Japan Tsunami
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8.8, 8.9, 9.0 and even 9.1 earthquake in Japan March 11th 2011,  <br>Earthquake & Tsunami aftermath,  <br>Fukushima
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Japon: une bombe de la 2e guerre mondiale dans la centrale de Fukushima

Japon: une bombe de la 2e guerre mondiale dans la centrale de Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it

Tokyo - Une bombe datant probablement de la Seconde guerre mondiale a été découverte jeudi au Japon dans l'enceinte de la centrale nucléaire accidentée Fukushima Daiichi, a indiqué l'exploitant.

L'engin "a été repéré vers 07H30 locales (mercredi 22H30 GMT) par un employé d'une société sous-traitante au cours de travaux pour créer un parking", a expliqué à l'AFP un porte-parole de la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco). 

La bombe, d'une longueur d'environ 85 centimètres pour 15 cm de diamètre, se trouvait dans le sol à une distance d'un kilomètre des bâtiments des réacteurs 2 et 3 du site", a-t-il précisé. 

 
 

"Nous avons prévenu les services de police de Futaba qui sont désormais chargés de suivre le dossier", a ajouté le porte-parole. 

Ce sont les forces d'autodéfense, nom de l'armée japonaise, qui devraient prendre en charge l'opération de retrait après avoir vérifié les risques d'explosion de l'engin. 

 

La région où est implantée la centrale Fukushima Daiichi, à cheval sur les localités côtières de Futaba et Okuma (nord-est), hébergeait en temps de guerre une base aérienne de l'armée nippone et a subi des bombardements américains, selon les informations dont dispose Tepco.  

Ces deux agglomérations ont été entièrement évacuées dans les jours suivants la catastrophe atomique de mars 2011 et demeurent désertes et inhabitables. 

La centrale nucléaire Fukushima Daiichi fait actuellement l'objet d'importants travaux en vue du démantèlement de ses six réacteurs, dont quatre ont été sévèrement saccagés par des explosions d'hydrogène à la suite des violents séisme et tsunami survenus il y a six ans. 

La découverte de la bombe jeudi a conduit à mettre en place un périmètre de sécurité sur une petite partie de l'immense site, mais n'a pas perturbé le travail des équipes oeuvrant ailleurs, notamment près des réacteurs, selon la compagnie. 

Jacques Le Bris's insight:

Le sérieux de l'industrie japonaise en prend un sérieux coup, lorsqu'on s'aperçoit, à son démantèlement, que l'on a construit une centrale atomique sur un tapis de bombes !!!

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Le Japon double l’estimation de la facture de Fukushima

Le Japon double l’estimation de la facture de Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it

La catastrophe nucléaire provoquée par un violent séisme en 2011 va coûter quelque 170 milliards d’euros au pays.

 

Le gouvernement japonais a presque doublé son estimation du coût de la catastrophe nucléaire de Fukushima, a rapporté dimanche 27 novembre le quotidien des affaires Nikkei.

Les fonds nécessaires notamment à l’indemnisation des victimes et au démantèlement de la centrale de Fukushima Daiichi sont désormais estimés à plus de 20 000 milliards de yens (170 milliards d’euros).

En 2013, le ministre du commerce avait estimé à 92 milliards d’euros le coût de la catastrophe, dont 45 milliards d’indemnisations, 21 milliards pour la décontamination, 9,2 milliards pour la construction d’un lieu de stockage des sols contaminés et 16,8 milliards pour le démantèlement de la centrale.

Lire aussi :   Un fort séisme au Japon ravive le souvenir de la catastrophe de 2011

 

Coûts de l’électricité

L’indemnisation des victimes est désormais estimée à 67 milliards d’euros, tandis que la décontamination nécessiterait de 33 à 42 milliards et que le budget du démantèlement subit une hausse du même ordre. Selon plusieurs sources proches du dossier citées par le Nikkei, une partie de cette augmentation sera reportée sur les coûts de l’électricité. Le ministère du commerce n’a pas fourni de commentaire.

Le 11 mars 2011, un violent séisme de magnitude 9 puis un tsunami dévastateur ont abouti à l’accident de la centrale de Fukushima Daiichi, la pire catastrophe nucléaire depuis celle de Tchernobyl en 1986.



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Japon: un gouverneur demande l'arrêt de deux réacteurs

Japon: un gouverneur demande l'arrêt de deux réacteurs | Japan Tsunami | Scoop.it
Réacteur nucléaire de la compagnie Kyushu Electric, à Kagoshima (sud-ouest), le 11 août 2015

 

Tokyo - Le gouverneur de la préfecture japonaise de Kagoshima (sud-ouest) a officiellement demandé vendredi l'arrêt de deux des trois réacteurs nucléaires actuellement en service dans l'archipel, jugeant les mesures de sûreté insuffisantes face au risque de catastrophe naturelle.

"Nous allons étudier avec sincérité la réponse à apporter", a indiqué la compagnie accusant réception du document.  

Satoshi Mitazono, élu en juillet à la tête de cette province qui héberge la centrale Sendai, avait promis aux citoyens qu'il s'opposerait à son fonctionnement. Il justifiait cette position par "la peur d'une catastrophe naturelle renforcée par la série de séismes survenue au printemps dans la région limitrophe de Kumamoto". 

 
 

Vendredi après-midi, il a remis en main propre au patron de la compagnie Kyushu Electric Power sa demande d'arrêt et la réalisation de nouveaux examens de sûreté. 

C'est la première fois qu'un gouverneur exige que soient stoppés des réacteurs remis en exploitation après l'entrée en vigueur de normes durcies à la suite de l'accident de Fukushima. 

 

L'élu réclame aussi la garantie d'une diffusion d'informations en cas d'incident ou accident. 

La compagnie n'étant pas légalement tenue de se conformer à sa requête, nul ne sait pour l'heure si Kyushu Electric acceptera ou non de suspendre l'utilisation de ces unités avant l'arrêt prévu pour une maintenance de routine. 

Les tranches Sendai 1 et 2, relancées en 2015 alors que la préfecture était dirigée par un autre élu, doivent en effet dans tous les cas être stoppées respectivement en octobre et décembre, pour une durée de deux à trois mois, afin de réaliser un entretien obligatoire après un an et un mois de fonctionnement commercial. 

Sur un parc de 42 unités (contre 54 avant l'accident de Fukushima en mars 2011), il n'y a actuellement que trois réacteurs opérationnels dans l'archipel, dont l'un, Ikata 3 (sud-ouest), vient d'être relancé mais n'est pas encore commercialement exploité. Il ne le sera qu'en septembre. 

Le gouvernement de droite de Shinzo Abe est favorable au redémarrage des réacteurs, mais la certification technique de l'Autorité de régulation est requise ainsi que l'assentiment des élus locaux. 

Les écologistes sont contre, estimant que n'ont pas été tirées les leçons de la catastrophe de Fukushima provoquée par un gigantesque tsunami et alors que tous les réacteurs nucléaires du Japon sont situés en bord de mer et en zone sismique. 

La justice les a en partie suivis, ordonnant l'arrêt de deux unités (Takahama 3 et 4) qui avaient été réactivées en début d'année. 

La population est aussi en majorité opposée à la relance des réacteurs nucléaires, mais la mobilisation s'est essoufflée après un pic dans l'année suivant le désastre de Fukushima. 

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Japon: citant les leçons de Fukushima, la justice ordonne l'arrêt de réacteurs nucléaires

Japon: citant les leçons de Fukushima, la justice ordonne l'arrêt de réacteurs nucléaires | Japan Tsunami | Scoop.it

Tokyo - Un tribunal japonais a ordonné mercredi pour des raisons de sûreté l'arrêt de deux réacteurs nucléaires à peine relancés, appuyant son jugement sur les leçons tirées de l'accident de Fukushima survenu il y a cinq ans.

Sont visées par cette décision de justice les unités 3 et 4 de la centrale de Takahama (ouest), qui ont pourtant obtenu les feux verts techniques et politiques pour redémarrer.

A la lumière de l'accident de Fukushima (...) il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d'un tsunami et concernant les plans d'évacuation, a souligné le juge, selon des propos rapportés par la chaîne publique NHK.

On ne peut pas dire que la compagnie ait fourni suffisamment d'explications sur le plan de la sûreté, a estimé le juge.

Les plaignants, un groupe de 29 personnes de la préfecture de Shiga, contiguë à celle de Fukui où se trouvent les réacteurs de Takahama, ont crié leur joie devant les caméras à la sortie du tribunal, brandissant des banderoles où l'on pouvait lire nous sommes très heureux et saluons le courage du jury.

Ce rebondissement dans la saga judiciaire de Takahama constitue un revers pour le gouvernement du Premier ministre conservateur Shinzo Abe. Celui-ci assure que les installations nucléaires japonaises peuvent redémarrer sans craintes à partir du moment où l'Autorité nucléaire a délivré son certificat de conformité à de nouvelles normes durcies.

Le jugement (de l'Autorité nucléaire) selon lequel ces réacteurs répondent à des standards qui sont les plus stricts du monde ne change pas, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors de son point de presse régulier.

La compagnie exploitante, Kansai Electric Power, va devoir se conformer à cette injonction qu'elle a qualifiée de regrettable et inacceptable et qui vient perturber son calendrier de relance progressive, du moins en attendant un éventuel retournement de jugement en appel.

Nous allons faire notre possible pour prouver la sûreté des réacteurs Takahama 3 et 4, a insisté un porte-parole, réagissant par téléphone pour l'AFP.

- Un an de bataille judiciaire -

C'est la première fois qu'un ordre d'arrêt vise une installation nucléaire relancée.

Au grand dam des organisations écologistes, Takahama 3 avait été remis en service en janvier et l'électricité qu'il produit est utilisée depuis fin février sur le réseau commercial.

Takahama 4 a été réactivé fin février, mais a été victime d'un problème technique qui a entraîné un arrêt inopiné trois jours plus tard. De facto, il n'est pas opérationnel mais la compagnie était en train de poursuivre les opérations pour le ranimer au plus vite.

Le redémarrage de Takahama témoigne de l'échec total de l'autorité de réglementation nucléaire du Japon à faire de la sécurité du public une priorité, avait réagi le groupe antinucléaire Greenpeace lors de la remise en service de ces unités.

L'organisation s'est aussi inquiétée du fait qu'une partie du combustible des réacteurs 3 et 4 de Takahama soit un mélange d'oxydes (Mox) fabriqué par le groupe français Areva et en partie issu du recyclage.

Le redémarrage de Takahama 3 et 4 avait déjà été retardé de plusieurs mois à cause d'une précédente bataille juridique devant un tribunal de Fukui, procédures dont la compagnie Kansai Electric était sortie gagnante en décembre en appel.

L'Autorité de régulation avait confirmé en février 2015 que ces deux tranches répondaient aux critères plus sévères imposés aux centrales nucléaires pour faire face aux risques de catastrophes naturelles et d'accidents critiques.

Ce couple de deux unités de Takahama avait été le deuxième parmi les rares à avoir obtenu le certificat de sûreté après les deux unités Sendai 1 et 2 (sud-ouest), qui sont actuellement les seules autres à avoir été remises en exploitation au Japon. Il ne reste dans le pays que 43 unités potentiellement exploitables, contre 54 avant Fukushima.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques (l'industrie a besoin d'énergie et l'importer coûte cher), le gouvernement Abe plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d'une opinion publique majoritairement contre.

kap/uh/sg

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Le Japon suspend le redémarrage du réacteur nucléaire de Sendai

Le Japon suspend le redémarrage du réacteur nucléaire de Sendai | Japan Tsunami | Scoop.it

Le redémarrage du réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Sendai, une première au Japon depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011, a été interrompu vendredi 21 août en raison d’un problème de pompe au niveau du système secondaire de refroidissement, a annoncé un porte-parole de la compagnie Kyushu Electric Power.

Experts et régulateurs avaient prévenu que le redémarrage, lancé après quatre ans d’arrêt, pourrait se heurter à des difficultés. Les ingénieurs de Kyushu Electric pensent que le problème a été provoqué par une infiltration d’eau de mer dans l’une des pompes du circuit de refroidissement secondaire, où la vapeur qui entraîne les turbines et produit de l’électricité est refroidie.

  

Un enjeu politique majeur

Selon les plans initiaux, le réacteur numéro 1 de Sendai devait atteindre sa pleine puissance mardi avant d’entrer en production au début de septembre.

Ce redémarrage est un enjeu politique majeur pour le premier ministre Shinzo Abe, fervent partisan d’une relance du nucléaire dans un Japon où l’opinion publique reste majoritairement hostile à ce mode de production électrique en raison des risques qu’il implique pour la population. Tous les autres réacteurs du pays sont à l’arrêt depuis septembre 2013.


 

Jacques Le Bris's insight:


Lire aussi : Le Japon relance le nucléaire, malgré l’hostilité de sa population

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Au Japon, premier redémarrage d'un réacteur nucléaire après Fukushima / France Inter

Au Japon, premier redémarrage d'un réacteur nucléaire après Fukushima / France Inter | Japan Tsunami | Scoop.it

La centrale Sendaï au Japon © MaxPPP - 2015

  

C'est aujourd'hui [NDC : 11 août 2015] que le Japon devrait redémarrer le premier réacteur nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima, il y a quatre ans.

  

C'était effectivement il y a un peu plus de quatre ans, le 11 mars 2011, qu'un tremblement de terre, puis un raz-de-marée, entraînait la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl en 1986. Depuis Fukushima, tous les réacteurs nucléaires japonais ont donc été arrêtés.

Le dernier en 2013. Des réacteurs nucléaires, le Japon en compte à peu près autant que la France : à savoir une cinquantaine. Et s'ils ont tous été arrêtés, c'est évidemment pour des inspections de sécurité extrêmement pointilleuses.

Voilà donc deux années entières que le Japon vit sans nucléaire et qu'il a dû compenser les 25 à 30% d'électricité produite par ces centrales par des centrales au charbon, au gaz ou au bon vieux fioul.

Mais le plus étonnant, et surtout le plus effrayant pour les pro-nucléaires : c'est qu'il y est parvenu sans trop de problèmes. Alors, il a fallu économiser l'énergie, éteindre les gratte-ciels et les enseignes électrique la nuit, mais, globalement ça s'est bien passé.

Mais alors pourquoi redémarrer aujourd'hui un réacteur nucléaire ?

C'est exactement la question que posent tous les opposants. Et ils sont nombreux au Japon. Avant Fukushima, 60% des Japonais étaient pour le nucléaire ; aujourd'hui, sondage après sondage, ils sont 60 à 70% contre cette « re-nucléarisation » du pays. Il y a aussi ceux qui ont trouvé de très mauvais goût de redémarrer ce réacteur nucléaire alors qu'on vient juste de commémorer les 70 ans de Nagasaki et d'Hiroshima. Parmi ces critiques, il y a, entre autres, les dernières victimes des deux bombes atomiques.

Côté gouvernemental, par contre, on parle de croissance économique à venir. Cela dit, la position du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, n'a pris personne de court : il avait fait du redémarrage un point clé de sa brillante victoire électorale en 2014.

Il a même détaillé un plan d'avenir pour le nucléaire civil dont la part dans ce qu'on appelle le « mix énergétique » est appelé à diminuer un peu, certes, mais représentera tout de même 20% de l'électricité japonaise. Je rappelle que depuis deux ans, c'est 0% !

La centrale Sendaï au Japon © MaxPPP - 2015

 

Parlez-nous un peu de cette centrale qui doit redémarrer aujourd'hui…

Volontiers ! Sendaï a deux réacteurs. C'est le N°1 qui sera rallumé, si vous voulez. Le second devrait l'être en octobre. Sendaï est située à un millier de kilomètres au Sud-Ouest de Tokyo et c'est une dernières centrales à avoir été éteinte en septembre 2013.

Le détail n'est pas sans importance. Parce qu'une centrale nucléaire, c'est un peu comme une voiture : si vous la laissez deux ou trois ans sans la faire rouler, vous risquez d'avoir des problèmes à l'allumage et ensuite au rodage. Tout est un peu rouillé.

Je ne dis pas ça pour faire le malin : en 1996, lorsque les Suédois ont redémarré la centrale d'Os-Kar-Cham, quatre ans après l'avoir arrêtée, il y avait eu six arrêts d'urgence en une année. Or au Japon, 25 réacteurs ont déposé des demandes de remise en service.

Enfin, Sendaï se trouve en bord de mer, comme à Fukushima. De plus, elle se trouve à moins de 50 kilomètres d'un volcan particulièrement actif. En clair, avec Sendaï, le Premier ministre Shinzo Abe a voulu imposer sa volonté en provoquant les antinucléaires.

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Fukushima : de la radioactivité décelée sur le littoral canadien

Fukushima : de la radioactivité décelée sur le littoral canadien | Japan Tsunami | Scoop.it

La centrale de Fukushima, au Japon, après le passage du tsunami qui avait fait fondre trois réacteurs 

 

Des traces de radioactivité dues à la catastrophe de Fukushima en 2011 ont été relevées sur une partie du littoral canadien. Mais les quantités relevées sont cependant trop faibles pour menacer la population ou la vie marine.

 

Du césium 134 et 137, un métal présent dans les déchets nucléaires, a été détecté dans des échantillons prélevés en février au large de la côte ouest du Canada, en Colombie britannique. Ces traces de radioactivité sont dues à la catastrophe de Fukushima de 2011, provoquée par un séisme et un tsunami au Japon. Et elles sont une première depuis ce drame.

D'après Ken Buesseler de l'institut océanographique Woods Hole, les échantillons d'eau prélevés par les scientifiques contenaient 1,4 becquerel par mètre cube de césium 134 et 5,8 becquerels de césium 137 par mètre cube.Un niveau de radioactivité qui est, en fait, très faible : nager tous les jours durant un an dans ces eaux exposerait à une dose de radiations mille fois inférieure à une radio des dents.

D'autres traces de césium attendues

"Nous devons surveiller attentivement les océans après ce qui a été sans doute le plus important déversement accidentel d'agents contaminants radioactifs dans l'océan, au cours de l'histoire" a néanmoins rajouté Ken Buesseler. Le scientifique s'attend à ce que des niveaux de césium similaires soient mesurés sur d'autres rivages nord américains, jusqu'à la côte californienne, par exemple.

En novembre dernier déjà, l'institut Woods Hole avait signalé des niveaux de radioactivité dus à Fukushima à 160 kilomètres des côtes du Nord de la Californie. Mais depuis, aucune autre radiation n'avait été relevée.

►►► À LIRE AUSSI Fukushima : où est passé le combustible du réacteur 1 ?

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Le corium disparu de Fukushima

Le corium disparu de Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it

Jusqu'à présent, Tepco et les experts du secteur avaient certes la quasi-certitude que le combustible avait fondu, mais sur la base de calculs et simulations

 

Le combustible du réacteur 1 de la centrale accidentée de Fukushima a à coup sûr totalement fondu et est tombé on ne sait où, selon des tests de localisation par rayons cosmiques dont les résultats viennent d'être communiqués.

Ces dernières semaines, le gérant du complexe atomique, Tokyo Electric Power (Tepco), ainsi que des chercheurs du laboratoire KEK, de l'Université de Tsukuba et d'un établissement universitaire de Tokyo, ont utilisé un dispositif spécial qui permet de voir où se trouve le combustible nucléaire. Ils ont ainsi réussi à situer le combustible de la piscine de désactivation du réacteur 1, mais pas le combustible du coeur du même réacteur à l'endroit où il aurait pourtant dû être s'il n'avait pas fondu.

Pour se faire ont été utilisées les propriétés de particules de haute énergie et charge négative appelées muons. Lesdits muons, des cousins des électrons, ne sont pas faciles à arrêter: ils traversent librement de nombreux matériaux, au point d'ailleurs de gêner parfois des expériences scientifiques. Pourtant, ils peuvent être stoppés par des substances à haute densité. En traquant les muons bloqués, il est ainsi possible de produire une image de la présence du combustible nucléaire dans le réacteur.

C'est cette particularité que les chercheurs ont utilisée en mesurant les flots de muons depuis plusieurs endroits à l'extérieur du réacteur nucléaire examiné.

« On devrait voir une ombre sur les images à l'endroit du coeur, or elle n'est pas là, ce qui signifie très probablement que tout le combustible est tombé », a expliqué à la télévision le professeur du KEK Fumihiko Takasaki qui a conçu et dirigé ces tests.

Jusqu'à présent, Tepco et les experts du secteur avaient certes la quasi-certitude que le combustible avait fondu, mais sur la base de calculs et simulations. Cette fois, des mesures en donnent une quasi-preuve, sans dire cependant exactement où se trouve ledit combustible: au fond de la cuve sous pression ou plus bas encore? La même question se pose en outre pour les cœurs des réacteurs 2 et 3 dont on suppute qu'ils ont aussi subi peu ou prou un sort identique.

En tout état de cause, la tâche d'extraction des débris de ce combustible fondu ne s'en trouvera pas facilitée. La récupération de ce corium constituera l'opération la plus délicate et la plus longue du processus de démantèlement engagé. Selon les prévisions actuelles, il faudra entre 20 et 30 ans uniquement pour procéder à ce retrait qui, dans le meilleur des cas, ne pourra pas débuter avant 2020.

« En tant que scientifiques, nous ressentons cependant la responsabilité d'utiliser nos connaissances et compétences pour aider à procéder au démantèlement le plus rapidement possible », avait déclaré il y quelques mois M. Takasaki.

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Japon: Le débat sur la relance du nucléaire passe par la case judiciaire

Japon: Le débat sur la relance du nucléaire passe par la case judiciaire | Japan Tsunami | Scoop.it

TOKYO, 5 mars (Reuters) - La bataille autour de la relance de la production nucléaire au Japon, progressivement stoppée après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, va se poursuivre devant les tribunaux, saisis par des opposants à l'énergie atomique.

Quatre des 48 réacteurs à l'arrêt ont passé avec succès ces derniers mois les tests renforcés de sûreté nucléaire et pourraient donc être relancés, conformément au voeux de l'exécutif soucieux d'alléger la facture des importations énergétiques.

Le nucléaire japonais représentait, avant Fukushima, un tiers de la consommation d'énergie. Le gouvernement de Shinzo Abe juge une relance de la production nucléaire cruciale pour la croissance économique du pays et espère un premier redémarrage autour du mois de juin prochain.

Mais des opposants au nucléaire ont saisi la justice.

Jusqu'à la catastrophe de 2011, les tribunaux japonais ont quasi systématiquement pris le parti des opérateurs des centrales japonaises. Il n'est pas exclu que les conséquences de Fukushima conduisent à un changement radical, estime l'ancien magistrat Hiroshi Segi.

L'opinion publique est très majoritairement hostile à l'énergie atomique. Les sondages mesurent que deux Japonais sur trois s'opposent à une relance du secteur.

Les décisions des tribunaux, qui pourraient être annoncées d'ici la fin du mois, pourraient repousser le redémarrage des réacteurs et pénaliser les finances des opérateurs Kansai Electric Power et Kyushu Electric Power, prêts à redémarrer leurs réacteurs de Takahama et Sendai.

"A mesure que nous nous rapprochons d'un redémarrage, la justice est la seule entité encore à même de le stopper", souligne l'avocat Yuichi Kaido, qui participe au recours contre la relance des deux réacteurs de Sendai et de deux réacteurs de Takahama.

Les plaignants reprochent aux compagnies d'électricité de sous-estimer le risque sismique et de ne pas respecter pleinement les nouvelles normes de sûreté édictées après Fukushima, où la catastrophe de mars 2011 a suivi un séisme de magnitude 9 et un tsunami.

Ils dénoncent aussi l'insuffisance des plans d'évacuation préparés par les pouvoirs publics en cas d'accident nucléaire.

"Les juges doivent comprendre que leur décision pourrait empêcher un nouvel accident nucléaire", insiste Yuichi Kaido.

Le juge principal de la plainte déposée contre Takahama, Hideaki Higuchi, s'est opposé en mai dernier au redémarrage d'un réacteur nucléaire de la centrale d'Ohi, également gérée par Kansai.

Il avait jugé à l'époque que les impératifs de santé publique et de protection de la population l'emportaient sur les avantages financiers d'une relance de l'énergie nucléaire. (voir ) (Mari Saito et Kentaro Hamada; Henri-Pierre André pour le service français)

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Le déroulement de l'accident de Fukushima Daiichi

Ce film détaille le déroulement de l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi en mars 2011.
Il explique le fonctionnement des réacteurs à eau bouillante exploités au Japon, détaille le scénario de l'accident et présente les interventions d'urgence menées durant la crise et depuis.


Pour plus d'information: http://www.irsn.fr/fuku-lecons/

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[A voir] Pièces à conviction : Fukushima : vers une contamination planétaire ?

[A voir] Pièces à conviction :  Fukushima : vers une contamination planétaire ? | Japan Tsunami | Scoop.it

Si vous avez manqué cette excellente enquête suivi d'un débat avec un représentant de l'ASN et de Greenpeace, c'est ici :

(pour quelques jours seulement !)

Partout, les scientifiques voient se profiler une catastrophe sanitaire mondiale. Chaque jour, des centaines de tonnes d'eau hautement contaminée se déversent dans le Pacifique, puis sur les plages californiennes, contaminant les poissons qui sont consommés sans aucun contrôle.


Via Build Green
Jacques Le Bris's insight:

Si vous avez manqué cette excellente enquête suivi d'un débat avec un représentant de l'ASN et de Greenpeace, c'est ici :

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Vie toxique's curator insight, February 28, 2014 2:35 AM

Si vous avez manqué cette excellente enquête suivi d'un débat avec un représentant de l'ASN et de Greenpeace, c'est ici :

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Le Japon entame une nouvelle période «zéro nucléaire»

Le Japon entame une nouvelle période «zéro nucléaire» | Japan Tsunami | Scoop.it

Déchargement d'un container à la compagnie Kansai Electric Power le 27 juillet 2013 à Fukui

 

Tokyo - Le seul réacteur nucléaire en service au Japon était dimanche en train d'être stoppé pour maintenance, une opération certes prévue mais qui va totalement priver l'archipel d'énergie atomique pendant une période inconnue que les militants antinucléaires voudraient infinie.

«Les procédures d'arrêt du réacteur 4 d'Ohi (ou Oi, ouest) ont débuté dimanche vers 16H40 (07H40 GMT) et son arrêt sera effectif lundi matin», a annoncé à l'AFP un porte-parole de la compagnie Kansai Electric Power (Kepco)

Toutes les centrales nippones avaient été progressivement mises hors service sine die par précaution supplémentaire à la suite de l'accident de Fukushima causé par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 dans le nord-est du Japon.

Kepco avait toutefois reçu en juin 2012 des élus locaux et du Premier ministre d'alors, Yoshihiko Noda, l'autorisation de remettre en exploitation les réacteurs 3 et 4 d'Ohi.

L'unité 3 avait été relancée le 1er juillet 2012. Elle a été de nouveau stoppée le 2 septembre dernier, également pour un entretien régulier, obligatoire après environ 13 mois de fonctionnement en continu.

L'unité 4 avait pour sa part été réactivée le 19 juillet 2012. Une fois celle-ci coupée, le Japon se retrouvera de nouveau totalement privé d'énergie nucléaire plusieurs mois.

Il est en effet matériellement impensable que d'autres réacteurs japonais soient relancés sous peu, même si des compagnies, dont Kepco, ont postulé pour que la sûreté de plusieurs installations soit vite certifiée par l'autorité de régulation à l'aune de nouvelles normes plus strictes entrées en vigueur le 8 juillet dernier.

Du coup, le Japon, qui avait connu une période «zéro nucléaire» (malgré un parc de 50 unités) de mai à juillet 2012, va se retrouver à partir de lundi dans la même situation, alors que les réacteurs nucléaires du pays fournissaient environ un quart de la production électrique du pays avant le drame de Fukushima. Il y avait alors 54 réacteurs exploitables.

Si les compagnies parviennent néanmoins à fournir assez d'électricité sans qu'aucun ne fonctionne, c'est qu'elles font turbiner à plein régime des centrales thermiques (dont une partie ont même été réactivées spécialement) et que les consommateurs font des économies.

Cette situation ne satisfait toutefois nullement le gouvernement actuel ni les industriels, car la facture d'importation d'hydrocarbures a explosé et le déficit commercial s'est creusé.

Pourtant, aucun réacteur nucléaire ne peut redémarrer tant que l'autorité nucléaire (statutairement indépendante) ne s'est pas prononcée sur sa sûreté.

Plusieurs dossiers sont en cours d'évaluation, mais des travaux sont prévus dans toutes les centrales pour que les équipements soient mis en conformité avec les nouvelles normes imposées par l'autorité elle-même, tant vis-à-vis des catastrophes naturelles que des actions terroristes.

Même si cette instance pourrait accorder des délais de grâce pour les modifications nécessaires, son rôle n'est toutefois pas de décider de relancer des réacteurs mais d'établir un jugement sur leur sûreté.

La décision finale d'autoriser la redémarrage revient au pouvoir politique, les gouverneurs des préfectures hébergeant les installations nucléaires concernées ayant même un quasi droit de veto sur la décision.

Le gouvernement de droite de Shinzo Abe est pour sa part favorable à la réactivation des réacteurs du pays, mais assure qu'il se conformera à l'avis de l'autorité.

Les organisations antinucléaires et une partie de la population aimeraient au contraire que l'arrêt des centrales soit définitif, puisque la situation actuelle prouve selon elles que le Japon peut se passer de l'atome.

Beaucoup, tel le gouverneur de la préfecture de Niigata (qui héberge la plus importante centrale du Japon), estiment en outre que le pays ne doit pas réautoriser l'exploitation de réacteurs tant que n'est pas résolu l'accident de Fukushima provoqué par le tsunami du 11 mars 2011.

Même si le Premier ministre japonais a affirmé que la situation était «sous contrôle», de nombreux incidents (dont des fuites d'eau radioactive en mer) se produisent quotidiennement sur le site en péril où oeuvrent 3.000 ouvriers qui se sentent parfois dépassés par les événements, comme l'a d'ailleurs reconnu un responsable de la compagnie Tepco vendredi, mettant sa hiérarchie et le gouvernement dans l'embarras.

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Fukushima : la bataille de la France au nom de l'atome

Fukushima : la bataille de la France au nom de l'atome | Japan Tsunami | Scoop.it

Des ouvriers de Tepco sur le site de Fukukshima, en novembre 2014.

 

Un documentaire diffusé dimanche dans l'émission «Cellule de crise» expose comment la France a œuvré dès le 11 mars 2011 pour «sauvegarder les intérêts du nucléaire».

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    Fukushima : la bataille de la France au nom de l'atome

L’affaire est entendue. La catastrophe de Fukushima, qui a eu lieu il y a près de six ans, est un «désastre créé par l’homme» comme l’a écrit noir sur blanc Kiyoshi Kurokawa, le président de la commission d’enquêteparlementaire. Depuis le 11 mars 2011, les rapports, les investigations, les documentaires japonais et internationaux n’ont pas manqué pour décrire l’enchaînement des faits, l’impréparation, les erreurs en série et la panique qui s’est emparée du pouvoir politico-industriel nippon dans les premiers jours de la pire crise nucléaire depuis Tchernobyl.

Le mérite de cette enquête n’est pas tant dans ce rappel de ces jours de mars ayant donné des sueurs froides à toute la planète et au cours desquels le pire a été évité de peu. Même s’il est toujours nécessaire de se remémorer que les autorités japonaises ont envisagé le scénario catastrophe : une perte totale de contrôle de la centrale de Fukushima-daiichi et une crise nucléaire qui aurait condamné pour des décennies une grande partie du Japon et contraint les autorités à évacuer plus de 50 millions de personnes, comme l’a raconté dans ces colonnes Naoto Kan, le Premier ministre de l’époque.

La journaliste Linda Bendali qui signe cette enquête a certes eu accès des témoins de premier plan dans l’équipe de Naoto Kan, chez les secouristes, les militaires et parmi des membres de Tokyo Electric Power Company (Tepco) qui gère la centrale. Mais si ce documentaire révèle des secrets, c’est surtout sur son volet français qu’il apporte un éclairage bienvenu. En construisant un récit croisé entre le Japon et la France, il expose la «stratégie du gouvernement français pour sauvegarder les intérêts du nucléaire». Et montre comment Paris s’est lancé dans une «bataille diplomatique et industrielle cruciale pour la France».

«Risques de contamination en Europe»

Même si EDF, François Fillon – alors Premier ministre –, ses conseillers et Eric Besson, le ministre de l’Industrie de l’époque ont refusé les demandes d’interview, la journaliste a pu reconstituer le récit côté français. Informé par une source interne à Tepco, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) fait partie des premiers à avoir été informé de la crise.

A Paris, l’IRSN mobilise son centre de crise avec 40 ingénieurs, des traducteurs pour tenter de comprendre la situation à la centrale et pour faire face à de possibles «risques de contamination dans toute l’Europe». Chez Areva, huit ingénieurs donnent l’alerte en bouclant leurs valises. «Les Japonais ont perdu le contrôle de la centrale», déclarent-ils en quittant le Japon en toute hâte. La panique s’empare des expatriés à Tokyo.

Dès le 12 mars, les explosions causées par l’hydrogène concentré dans les installations de Fukushima et le bricolage des interventions vont faire «très très peur», comme le dit Anne Lauvergeon, alors la présidente d’Areva. La France, pays du nucléaire avec les géants EDF et Areva, voit chuter les cours en bourse de ses entreprises et de l’uranium. Il faut réagir. Les ministères de l’Industrie et de l’Ecologie, l’IRSN et Matignon vont monter au front pour faire «faire baisser la pression et l’angoisse».

 

Conférence de presse, éléments de langage, audit des réacteurs français, etc. Paris manœuvre pour que le «nucléaire ne devienne pas un sujet de débat» et que «la place de l’atome ne soit pas remise en cause en Europe». Elle s’oppose à la «décision hallucinante de l’Allemagne», selon les mots de Frank Supplisson, directeur de cabinet d’Eric Besson, de débrancher ses centrales. N’hésite pas à menacer ses partenaires européens qui n’ont pas l’heur de partager ses vues. Et fait pression sur ses diplomates.

Beau fiasco français

A Tokyo, l’ambassadeur de France, Philippe Faure, met en ligne un communiqué recommandant aux ressortissants français de s’éloigner quelques jours de la capitale nippone. Le Quai d’Orsay lui intime l’ordre de retirer le texte. Puis, avec retard, Paris dépêche un avion d’aide avec des «tonnes de matériels inutiles», raconte un membre de l’ambassade. «Au pays de Nissan et de Toyota, ce qu’on envoyait c’était du vrac, pas éblouissant», se souvient Philippe Faure.

Le documentaire raconte également un beau fiasco quand l’aide technique française a été refusée par le Japon. Paris a loué un très coûteux Antonov pour acheminer ses robots capables d’intervenir en milieu contaminé, mais Tokyo souhaitait que des experts français viennent les piloter. «Les ingénieurs acceptaient de venir à Tokyo, raconte Linda Bendali, mais pas au pied des réacteurs.» Les Japonais ont décliné l’offre.

Dans cette offensive diplomatico-industrielle, l’Elysée n’a pas été en reste. Nicolas Sarkozy a fait des pieds et des mains pour être le premier chef d’Etat à venir au Japon. Vingt jours après le 11 mars, il débarque à Tokyo et rappelle la nécessité de poursuivre le nucléaire. Naoto Kan accepte finalement de l’accueillir malgré un emploi du temps surchargé. Ce jour-là, «j’étais convaincu qu’il fallait arrêter» l’utilisation de l’atome, déclare aujourd’hui l’ex-Premier ministre devenu l’un des plus ardents militants antinucléaires de l’archipel. Mais face à Nicolas Sarkozy le 31 mars 2011, il s’est tu.

 

Cellule de crise. De Paris à Fukushima, les secrets d’une catastrophe. 

Dimanche 12 février à 22h40. France 2.

Rediffusion, jeudi 16 février à 1h40.

 

Arnaud Vaulerin correspondant au Japon

 

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À la centrale nucléaire de Fukushima, un niveau record de radiation a été détecté

À la centrale nucléaire de Fukushima, un niveau record de radiation a été détecté | Japan Tsunami | Scoop.it

Six ans après la catastrophe de Fukushima, la centrale nucléaire japonaise présente des niveaux de radiations record, a annoncé, jeudi, l'opérateur Tepco. Les niveaux relevés sont tels qu'ils mèneraient à mort les hommes exposés.

Au Japon, la compagnie Tepco, opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima, a annoncé avoir observé des niveaux de radiations record à l'intérieur de l'enceinte de confinement du réacteur 2.

VOIR AUSSI : Un costume de robot géant pourrait servir à nettoyer la zone contaminée de Fukushima

Une petite caméra a été envoyée fin janvier dans cette unité et l'analyse des images filmées à l'intérieur permet de déduire que règne dans une partie de l'enceinte de confinement "des radiations qui peuvent atteindre 530 sieverts par heure". Un homme exposé à une telle radioactivité se dirigerait vers une mort certaine après d'atroces souffrances.

"Il y a une marge d'erreur qui fait que le niveau peut aussi être inférieur d'environ 30 %, mais il reste élevé", a confirmé par téléphone un porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco), Tatsuhiro Yamagishi. Le précédent relevé, constaté en 2012 en un autre endroit du réacteur 2, était de 73 sieverts. "Le niveau extrêmement élevé de radiation mesuré à un endroit, s'il est exact, peut indiquer que le combustible n'est pas loin et qu'il n'est pas recouvert d'eau", a déclaré à la chaîne publique NHK Hiroshi Miyano, professeur de l'Université Hosei qui préside une commission d'étude pour le démantèlement de la centrale ravagée. 

 

Le niveau élevé de radiation mesuré peut indiquer que le combustible n'est pas loin

Un trou dans une partie de l'enceinte de confinement

Par ailleurs, un trou carré d'un mètre de côté a été constaté sur une plateforme métallique située dans l'enceinte de confinement, sous la cuve qui contient le cœur du réacteur. "Il peut avoir été causé par la chute du combustible qui aurait fondu et percé la cuve, mais ce n'est à ce stade qu'une hypothèse", a souligné le porte-parole. "Nous estimons que les images recueillies cette fois constituent de précieuses informations, mais il nous faut encore investiguer, sachant qu'il est difficile de présupposer l'état réel à l'intérieur", a souligné M. Yamagishi.

 

VOIR AUSSi SUR FRANCE 24 : 5 ans après Fukushima, ils reviennent dans une ville fantôme

 

Tepco avait déjà présenté, en début de semaine, d'autres images prises le même jour dans le réacteur 2 montrant pour la première fois la présence possible de combustible fondu.

Le réacteur 2 est, à l'instar des 1 et 3, l'un des plus endommagés et responsables de dégagements massifs de substances radioactives dans la nature, après la mise en péril du site par le tsunami gigantesque de mars 2011. Jusqu'à présent, les examens n'ont pas permis de localiser précisément le combustible supposé fondu dans ces trois unités sur les six que compte la centrale.

 

– Avec AFP

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Fukushima : Tokyo craint une envolée de la facture

Fukushima : Tokyo craint une envolée de la facture | Japan Tsunami | Scoop.it

Les travaux sur le site de Fukushima-Daiichi doivent durer de trente à quarante ans. - AFP

 

Le gouvernement japonais estime que le coût du chantier débordera largement les 17 milliards d’euros.

Lorsqu'il avait nationalisé Tepco en 2012 pour l'aider à surmonter la catastrophe de Fukushima Daiichi, l'Etat japonais avait promis de se désengager rapidement du plus grand électricien de l'Archipel. Mais cette perspective semble de plus en plus hypothétique, tant sa situation se dégrade. Dans un rapport intermédiaire sur Tepco publié mardi, un panel d'experts a pointé la grave envolée du coût du démantèlement de la centrale ravagée en 2011 par un tsunami.

Avare en chiffre sur ce dossier sensible, Tokyo a, pour l'instant, travaillé sur l'hypothèse d'une facture supérieure à 2.000 milliards de yens (soit 17,6 milliards d'euros) pour Tepco. Ces montants, qui incluent le démantèlement de quatre réacteurs ainsi que la gestion des eaux contaminées, ne prennent pas en compte les 9.000 milliards de yens nécessaires au paiement des compensations pour les populations victimes de la catastrophe et au programme de décontamination des territoires irradiés, qui sont financés pour le moment par des prêts de l'Etat.

 

Un chantier pharaonique

Selon le panel, c'est le montant des travaux dans la centrale elle-même qui devrait enfler. Tepco avait planifié une facture de 80 milliards de yens par an (700 millions d'euros), mais le ministère de l'Industrie, qui suit les travaux des experts, évoque maintenant des coûts annuels supérieurs à plusieurs centaines de milliards de yens, soit plusieurs milliards d'euros, sur les trente ou quarante ans que doit durer ce chantier pharaonique. Ils estiment que la récupération du corium dans les trois réacteurs dont le coeur avait fondu en mars 2011 va nécessiter des dépenses colossales que Tepco ne pourra pas affronter seul.

Si l'électricien continue d'alimenter en courant la partie du nord de l'Archipel et se développe même à l'international, il ne retrouve pas ses niveaux de revenus passés. Le groupe souffre du lent redémarrage du parc nucléaire. Il a investi massivement dans la modernisation de ses autres réacteurs pour suivre le durcissement des standards de sûreté, mais il se heurte à l'opposition d'autorités locales.

 

A la mi-octobre, Tepco a appris avec dépit que les électeurs avaient élu un gouverneur très hostile à la relance du nucléaire dans la préfecture de Niigata, où il contrôle la plus grande centrale du monde. Jusqu'à ce scrutin, le groupe avait espéré bénéficier financièrement d'un rallumage partiel de certaines des 7 tranches du site de Kashiwazaki-Kariwa. Un blocage prolongé sur ce dossier risque d'accélérer le débat sur une restructuration du groupe, sur laquelle le gouvernement planche déjà.

 

Yann Rousseau (Correspondant à Tokyo)

 

 

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Fukushima ‘’hors de contrôle’’: l’océan Pacifique touché de plein fouet

Fukushima ‘’hors de contrôle’’: l’océan Pacifique touché de plein fouet | Japan Tsunami | Scoop.it

Insignifiante pour l’opinion publique, la question entourant les radiations nucléaires qui ont suivi la catastrophe de Fukushima en 2011 est apparemment une affaire classée pour les autorités locales ainsi que pour la communauté internationale, au moment même où les experts tirent la sonnette d’alarme pour avertir d’un danger qui menace l’humanité tout entière.

 

Face à cette indifférence par rapport au plus grand désastre nucléaire jamais connu auparavant, les experts ont bien identifié et documenté ce processus de déversement d’eau hautement radioactive dans l’océan Pacifique; à cette vitesse, on y craint la contamination à l’échelle mondiale. Selon le site  »the sleuth journal », la centrale nucléaire de Fukushima contenait 1760 tonnes de matières nucléaires, alors que la station de Tchernobyl n’en contenait que 180 tonnes !

Les jours qui ont suivi la catastrophe, les analyses de quelques échantillons autour du littoral de la centrale nucléaire affichaient une quantité négligeable de Plutonium selon les rapports officiels. À la lumière de ces résultats,  les autorités japonaises ont donné leur feu vert pour vider les réservoirs de la centrale dans les eaux du Pacifique. Cette décision fatale a causé ainsi la contamination radioactive du littoral japonais et de l’océan Pacifique jusqu’à la côte ouest de l’Amérique du Nord.

Dans un rapport détaillé, Dre Helen Caldicott a rappelé que l’eau déversée, depuis la catastrophe de 2011, contient une forte dose dePlutonium 239, un composant chimique ultra-radioactif pour la faune et la flore marine et pouvant causer la mort de plusieurs espèces, sans parler des répercussions sur la vie humaine. À ce stade, Dr Helen avait souligné que le Plutonium 239 radioactif  peut provoquer le développement de plusieurs formes de cancers, comme la leucémie et le cancer des os.

Toujours est-il que des experts ont estimé qu’il faudra environ 40 ans pour nettoyer les résidus radioactifs dans l’océan. En attendant, plusieurs personnes ont été exposées à de hauts niveaux de radioactivité et l’impact sur l’environnement, cinq ans après, est dévastateur. Qu’on en juge :

  • De Vancouver, en passant par la côte californienne et jusqu’au Chili, les plages du Pacifique témoignent d’un nouveau phénomène : des millions de tonnes de poissons, crustacés et mammifères marins sont venus mourir sur ces plages.
  • Des experts de la faune dans l’Arctique ont découvert récemment chez les ours polaires, phoques et morses une fourrure abîmée et des plaies ouvertes.
  • Sharon Merling, biologiste au National Marine Fisheries, a identifié un événement inhabituel de mortalité chez le lion de mer : 45 % des bébés nés en juin dernier sont morts, confirmant ainsi l’hypothèse d’une épidémie.
  • Tout au long de la côte du Pacifique du Canada et de la côte de l’Alaska, la population de saumon rouge est à son plus bas niveau de reproduction de toute son histoire.
  • Un vaste champ de débris radioactifs de Fukushima, qui est à peu près de la taille de la Californie, a traversé l’océan Pacifique et commence à entrer en contact avec la côte ouest.
  • Selon les experts, il est prévu que le niveau de radioactivité des eaux côtières au large de la côte ouest des É-U pourrait doubler au cours des cinq à six prochaines années.
  • Des échantillons de plusieurs espèces ont affiché un niveau très élevé de Césium-137 dans les eaux du Pacifique entre Hawaii et la côte ouest.
  • 15 espèces de thon rouge ont été contaminées par les radiations de Fukushima selon des analyses récentes.
  • En 2012, le « Vancouver Sun » a rapporté que du Césium-137 avait été trouvé dans un grand pourcentage de poissons importés du Japon vers le Canada
  • La BBC a récemment rapporté que les niveaux de radiation autour de Fukushima sont «18 fois plus élevés» qu’on ne l’avait cru auparavant.
  • Une étude financée par l’UE a conclu que Fukushima avait éjecté jusqu’à 210 quadrillions becquerels de Césium 137 dans l’atmosphère.
  • Le rayonnement atmosphérique de Fukushima a atteint la côte ouest des É-U en quelques jours après le drame de 2011.
  • À ce stade, 300 tonnes d’eau contaminée ont été déversées dans l’océan Pacifique depuis Fukushima, et ce, au quotidien.
  • L’Institut de recherche de l’Agence météorologique du Japon avait indiqué que « 30 milliards de becquerels de Césium radioactif et 30 milliards de becquerels de Strontium radioactif » sont libérés dans l’océan Pacifique depuis Fukushima chaque jour.
  • Selon Tepco (Tokyo Electric Power Company), entre 20 billions et 40 billions de becquerels de Tritium radioactif ont coulé dans l’océan Pacifique depuis que la catastrophe de Fukushima a commencé.
  • D’après le département de biologie de l’Université de Tokyo, 3 gigabecquerels de Césium-137 ont été déversés dans le port de Fukushima Daiichi chaque jour.
  • Le rayonnement nucléaire libéré dans l’océan provenant de Fukushima est cent fois plus important que celui de Tchernobyl.
  • Une étude récente a conclu qu’un très grand panache de Césium 137 de la catastrophe de Fukushima commencera à circuler dans les eaux côtières américaines en début d’année prochaine.
  • Il est prévu que des niveaux importants de Césium 137 atteindront tous les coins de l’océan Pacifique d’ici 2020.
  • Selon un rapport récent du site Infowars Planet, la côte californienne pourrait se transformer en une «zone morte» à cause des courants d’eaux océaniques.
  • Une étude menée l’an dernier est parvenue à la conclusion que le rayonnement de la catastrophe nucléaire de Fukushima pourrait affecter négativement la vie humaine le long de la côte ouest de l’Amérique, de l’Alaska jusqu’au Mexique
  • Dans un article publié dans le Wall Street Journal, il est estimé que le nettoyage des déchets nucléaires de Fukushima pourrait prendre jusqu’à 40 ans.
  • En 2013, Professeur Charles Perrow avait averti dans un article qui s’intitule ‘’Nuclear Denial: From Hiroshima to Fukushima ‘’ que si le nettoyage de Fukushima n’est pas piloté avec 100% de précision, l’humanité pourrait être menacée.

Nous avons essayé de simplifier la compréhension du niveau de danger entourant cette catastrophe dans ces quelques exemples énumérés, et cela, afin de mettre l’accent sur la nécessité de mettre en place un plan environnemental international. Cela dit, le consensus sur les politiques environnementales ne souffre ni désaccord ni divergences au niveau des points de vue, car l’environnement n’a pas de frontières et les engagements des pays pour sa protection doivent être standardisés et homogènes.

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Nouvelle relance de réacteurs nucléaires au Japon

Nouvelle relance de réacteurs nucléaires au Japon | Japan Tsunami | Scoop.it
Malgré les doutes persistants sur la sûreté et les réticences de la population, le Japon poursuit son lent retour au nucléaire. La Compagnie d’électricité du Kansai (Kepco) a redémarré le 29 janvier le réacteur 3 de la centrale de Takahama, dans le département de Fukui (Centre). Elle devrait faire de même en février avec le réacteur 4 de la même centrale.

Après Sendai dans le département de Kagoshima (sud-ouest) en août 2015, Takahama est la première centrale à reprendre une activité depuis l’arrêt progressif du parc nucléaire nippon qui a suivi la catastrophe de Fukushima de mars 2011. A Takahama, la « nouveauté » est qu’il s’agit de réacteurs utilisant du MOX, un combustible constitué d’uranium et de plutonium produit pour le Japon en France et en Grande-Bretagne.

Lire aussi : Le Japon relance le nucléaire, malgré l’hostilité de sa population

Kepco a tout fait pour obtenir le droit de relancer son installation et travaille également au redémarrage de la centrale d’Ohi, également dans le département de Fukui. Parmi les neuf compagnies d’électricité du Japon, elle est celle qui dépend le plus du nucléaire. L’arrêt du parc a lourdement pesé sur ses finances. L’entreprise qui alimente des groupes comme Panasonic ou Sharp, basés dans la région d’Osaka, mais qui a vu la consommation reculer de 10 % en raison notamment des mesures d’économie d’énergie, avait accumulé des pertes nettes à 148 milliards de yens (1,1 milliard d’euros) à l’exercice clos fin mars 2015.

 

Appui du lobby industriel

Même si sa situation s’est améliorée par la suite avec la baisse des prix du pétrole, l’entreprise a augmenté les prix de 8,36 % entre juin et octobre 2015 pour les particuliers. Ses tarifs sont les plus élevés du Japon, un foyer moyen client de la compagnie ayant payé 8 058 yens (63 euros) pour son électricité en décembre 2015.

La relance des deux réacteurs entrés en service en 1985 devrait augmenter de 144 milliards de yens (1,1 milliard d’euros) ses profits opérationnels et l’entreprise envisage de réduire ses prix de 5 % à partir d’avril.

Le redémarrage de Takahama a été permis car l’Autorité de régulation du nucléaire (ARN) a estimé que le site respectait les nouvelles normes de sûreté. Kepco a par ailleurs obtenu l’aval du gouverneur de Fukui Issei Nishikawa et du maire de Takahama Yukata Nose. Le ministre de l’économie, du commerce et de l’industrie Motoo Hayashi est intervenu pour obtenir l’accord des autorités locales. Soucieux notamment d’exporter ses technologies, le gouvernement, avec l’appui du puissant lobby industriel nippon, fait tout pour relancer le nucléaire, qui générait 28 % de l’électricité nippone avant Fukushima.


Lire aussi : Fukushima : première reconnaissance d’un cancer

Kepco a également obtenu le feu vert de la justice. En décembre, une décision en appel du tribunal de Fukui a invalidé un jugement rendu en avril qui interdisait le redémarrage de Takahama. A l’époque, répondant à une plainte déposée par neuf opposants à la relance de ces installations, le tribunal avait considéré que les normes de sécurité établies en 2013 « manquaient de rationalité ». La sous-estimation du risque sismique par Kepco et l’absence plans d’évacuation en cas de catastrophe avaient également été évoquées pour justifier cette décision.

 

Concentration de réacteurs

Le tribunal avait pris une décision similaire en mai 2014 pour deux réacteurs de la centrale d’Ohi. Il avait qualifié les installations « de simples outils de production d’électricité, de ce fait moins importantes que le droit fondamental [à la vie] de la population ».

Au sujet de la relance de Takahama, le quotidien de centre gauche Asahi pointait dans un éditorial du 28 janvier les problèmes soulevés. Outre la défiance persistante d’une majorité de Japonais, il soulignait les limites des plans d’évacuation pour les 180 000 personnes habitants dans un rayon de 30 kilomètres autour du site, l’absence de réelle concertation avec les communautés locales et surtout les problèmes de Kepco pour un projet de site temporaire de stockage des déchets nucléaires. L’entreprise s’est engagée sur sa construction d’ici 2030 mais se heurte à l’opposition des municipalités.

L’Asahi soulignait également les risques liés à la situation de la centrale. « Quinze réacteurs sont installés dans la baie de Wakasa de Fukui, l’une des concentrations les plus importantes au monde », écrit le quotidien. Et le journal de s’interroger sur les risques en cas de catastrophe naturelle majeure. « La sinistre leçon de Fukushima est que des accidents nucléaires dépassant tous les scénarios envisagés peuvent survenir. »

Lire aussi : Nucléaire : le retour en arrière du Japon

L’ancien premier ministre Naoto Kan, en poste au moment de la catastrophe de Fukushima, a réagi le 26 janvier depuis Washington à l’annonce de la relance en rappelant que la catastrophe de Fukushima était « toujours d’actualité et loin d’être réglée ». Il a ajouté que le projet du gouvernement de porter la part du nucléaire à 20-22 % de la production d’électricité d’ici à 2030, comme prévu dans le projet gouvernemental de bouquet énergétique, était « irréalisable » à moins de construire de nouvelles centrales ou de prolonger la durée d’utilisation des réacteurs.



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Un volcan japonais menace un réacteur nucléaire

Un volcan japonais menace un réacteur nucléaire | Japan Tsunami | Scoop.it

Le volcan, qui culmine à 1.117 mètres, se situe au large de Kagoshima, une ville portuaire de plus de 600.000 habitants.

  

L'agence de météorologie nationale japonaise a relevé samedi le niveau d'alerte du volcan Sakurajima, situé dans le sud du Japon, quelques jours après le redémarrage d'un réacteur nucléaire à 50 km de là. 

 

Le niveau d'alerte est désormais au niveau 4 (sur une échelle de 1 à 5), ce qui signifie que les habitants doivent se tenir prêts à une éventuelle évacuation. "La probabilité d'une éruption à grande échelle du mont Sakurajima est désormais très forte", a averti l'agence, appelant les riverains à faire preuve de la "plus grande prudence".  L'agence a pris cette décision après avoir enregistré ces dernières heures une activité sismique croissante autour du mont Sakurajima, un lieu d'excursion populaire. L'avertissement s'applique à une partie de cette île volcanique qui compte plus de 4.000 résidents.

Le volcan, qui culmine à 1.117 mètres, se situe au large de Kagoshima, une ville portuaire de plus de 600.000 habitants, à près d'un millier de kilomètres au sud-ouest de Tokyo. Non loin se trouve la centrale Sendai (à ne pas confondre avec Sendai dans le nord-est du Japon), dont le réacteur numéro 1 a été relancé mardi, plus de quatre ans après l'accident de Fukushima qui a traumatisé la population et entraîné l'arrêt de toutes les centrales du pays depuis septembre 2013. Une seconde unité, Sendai 2, devrait suivre assez rapidement, même si les habitants sont très perplexes et si les organisations antinucléaires sont opposées à une relance qui, selon elles, fait fi des risques sismiques et volcaniques.

 

500 à 1 000 éruptions par an

Depuis 2009, Sakurajima connaît de 500 à 1.000 petites éruptions chaque année. En août 2013, une spectaculaire éruption avait dispersé des cendres dans toute la région. Le Japon est situé dans la "ceinture de feu du Pacifique", une zone de séismes et de volcans.

En septembre dernier, un volcan du centre du pays, le mont Ontake, était entré violemment en éruption et avait pris par surprise des promeneurs, faisant 57 morts et 6 disparus. L'activité volcanique au Japon a augmenté ces derniers temps, une conséquence du très violent tremblement de terre qui a dévasté la région du Tohoku (nord) en mars 2011, selon des experts.

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Fukushima mon amour #DATAGUEULE 32

Ajoutée le 4 avr. 2015

Partage sur Facebook : http://on.fb.me/1IahxND
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Alors que le Japon cherche à relancer certaines centrales nucléairesPrès de 4 ans après la catastrophe de Fukushima, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi continue à être une source d'inquiétude pour les autorités japonaises et un puit sans fond pour Tepco, l'entreprise à qui elle appartient.


Le détail des évènements du 11 mars 2011 : http://is.gd/Qp1rOn

"De mars à août 2011, la quantité de Cesium 137 relâchée dans l'atmosphère est 168 fois supérieure à celle de la bombe atomique lâchée sur Hiroshima en 1945" : http://is.gd/5ETeTE

"Chaque jour, 300 tonnes d'eau de mer sont déversées pour éviter la surchauffe" : http://is.gd/jXtZDK

"En 2014, 1.200 réservoirs avaient poussés aux alentours de la centrale, stockant 300.000 tonnes d'eau radioactive" : http://is.gd/xpqn2s

"300 tonnes d'eau contaminée s'en échappent ainsi chaque jour" : http://is.gd/FnY31V

"Tepco mettra 2 ans à admettre qu'une partie s'écoule dans l'océan pacifique tout proche" : http://is.gd/YzhPOP

"Quelques mois plus tard, la société reconnaitra aussi que l'un de ses réservoirs de stockage fuit, libérant à lui seul 300 autres tonnes de liquide radioactif" : http://is.gd/F2vuUY

Les conditions des employés travaillant dans la zone de Fukishima : http://is.gd/OjoiI3

"D'autres cachent leurs dosimètres pour continuer à travailler au-delà des limites d'exposition autorisées" : http://is.gd/5NqScl

"D'après la NISA, l'agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle, entre 1978 et 2002, 97 incidents, dont 19 jugés « crititques » avaient été mis sous le tapis par 10 entreprises d'électricité différentes" : http://is.gd/62hIGk

"Entre 2002 et 2003, le géant japonais aurait dissimulé trois incidents survenus sur deux de ses centrales en falsifiant pas moins d'une trentaine de rapports d'inspection" : http://is.gd/57ZJzm

"En 2012, l'entreprise avoue même avoir minimisé les risques de tsunami sur Fukushima Daiichi afin d'éviter de fermer la centrale pour travaux" : http://is.gd/kdAvqs

"Avant 2011, il générait 28% de l'électricité japonaise" : http://is.gd/04iifg

"le pays importe 84% de ses besoins en énergie. Le Japon est devenu le plus gros importateur au monde de gaz naturel, le second pour le charbon et le troisième pour le pétrole" : http://is.gd/SuDlUp

"La facture grimpe et la balance commerciale, elle, s'effondre. Passant d'un solde positif de 91 milliards de dollars en 2010 à -109 milliards de dollars en 2013" : http://is.gd/yxiWc5

Shinzo Abe et la promotion du nucléaire Japonais : http://is.gd/XPttrk

"Et ça marche : la Turquie projette la construction d'une nouvelle centrale de 5.000 MW" : http://is.gd/2nTeWz

Et sinon, France 4 c'est aussi :
http://www.france4.fr/
https://www.facebook.com/france4tv
https://twitter.com/france4tv
http://www.youtube.com/user/france4

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- The Road ahead for TEPO-first step of reform-

- The Road ahead for TEPO-first step of reform- | Japan Tsunami | Scoop.it

Today we want to introduce you the video that shows how we have changed reflecting on what we have learnt from the accident on March 11, 2011

By easy-to-understand animation and movie, please let us explain our new safety measures and the detail of reforms. It also includes interviews of TEPCO President, Plant Chief, and other staff.

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Nucléaire: le Japon se lance dans une série de démantèlements précipités par Fukushima

Nucléaire: le Japon se lance dans une série de démantèlements précipités par Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it


Des travailleurs de Tepco retirent les restes de combustible d'une piscine d'un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, dans le nord du Japon, le 20 décembre 2014 (Photo Japan Pool. AFP)


 

Privé depuis des mois d’énergie nucléaire, le Japon se lance dans le démantèlement d’installations atomiques, précipité par le désastre de mars 2011 qui a déjà condamné les six réacteurs de la centrale accidentée Fukushima Daiichi.

Mardi, la compagnie d’électricité Kansai Electric Power, qui alimente une partie de l’ouest de l’archipel, a opté pour la démolition de deux de ses réacteurs trop vieux et dont la prorogation de durée de vie, en théorie possible, serait trop coûteuse.

Kansai Electric prévoit de déconstruire les unités Mihama 1 et 2 respectivement mises en exploitation en 1970 et 1972 dans la région de Fukui (ouest) où se trouvent plusieurs centrales atomiques.

La société Japan Atomic Power Company a aussi décidé mardi le démantèlement de Tsuruga 1 (datant de 1970), également dans l’ouest.

Deux autres compagnies régionales, Chubu Electric Power et Kyushu Electric Power, pourraient sous peu annoncer des résolutions similaires pour leurs unités respectives Shimane 1 (1974) et Genkai 1 (1975).

 

- Une première depuis Fukushima -

C’est la première fois qu’une telle décision est prise depuis l’accident de Fukushima qui entraîne de facto le démantèlement de toutes les tranches du complexe exploité par Tokyo Electric Power (Tepco) dans le nord-ouest de l’archipel.

Le ministre japonais de l’Industrie, Yoichi Miyazawa, a déclaré mardi étudier des dispositions particulières pour aider les localités qui hébergent les réacteurs concernés par ces décisions.

«En tant que pionnier dans le développement de moyens de démantèlement des réacteurs à eau pressurisée (PWR), nous poursuivons les recherches avec le concours des entreprises, universités et centres de recherches de la région», a souligné Kansai Electric.

Depuis le drame de Fukushima provoqué par un tsunami en mars 2011, les réacteurs nucléaires au Japon ne doivent pas fonctionner plus de quatre décennies. Mais, moyennant des contrôles poussés et modifications techniques, ils peuvent en théorie obtenir une dérogation pour 20 ans supplémentaires.

Le gouvernement a demandé l’an passé à tous les producteurs d’électricité du pays de déclarer rapidement leurs intentions au sujet des installations atteignant la limite d’âge, à savoir grosso modo les unités lancées dans les années 1970, au nombre d’une douzaine en plus des six de Fukushima Daiichi.

Tous doivent faire de savants calculs pour comparer les différentes options (démantèlement, travaux de mise en conformité...) en fonction des avantages et inconvénients matériels et financiers qu’il y a à faire tourner ou non chacun de leurs réacteurs.

Pour les cinq, dont le démantèlement est décidé ou en voie de l’être, le coût d’une éventuelle prolongation serait trop élevé au regard de leurs capacités, car il s’agit de modèles de faible puissance (moins de 600 mégawatts pour chaque).

A l’inverse, trois autres tranches, d’un âge voisin, Takahama 1 et 2 et Mihama 3, pourraient bénéficier d’un prolongement d’activité. C’est le souhait de Kansai Electric qui devrait déposer une demande en ce sens mardi après-midi auprès de l’autorité de régulation nucléaire.

 

- Priorité au redémarrage -

Actuellement, les 48 réacteurs de l’archipel (sans compter les 6 condamnés de Fukushima-Daiichi) sont arrêtés. Si tous étaient définitivement stoppés au bout de 40 ans, la capacité potentielle nucléaire de l’archipel chuterait à 15% de l’électricité produite à horizon 2030, selon les calculs des organismes spécialisés, soit deux fois moins qu’avant le sinistre de mars 2011.

D’où la volonté de proroger l’usage des plus puissants à défaut d’en construire de nouveaux.

Dans l’immédiat, la priorité du gouvernement de Shinzo Abe est le redémarrage des réacteurs jugés sûrs.

Deux, Sendai 1 et 2 (sud-ouest), qui ont obtenu un feu vert relatif à leur sûreté de la part de l’Autorité de régulation et l’accord indispensable des autorités locales, sont censés reprendre du service dans l’année.

Deux autres, Takahama 3 et 4, exploités par Kansai Electric, ont reçu l’imprimatur technique de l’autorité, mais il leur manque encore l’approbation politique des élus de la région.

Si, selon tous les sondages, la majorité des citoyens japonais sont opposés à l’énergie nucléaire, la mobilisation contre leur relance s’est notablement affaiblie après un pic atteint dans les mois suivant le désastre de Fukushima, au grand dam des organisations écologiques.

AFP
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L'ex-Premier ministre du Japon, Naoto Kan, raconte la catastrophe de Fukushima

L'ex-Premier ministre du Japon, Naoto Kan, raconte la catastrophe de Fukushima | Japan Tsunami | Scoop.it

Premier ministre au moment de Fukushima, Naoto Kan était en première ligne pour gérer la catastrophe nucléaire. Il raconte comment il a pensé évacuer Tokyo, son bras de fer avec la compagnie Tepco, qui cachait l’information, les décisions qu’il a prises pour éviter le pire. Entretien exclusif.

Dans le cadre du film que le réalisateur Jean-Paul Jaud prépare sur la transition énergétique, Libres !, nous avons rencontré Naoto Kan, qui était premier ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima en mars 2011. M. Kan n’avait encore jamais raconté en français les heures dramatiques qu’il avait vécues. Il décrit précisément ce à quoi le peuple japonais a échappé, si le péril avait atteint Tokyo.


Reporterre - Comment avez-vous vécu l’accident de Fukushima en tant que premier responsable du Japon à ce moment-là ?

Naoto Kan – C’est le 11 mars 2011 à 5 h 46 que le grand séisme a eu lieu. A ce moment, j’étais au Parlement, à la Commission des comptes, et je répondais aux questions des parlementaires. Il y avait de grands lustres, qui ont commencé à bouger. J’étais très inquiet à l’idée que les lustres pourraient tomber sur les membres de la Commission. J’ai eu l’impression que ça durait très longtemps, mais en fait, ça n’a dû durer que trois ou quatre minutes, et le président de la Commission a levé la session. A côté du Parlement, il y a le bâtiment du Premier ministre, et au sous-sol de celui-ci, un centre de gestion des crises. Il y avait déjà pas mal de gens réunis là. On nous a annoncé l’intensité du séisme, et la probabilité qu’un tsunami arriverait bientôt.

En ce qui concerne les centrales, on nous a dit que tout s’était arrêté automatiquement et qu’il n’y avait pas de problème. Je me souviens que, quand j’ai entendu cette nouvelle, j’étais soulagé. Mais quarante ou cinquante minutes après, on nous a appris que le système électrique de la centrale de Fukushima Daiichi était perdu, et que le système de refroidissement ne marchait plus.

Quand je l’ai appris, un frisson très froid m’a parcouru le dos. Je ne suis pas spécialiste du nucléaire, mais à l’université, j’ai fait des études de physique et je connais un certain nombre de choses. Si la perte d’électricité et du système de refroidissement continuait, je savais qu’on allait vers la fusion du cœur du réacteur. Aujourd’hui, on sait que quatre heures après le séisme, la fusion du cœur avait commencé dans le premier réacteur. Le lendemain, le premier réacteur a fait une explosion d’hydrogène, le 14 mars, le réacteur n°3, et le 15 mars, l’enceinte de confinement du réacteur n°2 a été abimée. Le même jour, le réacteur n°4 a subi une explosion d’hydrogène.


Durant les cent heures après le séisme, certains de ces réacteurs ont vu leur cœur fondre, d’autres subir une explosion d’hydrogène, ca ne s’était jamais vu dans le monde. Le combustible fondu a pénétré le fond de la cuve en acier, puis au fond de l’enceinte de confinement. Si ces combustibles fondus avaient traversé le fond de la cuve de béton, cela aurait entrainé le syndrome chinois [pénétration dans la croûte terrestre et contamination de la nappe phréatique], on n’aurait pas pu continuer à vivre à Tokyo.

Sur le moment, aviez-vous une information sur ce qui se passait aussi exacte que maintenant ?

A ce moment, on n’avait aucune information exacte sur l’état de la centrale. En ce qui concerne le premier réacteur, à dix heures du soir le 11, on nous disait, ‘ça va, il y a encore de l’eau, pas de problème’. La jauge de hauteur de l’eau était déréglée, et donnait une mauvaise information. Mais il n’y avait pas que les dérèglements des appareils.

Quoi d’autre ?

D’abord, des appareils qui ne fonctionnaient plus du fait de la perte d’électricité. Ensuite, les informations auraient dû être transmises au siège de Tepco à Tokyo, puis nous être communiquées. Mais cette communication ne s’est pas bien faite, et je n’étais pas correctement informé. La troisième raison est que le siège de Tepco à Tokyo ne transmettait pas les informations qui les ennuyaient, ils ne transmettaient que les informations qui ne les mettaient pas en cause. Par exemple, la centrale de Fukushima Daichi et le siège de Tepco communiquaient par video-téléphone, mais même encore maintenant, ils n’ont pas publié ces images sauf une petite partie. Quand on leur demande pourquoi, ils répondent que c’est pour une question de droit privé ; c’est une réponse absurde, aberrante. Tepco a tendance à cacher les choses qui la gênent.


Dès le 12 mars, vous avez été au-dessus de la centrale en hélicoptère. C’était pour vous rendre compte par vous-même ?

A ce moment, la pression dans l’enceinte de confinement ne cessait d’augmenter, et Tepco nous a dit qu’on devrait faire fonctionner le système de ventilation. J’ai dit : d’accord. Mais cinq heures après, la ventilation n’était pas encore commencé. Je n’arrivais pas à obtenir une explication de la part de Tepco. Puisque la communication était si mauvaise avec le siège de Tepco, je me suis dit qu’il me fallait une discussion directe avec les responsables de la centrale. Alors j’ai décidé de partir très tôt le 12 mars en hélicoptère.

En fait, vous avez pris la responsabilité des opérations, parce que Tepco ne le faisait pas bien.

Oui, mais il y a une autre raison. En cas d’accident grave, le responsable du centre de crise est automatiquement le premier ministre. S’il est nécessaire de décider une évacuation, c’est le premier ministre qui doit en décider. Si je ne disposais pas d’information précises et exactes, je pouvais prendre des décisions dangereuses. Donc il me fallait des informations directes.

Vous avez eu l’angoisse que Tokyo soit recouverte d’un nuage radioactif. Qu’avez-vous pensé à ce moment-là ?

C’était la question qui me préoccupait le plus. Jusqu’où cet accident irait-il, quand s’arrêterait-il ? Quand j’étais seul, je ne pensais qu’à ça. Je me suis rappelé l’accident de Tchernobyl : dans ce cas, il n’y avait qu’un réacteur. A Fukushima, on avait quatre réacteurs accidentés, et les piscines de combustible – et même, si l’on tient compte de la centrale de Fukushima Daini, de dix réacteurs concernés – que pouvait-il se passer ? Si on ne pouvait pas contrôler ces réacteurs et leurs piscines, la quantité de matériel radioactif aurait pu être dix fois plus importante qu’à Tchernobyl, voire davantage encore. Si cela était arrivé, ce n’est pas seulement Tokyo, mais toute l’agglomération et la région du nord-est qu’il aurait fallu évacuer. Cette crainte, je l’ai eu très tôt. J’ai demandé au président de la Commission de l’énergie atomique japonaise d’étudier le pire scénario de l’accident. Son rapport disait qu’il faudrait évacuer le territoire dans un rayon de 250 km autour de la centrale, y compris Tokyo, soit cinquante millions de personnes.

Le pire scénario…

Exactement.

Vous vous dites : qu’est-ce que je vais faire ?

Il faut absolument empêcher cette catastrophe, même si on met en danger notre vie, sinon le Japon n’existerait plus en tant que nation pendant plusieurs décennies. Ce serait le chaos. Il fallait empêcher cette catastrophe. Il n’y a que la guerre qui puisse faire autant de dégâts qu’un tel accident.

En fait, on a eu une chance énorme : le nuage radioactif est parti vers le nord-ouest, plutôt que vers Tokyo et le sud-ouest ?

Oui, mais, si Tepco avait retiré tous les techniciens et abandonné les réacteurs, les matériaux radioactifs auraient été libres de se répandre, c’est ce que nous disait le rapport.

Il a fallu maintenir le personnel sur place ?

Tepco voulait retirer les techniciens. J’ai demandé de les maintenir jusqu’au bout pour maintenir le contrôle autant que possible. Je me suis déplacé au siège de la compagnie le 15 mars pour leur dire de ne pas abandonner la centrale.


Le peuple japonais a-t-il pris conscience qu’avec cet accident, le pays est passé au bord du chaos ?

Pendant les cinq jours qui ont suivi, je pensais à ce scénario d’évacuation de Tokyo, mais je ne le disais pas publiquement. Je retenais cette idée dans ma tête. Ce rapport du président de la Commission de l’énergie atomique est venu alors que la situation s’était à peu près stabilisée, et je ne l’ai pas rendu public à ce moment. Il ne l’a été que bien plus tard.

Comment expliquez-vous que les électeurs aient mis au pouvoir, en décembre 2012, un candidat favorable à l’énergie nucléaire, Shinzo Abe ?

L’opinion publique reste majoritairement favorable à la sortie de l’énergie nucléaire, mais le Parlement ne reflète pas l’opinion publique. Le problème est qu’il y avait beaucoup de petits partis contre le nucléaire, le Parti libéral démocrate de M. Abe a profité de cette division et a pu prendre la majorité.


-A gauche, "Opposé au nucléaire", à droite, "Favorable au nucléaire" -

Votre parti, le Parti démocrate, est-il opposé au nucléaire ?

Il a décidé que le Japon devait être sorti du nucléaire dans la décennie 2030.

En quoi l’accident de Fukushima vous a-t-il personnellement fait changer ?

Avant, je pensais que si on respectait les normes de sécurité, l’énergie nucléaire était bénéfique. Mais avec l’accident, j’ai senti corps et âme le risque du nucléaire, et j’ai changé à 180° : je pense qu’il faut arrêter le nucléaire le plus tôt possible.

Comment le Japon pourrait-il vivre sans nucléaire, qui représentait 28 % de sa production électrique ?

Aucun réacteur ne marche aujourd’hui et pourtant la vie des citoyens continue normalement, tout comme l’activité économique. Cela prouve que le Japon peut se passer du nucléaire. Juste avant la fin de mon mandat, j’ai fait passer une loi sur les tarifs de l’énergie renouvelable, afin de la soutenir, et sa production a beaucoup augmenté. On aura sans doute besoin pendant quelque temps de l’énergie fossile, mais à la longue, l’humanité pourra vivre avec les énergies renouvelables.

Est-ce que cela suffira ? Ne faudra-t-il pas changer de mode de vie ?

Au Japon, on a encore le plus souvent des vitres à simple paroi, alors qu’avec des doubles vitrages, on pourrait économiser beaucoup d’énergie : c’est un exemple de ce qu’on peut faire. Et puis oui, dans le mode de vie, il faut qu’on apprenne à avoir moins besoin d’énergie. Vous savez, sur la planète, l’énergie la plus importante est l’énergie solaire. Elle fait circuler l’eau, elle fait pousser les plantes – on n’utilise qu’une toute petite partie de l’énergie solaire, si on arrive à mieux l’utiliser, je suis sûr que même sans abandonner notre confort, on pourra utiliser beaucoup plus les énergies renouvelables.


Qu’est-ce qui empêche l’évolution vers la transition énergétique que vous souhaitez ?

Il y a encore au Japon un gros lobby du nucléaire, qu’on appelle « le village du nucléaire », il a une grande influence, maintient une campagne massive pour continuer le nucléaire.

Le nucléaire et la démocratie sont-ils conciliables ?

Je dirais : le plutonium et les êtres humains peuvent-ils cohabiter ? Le plutonium n’existe pas dans la nature. Il a été créé il y a soixante-dix ans. Y a-t-il sur la planète des êtres vivants qui peuvent cohabiter avec le plutonium ? J’en doute. Cela s’oppose à la démocratie. Car pour utiliser le nucléaire, il faut un pouvoir puissant, il faut prendre des mesures de sécurité très développées, donc une très forte police, une puissance militaire, donc une solide structure de pouvoir. Alors qu’avec l’énergie renouvelable, le pouvoir ne se concentre pas.

Quelle leçon le monde doit-il tirer de la catastrophe de Fukushima ?

L’accident nucléaire, on ne sait quand ni où il va se produire, mais il va se produire – je voudrais que tous les êtres humains le sachent. L’exploitation commerciale du nucléaire n’a commencé que depuis trente ans, et on a déjà connu trois accidents graves, avec Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima : cela peut arriver n’importe où et n’importe quand. Quand un accident nucléaire survient, les dégâts en sont énormes, presque équivalents à ceux d’une grande guerre. On ne peut empêcher que les catastrophes naturelles, comme les séismes, se produisent, même si on peut atténuer les conséquences. Mais les accidents nucléaires, on peut empêcher qu’ils se produisent.

Quelle idée ou quel message voudriez-vous transmettre à des jeunes générations, à des enfants, à propos du nucléaire et de l’écologie ?

Si les êtres humains peuvent vivre, c’est grâce à la nature. Donc, les êtres humains doivent vivre en harmonie avec la nature. Et une autre idée : la technologie et le bonheur n’avancent pas forcément de manière proportionnelle, de manière harmonieuse. Comment contrôler la technologie ? C’est une grande question.

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Vers le retour du nucléaire au Japon

Vers le retour du nucléaire au Japon | Japan Tsunami | Scoop.it

Alors que le Japon avait revu sa politique énergétique et pris la décision de mettre progressivement en sommeil toutes ses centrales nucléaires après la catastrophe de Fukushima en 2011, le gouvernement actuel revient sur cette décision, au risque de se montrer impopulaire à une opinion publique majoritairement contre dans le pays. Il opère donc un revirement important par rapport au précédent gouvernement de l’archipel, qui avait annoncé la sortie progressive du nucléaire peu après l’accident de Fukushima.

Le mix énergétique du pays va donc de nouveau être totalement revu. Le charbon et l’hydroélectricité sont considérés comme des sources d’énergie basiques. Parallèlement, le pays compte faire son possible pour développer les énergies renouvelables et amener leur part à plus de 13,5 % en 2020 et 20 % en 2030. Mais le nucléaire est aussi défini comme « une source importante d’énergie de base » bien qu’il n’y ait actuellement aucun objectif fixé sur la part qu’il pourrait représenter dans ce mix.

Les pertes du secteur nucléaire japonais sont actuellement évalué à 35 milliards d’euros, et selon Reuters, les deux tiers des 48 réacteurs nucléaires japonais qui alimentaient le pays jusqu’en 2011, et maintenant à l’arrêt, devraient rester fermés en raison du coût élevé de leur mise aux normes en matière de sécurité. Le gouvernement japonais a donc décidé d’une remise en marche progressive des réacteurs jugés sûrs : ils pourraient être relancés après le feu vert des Autorités de sureté nucléaire. Il juge en effet l’énergie nucléaire comme « une énergie de base stable, peu coûteuse et exploitable de jour comme de nuit » , selon les commentaires du cabinet du Premier Ministre.

Le journal japonais Mainichi Shimbun souligne pour sa part que « ce programme énergétique est très critiqué par l’opinion publique, majoritairement défavorable à l’énergie atomique, surtout depuis l’accident de mars 2011. » Mais quatre compagnies ont déjà déposé des dossiers l’été dernier pour la remise en service de 12 réacteurs.

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Face à la catastrophe de Fukushima, par Naoto Kan, ancien premier Ministre du Japon

Face à la catastrophe de Fukushima, par Naoto Kan, ancien premier Ministre du Japon | Japan Tsunami | Scoop.it

Traduction de l'article écrit par Naoto Kan dans le Huffington Post en date du 28 octobre 2013.

Face à la catastrophe de Fukushima

L'accident qui s'est produit dans la centrale de Fukushima Daiichi est le plus grave de l'histoire de l'humanité. Dans le réacteur N° 1, les barres de combustible ont fondu en cinq heures environ après le séisme ; le combustible a fondu entièrement et percé la cuve du réacteur. Les cœurs ont également fondu dans les réacteurs 2 et 3 dans la centaine d'heures qui a suivi l'accident. À peu près au même moment, des explosions d'hydrogène ont eu lieu dans les réacteurs 1, 3 et 4. Chaque bâtiment de réacteur comporte une piscine de combustibles pour stocker le combustible usé. À un moment donné, on a aussi failli avoir une fusion des combustibles nucléaires de ces piscines. Une fusion survenant dans une piscine de désactivation, à l'extérieur d'un réacteur, entraîne le rejet direct dans l'atmosphère d'une quantité phénoménale de matières radioactives. Qu'un tel rejet se prolonge, et le scénario du pire se met en place : une situation où 50 millions de personnes dans un rayon de 250 kilomètres autour de Fukushima, dont Tokyo et sa région métropolitaine, auraient dû être évacuées. Par chance, grâce aux efforts infatigables et à l'abnégation des travailleurs de TEPCO, des Forces d'autodéfense, des pompiers et de la police pour alimenter en eau de refroidissement les réacteurs et les piscines de combustibles ça n'a pas été jusque-là. En fait, nous sommes passés à deux doigts du pire scénario. Si c'était arrivé, le Japon aurait basculé pour longtemps dans le chaos et l'énorme quantité de matières radioactives émises aurait également touché d'autres pays. Avant l'accident de Fukushima, persuadé qu'aucun accident nucléaire ne pourrait arriver tant que les mesures de sécurité étaient correctement observées, j'avais favorisé l'énergie nucléaire. Mais après avoir été confronté à un accident véritable et, en tant que Premier ministre, avoir été à deux doigts d'ordonner l'évacuation de 50 millions de personnes, mon point de vue a radicalement changé aujourd'hui. De graves accidents d'avion peuvent faire des centaines de victimes, mais, à part une guerre, aucun autre événement n'est susceptible de provoquer l'évacuation de dizaines de millions de personnes. Quelles que soient les mesures prises pour éviter les accidents, elles n'empêcheront jamais un accident de se produire, en particulier si des facteurs humains comme le terrorisme sont pris en compte. En fait, ce n'est pas si difficile d'éviter un accident dans une centrale nucléaire : il suffit de supprimer les centrales. Et cette décision appartient à tous les citoyens. Il y a un autre problème. Exploiter des centrales nucléaires signifie aussi produire des déchets nucléaires. Il faut d'énormes ressources financières et énormément de temps pour traiter les déchets nucléaires. Cela signifie que nous laissons cet immense problème des déchets nucléaires à la charge des générations futures. Pour nos enfants et petits-enfants, nous n'avons pas d'autres options qu'abandonner totalement l'énergie nucléaire Nous, les humains, avons créé des armes nucléaires capables de nous exterminer - c'est un paradoxe fondamental de notre existence. Beaucoup a été fait pour prévenir les guerres nucléaires. Un exemple en est le Traité de non- prolifération des armes nucléaires. D'un autre côté, les lois qui régissent les centrales nucléaires, hormis celles qui interdisent le nucléaire à des fins militaires, sont essentiellement laissées à la discrétion de chaque pays. Je crois qu'on a besoin aussi d'avoir des règles internationales sur la construction des centrales nucléaires. Il y aura des accidents nucléaires un jour, quelque part, même si personne ne peut dire ni où, ni quand. Pourrons-nous éviter une telle situation catastrophique où de nombreuses personnes seront obligées d'évacuer à cause d'un accident ? Est-il possible de traiter les déchets nucléaires en toute sécurité ? Nous avons besoin de règles internationales pour répondre à ces inquiétudes. L'humanité peut obtenir suffisamment d'énergie sans avoir recours à l'électricité d'origine nucléaire --en utilisant des énergies naturelles comme l'énergie solaire, l'éolienne et la biomasse. Pour aider à freiner le réchauffement climatique, nous devons arrêter aussi bien l'utilisation de l'énergie nucléaire que celle des combustibles fossiles. Si tous les pays faisaient vraiment des efforts pour développer de nouvelles technologies, je suis certain qu'il serait parfaitement possible, d'ici cinquante ans, de couvrir tous nos besoins en énergie avec des énergies naturelles. Au nom de l'humanité et de notre planète Terre, nous devons résolument nous tourner vers le zéro nucléaire. J'en suis fermement convaincu.

Naoto Kan

 

Traduit par Janick Magne et Mimi Mato.

Article original en anglais: http://www.huffingtonpost.com/naoto-kan/japan-nuclear-energy_b_4171073.html

Jacques Le Bris's insight:

Il me semble très important de communiquer un article de Naoto Kan, ancien premier ministre du Japon, qui prend une position très clairement antinucléaire.

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