Hollande appelle la gauche à ne pas "ranimer des relents anti-allemands" | Hollande 2012 | Scoop.it

Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, a déclaré vendredi à l'AFP que pour le candidat PS à la présidentielle, "la gauche ne doit pas, en aucune façon, ranimer des relents et des sentiments anti-allemands", en référence aux débats actuels autour de la zone euro. "Le couple franco-allemand est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise en Europe", a souligné M. Moscovici, ajoutant que "François Hollande en est convaincu et le dira dès dimanche à Berlin au congrès du SPD [Parti socialiste allemand] dont il est l'invité". Plus tôt dans la journée, le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé dans un communiqué "les socialistes" qui "prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie", et ce "par pure tactique politicienne, avec pour seul objectif l'affaiblissement du président français". Dans le cas d'espèce, M. Juppé s'est essentiellement attaqué aux propos tenus par le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg : "'Nationalisme allemand', 'politique à la Bismarck', 'droite prussienne'. L'emploi de ces termes fait froid dans le dos. Il est honteux, par hargne partisane, de fragiliser notre acquis le plus précieux : la réconciliation, l'amitié franco-allemande." Le ministre a aussi critiqué "les dirigeants socialistes [qui] accusent la France de se mettre à la remorque de l'Allemagne. Par exemple, François Hollande qui déclare : 'Depuis plusieurs mois, c'est Mme Merkel qui décide et M. Sarkozy qui suit'. Non seulement c'est faux – et il sera facile de le démontrer – mais c'est irresponsable". Vendredi, le député PS de Paris Jean-Marie Le Guen a répondu au communiqué de M. Juppé en affirmant que "dénoncer la politique aveugle et égoïste de la droite allemande et regretter que le président de la République n'ait ni la force ni la lucidité de s'y opposer est non seulement un devoir national mais aussi l'expression de l'espoir d'une autre politique européenne enfin dégagée de ses oripeaux idéologiques". La semaine dernière, M. Le Guen avait affirmé que la rencontre entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sur la crise de l'euro, c'était "Daladier à Munich". Arnaud Montebourg, troisième homme de la primaire du Parti socialiste, avait plaidé mercredi en faveur d'une confrontation dure avec Angela Merkel qu'il a accusée d'être en train de "tuer l'euro" et de mener "une politique à la Bismarck", en référence au chancelier allemand qui a vaincu la France en 1870. Le soir même, face aux prises de distance de plusieurs membres du PS, dont François Hollande, M. Montebourg avait précisé : "Ce n'est pas l'Allemagne que j'accuse, c'est l'annexion par la droite prussienne de la droite française que je condamne." Il a ensuite développé son propos dans une tribune publiée sur le site Rue89.