Après Toulon, Hollande juge que que "la parole de Sarkozy s'est épuisée" | Hollande 2012 | Scoop.it
  • Le candidat PS à la présidentielle, François Hollande, estime dans une interview au JDD que "la parole" de Nicolas Sarkozy s'est "épuisée", le discours qu'il a prononcé à Toulon étant à ses yeux "un aveu d'échec et un constat d'impuissance". Le député de Corrèze, qui ne s'était pas encore exprimé sur le discours sur la crise du chef de l'Etat, jeudi dans la préfecture du Var, y a vu "le propos d'un président en fin de mandat et d'un candidat en début de campagne, la confusion des genres" étant "la marque de Nicolas Sarkozy""Le plus grave est ailleurs car le discours de Toulon a été un aveu d'échec et un constat d'impuissance", poursuit-il. Après cinq années de pouvoir, "le chef de l'État en arrive à constater que les Français ont peur et ne sont plus maîtres de leur destin. Il révèle donc qu'il n'a pas été capable de donner un sens à son action et de susciter la confiance de son pays", dit-il. "A Toulon, il y a trois ans, il avait prétendu qu'il allait moraliser le capitalisme, soumettre les marchés et refuser l'austérité", ajoute le candidat PS. Trois ans plus tard, "il admet que la crise est toujours là et s'est même aggravée avec le rôle accru des agences de notation, la circulation frénétique des capitaux, la volatilité des marchés, la fragilité des États. Il en est réduit à une fuite en avant en proposant un nouveau traité européen. Sa parole s'est épuisée", ajoute-t-il.
  • Alors que le chef de l'Etat a attaqué la gauche sur les 35 heures et le retour à la retraite à 60 ans, voulu par les socialistes à certaines conditions, François Hollande réplique : "Nicolas Sarkozy est au pouvoir depuis dix ans, cinq ans comme ministre et cinq ans comme président, je le lui rappelle car il semble l'avoir oublié""Les 35 heures, c'était il y a douze ans, ce régime a été modifié au moins trois fois depuis 2002 et la défiscalisation des heures supplémentaires opérée en 2007 a fini de les démanteler. Ce n'est pas ce qui reste des 35 heures (...) qui explique le déficit record de notre balance commerciale (...) C'est l'abandon de la politique industrielle et l'incohérence de la politique économique et fiscale de la droite", dit le candidat PS.
  • Alors qu'il assistera lundi à Berlin à un congrès du SPD au moment où la chancelière Angela Merkel sera reçue à l'Elysée, François Hollande juge que "l'amitié franco-allemande suppose une relation équilibrée et respectueuse". "Aujourd'hui, ce n'est pas tant l'Allemagne qui est forte, car elle connaît aussi une dette importante, que la France qui est faible car elle est mal gérée depuis cinq ans", dit-il. "Aujourd'hui, l'Europe a moins besoin d'un traité de plus que d'actions immédiates," ajoute-t-il, gardant à l'esprit "l'expérience du traité constitutionnel européen : des mois et des mois pour être négocié, puis pour être ratifié et autant pour être repoussé""Nous ne pouvons pas attendre", poursuit François Hollande, qui plaide pour "un pacte de responsabilité, de gouvernance et de croissance", un assouplissement des interventions de la BCE, la transformation du Fonds européen de stabilité financière en banque "pour venir en soutien des pays les plus vulnérables", l'engagement d'une politique de grands travaux... "Tout ça peut être engagé dès demain", estime-t-il.