"Hollande : une campagne pour et vers le peuple" (P. Trannoy) | Hollande 2012 | Scoop.it

Initiateur de l’appel des Républicains pour François Hollande, Patrick Trannoy rappelle les fondamentaux de la campagne du candidat socialiste. Loin des bavardages, des épiphénomènes, des peccadilles de la politique avec un petit p, François Hollande se veut au plus près des soucis des Français. Depuis quelques semaines, il est de bon ton dans les milieux médiatiques autorisés de répéter en boucle que la campagne de François Hollande patine un peu, qu’il peine à trouver un second souffle après le succès des primaires, et certains en concluent volontiers que le scénario de 2007 est en train de se reproduire, oubliant un peu vite la persistance d’intentions de vote toujours extrêmement élevées pour François Hollande - mais chacun sait les sondages précaires. La réalité est différente : François Hollande fait une campagne présidentielle, en direction du peuple, et sur les fondamentaux. L’abaissement du débat politique depuis des années, et notamment la gesticulation incessante du candidat permanent Nicolas Sarkozy, ont fini par nous faire oublier ce qu’est une telle campagne – et, au fond, une conception digne de la démocratie. Si bien que nombre d’observateurs, qui ne portent pas toujours bien ce nom, ne voient pas celle de François Hollande, aveuglés par le rideau de fumée de leurs propres centres d’intérêt. Psychodrame avec EELV, foire d’empoigne des désignations pour les législatives, saillies du chevalier blanc de la Bresse, amertumes et esquives du presque septuagénaire éternel porte-parole de la « formidâble-jeunesse-de-gôche », et même, un peu plus sérieusement, polémiques sur la proposition de loi sénatoriale accordant le droit de vote aux résidents étrangers aux élections locales, tous nos écrans, écouteurs et journaux fourmillent de commentaires sur cette écume des choses, en s’étonnant que François Hollande ne s’en mêle pas. Pendant ce temps là, François Hollande n’a pas cédé sur la sortie du nucléaire (tout en donnant une chance au développement des énergies nouvelles et renouvelables). Parce que sa responsabilité n’est pas de jouer à « je t’aime moi non plus » avec Cécile Duflot, mais de garantir à la France la plus grande indépendance énergétique possible, au meilleur prix, pour ne pas obérer les chances du rebond industriel qu’il veut impulser, alors que nos usinent foutent le camp, et avec elles nos emplois. Parce que le climat qui lui importe est celui de la planète, pas celui de ses relations avec Jean-Vincent Placé, et les enjeux en la matière, tels qu’ils viennent d’être rappelés au sommet de Durban (dont on a hélas moins parlé que des états d’âme d’Eva Joly) n’autorisent pas à envisager une politique de retour aux centrales à charbon ! Pendant ce temps-là, François Hollande défend la souveraineté de la France : son siège au Conseil de Sécurité de l’O.N.U., son libre-choix budgétaire, et même son patriotisme industriel. Le député de la Corrèze ne s’en laisse pas conter par les bonnes âmes de la fausse gauche germanopratine, pas plus que de la vraie droite néolibérale, qui voudraient toutes les deux en faire le héraut de l’abandon national : il a rencontré, dans les salles des fêtes des villes moyennes de cette France qu’il sillonne depuis des années, le peuple « normal », qui aime son pays, connaît ses ressorts, et ne demande qu’à s’en saisir pour sortir de la nasse. Il est le candidat d’une France qui veut mobiliser toutes les forces de son histoire, de son présent, pour avoir encore un avenir ! Pendant ce temps-là, François Hollande prépare le nouveau pacte éducatif, sans lequel il n’est plus de promesse républicaine. Ils sont un peu surpris, ceux qui ont pris l’habitude de voir la gauche ne s’adresser à la jeunesse que pour lui promettre une contestable dépénalisation des drogues dites « douces », ou une moins contestable libéralisation des mœurs… Ils sont un peu désorientés, ceux qui voudraient faire croire aux jeunes que la réponse de la gauche à leurs problèmes n’est que la légalisation du mariage homosexuel (souhaitable) et la distribution généralisée d’allocations (parfois indispensables) ! Perdu : François Hollande travaille surtout sur un projet ambitieux de relèvement de l’Ecole de la République. Ce creuset de la citoyenneté, aujourd’hui gravement fissuré. Ce parcours d’émancipation et de réussite de chacun, qui se termine aujourd’hui trop souvent en impasse. Cet irremplaçable moteur d’égalité des chances, aujourd’hui globalement incapable de contrarier le déterminisme de la reproduction sociale. Eh oui, François Hollande fait une campagne présidentielle : il se prépare à nous débarrasser de nos dirigeants actuels, aux ordres des plus privilégiés ; il se prépare surtout à conduire la France, et se soucie des intérêts majeurs de son peuple. Il ne tombera pas dans le piège des fausses priorités sociétales et du divorce entre une certaine caste privilégiée et la masse des Français. Quant aux bavardages, aux épiphénomènes, aux peccadilles de la politique avec un petit p, ils ne le concernent plus.