En Turquie, l'art de la révolte | Géographie : les dernières nouvelles de la toile. | Scoop.it

"Le jour où la police a attaqué les manifestants environnementalistes dans le parc Gezi, je suivais tout cela sur les réseaux sociaux, raconte, de sa voix douce et posée, Sarp Maden, un guitariste de jazz en vue sur la scène stambouliote. Quand j'ai appris que mon amie Lobna avait été gravement blessée, j'ai foncé à l'hôpital. Les affrontements continuaient autour de l'hôpital de Taksim et les nuages de gaz rentraient dans les chambres."

Frappée à la tête, le 31 mai, par un tir tendu de grenade lacrymogène, Lobna Allami, qui travaille dans la production musicale, a été plongée plusieurs jours dans le coma et son état reste critique. Sarp Maden, un grand gaillard paisible, n'est pas de ceux que l'on croise habituellement sur les barricades. "J'étais un peu passif, dit-il. D'habitude, je ne suis pas le genre de personne à aller crier dans les rues. Mais là, j'ai senti que c'était de ma responsabilité. Et beaucoup ont fait comme moi. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase."