Bon Marché, l'énergie nucléaire ? Plus au Japon en tous cas... | Japan Tsunami | Scoop.it

Un an après la catastrophe de Fukushima, l'entreprise Tepco a été nationalisée...et autorisée à faire exploser la facture du contribuable.

 

Comme chacun sait, c’est traditionnellement dans la torpeur de l’été qu’ont lieu les augmentations les plus vicieuses des tarifs publics. Chez nous, le débat, encore à fleuret moucheté sur l’évolution du coût de l’énergie électrique à attendre dans les années à venir promet de jolis crêpages de chignons…

Rien de sérieux néanmoins et de comparable à ce que vont subir nos amis japonais dans le prolongement de la catastrophe de Fukushima.

L’augmentation estivale des tarifs de l’électricité à Tokyo ne risque pas de passer inaperçue cette année et va faire sacrément tousser au pays du Soleil Levant. Pas à cause des radiations toxiques mais plutôt de l’ampleur du plan d’aide consenti par le gouvernement nippon à Tokyo Electric Power Co (TEPCO) l’opérateur privé de la centrale qui n’a pas survécu au tsunami géant ayant suivi le séisme de magnitude 9.0 de mars 2011 qui a ravagé la cote  Nord-Est de l’archipel en provoquant 19 000 morts ou disparus et des milliards de Yen de dégâts. 

 

Tepco nationalisé

Mardi 31 juillet, dans la résignation et avec le sens du sacrifice dont le Japonais sait faire preuve dans les grandes occasions, TEPCO a en effet été nationalisée de fait, en recevant le trillion de Yen (12,8 milliards de dollars) destiné à lui éviter de sombrer définitivement. 

En échange de sa dotation exceptionnelle en capital, le gouvernement obtient en effet 50,11% des droits de vote. Une disposition du deal sur laquelle les autorités locales ne se sont pas appesanties, permettrait en outre à l’Etat de monter jusqu’à 75,84% au cas ou TEPCO traînerait les pieds pour engager les réformes nécessaires.

Plein d’humour malgré les circonstances, Yukio Edano, Ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie a annoncé à ses concitoyens que le premier fournisseur d’énergie du pays « resterait sous le contrôle de l’état pour une période d’une durée considérable mais qu’il serait convenable que TESCO se rétablisse et rembourse ses dettes comme le ferait une entreprise privée… » 

 

Les comptes du fournisseur d’énergie arrêtés à fin mars 2012 font évidemment grise mine : 781 milliards de Yen de pertes. Un gouffre qui s’explique d’abord par les importations massives d’énergie fossile consécutives à l’arrêt complet de tous les réacteurs nucléaires du pays. Seuls, deux d’entre eux ont été remis en marche à ce jour. S’y ajoutent les lourdes charges de nettoyage des villages détruits et les indemnisations de leurs habitants et des familles des victimes.

 

Les Nippons ont la niaque

Pour sauver la face et manifestant si l’on peut dire, une énergie à toute épreuve doublée d’un optimisme décoiffant, le président de TEPCO, Naomi HIROSE a complété les annonces de son ministre en affirmant que son entreprise « était temporairement ( !) placé sous le contrôle de l’état et qu’elle bénéficiait d’une ultime chance pour donner naissance à une nouvelle TEPCO qui ferait tout ce qui est en son pouvoir pour indemniser toutes les victimes du désastre, pour détruire et remplacer les réacteurs endommagés en rétablissant une fourniture stable d’électricité… »

 

A mi juillet, le gouvernement a autorisé l’opérateur à relever ses tarifs de 8,48% en moyenne alors qu’HIROSE menaçait de se faire hara-kiri en public s’il ne parvenait pas à majorer ses factures au ménages japonais qu’il alimente en électricité, d’au moins 10,28%. Perdu.

Pour lui éviter de commettre l’irréparable, son ministre l’a autorisé, outre le trillion de Yen évoqué ci-dessus, à emprunter un trillion supplémentaire auprès de ses principaux partenaires financiers. Le 1er août, les banquiers amis de TEPCO devaient se fendre d’une première tranche de 370 milliards de Yen contre la promesse de retour à l’équilibre financier dès mars 2014. Est-ce bien raisonnable… ?