Fabius : «Nous ne continuerons pas la règle du 1 sur 2, mais nous n'augmenterons pas le nombre de fonctionnaires» | Hollande 2012 | Scoop.it

Ce matin [07/12], les ténors socialistes se sont exprimés dans les émissions matinales pour donner leur vision de la crise de la zone Euro. Si pour l'ensemble des caciques de gauche, le gouvernement est responsable de la situation économique de pays, Laurent Fabius, l'ancien premier ministre n'a pas manqué de distiller habilement quelques pistes du projet PS pour la présidentielle. Parmi ces annonces qui risquent bien de faire réagir, le fait que les socialistes ne comptent pas augmenter le nombre de fonctionnaires, alors qu'une des mesures-phares de François Hollande est de créer 60 000 postes dans l'éducation nationale. Par ailleurs, l'intervention du premier ministre François Fillon, la veille au soir au journal de 20 heures qui a exclu un troisième plan de rigueur n'a pas réussi à calmer les ardeurs de l'opposition à gauche. Michel Sapin, secrétaire national à l'économie du PS a lancé la première salve. Invité sur RTL chez Jean-Michel Apathie, il a assuré qu'il y a «dans la tête de François Fillon une vision de la France qui se dégrade». Selon lui, si «la France n'a plus de croissance» et qu'«elle est en récession», «le gouvernenement et le président de la République en porte une forte responsabilié». Le proche de François Hollande chargé de la rédaction du projet présidentiel, assure que ce nouveau contexte économique change la donne dans le programme du PS. « Il faut prendre en compte cette réalité », admet l'ancien ministre du gouvernement Jospin, mais avant de positiver. «J'espère bien que la France ne sera pas en récession pendant des dizaines d'années », assure-t-il. Michel Sapin, a également mis en garde contre un nouveau traité européen qui ne serait fait que de «procédures» pour «mettre en oeuvre que de l'austérité, sans solidarité». Quant à savoir si à l'avenir, François Hollande pourrait être engagé par ce nouveau traité. Le député de l'Indre a été très clair : «la seule chose qui engage, c'est un traité ratifié, pas un traité négocié».  Invitée sur France 2, Martine Aubry, la patronne du PS, a exhorté le président de République à «agir» contre la crise au lieu de «bavasser sur des règles juridiques pour faire plaisir aux agences de notation.» «J'aurais été rassurée si le Premier ministre avait dit qu'il allait enfin faire en sorte de sortir de la crise en supprimant des cadeaux fiscaux non financés qui expliquent une grande partie de nos déficits, et en aidant à la relance de la croissance», a affirmé la maire de Lille. Pas question non plus pour elle, de se rassurer après l'annonce du refus du troisième plan de rigueur. «On nous avait dit qu'il n'y aurait pas de second. Chacun sait que les promesses du président du gouvernement sont rarement tenues», attaque-t-elle. «Relancez la croissance, réduisez vos déficits, les avantages fiscaux accorés aux plus favorisés», a conclu Martine Aubry. Quelques minutes plus tard, Laurent Fabius a pris le relais, au rendez-vous RMC-BFM-TV. Invité chez Jean-Jacques Bourdin, l'ancien premier ministre n'a pas mâché ses mots. «La politique économique de la France a été menée en dépit du bon sens», a affirmé le député de Seine-Maritime. «Si on est menacé par la perte du triple A, c'est parce que la situation en France est mauvaise, déclare le socialiste, qui se défend «de jouer la politique du pire» «La vraie règle d'or c'est de gérer correctement les finances publiques aujourd'hui», a-t-il déclaré. Pour l'avenir, celui qui travaille actuellement avec d'autres experts sur le projet PS a donné quelques pistes à suivre, notamment sur le nombre de fonctionnaires. «Nous ne continuerons pas la règle du 1 sur 2, mais nous n'augmenterons pas le nombre de fonctionnaires», a-t-il annoncé. Même s'il concède qu'il n'a pas toujours été d'accord avec François Hollande dans le passé, il annonce qu'il jouera un rôle déterminant dans sa campagne : «je vais aller à l'étranger pour le représenter en février». Mais pas question d'adhérer à l'idée du traité européen porté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour sortir de la crise. «Il faut aller vite alors qu'un traité ca met des mois et des années, il ne répond pas à l'urgence. Cela ne permet pas de relancer la croissance», a-t-il critiqué.