après le séisme, cinq artistes japonais témoignent

Un mois après le séisme, cinq artistes japonais témoignent | Japan Tsunami | Scoop.it
Natsuki Ikezawa, écrivain : «Dans un sens les Japonais sont habitués aux catastrophes naturelles. Nous nous affairons à construire ce que la nature peut détruire en un instant.» (Laurent Denimal/Opale)

Le Figaro - Culture :

Chef d'orchestre, chorégraphe, photographes, écrivain… Ils livrent leurs réflexions.

Un mois après le tsunami qui a frappé le Japon, la terre a à nouveau tremblé dans l'Archipel hier. Dans la culture japonaise, la place de l'homme est fragile face aux forces de la nature. Mais cette fois-ci, la catastrophe naturelle se double d'une catastrophe nucléaire. C'est ce que ne manquent pas de souligner les cinq artistes qui ont accepté de témoigner dans Le Figaro et de livrer leurs réflexions sur le sens du drame qui touche leur pays.

Seiji Ozawa, chef d'orchestre. Il a notamment dirigé le Boston Symphony Orchestra pendant trente ans.

«Partir? À quoi bon?»

Shomei Tomatsu, photographe. Né en 1930, il a notamment réalisé des séries sur Nagasaki dix ans après le bombardement de la ville en 1945.

«La civilisation qui a été trop vite»

Rinko Kawauchi, photographe. Née en 1972, elle a exposé en 2005 à la Fondation Cartier et à Paris Photo en 2008.

«Comme un test spirituel»

Saburo Teshigawara, chorégraphe. Né en 1953, il est interprète de ses propres pièces présentées dans le monde entier.

«Réfléchir à l'avenir»

Natsuki Ikezawa, écrivain. Né en 1945, il a publié notamment La femme qui dort et La Vie immobile (éditions Philippe Picquier).

«Nous allons nous appauvrir»
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Fukushima deux ans après : "faire comme si de rien n'était..."

Alain Morvan, journaliste au Républicain Lorrain, revient de Fukushima, au Japon, où il y a deux ans, pratiquement jour pour jour, le 11 mars 2011, un tsunami a ravagé la côte nord-est. Pendant une heure, il est entré dans la zone interdite... Durant son périple de cinq jours sur place, il s'est également arrêté sur les lieux clés de la catastrophe, du tsunami jusqu'à la crise nucléaire. Ses reportages sont à retrouver les 10, 11, 12 et 13 mars dans notre journal et sur notre site.

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Please listen to the plight of Fukushima people left behind by their own government

On the 19th of July 2011, people in Fukushima had a meeting with government officals from Tokyo to demand that the government evacuate people promptly in Fukushima and provide financial and logistical support for them. Also, they brought urine of children to the meeting and demanded that the government
test it...

S'il vous plaît, écoutez la détresse des habitants de Fukushima abandonnés par leur propre gouvernement

19 juillet 2011, Fukushima

Je suis mère de deux enfants et ai habité à Fukushima. Mon fils a 9 ans et ma fille 1 an et deux mois.
J'ai juste envie de vivre une vie normale. Je ne veux pas du tout abandonner ma ville. Depuis la catastrophe de Fukushima, je me suis fait tellement de souci et mon rôle de parent a été vraiment difficile.
Vous pensiez que je garderai mes enfants en sécurité à l'intérieur de la maison car c'est dangereux pour eux d'être dehors.
Mais vous savez comme il est important pour la croissance des enfants de s'exposer au soleil, d'attraper des insectes et de ramasser des fleurs.
Il est très important aussi qu'ils s'exposent pour la santé de leurs os. Mais je ne peux pas les laisser dehors comme d'habitude et je ne le supporte vraiment plus.
Aujourd'hui je pense à évacuer parce que je veux que mes enfants jouent dehors.
Mais nous avons un prêt et remboursons 100.000 yens par mois.
Hier, mon mari m'a dit ''si tu penses à évacuer, tu évacues avec les enfants. Je resterai ici pour travailler parce que je dois gagner de l'argent pour payer nos dépenses d'évacuation.''
Et je lui ai demandé comment nous allions rembourser notre prêt.
Et il m'a dit ''Si je meurs, mon assurance-vie remboursera le prêt.''
Mon mari est prêt à mourir pour me protéger moi et mes enfants. Etes-vous conscient de ça ?
Ma famille a déjà été éparpillée. Les jeunes veulent avoir leur amoureux et se marier. Mais leur amoureux est à Fukushima. Ils ne peuvent pas abandonner leur amoureux.
Mais ils ont décidé d'évacuer parce qu'ils veulent un bébé en bonne santé. Maintenant ils hésitent à le faire, malgré tout.
Avez-vous déjà pensé à la manière dont ils ressentent ces choses ?
Les étudiants de lycée ou de collège ne font pas exception. Même s'ils veulent évacuer, ils ne peuvent le faire pour des raisons financières.
Sauf si leurs parents prennent la décision d'évacuer, ils doivent être patients et rester ici.
S'il vous plaît pensez à ce qu'ils peuvent ressentir.
Vous dites qu'on ne doit pas se faire de souci pour les risques probables, mais pensez-vous vraiment que les parents vont laisser leurs enfants jouer à la roulette russe ?
Je pense que des gens sans coeur comme vous ne sont pas capables de comprendre ce que j'essaie de vous dire.
Nous sommes abandonnés depuis 4 mois à Fukushima. Et aujourd'hui nous sommes tellement épuisés mentalement.
Comprenez s'il vous plaît, nous n'avons pas l'intention d'abandonner Fukushima, mais pour l'instant, nous aimerions évacuer pour protéger nos enfants, assister ceux qui resteront ici, et reconstruire à nouveau ensemble Fukushima.
Nous vous demandons de nous aider.
Le gouvernement devrait fermer les écoles de Fukushima pour évacuer les enfants dans un endroit sûr. Ce serait une grande aide pour nous.
Les enfants vont à l'école parce que c'est ouvert. Les enseignants vont à l'école pour faire leur boulot parce que les enfants vont à l'école.
Les parents vont travailler parce qu'il y a des sociétés pour lesquels ils travaillent.
Nous prenons tous soin des autres. Vous dites que nous sommes libres d'évacuer si nous le voulons, mais nous habitants de Fukushima ne pouvons faire une chose aussi égoïste.
S'il vous plaît, comprenez-le.

 

 

[Note du Curateur] La traduction en français est SGDC

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A 200 km de Fukushima, un Francais temoigne de sa vie

Témoignage de Laurent Mabesoone, Francais habitant au Japon depuis 19 ans, a propos de la vie quotidienne avec les radiations, a 200 km de Fukushima.
pour information : site du ruban jaune anti-nucleaire (principalement en japonais) sur facebook :
http://www.facebook.com/home.php?sk=group_226456997370638
マブソン青眼の反原発メッセージ(フランス語)
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Séisme au Japon : un scientifique de Sendai témoigne

Séisme au Japon : un scientifique de Sendai témoigne | Japan Tsunami | Scoop.it
La Recherche

Un mois et demi après le séisme et le tsunami du 11 mars, le professeur Eiji Ohtani, éminent géophysicien à l'université Tohoku de Sendai et vice-président de la Japan Geoscience Union, a accepté de témoigner pour La Recherche.

- Où vous trouviez vous, le 11 mars dernier quand le séisme a eu lieu?

J’ai d’abord cru que ce séisme n’était pas très fort qu’il s’agissait d’une secousse comme nous en connaissons souvent. Cependant, ce séisme était différent des précédents : il était lent et les vibrations étaient de basses fréquences, comme sur un bateau au milieu de l’océan.
Après quelques secondes, je pensais que cela allait s’arrêter, mais des mouvements plus forts ont alors secoué le bureau : les étagères se sont effondrées, tous mes livres et documents se sont éparpillés sur le sol, l’ordinateur portable et les écrans sont tombés par terre : j’ai réalisé instantanément que c’était le plus gros séisme que nous n’avions jamais vécu.

- Comment les gens autour de vous ont-ils réagi, y a-t-il eu une alerte au tsunami ?

Les gens sont restés très calmes en général. Ils n’ont jamais paniqué. Ceci, parce que nous faisons régulièrement des exercices d’évacuation et de préparation aux séismes, même si nous n’imaginions pas qu’un tel séisme survienne en réalité.

- Dans quelle mesure votre université a-t-elle été touchée ?

Notre université est loin de la côte, à 14 kilomètres, et notre département est sur le haut d’une colline

- Un mois et demi après le séisme géant et le tsunami, quelle est la situation générale ?

L’électricité a été rétablie en quelques jours. L’eau aussi, après deux semaines. Aujourd’hui, la plupart des gens viennent à nouveau travailler. Et nous sommes en train d’évaluer les dommages pour les communiquer au gouvernement.

Au début avril, la situation s’est nettement améliorée avec le rétablissement, en partie, des moyens de transport (route, trains, bateaux). L’aéroport de Sendai fonctionne à nouveau depuis le 13 avril mais uniquement pour les vols internes, et le train qui lie Tokyo à Sendai, le Shinkansen, a repris son service lundi 25 avril.

- Quels sont les problèmes auxquels vous êtes confrontés maintenant ?

Le principal problème est de faire face aux répliques et à la crise de la centrale nucléaire. Depuis le séisme principal de magnitude 9 sur l’échelle de Richter, nous devons nous attendre à des répliques très fortes de magnitude comprise entre 7 et 8 pendant encore deux mois au moins.
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Interview avec Enson Inoue au coeur du désastre du tremblement de terre au Japon

Interview avec Enson Inoue au coeur du désastre du tremblement de terre au Japon | Japan Tsunami | Scoop.it
A la suite du tremblement de terre du 11 mars et du tsunami, Yoshihiro Akiyama, Genki Sudo, Hayato "Mach" Sakurai, Ryo Chonan ainsi que d'autres membres de la communauté du MMA, se sont ralliés pour lever des fonds pour ceux affectés par le désastre, en créant des programmes de volontaires et en conduisant eux-même des camions de vivres vers le nord du Japon.

L'ancien champion poids lourds du SHOOTO et le vétéran du PRIDE, Enson Inoue, a fait partie de ceux qui ont voyagé au nord-est du Japon pour aider les victimes du tremblement de terre et du tsunami. Daniel Herbertson de MMA Fighting s’est entretenu avec lui.

Daniel Herbertson : Que faisais-tu quand le tremblement de terre a eu lieu ?


Après le tremblement de terre, le tsunami, et quand tu as vu l'étendue des dégâts, quelle a été ta réaction, et qu'est-ce que tu as fait ?

Qu'est-ce qui t'a poussé à aller là-bas ?

Qu'est-ce que ça faisait de conduire à travers Fukushima, dans les zones gravement touchées par le tsunami ?

Qu'est-ce que tu avais pris avec toi ?

Comment c'était dans les centres d'évacuations ?

Est-ce qu'à un moment donné tu as réalisé l'étendue des dégâts ?

Est-ce que ces gens reçoivent de l'aide ? Est-ce que l'argent qui a été donné arrive jusqu'à eux ?

Est-ce qu'il y a des choses qui se passent dans la région et qu'on ne voit pas dans les médias ?

Quand je suis arrivé la première fois là-bas, il y avait encore des cadavres, mais ils n’étaient pas couchés n'importe où. Quand je suis arrivé dans les décombres, j'ai vu une main dans les débris, une jambe dans la forêt et un corps accroché à un arbre. Quand je me suis approché de l'océan, j'ai vu une jambe sous un pont. Quand je suis retourné à Tokyo, tout ça était nettoyé. 80% des décombres n’ont pas encore été inspectés. Il y a toujours des corps éparpillés, et on peut sentir l'odeur. Il y a beaucoup de poissons morts aussi, et on peut sentir cette odeur, ça vous prend au nez.

Il y a des endroits où on peut aller et réclamer des corps. Ils n’ont pas montré les couloirs des mairies à la télé. C'est incroyable. Le premier étage est là où on peut déclarer des proches morts, et certaines queues sont longues de 60 personnes. Les murs sont couverts de listes de noms de personnes disparues et de messages de gens sur où ils se trouvent, et dans quel refuge ils sont. C'est loin d'être fini pour tous ceux qui cherchent encore les gens qu'ils aiment.
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Après le tsunami : « Je ne pleurais pas, je suis japonaise »

Après le tsunami : « Je ne pleurais pas, je suis japonaise » | Japan Tsunami | Scoop.it
« C'est vous qui le dites :

J’étais en congé, le 11 mars, et je me trouvais dans mon appartement avec ma femme, designer, lorsque la secousse a démarré. Depuis quatre ans, j’ai déjà vécu des secousses petites ou longues mais loin d’être semblables à celle-là. La première chose à laquelle on pense, c’est: « Vivement que ça s’arrête car là, c’est pas trop drôle. » Mais ça ne s’arrête pas. On voit tomber ses armoires, sa vaisselle, sa télé bouge, l’ordinateur… Puis on prie, croyant ou pas, on demande quelque chose. On ne sait pas quoi d’ailleurs, car la dernière alternative après les objets de l’appartement, c’est les murs qui bougent et on pense à l’immeuble qui va s’effondrer et nous qui allons mourir. (...)

Je montre le site du Figaro à ma femme, qui me demande: « C’est où? Au Japon? » Je lui réponds que c’est ce qu’elle voit sur la télé japonaise. Elle me regarde, fait mine de pleurer et me sors: « Je ne pleurais pas, je suis japonaise. » Et je comprends vraiment qu’au bout de quatre ans, l’émotion, les sentiments dans ce pays ne doivent pas être montrés, voir sont interdits. C’est dur, surtout pour eux. (...)

Entretemps, mes potes français du boulot, paniqués au téléphone, me disent qu’ils veulent partir de Tokyo. Beaucoup d’étrangers et plein de directeurs de grosses compagnies françaises sont partis. Bref, la peur, l’angoisse, l’énervement, le stress se mélangent et on sent les gens tendus, étrangers comme Japonais. Une certitude: le contrôle des Japonais est en train de changer, ils sentent que la télé ne leur dit pas toute la vérité.

Je vais donc chez le dentiste avec ma femme en vélo. Nous prenons un café et le téléphone sonne sans arrêt. Mais on prend un café. Tout le monde part mais nous, on prend un café.
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Fukushima après Kobe : le dilemme de Keiko

Fukushima après Kobe : le dilemme de Keiko | Japan Tsunami | Scoop.it
Ouest-France :
Keiko Yamamoto a quitté le Japon après le grand tremblement de terre de Kobe. Aujourd'hui, la prof de japonais s'interroge. Fukushima l'amènera-t-elle à retourner au pays ?

Portrait
Le peuple japonais est courageux et stoïque face aux catastrophes qui assomment son pays. « Nous n'avons pas le choix ! », lance Keiko Yamamoto, large sourire éclairant son visage. Sourire japonais, pudique, qui masque bien des doutes.
« Enfant, un petit Japonais doit se cacher quand il pleure... Il va dans sa chambre. » Un mois après le tremblement de terre et le tsunami qui ont balayé le nord du Japon, Keiko, professeur de japonais à l'Isuga, aimerait y voir plus clair. Est-ce le moment de retourner chez elle, auprès de ses parents ?
(...)
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Catastrophe nucléaire, tsunami et autres petits désagréments - ORO ...

Catastrophe nucléaire, tsunami et autres petits désagréments - ORO ... | Japan Tsunami | Scoop.it
Mais un cygne qui parade sous un sakura alors là c'est du top niveau, power 9 sur l'échelle de Richter de la photogénie. Un Japonais qui arrive à prendre une telle photo a réussi sa vie (à condition que la photo ne soit pas floue).

Après un mois et demi dans mon nouvel environnement j’ai enfin décidé de vous donner un aperçu (et je trouve ça assez sympa de ma part, alors je m’attends à des remerciements). Comme tout le monde le sait il est survenu quelques événements inattendus une dizaine de jours après mon arrivé au Japon. Pendant cette période de troubles, de panique (surtout en France en fait) et de pénuries, je suis parti me réfugier à Nagano (c’était pas forcément beaucoup plus sûr mais ça permettait de calmer les esprits, surtout ceux de ma famille). De retour de mon exode, Tokyo avait quelque peu changé. En effet, dans les konbini (supérettes locales) il était impossible de trouver de l’eau, du pain ou du lait au chocolat ! Mais bordel j’allais boire quoi moi le matin ?? Enfin bref, ma déduction fut que le lait au chocolat devenait hautement plus appréciable en période de crise. Autre changement, les cerisiers avaient fleuris, et des petits groupes de japonais munis d’appareils photos avaient poussés autour d’eux (bah oui c’est la saison). D’ailleurs j’ai pris des photos pour vous dégouter de montrer comment que c’est beau ici.

[Note du curateur] : Témoignage d'un jeune "Warrior" français, un vrai reportage sur la vie au Japon aujourd'hui à lire assurément !
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"Tokyo s'est transformée en une ville de province un peu terne"

"Tokyo s'est transformée en une ville de province un peu terne" | Japan Tsunami | Scoop.it
Le Monde.fr -

Un mois après le tsunami dévastateur, les Japonais vivent toujours au rythme des secousses sismiques, des rationnements alimentaires et de la peur invisible du nucléaire. Des Français restés dans le pays témoignent.
"Je commence à souffrir du mal des tremblements de terre"
Je dors encore avec mon passeport, un sifflet et mon téléphone"
"Je me retrouve sans emploi"
"Tokyo s'est transformée en une ville de province un peu terne"
"Ma résistance au stress sismique a semble-t-il gagné quelques degrés"
"Les escalators tous fermés, les écrans géants éteints"
"J'ai dû quitter mon appartement à cause d'une grosse fissure"
"Mes collègues japonais souhaitent que notre entreprise nous transfère à Osaka"
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M. Professeur de retour du Japon: "Les japonais dignes cachent leur colère"

Japon : M. Professeur, éminent linguiste et spécialiste reconnu de la langue française sur TV5 Monde, donne ses premières impressions sur la vie de la popula...
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