Il y avait déjà eu un proche de Benoît Hamon pour redouter, lors de la primaire socialiste, que Martine Aubry ne se transforme en «Mamandreou». Voici maintenant le Front de gauche qui file la métaphore hellène, en référence à l'ancien premier ministre grec, socialiste, obligé de céder sitôt élu aux marchés financiers et à l'austérité. Dans un communiqué, le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, François Delapierre, exprime ainsi sa rancœur envers «Hollandreou», après la visite du candidat socialiste en Italie. Il dit : «Après sa victoire à la primaire du PS, il avait couru saluer José Luis Zapatero, l’homme de la règle d’or. Le 5 décembre, au congrès du SPD à Berlin, il avait salué les “réformes importantes” de Schröder et regretté qu’elles aient “trop tardé en France”. Aujourd’hui, c’est depuis le siège du Parti démocrate italien qu’il a fait l’apologie du gouvernement libéral de Mario Monti.» Lors d'une journée à Rome, François Hollande a ainsi déclaré : «Les Italiens ont changé de gouvernement, ils sont dans un programme de redressement indispensable et la gauche italienne fait preuve d'une grande responsabilité.» Il a rencontré les dirigeants du Parti démocrate, qui soutient (comme la gauche et la droite) le gouvernement Monti, défend la constitutionnalisation de la règle d'or et prône une alliance avec le centre droit lors des prochaines élections législatives. Après avoir rencontré le président Giorgio Napolitano au palais du Quirinale, il a déjeuné avec l'ex-président du conseil Massimo D'Alema et le nouveau patron du PD Pier Luigi Bersani. Au Monde, il déclare ne pas manquer de stature internationale : «Plus je me déplace, moins je trouve que c'est moi qui ai un problème. Sur ce terrain-là, je n'ai pas de handicap.»