Récession : Hollande dénonce le «triple échec de Sarkozy» | Hollande 2012 | Scoop.it
  • Pas de panique. Tel est en substance le message qu'a voulu faire passer François Baroin, ce vendredi matin. Alors que l'Insee a estimé jeudi que la France devrait connaître une brève récession au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, qu'il sera donc «difficile» d'atteindre l'an prochain la prévision de 1% de croissance et que le pays est menacé de perdre son triple A, le ministre de l'Economie et des Finances a tenu à rappeler, au micro d'Europe 1, que «la France est la cinquième puissance économique mondiale» et «l'un des pays les plus développés et les plus solides»François Hollande a, lui, dénoncé, depuis Rome où il effectue un déplacement, le «triple échec de Nicolas Sarkozy».
  • Hollande : «Il n'y aura de redressement possible que s'il y a plus de production.» «Echec par rapport à l'obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l'objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits», a énuméré le candidat socialiste à la présidentielle, qui publie également, ce jour, une tribune dans «Le Monde» où il confirme sa volonté de «rééquilibrer et compléter» le futur traité européen. «Les objectifs de réduction de déficits ne pourront pas être atteints et, en cinq mois, il y aura un troisième plan de rigueur parce que nous allons décrocher par rapport à ce que nous avons nous-mêmes dit aux autorités européennes», a-t-il prédit. Compte tenu de cette situation, «je préfère le dire aux Français, c'est la vérité que je leur dois : nous ne pourrons pas tout promettre. C'est la raison pour laquelle j'ai hiérarchisé les priorités», avec en tête celle de «la jeunesse», a poursuivi François Hollande. Selon lui «il n'y aura de redressement possible que s'il y a plus de production» par la réindustrialisation et «plus de justice sociale».
  • «L'investissement français est rentable», affirme Baroin. «A la question, la France est-elle un investissement sûr, la réponse est oui et personne ne s'y trompe», a-t-il insisté, ce vendredi matin sur Europe 1, après avoir vanté les atouts du pays «qui a une économie diversifiée, une main d'oeuvre qualifiée, un système bancaire parmi les plus résistants au monde, un niveau d'épargne qui est extrêmement développé». Objectif, rassurer à propos de l'éventuelle perte du triple A. «Le métier de ces agences est de savoir si un pays est rentable et solide. L'investissement français est rentable, oui. Il faut surtout éviter la dépendance vis-à-vis de ces agences», a assuré le ministre. A propos de l'annonce de l'Insee, François Baroin a rappelé que «pour entrer en récession, c'est la croissance déclinante sur deux trimestres constatée, là nous parlons de prévisions». Il a également insisté sur le fait que ces prévisions sont réalisées à partir «d'enquêtes auprès des ménages, auprès des chefs entreprises». Or, selon lui, «il y a un décalage entre le moral, l'ambiance, l'état d'esprit qui n'est pas bon (…) et la réalité d'une économique qui n'est pas encore impactée». Le ministre de l'Economie et des Finances a par ailleurs affirmé que «la France tiendra ses objectifs de réduction des déficits même en cas de récession»Il a enfin exclu l'hypothèse d'un troisième plan de rigueur, assurant que «la France n'en a pas besoin». «Il n'y aura pas de troisième plan, parce que ce n'est pas la question qui est posée. La question, c'est la compétitivité de notre économie, c'est la relance de la croissance, c'est le soutien à l'activité des entreprises», a-t-il fait valoir.
  • «Il ne s'agit pas de données réelles», rappelle Pécresse. La veille, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, s'était elle aussi voulue rassurante, soulignant qu'«il ne s'agit que de prévisions, des enquêtes réalisées auprès des chefs d'entreprise». «Il ne s'agit pas de données réelles, mais de prévisions qui font état d'une croissance qui est stoppée à cause des inquiétudes liées aux turbulences que traverse la zone euro», avait-t-elle insisté avant de confirmer au Sénat la tenue d'un collectif budgétaire «au premier semestre 2012» pour mettre en place l'accord européen de stabilité et «faire le point sur notre trajectoire».
  • Selon Villepin, le gouvernement est responsable de cette situation. «La politique qui a été menée depuis 4 ans et demi a échoué, a pour sa part commenté le candidat à la présidentielle, Dominique de Villepin, sur RTL. Aujourd'hui nous entrons en récession. Comment la France va-t-elle faire pour éviter cette récession ?» Selon l'ancien Premier ministre, «on voit que du point de vue national, comme du point de vue européen les bonnes décisions ne sont pas prises». «Quel va être le cap aujourd'hui du gouvernement à part la politique d'austérité qui nous mène vers toujours plus de récession, toujours plus de chômage, toujours plus de souffrance pour les Français ?» s'est-il finalement interrogé, appelant à changer de politique.
  • Les choix du gouvernement «aggravent la récession», selon Valls. Interrogé sur RMC/BFM TV, Manuel Valls, responsable de la communication du candidat socialiste à la présidentielle, s'est lui aussi montré sévère envers le bilan du gouvernement. «Tous les choix, les plans de rigueur et d’austérité mis en œuvre depuis des mois par le président de la République et par le Gouvernement pour sauver le triple A de la France, non seulement risquent de ne pas le sauver mais aggravent la récession», a-t-il ainsi jugé. Au passage, il a taclé «le Premier ministre, comme le ministre des Affaires étrangères, (qui) viennent de dire que cela ne serait pas, au fond, grave». «C’est de l’irresponsabilité», a estimé le député-maire d'Evry.