François Hollande veut créer un ministère de la Mer | Hollande 2012 | Scoop.it

Le candidat socialiste aux élections présidentielles dispose d'un programme « mer ». Il critique, certes, le bilan maritime du gouvernement, mais pas sans nuances. La primaire socialiste aura eu cette vertu de faire plancher au moins un candidat à la présidentielle sur les sujets maritimes. C'est même un peu avant le premier tour de la primaire que François Hollande a publié « Le Défi maritime français », rédigé avec le député-maire socialiste de Boulogne-sur-Mer, Frédéric Cuvillier. Celui qui, après avoir séduit 56,6 % des sympathisants socialistes, sera le candidat PS à la présidentielle, a donc déjà son programme « mer », un document de 38 pages plutôt fouillé. Mesure phare, le retour à un ministère de la Mer. Tous deux hollandais, Michel Delebarre, président de la communauté urbaine de Dunkerque, et Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne, s'accordent à dire qu'il s'agit-là d'un lieu d'« impulsion » indispensable. Les deux dirigeants PS connaissent le sujet : Michel Delebarre fut ministre de la Mer de 1988 à 1990, et Jean-Yves Le Drian lui succéda comme secrétaire d'Etat de 1991 à 1992. L'actuelle ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, estime au contraire que le périmètre actuel de son ministère chapeaute convenablement les activités maritimes. Grenelle de la mer, discours de Nicolas Sarkozy en juillet 2009 au Havre, tout ceci a fait long feu aux yeux de François Hollande et de Frédéric Cuvillier qui estiment que, face aux défis énergétiques et alimentaires, les atouts maritimes français sont « dramatiquement sous-exploités ». Le document socialiste n'échappe pas à quelques bonnes intentions consensuelles et sans doute coûteuses, à l'instar du soutien au « plan digues » des communes littorales. Il s'attaque aussi cependant à certaines décisions politiques récentes, notamment la régionalisation des anciens ports d'intérêt national. Une régionalisation qui, selon Michel Delebarre, a consacré le désintérêt de l'Etat pour ses ports, ce qui limite les synergies entre sites portuaires. Pour lui par exemple, « la distance qui sépare la dernière darse de Dunkerque de la première de Boulogne, c'est 60 kilomètres, soit l'amplitude du port de Rotterdam ». Le document du PS affiche, par ailleurs, un soutien clair au développement de l'aquaculture, alors que nombre de projets de fermes marines sont blackboulés en raison de l'inévitable opposition des riverains. En matière de pêche, les rapporteurs s'alignent sur la position du Comité national des pêches (à l'instar de l'actuel gouvernement) contre les quotas individuels cessibles et promettent « un plan lisible » de renouvellement de la flotte. Les énergies marines renouvelables sont plébiscitées et la construction navale mérite une stratégie ambitieuse. La recherche marine doit être mieux coordonnée tandis que l'enseignement maritime doit être fédéré au sein d'une académie, celle qui n'a pas été créée lors de la réforme des écoles de la marchande. Rien de révolutionnaire mais, tout de même, une feuille de route assez précise. Et un ordre du jour aux états généraux de la mer que, sitôt la présidentielle remportée, François Hollande se propose de convoquer.