M. Hollande et le PS accusent le gouvernement d'"abandonner" la souveraineté de l'Etat | Hollande 2012 | Scoop.it

Les responsables du Parti socialiste ont multiplié les critiques face à la perspective d'un accord entre Paris et Berlin autour de la crise de la zone euro, qui verrait la France accepter un renforcement des pouvoirs supranationaux de la Commission sur les budgets nationaux en échange d'un accord de l'Allemagne sur l'extension du pouvoir d'intervention de la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés. Paris et Berlin ont annoncé leur intention de présenter, au prochain sommet européen des 8 et 9 décembre à Bruxelles, une "initiative" commune pour renforcer la gouvernance économique de la zone euro. En visite au siège des institutions européennes à Bruxelles, mercredi, le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, a dit qu'il "n'accepterai[t] jamais que, au nom du contrôle des budgets nationaux, au nom de la coordination de la politique budgétaire, la Cour de justice européenne puisse être juge des dépenses et des recettes d'un Etat souverain"Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, partisan du "non" à la Constitution européenne en 2005, juge aussi que la décision doit rester politique et ne doit pas être laissée à la Commission et à la Cour de justice de l'UE. "Ce seraient donc les tribunaux qui décideraient du bien-fondé d'un budget des Etats de la zone euro, c'est inacceptable, c'est insupportable que l'on arrive à une telle situation", a-t-il déclaré lundi lors d'une conférence de presse. Le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac, a estimé de son côté que l'influence de la France s'était "considérablement affaiblie au sein de la zone euro", avec cet avertissement : "Si Nicolas Sarkozy souhaite, pour prix d'une action de la BCE, consentir à un abandon de souveraineté, nous ne le suivrons pas." Arnaud Montebourg, député PS et ancien candidat à la primaire PS a, lui, critiqué l'action actuelle du président, Nicolas Sarkozy, qui "est en train de s'installer sur le porte-bagages de la droite et du patronat allemand". "Son incapacité à tenir tête aux erreurs allemandes est une grave préoccupation", a-t-il estimé. Jean-Christophe Cambadélis, responsable des relations internationales au PS, a affirmé sur le site de TF1 qu'"il ne [lui] semble pas possible de négocier un traité portant atteinte à notre souveraineté budgétaire sans contrepartie des Allemands sur une modification des statuts de la BCE, à six mois d'une présidentielle". C'est "en toute souveraineté" et en préconisant une discipline budgétaire "assumée par les Etats" que la France négocie avec l'Allemagne des solutions à la crise des dettes souveraines, a rétorqué, mercredi 30 novembre, Valérie Pécresse, la porte-parole du gouvernement. "Nous souhaitons une règle d'or adoptée par les Etats, qui s'impose aux Etats, mais qui soit adoptée par les Parlements nationaux, qui soit contrôlée par les instances juridictionnelles des Etats", a-t-elle expliqué à l'issue du conseil des ministres. "Cette discipline budgétaire, c'est d'abord une discipline qui doit être portée par chaque Etat et ensuite naturellement sous le contrôle des institutions européennes", a poursuivi la ministre du budget.