Najat V. - Belkacem, porte-parole de F. Hollande, refuse un parachute du PS | Hollande 2012 | Scoop.it

En ces temps d'investiture pour les législatives de juin 2012, où la pratique du parachute passe pour une discipline olympique, la décision de Najat Vallaud-Belkacem pourrait bien faire figure d'exception. Le PS lui proposait une circonscription réputée imperdable, la 6e du Rhône, située dans Villeurbanne. Mais la toute nouvelle porte-parole de François Hollande a annoncé, lundi, à la commission électorale de son parti qu'elle déclinait l'offre et préférait partir au casse-pipe dans la 4e circonscription de Lyon (ville dont elle est adjointe au maire), tenue par l'ancien garde des Sceaux, l'UMP Dominique Perben. "J'ai deux motivations convergentes", confie-t-elle. "La première, c'est que j'ai dans cette circonscription une légitimité politique, l'avantage de la durée, de la constance." Lors des législatives de juin 2007, elle s'était en effet déjà présentée sur ce territoire ancré à droite - c'est l'ex-fief de Raymond Barre - face à Perben. Elle s'était inclinée au second tour avec 43,43 % des voix. "Je trouve qu'il y a une beauté du geste à relever le gant dans une circonscription difficile, à la faire tomber dans l'escarcelle de la gauche", développe-t-elle. Surtout que, depuis leur dernier affrontement, Perben a perdu toutes les élections intermédiaires, les municipales de 2008 face à Gérard Collomb qui l'avait emporté au premier tour, et les cantonales de mars 2011. La socialiste avait, elle, été élue conseillère générale du Rhône à cette occasion. "La deuxième raison, c'est que le parachutage se fait toujours au détriment d'un autre." Si Najat Vallaud-Belkacem avait opté pour Villeurbanne, la députée PS sortante Pascale Crozon aurait été priée de s'effacer. Pour Vallaud-Belkacem, proche de Ségolène Royal - elle était sa porte-parole en 2007 -, qui défend la parité, aller déloger une femme était gênant. Sa décision n'a pas réjoui tout le monde au PS, car son accession à l'Assemblée nationale en 2012 serait une triple victoire pour un parti qui promet éternellement sa rénovation : celle de la jeunesse (34 ans), de la diversité et de la parité. En se présentant à Lyon, ses chances de victoires sont considérablement réduites. Mais Najat Vallaud-Belkacem a au moins reçu deux soutiens : ceux de François Hollande et de Ségolène Royal, qu'elle a informés en début de semaine. "Ils ont réagi avec enthousiasme", souligne-t-elle. "Ils se souviennent qu'eux aussi sont allés chercher leur circonscription. François Hollande, c'était la Corrèze, alors il sait ce que c'est, les circonscriptions ingagnables !" Il s'y était en effet repris à deux fois avant d'être élu député. Un modèle.