Pour Nicolas Sarkozy, Hollande est une bulle | Hollande 2012 | Scoop.it

Nicolas Sarkozy estime que François Hollande reste anormalement haut dans les sondages. C’est ce qu’il a expliqué le 30 novembre, à l’Elysée, devant le comité de pilotage de sa campagne où figurent Fillon, Juppé, Raffarin, Copé, Guéant... Depuis sa victoire aux primaires, le candidat du PS a pourtant déjà connu un décrochage notable (il se situe globalement aujourd’hui autour de 30 %). Mais, d’après le président, il devrait encore perdre jusqu’à une dizaine de points. Ceux-ci devraient, toujours selon les pronostics présidentiels, être récupérés par Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon. Par consé­quent, le chef de l’Etat a demandé à ses troupes de ne plus attaquer les candidats d’Europe Ecologie et du Front de gauche, mais de se concentrer sur Hollande. Chacun prépare donc de nouvelles munitions. Dans le début de campagne de l’ex-patron du PS, l’Elysée a déjà repéré plusieurs « failles, qui pèseront lourdement » pour la suite du combat. D’abord son équipe. Celle-ci est composée essentiellement d’élus. « Cela ne peut pas fonctionner, souligne un conseiller de Nicolas Sarkozy. Ils n’auront pas le temps de travailler. Cela ne va être que des guerres de posture des uns par rapport aux autres. Sarkozy en 2007 avait un commando de dix types fonctionnels qui n’étaient là que pour lui. » Autre erreur majeure selon l’entourage présidentiel : l’absence de propositions du socialiste. « Nous avons été dominés pendant les primaires. Mais, depuis un mois, nous avons repris la main sur la bataille des idées », se félicite un collaborateur du chef de l’Etat. Il y a enfin la personnalité de l’adversaire. « Au moins Ségolène Royal était charismatique », dit l’un. « Hollande est un candidat de substitution. Cela remontera forcément », anticipe un autre. Le portrait de François Hollande fait par Tristane Banon dans son livre « Le bal des hypocrites » n’est pas passé inaperçu à l’Elysée. « Il était mon héros. Il n’avait pas vraiment de charisme, pas franchement de prestance, je lui disais l’allure d’un poulpe, mais c’était un homme brillant et bon », écrit la jeune femme aujourd’hui déçue par celui qu’elle appelle « l’ancien gros ». « C’est très bien vu », sourit un proche de Sarkozy. Une future munition ?