"Hollande poussé à alléger son contrat de génération" (titre #FigaroStyle) | Hollande 2012 | Scoop.it

Le contrat de génération, mesure phare de François Hollande pour lutter contre le chômage des jeunes, devrait connaître des évolutions d'ici à la présentation du projet présidentiel du candidat socialiste, mi-janvier. Sa philosophie -inciter les employeurs à garder leurs seniors tout en embauchant et formant des jeunes- ne variera pas mais ses modalités seront certainement revues à la baisse. «Nous réfléchissons aux conditions de sa mise en œuvre qui tiendront compte de l'évolution de l'économie», reconnaît Alain Vidalies, chargé de l'emploi et du travail dans l'équipe de campagne. La version initiale exposée par François Hollande prévoit d'exonérer totalement de charges pendant trois ans les contrats du jeune recruté et du senior maintenu parallèlement en emploi. Soit un coût estimé de 8 milliards d'euros par an (prélevés sur les 20 milliards annuels d'exonération de charges sur les bas salaires), sur la base de 200.000 contrats de génération par an. Pour en limiter les effets d'aubaine -dénoncés par Martine Aubry- et aussi le coût en période de disette budgétaire, plusieurs proches du candidat lui suggèrent donc de revoir sa copie. Le recadrage le plus sévère émane de la cellule Entreprise et social, un groupe de 90 syndicalistes, DRH et experts dirigé par deux anciens hauts responsables de la CFDT. «Le contrat tel qu'il est prévu pose plusieurs problèmes, confirme Marc Deluzet, l'un des coresponsables. Les seniors qui vont partir en retraite ne sont pas toujours les meilleurs formateurs.» Cet expert des questions sociales pointe aussi du doigt la question de l'âge d'entrée dans le dispositif, qu'il faudrait fortement relever. «S'il est ouvert à partir de 55 ans, les effets d'aubaine vont être importants jusqu'à la retraite, soit pendant sept ans», justifie-t-il. «Par souci d'efficacité», ce groupe a donc proposé à François Hollande une nouvelle version de son contrat de génération qui renvoie la définition de ses modalités aux partenaires sociaux. «François ne devrait fixer que les grands principes et laisser les branches trouver les réponses les plus adaptées à leurs besoins», plaide Jacky Bontemps, l'autre coresponsable de la cellule Entreprise et social. 500.000 contrats au lieu d'un million Si les jeunes recrutés en CDI bénéficient toujours d'une exonération totale de charges (une ristourne de 2000 euros par an pour une embauche au smic), les seniors, non. Bontemps et Deluzet suggèrent de n'alléger leur salaire que des cotisations chômage - une économie de 2000 euros par an, pour un salaire de deux fois le smic. Ils trouvent également difficile d'associer un jeune et un senior «sur un même poste» mais jugent la substitution possible au sein d'un même service ou d'une entreprise. «Le dispositif serait plus facile à gérer, même si le transfert de compétences s'en retrouverait compliqué», reconnaît Jacky Bontemps. Reste la question de la durée des allégements: doit-elle demeurer à trois ans ? Ce schéma ramènerait en tout cas la facture à 2,5 milliards par an. Soit trois fois moins que le coût prévu aujourd'hui. L'objectif ne serait plus d'un million de contrats conclus en cinq ans, mais de 500.000. Moitié moins.