Immobilier : Précipitation d'hiver | IMMOBILIER 2014 | Scoop.it

Je parle de la méthode qui a conduit le Président de la République, me semble-t-il, à annoncer ce qu'il croyait être une mesure forte pour catalyser la construction de logements en France: l'augmentation systématique de 30% des coefficients d'occupation des sols sur tout le territoire...

...le pays doit construire plus, et le déficit estimé de l'ordre d'un million de logements est la première cause des difficultés de nos compatriotes à se loger, à des prix accessibles en outre. Soit. Le problème est que l'idée du Président ne résiste pas à une analyse technique, dont certains s'étonnent qu'elle n'ait pas été menée de façon plus fouillée avant l'annonce.

Trois gros embarras: la décentralisation, le droit et la logique économique...

1 - la majoration de 30% sera de droit, mais en vertu des prérogatives d'urbanisme des mairies et des communautés de communes, un maire devra faire voter une délibération inverse s'il ne veut pas de cette augmentation de la densité...

C'est que l'opinion elle-même doit être éduquée, et non malmenée, et qu'elle est réfractaire à la densification. Bref, je vous parie que la mesure n'emportera pas aisément l'adhésion, et que les maires ne compromettront pas leur réélection pour faire plaisir au Président, y compris ses amis politiques.

2 - Le droit ensuite, lorqu'on est dans les immeubles existants: l'adjonction d'un étage devra réunir le consensus unanime des copropriétaires... Vous voyez ce que je veux dire ?...

3 - Enfin, le Président a cru qu'un terrain se vendrait le même prix avec un COS majoré, et que donc le prix de sortie unitaire des logements en serait réduit. On reconnaît l'idéalisme de notre président...

 

Non, ce qui manque, et qui aurait du souffle et une efficacité immédiate, c'est l'inversion du mécanisme de taxation des plus-values sur les terrains... Il faudrait que l'imposition soit progressive avec le temps qui passe: vous vendez votre terrain dans les deux ans, vous êtes exempté de taxation. Vous le gelez pendant dix ou quinze, vous payez beaucoup. Il en résulterait une offre foncière abondante, et des prix assagis.

Et puis pour mémoire, l'Etat est lui-même un grand propriétaire de terrains, et il n'est que temps que la politique immobilière de l'Etat se focalise sur les cessions foncières plutôt que sur l'Hôtel de la Marine...


Via Jean-François Jagle