Cahuzac : "Il faudra entre 9 et 10 milliards d'euros" d'économies" | Hollande 2012 | Scoop.it

Jérôme Cahuzac, le président socialiste de la commission des finances de l'Assemblée nationale et "M. budget" de François Hollande, le candidat du PS à l'élection présidentielle, juge dimanche 6 novembre qu'en réalité, "entre 9 et 10 milliards d'euros" d'économies supplémentaires sont nécessaires face au ralentissement de la croissance, et non pas 6 à 8 milliards comme l'a dit Nicolas Sarkozy. Le député du Lot-et-Garonne s'exprime dans un entretien au Journal du dimanche à la veille de l'annonce par le gouvernement d'une nouvelle série de mesures d'austérité, liée à la révision à la baisse de la prévision de croissance pour 2012 (1 % contre 1,75 % attendu auparavant). "La prévision de croissance retenue (+1 %) est encore trop optimiste", estime M. Cahuzac. "Pour y parvenir, il suffirait de supprimer le paquet fiscal voté en 2007. Son coût équivaut à l'effort nécessaire et il a démontré son inefficacité économique", ajoute-t-il. Le responsable socialiste fait valoir qu'"un rapport parlementaire bipartisan fait un bilan sévère de la mesure [des exonérations de charges, ndlr] sur les heures supplémentaires". "Elle ne permet pas de travailler plus : il y en a autant en 2011 qu'en 2006. Le coût, 4,5 milliards d'euros par an, est celui d'un pur effet d'aubaine", dit-il. Dans l'entretien, Jérôme Cahuzac se déclare aussi opposé au relèvement du taux de TVA réduit à 5,5 % dans la restauration ou le bâtiment (rénovation à domicile) que pourrait décider le gouvernement. "Les taxes sur les mutuelles, 2,2 milliards en un an, et la hausse de la CSG pour les salariés, 600 millions, vont déjà amputer le pouvoir d'achat des classes moyennes et compromettre bien assez la croissance en 2012", justifie-t-il. Concernant l'impôt sur les sociétés, qui pourrait faire l'objet d'une surtaxe exceptionnelle visant les grands groupes, "je préconise au contraire la baisse du taux (...) à 30 %, contre 33,3 % actuellement. Nous nous alignerions ainsi sur le taux allemand. La suppression des niches qui permettent aux grandes entreprises de ne quasiment plus payer d'impôts financerait cette réforme, revenant à déplacer les aides d'Etat vers les PME, qui en ont bien besoin", explique-t-il.