Histoire8
Follow
Find
1.6K views | +2 today
 
Scooped by Pat Lec
onto Histoire8
Scoop.it!

Saisons déréglées ? Ou de la convictio qu’ « il n’y a plus de saisons ! (D’après « L’Intransigeant », n° du 19 septembre 1925)

Saisons déréglées ? Ou de la convictio qu’ « il n’y a plus de saisons !  (D’après « L’Intransigeant », n° du 19 septembre 1925) | Histoire8 | Scoop.it
Dérèglement saisons. Plus de saisons ? Pluie et beau temps. Prévisions météorologiques, ensoleillement, hivers, étés, rigueur, froid, canicule.
Pat Lec's insight:

En 1925, l’abbé Gabriel, astronome et secrétaire de la Commission météorologique du Calvados renommé pour ses remarquablesprévisions du temps, aborde la question de la croyance populaire au dérèglement des saisons, chacun imaginant que le rythme de la Nature était auparavant respecté, tandis qu’il ne le serait plus du tout

« Véritablement les saisons n’existent plus ou du moins sont déréglées », entendons-nous dire un peu partout. « Autrefois nous avions des hivers plus froids et des étés plus chauds. Maintenant, c’est à peine si nous sommes obligés d’allumer du feu pendant la mauvaise saison et voilà qu’il nous faut endosser des pardessus ou attraper des rhumes dès les premiers jours de septembre. Ne pensez-vous pas que cette arrivée précoce des températures hivernales présente quelque chose d’anormal ? »

En répondant aux nombreux amis qui m’ont posé cette question, écrit l’abbé Gabriel, je satisferai également la curiosité des autres lecteurs inconnus qui, certainement, ont entendu développer le même thème sur un mode plus ou moins différent. Et d’abord, est-il vrai que les saisons ne soient plus aussi tranchées aujourd’hui comme elles l’étaient il y a trente, quarante ou cinquante ans ?

A ce point de vue tout particulièrement il convient de se défier de sa mémoire. Dans le domaine du passé, les phénomènes se projettent sur un même plan d’où émergent seulement des faits, parfois insignifiants, qui nous ont touché fortement, ont atteint nos intérêts ou aiguillonné notre sensibilité. Les variations atmosphériques qui fournissent un aliment banal aux conversations comptent, somme toute, parmi les faits indifférents, et, en ce qui les concerne, rien ne peut remplacer l’observation journalière, méthodiquement inscrite, et conservée pour les siècles à venir.

Interrogez quelqu’un sur les grands hivers dont il a gardé le souvenir et vous serez surpris des erreurs de date manifestes incluses dans ses réponses. Un ancien poilu de la dernière guerre se souviendra du rude hiver pendant lequel sa boule de pain était agrémentée à l’intérieur de petits diamants scintillants ; il sait que le vin a gelé dans les fûts, mais si vous lui demandez de préciser la date, vous le trouverez embarrassé pour fixer cette période de la mi-janvier à la mi-février 1917.

Un officier me parlait un jour des hivers de l’Est, indubitablement plus froids que ceux de la Normandie. Il citait avec admiration ce fait qu’une année on avait pu patiner pendant six semaines à Verdun. Renseignements précisés, il s’agissait du terrible hiver de 1895, qui fut général en Europe.

Les hommes de ma génération se souviennent des souffrances endurées à l’école ou en pension pendant le long hiver de 1890-1891. Les anciens vous parlent, avec une émotion d’ailleurs justifiée, du grand hiver de 1879-1880. Quant à celui de 1870-1871, l’Histoire se charge de le rappeler à la mémoire de tous les Français. A cette liste se borne la série des grands hivers subis depuis une cinquantaine d’années. Parmi les étés singulièrement secs et chauds, on citera 1893, 1911 et 1921.

De cette énumération, faut-il conclure que l’opinion du public n’est pas justifiée ? Nullement ; pour être exagérée, elle n’en renferme pas moins une grande part de vérité. Il est bien certain que nous tous avons conservé le souvenir des chutes de neige survenues pendant notre enfance ; or la jeune génération actuelle connaît à peine l’existence de ce phénomène atmosphérique. Les sociétés de patinage, fondées un peu partout, il y a une trentaine d’années, ont dû renoncer à demander une cotisation à leurs adhérents, la matière première nécessaire à leur noble jeu faisant défaut régulièrement tous les hivers.

J’ajouterai que, scientifiquement, la modification actuelle du climat est reconnue sans contestation possible. Lorsque, l’an dernier (1924), j’ai calculé les moyennes de température des cinquante premières années d’observation faites dans le Calvados, à Sainte-Honorine-du-Bay, j’ai constaté que la moyenne générale de l’année n’avait pas changé, mais que les moyennes calculées pour les quarante premières années étaient nettement relevées pour les mois d’hiver, et, par compensation, abaissées pour les mois d’été.

Nous avons traversé effectivement pendant une dizaine d’années une série d’hivers relativement doux, suivis de saisons estivales inférieures à la normale. Cette série va-t-elle continuer ? Je ne le pense pas ; il me paraît probable que, pendant une période d’une dizaine d’années en particulier, nous allons retrouver des hivers et des étés plus nettement marqués.

Les anomalies constatées actuellement dans les saisons correspondent à des irrégularités déjà notées précédemment et qui se reproduisent en général avec le même rythme. La terminaison hâtive de l’été n’a pas surpris les personnes qui étaient au courant de mes prévisions publiées par certains journaux.

Pour 1924, j’avais annoncé un été tardif et la période de beau temps est venue en septembre. L’année 1925 devait avoir un été précoce et nous avons joui d’un temps magnifique pendant le mois de juin. Astronomiquement nous sommes entrés dans l’automne.

Les quelques belles journées ensoleillées dont nous avons joui n’appartiennent plus à la saison chaude. Nous aurons des alternatives de journées pluvieuses et d’éclaircies. Mais dans son ensemble, la saison d’automne de 1925 sera normalement fraîche et pluvieuse.

more...
No comment yet.

From around the web

Histoire8
amateur et passionné d'Histoire, de nature ....actualité ...
Curated by Pat Lec
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Pape François: « Pourquoi Judas a-t-il trahi Jésus? Parce que c’était un égoïste ! » - Aleteia

Pape François: « Pourquoi Judas a-t-il trahi Jésus? Parce que c’était un égoïste ! » - Aleteia | Histoire8 | Scoop.it
Le pape invite à ne pas souscrire à l’« idéologie de la pauvreté » mais à « se donner aux autres ».
Pat Lec's insight:

Nous avons besoin d’un « grand cœur », qui soit capable d’aimer. Le pape François a mis en garde contre le comportement égoïste qui, comme dans le cas de Judas, conduit à isoler la conscience et, pour finir, à trahir Jésus.

Le 14 mai, le pape a célébré la messe à 7h, comme chaque matin,  en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe. Un groupe d’employés des Musées du Vatican et quelques élèves du Collège pontifical portugais assistaient à messe, ce jour-là concélébrée par l’archevêque colombien de Medellin, Ricardo Antonio Tobón Restrepo.
 
Si nous voulons vraiment suivre Jésus, a expliqué le pape dans son homélie, nous devons « vivre la vie comme un don,  un  « cadeau » à donner aux autres, et non pas  comme « un trésor à conserver ».

Le pape s’est arrêté sur  l’opposition entre le chemin de l’amour et celui de l’égoïsme. Jésus, a-t-il relevé, nous donne aujourd’hui une parole forte: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie ». Mais la liturgie d’aujourd’hui, fait-il observer, nous montre également une autre figure: celle de  Judas, « qui avait l’attitude opposée ». Parce que Judas n’a  « jamais compris ce qu’était un don ».

Ainsi, « pensons au moment où Marie-Madeleine lave les pieds de Jésus avec le nard, de grand prix: c’est un moment religieux, un moment de gratitude, un moment d’amour. Et lui s’éloigne et le critique amèrement; ‘Mais on aurait pu l’utiliser pour les pauvres ! ‘.
C’est la première référence que j’ai trouvée dans l’Evangile, de la pauvreté comme idéologie. L’idéologue ne sait pas ce qu’est l’amour, car il ne sait pas se donner ».

Judas « s’isolait dans sa solitude », a fait remarquer le pape François, et ce comportement égoïste a grandi « jusqu’à la trahison ». Celui qui aime, « donne sa vie comme un don »; mais l’égoïste « se préoccupe seulement de sa vie, grandit dans cet égoïsme et devient un traître, mais il se retrouve toujours seul ». Celui qui « donne sa vie par amour », a-t-il affirmé, « n’est jamais seul: toujours en communauté, il est toujours en famille ».

Et le pape de lancer une mise en garde : celui « qui isole sa conscience dans l’égoïsme », en définitive « la perd ». C’est ainsi qu’a fini Judas qui « était un idolâtre, agrippé à l’argent.». Et « cette idolâtrie l’a conduit à s’isoler de la communauté des autres. C’est le drame de la conscience isolée: quand un chrétien commence à s’isoler, il isole aussi sa conscience du sens communautaire, du sens de l’Eglise, de l’amour que Jésus nous donne.»

 En revanche, a expliqué le pape, « le chrétien qui donne sa vie, qui la ‘perd’, comme dit Jésus, la trouve, la retrouve en plénitude. Et celui, comme Judas, qui veut la conserver, en fin de compte la perd. Jean nous dit que ‘à ce moment- là Satan entra dans le cœur de Judas’. Et il faut le dire: Satan est un mauvais payeur. Il nous trompe toujours: Toujours ! »

Jésus nous aime toujours et toujours se donne. Et ce don de l’amour qui est le sien, dit le pape François, nous pousse à aimer « pour donner du fruit. Et le fruit demeure ».

Le pape conclue son homélie en invoquant l’Esprit-Saint: « En ces jours d’attente de le fête de l’Esprit-Saint, nous prions: Viens Esprit-Saint, viens et donne-moi un grand cœur, un cœur qui soit capable d’aimer avec humilité, avec douceur,  un grand cœur qui soit capable d’aimer. Esprit Saint, donne-nous cette grâce. Libère-nous de  l’autre chemin, celui de l’égoïsme, qui à la fin se termine mal. », a conclu le pape.

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Migration: un milliard de personnes concernées

Migration: un milliard de personnes concernées | Histoire8 | Scoop.it

La XXème session plénière du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement s’est ouvert ce 22 mai au Vatican. Durant trois jours, les participants réfléchiront sur « La sollicitude pastorale de l’Eglise dans le contexte des migrations forcées. »  Voici déjà une vue d’ensemble de la situation dans le monde qui concerne une personne sur sept.

Pat Lec's insight:

 

L’Eglise est très certainement l’une des seules institutions à pouvoir proposer une vue d’ensemble par sa présence sur tous les continents et par son action en première ligne au service des migrants et des personnes déplacées. Elle se base sur les rapports annuels des conférences épiscopales nationales qui permettent d’offrir une vision globale du phénomène migratoire à l’échelle internationale. L’OIM (l’Organisation Mondiale pour les Migrations) estime ainsi en 2011 à 214 millions le nombre de migrants dans le monde soit 3% de la population totale de la planète. A ceux-ci s’ajoutent les 740 millions de migrants internes, en tout 1 milliard de personnes sont donc concernées par la migration, 1/7ème de la population du globe. Le classement des pays d’origine et des pays d’accueil varie peu. En tête de ceux qui fournissent les plus gros bataillons de migrants l’on retrouve le Mexique, l’Inde, la Chine, le Bangladesh ou encore les territoires palestiniens. Ils émigrent majoritairement aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne, Arabie Saoudite et au Canada. En queue de classement, la France, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Des situations très diversifiées selon les continents

Les rapports des conférences épiscopales mettent en lumière l’extrême diversité du phénomène migratoire selon les continents qui sont concernés. L’Europe est évidemment à la fois louée pour les politiques d’intégration et d’assistance mises en œuvre pour l’accueil des immigrés mais aussi pointée du doigt pour les politiques restrictives mises en œuvre ces dernières années. La Suisse, le Royaume-Uni, le Danemark sont ainsi les premiers à avoir introduit des quotas et imposé des critères plus stricts pour l’acquisition de la nationalité. L’Italie et l’Espagne ont en revanche noué des accords avec des pays du Maghreb pour enrayer le phénomène migratoire à sa source. Le problème n’a été que déplacé. A l’immigration maritime tragiquement à la une de l’actualité régulièrement, s’ajoute désormais celle terrestre par la Grèce et laTurquie. L’Eglise a pris depuis longtemps en compte le fait que l’Europe était devenue multiethnique et pluri religieuse. Elle se mobilise donc pour sensibiliser les opinions publiques à ne pas épouser les dérives racistes et xénophobes qui ont explosé sur le continent en cette période de crise économique aigue.

Aux Amériques, une immigration intrinsèque

Aux Amériques, la situation est évidemment bien différente. L’immigration est presque intrinsèque à la vie du continent. Aux Etats-Unis, 12% de la population est issue de l’immigration, 20% au Canada. Une immigration qui provient en grande partie de l’Amérique Latine et des Caraïbes. L’Amérique du Sud est, elle, caractérisée par une immigration interne. Entre 70 et 90% des flux migratoires vers l’Argentine, le Chili, le Pérou, l’Equateur ou l’Uruguay sont d’origine et/ou à destination des pays limitrophes. Des migrations qui s’inscrivent dans des contextes de pauvreté, de criminalité et de différences sociales exacerbées. Au Nord comme au Sud du continent américain, l’Eglise dénonce les dérives, les problèmes et cherche à peser sur les gouvernements pour que la dignité humaine soit mieux prise en compte dans les législations.

La population africaine est la plus mobile

L’Afrique est bien sûr la première concernée par le phénomène migratoire. Mais l’Eglise ne s’arrête pas à ce lieu commun et va à l’encontre d’idées reçues. Certains en Europe parlent « de vagues migratoires africaines », en fait depuis 2009, seulement 20 millions d’africains ont émigré hors du continent soit 2% de la population totale. En 2010, 64% des migrants originaires d’Afrique Sub-Saharienne se sont déplacés dans des pays limitrophes plus stables. La population africaine reste celle la plus mobile au monde. Mais les flux migratoires à l’intérieur comme à l’extérieur du continent y sont extrêmement diversifiés et complexes. Travailleurs immigrés, réfugiés suite à des conflits, travailleurs transfrontaliers, trafic d’êtres humains… constituent une véritable mosaïque. L’Eglise joue son rôle d’assistance humanitaire, d’accueil et de soutien des plus démunis, de formation se substituant souvent à des organisations internationales absentes ou insuffisantes.

Le migrant, une opportunité

C’est le Pape émérite Benoît XVI qui a le mieux exprimé le défi des migrations pour l’Eglise. Lors de la journée mondiale du migrant et du réfugié en 2012 il avait rappelé que « le phénomène actuel des migrations est une opportunité providentiel pour l’annonce de l’Evangile dans le monde contemporain. Les hommes et les femmes provenant de diverses régions de la terre, avait-il expliqué, qui n’ont pas encore rencontré le Christ ou le connaissent seulement de manière partielle, demandent à être accueillis dans des pays de vieille tradition chrétienne. A leur égard, il est nécessaire de trouver des modalités adéquates pour qu’ils puissent rencontrer et connaitre le Christ et expérimenter le don inestimable du salut qui pour tous est une source de vie en abondance. » C’est grâce à cette démarche d’accueil et d’ouverture que les migrants pourront devenir les protagonistes de l’annonce de l’Evangile, un élément fondamental en cette Année de la Foi.

Radio Vatican

Photo: extrait du film « La Pirogue »

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Saisons déréglées ? Ou de la convictio qu’ « il n’y a plus de saisons ! (D’après « L’Intransigeant », n° du 19 septembre 1925)

Saisons déréglées ? Ou de la convictio qu’ « il n’y a plus de saisons !  (D’après « L’Intransigeant », n° du 19 septembre 1925) | Histoire8 | Scoop.it
Dérèglement saisons. Plus de saisons ? Pluie et beau temps. Prévisions météorologiques, ensoleillement, hivers, étés, rigueur, froid, canicule.
Pat Lec's insight:

En 1925, l’abbé Gabriel, astronome et secrétaire de la Commission météorologique du Calvados renommé pour ses remarquablesprévisions du temps, aborde la question de la croyance populaire au dérèglement des saisons, chacun imaginant que le rythme de la Nature était auparavant respecté, tandis qu’il ne le serait plus du tout

« Véritablement les saisons n’existent plus ou du moins sont déréglées », entendons-nous dire un peu partout. « Autrefois nous avions des hivers plus froids et des étés plus chauds. Maintenant, c’est à peine si nous sommes obligés d’allumer du feu pendant la mauvaise saison et voilà qu’il nous faut endosser des pardessus ou attraper des rhumes dès les premiers jours de septembre. Ne pensez-vous pas que cette arrivée précoce des températures hivernales présente quelque chose d’anormal ? »

En répondant aux nombreux amis qui m’ont posé cette question, écrit l’abbé Gabriel, je satisferai également la curiosité des autres lecteurs inconnus qui, certainement, ont entendu développer le même thème sur un mode plus ou moins différent. Et d’abord, est-il vrai que les saisons ne soient plus aussi tranchées aujourd’hui comme elles l’étaient il y a trente, quarante ou cinquante ans ?

A ce point de vue tout particulièrement il convient de se défier de sa mémoire. Dans le domaine du passé, les phénomènes se projettent sur un même plan d’où émergent seulement des faits, parfois insignifiants, qui nous ont touché fortement, ont atteint nos intérêts ou aiguillonné notre sensibilité. Les variations atmosphériques qui fournissent un aliment banal aux conversations comptent, somme toute, parmi les faits indifférents, et, en ce qui les concerne, rien ne peut remplacer l’observation journalière, méthodiquement inscrite, et conservée pour les siècles à venir.

Interrogez quelqu’un sur les grands hivers dont il a gardé le souvenir et vous serez surpris des erreurs de date manifestes incluses dans ses réponses. Un ancien poilu de la dernière guerre se souviendra du rude hiver pendant lequel sa boule de pain était agrémentée à l’intérieur de petits diamants scintillants ; il sait que le vin a gelé dans les fûts, mais si vous lui demandez de préciser la date, vous le trouverez embarrassé pour fixer cette période de la mi-janvier à la mi-février 1917.

Un officier me parlait un jour des hivers de l’Est, indubitablement plus froids que ceux de la Normandie. Il citait avec admiration ce fait qu’une année on avait pu patiner pendant six semaines à Verdun. Renseignements précisés, il s’agissait du terrible hiver de 1895, qui fut général en Europe.

Les hommes de ma génération se souviennent des souffrances endurées à l’école ou en pension pendant le long hiver de 1890-1891. Les anciens vous parlent, avec une émotion d’ailleurs justifiée, du grand hiver de 1879-1880. Quant à celui de 1870-1871, l’Histoire se charge de le rappeler à la mémoire de tous les Français. A cette liste se borne la série des grands hivers subis depuis une cinquantaine d’années. Parmi les étés singulièrement secs et chauds, on citera 1893, 1911 et 1921.

De cette énumération, faut-il conclure que l’opinion du public n’est pas justifiée ? Nullement ; pour être exagérée, elle n’en renferme pas moins une grande part de vérité. Il est bien certain que nous tous avons conservé le souvenir des chutes de neige survenues pendant notre enfance ; or la jeune génération actuelle connaît à peine l’existence de ce phénomène atmosphérique. Les sociétés de patinage, fondées un peu partout, il y a une trentaine d’années, ont dû renoncer à demander une cotisation à leurs adhérents, la matière première nécessaire à leur noble jeu faisant défaut régulièrement tous les hivers.

J’ajouterai que, scientifiquement, la modification actuelle du climat est reconnue sans contestation possible. Lorsque, l’an dernier (1924), j’ai calculé les moyennes de température des cinquante premières années d’observation faites dans le Calvados, à Sainte-Honorine-du-Bay, j’ai constaté que la moyenne générale de l’année n’avait pas changé, mais que les moyennes calculées pour les quarante premières années étaient nettement relevées pour les mois d’hiver, et, par compensation, abaissées pour les mois d’été.

Nous avons traversé effectivement pendant une dizaine d’années une série d’hivers relativement doux, suivis de saisons estivales inférieures à la normale. Cette série va-t-elle continuer ? Je ne le pense pas ; il me paraît probable que, pendant une période d’une dizaine d’années en particulier, nous allons retrouver des hivers et des étés plus nettement marqués.

Les anomalies constatées actuellement dans les saisons correspondent à des irrégularités déjà notées précédemment et qui se reproduisent en général avec le même rythme. La terminaison hâtive de l’été n’a pas surpris les personnes qui étaient au courant de mes prévisions publiées par certains journaux.

Pour 1924, j’avais annoncé un été tardif et la période de beau temps est venue en septembre. L’année 1925 devait avoir un été précoce et nous avons joui d’un temps magnifique pendant le mois de juin. Astronomiquement nous sommes entrés dans l’automne.

Les quelques belles journées ensoleillées dont nous avons joui n’appartiennent plus à la saison chaude. Nous aurons des alternatives de journées pluvieuses et d’éclaircies. Mais dans son ensemble, la saison d’automne de 1925 sera normalement fraîche et pluvieuse.

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Responsabilité médicale. Condamnation, procès intentés par des patients à leur médecin. Justice et médecine

Responsabilité médicale. Condamnation, procès intentés par des patients à leur médecin. Justice et médecine | Histoire8 | Scoop.it
Responsabilité médicale. Condamnation, procès intentés par des patients à leur médecin. Justice et médecine.
Pat Lec's insight:

Observant en 1906 que les procès intentés à des médecins par des patients qui estimaient avoir à se plaindre de leurs soins, ne laissent pas de devenir fréquents, un journaliste du Petit Parisien s’attarde sur ce phénomène qui exigerait, selon lui et par prudence, de la part du corps médical, de s’en prémunir en acquérant quelques connaissances juridiques

 

Le docteur n’est plus le personnage intangible, à qui tout était permis, même d’aggraver l’état de son malade, pourvu que ses erreurs fussent commises avec quelque solennité, écrit notre chroniqueur. D’impertinents opérés et des égrotants mécontents osent raisonner sur leur cas, et n’hésitent pas à traîner l’homme de l’art devant les tribunaux — qui leur donnent parfois raison.


« Le comble de l’art du médecin : purger une condamnation »

A la vérité, les occasions où la responsabilité médicale est en jeu sont nombreuses et, souvent, les médecins ne s’en doutent pas. Dans la plupart des cas, les juges sont fort embarrassés, car il leur est difficile d’apprécier les circonstances où un traitement ou une opération peut-être incriminé. Le médecin a généralement agi selon sa conscience, et il y a parfois des hasards qui rendent une intervention heureuse ou malheureuse. En outre, il y a des lacunes dans les textes et la jurisprudence est pleine de contradictions.

On s’est souvent étonné qu’il n’existât pas un conseil de l’ordre des médecins — le journaliste écrit en 1906, cependant que l’Ordre n’a pas encore été créé —, comme il en existe un pour les avocats. Il étudierait avec compétence les différends qui se produisent, il indiquerait la suite à leur donner, il établirait des règles fixes, qui font défaut dans bien des circonstances, il se prononcerait avec autorité.

Je me souviens, ajoute notre chroniqueur, que, il y a une quinzaine d’années, un médecin des hôpitaux, le docteur Juhel-Renoy, réclamait déjà cette institution, comme devant être utile à la fois aux médecins et au public. Je ne sais quelles raisons en retardent l’établissement, alors que presque tout le monde est d’accord sur sa nécessité.

Cette responsabilité médicale a fait, récemment, l’objet d’une thèse de M. Paul Hatin, et c’est un sujet curieux par la diversité des litiges soulevés. C’est quelque chose comme l’étude des rapports — involontaires — entre la médecine et la justice. Le cas de refus de continuer les soins a donné lieu à quelques procès. On raconte qu’Alexandre le Grand (il avait la sentence expéditive, d’aventure) fit pendre le médecin Glaucus, qui avait abandonné son client Ethestion pour aller au théâtre.

La loi est moins sévère, aujourd’hui, mais elle impose au médecin la réparation du dommage causé par sa faite, si c’est volontairement qu’il n’a pas répondu à l’appel de son malade en danger. Il y a, sur ce point, des arrêts formels, ne faisant, d’ailleurs, que rendre les conceptions de l’ancien droit français. En 1903, un malade de l’hospice d’Auxonne, prouvant, qu’il avait été abandonné par le médecin, intenta coutre lui une action en dommages-intérêts et gagna.

L’erreur dans la rédaction d’une ordonnance a souvent eu des suites judiciaires. La cour d’Angers condamna un médecin à quinze jours de prison pour n’avoir pas pris la précaution d’indiquer un médicament était réservé à l’usage externe. Tel autre, par inadvertance, ayant écrit des grammes au lieu de dix gouttes de laudanum, fut poursuivi. L’année dernière, un médecin fut condamné à un mois de prison, à une amende et à des dommages-intérêts pour avoir indiqué, pour une pilule, la dose qui, dans sa pensée, s’appliquait à vingt pilules ; mais il avait eu, à cet instant, quelque distraction. Le tribunal estima, avec raison, qu’il y a des moments où l’on n’a pas le droit d’avoir des distractions.

Celles de chirurgiens « oubliant » soit un tampon de gaze, soit un bout de sonde dans l’intestin d’un opéré ont fait quelque bruit. Vainement Ies opérateurs soutinrent-ils que ce léger détail n’avait eu aucune importance et que les patients devaient mourir, de toute façon, d’un mal ne pardonnant point, la justice et l’opinion leur furent sévères.

En présence de certaines autres opérations, encore qu’ elles aient été de la boucherie, les juges hésitent. Tel accoucheur, se heurtant à une présentation de l’épaule, crut l’enfant mort et amputa successivement les deux bras : quand l’expulsion se produisit, l’enfant était vivant ! Dans un autre accouchement, le médecin, faute d’autres instruments sous la main, obligé de pratiquer la craniotomie sur l’enfant mort, se servit d’une aiguille à matelas, d’un ciseau et d’un marteau. La mère mourut trois jours après — ce qui n’est pas pour étonner...

Mais, là, on jugea que, devant des cas désespérés ou considérés comme tels par lui, le praticien avait l’excuse d’avoir au moins essayer de tenter quelque chose, fût-ce par une décision trop prompte ou avec des instruments de fortune...

L’intérêt de la science ne peut pas primer celui du malade. Certains procès montrèrent des pratiques essentiellement condamnables, comme le fait d’expériences d’inoculations d’un virus sur un malade. C’était là, évidemment, de la cruauté ; c’était abuser de la confiance d’un malheureux, ignorant à quelle épreuve il servait. Mais beaucoup plus fréquents, il faut le dire, sont les exemples (et il en est d’hier), où, bravement, les hommes de science expérimentèrent sur eux-mêmes. Là, il n’y a qu’à admirer.

II y eut des poursuites pour des autopsies prématurément faites, également dans un but scientifique. Bien que le fait soit rare, il y eut des débats soulevés à l’occasion d’une opération entreprise contre la volonté du malade. Il y en eut pour communication d’une maladie par un médecin, malade lui-même et, là, il semble y avoir un peu d’ironie :

Un procès assez singulier se déroula, récemment, à la cour d’appel de Lyon. Un médecin de Roanne injecta à son malade, qu’il voulait insensibiliser, deux grammes de cocaïne. Il l’insensibilisa si bien, en effet, que le pauvre être ne se réveilla plus. Une action fut intentée contre le médecin, qui fut d’abord condamné pour homicide par imprudence. En appel, il se référa à un passage d’un traité de chirurgie d’un maître, pourvu de tous les titres et de tous les honneurs officiels, où se trouvait cette formule. La cour l’acquitta. Un opérateur peut-il, cependant, abdiquer tout droit de contrôle ?

Je ne prends là que quelques exemples, poursuit le journaliste du Petit Parisien. Mais en combien d’autres circonstances la responsabilité du médecin peut-elle être mise en cause, à propos du secret professionnel, qui le met souvent dans de si délicates alternatives, à propos de certificats, à propos de déclarations d’épidémies, etc.

Entre parenthèses, le plus ancien procès intenté à un médecin, en France, paraît datée de 1427. Il avait donné à un malade un « breuvage » qui l’avait emporté. Ses juges, indulgents, se bornèrent à l’admonester « de ne plus faire ainsy à peine d’en estre grièvement puny ».

Les études médicales sont déjà bien longues et visent des sujets multiples. Cependant, M. Paul Hatin semble avoir raison quand il insiste sur la nécessité, pour les futurs médecins, d’acquérir quelques connaissances juridiques, dont ils peuvent avoir grand besoin, au cours de leur carrière...

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

DES GENERAUX DE LA GRANDE MUETTE CRITIQUENT OUVERTEMENT LE PRESIDENT ET GOUVERNEMENT... DU JAMAIS VU !!!

Défense : mensonge et mépris du gouvernement-- 

Dans une lettre ouverte titrée "Le déclin programmé de la défense de la France" , les généraux (2s) Marc Allamand et Jean-Pierre Soyard dénoncent .....etc...!!

Pat Lec's insight:

Dans une lettre ouverte titrée « Le déclin programmé de la défense de la France » , les généraux (2s) Marc Allamand et Jean-Pierre Soyard dénoncent l’attitude du gouvernement qu’ils résument en deux mots : mensonge et mépris.

 

Les politiques sont responsables des choix de défense du pays. C’est un principe démocratique qui ne se discute pas.

Mais rien ne justifie l’absence de transparence dans un domaine qui touche de manière fondamentale à la sécurité du Pays et à l’influence de la France dans le monde.
L’attitude du gouvernement est inacceptable. Elle peut se résumer en deux mots: mensonge et mépris.

Mensonge.
L’exercice du Livre Blanc est l’exemple caricatural de la manipulation de l’opinion publique et de l’exploitation abusive du statut des militaires.
Le pouvoir veut faire croire aux Français que, dans le cadre des contraintes financières actuelles,le budget qui sera alloué aux Armées est le résultat des conclusions des études sur le Livre Blanc.
Il permettra, affirme t-il , de satisfaire au mieux les capacités nécessaires pour affronter les risques et les menaces envisagés, malgré une nouvelle réductionimportante des forces conventionnelles.
Cette manière de présenter les décisions prises est scandaleuse. La réalité est tout autre. Les choix en matière de Défense relèvent du « Fait  du Prince », de la seule volonté du Président de la République qui a décidé de ne pas accorder de priorité budgétaire au ministère de la Défense et de sanctuariser,sans aucune concertation, la Dissuasion nucléaire.

Les réductions homothétiques de nos forces conventionnelles depuis plusieurs décennies, outre le fait qu’elles affaiblissent irrémédiablement leurs capacités, voire les fassent perdre, n’ont jamais été en concordance avec les L. P. M. les accompagnant, entraînant notre Défense vers un déclin programmé qu’il est grand temps de stopper, car il n’y a aucune raison que dans cinq ans on ne constate pas le même décalage.
Il ne faut pas tromper le peuple français:le Livre Blanc n’est qu’un exercice intellectuel destiné à « habiller »une décision politique prise depuis longtemps. Il convient ici de rappeler le scabreux exercice de communication auquel s’est livré le pouvoir, avec l’aide de Bercy et de quelques journalistes complices, pour faire croire que le budget de la Défense a été sanctuarisé par le Président de la République.

Mépris.
Il faudrait aussi cesser de considérer les militaires comme des citoyens de seconde zone ,qui n’auraient qu’à attendre les décisions, exécuter les ordres et surtout courber l’échine.
Il est vrai que nous sommes toujours enfermés dans les principes selon lesquels la hiérarchie militaire républicaine est soumise au devoir de réserve et doit se taire.

La réaction du chef d’état-major des armées, dès la sortie du Livre Blanc, est révélatrice de cet état de fait, comme le montrent ces extraits de son message aux armées:
.. »A partir d’une analyse de l’environnement géostratégique, des risques et des menaces pour notre défense et notre sécurité, ce document déterminant pour notre outil de défense définit l’ambition nationale et les moyens qu’y consacre notre pays…Les Armées …ont pris toute leur part dans cette actualisation  de notre stratégie de défense et de sécurité….Je sais, pour vous avoir rencontrés, en France comme sur nos théâtres d’opération, que vous saurez vous adapter aux exigences nouvelles. »…Fermez le ban!
Ce mépris est encore visible dans la manière où, au prétexte de recentrer les militaires sur le coeur de leur métier, le pouvoir va les dépouiller, dès cet été, et avec la complicité des contrôleurs généraux, de la politique de gestion et de l’administration de leur personnel comme celle du soutien et de la logistique générale des armées, pour les confier à des administrateurs civils. Ainsi, les militaires seront cantonnés définitivement dans un statut de pur technicien de l’affrontement armé, non maîtres des prises de décision sur le fonctionnement général de l’institution,et bien évidemment encore moins autorisés à se prononcer sur les grandes orientations stratégiques de notre Défense. Or, en matière de gestion, qui peut mieux connaître la spécificité du métier militaire et ses contraintes, que l’officier qui depuis le début de sa carrière côtoie ses soldats, marins et aviateurs? C’est la cohésion même de nos forces qui risque d’en être affectée.

Face à cette situation, de nombreux militaires, qu’ils soient en retraite ou en activité, estiment qu’il faut réagir avec la plus grande vigueur pour dénoncer ces nouvelles restructurations qui conduisent, de toute évidence, à affaiblir encore plus un outil déjà bien fragilisé par de nombreuses réformes non assimilées, et mènent à un irrémédiable déclassement de notre outil de Défense.

Ils en appellent à la responsabilité de nos députés et sénateurs qui devront demain voter la loi de programmation militaire (LPM) pour les années à venir.

Ou bien, ils choisiront de privilégier la sauvegarde de notre modèle social en acceptant le déclassement de notre Défense et la perte de l’influence de la France dans le monde, ce à quoi conduit le Livre Blanc, malgré le discours officiel cherchant à prouver le contraire.Ou bien, ils voteront courageusement, pour un budget annuel de 31,4 milliards d’euros, promis par le Président, mais en excluant les recettes exceptionnelles, tour de passe passe préconisé par Bercy, et se prononceront pour un rééquilibrage budgétaire entre les moyens consacrés à la dissuasion et les moyens conventionnels, ce qui, à l’évidence, nécessite un vrai débat.

Ce choix, doit permettre de renoncer à la suppression des 24000 postes supplémentaires avec leur cortège de restructurations coûteuses . Il donnerait aux armées une pause salutaire pour remédier au désordre administratif généré par les réformes successives ( Louvois, Bases de défense) et préserverait le moral de nos soldats dont l’exaspération a atteint des limites proches de l’explosion.

En restant dans l’enveloppe financière définie par le président pour tenir compte de la crise, en attendant qu’un retour de la croissance permette de meilleures perspectives, cet effort est d’abord un geste de justice vis à vis de ceux qui servent leur pays jusqu’au sacrifice suprême, en leur donnant les moyens de remplir leur mission, c’est également la manifestation de la volonté de maintenir un outil industriel de défense français performant, et enfin un signe fort adressé par la France à la communauté internationale, de sa volonté d’assumer pleinement ses responsabilités.

Général (2S) Marc ALLAMAND et Général (2S) Jean Pierre SOYARD.

http://www.armee-media.com/wp-content/uploads/2013/05/D%C3%A9clin-programm%C3%A9-de-la-D%C3%A9fense-1.jpg

 

 ET 

 

http://www.armee-media.com/wp-content/uploads/2013/05/D%C3%A9clin-programm%C3%A9-de-la-D%C3%A9fense-2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Créer la grande famille des peuples

Créer la grande famille des peuples | Histoire8 | Scoop.it

Enluminure des Évangiles syriaques de Rabula, folio 14v, VIe siècle.

Pat Lec's insight:

À l’occasion de la Pentecôte, j’aimerais réfléchir sur le Souffle qui a inspiré Jean XXIII et qui continue de faire irruption dans notre monde comme un vent décoiffant, je dirais même plus, comme un vent d’ouragan.

     Il y a 50 ans, le 11 avril 1963, Jean XXIII adressait aux catholiques ainsi qu’« à tous les hommes de bonne volonté » une lettre circulaire intitulée « Paix sur terre » (Pacem in Terris) [1]. Dans une période particulièrement troublée par l’affrontement des deux superpuissances, l’URSS et les États-Unis, le monde vivait avec la menace d’un affrontement nucléaire apocalyptique. Le pape Jean déclarait alors avec une audace prophétique : « Enfin l’humanité, par rapport à un passé récent, présente une organisation sociale et politique profondément transformée. Plus de peuples dominateurs et de peuples dominés; toutes les nations ont constitué ou constituent des communautés politiques indépendantes. » (§42) L’encyclique nous incitait à penser l’humanité comme une seule et grande famille, où les personnes et les peuples ont des droits et des devoirs.

Un souffle créateur plane sur le chaos

     La Bible s’ouvre ainsi: « ENTÊTE Elohîm créait les ciels et la terre, la terre était tohu-et-bohu, une ténèbre sur les faces de l’abîme, mais le souffle d’Élohim planait sur les faces des eaux. » (Genèse 1,1 selon la traduction de Chouraqui [2])

     Dans une grandiose inclusion, le livre de la Révélation de Jean, le dernier livre de la Bible, se conclut également sur une nouvelle création : « Je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle. Car, le premier ciel et la première terre s’en sont allés, et la mer n’est plus. »(Ap 21,1)

     Le message central de la Bible nous invite à créer un monde juste. La création surgit toujours d’un chaos, d’un tohu-bohu, d’un « cul par-dessus tête », de ténèbres de corruption et de collusion, de tsunamis d’injustices et d’oppressions, de séismes de guerres et de violences qui emportent des millions de vie. La création commence aujourd’hui et elle nous est confiée; elle est la responsabilité d’êtres humains dotés de Souffle. La Genèse ne nous parle pas du passé de la terre et des ciels, elle nous parle de nous, de notre chaos présent. Le prophète Isaïe décrit bien en quoi consiste la création nouvelle au milieu de nos déboires et de nos corruptions.  Il montre comment sortir du chaos qui enveloppe les peuples de ténèbres. « Quel est le jeûne que je veux? C’est briser les chaînes du crime, délier le harnais et le joug, renvoyer libre l’opprimé et déposer le joug, partager ton pain avec l’affamé, ramener chez toi le pauvre des rues, couvrir celui que tu vois nu… alors jaillira ta lumière… tu seras un jardin bien trempé, un jaillissement d’eaux, d’eaux qui ne mentent pas, tu rebâtiras sur les ruines de jadis. » (Is 58,6-8.11) Le prophète annonce à sa génération la réalisation d’un Éden nouveau, jardin de vie et ville restaurée dans la pratique de la justice.

Les dix Paroles sur le Sinaï : la charte de la liberté humaine

     La fête des semaines (Shabou’ot en hébreu), célébrée cinquante jours après la Pâques, nous rappelle l’alliance de Dieu avec son peuple et le don de la Torah. La scène est impressionnante. Le mont Sinaï est plongé dans une épaisse fumée et toute la montagne tremble énormément. (Ex 19,18-19) Moïse rencontre YHWH dans ce nuage sombre; il y a du tonnerre, des éclairs, des bruits de trompette. Il parle et YHWH lui répond de sa voix. La horde d’esclaves sortis d’Égypte rencontre enfin YHWH qui les a libérés et en scellant une alliance, ils deviennent un peuple. « Je suis YHWH ton Dieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison des asservis. » (Ex 20,2) Pas un dieu des puissants de ce monde, pas un dieu des temples royaux ou protecteur de l’empire (In God we trust inscrit sur le dollar ou Gott mit Uns sur les étendards nazis), mais l’Unique YHWH qui libère les esclaves, un YHWH qu’on ne peut contrôler, dont on ne sait ni le nom, ni à quoi il ressemble. La Pentecôte juive est un évènement fondateur du monde nouveau, dont l’initiative revient à un Dieu personnel et aimant qui établit une alliance avec l’humanité. Ces Dix Paroles sont la charte de la liberté humaine, le don de Dieu pour une humanité libérée. En mots contemporains, elles pourraient se résumer ainsi :

Sois fidèle à ton YHWH.

Ne te fais pas un dieu à ton image.

N’utilise pas YHWH pour servir tes intérêts et exploiter les autres.

Laisse la terre et les gens se reposer : mets une limite à tes ambitions.

Sois respectueux de ta famille.

Ne méprise pas la vie humaine par la violence.

Honore ton engagement amoureux.

Ne méprise pas les biens de la communauté : sois honnête.

Ne méprise pas les institutions de la communauté : sois vrai.

N’essaie pas de t’emparer de la vie ni des biens des autres.

     André Chouraqui nous rappelle que « les Dix Paroles d’adressent à l’humanité entière du fait même qu’elles résument en quelques phrases la condition humaine et les conditions de survie de l’humain qui est en l’homme. Nul ancrage géographique précis, nulle cité, comme si le Décalogue, bien loin de provenir d’un pays précis, devait devenir patrie de l’homme. » Il poursuit : « Aujourd’hui, l’humanité arrive à un point où la plupart des principes du Décalogue sont intégrés par les appareils législatifs et judiciaires, au niveau national et international. Mais jamais les hommes n’ont été plus éloignés de leur application. Les progrès de la technologie et la réduction des distances entre les hommes ont décuplé les capacités de nuire que les Dix Paroles s’étaient efforcées de contrôler et de canaliser. » [3]

La Pentecôte de l’Église, l’alliance renouvelée.

     Le récit de la première Pentecôte de l’Église, racontée par Luc dans le deuxième chapitre des Actes  d’Apôtres, s’éclaire par ces textes de la Bible hébraïque : « lorsque s’est accomplie la Pentecôte… » (Actes 2), c’est-à-dire 7 fois 7 semaines après Pâques, un cycle qui rappelle l’année jubilaire, appelée année de grâce, où toutes les dettes étaient pardonnées et où l’on procédait à une redistribution des terres dans tout Israël. La Pentecôte a besoin de temps pour advenir, un temps où l’on apprivoise la liberté et où l’on est parfois nostalgique de l’esclavage en Égypte. Leonardo Boff fait le commentaire suivant : « Il est plus facile de faire sortir les esclaves d’Égypte que de sortir l’Égypte de la tête des esclaves. » Par exemple, quand nous observons le printemps arabe dans différents pays, nous constatons que ces peuples qui ont réussi à « renverser les puissants de leur trône » avec grand enthousiasme et courage, cherchent maintenant à tâtons comment donner forme politique à une société fragilisée. Il leur faudra, comme les esclaves libérés d’Égypte, faire l’expérience du désert avec des avancées et des reculs, avant de trouver la Constitution qui sauvegardera à jamais leur liberté. Mais ils parviendront un jour à la terre promise.

     Lors de la première Pentecôte sur le Sinaï, Moïse était seul à parler avec YHWH; dans la salle où est réunie l’Église, environ cent vingt disciples de Jésus, femmes et hommes, vieillards et enfants reçoivent le Souffle divin dans une mise en scène qui rappelle celle de l’Exode. Vent violent et grand bruit, langues de feu qui tombent du ciel et se répartissent sur chacun d’elles et d’eux.  Pierre relit l’évènement à la lumière de la prophétie de Joël, dans laquelle YHWH déclare : « Je répandrai de mon Souffle sur toute personne. Alors vos fils et vos filles prophétiseront. Les plus jeunes auront des visions et les anciens feront des songes. Oui, durant ces jours, je verserai mon Souffle sur mes serviteurs et mes servantes. Ils et elles seront prophètes. » (Joël, 3,1-5) Moïse l’avait prédit à Josué dans le désert : « Puisse le peuple entier de YHWH être prophète. Puisse YHWH mettre son Souffle sur eux. » (Nb 11,29)

     Ce même Souffle divin qui planait sur le chaos est répandu désormais sur les disciples de Jésus pour que la Parole créatrice puisse faire con œuvre « jusqu’aux confins de la terre. » (Ac 1,8) « Un souffle du Seigneur est sur moi : par lui j’ai été distingué pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Mandé par lui, je déclare aux prisonniers leur relaxe, aux aveugles qu’ils verront à nouveau, aux opprimés qu’ils seront pardonnés. » (Lc 4,18)

     Le souffle, c’est le vent, doux comme la brise ou violent comme le typhon; c’est la respiration, l’air qui s’infiltre en nous. En YHWH, le Souffle est énergie donneuse de vie; ce Souffle maintient dans l’être et l’existence tout être vivant, microbe ou dinosaure, tout ce qui vole, rampe, marche, grimpe ou nage. Ce Souffle ne cesse de créer; il est plus intime à nous que nous même. Il inspire le cosmos,  l’humanité entière; il insuffle son dynamisme, son énergie créatrice sur tout peuple, toute nation, toute langue, toute religion. Il souffle sur le chaos de notre monde, de l’intérieur.

     Jean XXIII, dans sa lettre circulaire Pacem in Terris était possédé par ce Souffle quand il s’adressait à la grande famille humaine. En continuité avec l’enseignement de son prédécesseur, le pape François écrit : « Jamais l’humanité n’a eu, comme aujourd’hui, la possibilité de constituer une telle communauté mondiale, solidaire et avec autant de facettes. D’un autre côté, l’indifférence face aux déséquilibres sociaux croissants, l’imposition unilatérale de valeurs et de coutumes par une poignée de cultures, la crise écologique et l’exclusion de millions d’êtres humains des bénéfices du développement, font sérieusement douter des bienfaits de cette mondialisation. La création d’une famille humaine solidaire et fraternelle continue, dans ce contexte, d’être une utopie. » [4]

     Que le Souffle de Jésus nous envahisse comme un feu dévorant, lui qui a dit : « Le feu ! Je suis venu le jeter sur la terre ; combien je voudrais qu’il soit déjà allumé. » (Lc 12,49). Jean le baptiste nous avait prévenus : « Lui, il vous plongera dans le Souffle sacré et le feu. » (Lc 3,16) Je nous souhaite une fougueuse Pentecôte !

[1] Pacem in Terris – Paix sur la terre, relecture engagée dans le Québec d’aujourd’hui, par un collectif d’auteurs sous la direction de Gregory Baum, Pax Christi, chez Novalis, 2013, 133 pages.

[2] Ce texte est cité dans la traduction de la Bible par André Chouraqui; ailleurs dans cet article, j’utilise la traduction de Bayard et Médiaspaul (2001)

[3] Les dix commandements aujourd’hui, André Chouraqui, Robert Laffont, Paris 2000, p 24

[4] Je crois en l’homme – Conversations avec Jorge Mario Bergoglio, Flammarion, 2013, p.203

Source:

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Pape François : Pour évangéliser, construisez des ponts pas des murs ! - Aleteia

Pape François : Pour évangéliser, construisez des ponts pas des murs ! - Aleteia | Histoire8 | Scoop.it
C’est un véritable vade-mecum de l’évangélisateur que le Pape a proposé le 8 mai, lors de son homélie.
Pat Lec's insight:

« L’Eglise ne grandit pas dans le prosélytisme ! Benoît XVI nous l’a dit. Mais elle grandit par attraction, par le témoignage, par la prédication », a souligné le pape François lors de sa messe du matin à la Maison Sainte-Marthe, ce mercredi 8 mai, en évoquant l’attitude du « bon évangélisateur ».
 
Le pape célébrait la messe en présence d’un groupe d’employés des Services généraux du Gouvernorat et de la Chancellerie du Tribunal de l’Etat de la cité du Vatican. Il leur a expliqué, avec force exemples et détails, l’attitude que doit avoir un chrétien pour annoncer Jésus-Christ autour de lui, et qu’il soit « accepté, reçu et non rejeté ».
 
Pour cela, il a cité l’exemple « courageux » de l’apôtre Paul qui a annoncé Jésus Christ aux peuples idolâtres, sans les juger ou les condamner mais en essayant de « toucher leurs cœurs » -sans leur dire : « Idolâtres ! Vous irez en enfer...» - mais en cherchant à dialoguer avec eux.
 
 C’est en cela, a-t-il ajouté, que « Paul est un pontife, un constructeur de ponts », et non « un constructeur de murs ».  C’est  cette même attitude qui est demandé aujourd’hui aux chrétiens, a-t-il ajouté, car « Jésus n’a exclu personne. Il a construit des ponts, non des murs » et « son message de salut s’adresse à tout le monde ».
 
Mais si Paul agit ainsi c’est « parce qu’il est sûr de Jésus Christ, ne doute pas de lui », a expliqué le pape. Ainsi les chrétiens qui, aujourd’hui, « ont peur de lancer des ponts et préfèrent construire des murs », sont « des chrétiens qui ne sont pas sûrs de leur foi, qui ne sont pas sûrs de Jésus Christ. Et ils se défendent »… en érigeant des murs.
 
« Le chrétien qui veut  transmettre l’Evangile,  doit aller dans cette direction : écouter tout le monde ». « C’est une bonne période dans la vie de l’Eglise », a-t-il insisté. A ses yeux, en effet, notre époque se prête mieux à un tel exercice que ce n’était le cas il y a 50 ou 60 ans.
 
Le pape François se souvient en effet : « Quand j’étais enfant, on entendait dans les familles catholiques,  y compris dans la mienne : ”Non, on ne peut pas aller chez tels gens, parce que, pour l’Eglise,  ils ne sont pas mariés … Eh bien ! C’était comme une exclusion. Non, on ne pouvait pas y aller ! Ou bien encore parce qu’ils étaient socialistes ou athées, on ne pouvait pas y aller. A présent, grâce à Dieu, non, on ne le dit plus ».
 
Paul montre quel est le chemin à suivre pour évangéliser, et comment il doit être entrepris  avec courage.  Quand l’Eglise perd ce courage apostolique, a relevé le pape François, elle devient « une Eglise à l’arrêt », une Eglise « ordonnée, belle mais sans fécondité, car elle a perdu le courage d’aller dans les périphéries, là où il y a de très nombreuses personnes victimes de l’idolâtrie, de la mondanité, de la pensée faible ».
 
« Alors demandons à saint Paul qu'il nous donne ce courage apostolique », a exhorté le pape, « cette ferveur spirituelle, cette sûreté ». Et si la peur de nous tromper constitue un frein, a-t-il recommandé, il faut nous dire que l’on peut se tromper mais ensuite se relever et continuer à aller de l’avant.
 
« Ceux qui ne marchent pas par peur de se tromper,  a-t-il conclu, sont encore ceux qui se trompent le plus gravement ».
 
 

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Vatican

Vatican | Histoire8 | Scoop.it

Dans le cadre de l’Année de la foi, ce rendez-vous consacré aux associations et groupements de laïcs rassemblera au Vatican plus de 120.000 personnes, issues de plus de 150 mouvements. Il se déroulera à Rome les 18 et 19 mai célébrant ainsi la Pentecôte autour du pape François.

Pat Lec's insight:
 120.000 laïcs fêtent la Pentecôte avec François

Dans le cadre de l’Année de la foi, ce rendez-vous consacré aux associations et groupements de laïcs rassemblera au Vatican plus de 120.000 personnes, issues de plus de 150 mouvements. Il se déroulera à Rome les 18 et 19 mai célébrant ainsi la Pentecôte autour du pape François.

La rencontre avec le pape, le 18 mai, donnera lieu à l'expression de témoignages, dont celui de Paul Batthi, conseiller du premier ministre pakistanais pour les minorités religieuses qui a succédé à son frère, Shahbaz, ministre assassiné en mars 2011. Un autre témoignage sera celui de l’Irlandais, John Waters, un journaliste récemment converti. Ensuite, le pape François répondra en improvisant à des questions posées par plusieurs participants. Le lendemain matin, le 19 mai, il célèbrera la messe de la Pentecôte.
Ces deux journées dédiées à la rencontre, la prière, le partage et l’écoute entendent aider les mouvements de laïcs à vivre avec force et motivation le chemin de la nouvelle évangélisation. Les noms, les méthodes et les instruments qui expriment la richesse de l’Esprit-Saint peuvent varier, mais la finalité est identique: porter la joie de l’Evangile à chacun.

Apic/SB

Caritas ou la caresse de l'Eglise, selon le pape

« Une Église sans la charité n’existe pas », a déclaré le pape François lors d’une rencontre avec les membres de Caritas Internationalis. Il a qualifié le mouvement « d’institution de l’amour de l’Eglise ». 

« La charité est la caresse de l’Église ». Ces mots ont été adressé par le souverain pontife lors d’une rencontre avec le cardinal Oscar Maradiaga, président de Caritas Internationalis, accompagné de Michel Roy, secrétaire général et des membres du comité exécutif de l’organisme. Le pape a défini Caritas comme « l’institution de l’amour de l’Église ». Pour lui, Caritas a une double dimension : « l’action sociale, au sens le plus large », et aussi la dimension « mystique, insérée dans le cœur de l’Église ».

Profitant de l’occasion, le pape François a livré son analyse de la crise actuelle : « Il ne s’agit pas seulement d’une crise économique, ni d’une crise culturelle, ni d’une crise de la foi. C'est une crise dans laquelle l’homme est celui qui souffre des conséquences de l’instabilité. C’est aujourd'hui la personne humaine elle-même, la chair du Christ, qui est en danger. Et le travail de la Caritas, c’est d’en rendre compte ».

Le Saint-Père a mis en exergue le déséquilibre au niveau des investissements financiers. Il a rappelé qu’« à côté des grandes réunions internationales, on meurt de faim », tout en dénonçant « une culture consumériste, qui gaspille, mais aussi qui ne respecte pas les enfants, les personnes âgées, les personnes marginalisées ».

Enfin, le pape a également évoqué la spiritualité de la Caritas, « spiritualité de la tendresse alors que l’Église la met souvent de côté ». Et d’ajouter : « L'Église, lorsqu'elle est devenue trop sérieuse, c’est-à-dire lorsqu'elle a oublié la caresse et la tendresse, a toujours connu des dérives, est devenue sectaire, a connu l'hérésie ».

D’après La Croix

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

3 numéros des "Guides du patrimoine chrétien"

3 numéros des "Guides du patrimoine chrétien" | Histoire8 | Scoop.it
D’où viennent les scènes qui représentent la Vierge ?

Quell est la part du vrai et du légendaire dans les fêtes de Noël ?

A quoi reconnait-on un 
Pat Lec's insight:

D’où viennent les scènes qui représentent la Vierge ?

Quell est la part du vrai et du légendaire dans les fêtes de Noël ?

A quoi reconnait-on un apôtre dans l’art ?

Ces interrogations avancées par Emmanuel Bellanger, directeur du comité de rédaction de Narthex, introduisent les 3 numéros hors série Narthex, issus de la collection "Les guides du patrimoine chrétien" éditée par Pèlerin.

Ces 3 opus donnent des repères techniques et artistiques au public pour mieux comprendre les oeuvres d’art inspirées de la bible afin d’en saisir mieux le sens et les admirer davantage.

Ainsi, les sculptures, les vitraux, les peintures...qui ornent les édifices cultuels et les musées pourront nous éclairer sur un contexte de création artistique, une démarche artistique ou encore une approche liturgique de l’oeuvre.

« Reconnaître les Apôtres dans l’art » ; « Reconnaître la Vierge Marie dans l’art » et « Reconnaître la Nativité dans l’art » sont les trois premiers opus d’une grande collection.

Ces guides pédagogiques, au format pratique, proposés à 5 €, ont pour ambition d’être accessibles au plus grand nombre.

Vous pourrez trouver en librairie religieuse ainsi que sur le site de la boutique en ligne de Bayard l

Pour en savoir plus

Le site internet Narthex

 

 

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

De Babel à la Pentecôte

La liturgie de l’Eglise tient particulièrement en honneur la fête de la Pentecôte qui clôt le cycle pascal.

La Pentecôte ne peut se comprendre qu’à 
Pat Lec's insight:

La liturgie de l’Eglise tient particulièrement en honneur lafête de la Pentecôte qui clôt le cycle pascal.

La Pentecôte ne peut se comprendre qu’à partir du récit de la tour de Babel. En effet, les Actes des apôtres (Ac 2, 1 - 11) nous apportent la clef du texte de la Genèse Gn 11,1-9.

Dans le cas de Babel, les hommes veulent se suffire à eux-mêmes. Leur orgueil est à la source de la rupture avec Dieu cela entraine la confusion dans le langage de toute la terre et la dispersion des hommes.

« Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent remplis de l’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit. » Actes des Apôtres 2, 1 – 11.

La Pentecôte est le signe que par le Christ, Sauveur de tous les hommes, l’Esprit est donné à l’humanité entière. Il n’y a plus de frontière entre les peuples. Les langues se délient et chacun peut recevoir le message du Christ. La fête de la Pentecôte nous appelle nous aussi à annoncer l’évangile, non seulement à l’intérieur de l’Eglise mais aussi au delà de ses structures et ses institutions, elle nous appelle à annoncer la Bonne Nouvelle pour que chacun puisse réaliser qu’il est aimé de Dieu. La Pentecôte apporte une dimension universelle.

Le don de l’Esprit réconforte et fortifie. Lors d’un danger, l’homme a tendance à se refermer sur lui-même comme Babel l’exprime de façon symbolique. La Pentecôte suscite une réaction inverse, l’homme n’est plus seul face à une situation.

C’est pourquoi, dans la liturgie de Pentecôte, l’Eglise demande : « Dieu tout-puissant, comme au jour de la Pentecôte, que le Christ, lumière de lumière, envoie sur ton Eglise l’Esprit de feu : qu’il éclaire le cœur de ceux que tu as fait renaître, et les confirme dans ta grâce. » (collecte de la messe de la veille au soir).

Babel est renversé par une Eglise vivante. La foi et l’espérance nous ouvrent et nous appellent à une vie de charité et de communion.

L’Eglise, communauté de membres renés de l’eau et de l’Esprit saint par les sacrements de l’Initiation chrétienne, est révélée au monde à la Pentecôte. L’Esprit reçu à la Pentecôte est fondateur.

B. Catton

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Sans la charité, pas de 'saveur chrétienne' - Zenit

Sans la charité, pas de 'saveur chrétienne' - Zenit | Histoire8 | Scoop.it
Sans la charité, pas de 'saveur chrétienne' Canonisation de plus de 800…
Pat Lec's insight:
Sans la charité, pas de "saveur chrétienne"Canonisation de plus de 800 nouveaux saints

Anita Bourdin

 ROME, 12 mai 2013 (Zenit.org) - "Fidélité au Christ et à son Evangile, pour l'annoncer par la parole et par la vie": ces expressions reviennent deux fois dans l'homélie du pape François qui a canonisé ce matin les premiers saints de son pontificat: une foule de plus de 800 baptisés qui ont vécue entre le 15e et le 20e siècle, d'Italie et d'Amérique latine. Il a aussi souligné que sans la charité, même le martyre et la mission "perdent leur saveur chrétienne".

 


Commencée vers 9 h30, place Saint-Pierre, la célébration ne s'est achevée pour le pape François qu'à 12 h 30 après un long tour de la place Saint-Pierre sur la Mercedes tout terrain découverte blanche, jusque dans la rue de la Conciliation, pour permettre à la foule de saluer le pape de plus près: sur son parcours, il a embrassé les enfants et les malades (cf. les albums photo de la célébration et du tour de la place sur la page Facebook de Zenit, agence d'information, site officiel).

Ces nouveaux saints viennent d'Italie, de Colombie et du Mexique: Antonio Primaldo et ses 800 compagnons, martyrs à Otrante, sur la côte adriatique († 1480), après la prise de la vielle par les Ottomans; Laura Montoya y Upegui (1874-1949), vierge, fondatrice de la Congrégation des Missionnaires de la bienheureuse Vierge Marie Immaculée et de sainte Catherine de Sienne, "mère spirituelle des populations indigènes", première sainte native de Colombie;  et Maria Guadalupe García Zavala (1878-1963), "Madre Lupita", vierge, co-fondatrice de la Congrégation  des Servantes de Sainte Marguerite-Marie et des pauvres, ange des malades.


Le pape a souligné que sans le "témoignage de la charité", particulièrement incarné par les deux fondatrices, "même le martyre et la mission perdent leur saveur chrétienne".

"Chers amis, a exhorté le pape, dans le sillage des martyrs d'Orante, conservons la foi que nous avons reçue et qui est notre vrai trésor, renouvelons notre fidélité au Seigneur, même au milieu des obstacles et des incompréhensions. Dieu ne nous laissera jamais sans la force et la sérénité. "


Il a invité à intercéder pour les chrétiens persécutés aujourd'hui: "Demandons à Dieu de soutenir tant de chrétiens qui, justement à notre époque et dans tant de parties du monde, souffrent encore des violences, et qu'il leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien".


Evoquant le charisme de la première sainte de Colombie, le pape a fait souligné que "sainte Laura Montoya a été un instrument d'évangélisation tout d'abord comme institutrice puis comme mère spirituelle des indigènes en qui elle a infusé l'espérance en les accueillant avec cet amour appris de Dieu, et en les conduisant à Lui avec une pédagogie efficace qui respectait sa culture et ne s'opposait pas à elle". 


Un témoignage de la vie qui se poursuit aujourd'hui. "Ses filles spirituelles", a expliqué le pape, forment "comme une avant-garde de l'Eglise" parce qu'elles "vivent aujourd'hui l'Evangile et l'apportent dans les lieux les plus reculés et qui en ont le plus besoin".

Le pape a tiré de la vie de la fondatrice cet enseignement à la communion : "Cette première sainte née sur la belle terre colombienne nous enseigne à être généreux avec Dieu, à ne pas vivre la foi de façon solitaire - comme si c'était possible de vivre la foi de façon isolée - mais à la communiquer, à rayonner de la joie de l'Evangile par la parole et par le témoignage de la vie là où nous nous trouvons."


Plus encore, le pape a souligné que son exemple est un remède pour les tentations d'aujourd'hui: "Elle nous enseigne à voir le visage de Jésus reflété sur l'autre, à vaincre l'indifférence et l'individualisme, en accueillant chacun sans préjugés ni réticences, avec un amour authentique, en leur donnant le meilleur de nous-mêmes et, surtout, en partageant avec eux ce qui est notre bien le plus précieux: le Christ et son Evangile."

Quant à la sainte Mexicaine, "Madre Lupita", le pape a souligné son engagement pour les malades et le pauvres en des termes très frappants: "En renonçant à une vie confortable, pour suivre l'appel de Jésus, elle enseignait à aimer la pauvreté, pour pouvoir aimer les pauvres et les malades. Mère Lupita s'agenouillait sur le sol de l'hôpital, devant les malades et les abandonnés pour les servir avec tendresse et compassion. Mère Lupita avait compris ce que signifie "toucher la chair du Christ". "


Le président colombien Juan Manuel Santos Calderon a participé à la célébration et il a salué le pape au terme de la messe, ainsi que Mme Anna Maria Cancellieri, ministre de la Justice, pour représenter l'Italie [le gouvernement s'est retiré pour travailler, dans la campagne siennoise, à l'abbaye de Spineto], et M. Roberto Herrera Mena, représentant le Mexique. De nombreuses personnalités locales ont aussi participé à la messe ainsi que des membres des familles spirituelles des nouvelles saintes.

Avant le Regina Coeli, le pape a aussi longuement salué les cardinaux, les évêques et le prêtres venus pour ces canonisations.

Source www.zenit.org

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

La magnifique panthère nébuleuse des îles de Taïwan s’est définitivement éteinte…

La magnifique panthère nébuleuse des îles de Taïwan s’est définitivement éteinte… | Histoire8 | Scoop.it
Après des années de recherches, le bilan de ces chercheurs est formel : la panthère nébuleuse s'est éteinte des îles de Taïwan.
Pat Lec's insight:

 

HUMANITE DE MERDE !!!

 

 

Après des années de recherches, le bilan de ces chercheurs est formel : la panthère nébuleuse s'est éteinte des îles de Taïwan. Un constat alarmant pour cet animal jugé comme l'un des plus beaux vivant encore sur notre planète. 

Il aura fallu 13 ans à cette équipe de chercheurs internationaux pour en venir à cette conclusion. Lapanthère nébuleuse, animal vivant dans les forêts d'Asie du Sud-Est, s'est éteinte des îles de Taïwan. Malgré les heures passées à attendre un signe de vie grâce aux caméras infrarouge installées dans les forêts (car l'animal se déplace en majeur partie la nuit, ce qui rend son observation difficile), la bête ne s'est jamais montrée.

Bien qu'elle soit protégée, la panthère nébuleuse est une espèce très prisée des braconniers notamment pour sa fourrure bien particulière et ses os utilisés dans la médecine chinoise. La difficulté à capturer cet animal ne faisait pas penser aux biologistes que l'espère soit un jour capable de disparaître. Seulement voilà, aucune empreinte n'a été retrouvée et rien n'indique qu'il puisse encore y en avoir dans cette région du monde. On estime qu'il reste 10 000 félins de cette espèce sur Terre. 

Célèbre pour être le félin à avoir les canines les plus longues proportionnellement à sa taille, la panthère nébuleuse n'aura donc pas su échapper aux braconniers et à la déforestation. Pensez-vous que l'on devrait renforcer la protection des animaux en voie de disparition et être plus sévère envers les acteurs qui ne respectent pas ces lois ?

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

14 cartes pour la fête des mères qui vont toucher votre maman du fond du coeur

14 cartes pour la fête des mères qui vont toucher votre maman du fond du coeur | Histoire8 | Scoop.it
La fête des mères approche à grand pas et vous n'avez toujours rien préparé ? Mais que faîtes-vous donc ? Heureusement que DGS est toujours là pour vous inspirer :) ! Voici de magnifiques cartes pour que votre maman soit aux anges

1.
Pat Lec's insight:

La fête des mères approche à grand pas et vous n'avez toujours rien préparé ? Mais que faîtes-vous donc ? Heureusement que DGS est toujours là pour vous inspirer :) ! Voici de magnifiques cartes pour que votre maman soit aux anges

 

1. Pour les mamans cools (mais qui ne savent pas danser)

"La maman la plus cool ! Sauf pour tes pas de danses..."

 

2. Pour les chiens

"Je suis content que tu sois ma maman"

 

3. Pour les mamans qui ont toujours raison

"Maman, tu avais raison ! Signé ...."

 

4. Pour les mamans qui ont un enfant préféré

"De ton fils préféré à ma maman préférée, joyeuse fête des mères"

 

5. Pour les mamans homosexuelles

"Avoir deux mères c'est mieux que d'en avoir qu'une seule"

 

6. Pour les mamans fashions

"Je suis si heureuse, je suis comme toi ! Joyeuse fête des mères"

 

7. Pour les mamans sadiques

"Maman, merci de ne pas m'avoir laissé quelque part dans un panier"

 

8. Pour les mamans soigneuses

"Merci pour l'ascenseur"

 

9. Pour les mamans avec des lunettes

"Je n'ai pas besoin d'une paire de lunette pour voir à quel point tu es géniale, joyeuse fête des mères"

 

10. Pour les mamans géniales

"Maman tu es une râpe à fromage" (un jeu de mot ici : grate = râpe à fromage / great = géniale)

 

11. Pour les mamans fans de tatouages

 

12. Pour les mamans fans de 3D au cinéma

"Tu es la meilleure mère du monde"

 

13. Pour les MILB

"Tu es une MILB, mère que je voudrai être"

 

14. Pour les premières mamans

"Joyeuse première fête des mères à ma merveilleuse maman !"

 

On espère que cette série d'images vous a inspiré ! Qu'est ce que vous allez offrir à votre mère ? A la rédaction, on est un peu en panne d'idées, donc si vous avez des choses à partager avec nous et les autres lecteurs, n'hésitez pas !

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

2500 ans d'Histoire, de la Perse à l'Iran

2500 ans d'Histoire, de la Perse à l'Iran | Histoire8 | Scoop.it
2500 ans d'Histoire De la Perse à l'Iran L'Iran, autrefois connu sous le nom de Perse, a donné naissance il y a 2500 ans au premier empire à vocation universelle. Depuis lors, les plateaux iraniens...
Pat Lec's insight:

 

2500 ans d’Histoire, de la Perse à l’Iran 

L’Iran, autrefois connu sous le nom de Perse, a donné naissance il y a 2500 ans au premier empire à vocation universelle.

Depuis lors, les plateaux iraniens, admirablement situés entre le monde méditerranéen, les Indes et l’Extrême-Orient, ont abrité des civilisations du plus extrême raffinement, qui ont fécondé le monde entier et n’ont rien à envier à l’Orient ni à l’Occident.

À la différence de leurs voisins, les Iraniens ne souffrent d’aucune frustration à l’égard de l’Occident. Ils n’ont de «revanche» à prendre sur personne, sinon sur les trublions cupides qui ont tenté depuis la Seconde Guerre mondiale de s’approprier leurs réserves pétrolières…

Une forteresse naturelle

L’Iran se caractérise par l’altitude. C’est une forteresse naturelle qui domine à plus de 600 mètres de haut les plaines de la Mésopotamie, de l’Indus et de la mer Caspienne.

Les plateaux iraniens, très arides, sont bordés au nord par la magnifique chaîne enneigée de l’Elbourz et à l’ouest par les montagnes du Zagros. Les habitants se concentrent sur les versants de ces montagnes, en bordure du désert.

Vaste comme trois fois la France (1,6 million de km2), l’Iran compte un peu plus d’habitants qu’elle (70 millions).

Comment  peut-on être Persan ?

L’Iran tire son nom des Aryens, autrement dit des peuples de langues indo-européennes qui occupèrent au IIe millénaire avant JC le nord de l’Inde, l’Europe et lesdits plateaux iraniens.

Les Perses sont l’un de ces peuples iraniens. Ils occupent une région méridionale (autrefois Pârsa ou Perside, aujourd’hui Fars). Ils se sont fait connaître des Grecs et par voie de conséquence des Occidentaux à la faveur des conquêtes de Cyrus. D’où le nom de Perse longtemps donné à l’ensemble du pays. En 1935, le shah a imposé à la communauté internationale de ne plus l’employer et de lui préférer Iran.

La langue des Perses, le persan (farsi dans la langue elle-même), est la langue officielle de l’Iran.

Diversité linguistique…

Aujourd’hui comme au temps de Cyrus, le pays témoigne d’une très grande diversité de populations et de langues.

Les Persans, héritiers des anciens Perses, constituent la moitié de la population. Ils parlent le persan.

Le persan est compris et parlé par les quatre cinquièmes des Iraniens. Il cohabite avec des langues apparentées, de caractère indo-européen, comme le kurde, le balouchte ou le lori.

Mais le pays compte aussi une importante minorité turcophone (les Azéris et les habitants du littoral de la mer Caspienne) ainsi qu’une minorité arabe, au sud-ouest, dans le Khouzistan, autour d’Abadan.

Le persan n’est pas seulement la langue officielle de l’Iran mais aussi de l’Afghanistan et duTadjikistan. Les habitants de ces différents pays peuvent lire sans trop de problème des textes littéraires vieux de près d’un millénaire aux dires du géographe Bernard Hourcade (Iran, nouvelles identités d’une république, éditions Belin, 2002).

N’oublions pas aussi qu’à l’apogée de l’Iran, notamment sous les Ghaznévides (XIe siècle) et les Séfévides (1501-1736), le persan a servi de langue véhiculaire des Indes aux Balkans !

… et religieuse

En matière religieuse comme en matière linguistique, l’Iran a jusqu’à ces dernières décennies témoigné d’une grande diversité. Mais depuis les persécutions consécutives à la Révolution islamiste, il ne subsiste plus que quelques dizaines de milliers de non-musulmans.

Dans l’Antiquité domine le mazdéisme (de Mazda, Dieu, dans la langue perse), aussi appelé zoroastrisme parce que fondé par le prophète Zarathoustra (ou Zoroastre) au VIIe siècle avant JC.

Cette religion est l’un des premiers monothéismes et, pour la première fois dans l’Histoire humaine, promet à tous les hommes l’immortalité de l’âme sous réserve du jugement dernier. À ce titre, elle va inspirer la religion hébraïque, le christianisme et, par leur intermédiaire, l’islam.

Paradis persan

Le mot paradis vient d’un mot persan qui signifie jardin du seigneur car l’art des jardins a toujours été très prisé dans ce pays à dominante aride.

Les jardins persans tels que nous les montrent les miniatures, avec fontaines, fleurs, oiseaux et jeunes gens énamourés, représentent assurément le comble de la félicité. Aujourd’hui encore, les anciennes villes impériales d’Iran séduisent les visiteurs par le charme de leurs jardins et de leurs fontaines.

Le mazdéisme prospère sous les Achéménides (les héritiers de Cyrus). Il devient religion d’État sous les Sassanides, de 224 (victoire des Sassanides sur les Parthes) à 651 (défaite des Sassanides face aux Arabes).

Il va survivre jusqu’à l’approche de l’An Mil avant de s’effacer presque complètement face à la poussée de l’islam. Le mazdéisme est encore pratiqué par quelques milliers d’Iraniens, les Guèbres. Il est aussi pratiqué à Bombay, en Inde, par la communauté parsie, issue, comme son nom l’indique, d’émigrés iraniens !

Le judaïsme est présent en Iran dès l’époque des Achéménides, Cyrus le Grand lui-même ayant accueilli des Hébreux après leur exil de Babylone !

Le christianisme arrive en Iran dès les premiers siècles de notre ère. Pour damer le pion à leurs ennemis byzantins, les souverains iraniens favorisent la confession nestorienne, concurrente de l’orthodoxie grecque. Aujourd’hui, victime de persécutions, le christianisme n’est plus guère représenté en Iran.

L’islam, qui est arrivé en Iran avec la conquête arabe, en 651, a dû composer avec les religions déjà sur place.

Au XVIIe siècle, l’Iran safavide accueille de nombreux Arméniens chrétiens chassés de l’empire ottoman. Leurs descendants sont encore quelques dizaines de milliers.

Plus récemment, au XIXe siècle, est sortie de l’islam iranien une nouvelle religion révélée, le bahaïsme. La Révolution islamique l’a presque complètement chassée d’Iran (elle compterait encore 300.000 fidèles dans le pays).

L’islam, religion dominante, est très tôt sujet à des frictions. C’est que les Iraniens, forts d’un sentiment de supériorité sur les Arabes, encaissent assez mal la langue et la religion des envahisseurs. Ils finissent par rejeter la première et n’acceptent la seconde que sous sa forme factieuse, le chiisme duodécimain.

Entre autres avantages, le chiisme encourage la dissimulation comme moyen d’éviter les persécutions, ce qui permet aux Iraniens de conserver secrètement des traditions anciennes, mazdéennes ou autres.

Le chiisme devient religion d’État sous la dynastie nationale des Séfévides, au XVIe siècle. Aujourd’hui, il est officiellement pratiqué par 90% des 70 millions d’Iraniens. Mais il est aussi pratiqué par la majorité des Irakiens et par plus de 40 millions de Pakistanais ! C’est aussi la principale confession religieuse du Liban. Les chiites constituent enfin des minorités notables en Arabie séoudite, en Afghanistan, en Turquie et chez les musulmans de l’Union indienne. Toutes ces communautés sont peu ou prou sensibles aux messages venus d’Iran.

Continuité historique

Depuis qu’un roi perse, Cyrus le Grand, a rassemblé tous les peuples des plateaux iraniens sous son autorité, et les a entraînés à la conquête de l’Orient, de la mer Égée à l’Indus, l’Iran n’a plus cessé de rayonner sur le monde environnant.

- Les Achéménides (539 à 330 avant JC)

L’empire achéménide tire son nom du clan royal des Haxamanisiya. Fondé par Cyrus et porté à son apogée par Darius, il laisse une impression rare d’équilibre, d’humanité et de tolérance.

Cyrus et ses successeurs se montrent respectueux des libertés locales, des divinités et des traditions de leurs sujets (ainsi Cyrus libère-t-il les juifs de Babylone). Ils prennent le titre de «Roi des Rois», signifiant par là qu’ils admettent d’autres souverains dans leur empire.

Ils encouragent les échanges par le biais d’une Route royale qui relie la capitale, Suse, à Sardes, en Lydie. Ils favorisent aussi la diffusion de la monnaie, tout juste inventée en Lydie.

Grâce aux Achéménides émerge au final une grande civilisation dont témoignent les ruines de Persépolis, cité de prestige réservée aux cérémonies et réceptions d’ambassadeurs (la véritable capitale se situe d’abord à Suse, capitale de la Médie, avant d’être déplacée à Ecbatane).

- De l’hellénisme aux Parthes (330 avant JC à 224)

La conquête de l’empire achéménide par Alexandre le Grand débouche sur le mariage inattendu des cultures grecque et perse, mariage concrétisé au sens propre par les noces de Suse, qui voient des milliers d’officiers macédoniens s’unir à autant de princesses perses.

Alexandre, mort trop jeune en 323 avant JC, ne peut mener son projet à son terme. L’union des deux cultures se solde par le fractionnement de l’Orient entre différents royaumes mi-grecs mi-orientaux, autrement dit hellénistiques.

La plus grande partie de l’Iran ainsi que de la Mésopotamie tombent sous la coupe de Séleucos, l’un des meilleurs officiers d’Alexandre, et de ses descendants, les Séleucides. Mais l’unité culturelle du monde hellénistique ne dure pas. Tandis que Rome s’empare des royaumes du littoral méditerranéen, les peuples d’Iran tombent sous le joug des Parthes.

Originaires de l’actuel Khorassan, au sud-est de la mer Caspienne, ces rudes guerriers conduits par le roi Arsace 1er grignotent le royaume séleucide. Celui-ci, qui doit par ailleurs faire face à l’offensive romaine sur l’Euphrate, finit par disparaître au milieu du IIe siècle avant JC.

Les Arsacides vont diriger l’Iran pendant près de quatre siècles sans cesser de mener la vie dure aux Romains, sur la frontière de l’Euphrate.

- La Perse fait son retour avec les Sassanides (224 à 651)

Le 28 avril de l’an 224, à Hormizdaghan, dans la Susiane, Ardashir (ou Ardachir), roi du Fars (ou Perside), livre bataille à Artaban IV, dernier souverain de la dynastie des Arsacides. Il le vainc et le tue de sa main.

Le vainqueur, un pur Persan, est le petit-fils d’un prêtre de Persépolis du nom de Sassan. Deux ans plus tard, il se fait couronner «Roi des rois» (Châhânchâh) sous le nom d’Ardashir 1er et établit sa capitale à Ctésiphon, en Mésopotamie.

Les historiens le connaissent sous le nom d’Artaxerxès. Il rejette la culture hellénistique importée par Alexandre le Grand, restaure les traditions de la Perse achéménide et refait l’unité du pays autour de la religion mazdéiste. Ses descendants de la dynastie sassanide vont pendant quatre siècles combattre avec acharnement leurs rivaux de l’empire romain d’Orient, établis à Constantinople.

À bout de forces, les uns et les autres se montreront incapables de repousser les cavaliers musulmans surgis d’Arabie après la mort de Mahomet.

Un communiste manichéen

Les chroniques persanes gardent le souvenir d’un illuminé du nom de Mazdak qui prit le pouvoir à la fin du Ve siècle (à l’époque de Clovis) avec la bienveillance duchah Kavadh 1er, qui veut s’appuyer sur le peuple pour combattre l’opposition des grandes familles.

Inspiré par la doctrine manichéenne, Mazdak prône la mise en commun des biens mais aussi des femmes, pour permettre aux pauvres de surmonter l’obstacle de la dot. Le peuple s’enflamme. Il s’ensuit une révolte générale et des désordres sans nom. Le roi est destitué en 496. Abandonnant Mazdak, il revient au pouvoir trois ans plus tard et, non sans mal, noie la révolte dans le sang.

- La césure musulmane (651 à 1501)

L’Iran tombe aux mains des Arabes musulmans par la bataille de Néhavend (ou Nahâvand), en 642. Il passe sous l’autorité du calife, établi dans un premier temps à Médine, puis à Damas, en Syrie.

Lorsque, un siècle plus tard, à la faveur d’un changement dynastique, le calife, reconnu comme le chef de tous les musulmans sunnites, déplace sa capitale à Bagdad, ce sont toutes les élites musulmanes qui s’imprègnent de culture persane.

Riches de leur culture ancienne et de leur situation intermédiaire entre les civilisations byzantine et indienne, les Persans s’imposent peu à peu à la cour de Bagdad et dans la haute administration. On peut dire que l’empire abasside de Bagdad n’est plus spécifiquement arabe mais persan. C’est l’«intermède iranien» !

Les contes des Mille et Une nuits conservent le souvenir de ce moment privilégié de l’islam (le nom des héros, comme Shéhérazade, ou Chaharzad, reflète l’inspiration persane de ces contes).

À Bagdad même, à partir de 945, le calife est réduit à un rôle symbolique et la réalité du pouvoir est exercée par une dynastie iranienne, les Bouyides, de confession chiite. Leurs représentants relèvent le titre de «Roi des rois» (Châhânchâh).

Dans les provinces iraniennes émergent des principautés autonomes, sous l’autorité de dynasties locales. La plus célèbre est celle des Ghaznévides, dans l’Afghanistan actuel, fondée par le féroce Mahmoud de Ghazni, un chef d’origine turque.

À son époque et malgré les turbulences politiques, l’Iran musulman connaît son apogée intellectuelle. L’un de ses plus illustres représentants est Ibn Sînâ, un médecin, philosophe et encyclopédiste né en 980, près de Boukhara, plus connu en France sous le nom d’Avicenne.

Le Livre  des Rois

A Ghazni, aux côtés du roi Mahmoud, le poète Firdousi (ou Firdusi) consacre sa vie à la mise en vers de l’épopée nationale, le Livre des Rois(Chah-name ou Shâhnâmeh).

Ce poème de 60.000 vers raconte l’histoire du monde à travers celle de l’Iran et des grandes découvertes (feu, métallurgie…). Il évoque les souverains et les héros d’avant l’islam, depuis les Achéménides jusqu’aux Sassanides.

Il exalte en particulier la lutte millénaire des Iraniens contre les Touraniens, autrement dit… les Turcs ! Ses héros comme Rostam vont devenir des mythes immémoriaux de la littérature et de l’art persan.

En 1055, les Turcs Seldjoukides s’emparent de Bagdad et imposent leur joug à l’ensemble de l’Iran. Eux-mêmes, comme leurs prédécesseurs, adoptent rapidement la culture persane et participent à la grandeur de celle-ci. Grâce à eux, le «style persan»va se diffuser dans tout l’Orient islamique, de la Mésopotamie au nord de l’Inde, du Tigre au Gange. Il perdurera jusqu’au XIXe siècle.

Le pire est à venir au XIIIe siècle avec le Mongol Gengis Khan, qui saccage le pays comme le reste de l’Asie centrale), rase les villes et détruit les systèmes d’irrigation. L’un de ses descendants, Tamerlan, renoue avec les saccages. Lui-même et ses successeurs savourent néanmoins à Samarcande le raffinement de la civilisation persane.

- Splendeurs safavides (1501 à 1736)

L’Iran renaît avec Chah Ismaïl, un prince turc des bords de la mer Caspienne. Ce fondateur d’empire se rend maître du pays en 1501. Il instaure une paix relative. Les caravanes retrouvent le chemin de l’Iran. La dynastie fondée par Chah Ismaïl est ditesafavide (ou séfévide) d’après un religieux mystique dont elle est issue, Safi al-Din.

Chah Ismaïl, surtout, impose le chiisme comme religion d’État, au prix de violentes persécutions contre les sunnites. Il encourage aussi le soufisme, une mystique musulmane aux relents zoroastriens, ce qui vaudra aux souverains de sa dynastie d’être connus en Europe comme les «Grands Soufis». L’Iran marque dès lors sa différence envers les autres États musulmans…

Chah Ismaïl noue des contacts avec… l’empereur Charles Quint, en vue de combattre son voisin, le sultan ottoman Sélim 1er le Cruel (le successeur de ce dernier allait lui-même s’allier contre Charles Quint au roi de France François 1er !).

Son principal descendant est Abbas 1er, qui règne sur l’Iran de 1587 à 1629.

Ce souverain se dote d’une armée et d’une administration modernes, avec le concours de conseillers anglais. Il fait d’Ispahan, sa capitale, au coeur du pays, l’une des plus belles villes du monde. Mais il ne peut empêcher les Anglais de prendre pied à Ormuz, à l’entrée du golfe Persique.

Les Safavides vont restaurer les charmes de la culture persane comme en témoignent les beaux monuments d’Ispahan, les tapis, les céramiques et les délicieuses miniatures de cette époque.

La longue domination turco-mongole se reflète dans l’idéal de beauté de cette époque : jeunes femmes aux yeux bridés et aux longs cheveux noirs. On décèle par ailleurs l’influence de la Chine des Ming dans l’irruption sur les peintures et les mosaïques de motifs chinois tels que dragons et phoenix. Au XVIIe siècle enfin, les peintres se mettent à l’école de l’Occident…

- Effacement et renouveau de l’Iran

En 1722, le pays, sur son déclin, est envahi par les Afghans, un peuple de langue persane mais de religion sunnite et à ce titre persécuté par les Safavides. Le souverain fait appel à un chef de bande du Khorassan pour le défendre. Celui-ci ne tarde pas à s’imposer à la cour. À la mort du dernier Safavide, il s’empare de la couronne et prend le nom de Nadir Chah.

Le pays sombre dans l’anarchie. En 1796, un chef turc s’empare à son tour du titre royal et fonde la dynastie Qadjar. Les temps sont rudes. Au siècle des Lumières et de la Révolution industrielle, la situation géographique de l’Iran, entre Turquie et Indes, devient un handicap.

Le pays végète sans même qu’une puissance européenne éprouve l’envie de s’en emparer ! La capitale qadjar, Téhéran, est une ville terne, coupée du reste du monde, sans une administration digne de ce nom.

Émus par la défaite de la Russie face au Japon en 1905, quelques intellectuels nationalistes décident de se remuer. Ils imposent au souverain, le 6 août 1906, la convocation d’une assemblée nationale constituante. Un Parlement (Majlis) entre en fonction à la fin de l’année. C’est le premier Parlement du Moyen-Orient. Ainsi les Iraniens prennent-ils de vitesse leurs voisins turcs qui ne feront leur révolution qu’en 1908 !

Las, c’est le moment où Anglais et Russes s’intéressent à l’Iran. Par l’accord du 31 août 1907, ils se partagent le pays en zones d’influence et mettent un terme à l’aventure libérale. Leur intérêt pour le pays s’accroît brusquement avec la découverte le 26 mai 1908 d’un gisement de pétrole ! L’année suivante est créée l’Anglo-Iranian Oil Company. C’en est fini de l’isolement de la Perse.

- De révolution en révolution

Après la Première Guerre mondliae, un officier énergique restaure un semblant d’ordre avec le concours des Anglais et chasse les bolcheviques russes. Il exerce les fonctions de Premier ministre puis, les religieux ne voulant pas d’une république, se fait couronner le 31 octobre 1925 sous le nom de Réza chah Pahlévi.

Grand admirateur de son contemporain, le général turc Moustafa Kémal, le nouveau souverain va, comme lui, entreprendre à marches forcées la modernisation de son pays. Ainsi embellit-il autant que faire se peut sa capitale Téhéran. Il prescrit aux citadins des costumes à l’occidentale, interdit le voile féminin, impose l’usage d’un patronyme en complément du prénom usuel. Il met en place une administration copiée de l’Occident et un système judiciaire indépendant des juges religieux, ouvre une Université et lance la construction d’infrastructures (routes, chemins de fer…). En 1935, il change par décret royal le nom du pays, pour le tourner résolument vers l’avenir : laPerse devient l’Iran. Le 7 janvier 1937, il instaure la «journées des femmes» et prohibe le port du voile dans les lieux publics.

Dans les années 30, le chah, comme la plupart des dirigeants du Moyen-Orient, cache mal ses sympathies pour Hitler qui a le mérite à ses yeux de s’opposer aux Anglo-Saxons et aux Russes ! Pendant la Seconde Guerre mondiale, comme il refuse à l’Angleterre et à l’URSS d’acheminer du matériel à travers l’Iran, son pays est envahi le 25 août 1941 et lui-même doit abdiquer au profit de son fils Mohammed (22 ans).

Le régime iranien est affaibli par l’occupation étrangère, la reprise de leur autonomie par certaines tribus nomades et le réveil de mouvements religieux et politiques interdits par son père. Mais en 1946, la première résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU de l’Histoire ordonne à l’Armée Rouge de quitter l’Iran.

Tout se brouille lorsque Mohammad Mossadegh, le chef de la majorité parlementaire, devient Premier ministre et nationalise presque aussitôt, le 1er mai 1951, l’Anglo-Iranian Oil Company. C’est un fait sans précédent qui inspirera cinq ans plus tard l’Égyptien Nasser. La première marque d’insoumission d’un pays du «tiers monde» (le mot n’existe pas encore). Les cadres étrangers ayant été chassés, la production de pétrole s’arrête. Des émeutes sanglantes secouent Téhéran. La population de la ville soutient le premier ministre et déboulonne les statues du chah.

Le monde entier est suspendu à la décision des Occidentaux. Le 19 août 1953, la CIA américaine et son homologue britannique organisent le renversement du Premier ministre. Le chah, qui avait dû s’enfuir, reprend les choses en main. L’exploitation du pétrole est confiée à un consortium anglo-américain et non plus à la seule Anglo-Iranian (rebaptisée BP). La répression est féroce. En 1957 est créée la Savak, Service National de sécurité et de renseignement, police politique du régime.

En 1962, à l’instigation de Washington, le souverain engage une politique de réformes sociales et de modernisation sous le nom de «Révolution blanche du Chah et du Peuple» ! Les grandes propriétés sont en particulier distribuées aux paysans cependant que leurs propriétaires sont indemnisés en actions d’entreprises industrielles. L’économie commence à se développer non sans aggraver les injustices.

Lorsque la crise pétrolière éclate en 1974 , après la guerre du Kippour, le chah est le premier à réclamer une augmentation des redevances versées aux pays exportateurs, reprenant à son compte le programme de Mossadegh ! Sûr de son fait, le souverain multiplie les fêtes comme la commémoration du 2500e anniversaire de Persépolis en 1972 ! Il ne prend pas garde au mécontentement qui monte dans le pays, suscité en particulier par son rapprochement trop étroit avec les États-Unis.

En 1977-78 éclatent de premières manifestations de rues. Le clergé chiite, réfractaire à une modernisation trop hâtive, les attise habilement, alors que le pouvoir n’y voit d’abord que des mouvements téléguidés par les communistes, dans un contexte deguerre froide. Les manifestants réclament d’abord la fin de la répression et le respect des droits de l’Homme. Comme les manifestations montent en puissance, les slogans s’étendent à l’indépendance à l’égard des États-Unis et au départ du chah, enfin à la mise en place d’une république islamique.

Le 7 septembre 1978, la loi martiale est proclamée. Le 8 septembre,«vendredi noir» à Téhéran, des manifestants sont tués place Jâleh. La grève commencée dans le bazar s’étend à toute l’économie, notamment aux activités pétrolières. Les exportations d’or noir cessent. Le chah, qui ne contrôle plus la situation et ne dispose plus de l’appui des Occidentaux, est contraint de prendre la fuite. Le 10 février 1979, le premier ministre nommé peu de temps avant cette fuite est renversé par des émeutes à Téhéran. Le principal représentant du clergé chiite, l’ayatollah Khomeiny, prend la tête de la République islamique toute neuve.

Dès lors, confrontée aux menaces extérieures, en premier lieu celle de l’Irak de Saddam Hussein, en second lieu celle des pays sunnites du Golfe Persique, la République islamique d’Iran va tenter d’assurer son droit à l’existence par tous les moyens, y compris en mobilisant les minorités chiites des autres pays de la région.

France, Iran, même combat ?

L’Histoire de l’Iran n’est pas sans refléter quelques similitudes avec celle de la France, même si, depuis les Lettres persanes de Montesquieu, il est de bon ton de s’en gausser («Comment peut-on être Persan ?»).

Les deux pays se signalent par une culture de très haut niveau dont témoigne le patrimoine architectural, littéraire et artistique. Abou Nouwas et Ronsard, Notre-Dame de Paris et la Grande Mosquée d’Ispahan, miniatures séfévides et scènes de genre du XVIIIe siècle… La France comme l’Iran ont rayonné par les armes et plus encore par la culture très au-delà de leurs frontières.

Plus troublante est la similitude entre la Révolution française (1789) et la Révolution islamique (1979). L’une et l’autre abattent des monarchies en apparence puissantes. L’une et l’autre s’épuisent en quelques années (1789-1794 d’un côté, 1979-1982 de l’autre) et c’est l’invasion étrangère (la coalition européenne d’un côté, l’Irak soutenu par les Occidentaux de l’autre) qui va leur donner une deuxième vie.

La guerre, dans les deux cas, a pour conséquence de souder le pays. D’un assemblage de collectivités seulement unies par l’allégeance au souverain sort une Nation ! Lassitude aidant, la génération post-révolutionnaire se détourne qui de la politique, qui de la religion. Elle se met en quête d’une démocratie modérée, ce qui n’exclut pas des hoquets révolutionnaires. Les mentalités changent comme le prouve la forte baisse de la fécondité, tant dans l’Iran des années 1990 que dans la France des années… 1820.

La principale différence entre les deux cultures tient sans doute à la place de la femme. Mais qui sait si là aussi l’Iran post-révolutionnaire n’est pas en train de s’éloigner du modèle traditionnel pour se rapprocher de l’occidental ?

661 à nos joursLes musulmans chiites et l’origine du chiisme 

Ali, époux de Fatima, l’une des filles du prophète Mahomet, est à l’origine des deux principales scissions qui ont affecté la communauté musulmane (le kharidjisme et lechiisme). En 656 après JC, il succède à Othman, le troisième calife (ou remplaçant du prophète Mahomet).

Le nouveau calife et ses partisans (en arabe, chiites ou chi’ites) prônent une grande rigueur dans la mise en pratique de l’islam et l’assimilation des populations conquises. Ils recommandent aussi que le califat revienne aux descendants en ligne directe du prophète. Ils s’opposent sur ces points aux orthodoxes ou sunnites, adeptes d’une application souple de la doctrine musulmane (la sunna).

Le kharidjisme, une sci

 

VOIR LA SUITE SUR LE SITE

more...
No comment yet.
Rescooped by Pat Lec from Case départ : le film à voir absolument (vidéo)
Scoop.it!

Un policier aspergé de liquide allume-feu lors d'une manif anti-mariage gay? La vérité en images #mpt

Un policier aspergé de liquide allume-feu lors d'une manif anti-mariage gay? La vérité en images  #mpt | Histoire8 | Scoop.it
Sans langue de bois

Via aliciabx
Pat Lec's insight:

comme quoi des images valent mieux que ce fameux "on" !!!

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Le Pâté au crapaud : punition divin réservée aux enfants ingrats ?

Le Pâté au crapaud : punition divin réservée aux enfants ingrats ? | Histoire8 | Scoop.it
Légendes, croyances, superstitions. Pâté au crapaud. Châtiment, mauvaise conduite d'un fils et d'une belle-fille. Punition divine.
Pat Lec's insight:

On fit de la singulière tradition du pâté au crapaud une moralité dramatique imprimée à Lyon en 1589, sous le titre : « Le miroir etl’exemple moral des enfants ingrats, pour lesquels les pères et mères se détruisent pour les augmenter ; qui à la fin les déconnaissent : moralité à dix-huit personnages, par Antoine Thomas », et dontl’héroïne est une belle-fille exerçant une mauvaise influence sur un filsdont l’ingratitude lui vaut un sort peu enviable

Un gentilhomme de Saintonge, mariant son fils unique, lui abandonna toutes ses possessions, sans se rien réserver que le bonheur de vivre avec son fils. Le jeune homme avait fait à son père et à sa mère, qui se dépouillaient pour lui, de tendres protestations ; car la possession de toute leur fortune lui faisait contracter une riche alliance. Il était baron de Pont-Alliac, au bord de la mer, près de Royan, seigneur des Martinets, de Mons, de Maine-Baguet, et d’autres borderies ou fiefs. Il avait sur les côtes de l’Océan d’immenses prairies, et de belles vignes sur les deux rives de l’embouchure de la Gironde. Il épousait la brillante Judith, héritière de Saint-Serdolein, suzeraine de Saint-Pallais, et dame des vastes domaines et du château de Soulac.

Bientôt ce jeune seigneur, dont le cœur sans doute était avare et le naturel mauvais, approuva sa jeune épouse, au cœur sordide et cruel, qui faisait le compte de la dépense que leur causaient encore un père et une mère habitués à l’opulence. La jeune dame désirait la mort des vieillards. Assez criminel pour former ces vœux horribles, le jeune couple reculait toutefois devant l’idée d’un parricide. Mais ils le commettaient à petits coups, par des privations ignobles,.des duretés journalières, et d’indignes traitements, au bout desquels le baron de Pont-Alliac, poussé par sa femme, chassa de sa maison son père et sa mère.

C’était au mois de novembre. Comme ils s’éloignaient en pleurant, ne sachant où traîner leur misère, au moment où ils allaient franchir la grande porte du château, qui faisait face à l’Océan, le vieux père et la vieille mère rencontrèrent le cuisinier portant un gros pâté de venaison. Ils le prièrent de leur en donner une tranche, car ils avaient faim. Le maître-queux, n’osant rien faire sans ordre, courut demander à son jeune maître la permission d’accéder à la requête des vieillards. Judith se trouvait présente ; le baron refusa ; et le cuisinier alla, le cœur triste, signifier ce refus. Le vieux père et la vieille mère sortirent sans maudire leur fils.

Le jeune seigneur, qui était gourmand, s’était fait une fête de manger son pâté de venaison. Cependant on ne sait quel mouvement lui agita le cœur ; il s’arrêta au moment d’entamer le pâté. C’est que, dit la tradition, le ciel s’était obscurci ; les vents du nord sifflaient avec violence par les verrières ; la mer s’était tout à coup soulevée ; les vagues serpentaient en hurlant contre la base des rochers anguleux. On eût cru entendre au loin les sourdes clameurs de plusieurs tonnerres, mêlées aux craquements des rocs qui se divisaient en éclats et roulaient dans lamer.

La plage se couvrait de méduses, de crabes, velus et de monstrueux débris ; des myriades de flocons écumeux tigraient l’Océan ; les sables des conches tourbillonnaient avec fureur et formaient partout d’effrayantes fondrières. Les lames venaient heurter jusqu’à la porte du château, lançant. avec fracas des torrents de sable et d’eau salée.

Le baron ne songea pas aux souffrances que la tempête accumulait sur la tête de sa mère et de son vieux père, qu’il venait de chasser. Mais il n’osa pas toucher à son pâté ce jour-là. Il le fit mettre à part pour le lendemain. Le lendemain, au déjeuner, quoique la tempête ne se fût calmée qu’à demi, il se fit servir le pâté de venaison. Le cœur lui battait encore avec violence sans qu’il pût se définir ce qu’il éprouvait. Il ouvrit donc le pâté avec une sorte d’empressement et de colère. Aussitôt, dit la naïve relation, il s’en élança un gros et hideux crapaud, qui lui sauta au visage et s’attacha à son nez...

Le baron de Pont-Alliac poussa un cri d’effroi, cherchant à rejeter loin dé lui l’animal immonde qui venait de le saisir. Tous ses efforts furent inutiles. La dédaigneuse Judith, surmontant une horreur profonde, ne fut pas plus puissante. Toute la peine que prirent les serviteurs épouvantés ne put faire démordre l’affreux animal, dont les yeux, fixes et saillants, demeuraient immuablement attachés sur les yeux du baron.

Le jeune seigneur, terrifié, commença à entrevoir là une punition surhumaine. On le mena chez le curé de Saint-Serdolein, qui, dès qu’il sut comment le baron avait chassé son père et sa mère, trouva le cas trop grave pour en connaître, et l’envoya à l’évêque de Saintes. Le prélat, informé de l’excès de son ingratitude, jugea, dit toujours la relation, qu’il n’y avait que le pape qui pût l’absoudre et le secourir ; il lui enjoignit d’aller à Rome. Il fallut bien obéir.

Pendant tout ce voyage, la douleur et la honte, qui suivaient pas à pas le baron de Pont-Alliac, l’avaient fait rentrer en lui-même. Il se jeta aux pieds du Saint-Père, et lui confessa toute la laideur de son crime. Le Souverain-Pontife, voyant son repentir sincère, crut devoir lui donner l’absolution, subordonnant néanmoins la remise de sa faute énorme au pardon de ses parents. Mais à l’instant le crapaud tomba ; car un père, une mère, pardonnent aussi vite qu’on offense. Le jeune seigneur et sa femme repartirent pour la Saintonge, avec le remords dans le cœur et la résolution d’expier leur faute.

En arrivant à Pont-Alliac, ils ne trouvèrent plus leur château, que la mer avait englouti, et qui est remplacé maintenant par une conche, ou petite baie sablonneuse, où l’on prend des bains de mer. Le hameau de Saint-Serdolein, Saint-Pallais, les Martinets, Soulac, et d’autres domaines qui leur appartenaient aussi, avaient également disparu, ne laissant apercevoir au-dessus des sables que les flèches de leurs clochers, qu’on va voir encore avec terreur.

La métairie de Mons, dont le tenancier avait recueilli les vieillards, restait seule au baron de Pont-Alliac, dominant de loin le sol dévasté et les flots de la grande mer. Le baron s’y rendit avec Judith repentante ; il tomba aux pieds de son vieux père et de sa mère en pleurs, supporta sans se plaindre les châtiments du Ciel, combla les vieillards de soins et de bons traitements jusqu’à la fin de leurs jours, et pour l’instruction de son jeune fils il écrivit de sa main dans ses archives cette légende du crapaud.

Voici une seconde histoire, qui a tant de points de ressemblance avec la première, que quelques-uns ont cru que l’une des deux était une altération de l’autre. On découvrit en Suisse, dans les fouilles faites à Lassaraz, durant l’automne de 1835, une statue de guerrier du XIVesiècle ayant deux crapauds aux joues et deux crapauds aux reins, Voici les récits traditionnels qui expliquent ce monument bizarre, que les curieux ont appelé le guerrier aux crapauds.

Dans des temps reculés, un jeune chevalier suisse, qui n’est connu que sous le nom du sire de Lassaraz, mérita, par sa vaillance dans les combats, les regards d’un seigneur dont il était vassal. Il devint épris de la fille de ce seigneur, qui était belle et riche, mais à qui l’on reprochait un cœur dur et une âme peu sensible. Le sire de Lussaraz, s’en inquiétant peu, la demanda en mariage. On la lui promit s’il pouvait lui apporter pour dot trois cents vaches à la montagne et un manoir. C’était toute la fortune de son père et de sa mère, dont il était le fils unique. Ces bons parents, voyant leur fils dans le chagrin, se dépouillèrent, pour le rendre heureux, de tout ce qu’ils possédaient ; et le sire de Lassaraz épousa celle qu’il aimait.

Bientôt son père et sa mère, qui ne s’étaient rien réservé, tombèrent dans une profonde détresse. Le guerrier ne s’en aperçut pas. L’hiver marchait rude et horrible. Un soir que la neige tombait à flocons, lancée par un vent glacial, les vieillards vinrent heurter à la porte de leur fils. On les reçut, mais de mauvaise grâce : on les nourrit un peu de temps ; on leur fit sentir vite qu’ils étaient à charge. Le sire de Lassaraz, de concert avec sa femme, aussi impitoyable que lui, ne tarda pas à chasser de sa maison son père et sa mère. L’hiver n’avait pas encore diminué de rigueur. On mit les vieillards dehors, à demi-vêtus, l’estomac vide ; et on refusa, par ordre du maître, de leur donner des provisions.

Pendant qu’ils cheminaient en pleurant, dans la brume obscure, à travers les sentiers glacés, le sire de Lassaraz se félicitait du parti qu’il venait de prendre, et devant un foyer ardent il se mettait à table pour souper. On servit devant lui un pâté de belle apparence ; un pot de bière mousseuse pétillait à côté. Il se plaça devant son pâté ; il se mit à l’ouvrir, avec cet empressement que donne aux âmes grossières l’espoir d’un plaisir sensuel.

Mais il n’eut pas plus tôt soulevé la croûte épaisse qui couvrait le pâté qu’il se rejeta en arrière avec un cri effroyable. Sa femme, le regardant, fut frappée de terreur et appela du secours. Deux crapauds s’étaient élancés du pâté, et, fixés aux joues du guerrier, ils paraissaient envoyés là par quelque puissance suprême. La jeune femme, après avoir surmonté le dégoût que lui inspiraient ces deux monstres, fit tous ses efforts pour les arracher de la place qu’ils avaient mordue et qu’ils semblaient dévorer, eu couvrant de leurs yeux implacables les yeux sanglants du chevalier : les tentatives de la dame furent vaines ; les serviteurs de la maison ne réussirent pas davantage.

Le guerrier, après deux heures de honte et de souffrance, songea enfin à sa cruauté filiale et se demanda si ce qui lui arrivait n’était pas un châtiment de Dieu. Il fit appeler un prêtre. Le curé d’un hameau voisin s’empressa devenir. Il entendit la confession du parricide ; mais, n’osant pas absoudre un cas si grave, il renvoya le coupable à l’évêque de Lausanne. Le sire de Lassaraz, à l’aube du jour, se mit en chemin avec un commencement de repentir dans le cœur. Ses deux crapauds ne le quittaient point. Conduit par sa femme, il était obligé de se voiler le visage en marchant, pour n’être pas un objet de risée et de mépris. L’évêque le reçut ; mais, informé de son crime, il n’osa pas non plus prononcer sur lui les paroles qui délient. « « Le pape seul peut vous juger ici-bas », dit il ; et le pénitent fut obligé d’aller à Rome.

Durant ce long voyage, il réfléchit profondément, courbé sous l’opprobre et la douleur, à sa dureté infâme pour les auteurs de ses jours. Il se jeta aux genoux du père commun des fidèles, pénétré de remords. Le pape lui imposa, pour mériter l’absolution de son crime, une austère pénitence ; puis il lui dit : « Allez trouver maintenant votre père et votre mère ; s’ils vous pardonnent, le signe qui vous a été mis tombera. »

Le sire de Lassaraz revint en Suisse avec sa femme. Mais où découvrir les vieillards qu’il avait chassés ? Pendant trois mois, il les chercha avec persévérance. Enfin, dans un ermitage écarté, il trouva deux cadavres, un vieil homme et une vieille femme morts depuis longtemps de faim et de froid. C’était son père et sa mère. Il tomba à genoux et pleura toute la nuit. Au matin, les deux crapauds se détachèrent de ses joues ; et ; comme si l’expiation n’eût pas été suffisante, les deux monstres, ne quittant pas leur victime, se glissèrent à ses reins, s’y attachèrent, et y demeurèrent vingt ans encore.

Alors seulement le sire de Lassaraz fut tué par son fils, qui voulait avoir ses biens, et on découvrit les deux crapauds, qu’il cachait avec un soin extrême. L’héritier de Lassaraz périt dévoré par les ours. Le manoir passa dans une branche collatérale. Pour conserver, dit-on, le souvenir du parricide puni, on éleva dans l’église la statue d’un guerrier avec les deux crapauds aux joues et aux reins. Cette statue, renversée aux jours destructeurs de la réforme, a été retrouvée, comme nous l’avons dit, en 1835.

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Colombe de la Pentecôte et du Saint-Esprit.

Colombe de la Pentecôte et du Saint-Esprit. | Histoire8 | Scoop.it
Légendes, croyances, superstitions. Colombe de la Pentecôte et du Saint-Esprit. Fin du Déluge. Noé, corbeau, diable et Satan.
Pat Lec's insight:

Si la fête de la Pentecôte, célébrant le retour de l’Esprit-Saint de Jésus 50 jours après Pâques, est personnifiée par une colombe, une légende nous enseigne que cet oiseau acquit ses lettres de noblesse en résistant au diable, lorsque Noé l’eût lâchée en reconnaissance afin de s’assurer que le Déluge touchait à sa fin, car ne voyant pas revenir le corbeau qui lui, avait succombé au charme de Satan...

Dans la Bible, c’est en effet une colombe qui annonce à Noé la fin du Déluge. La colombe blanche s’oppose par sa symbolique au corbeau noir qui s’abat sur les charognes flottant sur les eaux du Déluge :


Noé et la colombe
Extrait de la Bible historiale (XIVe siècle)« Et il arriva, au bout de quarante jours, que Noé ouvrit la fenêtre de l’arche qu’il avait faite ; et il lâcha le corbeau, qui sortit, allant et revenant jusqu’à ce que les eaux eussent séché de dessus la terre. Et il lâcha d’avec lui la colombe, pour voir si les eaux avaient baissé sur la face du sol ; mais la colombe ne trouva pas où poser la plante de son pied, et revint à lui dans l’arche, car les eaux étaient sur la face de toute la terre ; et il étendit sa main, et la prit, et la fit entrer auprès de lui dans l’arche. Et il attendit encore sept autres jours, et il lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche. Et la colombe vint à lui au temps du soir, et voici, dans son bec, une feuille d’olivier arrachée. Et Noé sut que les eaux avaient baissé sur la terre. Et il attendit encore sept autres jours, et il lâcha la colombe, et elle ne revint plus de nouveau vers lui. » (Génèse, 8, 6-12)

Mais vous êtes-vous jamais demandé ce que faisait le diable pendant le Déluge ? Écoutez cette naïve histoire sortie du cloître, et qui raconte la vision d’un bon moine, vision si extraordinaire qu’elle fut consignée dans le registre de son monastère ; vous saurez ce que faisait le roi des maudits.

Pendant le Déluge, Satan, n’ayant plus rien à besogner sur la terre, se retira dans le coin d’un nuage très noir, le plus bas qu’il pût trouver, afin d’être proche de la terre et de s’élancer sur le premier être qui paraîtrait ; il avait avec lui comme compagnon un serpent, son ami intime (ce reptile qui ne meurt jamais symbolise l’éternité). Fatigué d’attendre, il sollicita une entrevue de Dieu et l’obtint. Le bon moine, ayant prêté l’oreille, entendit le malin esprit dire à Dieu ces paroles : « Pourquoi m’as-tu damné pour toujours, moi qui ne t’ai offensé qu’une fois, tandis que tu sauves des milliers d’êtres qui t’ont offensé si souvent ? Aujourd’hui tu les châties ; mais en même temps, tu sauves un couple de chaque espèce. Les hommes vont repeupler la terre et recommencer à t’offenser, et toi tu leur pardonneras encore. Tu pardonnes à tous, à moi jamais ! »

Dieu lui répondit : « M’as-tu demandé pardon une seule fois ? Incline-toi devant moi, repens-toi ! Ma bonté, qui est immense, te rendra le rang que tu avais parmi mes anges. » Satan refusa ; c’était un moment solennel. Si cette grande réconciliation se fût accomplie, le monde en renaissant avec Noé, le second père du genre humain, retrouvait le paradis terrestre. L’Esprit du mal retourna dans son nuage, et dès qu’il vit poindre la première aiguille d’un rocher, c’était le mont Ararat, il sauta dessus, c’est lui qui, le premier, mit le pied sur le monde ressuscité et lavé de toutes ses souillures par la colère divine.


Pentecôte
Extrait de la Bible historiale (XIVe siècle)Assis sur ce rocher, nu, la tête baissée, ses grandes ailes velues lui font comme une guérite sous laquelle il s’abrite ; à ses pieds rôde le serpent avec lequel il médite quelque machination infernale ; la nuit étend son voile noir autour d’eux ; dans les cavités des rochers résonne le clapotement lugubre des eaux vengeresses. Les yeux du roi des maudits et ceux du serpent brillent comme quatre étoiles sinistres échouées sur ce rocher, au milieu du cataclysme universel.

Soudain, un être vivant paraît. C’est le corbeau, lâché par Noé. Ce pilote sans expérience naviguait sur le monde englouti, conduit par la main de Dieu. Désirant savoir si bientôt enfin il toucherait terre, il hésita longtemps s’il devait prendre pour messager la colombe ou le corbeau ; il s’était enfin décidé pour ce dernier, et avait entr’ouvert la fenêtre de l’arche.

A sa vue, Satan sourit, il s’en empare, le caresse et lui dit probablement des paroles magiques ; ce qu’il y a de certain, c’est que l’oiseau mourant de faim s’acharna sur un amas des chairs pourries, tristes débris des humains réfugiés sur les plus hautes montagnes, et y demeura. Ici, la légende est d’accord avec la tradition biblique. Comme le corbeau est le premier être que vit Satan, les légendes en firent un oiseau du diable. Dans les vieux contes, nous le voyons toujours à côté de la sorcière ; il hante les carrefours maudits et les lieux de meurtre et de carnage. La sagesse des nations fit même sur lui le proverbe suivant : « Quand on prend un corbeau pour guide, on va droit au cimetière. »

La superstition lui attribua des influences secrètes sur la destinée humaine : oiseau fatidique et de mauvais augure, il eut sa légende lugubre qui traversa le Moyen Age, qui subsiste encore dans les campagnes et qu’il partage avec la pie, qui est de la même race. Un voyageur qui voit traverser sa route par une pie ou un corbeau, ou qui les voit voler à sa gauche, prévoit un malheur avant la fin de son voyage. Si quelque chose de fâcheux lui arrive, c’est la pie qui lui a jeté un sort. J’ai connu un paysan qui, imbu de ces idées saugrenues, partit un jour pour le marché vendre sa vache ; déjà il avait fait quatre lieues quand, aux portes de la ville, il rencontra deux pies. Prévoyant que son marché serait mauvais ou qu’il serait volé, il s’en retourna ; il recommença ainsi trois semaines de suite, rebroussant chemin à la vue de cet oiseau de mauvais présage. Son aventure étant connue dans le village, on lui donna le sobriquet de père Lapie, et parmi ceux qui riaient, plus d’un aurait fait de même.

Noé, impatienté de ne pas voir revenir son corbeau, lâcha sa colombe. Si le corbeau personnifie le mal qui menace les humains, la colombe, à son tour, représente le bien. Elle arriva près du rocher douce et confiante, tournoya en cherchant un arbre, et vint se reposer sur un olivier. Le diable la guettait. Le serpent se glisse le long du tronc pour l’atteindre ; déjà elle sent son souffle, déjà même elle est fascinée par son regard maudit, quand, par un effort désespéré, elle s’arrache à cette fatale influence et s’envole en emportant dans son bec une branche d’olivier. Elle voleta encore autour de l’arbre, cherchant où reposer son aile fatiguée. C’est alors qu’elle vit le corbeau fouillant dans les cadavres, et en eut horreur. Elle retourna vers Noé, lui rapportant le rameau, gage de paix entre Dieu et les hommes. Depuis ce moment, l’olivier symbolisa la paix, et la colombe toutes les vertus, surtout celle de la fidélité.


Noé et la colombe
Extrait du Psaultier de saint Louis (XIIIe siècle)Noé débarqua sa précieuse cargaison ; depuis, la terre se peupla, et cette tradition de la colombe continua chez tous les peuples. Fait bien remarquable ! On la voit même dans la mythologie païenne représenter Vénus. Son char est traîné par deux colombes, retenues par des liens de fleurs. Jupiter, le dieu terrible du tonnerre, fut nourri par deux colombes, les êtres les plus doux de la terre. La légende antique parle d’une colombe fameuse qui s’envola du côté de Dodone, sur un chêne auquel elle donna la vertu de rendre des oracles, et qui transmit le don de prophétie à ces arbres que nous voyons en Gaule vénérés par les Druides.

Les anciens entouraient les colombes d’une telle vénération qu’ils ne les tuaient jamais. On ne laissait approcher aucun oiseau du temple de Delphes, si ce n’est la colombe. Le respect des autres peuples était tel qu’ils n’osaient ni la tuer ni la manger. Les Russes encore aujourd’hui la regardent comme sacrée, et se font scrupule de se nourrir de sa chair. La loi de Moïse ordonnait aux femmes d’apporter au Temple, lors de leur purification, une paire de colombes.

Les chrétiens continuèrent pieusement cette touchants tradition des temps primitifs. Le Saint-Esprit, sous forme de colombe, vint visiter la Vierge prédestinée dans son humble demeure, lors de la conception. Le Saint-Esprit se montra encore, sous forme de colombe, sur la tête du Christ, quand saint Jean le baptisa dans les eaux du Jourdain, et on a continué depuis à représenter l’Esprit-Saint sous cette forme. Le symbolisme savant des grands siècles de foi s’en servit à son tour, et nous la montra gravée, sur les baptistères de nos vieilles basiliques, à côté du poisson qui présente l’eau lustrale.

On la sculpta aux chapiteaux des piliers qui entourent l’endroit le plus sacré des sanctuaires. Les vierges martyres, debout aux portiques sacrés comme une garde d’honneur faisant sentinelle à la porte de la maison de Dieu, étaient aussi représentées avec une colombe qui venait voltiger autour d’elles pour rappeler au populaire illettré que leur âme, comme une colombe sans tache, reprend son vol vers le séjour des bienheureux. Ou bien d’autres fois elle est sculptée près de la tête, à droite, comme soufflant les bonnes pensées, tandis qu’on voit à gauche un diable ailé qui souffle les mauvaises, pour exprimer la dualité de la nature humaine et la lutte que toute créature sortie de la main de Dieu doit soutenir sur la terre.

 

http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article3551

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Un exorcisme assez particulier

Un exorcisme assez particulier | Histoire8 | Scoop.it

Lire Marc 5,1-20 ; récits parallèles en Matthieu 8,28-34 et Luc 8,26-39.

Voici l’un des récits les plus bizarres des évangiles. Il décrit un exorcisme particulièrement original. Tout dans ce récit nous déroute et nous surprend. Allez lire ce récit, on se croirait presque dans un film d’épouvante américain comme L’exorciste.

Pat Lec's insight:

Voici l’un des récits les plus bizarres des évangiles. Il décrit un exorcisme particulièrement original. Tout dans ce récit nous déroute et nous surprend. Allez lire ce récit, on se croirait presque dans un film d’épouvante américain comme L’exorciste.

     Un premier élément insolite se trouve dans le refuge de l’homme en question. Il se cache dans des tombeaux. À l’époque de Jésus, les sépulcres prenaient souvent la forme de grottes naturelles qui pouvaient offrir un abri. Bien entendu, ces lieux étaient considérés comme impurs pour un juif [1].

     La détresse et l’exclusion du possédé sont décrites de façon assez frappante : on l’enchaîne, il crie en « se déchirant avec des pierres ». Tous les détails de cette description permettraient à un juif de l’époque d’affirmer que cet homme n’est pas un humain : il vit avec les morts, il a des porcs comme voisins, il possède une force surhumaine, il crie et se blesse. Pire qu’une bête, il représente le mal et les forces du mal. En fait, il semble plus proche de la mort que de la vie.

     Un autre élément particulier du récit est que l’homme interpelle Jésus en le nommant « Fils du Dieu Très-Haut ». Puis, il se prosterne devant lui. Parfois dans les évangiles, les démons semblent savoir qui est Jésus, mieux que ses disciples ou sa famille.

     Un dialogue surréaliste s’engage entre Jésus et l’esprit impur. Jésus lui demande son nom puisque, dans le monde biblique, la connaissance du nom confère un pouvoir sur une personne. Le nom, c’est l’identité de la personne. Jésus force donc l’esprit à dire que son nom est « Légion », ce qui suppose un régiment de démons. Une légion romaine comprenait six mille hommes. La situation est grave, ce n’est plus un démon, mais une armée de démons! Symboliquement, ce récit n’est pas celui de la guérison d’un homme, mais de la victoire de Jésus sur le mal et ses représentants.

     Une croyance populaire voulait qu’un démon, quand il était chassé, devait trouver un refuge ailleurs : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il parcourt les régions arides en quête de repos, mais il n’en trouve pas. » (Mt 12,43) Dans notre récit, la légion de démons reçoit l’autorisation de Jésus d’entrer dans un troupeau de porcs. Selon la loi juive (Lv 11,7 et Dt 14,8), le porc était considéré comme un animal impur. Il était interdit d’en manger. Il est donc « normal » pour un mauvais esprit d’y trouver refuge. Un détail à ne pas manquer : les démons demandent la permission de Jésus pour entrer dans les porcs. Cette précision montre que Jésus a autorité sur une légion de démons.

La symbolique de la mer

     Les porcs, possédés par les démons, se précipitent dans la mer pour y mourir noyés. Le lecteur familier de la Bible n’est pas surpris que le récit établisse un lien entre les démons et la mer. Dans les divers livres bibliques, la mer est souvent porteuse d’une symbolique négative associée au mal. Puisque le peuple hébreu provient du désert, il n’a qu’un contact limité avec la mer. Le côté terrifiant des flots est évoqué dans le récit du déluge (Gn 6–9). La mer est souvent associée au mal et aux créatures maléfiques : le symbole ultime du mal, la bête de l’Apocalypse (chapitre 13), par exemple, surgit de la mer. Dans la culture biblique, celle-ci semble être le siège des forces du mal.

     La Bible présente aussi l’eau de façon plus positive. Si l’on regarde les textes duLévitique à propos de l’impureté, on constate que la façon proposée pour retrouver la pureté est de se laver et d’offrir des sacrifices. Dans cette ligne de pensée, la noyade des démons dans la mer peut être interprétée comme la fin du pouvoir démoniaque sur la région et sa libération de l’impureté par le contact de l’eau. L’eau a purifié les démons au point de les détruire.

Des pistes pour comprendre

     Au fond, ce récit parle de l’identité de Jésus. Il nous révèle sa force plus grande que les forces du mal. Même en terre païenne, il garde autorité sur les démons. Cette interprétation est validée par le récit de la tempête apaisée (Mc 4,35-41) qui précède celui de la guérison du démoniaque. En apaisant la tempête, Jésus montrait qu’il avait autorité sur les forces de la nature, mais surtout qu’il était maître de la mer, le lieu du mal. Ensemble, les deux récits envoient le message que Jésus est plus fort que les démons et les forces mystérieuses du mal.

     On peut voir un lien entre le récit du démoniaque et celui sur la famille de Jésus. Sa famille disait que Jésus était fou, qu’il avait perdu la raison. Certains l’accusaient même d’avoir « un esprit impur » (Mc 3,30). Jésus a donc déjà vécu le rejet et c’est pourquoi peut-être il est sensible à la réalité de l’homme possédé. Il est capable d’aller vers ce « fou » pour le rencontrer et lui redonner une existence véritable.

     L’histoire se termine avec l’homme qui a été guéri. Après avoir vécu ces événements, il se met à proclamer ce que le Seigneur a fait pour lui, dans cette région non-juive. Son expérience devient donc le prélude de l’évangélisation en dehors d’Israël.

     La seule attitude possible pour les Géraséniens, devant le démoniaque, était de tenter de l’enchaîner et de l’exclure de la vie « normale ». Ils ne pensaient pas à l’aider, à le libérer. Le récit mentionne à deux reprises qu’ils voulaient le lier et l’enchaîner. De son côté, l’homme criait et s’automutilait pour dire aux autres qu’il existait et qu’il souffrait. Mais le plus incroyable se trouve dans la réaction des habitants de la région après l’exorcisme : lorsqu’ils voient le démoniaque « assis, vêtu et dans son bon sens », ils sont saisis de crainte. Ils supplient Jésus de quitter la région. Jésus a bouleversé leur communauté en guérissant l’homme qui devait être exclu. Les Géraséniens vont devoir apprendre à modifier leur perception et leur relation avec celui qu’ils disaient être démoniaque.

[1] Isaïe 65, 4-7 évoque l’idolâtrie de ceux qui se tiennent dans les sépulcres, y offrent des sacrifices, y font brûler des aromates et y mangent de la viande de porc.

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Pape François : Les martyrs d’Otrante, un symbole pour le monde contemporain - Aleteia

Pape François : Les martyrs d’Otrante, un symbole pour le monde contemporain - Aleteia | Histoire8 | Scoop.it
Dans son homélie de canonisation le pape souligne l'héroïque fidélité des chrétiens persécutés dans le monde. Retour sur le « vrai témoignage » auquel tout baptisé est appelé
Pat Lec's insight:

« Où trouvèrent-ils la force de demeurer fidèles ? » s’est interrogé le pape François en canonisant hier, dimanche 12 mai, devant de milliers de fidèles,  le père italien Antonio Primaldo et quelque 800 citoyens de la ville d’Otrante (région des Pouilles en Italie) passés au fil de l'épée par des musulmans.
 
L’histoire de leur décapitation par les ottomans, survenue en 1480, pour avoir refusé de renier leur foi et de se convertir à l’islam, fait aujourd’hui de ces bienheureux martyrs des saints et un symbole pour tous les chrétiens persécutés aujourd’hui.
 
« Chers amis, dans le sillage des martyrs d'Orante, conservons la foi que nous avons reçue et qui est notre vrai trésor, renouvelons notre fidélité au Seigneur, même au milieu des obstacles et des incompréhensions », a exhorté le pape, ajoutant : « et demandons à Dieu de soutenir tous ces chrétiens qui, encore à notre époque et dans tant de parties du monde, souffrent encore de violences, qu'il leur donne le courage de la fidélité et de répondre au mal par le bien ».
 
Les 14 et 15 avril dernier, le pape François avait assuré que l’Église d’aujourd’hui comptait plus de martyrs qu’aux premiers siècles du christianisme. Dimanche 12 mai, en canonisant des martyrs du XVème siècle, et fait inhabituelun groupe de plusieurs centaines de personnes,  il relance le discours du « vrai témoignage » auquel tout chrétien est appelé mais sans avoir toujours la force de le vivre, alors que d’autres, dans des conditions desouffrance inouïe, y consentent jusqu’au sacrifice de leur propre vie.
 
« Le temps des martyrs n'est pas fini. Nous pouvons même dire que l'Eglise a plus de martyrs que dans ses premiers siècles », relevait-il lors d’une de ses messe du matin dans la chapelle de la Maison Sainte-Marthe, le mois dernier,  « L'Eglise a tant d'hommes et de femmes qui sont calomniés, qui sont persécutés, qui sont massacrés par haine de Jésus : l'un est assassiné parce qu'il enseigne le catéchisme, un autre parce qu'il porte la Croix. Dans tant de pays, on les calomnie, on les persécute, ce sont nos frères et sœurs qui souffrent en ce temps des martyrs », avait-t-il insisté.
 
Lors de la prière du Regina Coeli du 14 avril, devant 80.000 personnes, le pape avait lancé un appel à prier pour tous ces chrétiens persécutés et les soutenir dans leur détresse, insistant sur la force et le courage de leur témoignage et sur l’importance de leur faire sentir la solidarité du reste du monde.
 
Toute cette attention particulière du pape pour les martyrs d’aujourd’hui est résumée  dans ce tweet : « Prions pour les nombreux chrétiens souffrant de persécution et de violence dans le monde. Que Dieu leur donne le courage de la fidélité », publié sur son compte @Pontifex_fr, en écho au passage de l’homélie de la messe de canonisation  d’hier.
 
La canonisation d’Antonio Primaldo et de ses compagnons martyrs (dont l’annonce est passée pratiquement inaperçue parce qu'elle avait été décidée par Benoît XVI et que la publication avait coïncidé avec l'annonce de sa renonciation), prend une résonnance particulière à un moment où les souffrances subies par tant de minorités chrétiennes dans le monde semblent à leur paroxysme.
 
Insultes, calomnies, vexations, églises saccagées ou détruites, enlèvements, fuites en masses : c’est ce que nous lisons dans la presse au quotidien, en particulier en Syrie, à feu et à sang,  où le conflit, après deux ans, ne semble pas vouloir baisser d’un cran, et aurait déjà fait près de 80.000 morts.
 
Actuellement est  en cours un grand effort international et œcuménique visant à sauver la vie et à libérer les deux Métropolites syro- orthodoxe et grec-orthodoxe d’Alep enlevés dans le pays voici  trois semaines,Gregorios Yohannna Ibrahim et Boulos al-Yazigi.
 
Ces chrétiens qui sont souvent des « victimes oubliées » comme le père Michael Kayal, un jeune prêtre de 27 ans, vivant à Alep, en Syrie, enlevé par des rebelles extrémistes musulmans. Deux mois après sa disparition, on est sans nouvelles de lui, mais le monde n’en parle pas.
 
« La communauté chrétienne n’a aucune issue, elle est encerclée », soulignait Mgr Georges Dankaye, recteur du Collège arménien de Rome et procureur de l’Eglise arménienne catholique près le Saint-Siège, en commentant la situation sur place, ajoutant : « Elle se prépare pour le martyre... nous ne le voulons pas, nous ne l’espérons pas; nous le craignons mais c’est comme ça ».
 
Selon plusieurs études publiées ces derniers mois (AED, Portes Ouvertes … ), les chrétiens de toutes confessions sont les fidèles les plus persécutés dans le monde. C'est notamment vrai dans le monde musulman. Mais d'autres types de discriminations et de violences existent, par exemple d'extrémistes hindouistes à l'égard de la minorité chrétienne en Inde. (cf. Aleteia 15 avril 2013).
 
Dimanche, le pape François a également canonisé deux saintes latino-américaines : la deuxième sainte mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala (1878-1963) et la toute première sainte colombienne, Laura Montoya (1874-1949), saluant en cette dernière « un instrument d’évangélisation d’abord comme enseignante, puis comme mère spirituelle des indigènes ».
 
Interrogé sur le fil commun qui relie ces canonisations, le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints déclare : «  Il faut tout d’abord dire que ces 800 martyrs ont sauvé l’Italie dans son identité catholique et chrétienne. Il faut également souligner que les deux sœurs sont latino-américaines (…) canonisées par le Pape François, premier Pape latino-américain, signe supplémentaire d’encouragement à l’Eglise de ce continent, qui est appelée à exceller dans le témoignage chrétien et dans l’expansion du royaume de Dieu sur toute la terre. » (Osservatore Romano).
 
Sources:
 
Le Point : http://www.lepoint.fr/societe/francois-plus-de-martyrs-chretiens-que-dans-les-premiers-siecles-16-04-2013-1655501_23.php
 Radio Vatican :http://fr.radiovaticana.va/news/2013/05/12/le_pape_fran%C3%A7ois_proclame_de_nouveaux_saints/fr1-691349
La Croix : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-pape-Francois-a-canonise-ses-premiers-saints-2013-05-12-958850
 L'Osservatore Romano : http://www.osservatoreromano.va/portal/dt?JSPTabContainer.setSelected=JSPTabContainer%2FHome&last=false&locale=fr

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Le pape François fustige la « dictature de l’économie» et la « tyrannie des marchés » - Aleteia

Le pape François fustige la « dictature de l’économie» et la « tyrannie des marchés » - Aleteia | Histoire8 | Scoop.it
Dans son premier discours social, d’une rare vigueur, le Saint-Père appelle les Etats à remettre la politique économique au service de l’homme.
Pat Lec's insight:

« Non à une dictature de l’économie, non à la tyrannie des marchés ! … L’argent doit servir, il ne doit pas gouverner ! » a déclaré le pape François en recevant, jeudi 16 mai, les nouveaux ambassadeurs du Kirghizstan, d’Antigua-et-Barbuda, du Grand-duché du Luxembourg, et du Botswana accrédités près le Saint-Siège.
 
Dans son premier discours social, le pape se montre très critique à l’égard des Etats quant à leur manière de gérer les finances du monde,  et ouvertement inquiet devant l’aggravation de la situation de millions de personnes sur la planète, il dénonce l’impitoyable « culte de l’argent » et la « dictature de l’économie ».
 
« … La plupart des hommes et des femmes de notre temps continuent de vivre dans une précarité quotidienne aux conséquences funestes », dénonce-t-il en dressant un triste tableau de toutes les  graves « pathologies » dont souffre aujourd’hui l’humanité, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, et qui semble marquer « un tournant dans son histoire » :
 
« La peur et la désespérance saisissent les cœurs de nombreuses personnes ; la joie de vivre s’amenuise ; l’indécence et la violence prennent de l’ampleur ; et la pauvreté devient plus criante. Il faut lutter pour vivre, et pour vivre souvent indignement  », déplore-t-il avant de dénoncer les deux causes principales de cette situation : « le rapport que nous entretenons avec l’argent » et le fait que l’homme et la société « accepte » d’être sous son emprise.
 
Mais pour le pape François, le point de départ de la crise financière s’inscrit dans une « profonde crise anthropologique », dans « la négation du primat de l’homme » : « L’homme s’est  créé de nouvelles idoles (…)  L’adoration de l’antique veau d’or a trouvé un visage nouveau et impitoyable dans le fétichisme de l’argent, et dans la dictature de l’économie sans visage, ni but vraiment humain ».
 
La crise économique mondiale est révélatrice à ses yeux de graves déformations et déficiences au niveau de la conception même de l’Homme, de sa nature, le réduisant à une seule de ses nécessités : la consommation. Pire encore, dit le pape, « l’être humain est considéré aujourd’hui comme étant lui-même un bien de consommation qu’on peut utiliser, puis jeter. ».
 
Dans un tel contexte,  la solidarité considérée comme « le trésor du pauvre », a-t-il souligné,  est mise à mal, « considérée comme contre-productive, contraire à la rationalité financière et économique », et se crée alors un grave déséquilibre : « Alors que le revenu d’une minorité s’accroît de manière exponentielle, celui de la majorité s’affaiblit ».
 
Ce déséquilibre, explique le pape François, provient « d’idéologies promotrices de l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière, niant ainsi le droit de contrôle aux États chargés pourtant de pourvoir au bien commun », et permettant à une « nouvelle tyrannie invisible, parfois virtuelle » de s’installer, d’imposer « unilatéralement et sans recours possible » ses lois et ses règles.
 
Contre cette volonté de puissance et de possession devenue « sans limites », le pape François invite les Etats à réaliser une « réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait à son tour une réforme économique salutaire pour tous ». 
 
Car derrière cette attitude, c’est bien d’éthique qu’il est question. Tout comme la solidarité, celle-ci « dérange ! », ajoute le Pape, car elle est considérée « comme contre-productive, comme trop humaine » dans sa façon de relativiser l’argent et le pouvoir, « comme une menace » dans son refus de manipuler et assujettir la personne, et parce qu’ « elle conduit vers Dieu qui, lui, se situe en-dehors des catégories du marché ».
 
Le pape François, après avoir rappelé aux ambassadeurs que « le pape aime tout le monde, les riches comme les pauvres », mais qu’il a «  le devoir, au nom du Christ, de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir », renvoie « maitres financiers et gouvernants » aux saintes paroles  de Jean Chrysostome : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs ».


more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

UN PAPE PHÉNOMÉNAL

UN PAPE PHÉNOMÉNAL | Histoire8 | Scoop.it
Le non du pape à la dictature d'une économie sans visage...
Pat Lec's insight:
VaticanUn pape "phénoménal"

Une affluence accrue dans les confessionnaux et une foule immense lors de chaque rendez-vous du nouveau souverain pontife traduisent la popularité du nouveau pape argentin.

Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, souligne que le pape François a "touché le cœur et l’esprit de nombreuses personnes". Pour preuve, Mgr Fisichella observe : "De très nombreux prêtres, aussi bien à Rome qu’au Sud et au Nord de l’Italie, m’ont dit, de leur propre initiative, que de nombreuses personnes s’étaient approchées du sacrement de pénitence, expliquant l’avoir fait car elles étaient touchées par les paroles du pape". "Les personnes désirent être présentes, entendre sa voix, le voir", explique-t-il en citant les chiffres d’affluence aux audiences, messes et angélus du pape François. "Je ne suis pas tenu à la prudence" du Bureau de presse du Saint-Siège, indique encore Mgr Fisichella.

"Sa proximité est étonnante", observe encore le responsable de la nouvelle évangélisation au Vatican. Et d’insister : "Nous sommes plus contents que jamais, car cela implique une réflexion sur l’importance de la foi, le fait d’être chrétien".

Un phénomène qui dépasse Rome et l'Italie

De son côté, Mgr José Octavio Ruiz Arenas, secrétaire de ce même dicastère, assure que ce phénomène a lieu partout. "En Amérique latine, il y a de nombreuses personnes qui ne se confessaient pas et se rapprochent désormais de l’Eglise. Cela n’a pas lieu qu’en Italie, c’est un phénomène plus ample".

L’affluence aux rendez-vous publics du pape François ne faiblit pas. Les audiences générales, qui voyaient d’ordinaire la participation de quelque 15 à 30.000 personnes sur la place Saint-Pierre, sont suivies depuis plusieurs semaines par près de 70.000 fidèles. A l’occasion de l’audience du 15 mai, la Via della Conciliazione était même bloquée à la circulation, fait rare pour un jour de semaine. Un engouement que l'on retrouve aussi lors de la prière mariale du dimanche et pour les messes.

apic/at

Le non du pape à la dictature d'une économie sans visage

Le pape François dénonce en termes forts "le fétichisme de l’argent" et la dictature d’une "économie sans visage", dans un discours centré sur les conséquences funestes de la précarité quotidienne de nombreux hommes.

Recevant en audience les nouveaux ambassadeurs du Kirghizistan, du Luxembourg, d’Antigua-et-Barbuda et du Botswana, le pape François a regretté le 16 mai que la promotion de l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière installe actuellement “une nouvelle tyrannie invisible, parfois virtuelle, qui impose unilatéralement, et sans recours possible, ses lois et ses règles“.

Après avoir dénoncé le refus de l’éthique et le refus de Dieu, regrettant aussi que financiers, économistes et politiques considèrent Dieu comme incontrôlable et dangereux, le pape a souhaité un changement courageux d’attitude des dirigeants politiques.

Il a appelé de ses vœux “une réforme financière qui soit éthique et qui entraînerait à son tour une réforme économique salutaire pour tous". Il a conclu en assurant que si “le pape aime tout le monde : les riches comme les pauvres“, il a “le devoir au nom du Christ, de rappeler au riche qu’il doit aider le pauvre, le respecter, le promouvoir“.

apic

Les 1.700 ans de l'édit de Constantin

Bartholomée Ier, le primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople, et le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, se sont rencontrés le 15 mai. Ils ont dialogué autour du thème "Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre".

Durant cette rencontre à laquelle a participé également le maire de Milan, Giuliano Pisapia, un message du Pape a été lu. Il portait la signature du cardinal secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone. Dans ce message, le pape a salué cet évènement qui "permet de ne pas oublier cette décision historique qui, en décrétant la liberté de religion pour les chrétiens, a ouvert de nouveaux chemins à l’Evangile et a contribué de manière significative à l’avènement de la civilisation européenne". Le pape François espère que le témoignage commun entre chrétiens d’Orient et d’Occident concoure à la diffusion du message de salut de l’Europe et du reste du monde, qui doit permettre le respect de l’expression de la foi de chacun. La contribution du christianisme à la culture et à la société de notre temps doit aussi être accueillie sans préjugés, a encore précisé le pape.

Le 14 mai, c'était Tawadros II, le patriarche des coptes orthodoxes d’Egypte, qui rencontrait le cardinal Angelo Scola dans la capitale de Lombardie, pour célébrer un autre moment important de l'anniversaire de l'édit de Constantin.
A cette occasion, Tawadros II a demandé de prier pour l'Egypte, pour les chrétiens qui vivent dans ce pays et pour toutes les Eglises. "L'Eglise de Milan - a déclaré pour sa part le cardinal Scola - souhaite approfondir le lien de communion qui par la puissance de l'Esprit saint se renouvelle parmi les fidèles de l'Église copte orthodoxe et ceux de l'Église ambrosienne. Nous vivons dans la prière les douloureuses épreuves auxquelles l’Eglise copte doit faire face".

Radio Vatican

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

La Pentecôte dans l’art

La Pentecôte dans l’art | Histoire8 | Scoop.it
Les Évangiles parlent de la manifestation de l’Esprit saint à l’occasion des apparitions du christ ressuscité à ses apôtres, mais les Actes des 
Pat Lec's insight:

Les Évangiles parlent de la manifestation de l’Esprit saint à l’occasion des apparitions du christ ressuscité à ses apôtres, mais les Actes des Apôtres racontent un épisode précis survenu dix jours après l’Ascension.

Le groupe des plus proches disciples de jésus a pris l’habitude de se réunir dans une maison de Jérusalem, en prenant la précaution de bien fermer les portes par crainte d’être arrêtés et interrogés à cause de la disparition du corps du Christ.

L’une de ces réunions se tient le jour de la fête juive de la Pentecôte, sept semaines après la Pâques. Y assistent la Vierge Marie et les apôtres, au nombre de douze depuis la désignation de Matthias en remplacement de Judas. Soudain vient du ciel un bruit comme celui d’une bourrasque, qui remplit toute la maison, et apparaissent des "langues" qu’on dirait de feu : elles se divisent et il s’en pose une sur chacun des présents.

Tous sont alors remplis de l’Esprit saint et se mettent à parler dans toutes les langues du monde : la présence à Jérusalem, en cette période, de pèlerins "venus de toutes les nations qui sont sous le ciel" permet de vérifier immédiatement l’efficacité étonnante de ce prodige.

Étude de l’œuvre La pentecôte, Giotto, 1304-1306, Padoue, chapelle des Scrovegni

 La salle close où se produit la descente de l’Esprit saint est représentée ici comme unpavillon gothique.

 L’Esprit saint sous la forme de rayons lumineux

 Pierre tourne le regard vers le spectateur : cette dernière image de la chapelle des Scrovegni, qui représente le début de l’activité de l’Eglise interpelle directement le fidèle

 Les apôtres sont de nouveau au nombre de douze : peu avant la pentecôte, un tirage au sort entre Joseph le Juste et Matthias a désigné ce dernier pour remplacer Judas. Giotto ne fait pas figurer ici la Vierge Marie, laquelle est au contraire souvent présente dans d’autres représentations de cette scène.

Source : Le nouveau testament, repères iconographiques, Stefano Zuffi

Pour en savoir plus :

Accédez à la rubrique "Art et temps liturgique" et à la page "Art sacré" du portail liturgie catholique.

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

70e : le tournage du film mythique a commencé - Cherbourg.maville.com

70<sup>e</sup><b> </b>: le tournage du film mythique a commencé - Cherbourg.maville.com | Histoire8 | Scoop.it
- 70e : le tournage du film mythique a commencé - Le film « Overlord » Imax en 3D destiné à être projeté dans le monde sur des... Cherbourg
Pat Lec's insight:
70e : le tournage du film mythique a commencéL'équipe du tournage du film événement pour le 70e est venue réaliser quelques plans sur le site de la batterie de Longues-sur-Mer, toujours fréquentée par les visiteurs, comme ici.Le film « Overlord » Imax en 3D destiné à être projeté dans le monde sur des écrans géants en juin 2014 est en cours de réalisation. La démonstration de force a été faite hier à Longues-sur-Mer.Projet

« Overlord» a été imaginé il y a deux ans en perspective du 70e anniversaire du Débarquement. « C'est le premier film Imax (abréviation de l'anglais image maximum) en 3D sur le Débarquement et la Bataille de Normandie, explique Pascal Vuong, réalisateur de la société N3D Land productions. C'est une technologie destinée aux écrans géants, que l'on trouve principalement aux États-Unis. Le projet fait parler de lui dans le monde, en Australie, en Asie, au Canada, en Grande-Bretagne... » Un retentissement mondial est attendu pour la sortie de ce documentaire de 40 minutes le 6juin 2014.

Contenu

Il s'agira d'un documentaire spectacle diffusé à l'échelon mondial. « Il y aura différentes natures d'images, de l'animation, de l'image de synthèse pour reconstituer la Grande Armada, des avions de la Seconde Guerre mondiale qui ont survolé la Normandie, attaqué des trains, des ponts, des chars », énumère Pascal Vuong. Cette production sera clairsemée de prises de vues réelles tournées à Utah Beach et à Merville-Franceville, la semaine passée. « Des lettres de gens qui ont vécu ces événements seront lues par des comédiens professionnels. Il y aura aussi beaucoup de cartes car la connaissance de cette région n'est pas partagée par tous. Cela permettra d'expliquer la stratégie militaire. » Le film présentera aussi beaucoup d'archives photos « parce qu'elles dégagent beaucoup plus d'émotions dans les regards ».

Tournage

Il y a un peu moins d'un an, l'équipe de Pascal Vuong était déjà venue en repérage lors des cérémonies du 68e anniversaire du D-Day. Des prises de vue avaient été effectuées au cimetière américain de Colleville-sur-Mer. Le tournage du film a vraiment débuté ces derniers jours. « On était à Utah Beach pendant cinq jours la semaine passée, confirme Pascal Vuong. On va faire toutes les plages de Normandie, l'arrière-pays, les cimetières... »

Des plans seront tournés sur les côtes anglaises et à Bruxelles.Le tournage prendra fin en décembre.

Moyens

La société de production n'a pas lésiné sur les moyens. Démonstration en a été faite hier mercredi sur le site de la batterie de Longues-sur-Mer, dans le Bessin, avec un hélicoptère piloté par Richard Sarrazy, connu pour filmer le Tour de France cycliste. « Pour pouvoir projeter des images sur des écrans, comme celui de Sydney, en Australie (36 m de base et 28 de haut, soit un immeuble de huit étages, NDLR), on est obligé de tourner avec des caméras à ultra-haute définition. » Budget: 3,5millions d'euros. « Pour un tel film qui va être vu par des millions de spectateurs dans le monde, ce n'est pas franchement énorme. »

Projections

Ce film est donc loin d'être une exclusivité pour la Normandie. « L'idée est de montrer aux Américains, Canadiens, Anglais... à tous les gens dont les aïeux étaient là il y a 70 ans, à quel point la Normandie est belle. » Le 6juin, le film sortira dans les capitales alliées: Washington, Londres, Ottawa... En France, le film sera projeté à la Géode à Paris. Des négociations sont en cours pour qu'il puisse être présenté au Zénith à Caen, le 6juin 2014, et à la Cité de la Mer à Cherbourg.

Benoît LASCOUX.  Ouest-France 
more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Une tigresse de l'Amour remise en liberté dans l'Extrême-Orient russe - notre-planete.info

Une tigresse de l'Amour remise en liberté dans l'Extrême-Orient russe - notre-planete.info | Histoire8 | Scoop.it
Une tigresse nommée Zolushka (Cendrillon en russe) a été remise en liberté dans le cadre d'une opération menée conjointement par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), le Phoenix Fund, le Special Inspection Tiger,...
Pat Lec's insight:

Une tigresse nommée Zolushka (Cendrillon en russe) a été remise en liberté dans le cadre d'une opération menée conjointement par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), le Phoenix Fund, le Special Inspection Tiger, l'A.N. Severtsov Institute of Ecology and Evolution et l'Académie des sciences russe.

Cette tigresse de Sibérie a perdu sa mère, probablement victime des braconniers, au cours de l'hiver 2012, une situation courante dans l'Extrême-Orient russe.

"L'habitat des tigres se réduit comme peau de chagrin. Leurs zones de chasse sont entamées par la déforestation et les feux de forêts, qui ont atteint des niveaux inégalés. Le déclin des populations de mammifères ongulés (leur principale source d'alimentation) pèse également lourdement sur leur survie", explique Maria Vorontsova, Directrice d'IFAW Russie. "Les tigres sont très recherchés pour la préparation de remèdes issus de la médecine traditionnelle en Chine, ce qui explique l'essor du braconnage. Tout cela entraîne une hausse de la mortalité des femelles tigres. Et les tigrons affamés et épuisés finissent souvent par arpenter les villages à la recherche de nourriture."

Cendrillon a dû être capturée et placée dans le centre de réhabilitation dédié aux espèces en danger construit par le Severtsov Institute of Ecology and Evolution et le Special Inspection Tiger, à proximité du village d'Alexeyevka, dans le Primorié.

Grâce aux efforts déployés par ces deux organismes et au soutien financier d'IFAW et du Phoenix Fund, Cendrillon a pu bénéficier d'un programme de réhabilitation unique.

L'animal a ainsi passé un an dans le centre de réhabilitation sous l'œil attentif des soigneurs qui se sont employés à la remettre sur pied et à préparer son retour à la liberté.

Cendrillon a donc appris à chasser et à traquer ses proies. Pendant six mois, elle s'est nourrie exclusivement de cerfs, de porcs et de ratons-laveurs vivants dans son vaste enclos.

Tout contact avec l'homme a été exclu, la surveillance ne se faisant qu'au moyen de caméras.

"La tigresse est désormais prête à retourner à la nature. Elle est en forme et réussit sans problème à traquer et à chasser ses proies tout en évitant le contact avec les hommes", explique le Dr Viatcheslav Rozhnov, Vice-président du Severtsov Institute of Ecology and Evolution.

"Grâce à l'expertise de l'équipe du centre de réhabilitation, Cendrillon est tout à fait prête à prendre un nouveau départ, seule.", affirme Sergei Bereznuk, Directeur du Phoenix Fund.

Cendrillon a été équipée d'un collier satellite et relâchée la semaine dernière dans la réserve naturelle de Bastak, dans le Primorié, où des rangers se chargeront de suivre son évolution. Les données recueillies par satellite montrent déjà que la tigresse s'approprie rapidement la réserve et laissent penser qu'elle s'habitue avec succès à sa nouvelle vie en pleine nature.

"Nous espérons aussi qu'elle mettra bientôt bas", affirme Mme Vorontsova. "Aujourd'hui, on ne compte plus que 3 200 tigres à l'état sauvage, dont environ 400 en Russie. Chaque vie doit donc être préservée si nous voulons sauver cette espèce de l'extinction."

Auteur

Fonds International pour la Protection des Animaux

more...
No comment yet.
Scooped by Pat Lec
Scoop.it!

Un fantastique concept d’escalier convertible en rampe d’accès pour les handicapés

Un fantastique concept d’escalier convertible en rampe d’accès pour les handicapés | Histoire8 | Scoop.it
Pour les personnes handicapées et en fauteuil roulant, monter ou descendre un escalier n'est jamais simple. Parfois les structures sont adaptées, mais beaucoup ne permettent pas encore d'accès facilité.
Pat Lec's insight:

 

PAS DE PRIX INDIQUE, AUTREMENT GENIAL !!!!

 





Pour les personnes handicapées et en fauteuil roulant, monter ou descendre un escalier n'est jamais simple. Parfois les structures sont adaptées, mais beaucoup ne permettent pas encore d'accès facilité. Un concept de rampe imaginé par Chan Wen Jie pourrait changer la situation dans l'avenir.

Ce nouveau concept a été imaginé par le designer Chan Wen Jie. Il arrive souvent que des endroits soient inaccessibles par des personnes handicapées parce que les marches ne le permettent pas. Le designer a donc réfléchi à un système ingénieux pour transformer, le temps d'une utilisation, les marches d'un escalier en rampe inclinée. Celle-ci permettrait le passage d'un fauteuil roulant. 

Certains commerces ou immeubles ne disposent pas de rampe d'accès spéciale, ce qui ne facilite pas la vie des personnes en fauteuils roulants. Le système de Chan Wen Jie permettrait justement de remédier à ce genre de situation. Une fois sa rampe inclinable utilisée, il serait possible de la remettre sous sa forme initiale, épousant la forme des marches. 

Ce système a été imaginé pour ne nécessiter qu'un entretien minimal et diminuer les coûts de construction. Les matériaux utilisés pour le construire seraient constitués majoritairement d'aluminium et d'acier inoxydable. Sa surface serait anti-dérapante pour garantir une sécurité maximale. 

Cette idée n'est pour l'instant qu'un concept mais on imagine très bien son utilité dans le monde réel. Cela faciliterait grandement la vie à beaucoup de personnes handicapées. Pensez-vous que ce concept permettrait de faciliter grandement la vie des personnes handicapées ? 

more...
No comment yet.