Gilles Deleuze
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Gilles Deleuze à propos du rêve chez Minnelli.

Gilles Deleuze, Conférence "Mardis de la fondation",17 mars 1987.

 

Extrait de 1'24".

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Gilles Deleuze
Plus le contenu de pensée est faible, plus le penseur prend d'importance.
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Caute@lautre.net - Eléments d’un petit vocabulaire deleuzien

Caute@lautre.net - Eléments d’un petit vocabulaire deleuzien | Gilles Deleuze | Scoop.it
Philosophie classique et philosophie contemporaine. Préparation au baccalauréat. Conférences et émissions audios de philosophie.

 

Réalisé par Raphaël Bessis à partir des textes de Gilles Deleuze, du Vocabulaire de Gilles Deleuze (sous la dir. Robert Sasso et Arnaud Villani), Les Cahiers de Noesis n° 3, Printemps 2003, du Vocabulaire de Deleuze de François Zourabichvili, Ed. Ellipses, 2003, et du livret réalisé par David Lapoujade à l’occasion de l’exposition « Deleuze » organisé par l’ADPF (association pour la diffusion de la pensée française), 2004), et mis en ligne par jld.

Ces éléments d’un petit vocabulaire deleuzien se veulent une invitation à découvrir l’oeuvre de Gilles Deleuze, ainsi que ces précieux guides que sont les ouvrages utilisés comme références. Les quelques éléments qui te sont proposés ici, ami butineur, ne peuvent remplacer la fréquentation de ces livres.

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spinoza.fr › Sur les notions communes – extrait du lexique de Gilles Deleuze

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NOTIONS COMMUNES. - Les notions communes (Ethique, II, 37-40) ne sont pas ainsi nommées parce qu’elles sont communes à tous les esprits, mais d’abord parce qu’elles représentent quelque chose de commun aux corps: soit à tous les corps (l’étendue, le mouvement et le repos), soit à certains corps (deux au minimum, le mien et un autre). En ce sens, les notions communes ne sont pas du tout des idées abstraites mais des idées générales (elles ne constituent l’essence d’aucune chose singulière, II, 37); et, suivant leur extension, suivant qu’elles s’appliquent à tous les corps ou seulement à certains, elles sont plus ou moins générales (Traité théologico-politique, chap. 7)....

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Strass de la philosophie: Gilles Deleuze

Strass de la philosophie: Gilles Deleuze | Gilles Deleuze | Scoop.it
La philosophie de Deleuze ne se plie pas volontiers à l'exercice d'un commentaire ni à la forme caricaturale de la thèse avec laquelle son écriture devait rompre sans retour depuis sa rencontre avec Félix Guattari. Écrire à deux, cela réclame forcément une attention spéciale qui conduira cette œuvre dans l'interstice de passions communes, vers des objets de plus en plus extérieurs à la philosophie pure, comme c'est le cas de la confrontation exceptionnelle au cinéma et à bien d'autres machines de désirs. Où il sera question de noces, d'épousailles entre les aventures du concept et les mouvements qui les portent dans des machinations de récits aussi étranges que "La Métamorphose" de Kafka, La "Recherche du temps perdu" de Proust, "Bartleby" de Melville, pour ne citer que les rencontres les plus emblématiques.
La philosophie de Deleuze, sous de telles attractions, se placera inévitablement en état de perpétuelle bifurcation, entraînée forcément vers des contrées très éloignées des querelles de chapelles. Elle se laissera traverser davantage par une passion du concret éprouvée toujours comme une multiplicité qui vient redoubler les concepts. D'où, peut-être, ce besoin tardif d'entraîner l'histoire de la philosophie, au travers d'un livre sur Leibniz, vers des architectures de pensée extra-philosophiques, à un moment où les concepts inventés s'étaient déjà libérés de toutes les contraintes universitaires pour se laisser nouer à la vie. Sa manière d'être classique, comme il le revendique, réside ainsi dans le désir avec lequel il prend le monde à bras-le-corps, saisissant, pour la philosophie, des voisinages extérieurs impossibles à ramener à la seule considération d'une doctrine....
Vincent DUBOIS's insight:

Préface au livre de Jean-Clet Martin, La philosophie de Gilles Deleuze, Payot, 2005

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Slavoj Zizek - Deleuze and the Lacanian Real

Slavoj Zizek - Deleuze and the Lacanian Real | Gilles Deleuze | Scoop.it

Why is structuralism serious? For the serious to be truly serious, there must be the serial, which is made up of elements, of results, of configurations, of homologies, of repetitions. What is serious for Lacan is the logic of the signifier, that is to say the opposite of a philosophy, inasmuch as every philosophy rests on the appropriateness, transparency, agreement, harmony of thought with itself. There is always some part hidden, in a philosophy, an I = I, which constitutes what Lacan called at some moment 'the initial error in philosophy," which consists in privileging this equality and thus making one believe that the 'I' is contemporary with itself, while its constitution is always after the emergence of its cause, of petit a. The unconscious means that thought is caused by the non-thought that one cannot recapture in the present, except by capturing it in its consequences. This is how Georges Dandin recaptures the consequence of stopped time when he stops to say: Tu l'as voulu, Georges Dandin! (You wanted it, Georges Dandin.) He makes time stop to recapture in the consequence what was caused by the non-thought. [1]

The only thing one cannot fully agree with in this quoted passage concerns Miller's (and Lacan's) all too quick and slick condemnation of philosophy: the very German idealist who articulated the infamous I=I, the formula of the I's self-identity Lacan is distancing himself from, Fichte, also made clear the subject's dependence on a cause which is de-centered with regard to the subject. Fichte was the first philosopher to focus on the uncanny contingency in the very heart of subjectivity: the Fichtean subject is not the overblown Ego=Ego as the absolute Origin of all reality, but a finite subject thrown, caught, in a contingent social situation forever eluding mastery. It is important to bear in mind the two primary meanings of Anstoss in German: check, obstacle, hindrance, something that resists the boundless expansion of our striving, but also impetus, stimulus, something that incites our activity. Anstoss is not simply the obstacle the absolute I posits to itself in order to stimulate its activity so that, by overcoming the self-posited obstacle, it asserts its creative power, like the games the proverbial perverted ascetic saint plays with himself by inventing ever new temptations and then, in successfully resisting them, confirming his strength. If the Kantian Ding an sich corresponds to the Freudian-Lacanian Thing, Anstoss is closer to objet petit a, to the primordial foreign body that "sticks in the throat" of the subject, to the object-cause of desire that splits it up: Fichte himself defines Anstoss as the non-assimilable foreign body that causes the subject division into the empty absolute subject and the finite determinate subject, limited by the non-I.

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T come Tennis - Gilles Deleuze (Sottotitoli ita) - YouTube

Gilles Deleuze - Abecedario - Lettera T
Vincent DUBOIS's insight:

Et si on parlait sport?

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Leibniz baroque ?

Leibniz baroque ? | Gilles Deleuze | Scoop.it
Qu'est-ce qu'un commentaire philosophique? Le cas offert par Gilles Deleuze dans son commentaire de Leibniz (Le pli) est l'occasion de saisir quelques uns des enjeux de cette pratique essentielle au travail du philosophe. En revivifiant en effet une tradition historiquement datée (Wölfflin), Gilles Deleuze s'est attaché à produire une description originale du système leibnizien. Au-delà des difficultés soulevées par la nature même de son modèle (la notion de baroque), le commentaire de Deleuze se singularise par une conception particulière de la lecture philosophique comme recréation d'une pensée à partir de la description de ses conditions formelles d'existence.

 

Limité par son objet et par sa forme, ce travail se veut une contribution à une démarche beaucoup plus vaste qui pourrait porter sur la question de la réception des oeuvres philosophiques. Qu'est-ce en effet que lire de la philosophie ? Et plus particulièrement, comment un philosophe lit-il un autre philosophe ? Il y aurait beaucoup à dire sur les stratégies d'appropriation alors en cours. Les problèmes spécifiques posés par la pratique du commentaire nous semblent ici bien éclairer cette question. Prenons le commentaire comme pratique d'appropriation. Nous demanderons : comment, par le biais du commentaire, un philosophe ayant derrière lui l'essentiel de son oeuvre, par exemple le Deleuze de 1988, va-t-il trouver à faire du discours d'un autre, par exemple Leibniz, auquel Deleuze consacre cette année-là son dernier livre d'histoire de la philosophie, une partie de son propre discours ?

 

En 1988, en effet, Gilles Deleuze publie Le Pli, ouvrage dont le sous-titre pourrait être à lui seul un problème : « Leibniz et le baroque ». Il y a sans doute quelque chose de surprenant dans ce livre. D'abord parce que depuis plusieurs années, Deleuze semblait avoir délaissé l'histoire de la philosophie. Les années 50 et 60 en effet avaient été dans l’œuvre de Deleuze les décennies des grandes monographies historiques : Hume (Empirisme et subjectivité, 1953) ; Nietzsche (Nietzsche et la philosophie, 1962) ; Kant (La philosophie de Kant, 1963) ; Bergson (Le bergsonisme, 1966) ; Spinoza (Spinoza et le problème de l'expression, 1968). Mais le petit Spinoza - philosophie pratique de 1981 n'est qu'une édition augmentée d'un lexique paru en 1970. Le Foucault de 1986, un hommage à un contemporain récemment disparu. Car à partir de 1969 (Différence et répétition) et surtout de la collaboration avec Félix Guattari, scellée en 1972 par la parution d'un premier ouvrage commun (L'Anti-Œdipe), l’œuvre de Gilles Deleuze semblait s'être engagée sur d'autres voies.

 

Il reste cependant de ces deux décennies "historiques" ce qu'on pourrait appeler une méthode Deleuze : en partant, non du détail d'une pensée, des thèmes et difficultés précis habituellement commentés, mais du tout de l'oeuvre, l'historien de la philosophie Deleuze s'attache à déterminer un cadre général dans lequel prendront place les différentes questions qui fondent le système. Ce qui ne signifie pas qu'il parle la langue du système. Habile à aborder une pensée en en déterminant le site principal, le centre de gravité, Deleuze se montre peu scrupuleux en matière de lexique, n'hésitant pas à user ici ou là des mots qui ne sont pas toujours ceux de l'auteur....

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Gilles Deleuze. Le libertaire

Gilles Deleuze. Le libertaire | Gilles Deleuze | Scoop.it

Un vieil homme parle face à la caméra, la voix rauque, l'œil vif, pétillant, malgré, on le sent, une certaine fatigue. Ses propos sont toujours enthousiastes, souvent amusés. Il a l'air sympathique, ce philosophe qui accepte de réagir à des mots lancés par une jeune femme, Claire Parnet. De toute façon, tout vaut mieux que de répondre à des questions. Cela, il n'aime pas. Dans Dialogues, il s'explique : « La plupart du temps, quand on me pose une question, même qui me touche, je m'aperçois que je n'ai strictement rien à dire. Les questions se fabriquent comme autre chose. Si on ne vous laisse pas fabriquer vos questions, avec des éléments venus de partout, de n'importe où, si on vous les "pose", vous n'avez pas grand-chose à dire (1). » Alors Gilles Deleuze préfère parler à partir de mots lancés selon un ordre arbitraire - l'ordre alphabétique : il parlera donc de désir, de tennis, de peinture, de politique... C'est L'Abécédaire (2). Ce film est sans doute la manière la plus plaisante de découvrir G. Deleuze. Car il faut bien avouer qu'il est plus facile de l'écouter que de le lire. Ses livres sont, il est vrai, plutôt atypiques. Pas au début. Ses premiers livres sont assez classiques, tout comme son parcours. G. Deleuze fait ses études secondaires au lycée Carnot à Paris, devient agrégé de philosophie, enseigne aux lycées d'Amiens, d'Orléans et Louis-le-Grand de 1948 à 1957. En 1953, il publie son premier livre, Empirisme et Subjectivité, une étude sur le philosophe écossais du XVIIIe siècle David Hume. Suivront plusieurs études d'histoire de la philosophie....

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L'Anti-Oedipe : Libérer les flux du désir

L'Anti-Oedipe : Libérer les flux du désir | Gilles Deleuze | Scoop.it
Livre symbole de l'après-68, L'Anti-œOedipe est un ouvrage iconoclaste. Ne ménageant guère la psychanalyse, Gilles Deleuze y défend une conception positive du désir libéré du carcan familial que la figure du schizophrène nous permet de mieux comprendre.

En 1969, Gilles Deleuze le philosophe rencontre Félix Guattari le psychanalyste. Trois ans plus tard, ils publient L'Anti-œdipe (1), un livre étrange écrit à quatre mains. Premier fruit d'une collaboration atypique, L'Anti-OEdipe est un ovni dans le ciel philosophique. Par son style déjà : grossier, diront certains, en tout cas ébouriffant et bien loin du lourd esprit de sérieux qui pèse sur la production philosophique universitaire. « Ça chie, ça baise », lit-on dès la troisième ligne. Par ses idées surtout : L'Anti-œdipe constitue une manière révolutionnaire de penser le désir. Ah ! Cela sent mai 1968, rétorquera-t-on. Sans nul doute. Et même l'échec de mai 68 : porté par le souffle de cette folle équipée et par une soif inextinguible de liberté, L'Anti-œdipe cherche aussi à comprendre ce qui n'a pas marché...

Première erreur trop souvent commise : penser le désir sur le mode du manque. Pourtant, telle semble la lancinante leçon assenée de toutes parts : nous désirons ce que nous n'avons pas. Déjà Platon dans Le Banquet relatait le mythe d'Eros. Fils de Poros (en grec, « expédient ») et de Penia (« manque », « pauvreté »), Eros est toujours dans l'indigence mais, rusé (il est bien le fils de son père), il guette les choses belles et bonnes qu'il traque sans cesse. Jacques Lacan que L'Anti-OEdipe tient en ligne de mire pense également le désir sur le mode du manque mais aussi de l'interdit.

Or, pour G. Deleuze et F. Guattari, « ce n'est pas le désir qui s'étaie sur les besoins, c'est le contraire, ce sont les besoins qui dérivent du désir : ils sont contre-produits dans le réel que le désir produit (2) ». Ce faisant, ils reprennent l'enseignement de Baruch Spinoza qui lui aussi refusait cette conception négative du désir : nous ne désirons pas une chose parce que nous la jugeons bonne mais c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne....

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DELEUZE, Gille, 1971: Anti Oedipe et mille plateaux, in Les cours de Gilles Deleuze/ Anti-Œdipe et Mille-plateaux/ Cours Vincennes, 16 Novembre 1971. | TRAAC.INFO

DELEUZE, Gille, 1971: Anti Oedipe et mille plateaux, in Les cours de Gilles Deleuze/ Anti-Œdipe et Mille-plateaux/ Cours Vincennes, 16 Novembre 1971. | TRAAC.INFO | Gilles Deleuze | Scoop.it

Dans “Nature des flux“, G. DELEUZE aborde la notion de flux à travers trois grandes thématiques à savoir l’économie et le capitalisme, la peinture, l’homme. Dans un premier temps, le philosophe aborde la notion de flux au niveau économique. Faisant référence à KEYNES “On peut appeler flux la valeur des quantités de biens de services ou de monnaie qui sont transmises d’un pôle a un autre“.

 

DELEUZE développe la théorie selon laquelle la notion de flux est indissociable de celle de pôle, autrement dit, les flux impliquent des codes. Pour qu’un flux soit dit économique, il est selon lui nécessaire que quelque chose passe et quelque chose d’autre soit bloqué et que quelque chose d’autre le bloque ou le fasse passer. Il existe toujours des flux d’entrée et de sortie et la notion de pôle est toujours impliquée par le mouvement (entrée et sortie) des flux. Un pôle (intercepteur de flux) peut aussi bien être une personne, un ensemble de personnes, une entreprise ou une partie d’entreprise.....

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L'image de cinéma chez Deleuze : sa nature et ses vertus, par ...

L'image de cinéma chez Deleuze : sa nature et ses vertus, par ... | Gilles Deleuze | Scoop.it

Depuis L'image-mouvement (1983) et L'image-temps (1985) de Gilles Deleuze, il n'est plus vraiment possible d'étudier le contenu et la conformation du cinéma sans au moins procéder à un détour deleuzien, c'est-à-dire un détour philosophique. Peut-être aussi que cela sous-entend une complète réforme de méthode, pour le plus grand plaisir ou le plus grand soupçon de ceux qui commencent dans les études cinématographiques, ce qui n’est pas sans provoquer du contentement, des désillusions, des colères, et, pourquoi pas, le plus important au final, d’improbables consolations. Certes le film en tant que tel pourra conserver ses affinités et ses langages, celles et ceux qu’on aura débusqués au cours d’un exercice de lecture pluridisciplinaire ou d’analyse sémiologique, mais il n’en sera pas moins le lieu d’une intrusion vers quelque chose de plus aigu, le lieu pour ainsi dire d’une majoration des facultés qui prend le nom d’«empirisme supérieur» dans le corpus deleuzien. Il faut donc se demander ce que suscite le cinéma quand on cherche à joindre sa dynamique au travail d’une production conceptuelle qui, à l’origine, dépend du philosophe. En outre, une fois que cette alliance entre le cinéma et la philosophie se sera légitimée, il faudra comprendre les fonctions de l’empirisme supérieur, ses destinations et ses bénéfices, que ceux-ci nous enrichissent ou nous déroutent....


Via Régis Gronoff
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La barbe ne fait pas le philosophe... le pli du vêtement, si !

La barbe ne fait pas le philosophe... le pli du vêtement, si ! | Gilles Deleuze | Scoop.it
Pour Gilles Deleuze la monade de Leibniz serait un habit aux courbes et arabesques innombrables, une pièce textile à même de « [libèrer] ses propres plis de leur habituelle subordination au corps fini ».

Dans Le Pli (1988), Gilles Deleuze analyse le système métaphysique de Leibniz comme une philosophie baroque, « le trait du baroque [étant] le pli qui va à l'infini. » Pour illustrer, et même incarner son idée, Deleuze recourt à la métaphore vestimentaire.

Le philosophe Gottfried Wilhem Leibniz (1646-1716) nomme « monades » les esprits et explique qu'ils sont tous des « miroirs de l'univers », mais chacun depuis la perspective singulière et unique qui est la sienne. Depuis cet angle particulier et exclusif, chaque « monade » perçoit donc l'univers dans son ensemble, mais toutes ses perceptions ne sont pas claires : son point de vue sur le monde ne lui permet d'en saisir distinctement qu'une partie, pour le reste tout est de l'ordre de la perception confuse et obscure, c'est-à-dire peu ou non consciente. Comme le commente Deleuze : « Le clair-obscur remplit la monade suivant une série qu'on peut parcourir dans les deux sens : à une extrémité le sombre fond, à l'autre la lumière scellée. »

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Adnen Jdey (dir.), Gilles Deleuze, la logique du sensible

Adnen Jdey (dir.), Gilles Deleuze, la logique du sensible | Gilles Deleuze | Scoop.it
Aborder la philosophie de Gilles Deleuze par le biais de sa conception du sensible, voilà le leitmotiv de cet ouvrage collectif qui comprend des articles de vingt deleuziens reconnus, dont le regretté François Zourabichvili.

 

Si elles partagent ce thème commun, les contributions traitent néanmoins des sujets différents. Rien de plus naturel lorsqu’il s’agit d’une philosophie souvent nommée « philosophie de la différence », pour laquelle l’unité n’est conçue que sur fond de multiplicités disparates. Le recueil dirigé par Adnen Jdey, chercheur à l’Université de Tunis I et traducteur de Deleuze en arabe, offre un texte inédit en français de ce dernier, à propos du peintre Francis Bacon. Ce texte n’avait été publié que dans une traduction anglaise, d’abord pour la revue Artforum, en janvier 1984, puis comme préface à l’ouvrage que Deleuze a consacré à l’artiste1.

2Concernant ce texte sur Bacon, on y retrouve la concision et, par là même, la densité conceptuelle de Deleuze ; comme si le tout de sa pensée venait se focaliser sur un point. Deleuze y soutient encore que le rapport de Bacon avec la violence est moins lié avec la violence brute des « crucifixions, prothèses et mutilations », qu’avec la violence d’une sensation, « une violence de réaction et d’expression ». D’où l’affirmation extraordinaire de Deleuze : « À la limite, les Figures de Bacon ne sont nullement des corps suppliciés, mais des corps ordinaires, dans des situations de contrainte ordinaires ». De cette perspective, il aurait fallu à Bacon passer par le détour des spectacles horribles peints sur ses toiles, afin de rendre visibles « les forces invisibles qui s’exercent sur la chair [...] par l’effet qu’elles ont sur la chair » (p. 23), y compris dans les circonstances apparemment légères ou banales. On retrouve dans ce manuscrit ces variations de thèmes chères à la philosophie de Deleuze, telles la substitution de la dichotomie force/matériau à celle, plutôt traditionnelle, de forme/matière. On y retrouve également la critique de la représentation, en art, en politique tout comme dans la pensée.

3Le reste du livre est divisé en quatre grandes parties : « individuations esthétiques », « images », « ritournelles » et « cartographies cliniques ». Il est possible que la ligne mélodique des diverses contributions soit on ne peut mieux évoquée par Pierre Montebello, quand il répond dans son article à la question de savoir ce que Deleuze est allé chercher chez Proust : « Sans aucun doute, à la fois une métaphysique de l’art et une image de la philosophie […] qui ne peuvent en tout cas résulter que de transformations singulières, d’une transmutation efficace des genres » (p. 341). En effet, car en dépit de leurs différences (de style, d’approche, d’objet, d’avis), ou plutôt en vertu d’elles, ces textes se ressemblent, puis se rassemblent, par le souci de tantôt revoir l’art d’une perspective philosophique, tantôt concevoir la philosophie à nouveau sous le signe de l’esthétique....

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Appel à communication : « Inside. Outside. Other. The body in the work of Gilles Deleuze and Michel Foucault » (Münster, 28-30 novembre 2013) « Le blog de l'APAHAU

Appel à communication : « Inside. Outside. Other. The body in the work of Gilles Deleuze and Michel Foucault » (Münster, 28-30 novembre 2013) « Le blog de l'APAHAU | Gilles Deleuze | Scoop.it

Both Gilles Deleuze and Michel Foucault were intensely engaged with aspects of the body. In particular, their critical drafts of aesthetics as much as their political thinking are based on conceptions of the body and corporeality.
Deleuze’s body is flexible, fleshy and abstract at the same time. Following Spinoza, in asking what the body can do, he unfolds his theory of becoming, becoming animal, becoming other. The potentiality of the body is revealed here as being in a state of nomadism and constant transformation. Together with Guattari he develops the concept of the “Body without Organs”, as an event through which hierarchies and codes are dissolved.
Foucault first of all attends to the body within his analytical investigations of power relations. In his late works and under the heading of an “Aesthetics of Existence“ he reformulates his thematic constellation between subject, truth and power. In the context of his reception of antique technologies of the self, the materiality of the bodily comes to the fore and leads to a revision of thinking alterity.

The aim of this interdisciplinary conference is to examine the significance of the body in Deleuze’s and Foucault’s works. This is particularly relevant in view of the intellectual exchange between the two philosophers. Specifically this event provides the possibility of tracing connections and contrasts between the two thinkers’ conceptions of the bodily and thereby complement the existing reception.

Contributions : We invite abstracts for 20 min presentations in German or English (max 300 words) that engage with these aspects from the perspectives of philosophy, art history, literary studies or adjacent areas of research.

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spinoza.fr › Sur le conatus – extrait du lexique de Gilles Deleuze

spinoza.fr › Sur le conatus – extrait du lexique de Gilles Deleuze | Gilles Deleuze | Scoop.it


L’essence du mode à son tour est degré de puissance, partie de la puissance divine, c’est-à-dire partie intensive ou degré d’intensité : « La puissance de l’homme, en tant qu’elle s’explique par son essence actuelle, est une partie de la puissance infinie de Dieu ou de la Nature» (IV, 4). Quand le mode passe à l’existence, c’est qu’une infinité de parties extensives sont déterminées du dehors à entrer sous le rapport qui correspond à son essence ou degré de puissance. Alors, et alors seulement, cette essence est elle-même déterminée comme conatus ou appétit (III, 7). Elle tend en effet à persévérer dans l’existence, c’est-à-dire à maintenir et renouveler les parties qui lui appartiennent sous son rapport (première détermination du conatus, IV, 39)....


....dans la tristesse, notre puissance comme conatus sert tout entière à investir la trace douloureuse et à repousser ou détruire l’objet qui en est cause. Notre puissance est immobilisée, et ne peut plus que réagir. Dans la joie, au contraire, notre puissance est en expansion, se compose avec la puissance de l’autre et s’unit à l’objet aimé (IV, 18). C’est pourquoi, même quand on suppose constant le pouvoir d’être affecté, quelque chose de notre puissance diminue ou est empêché par des affections de tristesse, augmente ou est favorisé par les affections de joie. On dira que la joie augmente notre puissance d’agir et que la tristesse la diminue. Et le conatus est l’effort pour éprouver de la joie, augmenter la puissance d’agir, imaginer et trouver ce qui est cause de joie, ce qui entretient et favorise cette cause; et aussi effort pour écarter la tristesse, imaginer et trouver ce qui détruit la cause de tristesse (III, 12, 13, etc.). En effet, l’affect-sentiment, c’est le conatus lui-même en tant que déterminé à faire ceci ou cela par une idée d’affection donnée. La puissance d’agir (Spinoza dit parfois force d’exister, déf. gén. des affects) du mode est donc soumise à des variations considérables tant que le mode existe, bien que son essence reste la même et que son aptitude à être affecté soit supposée constante. C’est que la joie, et ce qui s’ensuit, remplit l’aptitude à être affecté de telle manière que la puissance d’agir ou force d’exister augmente relativement; inversement la tristesse. Le conatus est donc effort pour augmenter la puissance d’agir ou éprouver des passions joyeuses (troisième détermination, III, 28).

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spinoza.fr › La vie de Spinoza par Gilles Deleuze – extraits

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Baruch de Spinoza naît en 1632 dans le quartier juif d'Amsterdam, d'une famille de commerçants aisés, d'origine espagnole ou portugaise. A l'école juive il fait des études, théologiques et commerciales. Dès treize ans, il travaille dans la maison de commerce de son père tout en poursuivant ses études (à la mort de son père, en 1654, il la dirigera avec son frère, jusqu’en 1656). Comment opéra la lente conversion philosophique qui le fit rompre avec la communauté juive, avec les affaires, et le conduisit à l’excommunication de 1656 ? Nous ne devons pas imaginer homogène la communauté d’Amsterdam; elle a autant de diversité, d’intérêts et d’idéologies que les milieux chrétiens. Elle est en majorité composée d’ex-marranes, c’est-à-dire de juifs ayant pratiqué extérieurement le catholicisme en Espagne et au Portugal, et qui durent émigrer à la fin du XVIe siècle. Même sincèrement attachés à leur foi, ils sont imprégnés d’une culture philosophique, scientifique et médicale qui ne se concilie pas sans peine avec le judaïsme rabbinique traditionnel.....

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"L'origine mathématique du structuralisme doit plutôt être cherchée du côté du calcul différentiel, et précisément dans l'interprétation qu'en donnèrent Weierstrass et Russel, interprétation statique et ordinale, qui libère définitivement le calcul...

Vincent DUBOIS's insight:

Bibliographie complète de Deleuze avec extrait et idées principales de chaque oeuvre.

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Un monde nommé Désir ("L'anti - oedipe", Gilles Deleuze et Félix ...

Un monde nommé Désir ("L'anti - oedipe", Gilles Deleuze et Félix ... | Gilles Deleuze | Scoop.it
Deleuze et Guattari, Gilles et Félix de leurs prénoms, sont cités, cités, cités. Particulièrement "l'anti -oedipe" et "Mille plateaux". J'avais lu Deleuze à propos de Spinoza mais je n'étais pas entré de première main dans le trio ...

 

Le constat des auteurs, il est terrifiant, c'est que la tyrannie n'est pas une tromperie mais un désir. Le peuple a désiré le fascisme et les auteurs se placent dans les pas de Wilhem Reich (dont la biographie a été chroniquée dans ce blog) pour s'interroger sur cette donnée inquiétante. 

 

Fidèles à Marx les auteurs voient en l'Homme un producteur. Une "machine désirante", productrice de désir. Ce désir là déborde le fameux triangle oedipien (papa maman et moi) censé baliser la psyché, et qui à leurs yeux enferme l'humain dans la question de l'autorité ou de la contestation de l'autorité légitime.

 

Un enfant ne se forme pas à papa manan seulement, il joue aux autos, aux cow boys. Il entretient vite une relation propre avec les objets même s'il les rapporte à papa maman.  Ainsi, l'"inconscient est orphelin"....


Via Régis Gronoff
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Post-scriptum sur les sociétés de contrôle Gilles DELEUZE

Post-scriptum sur les sociétés de contrôle Gilles DELEUZE | Gilles Deleuze | Scoop.it

es différents internats ou milieux d'enfermement par lesquels l'individu passe sont des variables indépendantes : on est censé chaque fois recommencer à zéro, et le langage commun de tous ces milieux existe, mais est analogique. Tandis que les différents contrôlats sont des variations inséparables, formant un système à géométrie variable dont le langage est numérique (ce qui ne veut pas dire nécessairement binaire). Les enfermements sont des moules, des moulages distincts, mais les contrôles sont une modulation, comme un moulage auto-déformant qui changerait continûment, d'un instant à l'autre, ou comme un tamis dont les mailles changeraient d'un point à un autre. On le voit bien dans la question des salaires : l'usine était un corps qui portait ses forces intérieures à un point d'équilibre, le plus haut possible pour la production, le plus bas possible pour les salaires ; mais, dans une société de contrôle, l'entreprise a remplacé l'usine, et l'entreprise est une âme, un gaz. Sans doute l'usine connaissait déjà le système des primes, mais l'entreprise s'efforce plus profondément d'imposer une modulation de chaque salaire, dans des états de perpétuelle métastabilité qui passent par des challenges, concours et colloques extrêmement comiques. Si les jeux télévisés les plus idiots ont tant de succès, c'est parce qu'ils expriment adéquatement la situation d'entreprise. L'usine constituait les individus en corps, pour le double avantage du patronat qui surveillait chaque élément dans la masse, et des syndicats qui mobilisaient une masse de résistance ; mais l'entreprise ne cesse d'introduire une rivalité inexpiable comme saine émulation, excellente motivation qui oppose les individus entre eux et traverse chacun, le divisant en lui-même. Le principe modulateur du « salaire au mérite » n'est pas sans tenter l'Éducation nationale elle-même : en effet, de même que l'entreprise remplace l'usine, la formation permanente tend à remplacer l'école, et le contrôle continu remplacer l'examen. Ce qui est le plus sûr moyen de livrer l'école à l'entreprise. Dans les sociétés de discipline, on n'arrêtait pas de recommencer (de l'école à la caserne, de la caserne à l'usine), tandis que dans les sociétés de contrôle on n'en finit jamais avec rien, l'entreprise, la formation, le service étant les états métastables et coexistants d'une même modulation, comme d'un déformateur universel. Kafka qui s'installait déjà à la charnière de deux types de société a décrit dans Le procès les formes juridiques les plus redoutables : l'acquittement apparent des sociétés disciplinaires (entre deux enfermements), l'atermoiement illimité des sociétés de contrôle (en variation continue) sont deux modes de vie juridiques très différents, et si notre droit est hésitant, lui-même en crise, c'est parce que nous quittons l'un pour entrer dans l'autre....

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Foucault, Deleuze, deux inédits

Foucault, Deleuze, deux inédits | Gilles Deleuze | Scoop.it
Ci-dessous deux entretiens réalisés par Emmanuel Moreira pour Radio grenouille avec Adnen Jdey et Matthieu Potte-Bonneville pour discuter de la publication de deux documents exceptionnels.
Il s'agit de deux publications successives. D'une part un entretien inédit de Michel Foucault réalisé en 1979 par Farès Sassine, publié dans le numéro 2 de la Revue Rodéo. Et d'autre part un texte inédit de Gilles Deleuze sur Francis Bacon dernièrement publié aux éditions De l'incidence éditeur dans un ouvrage collectif intitulé Gilles Deleuze, logique du sensible.

Via Luis Manuel, Valaf Lebu
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Antonin Artaud et Gilles Deleuze : un désamour commun pour le théâtre ?

Antonin Artaud et Gilles Deleuze : un désamour commun pour le théâtre ? | Gilles Deleuze | Scoop.it

"À quelle occasion Deleuze fait-il une lecture personnelle du théâtre de la cruauté ? Lorsqu’il s’interroge sur l’acte de penser et le concept d’image de la pensée. Le philosophe tient à évaluer la nature des représentations que la pensée implique implique, la qualité et les

caractéristiques de l’image qu’elle engendre. Chaque pensée (celle de Hume, Nietzsche, Kant…) dévoilée par Deleuze dans ses travaux d’historien de la philosophie, se révèle être

 

une scène pensive. Dès 1953, dans

 

 Empirisme et subjectivité

 

, Deleuze porte son intérêt sur

 

d’autres dramaturgies de la pensée que la philosophie canonique platonicienne qui engendre une représentation unifiante, instaurant un rapport d’identité entre le réel et son imitation. À

 

un espace de présupposés transcendants, Deleuze voit dans la philosophie de Hume la

 

 possibilité d’y opposer un champ d’immanence qui précède toute représentation structurante....


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L’Anti-Oedipe : Une introduction à la vie non fasciste ~ BERSERK MAGAZINE

L’Anti-Oedipe : Une introduction à la vie non fasciste ~ BERSERK MAGAZINE | Gilles Deleuze | Scoop.it
Pendant les années 1945-1965 (je pense à l’Europe), il y avait une certaine manière correcte de penser, un certain style de discours politique, une certaine éthique de l’intellectuel. Il fallait être à tu et à toi avec Marx, ne pas laisser ses rêves vagabonder trop loin de Freud, et traiter les systèmes de signes - le signifiant - avec le plus grand respect. Telles étaient les trois conditions qui rendaient acceptable cette singulière occupation qu’est le fait d’écrire et d’énoncer une part de vérité sur soi-même et sur son époque. Puis vinrent cinq années brèves, passionnées, cinq années de jubilation et d’énigme. Aux portes de notre monde, le Vietnam, évidemment, et le premier grand coup porté aux pouvoirs constitués. Mais ici, à l’intérieur de nos murs, que se passait-il exactement ? Un amalgame de politique révolutionnaire et antirépressive ? Une guerre menée sur deux fronts - l’exploitation sociale et la répression psychique ? Une montée de la libido modulée par le conflit des classes ? C’est possible. Quoi qu’il en soit, c’est par cette interprétation familière et dualiste que l’on a prétendu expliquer les événements de ces années. Le rêve qui, entre la Première Guerre mondiale et l’avènement du fascisme, avait tenue sous son charme les fractions les plus utopistes de l’Europe - l’Allemagne de Wilhelm Reich et la France des surréalistes - était revenue pour embraser la réalité elle-même : Marx et Freud éclairés par la même incandescence. Mais est-ce bien là ce qui s’est passé ? S’est-il bien agi d’une reprise du projet utopique des années trente, cette fois à l’échelle de la pratique historique ? Ou y a-t-il eu, au contraire, un mouvement vers des luttes politiques qui ne se conformaient plus au modèle prescrit par la tradition marxiste ? Vers une expérience et une technologie du désir qui n’étaient plus freudiennes ? On a certes brandi les vieux étendards, mais le combat s’est déplacé et a gagné de nouvelles zones. L’Anti-Oedipe montre, tout d’abord, l’étendue du terrain couvert. Mais il fait beaucoup plus. Il ne se dissipe pas dans le dénigrement des vieilles idoles, même s’il s’amuse beaucoup avec Freud. Et surtout, il nous incite à aller plus loin.....
Vincent DUBOIS's insight:

Ce texte de Michel Foucault, inédit en français, a servi de préface à l’édition américaine de ’Capitalisme et schizophrénie, l’Anti-Oedipe’ de Gilles Deleuze et Félix Guattari. Il sera repris dans Dits et écrits, recueil des articles, entretiens, préfaces et autres contributions de Michel Foucault, à paraître aux éditions Gallimard en 1989.


Une excellente préface qui permet de recontextualiser l'anti-oedipe au sein de la pensée française d'après-guerre tout en faisant écho au fascisme qui nous menace toujours (et d'autant plus) aujourd'hui.....

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Dieu hors des limites de la critique kantienne

Dieu hors des limites de la critique kantienne | Gilles Deleuze | Scoop.it
Nous prendrons en considération la redéfinition de l’Idée kantienne de Dieu impliquée par la spéculation de Quentin Meillassoux et nous verrons que celle-ci a été élaborée dans le cadre de l’ouverture du possible au virtuel. Nous confronterons ainsi ce détournement avec celui proposé par Gilles Deleuze, lui aussi redéfinissant le rôle du Dieu de la Dialectique transcendantale dans l’ouverture du possible au virtuel. Le point de départ des deux stratégies est la négation des limites imposées a priori au possible, dont Dieu est traditionnellement considéré comme le garant. Toutefois, comme nous le verrons, même dans la négation de l’ordre divin il reste encore de la place, dans les deux systèmes, pour une fonction divine. Dans cette article, nous prendrons en considération la redéfinition de l’idée kantienne de Dieu impliquée par la spéculation réaliste de Meillassoux et nous verrons que celle-ci a été élaborée dans le cadre de l’ouverture du possible au virtuel. Nous confronterons ainsi ce détournement à celui proposé par Gilles Deleuze, lui aussi redéfinissant le rôle du Dieu de la Dialectique transcendantale dans l’ouverture du possible au réel virtuel. C’est en effet en partant d’une critique de la notion transcendantale d’expérience possible que Deleuze s’efforce d’atteindre l’en soi de l’expérience réelle comme différence, ce qui implique une dissolution de l’unité de l’identité du moi, du monde et de Dieu. Il découvre ainsi la réalité d’un devenir régi par un Antéchrist immanent, opérant par synthèse disjonctive contre le principe de non-contradiction qui régit le monde de la représentation. La confrontation entre les deux stratégies d’ouverture du possible au virtuel nous permettra de mieux comprendre les enjeux à la base des deux redéfinitions du rôle de Dieu, traditionnellement lié à la croyance dans la nécessité de l’ordre du monde. Pour Meillassoux comme pour Deleuze, le virtuel est établi à partir de la découverte de la non-nécessité des lois naturelles; toutefois, comme nous le verrons, même dans la négation de l’ordre divin il reste encore de la place, dans les deux différents systèmes, pour une fonction divine.
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"I would prefer not to"

"I would prefer not to" | Gilles Deleuze | Scoop.it
Combien y a-t-il de politiques deleuziennes?

 

Selon l’une des propositions clés qu’avance Philippe Mengue dans son essai consacré à la politique de Deleuze que publient ces jours-ci les éditions Germina sous le titre de Faire l’idiot, lequel fait suite à la publication en juillet 2012 d’un excellent petit livre d’introduction à la pensée du philosophe intitulé Comprendre Deleuze aux éditions Max Milo  , Bartleby peut être tenu pour le personnage conceptuel par excellence d’une politique comprise comme politique de l’idiot. Que faut-il entendre par là ?

Pour le comprendre, il faut suivre pas à pas Deleuze dans son interprétation de la nouvelle de Melville  . Rappelons brièvement que Melville y met une scène un avoué de Wall Street travaillant avec ses deux collaborateurs, auxquels vient s’associer un personnage mystérieux, faisant office de copiste, et répondant au nom de Bartleby. Alors que ce dernier est un jour appelé par l’avoué pour collationner un document, le scribe oppose une fin de non recevoir en déclarant : "I would prefer not to". A compter de ce jour, il se refusera à toute activité et opposera systématiquement la même formule à toute demande ou suggestion. Par ses bizarreries de comportement, Bartleby finira par lasser tout le monde, et en premier lieu l’avoué lui-même qui, parti de la surprise admirative pour la personnalité de l’employé, passera à la stupeur, puis au renvoi. Emprisonné, Bartleby cessera progressivement de s’alimenter. Quelque temps plus tard, l’on retrouvera le corps inanimé du scribe, allongé contre un mur.

La première surprise que réserve la lecture que Deleuze propose de la nouvelle de Melville, comme le note justement Philippe Mengue, tient à ce qu’il omet tout ce qui va dans le sens d’une dévalorisation du personnage, et les éléments qui le font apparaître, aux yeux même du narrateur, comme un pauvre hère victime d’une maladie mentale. La conclusion de l’étude de Deleuze affirme nettement : "Bartleby n’est pas le malade, mais le médecin d’une Amérique malade, le Medecine-man, le nouveau Christ ou notre frère à tous"  . Dans la nouvelle même de Melville, le devenir-imperceptible de Bartleby – son effacement, son retrait – est décrit en termes négatifs comme étant une façon de se transformer en immondice, une manière de devenir lui-même un rebut : comme le dit le narrateur, Bartleby est devenu un "homme au rebut". Deleuze renverse la perspective, et fait de cette imperceptibilité une "énonciation collective" en vue d’un "peuple à venir" selon les droits d’une "vocation schizophrénique". Autrement dit, Deleuze attribue à ce devenir-imperceptible et à cette forme d’inactivité une valeur de vie exemplaire, et il trouve dans la formule de Bartleby le principe positif d’indétermination qui est, selon lui, au cœur de tout devenir imperceptible.....

Vincent DUBOIS's insight:

Correction du titre grâce à la remarque de Whynote.

Merci.

 

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« Il faut que Robinson revienne à la surface » – lecture de Tournier par Deleuze | Brillante

« Il faut que Robinson revienne à la surface » – lecture de Tournier par Deleuze | Brillante | Gilles Deleuze | Scoop.it

Comme l’écrit Gilles Deleuze dans un appendice à Logique du sens (1969), Robinson, c’est « l’homme sans autrui sur son île ». La question posée par Michel Tournier dans son roman Vendredi ou les limbes du Pacifique, serait ainsi la suivante : « que va-t-il arriver dans le monde insulaire sans autrui ? » Réponse du philosophe : la nécessité, pour ne pas sombrer dans la folie ni dans le désespoir, d’une restructuration du monde qui passe par la conquête des surfaces.

 

Seul sur son île, Robinson voit progressivement s’effondrer la structure du monde. La cause ? L’absence totale d’autrui, lequel en est comme la colonne vertébrale. Car « le premier effet d’autrui, c’est, autour de chaque objet que je perçois ou de chaque idée que je pense, l’organisation d’un monde marginal, d’un manchon, d’un fond, où d’autres objets, d’autres idées peuvent sortir (…) ». Chaque chose que je perçois se détache sur un fond que je sais exister, quand bien même, ce fond, je ne le perçois pas actuellement. Cette profondeur de champ qui fait ressortir comme en relief chaque objet que je saisis, n’existe que par les multiples dimensions perceptives du monde que je sais possibles à partir d’autres perspectives. Quand autrui n’est plus là, ces autres points de vue potentiels disparaissent. Formule géniale et condensée de Tournier : « Autrui, pièce maîtresse de mon univers. »

 

Ainsi, Autrui structure le monde en profondeur, structure le monde comme profondeur. « Et cette profondeur pour moi, d’après laquelle les objets empiètent ou mordent les uns sur les autres, et se cachent les uns derrière les autres, je la vis aussi comme étant une largeur possible pour autrui, largeur où ils s’alignent et se pacifient (du point de vue d’une autre profondeur). » Du coup, quand autrui disparaît, qu’advient-il ? Le monde se rapetisse, s’aplatit, il n’y a plus d’arrière-choses, de multi-dimensionnalité, d’épaisseur, de chair. Tout s’assèche et s’appauvrit. Fin de la profondeur. Il n’y a « plus rien qu’un sans-fond, rebelle et happant. Rien que des Eléments. Le sans-fond et la ligne abstraite ont remplacé le modelé et le fond. »

 

Premier effet : le désespoir qui conduit aux portes de la folie… laquelle n’est pourtant pas une fatalité. Car à cette dé-structuration du monde sans autrui peut succéder une re-structuration. Certes, elle sera différente de la structure rendue possible par autrui : le monde ne s’organisera plus selon l’axe de la profondeur. Il se structurera de façon tout superficielle, à même les surfaces. Tout est perdu « à moins que Robinson n’invente une nouvelle dimension ou un troisième sens pour l’expression « perte d’autrui ». A moins que l’absence d’autrui et la dissolution de sa structure ne désorganisent pas simplement le monde, mais ouvrent au contraire une possibilité de salut. Il faut que Robinson revienne à la surface, qu’il découvre les surfaces », analyse Deleuze....

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Vers une philosophie du capitalisme. Une lecture de Gilles Deleuze. -- Jean-Jacques Cadet

Vers une philosophie du capitalisme. Une lecture de Gilles Deleuze. -- Jean-Jacques Cadet | Gilles Deleuze | Scoop.it
Il est sans conteste que le capitalisme est devenu chez Gilles Deleuze un objet philosophique proprement dit. Il a fait de ce mode de production l’une de ces préoccupations majeures dans sa démarche philosophique. Ce qui est encore à remarquer chez Gilles Deleuze, est qu’il a mobilisé la psychanalyse dans sa tentative d’appréhender le capitalisme. Dans son texte en commun avec Félix Guattari écrit en deux tomes, Capitalisme et Schizophrénie, il a fait l’historique du capitalisme pour saisir la singularité de cette formation sociale. La question de la subjectivité qui devient dominante depuis mai 68 va caractériser le capitalisme dans ses différents mouvements.

En bon ¨marxiste¨, Gilles Deleuze va beaucoup s’appuyer sur les thèses de Karl Marx développées depuis les Manuscrits de 1844 jusqu’au Capital pour construire cette intelligibilité philosophique autour du capitalisme réservé généralement au champ économique.
Un tel croisement avec Marx (et avec d’autres auteurs) enrichit la philosophie deleuzienne du capitalisme. Quels sont les contours de cette philosophie du capitalisme ? Dans quel niveau la philosophie peut appréhender le capitalisme qui est avant tout un système économique ? Peut-il exister une philosophie du capitalisme ?

Le capitalisme est selon Gilles Deleuze une ¨entreprise mondiale de subjectivation¨ . C’est une formation sociale qui est à distinguer des précédentes en sa qualité de créer constamment des sujets ¨sans objet¨, donc pauvres. Ces sujets sont à retrouver au niveau de la machine capitaliste qui est là pour réguler les ¨flux de désirs¨. Le capitalisme est caractérisé par cette multiplicité de désirs déterminée par le jeu du profit. Tout est devenu quantifiable car tout est marchandise. Ce qui peut-être confirmé de nos jours par la production incessante de nouveaux produits, comme les téléphones portables, qui créent des désirs chez les gens. La publicité en est pour beaucoup. Dans cet élan, on a des sujets asservis par un système en perpétuelle crise. Le capitalisme en cherchant à se reproduire crée des situations d’assujettissement.

Cet assujettissement produit selon Deleuze une division constitutive du sujet. Ce dernier sera disséqué en sujet dominé et en sujet dominant. Le sujet est redoublé. Cette division subjective est évoquée par Marx dans les Manuscrits de 1844 par la ¨privation du désir¨. Des désirs qui sont économiquement dominés. On va assister à l’avènement de l’individu privé : ¨La personne est devenu privée, pour autant qu’elle dérive des quantités abstraites et devient concrète dans le devenir-concret de ces mêmes quantités¨ . Nous sommes devenus divisés car nous sommes assujettis par le capitalisme. D’où le rapport entre le capitalisme et schizophrénie traité dans les deux tomes, l’Anti-Œdipe et Mille Plateaux.....

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En mettant le désir au centre du capitalisme, Deleuze fait une rupture avec Marx. Ce dernier a situé le désir dans la Superstructure car il est de l’ordre de la conscience. Donc, le désir est déterminé par les rapports de production qui font partie de l’Infrastructure chez Marx selon son schéma classique de la société. Deleuze a plutôt placé le désir dans l’Infrastructure : ¨Le désir, de toute manière, fait partie de l’infrastructure¨ . Ainsi, Deleuze priorise les composantes de la Superstructure dans sa démarche de compréhension du capitalisme. Ce qui est pour beaucoup dans son attitude de considérer le capitalisme par la subjectivité. La dimension objective du capitalisme, c’est-à-dire ses structures productives, sont de moins en moins analysées....

(...)
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Brève sur la traduction de Gilles Deleuze et le "point de démence" des traducteurs

Par René Lemieux, Lisbonne

Dans « Pensée nomade », Gilles Deleuze se demandait comment les jeunes générations de lecteurs pouvaient lire Nietzsche à son époque. Pourrait-on se poser la même question – quelque peu décalée – avec Deleuze aujourd’hui et avec la traduction? Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui on voudrait traduire Gilles Deleuze? Ou encore, faut-il délirer pour penser que la traduction soit le lieu où il serait possible de parler une nouvelle fois de la lecture de Deleuze?

J’aimerais proposer, avec ce court billet, un thème unique sous lequel la question de la traduction de Gilles Deleuze et la question du délire se conjuguent, celui de l’amitié comme principe général pour une nouvelle critique des traductions. Aux trois instances néo-platoniciennes qui décrivent la « politique » de l’héritage – d’un auteur, par exemple, chez les commentateurs comme chez les traducteurs – telle que décrite dans « Platon et le simulacre » (Logique du sens, Minuit, 1969), je proposerai trois formes de renversement qui permettront de penser une nouvelle politique de la traduction. Ces instances néo-platoniciennes peuvent s’exemplifier avec l’échange matrimonial (c’est l’exemple de Deleuze) : on a d’abord le père (ou la loi), puis les prétendants (que la loi ou le père devra discriminer pour sa fille), et finalement la fiancée (l’objet de l’échange). Chacun de ces éléments prends les noms suivants dans la conception néo-platonicienne : l’imparticipable, les participants et le participé....

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