Bilan du café géographique "Entre ségrégation et séparation" - AK42 Association de la Khâgne 42.  Fauriel | Géographie : les dernières nouvelles de la toile. | Scoop.it

Une résidence sécurisée à Sao Paulo (Photo Michel Lussault 2013, Droits réservés)

En guise de préambule, le géographe Michel Lussault a mis l'accent sur une étude de cas parlante : celle de la mégapole Sao Paulo au Brésil, marquée par une trame urbaine de très forte densité striée par des voies de communication.
Mais le plus étonnant n'est pas là : une des réalités que l'on découvre immédiatement dans cette ville est l'omniprésence de la clôture. Le moindre bâtiment est enserré derrière une ou plusieurs grilles, ceci étant vrai pour tous les types d'immeubles.
Cette logique de séparation radicale n'est pas seulement une ségrégation sociale. Tous les groupes sociaux se séparent aujourd’hui  des autres groupes.

    On a donc ici le spectacle d'une "culture spatiale de l'enclos" qui n'est pas propre à l'Amérique latine : elle se diffuse de plus en plus largement sur tous les continents, notamment dans les grands pays émergents (Chine).

    En parallèle s'affirme pourtant le droit à la mobilité. Cette aspiration mobilitaire naît  et se présente en effet comme un principe de l'urbanisation contemporaine et même comme une valeur de cette urbanisation (s'affirmer en tant qu'individu dans l'urbanité et la modernité).
Nous vivons donc une évolution urbaine paradoxale et complexe : la mobilité ne cesse partout de croître.
Nous l'observons avec l'explosion de la mobilité en Chine et la saturation des réseaux automobiles mais aussi avec le développement exponentiel de la mobilité touristique.
Pourtant, l'organisation urbaine contemporaine est celles des clôtures, barrières et des limites qui ne cessent de croître.