Sarkozy et l'UMP se moquent du "caractère" de Hollande | Hollande 2012 | Scoop.it

C’est l’Elysée qui est à la manœuvre, mais ce sont les ministres qui flinguent. Après s’être beaucoup moquée du programme du candidat PS (les 60000 postes de fonctionnaires dans l’Education nationale, les 300000 emplois d’avenir), la garde rapprochée du chef de l’Etat a décidé de passer à la vitesse supérieure. Et d’attaquer plus franchement Hollande sur son manque supposé de colonne vertébrale, son « incapacité à trancher », selon les mots d’un dirigeant UMP. Invitée hier du « Grand Rendez-vous » Europe 1 - « le Parisien » et « Aujourd’hui en France » - i > télé, la ministre du Budget, Valérie Pécresse, a donné le ton : « Ni la France ni l’Europe ne pourraient se permettre d’avoir un président comme François Hollande qui soit à la fois faible et indécis. » Et d’ajouter : « Quand je vois Hollande faible avec les Verts sur le nucléaire, faible avec Montebourg et Le Guen qui attaquent nos partenaires allemands, faible sur le Pas-de-Calais (NDLR : la fédération socialiste soupçonnée de financement douteux), je me dis que les Français voudront un président qui préside. » La semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait demandé à ses proches d’oublier Jean-Luc Melenchon et Eva Joly et de concentrer leurs piques sur François Hollande. « Sa faiblesse, c’est son caractère. C’est là-dessus qu’il faut le cibler, argumente le président en privé. Dire qu’il n’a même pas réussi à faire investir son chef de cabinet aux législatives (NDLR : proche de Hollande, Faouzi Lamdaoui visait la 9e circonscription des Français de l’étranger, que Martine Aubry a finalement attribuée à un autre candidat socialiste). » Toujours devant ses proches, Sarkozy juge « mauvais » le début de campagne de son concurrent PS : « Qu’il continue comme ça. Si Mitterrand et Jospin ne l’ont jamais pris au gouvernement, c’est peut-être qu’il y avait une raison. » La cellule riposte de l’UMP, qui se réunit chaque semaine autour de Brice Hortefeux, a été chargée de réfléchir à d’autres angles d’attaque, mais touchant toujours la personnalité du candidat. « On voit bien qu’il a un problème de leadership, assure l’ex-ministre de l’Intérieur. En tant que chef de parti, il était naturel qu’il soit conciliant. Mais, quand on aspire à la présidence, il faut savoir trancher. » Pour l’heure, Hollande a décidé ne pas réagir aux attaques frontales de la droite. Une stratégie de l’évitement qui ne semble pas trop mal lui réussir. Selon un sondage de l’institut LH2 pour le site Internet Yahoo, il gagne en effet 1,5 point, à 31,5% au premier tour, tandis que Sarkozy en perd 3, à 26% (57%-43% au second tour). Au final, c’est François Bayrou qui réalise la bonne opération du week-end en prenant 6 points d’un coup après sa déclaration de candidature (13%).