Géographie : les dernières nouvelles de la toile.
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Last news on the web. Geography around the world. Les nouvelles de la géographie rassemblées par François Arnal
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Crise des réfugiés, ou des politiques d’asile ?

Crise des réfugiés, ou des politiques d’asile ? | Géographie : les dernières nouvelles de la toile. | Scoop.it
Qu’est-ce qu’un réfugié ? Comment le distinguer du migrant ou du demandeur d’asile ? Comment ces notions ont-elles évolué au cours du XXe siècle ? La sociologue Karen Akoka revient sur le travail institutionnel de distinction entre bon et mauvais réfugié pour éclairer l’actuelle « crise » des migrants en Europe.

« Crise des réfugiés », « crise des migrants » : ces expressions dont on ne compte plus les occurrences dans les médias comme dans les discours publics sous-entendent que nous assisterions à une augmentation exponentielle du nombre d’étrangers arrivant en Europe qui mettrait en danger ses équilibres économiques et sociaux. Pudiquement cachée derrière le terme flou de « crise », l’idée d’un trop-plein inédit s’est ainsi largement imposée malgré l’importante production scientifique qui montre, toutes disciplines confondues, à quel point cette image est fausse.

Sont ainsi ignorés les travaux sur « l’urgence démographique » de l’Union européenne (UE) montrant que son déficit démographique est tel que l’arrivée d’un million de migrants chaque année pendant 50 ans pourrait à peine le compenser ; que le million d’arrivées clandestines dans l’UE en 2015 correspond à seulement 0,2% de sa population ; que les chiffres sur l’augmentation des entrées clandestines produits par Frontex [1] (dont les budgets ont triplé en quelques années) reflètent en partie l’augmentation de sa propre activité ; que seules les entrées en Europe et non les sorties sont généralement comptabilisées alors que près de la moitié des migrants quittent leur pays d’accueil dans les cinq ans qui suivent leur arrivée ; qu’il n’y a non seulement pas de corrélation avérée entre chômage et migrations mais que ces dernières représentent bien souvent une contribution économique non négligeable [2] ; qu’historiquement les nations européennes (la France la première) sont des pays d’immigration construits par le brassage de ses populations ; que laisser les exilés s’entasser au Liban, en Turquie ou en Jordanie constitue une bombe à retardement source de futurs conflits et de déséquilibres géopolitiques graves…
François Arnal's insight:
Le terme « réfugié » n’est apparu que tardivement dans la langue française. D’abord en tant que participe passé (fin XVe siècle) il n’est employé comme substantif et au pluriel (les réfugiés) qu’au XVIIIe et reste réservé jusqu’au XIXe aux huguenots qui avaient été contraints de fuir suite à la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Pourtant d’autres groupes tels que les juifs et les maures d’Espagne avaient eux aussi précédemment (XVe siècle) été chassés à cause de leur religion. Plus tard, sous la Monarchie de Juillet, il désigne exclusivement les étrangers ayant quitté leur pays à la suite d’événements politiques qui reçoivent des subsides de l’État, non ceux pouvant subvenir à leurs propres besoins. Ce cadrage du « problème » des réfugiés sous l’angle de la distribution de l’argent public s’inscrit, comme le montre Gérard Noiriel, dans le contexte d’un État libéral qui fait des fonctions de maintien de l’ordre et de charité un outil central de la gestion de classes laborieuses identifiées comme dangereuses [4].
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Traverser la frontière et arriver en Bulgarie : paroles de réfugiés - Visionscarto

Traverser la frontière et arriver en Bulgarie : paroles de réfugiés - Visionscarto | Géographie : les dernières nouvelles de la toile. | Scoop.it

Une légende raconte que la petite ville de Harmanli n’a pas besoin de voyager, car c’est le monde qui vient à elle... Située dans le sud de la Bulgarie, à quelques kilomètres de la frontière turque, cette bourgade s’est habituée au défilé des camions remplis de marchandises, en provenance d’Asie et se dirigeant vers l’Europe. Depuis deux ans arrivent aussi des hommes, des femmes et des enfants. Ils fuient la guerre ou la misère. Cachés dans des semi-remorques, ou simplement à pied à travers les collines, ils tentent de traverser la frontière.

par Stefania SummermatterJournalistePhotos d’Alberto Campi, membre du collectif de journalistes indépendants We ReportLauréat du Swiss Photo Award 2012 grâce au projet « Beyond Evros Wall »

 

Aux portes d’Harmanli, une vieille caserne militaire a été transformée en centre d’accueil pour demandeurs d’asile. Les petits immeubles délabrés accueillent environ 1 600 réfugiés irakiens, afghans, et surtout syriens. Parmi eux, il y a Amira :

Après avoir terminé mes études à l’université, j’ai enseigné deux ans en Syrie. Mais la guerre a éclaté, et la vie est devenue chaque jour un peu plus dure. J’ai fui vers le Liban, mais je ne m’y sentais pas en sécurité. On y attaquait les réfugiés, la vie était chère, et celui qui trouve du travail est souvent exploité. J’étais enceinte, mon mari et moi avons décidé de partir pour l’Allemagne. Nous avons réussi à rejoindre la Bulgarie. Ils sont encore en train d’évaluer notre demande d’asile. Ils disent que nous venons du Liban, qui pour eux est un pays sûr… »

François Arnal's insight:

Philippe Rekacewicz nous offre ici une belle et nouvelle carte  d’une Europe qui se barricade et se disloque.

Ce texte est la traduction (assurée par Cristina del Biaggio) d’un reportage audio en Italien de Stefania Summermatter, que l’équipe de visionscarto.net a adapté pour ce site.

Cristina del Biaggio géographe, spécialiste des migrations sera présente au #FIG15 et au lycée C Fauriel au printemps pour la table ronde sur l'Adriatique et les migrations dans les Balkans.

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Balkan Road - Visionscarto

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Balkan Road est un projet mené par le photographe Alberto Campi et la géographe Cristina Del Biaggio. C’est la suite du projet Beyond Evros Wall, réalisé en 2012 sur la région de l’Evros, où la Grèce a construit une barrière frontalière en espérant contenir les migrants et les réfugiés en provenance de Turquie.

François Arnal's insight:

Un magnifique album photo réalisé par 2 amis suisses : Alberto Campi et Cristina Del Biaggio. Cette série de portraits nous permet de saisir la condition des migrants, leurs parcours, leurs mobilités et leurs fragilités. Les photos sont superbes et témoignent d'un grand respect pour les personnes. Alberto Campi est est un photographe indépendant basé à Genève et adepte du slow journalism.

Cristina Del Biaggio est géographe, et a effectué ce projet sur le terrain dans le cadre d’une recherche post-doctorale (financée par le Fonds national suisse de la recherche scientifique) menée à l’European Studies Institute à Amsterdam (Pays-Bas). Nous les avions rencontré lors d'un café géographique à St Dié des Vosges sur les migrants en compagnie de P Rekacewicz.

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The Syrian refugee crisis, explained in one map

The Syrian refugee crisis, explained in one map

 

Des histoires comme celle de Aylan Kurdi, le garçon syrien dont le corps échoué sur un rivage turc après la noyade sur le chemin de la Grèce, et Oussama Abdul Mohsen, le père de réfugié syrien qui a été renversé et a trébuché sur l'appareil photo d' une journaliste hongroise, ont montré comment la crise des réfugiés syrienne est vécue sur le plan humain. Mais la gravité de la crise devient beaucoup plus claire lorsque vous effectuez un zoom arrière afin  de voir comment elle se déroule à l'échelle continentale.

François Arnal's insight:

La crise des réfugiés syriens sur une carte. sur les 19 millions de réfugiés dans le monde, 4 millions sont syriens, où vont ils ? quel est leur trajectoire migratoire  entre le Proche Orient et l'Europe occidentale ?

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Derrière la forteresse de Calais

Derrière la forteresse de Calais | Géographie : les dernières nouvelles de la toile. | Scoop.it

Les Anglais sont déroutants. Ils se blindent dans leur forteresse verrouillée depuis Calais. Dans le même temps, le Guardian donne la parole à six chercheurs anglais sur la crise démographique européenne. Ils pointent un si grand déficit de natalité qu’ils envisagent un recours à l’immigration comme solution parmi d’autres à cette crise du «manque de bébés» (1).

L’Espagne et la Grèce, deux futures Corses ? 

Les géographes ne sont pas surpris. Avec un indice synthétique de fécondité (et non pas un taux de natalité comme on lit souvent) de 1,55 enfants par femme, l’Europe s’achemine vers le suicide. Et ne parlons pas de l’Espagne et de la Grèce littéralement saignées par l’exode des jeunes au pied d’une montagne de chômage. Ces deux pays vont devenir de gigantesques Corses où ne vivront que des retraités et quelques jeunes s’occupant d’eux. Tout comme le Portugal qui devrait perdre 4 millions d’habitants (sur 10 millions) d’ici les deux générations à venir.

François Arnal's insight:

La question des migrants en Europe se pose avec acuité face à l'afflux massif des demandeurs en provenance des zones en crise (Afrique subsaharienne, Maghreb, Proche et Moyen Orient, Europe orientale). Le problème démographique du vieillissement de la population nous invite à réfléchir sur l'attitude de l'Europe vieillissante.

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Kumkapi, avant de passer la frontière... - Les blogs du Diplo

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Istanbul, cette ville dite « charnière » entre l’Occident et l’Orient, est une cité de presque 15 millions d’habitants qui foisonne d’activités. Tellement étendue que même le Guide du Routard invite les « meilleurs marcheurs » à prendre les transports en commun…

Mais nous, pendant cette longue semaine, nous avons choisi « le lent piétinement », dans un seul quartier de la ville : Kumkapi, 400 000 âmes, soit l’équivalent du canton de Genève. C’est ici qu’on trouve les nouveaux migrants, c’est-à-dire ceux qui ont déposé une demande d’asile et qui attendent une réponse, ceux qui ont déjà reçu une réponse négative, et aussi ceux qui essayent de faire un peu de « cash » pour passer la frontière entre la Turquie et la Grèce. Ce quartier de mélange a été très longtemps occupé par des Arméniens, des Géorgiens auxquels sont venus s’ajouter des Kurdes ou des Russes. Ce sont ces anciens immigrés qui gèrent aujourd’hui les flux — de migrants comme de marchandises — qui transitent par ce lieu très dynamique.

 

François Arnal's insight:

Avec des cartes mentales illustrant les périples transfrontaliers des migrants transitant par la Turquie. Christina del Baggio est une géographe, elle est assistante d’enseignement et de recherche au département de géographie et environnement de l’Université de Genève. Elle intervient régulièrement dans les groupes Facebook sur la frontère (The Mobile Borders). Elle a travaillé plus particulièrement sur la frontière entre la Grêce et la Turquie sur le fleuve Evros où une barrière de sécurité a été édifiée.

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