"La cure d'austérité de François Hollande en Corrèze" [Conseil Général] | Hollande 2012 | Scoop.it

François Hollande a lui aussi son plan de rigueur. Version Corrèze. Président du conseil général, le candidat socialiste à la présidentielle défendait, vendredi 2 décembre, un programme d'économies et d'augmentations d'impôts pour un total de 11,5 millions d'euros. Une sorte de répétition générale ? "Je vis au niveau de la Corrèze ce que j'aurai peut-être à vivre au niveau de l'Etat. En étant à la tête de ce département, je me suis préparé à gérer les inconséquences de la droite au niveau national", explique M. Hollande. Ce programme est le préalable à l'attribution, par l'Etat, d'une subvention exceptionnelle d'un même montant, au titre de l'aide aux départements en difficulté pour des raisons structurelles. Sur le plan national, sept départements doivent se partager une enveloppe de 75 millions d'euros. Concrètement, aux mesures de contraction des dépenses et de limitation de l'investissement engagées depuis 2008, où la gauche avait hérité d'un endettement approchant les 300 millions d'euros, s'en ajoutent d'autres à la symbolique beaucoup plus forte. Le plan d'économies prévoit ainsi de mettre fin à la gratuité totale des transports scolaires, et la prime de 1 000 euros par foyer pour l'aide à la garde des enfants sera supprimée pour les ménages imposables. S'agissant du personnel départemental, "aucun plan social" ne touchera les 1 380 agents de la collectivité, souligne le socialiste Gérard Bonnet, vice-président chargé des finances. "Mais, ajoute-t-il, chaque remplacement sera étudié au cas par cas. L'objectif étant la stabilité des effectifs." Sur le plan des recettes nouvelles, la taxe foncière sera augmentée de 6,5 %, le taux de la taxe d'aménagement (sur les permis de construire) sera triplé et une hausse de la taxe de transport sera mise à l'étude sur les agglomérations de Brive et de Tulle. Le tout pour une recette supplémentaire de 3,5 millions d'euros, dans une masse budgétaire qui devrait s'établir à près de 330 millions. Côté UMP, on ironise. "Nous, la méchante droite antisociale, on a mis la gratuité des transports scolaires. Avec la gauche, c'est fini", lance Claude Nougein, le rival de M.Hollande en Corrèze, qui insiste par ailleurs sur les augmentations d'impôts. Patron de la fédération UMP, Michel Paillassou renchérit : "Que vaut-il mieux, donner aux familles un transport scolaire gratuit ou des iPad aux collégiens, qui coûtent 1,5 million d'euros par an et sont un dogme ?" La gauche répond en rappelant "les transferts de charges sociales de l'Etat non compensés, la charge de la dette et l'asphyxie budgétaire". "On est à l'os pour la diminution des dépenses, et la marge de manœuvre pour les recettes est réduite", a lâché Dominique Ceaux, le directeur général des services. François Hollande va dans le même sens, en estimant que "la décentralisation est de plus en plus à bout de souffle, épuisée. Il n'y aura de nouvelles étapes que s'il y a davantage de clarté sur chacun de ses niveaux et des finances modernisées".