Pauvreté : Hollande en "candidat de la justice" | Hollande 2012 | Scoop.it

François Hollande s'est posé mercredi en "candidat de la justice" face au "président qui a été celui des inégalités". En visite dans un centre d'hébergement d'Emmaüs, à Paris, le prétendant socialiste à l'Elysée a proposé d'imposer aux communes 25% de logements sociaux et de supprimer les 30 euros dont doivent s'acquitter les bénéficiaires de l'Aide médicale d'Etat (AME). "Nous ne devons pas traiter la pauvreté comme un problème particulier mais comme un problème général de notre société", a déclaré le député de Corrèze. "Ce combat-là est un combat national, c'est un enjeu républicain". Lors d'une conférence de presse, donnée dans le centre Emmaüs du Xe arrondissement de la capitale qu'il venait de visiter, François Hollande a critiqué le bilan de Nicolas Sarkozy, soulignant que le président n'avait pas tenu les promesses du candidat de faire reculer la pauvreté d'un tiers en cinq ans. "Non seulement la pauvreté a augmenté, mais elle s'est approfondie et elle s'est intensifiée", a accusé le candidat socialiste à la présidentielle, insistant sur les difficultés que les jeunes rencontrent dans l'accès à l'emploi, au logement et aux soins. Il a par ailleurs proposé une "politique spécifique" pour les familles monoparentales et une autre contre la solitude. "Nous devons créer plus de logements", que ce soient des hébergements d'urgence, des logements sociaux ou en accession à la propriété, a plaidé François Hollande. Il a proposé de modifier la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) pour que les communes concernées soient tenues d'avoir 25% de logements sociaux, au lieu des 20% actuels. Il espère ainsi mettre à disposition des ménages 300.000 logements sociaux de plus. Il a en outre promis, s'il est élu à l'Elysée, d'introduire un mécanisme d'encadrement des loyers sur les zones tendues. Par ailleurs, le candidat socialiste s'est engagé à revenir sur la réforme de l'Aide médicale d'Etat (AME). Depuis le 1er mars 2011, l'obtention de l'AME est conditionnée au paiement d'un droit annuel de 30 euros par bénéficiaire majeur. François Hollande entend lever cette "barrière des 30 euros". Plus généralement, il a promis de conserver, même en temps de crise, une "politique de solidarité". Il a toutefois estimé que cela n'était pas du seul ressort de l'Etat. Durant sa conférence de presse aux côtés du président d'Emmaüs France, Christophe Deltombe, et du maire de Paris, Bertrand Delanoë, il a ainsi suggéré un "grand contrat entre l'Etat, les collectivités locales, les associations". Pour cela, il a proposé "une convention pluriannuelle avec les grandes associations" qui s'occupent du logement, de l'alimentation et du soin d'urgence""Je récuse le mot assistanat", a insisté François Hollande. "Je ne parle que d'accompagnement, de transition, de suivi, de parcours qui permettent d'éviter qu'une population s'installe durablement dans la pauvreté""L'innovation doit être le mot-clef", a-t-il considéré. "Il faut inventer des politiques".