Les socialistes dénoncent un traité "de pure contrainte budgétaire pour plus tard" et "rien pour maintenant" | Hollande 2012 | Scoop.it

Les propositions de nouveau traité, conjointement lancées lundi 5 décembre par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, n'ont fort logiquement pas convaincu les socialistes. A commencer par leur candidat François Hollande. "Face à une crise de confiance, ce n'est pas l'annonce d'un traité quel qu'il soit, à 17 ou à 27, qui peut être de nature à redonner aux citoyens et aux marchés une vision, explique au Monde M. Hollande. La réponse doit être immédiate. Ce qui est attendu par les marchés, c'est une intervention massive de la BCE [Banque centrale européenne], la mise en place des eurobonds ou un renforcement du fonds de stabilité financière qui deviendrait une banque. Aucune de ces mesures n'ayant été prise, l'annonce d'un traité ne peut être le règlement d'un problème immédiat." Pour le candidat socialiste, le traité pose "deux problèmes" : "Le premier, c'est que le traité ne pourra être ratifié que bien après la présidentielle. Le second, c'est qu'il n'y aura pas de majorité pour voter la révision constitutionnelle" qu'il implique. Argument repris par Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale : "Nicolas Sarkozy est un président en fin de mandat qui fait campagne: il n'a pas la légitimité politique pour demander au Parlement actuel de modifier la Constitution." Pour le député et maire de Nantes, "face à la gravité de la crise, Nicolas Sarkozy montre une totale impuissance. Le traité qu'il propose va demander du temps". Voilà la principale critique adressée par les socialistes: l'incapacité présumée du dispositif Sarkozy-Merkel à faire face en temps et en heure à la gravité de la crise économique. "Un traité de pure contrainte budgétaire pour plus tard et rien pour maintenant", regrette Michel Sapin. Pour le conseiller de François Hollande, "malheureusement, il n'y a aucune surprise. Cela ressemble à un alignement complet, total et absolu sur la position de l'Allemagne". Les socialistes trouvent, dans les annonces du président français et de la chancelière allemande, la justification a posteriori de leurs récentes attaques sur l'hégémonisme allemand. "Si on dresse les colonnes crédit et débit, Mme Merkel rentre à la maison avec une victoire", résume Benoît Hamon. "Sur le fond, l'Allemagne voulait un nouveau traité, elle l'a", poursuit le porte-parole du PS, y ajoutant le contrôle moins avéré que pourrait exercer la Cour de justice européenne sur les parlements nationaux. Et de conclure : "Nicolas Sarkozy, je vois mal ce qu'il a à vendre. Pour la France, c'est une défaite, un KO." Sur la règle d'or, au chapitre de laquelle le chef de l'Etat a remis la pression sur le PS, "cette question sera traitée après l'élection présidentielle", rappelle François Hollande. Le candidat socialiste estime que "si la règle d'or était prévue, il ne s'agit plus de la même : elle est renforcée, c'est-à-dire qu'elle ne dit pas simplement que les budgets doivent être conformes aux engagements européens, mais ajoute des dates. Cela en dit long sur le caractère improvisé de ces annonces". "Incapable de la faire accepter par les Français, Sarkozy réimpose la règle d'or sous couvert de Merkel", estime Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à l'international. Quant aux menaces de dégradation de l'agence Standard and Poor's, "les agences ne pouvaient ignorer qu'il y avait une réunion qui se tenait ce lundi", indique M.Hollande, pour qui ces menaces "ne sont pas une réaction à l'accord mais à une situation qui dure depuis plusieurs semaines, avec un ralentissement de la croissance et des banques en situation difficile". Alors que pour M.Cambadélis, "Sarkozy et Merkel ne rassurent ni les peuples, ni les marchés".