Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a dénoncé jeudi la "super-austérité" prônée selon lui par François Bayrou (MoDem), attaquant également ses potentiels partenaires à gauche, Eva Joly (EELV) et François Hollande (PS), qui font "allégeance au club des austères"Lors d'une conférence de presse à l'Assemblée, le candidat à la présidentielle a notamment proposé à M. Bayrou, qualifié de "politicien roublard", de débattre avec lui pour un "moment assez vivifiant et tonique"Voyant venir au Front de gauche des "renforts" d'écologistes et de socialistes sur le terrain, l'eurodéputé a assuré que voter FG revenait à "acheter une assurance anti-Bayrou""Mme Joly dans un moment de tendresse assez incompréhensible lui décerne des récompenses par anticipation, M. Hollande laisse entendre qu'il pourrait l'avoir dans son gouvernement", et "l'UMP dit pareil !", a-t-il critiqué, parlant d'un comportement d'"allégeance au club des austères" de la part du PS et d'EELV. L'ex-socialiste a rappelé avoir été chargé en 2007 d'un document contre François Bayrou pour le PS, mais a-t-il ironisé, "à peine la brochure arrivait dans les sections socialistes que la candidate (Ségolène Royal, ndlr) s'est mis en tête de le rallier !". Sur le fond, il a également attaqué le candidat centriste : "sur la dette, M. Bayrou n'a rien découvert ni en 2007 ni aujourd'hui", "il se trompe radicalement sur le diagnostic" et "fait une erreur de médication" en se prononçant pour la règle d'or. Pour lui, il est même "plus à droite que M. Sarkozy en matière de programmation budgétaire" et "il tuera le cheval sur lequel il pense monter"... Avec "50 milliards en moins de dépenses publiques" dans son programme, revenant à "moins d'instituteurs et de policiers" selon M. Mélenchon, "le bon docteur Bayrou" propose "les recettes du FMI à domicile". A ses côtés, Marie-George Buffet (PCF) a souligné que "la gauche n'a pas à aller chanter sous les balcons" du MoDem, Martine Billard (Parti de gauche) relevant qu'il "défend notamment la TVA sociale et la retraite par points"Quant au porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, venu en "Béarnais de l'étape" en tant qu'élu de Pau, il a proposé "un stage en immersion dans les Pyrénées-Atlantiques" à "ceux qui doutent" que le président du MoDem est de droite. "François Bayrou n'est ni de gauche, ni de gauche !", dit-on là-bas, a-t-il ajouté.