A Bruxelles, M. Hollande cherche à se démarquer de M. Sarkozy et Mme Merkel | Hollande 2012 | Scoop.it

S'aventurer sur la route de l'Europe, tout en proposant un autre chemin que celui offert par Nicolas Sarkozy. C'est le délicat exercice auquel s'est livré François Hollande, mercredi 30 novembre, lors d'une visite d'une journée au Parlement de Bruxelles. C'était le deuxième déplacement international du candidat socialiste à la présidentielle après celui effectué à Madrid, trois jours après sa désignation. L'objectif : asseoir le standing européen et diplomatique du candidat, mais tout en ayant dans le même temps une pensée pour les catégories populaires et la France du "non", un segment électoral qui semble faire défaut à M. Hollande. Dans le TGV qui emportait la délégation socialiste vers Bruxelles, le député européen Harlem Désir, numéro deux du PS, résumait le dilemme : "C'est une journée importante. François Hollande est un européen convaincu, mais c'est un euroréaliste, pas un eurobéat." S'exprimant d'abord devant les parlementaires du Parti socialiste européen (PSE), le candidat socialiste a fustigé la perspective, évoquée par le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, d'une révision des traités européens. "Nous n'avons pas besoin d'un nouveau traité, de révision des traités, mais d'appliquer les instruments pour que l'Europe soit plus forte qu'aujourd'hui", a estimé François Hollande. Avant de s'en prendre à l'hypothèse d'une "intervention de la Cour de justice européenne" au chapitre budgétaire. "Pourrait-on admettre que les parlements nationaux puissent être ainsi privés de toute liberté d'action ? Que les peuples soient aussi privés d'intervenir dans le débat public ? (...) Je connais la réponse, ce sera non", a lancé M. Hollande. Un peu plus tard devant la presse, le candidat socialiste a proposé cinq mesures : "Doter autant qu'il soit possible le FESF [Fonds européen de stabilité financière]", "mutualiser une part des dettes nationales avec la mise en place d'euro-obligations", "faire jouer à la BCE [Banque centrale européenne] un rôle actif", introduire une "taxe sur les transactions financières" et lancer des "initiatives de croissance" dont il n'a pas précisé davantage la nature. Outre un rendez-vous avec Elio di Rupo, le "formateur" du gouvernement belge, M. Hollande a ensuite rencontré Catherine Ashton, le chef de la diplomatie européenne, avec laquelle il s'est notamment entretenu du rôle de l'Union européenne dans le soutien aux printemps arabes et dans le processus de paix au Proche-Orient. Il a également vu Michel Barnier, commissaire européen chargé des marchés financiers, pour évoquer ses propositions de régulation financière et de création d'une agence de notation européenne. En fin d'après-midi, le candidat du PS était en rendez-vous avec José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Il devait l'entretenir de la reconversion de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle), et en particulier du projet européen de captage-stockage de CO2 Ulcos, que la commission doit décider d'autoriser – ou non – en juin 2012. François Hollande devait aussi rencontrer les syndicalistes de l'usine de Florange. "Il s'agit aussi de rassurer le monde du travail ouvrier, sur le fait que l'Europe est une chance pour eux", indique la députée de la Moselle Aurélie Filipetti, qui faisait partie de la délégation. "Du point de vue politique et stratégique, c'est très important qu'il puisse défendre un projet auprès des ouvriers."