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Armand Colin présente le livre De la Terre aux Hommes, Auteur(s) :Paul Claval. La géographie est née de la volonté de donner une base scientifique aux savoir-faire, pratiques et savoirs empiriques qui ont transformé notre planète en une « Terre des Hommes ». Cette construction, commencée il y a vingt-cinq siècles, a été progressive. Les connaissances géométriques relatives à la forme de la terre et à l’orientation sont acquises dès l’Antiquité grecque. À partir de la fin du XVIIIe siècle, les sciences de la nature et les sciences de l’homme viennent formuler de manière rationnelle la perception des milieux et de l’organisation spatiale des groupes. Au début du XXe siècle, la géographie devient une science du paysage, appuyée sur un regard contrôlé qui permet d’offrir une image objective du monde, d’en analyser les composantes, d’y discerner des structures et des processus. Mais ce n’est que récemment que le regard de l’autre, son expérience des milieux et de l’espace sont pris en compte dans la pensée géographique. De la Terre aux Hommes offre une réflexion sur ce « tournant culturel » de la discipline. Devenu critique, rompant avec les conventions qui limitaient ses investigations, le géographe vient éclairer d’un jour nouveau un monde où la culture joue un rôle fondamental.
À l'heure du « changement » et de la « mondialisation », le « village » continue d'être présent dans la mémoire et l'imaginaire des Français. Mais le divorce entre le mythe et la réalité n'a jamais été aussi flagrant. À l'ancienne collectivité, rude, souvent, mais solidaire et qui baignait dans une culture dont la « petite » et la « grande patrie » étaient le creuset, a succédé un nouveau monde bariolé où individus, catégories sociales, réseaux et univers mentaux, parfois étrangers les uns des autres, coexistent dans un même espace dépourvu d'un avenir commun. Telle est la conclusion de l'enquête menée par Jean-Pierre Le Goff pendant plusieurs années sur les évolutions d'un bourg du Luberon depuis la Seconde Guerre mondiale. Il s'est immergé dans la vie quotidienne des habitants, a interrogé beaucoup d'entre eux, consulté des archives, recueilli les documents les plus divers. Le tableau qu'il brosse est saisissant. À rebours des clichés et d'une vision idéalisée de la Provence, les anciens du village ont le sentiment d'être les derniers représentants d'une culture en voie de disparition, face aux modes de vie des néo-ruraux et au tourisme de masse. Animation culturelle et festive, écologie et bons sentiments, pédagogie et management, spiritualités diffuses se développent sur fond de chômage et de désaffiliation. Les fractures sociales se doublent de fractures culturelles qui mettent en jeu des conceptions différentes de la vie individuelle et collective. C'est donc un microcosme du mal-être français que l'auteur décrit au plus près des réalités, en s'interrogeant sur ce qu'il est advenu de l'ancien peuple de France et sur les défis qu'un nouveau type d'individualisme pose à la vie en société. Paris, Gallimard, 2012. 592 pages, 15,5 x 22,5 cm, broché.
Cartographie des résultats de Chocolatine ou Pain au chocolat ? Par AdrienVH, le 16/10/2012 Chocolatine ou Pain au chocolat ? est un projet qui tenait à cœur à Romain Ménard, son concepteur, depuis déjà pas mal de temps. L’envie de créer ce petit site est venue de débats passionnés qui ont eu lieu dans son entourage. Notre ville de Poitiers est, en effet, à la frontière géographique et lexicale entre la chocolatine du sud et le pain au chocolat du nord. C’est finalement pour rebondir sur la polémique toute récente, liée aux propos de Mr Copé au sujet du Ramadan, que Romain a décidé de finaliser son site et de le lancer sur la toile. Sur le site, on vous demande de voter pour l’un ou l’autre terme, en précisant la ville dont vous venez. En quelques jours, le site a déjà collecté près de 20 000 votes ! En géographe averti, j’ai tout de suite vu l’aspect « Analyse Spatiale » de la question posée (effets de distance, d’appartenance, tout ça, tout ça,…). J’ai donc proposé à Romain de réaliser un rendu cartographique de ces votes. Dans ce billet, vous trouverez tout le processus technique d’exploitation des données, du fichier SQL à la carte finalisée…
JEAN-FRANÇOIS SEGUIN Ancien président de la Conférence du Conseil de l’Europe sur la Convention européenne du paysage. Photo F Arnal 2011, l'ensemble Le Corbusier à Firminy (Loire) Nous aimons à protéger les paysages. À l’instar de Georges Perec, nous les aimerions «stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables». Pourtant, nous construisons chaque année quelque 100000 nouvelles maisons individuelles, qui sont autant de transformations des paysages. Au nom de la protection des paysages, nous regrettons l’arrivée des éoliennes et pourtant autoroutes et TGV nous conduisent aux paysages de nos vacances. Nous vilipendons les entrées de ville, mais achetons nos meubles chez un constructeur suédois emblématique de ces zones. Y aurait-il là une contradiction ? En matière de paysage, serions-nous protecteurs le jour et aménageurs la nuit ? La protection des paysages n’est pas nouvelle : depuis 1906, au nom de la loi sur la protection des sites, 2800 sites ont été protégés, c’est-à-dire qu’ils «ne peuvent ni être détruits ni être modifiés dans leur état ou leur aspect» . À ces sites classés, il faut ajouter les terrains du Conservatoire du littoral, les parcs nationaux, les parcs naturels régionaux, les espaces naturels sensibles des départements. Mais tous ces espaces où les paysages sont peu ou prou protégés ne représentent guère plus de 15% du territoire. Cette protection des paysages est justifiée par leur valeur patrimoniale.
YVES LUGINBÛHL agronome, géographe, Directeur de recherche émérite au CNRS. photo F Arnal FIG2012 Conférence «Crises et valeur des paysages» Chacun d’entre nous croit savoir ce qu’est un paysage, lorsqu’il le fixe sur un écran d’appareil photo. Chacun d’entre nous peut aussi parler des paysages qu’il a vus dans sa vie. Le paysage est alors l’image d’un territoire d’un temps déjà disparu que l’individu s’approprie et garde en mémoire. La très grande majorité des individus pense d’abord au paysage d’autrefois et non à la réalité présente lorsqu’il s’agit de décrire un paysage. Mais en même temps, ce mot «valise», comme le qualifient de nombreux spécialistes, parce qu’il est utilisé à tout bout de champ, n’a pas conservé le sens qu’il recouvrait à sa naissance, située autour du XVe siècle. Les premiers termes équivalant au mot français «paysage» sont nés en Europe du Nord, en Hollande et dans les territoires de la Frise allemande et danoise : lantscap , Landschaft et landskab désignaient alors la petite contrée, en l’occurrence les districts de la Frise. Mais ils avaient un sens complexe, réunissant sous un même vocable le pays (land ), la communauté (Schaft ) et le mode de gouvernance du territoire, qui était alors le droit coutumier.
Quatorze géographes ont été invités par la rédaction de Libérationpour un numéro spécial à l’occasion du Festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges. Réunis au « hublot », le 8e étage de ce mythique paquebot – en fait, un ancien parking investi par le journal depuis la fin des années 1980 – les géographes avaient du mal à se concentrer devant un paysage aussi époustouflant sur Paris.Vincent Giret, le directeur de la rédaction et Béatrice Vallaeys, la directrice adjointe et Sylvain Bourmeau rendent hommage aux géographes dont ils se sentent « proches ». La première question urgente est le choix de la Une : Syrie ? Fiscalité des oeuvres d’art ? Affaire du dopage d’Armstrong ? L’actualité syrienne l’emporte parce qu’arrive à la rédaction un dossier remarquable qui arrive de Syrie. Les géographes Marcel Bazin et Fabrice Balanche ont déjà envoyé des papiers de géopolitique sur la région.
Par BRICE GRUET Géographe, université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne Il fallait sortir de l’atelier, aller, ou retourner, vers la Nature et même se fondre avec elle tout en la transformant : ainsi naquit le Land Art… Aux Etats-Unis, à la fin des années 60, on voulait rompre avec un certain académisme. On imaginait de nouvelles formes esthétiques mais qui, en fin de compte, s’inscrivent dans le droit fil de la culture américaine contestataire. Avant Barry Flanagan ou Robert Smithson, Henry Thoreau ou Walt Whitman avaient déjà déclaré la nécessité de revenir à la Nature, considérée comme une marque du sacré. Ces nouveaux artistes vont littéralement transformer le paysage et le créer, ou le recréer à leur manière. Soit en allant très loin dans la wilderness, cette «sauvagerie» américaine, au point d’aller «aménager» les déserts de l’Ouest ; soit au contraire, comme dans le cas de Christo, en intervenant sur des monuments connus pour les rendre méconnaissables, étranges ou énigmatiques. Emballer ou révéler. Ecrire sur les rochers. Modeler des collines nouvelles. Tout est alors possible. Photo F Arnal : Le cairn de la Galinière Châteauneuf le Rouge (13)
Les «entrées de ville» sont devenues, vers la fin du siècle dernier, la bête noire des paysagistes. Ces zones indéfinissables, ni dans la ville ni hors la ville, sont nées de l’usage croissant de l’automobile. C’est à l’automobiliste que s’adressent leurs enseignes géantes et leurs vastes parkings. Leur attrait, c’est qu’elles sont commodes pour les ménages motorisés, à qui leurs grandes surfaces permettent de quasiment tout trouver, et de grouper par exemple les achats en fin de semaine. Elles sont par excellence l’expression de la consommation de masse des biens durables, qui sous le nom de fordisme a soutenu l’économie du XXe siècle. Elles ne sont pas belles, certes ; mais sérieusement, que pourrait-on leur reprocher ? Et après tout, sont-elles vraiment si laides ?
Goût. C’est autant la rizière que le riz qu’on retrouve dans son assiette… Ou comment les terroirs s’imposent dans nos repas. Sous un ciel de mousson finissante, fin août, nous visitions Xijiang Qianhu, un village miao de la province «reculée» du Guizhou. Quelques rares touristes occidentaux prennent des photos dans la rizière. Vient la question mille fois posée : «Mais comment ont-ils fait ?» Comment ont-ils fait, ces milliards de paysans de Chine et de l’Asie, pour construire sur ces pentes très raides des rizières en terrasses que le soleil couchant allume de tous ses feux ? Réponses faciles : le féodalisme, l’habitude, les fortes densités («ils n’avaient pas le choix»), l’ignorance («ce qui est beau pour nous ne l’est pas forcément pour eux») car les paysans ne sont pas des poètes et des artistes. D’ailleurs ont-ils jamais peint et photographié leurs paysages ? Le géographe Pierre Gourou a montré comment les Min Kia de Ta Li, en Chine du Sud, mettent un point d’honneur à se conduire en paysans de plaine plate : «Ce sont des riziculteurs habiles qui vivent comme si les montagnes environnantes n’existaient pas. La riziculture est pour eux la seule activité digne d’intérêt.» Au diable, nos déterminismes occidentaux sur les «contraintes» de la pente ! Les montagnes sur lesquelles tant de peuples ont fait paître des animaux en mode extensif ne freinent pas l’ardeur des Chinois à bâtir les terrasses - dont ils sont très fiers, faut-il préciser. Par GILLES FUMEY, PIERRE RAFFARD professeur de géographie et doctorant, université Paris-IV
Territoire disputé, guerre froide, conflit kurde… voisins sur plus de 800 kilomètres, les deux pays ont multiplié les sources de tensions.
tourisme alternatif sur la #frontière en Palestine : In 1948, centuries of rural peace came to end as Batir found itself on the front line of the fighting. The Green Line divided the village from its ancestral lands, and since then the town has struggled against the confiscation of its fields, the destruction of its railway station, and, more recently, the expansion of Israeli settlements in the surrounding hills. But Batir also has a proud history of peaceful resistance. In 1948, a man named Hassan Mustafa made sure that the village was not abandoned during the fighting - and in the decades that followed, Hassan became a pioneer of community development. That spirit has stayed with the town, and today Batir – a village of just 5,000 people – boasts four schools, a public park, its own olive press, and a beautifully restored historic center.
Choix de fonds de carte et de cartes thématiques exploitables dans un cadre pédagogique... La carte au sens géographique du terme constitue un support de choix comme production finale réalisée à partir d'un fond par exemple ou comme document à part entière pour l'élaboration de dossiers documentaires; elle s'avère à cet égard particulièrement utile en contexte scolaire auprès des apprenants en difficulté de lecture qui souvent rechignent à sélectionner des documents de nature uniquement textuelle.
Les approches géographiques de l’art contemporain se développent autour de pratiques artistiques qui, depuis les années 1960, ont connu plusieurs transformations de leurs régimes de création, de concrétisation et de mise en visibilité pour devenir « contextuelles » et « relationnelles » – pour reprendre les termes respectifs de P. Ardenne et de N. Bourriaud –, jusqu’à faire – c’est notre postulat – de leur rapport au lieu de mise en œuvre et de mise en vue, de leur « manière de faire » avec l’espace, une question fondamentale, quasi principielle. La terminologie omniprésente de l’in situ, de l’outdoor, de l’alternative space, etc. dans l’art, les problématiques récurrentes de l’espace public, de l’environnement, de l’espace virtuel chez les analystes de l’art, signalent ce « tournant spatial » de l’art contemporain. Celui-ci engage l’espace ou la spatialité du social pour atteindre une dimension politique renouvelée et s’impose alors comme un modèle d’activité incontournable pour les ingénieries spatiales (aménagement, urbanisme, architecture) du développement territorial post-industriel. Ce modèle est problématique pour les artistes, auxquels il est fait injonction d’animer les lieux ou le corps social via l’espace/les lieux, et doit être problématisé par les chercheurs. Depuis la triple stratégie spatiale du land art états-unien contre le monde de l’art des années 1960-70 (outdoor, in situ et changement d’échelle de l’objet) qui in fine l’a installé au cœur des programmes de land reclamation, jusqu’à l’extension des labels (branding) d’artistes-entrepreneurs aux quartiers de leur activité (via la stratégie des artist-run-spaces et/ou de la festivalisation des quartiers par exemple), en passant par les politiques de développement localisé et de marketing local qui s’appuient sur la promotion des « industries créatives » et leur « clusterisation », les artistes contemporains du fait de leurs manières de faire avec la multidimensionalité de l’espace/du lieu et du fait de ce qu’ils font à l’espace/lieu, sont devenus des acteurs-clé des projets de la revalorisation, de la réanimation et de la remédiation spatiales – à toutes les échelles et dans toutes leurs dimensions (économique, sociale, culturelle, écologique, etc.).
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Le maïs est l’origine et l’avenir du monde. Avec un milliard de tonnes récoltées par an, il est la première plante cultivée au monde, le symbole végétal de la mondialisation. Des Mayas aux mille utilisations d’un épi de maïs aujourd’hui, l’histoire de la céréale aux grains dorés est aussi incroyable que les passions qu’elle suscite. En Amérique, en Chine, en Afrique, on l’adore. En Europe au contraire, on l’accuse de consommer trop d’eau, d’épuiser les sols, d’être l’instrument des multinationales… Où est la vérité ? Écrivain, géographe de la faim et du développement durable, Sylvie Brunel nous raconte le fabuleux destin de la plante des dieux, qui devint l’aliment des gueux avant de devenir celui des bœufs. Pour elle, face aux grands défis alimentaires et environnementaux, le maïs est d’abord l’allié des cieux : ne réussit-il pas l’exploit de nourrir l’humanité tout en protégeant la planète ?Paris, JC Lattès, 2012. 250 pages, 14 x 22,6 cm, broché.
Aventuriers, artisans ou artistes, les cartographes sont, de la Renaissance au XXIe siècle, animés par l’envie de dessiner le monde. Ce beau-livre richement illustré propose de découvrir les secrets de leur métier en les accompagnants quand ils arpentaient l’Empire pour établir le cadastre voulu par Napoléon ou quand ils exploraient le monde à la recherche de contrées nouvelles… Pénétrons d’abord dans l’intimité des géographes de cabinet du XVIe siècle. Penchés sur leur table de travail, armés d’un compas et d’une règle, ils tracent les limites de pays inconnus en lisant les textes anciens. Ils sont mathématiciens et astronomes. Les « maîtres des cartes » dessinent mers et océans à partir des journaux de bord des capitaines de vaisseaux. Ils sont cosmographes ou hydrographes. On découvre comment, au fil des siècles, topographes, géomètres, arpenteurs, ingénieurs militaires, explorateurs ont maîtrisé le monde. Cet angle original – les hommes qui se cachent derrière les cartes – a séduit Sylvain Tesson, l’écrivain voyageur, qui exprime dans sa préface sa fascination pour les cartes sans omettre le lien qui a toujours existé entre cartographie et pouvoir. Connaître un territoire, c’est le maîtriser. C’est pourquoi la cartographie a souvent été affaire d’Etat, ainsi la carte d’Etat-Major créée au XIXe siècle pour faire la guerre. De splendides documents, portulans, planisphères, portraits, carnets de croquis, issus du département des cartes et plans de la BNF, illustrent cet ouvrage original écrit par des historiens passionnés. Paris, Autrement, 2012. 221 pages, 20 x 29 cm, relié.
En 1976, la première édition de ce livre dans la « Petite collection Maspero » fit grand bruit dans les cénacles universitaires, mais aussi bien au-delà. Il faut dire que le géographe Yves Lacoste y proposait une analyse iconoclaste : il y fustigeait la « géographie des professeurs », apparue au XIXe siècle en Allemagne et en France et progressivement devenue un discours idéologique masquant l'importance politique de toute réflexion sur l'espace - tandis que sa variante scolaire a longtemps été vue comme l'un des enseignements les plus rébarbatifs et « inutiles ». Mais surtout, Yves Lacoste montrait qu'existait aussi une autre géographie, plus ancienne et toujours actuelle, la « géographie des états-majors », ensemble de représentations et de connaissances rapportées à l'espace constituant un savoir stratégique utilisé par les minorités dirigeantes. À rebours de ces deux conceptions, Lacoste affirmait que les questions soulevées par la géographie concernent en réalité tous les citoyens, car il est impossible d'en exclure les phénomènes militaires, politiques et sociaux : des questions passionnantes, multiformes, à la croisée de nombreuses disciplines. Tel était le programme de la revue Hérodote, lancée également en 1976 par Yves Lacoste chez le même éditeur et devenue depuis le fer de lance d'une nouvelle géographie « géopolitique ». Trente-six ans après la parution de ce livre devenu culte, la présente édition reprend le texte original de 1976, complété par une longue préface inédite et des commentaires contemporains de l'auteur. Sa pertinence reste entière, à une époque où la géopolitique défendue par Yves Lacoste est entrée dans les moeurs et où l'analyse des conflits régionaux et internationaux, toujours complexe, s'est imposée dans le débat public.
JEAN-ROBERT PITTE Président de la Société de géographie (1) Paysage de Sicile vers Agrigente photo F Arnal 2010 Le paysage est d’abord la pellicule de la réalité terrestre perçue par les cinq sens, au premier rang desquels la vue. Il comporte une part matérielle, objective, conjuguant les règnes minéral, végétal et animal. Elle résulte de la symphonie des évolutions respectives de chacun d’entre eux, qui sont pour partie spontanées (la surrection des montagnes) et pour partie conduites par l’humanité depuis sa préhistoire. Or, les individus et les sociétés agissent en vue de satisfaire leurs besoins vitaux et matériels, mais aussi de leurs aspirations profondes et du sens qu’ils donnent à leur vie. Les paysages reflètent donc plus ou moins intensément les valeurs qui animent les peuples, leur mode d’organisation sociale et politique, leurs principes moraux, leur conception de la transcendance. La sphère du sacré est plus large qu’on ne le pense habituellement. Elle inclut, bien sûr, les religions, mais aussi la patrie, la nation, la famille, la solidarité, la liberté et aussi, ce qui est essentiel pour les géographes, le territoire, espace approprié et borné où l’on se sent chez soi et que l’on est prêt à défendre bec et ongles.
Etats-unis. Des «Soprano» à «The Wire», les fictions télé, largement citadines, illustrent la fragmentation sociospatiale des métropoles. Le sergent Brody, marine de retour au pays après huit ans de détention dans les geôles irakiennes, fait son jogging à Washington. Il s’arrête et fixe un point hors champ. La caméra tourne à 360 degrés et nous fait découvrir la façade du Capitole. Est-il un héros national ou un traître à la solde d’Al-Qaeda ? C’est spatialement, dans la distance de ce corps au lieu emblématique, que la série pose magistralement l’intrigue. Hier, A la Maison Blanche, 24 Heures chrono, aujourd’hui Homeland, dont on vient de décrire les derniers instants du premier épisode : les séries télévisées semblent opérer l’Amérique à cœur ouvert en diffusant à la face du monde les angoisses et les fantasmes d’une société sur la défensive.
Alors que les Vosges étaient sous la chape de plomb d’une dépression pluvieuse décrite dans Libé par Martine Tabeaud de Paris-I à partir d’un… tableau de John Constable, l’humeur était à la joie sous les parapluies et dans les salles bondées. Le paysage, thème choisi cette année, qui valut à Laurent Carroué de se plaindre devant les festivaliers de ce côté convenu et plan-plan de la géographie alors que nous sommes en période de crise, n’avait pas manifestement asséché les esprits des géographes.
En refusant, en septembre, la construction d’un bâtiment de onze étages, les habitants cèdent à une conception de l’urbanisme fondée sur la peur. Par MANOUK BORZAKIAN Laboratoire Chôros de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne
Le gouvernement turc a forcé à atterrir un Airbus venu de Moscou, soupçonné d’apporter des armes à Damas. «Zone tampon». «Certes, l’obus de 120 mm tiré le 3 octobre faisant cinq morts dans un village turc l’a été par les forces du régime qui sont les seules à posséder de telles armes lourdes. Mais les obus de mortier tirés ces tout derniers jours en territoire turc peuvent l’avoir été aussi bien par la rébellion par erreur, ou pour inciter la Turquie à accroître son engagement», explique Kadri Gürsel, éditorialiste du quotidien Milliyet. Ces tirs répétés sont autant d’arguments permettant à Ankara de justifier l’instauration d’une «zone tampon» le long de la frontière, qui permettrait aussi de fixer le flot de réfugiés à l’intérieur du territoire syrien. Mais il est hors de question pour la Turquie d’y aller seule, sans mandat international. Or le Conseil de sécurité de l’ONU reste toujours bloqué par les vetos russe et chinois…
Le gouvernement turc a forcé à atterrir un Airbus venu de Moscou, soupçonné d’apporter des armes à Damas. «Zone tampon». «Certes, l’obus de 120 mm tiré le 3 octobre faisant cinq morts dans un village turc l’a été par les forces du régime qui sont les seules à posséder de telles armes lourdes. Mais les obus de mortier tirés ces tout derniers jours en territoire turc peuvent l’avoir été aussi bien par la rébellion par erreur, ou pour inciter la Turquie à accroître son engagement», explique Kadri Gürsel, éditorialiste du quotidien Milliyet. Ces tirs répétés sont autant d’arguments permettant à Ankara de justifier l’instauration d’une «zone tampon» le long de la frontière, qui permettrait aussi de fixer le flot de réfugiés à l’intérieur du territoire syrien. Mais il est hors de question pour la Turquie d’y aller seule, sans mandat international. Or le Conseil de sécurité de l’ONU reste toujours bloqué par les vetos russe et chinois…
Découvert au #FIG2012, le village de Battir et ses paysages hydrauliques menacés par la Barrière de sécurité . Palestinians living in the West Bank’s Batir village say Israel’s plan to construct its security barrier across its lands threatens the ancient system of agriculture traditionally practiced by the farmers of the area. The route of the barrier is still to be finalized, but if it is built along the valley floor, parallel to the railway as villagers fear, it will cut off Batir village from much of its agricultural land, and villagers say it will destroy a way of life they have lived for millennia. For more than 2000 years, the village has farmed using a traditional irrigation system that villagers fear will be destroyed if the barrier is built. They say they will lose their income and lands forever.
Le Festival international de Géographie de SAINT-DIÉ-DES-VOGES 2012 a pour thème "Les facettes du paysage : nature, culture, économie". Des ateliers TICE seront notamment proposés du 12 au 14 octobre 2012. Le bureau des usages numériques et des ressources pédagogiques de la Direction générale de l'enseignement scolaire contribue à l'organisation d'ateliers pédagogiques dans l'espace du salon géomatique, au Musée Pierre Noël du 12 au 14 octobre dans le cadre du Plan national de Formation. A cette occasion la brochure « enseigner le numérique - Géographie » reprenant, entre autres, la plupart des contenus des ateliers proposés sera diffusée et disponible en ligne. Une conférence consacrée à la thématique «enseigner le paysage avec les TICE» sera animée par Jean-Louis Leydet (IA-IPR d'Aix-Marseille) et Sophie Gaudelette (expert histoire géographie et numérique, DGESCO A3-2) le vendredi 12 octobre de 17 h 30 à 19h.
Social Media and Place... Les hauts lieux, les géosymboles.
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