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"Les révoltes du papier timbré, 1675" (Essai d’histoire événementielle) Gauthier Aubert

"Les révoltes du papier timbré, 1675" (Essai d’histoire événementielle) Gauthier Aubert | Geographedumonde | Scoop.it
Geographedumonde's insight:

Grâce à quelques heures d'un train desservant Bordeaux, Nantes et Rennes, j'achève la lecture de la "deuxième" thèse (HDR) de Gauthier Aubert, maître de conférences - moderne(iste) - à l'université de Rennes II. Ce voyage m'a justement permis de relier involontairement trois villes au coeur de l'analyse historique ici en jeu : les "émotions" urbaines du printemps et de l'été 1675 ayant eu pour théâtre d'opération ces trois villes de l'Ouest.

 

Autant ne pas mentir, la somme pourra décourager un lecteur un peu trop éloigné de la recherche érudite. Mais pour peu que le néophyte se plonge dans le déroulement des événements, il trouvera chez l'auteur un soin louable à faciliter le maintien de son attention; comme dans un roman de cape et d'épée. Je suis le plus mal placé pour en dire davantage : "handicapé" par des liens d'amitié et facile à disqualifier par ma passion pour l'histoire urbaine et les thèmes tournant autour de la guerre civile...

 

Il faut vite le préciser toutefois, cette histoire sort de l'espace urbain, rejaillissant sur les campagnes parfois éloignées. Le rejet du "papier timbré" a également touché la basse-Bretagne : la région de Carhaix (Poher) ainsi que le pays bigouden (Quimper mais plus encore Brest restent à l'écart du mouvement). L'émeute y prit même forme plus solide, même si la répression fut paradoxalement moins cruelle qu'à Rennes.

 

*

 

Tout ou partie du récit renvoie à un passé quasi EXOTIQUE, à commencer par une géographie religieuse plus qu'administrative (paroisses et diocèse). Le Roi toujours suggéré ne se montre jamais en personne, quand nous nous accoutumons aux visites présidentielles pour des événements mineurs.

 

L'exercice du pouvoir consiste à laisser s'entrechoquer les factions (ou laisser pourrir la situation ?) faute de forces suffisantes pour éteindre les premiers "incendies" du printemps 1675, quand nous attendons l'envoi de compagnies de CRS pour régler de simples heurts d'après-matchs.

 

Entre le marteau et l'enclume (des bourgeois opposés), les écrasés se comptent sur les doigts de deux mains : condamnés aux galères ou suppliciés en place publique. Bien des meneurs disparaissent dans la nature : scandale à l'heure de la victime demandant des comptes...

 

*

 

Qu'on ne se méprenne pourtant pas. Bien des choses nous ramènent à notre temps. Gauthier Aubert fait réfléchir sur le caractère INTEMPOREL des événements. Les puissants préservent avec succès leurs intérêts, tandis que les citadins des faubourgs les plus influençables paient la facture la plus lourde ; ces derniers, s'ils travaillent dans des professions stigmatisées (bouchers, poissonnières, tenanciers d'hôtels...) prennent une part plus conséquente. On suit la tragédie des "privilégiés" déstabilisés par un nouvel ordre fiscal/juridique ; la basoche se rebelle ? Elle en prend par la suite sa contrepartie sous forme de punition royale.

 

Les protestants rennais - un temps accusé de susciter l'aide hollandaise - les étrangers plus ou moins vagabonds, les personnes mal insérées ne bénéficient d'aucune solidarité locale ; la répression épargne les premiers finalement innocentés (protestants), pas les autres. Ceux qui rétablissent l'ordre, nobles et bourgeois (pour épauler les gouverneurs de Chaulnes à Rennes ou d'Albret à Bordeaux)  rivalisent d'hésitations... 

 

*

 

En conclusion, je retiens l'extraordinaire vitesse de circulation de l'information entre les provinces en 1675 (évidemment très bien montrée), le passage saisissant entre l'émeute provoquée par la pression fiscale et la retombée aussi prompte, ainsi que le fossé séparant la réalité géopolitique (mal)traitée par la propagande royale (monarchie "absolue") et l'ampleur des libertés locales.

 

Gauthier Aubert fait comprendre que le coup de bâton délivré (la troupe encasernée dans Rennes aux frais des habitants) tombe lorsque plus personne ne songe à contester l'ordre établi. A Rennes, des Bretons répriment d'autres Bretons. A Bordeaux, point n'est besoin d'aide extérieure : c'est vrai en 1675, moins à d'autres périodes (comme lors de l'Ormée)

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Consternation nationale (et aveuglement symbolique)

Consternation nationale (et aveuglement symbolique) | Geographedumonde | Scoop.it
L’hiver revient et l’effroi nous saisit. La classe politique, et singulièrement la gauche, nous effare. Tout, dans la séquence ouverte par le président devant le Parlement réuni en Cong…
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Mais comment les concepteurs de ce projet conçoivent-ils leur propre nationalité ? Cette question me vient en terminant ce post d'Erwan le Morhedec. Le blogueur démontre à juste titre l'inutilité pratique et les difficultés juridiques posées par la déchéance de nationalité (pour les doubles nationaux convaincus de terrorisme). Je postule que les choix du passé pèsent peu, si lourds pourtant aujourd'hui.

 

La République a chassé les Emigrés hors de France, guillotiné "l'Etrangère" (Marie-Antoinette), mais fixé le lieu de naissance comme seul critère de nationalité. Après 1870, elle a donné la citoyenneté aux Juifs d'Afrique du Nord par le décret Crémieux (tout en persécutant Dreyfus), mais l'a refusée aux autres habitants du Maghreb français (affublés de l'appellation imprécise de "Musulmans") pourtant mobilisables en 1914. En 1940, elle a cédé sans honneur devant l'Etat français bientôt liberticide. Elle a fermé les yeux en 1962 sur les iniquités nées d'une indépendance algérienne négociée avec des hommes illégitimes (parce que non élus).

 

Plus récemment, dans le cadre de la construction européenne et de la dissolution de la souveraineté nationale (l'euro, l'Acte Unique, Maastricht), la République a accepté d'abaisser ses frontières terrestres et a laissé ses ressortissants rentrer dans une Union politique confédérale dans laquelle les habitants du Continent se déplacent et fondent de nouveaux foyers par-delà les frontières.

 

Cette histoire paraît parfois chaotique. Dans le même temps, en France, les très pauvres (l'immigration et le phénomène de métropolisation s'entre-alimentent) et les très riches (vivant la même année dans plusieurs lieux successifs) expérimentent concrètement la vie autrefois infamante d'apatrides : d'une région, mais résident ailleurs, aux côtés d'un conjoint lui-même parfois déraciné.

 

Telle ancienne femme de président de la République a choisi de se remarier à New York, remplacée par une Italienne désormais parisienne ? Par leur vote répété depuis 30 ans, nombre de Français souhaitent alors néanmoins faire de leur attachement à la nationalité une raison de rejeter les partis du 'système' : par sentiment d'appartenance - disent-ils -, mais encore par xénophobie ou détestation des élites mondialisées.

 

Le président de la République, un homme politique de 61 ans ayant fait carrière dans l'administration hexagonale (un peu) et à l'intérieur d'un parti de gouvernement (beaucoup) ne perçoit peut-être pas suffisamment l'idée que se font de lui les Français. Il a dépassé lui-même la notion de nationalité - largesse d'esprit et générosité de cœur - : parisien, donc un peu citoyen du monde, européen de cœur, presque cosmopolite. Mais combien d'autres depuis quelques semaines se sentent mal à l'aise, jugés dans leurs appartenances géographiques ? S'en inquiète t-il ?

 

La part de calcul - suggérée par Koz - compte moins que la minimisation des périls ici très rapidement esquissée... La déchéance de nationalité très populaire (dans les sondages) n'efface pas le fossé entre les sondés et celui qui imagine tirer les plus grands bénéfices d'une déchéance de la nationalité pour les (rares) terroristes bi-nationaux.

 

Ne doit-on tout simplement pas craindre demain des propositions plus infamantes pour redéfinir la nationalité simple, proposée par quelqu'un de moins regardant sur l'écart entre slogans électoraux et respect de l'esprit de la Constitution ?

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Malgré Xynthia, la culture du risque reste embryonnaire, selon un rapport du Sénat

Malgré Xynthia, la culture du risque reste embryonnaire, selon un rapport du Sénat | Geographedumonde | Scoop.it
En Charente-Maritime et en Vendée, « les acteurs de la chaîne du risque sont désormais nettement plus mobilisés », assurent les sénateurs François Calvet et Christian Manable, dans un rapport ...

Via Sylvain Rotillon
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Sylvain Rotillon's curator insight, July 7, 2015 5:12 PM

Plus encore que de culture du risque, c'est bien d'une culture géographique dont nous aurions besoin. La géographie qui étudie la dynamique des milieux physiques, qu'ils soient anthropisés ou pas, fait partie de ces disciplines très mal traitées dans le scondaire. Très majoritairement, ce sont des historiens maîtrisant mal la géographie qui l'enseignent et l'équilibre entre les deux disciplines est rarement respecté. On le paye avec des citoyens sans connaissance du fonctionnement des milieux et qui ne font pas le lien  entre un processus et ses conséquences, d'autant que la relation est rarement immédiate.

Les outils développés pour gérer les risques ne sont pas compris dans leurs finalités, seules restent les contraintes qu'ils génèrent. Lélaboration des plans de prévention eclue de fait les principaux intéressés, les riverains, qui ne sont mis dans la boucle qu'à la fin du processus, quand le plan est pratiquement bouclé. Les services instructeurs n'ont pas le temps de faire de la pédagogie une fois les plans approuvés, le travail étant considéré comme réalisé, les effectifs sont redéployés ailleurs.

Développer la culture du risque, c'est repenser notre façon de considérer les milieux physiques, c'est associer plus étroitement les riverains à l'élaboration des plans de prévention qui les concernent directement. Dans le contexte budgétaire actuel, c'est loin d'être gagné…

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La périurbanisation bouleverse la notion de ville

La périurbanisation bouleverse la notion de ville | Geographedumonde | Scoop.it
What, exactly, is a city? Technically, cities are legal designations that, under state laws, have specific public powers and functions. But many of the largest American cities -- especially in the ...
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On regrettera le temps passé par l'auteur du post à donner ses axes de recherche : qu'est-ce qu'une ville, qu'une banlieue, qu'une densité ? Toutes ces questions auraient gagné à être évacuées dès le départ, en partant du principe qu'il manque (peut-être ?) des définitions statistiques aux Etats-Unis. En tout état de cause, les modèles urbains européens pouvaient servir à dépasser un niveau élémentaire, celui d'une logique d'institut de sondage : demander au téléphone quel sentiment ils ont de leur quartier (urbain, suburbain, rural) entraîne un biais préjudiciable à la qualité des évaluations finales.

 

Rappelons qu'il y a d'autres critères que la densité - très discutable - pour définir la ville : ses site et fonction, sa structure en auréoles (centre-périphérie), ses réseaux (transports, adduction, électricité), ses services, la continuité du bâti, etc.

 

Ces quelques reproches ne doivent pas faire oublier l'époustouflante qualité esthétique et démonstrative des trois cartes présentées : New York, Los Angeles et Houston. Seule la première des trois peut au fond être qualifiée de ville; ses habitants répondent à juste titre au qualificatif de citadin... Car l'auteur montre que la croissance rapide (1%/an) de l'Amérique des 'suburbs' transforme en profondeur l'idée même de citoyenneté.

 

Parmi les plus grandes 'unités urbaines' - le mot de ville convient-il encore, tant l'individualisme y est radical ? - des villes pavillonnaires poussent comme des champignons : Austin et Fort-Worth au Texas, Charlotte en Caroline du Nord. La hiérarchie des grandes villes nord-américaine s'en trouve bouleversée, qui voit disparaître les 'big cities' du nord-est (en particulier) dans le top ten. L'avancée la plus spectaculaire dans la hiérarchie est Houston (4ème, avec 2,24 millions d'habitants). On peut également citer Phoenix (6ème, 1,54 m. d'hab.) pour le vieillissement.

 

Sans surprise, le sud-ouest progresse plus vite, avec une Californie et un Texas en passe de se latiniser à brève échéance...

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La suppression de la municipalité de Paris passe par...

La suppression de la municipalité de Paris passe par... | Geographedumonde | Scoop.it
Pour remédier à la coupure Paris/banlieue et pour que la métropole du Grand Paris ne soit pas juste un échelon bureaucratique supplémentaire, une double solution serait de supprimer la municipalité de Paris et de redécouper de nouveaux arrondissements-communes qui s'étendraient de par et d’autre du Boulevard périphérique. Une tribune de Laurent Chalard, géographe.
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La qualité de cette tribune de Laurent Chalard tient à son argumentaire adret/ubac. Le versant sombre de la situation administrative francilienne, nous dit le géographe, tient aux risques induits par la construction d'un 'Grand Paris'. Ce nouvel échelon transpose dans le temps et l'espace, l'irresponsabilité des choix métropolitains d'hier.

 

Ainsi, la fossilisation des limites administratives - arrondissements centraux 'vides' (de 1 à 8), et coupure du périphérique - a accompagné la spécialisation des territoires franciliens dans une spirale négative : l'aménagement du territoire (ordonnancé par la "grande" administration d'Etat), la décentralisation-déconcentration (initiée par les collectivités locales) complétés par les évolutions naturelles observées dans d'autres grandes métropoles. En Île-de-France, se sont ainsi combinés conservatisme (géo)politique et dynamique (géo)économique, elle-même constituée de mobilité individuelle, de transport des marchandises et de montée en puissance des services.

 

Laurent Chalard saisit parfaitement que le Grand Paris correspond à une tentative de faire perdurer cette alchimie si coûteuse (politique de la ville, des transports, du logement, etc.) et si génératrice de tensions sociales : encombrement des réseaux de transport en commun, déchirement de la carte scolaire, enkystement des cités-ghettos, entre autres maux. Reproduire les choix d'hier, c'est courir le risque d'un nouvel échec, avec les mêmes coûts. Le géographe propose donc intelligemment une redéfinition des arrondissements qui puisse effacer le périphérique, et par voie de conséquence, une suppression de la commune de Paris.

 

Ce versant ensoleillé - adret - s'avèrerait plus convaincant s'il ne proposait une vaine destruction de l'existant. La refonte des limites d'arrondissements parisiens provoquera(it) une inutile levée de boucliers, alors qu'une augmentation de dix (vingt ?) arrondissements n'impacterait que les communes de petite couronne, soudain rapprochée du "noyau" central. L'objectif fixé dans le dernier paragraphe - concurrencer les métropoles "mondiales" - me paraît faire oublier le plus urgent : recoudre le territoire tel qu'il existe (une région francilienne qui déborde sur la Picardie, ou le Centre), et réconcilier les deux France...

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La lente désagrégation du système communiste chinois

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The endgame of communist rule in China has begun, and Xi Jinping’s ruthless measures are only bringing the country closer to a breaking point.
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Une fois n'est pas coutume, un "sinologue patenté" se penche sur sa spécialité avec les préventions d'un anorexique confronté à un pâté en croute. Rappelons qu'un universitaire recevant cette appellation dans les médias ne s'intéresse généralement ni à la civilisation, ni à la langue, ni à l'histoire impériale chinoises, mais à ce que le régime communiste décide, programme, et/ou exclut. L'homme fort d'hier reçoit généralement des critiques (mesurées) et celui du jour les compliments d'usage.

 

David Shambaugh se montre ostensiblement perplexe vis-à-vis de ce genre de commentateurs officiels. Et dit à quel point sa réflexion le pousse à tirer une conclusion définitive : l'effondrement sanglant du parti communiste chinois. Dans le même temps, DS se refuse à tout échéancier. Il examine les causes de l'accélération.

 

Le leader actuel Xi Jinping veut sauver l'édifice mais en détruit consciencieusement les plus fidèles piliers. Beaucoup parmi ceux-ci s'enrichissent : depuis la fin de la Révolution culturelle, cet "à-côté" n'embarrassait personne. Xi compte à tort sur un renouvellement par le bas du parti, comme à l'époque de Mao : les provinces débordent pourtant de cadres intermédiaires plus médiocres les uns que les autres. 

 

La stratégie du dirigeant communiste se heurte aussi au principe de réalité. Le parti crée l'angoisse, sait susciter la suspicion et la délation. Mais il ne terrorise plus. Il n'envoie plus des millions de Chinois au laogaï. 70.000 membres du parti auraient été victimes (?) des purges récentes : mais qui peut jauger l'opinion publique chinoise ? Au lieu de lui en savoir gré, celle-ci ne méprise pas plus encore le parti qui fait la preuve chaque jour de ses liens avec les puissants/corrompus ?

 

Les Chinois ne peuvent ignorer que des gros poissons passent à travers les mailles du filet : il suffirait donc d'être chanceux ou bien introduit. DS relève que l'immense majorité des millionnaires chinois placent argent et enfants à l'étranger : les rats ont quitté le navire. 

 

La propagande maoïste sublimait [°°°] les décisions du grand Timonier ? David Shambaugh raconte de façon hilarante le séminaire auquel il a été convié par un think-tank pékinois. La discussion portait sur le "rêve chinois de Xi". Dans cette farce, les acteurs ne croient pas une seconde à leur texte de commande. Autre anecdote à l'Ecole du Parti, où le sinologue constate que le dernier livre du secrétaire Xi Jinping reste au rayon des invendus. 

 

Pire aux yeux de DS, la société chinoise mise en place par le PCC est frileuse et conservatrice, l'exact contraire de ce qu'imposent la mondialisation des échanges et les NTIC. Xi Jinping se réfère régulièrement à Gorbatchev, mais comme le contre-exemple à ne pas imiter; ce qui n'est guère répercuté par les médias occidentaux généralement bien complaisants.

 

Pour figurer le moment présent en Chine communiste, David Shambaugh recommande le film magnifique "La vie des autres" sur un policier est-allemand qui sauve sa cible. Ce n'est pas un film hollywoodien louant la Liberté qui éclaire le monde...  

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Cantonales 2015 et quelques perdants

Cantonales 2015 et quelques perdants | Geographedumonde | Scoop.it
L'extrême droite est présente en force dans le Nord-Est et le Sud-Est, alors que la gauche résiste dans le Sud-Ouest.
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Election sans perdants ? On arriverait presque à en oublier que la course comportait plusieurs écuries. Qui n'a pas décelé les limites de l''écurie' FN, ses candidats disparates, parfois obscurs ? Ses concurrents s'avèrent bien peu modestes. En scrutant la carte, deux pays s'opposent en un. L'Île de France, la moyenne montagne (Corse comprise), la Bretagne et le grand Sud-Ouest d'un côté; le reste de la France de l'autre...

 

La France du FN est celle du vide et du vieillissement (Est du bassin parisien), de l'aménagement raté (Languedoc), du post-industriel (Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, couloir rhodanien et Var). Plus encore, les Français qui votent FN sont des propriétaires qui voient leur bien perdre une part de sa valeur. Ils vivent à 150 ou 200 km de Paris (régions Haute-Normandie, Picardie, Champagne ou Centre), dans l'Est (Lorraine), autour de Lyon (jusqu'à St-Etienne) ou en Alsace.

 

Tous exècrent le PS et ses impôts, au point d'oublier que l'UMP a favorisé le "tous propriétaires". Et que le FN ne propose aucune solution pour eux ! En région parisienne ou dans l'Ouest, où l'on ne vote pas (beaucoup) FN, la baisse des prix de l'immobilier (et la ruine des rentiers) n'est pas encore arrivée.

 

Dans les cœurs d'agglomération, le PS peut s'appuyer sur sa clientèle HLM, ses quartiers pauvres "aidés". Mais pour combien de temps ? Combien de temps le PS pourra t-il garantir l'équilibre financier de "ses" zones urbaines, basé sur la redistribution des revenus : jusqu'au moment où le parti perdra la main à l'Assemblée Nationale et dans les mairies. Le rassemblement de la gauche, carte à l'appui, demeurera fragile. Comment les classes moyennes aisées (Bordeaux-Toulouse-Nantes-Rennes) peuvent-elles s'entendre avec les électeurs de cantons semi-ruraux et/ou ex-industriels (Massif Central, Nord, Sud-Ouest et ceinture rouge parisienne) ? http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/03/23/la-carte-des-resultats-canton-par-canton_4599193_4355770.html ;

 

En attendant, le FN reste au pied du podium. L'idée selon laquelle le FN manque de pratique politique est toutefois fallacieuse. En plus de trente ans d'existence, il y a eu plusieurs exemples de gestion municipale "FN" : celles de Bompard, de Simonpieri, de Le Chevallier ou de Mégret http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ces-villes-que-le-front-national-a-deja-gerees_767233.html Qu'a t-on retenu de la gestion FN ? Des promesses non tenues, un clientélisme équipementier coûteux, et des dettes.

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Les femmes dans l'activité touristique

Les femmes dans l'activité touristique | Geographedumonde | Scoop.it
Le tourisme occupe une place centrale dans les négociations internationales en vue de libéraliser le marché des services. Par son poids économique et les recettes qu’il génère, il est présenté comme (...)
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D'après http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/05/01003-20140905ARTFIG00012-en-syrie-un-djihadiste-occidental-sur-trois-serait-francais.php la Tunisie fournirait le premier "contingent" de djihadiste étranger en Syrie. Comment ne pas s'interroger toutefois sur les revers de l'économie touristique ? Cet article bouscule quelques préjugés. Mariama Williams consacre sa 3ème partie aux conséquences négative du développement économique (par le tourisme) sur le statut et la place de la femme dans les sociétés du Sud.

 

Conséquences fâcheuses. Qu'en retirent les femmes ? (1) Elles s'investissent beaucoup plus dans le tourisme (niveau de qualification) que les hommes, mais elles en retirent trop peu d'avantages. 2) Les stéréotypes ambiants (propres à chaque société) se renforcent par l'emploi des femmes dans le secteur touristique. (3) le secteur informel - qui se développe en parallèle des activités touristiques légales - aspire ensuite la main d'œuvre féminine. (4) l'argent public capté pour les infrastructures diminue d'autant les investissements "utiles" : hôpitaux, crèches, écoles, etc.

 

L'auteur oublie l'impact d'une activité touristique attirant les femmes actives au détriment des activités "traditionnelles" comme l'artisanat ou les travaux domestiques. La libération des femmes par l'activité salariée - y compris lorsqu'elles sont mal payées - a une contrepartie. La frustration de ceux qui restent "de côté" en Tunisie - pères, maris, frères,... - n'est-elle pas une piste supplémentaire pour comprendre la virulence du fondamentalisme combattant ? 

 

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Tertiarisation et métropolisation en Basse-Normandie

Tertiarisation et métropolisation en Basse-Normandie | Geographedumonde | Scoop.it
Malgré le recul de l'emploi salarié marchand en 2008 avec la survenue de la crise, sur longue période entre 1982 et 2011, l'emploi total a progressé pour toutes les régions métropolitaines. En Basse-Normandie, il a modérément augmenté de + 8 % (+ 21 % en France métropolitaine). En trente ans, l'emploi régional s'est transformé, dans l'orientation économique de l'activité des établissements comme dans la nature des fonctions exercées par les actifs. Avec leurs caractéristiques économiques spécifiques, les zones d'emploi ont reflété ces transformations de façon contrastée. Dans la région, la sphère présentielle en expansion compense globalement la sphère productive en contraction. Mais ce n'est pas le cas pour la moitié de ses zones d'emploi.
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La Basse Normandie se tertiarise et perd sa ruralité paysanne au profit d'agglo. de services. Peut-on parler - comme à propos d'un organisme vieillissant - d'une prise de graisse ou d'augmentation de la masse musculaire ?! L'Insee préfère se réfugier derrière l'expression générique d'"activité présentielle". Résultat ? Les (bas-)Normands se paupérisent, en dehors de Caen, de Cherbourg et des littoraux de la Manche (Cotentin Sud-ouest et Calvados oriental).

 

Plus évident encore, entre petites agglomérations, l'écart se creuse. Soit elles se trouvent proches du littoral, soit elles dépérissent cruellement. Sauf ? Sauf dans les préfectures (Saint-Lô et Alençon) où les services publics "cachent la misère" http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=11&ref_id=22197&nbsp Mais les politiques publiques, en particulier dans le secteur hospitalier, laissent peu d'espoir : la diminution des effectifs implique des baisses rapides. Partout ailleurs s'étend le "désert" normand. L'immobilier est en berne, les vendeurs attendant le pigeon francilien (surtout vers l'est de la région) en quête de résidence secondaire, par exemple.

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L’Algérie et sa religion d'Etat

L’Algérie et sa religion d'Etat | Geographedumonde | Scoop.it
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Sur la confrontation entre modernité et "religionisme" (officialisation par l'Etat des pratiques cultuelles comme norme collective, permettant de redonner de la crédibilité à celui-là même qui n'en a plus du tout), cet article de Marie Verdier s'avère passionnant.

Les religions d'Etat ne sont que les religions DE l'Etat. En Algérie, l'Etat se montre toujours défaillant, dur avec les faibles et mou avec les corrompus.

 

Deux extraits attirent mon attention. Dans le premier paragraphe : des milliers d'Algérois attendent un logement décent, mais désormais, il y aura des sortes d'HLM "hallal"; parce qu'un décret religieux le stipule noir sur blanc. Pourquoi le Conseil scientifique national (CFCM version algérienne) créé ex abrupto peut-il rédiger une fatwa, et en quoi sera t-elle brusquement reconnue comme valable par la communauté des croyants ? 

 

Dans le quatrième paragraphe, il apparaît que le don d'organes est désormais déclaré "hallal" - les besoins en transplantations sont énormes - mais en revanche le don de sperme et d'ovules demeure illégal. Pourquoi ici la tradition mérite t-elle d'être bousculée, et là d'être respectée ? Mystère...

 

L'Etat algérien tente de reprendre la main sur une religion d'Etat paravent de ses lacunes. Les fondamentalistes préfèreront de toutes façons l'original : l'argent venu du Golfe semble ne jamais devoir s'épuiser. Le plus étonnant à la lecture de quelques intervenant ? Nombre d'entre eux (y compris en France :)) trouvent toutefois quelques avantages à ce "religionisme". Ils ne parviennent évidemment pas à me convaincre...

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Plus de 350 villes ne respectent pas leurs objectifs de construction d'HLM

Plus de 350 villes ne respectent pas leurs objectifs de construction d'HLM | Geographedumonde | Scoop.it
Plus du tiers des municipalités soumises à la loi SRU n'ont pas construit leur quota de logement sociaux, mais ces récalcitrantes ne sont pas toujours sanctionnées.
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Après une longue enquête, le Monde découvre que des dizaines de communes conspuent l'habitat 'social' : adjectif fallacieux, puisque 3 Français sur 4 pourraient demander à vivre en HLM (selon des critères d'éligibilité définis par l'Insee). La spirale de la rente immobilière mobilise il est vrai moins les bonnes consciences que la lutte contre l'évasion fiscale en Suisse.

 

"L'application de la loi SRU" (25 % de logement social/commune), s'apparente à un aimable colifichet : les maires délivrent, ou non, les permis de construire. Cette liberté a été l'un des tournants de la décentralisation décidée après 1981. L'expression "volontarisme", en matière de logement social, signifie générosité problématique : qui admettre en communes-centres d'agglomération ?

 

En Île de France, on peut supposer que des milliers de Franciliens accepteraient de se loger dans Paris en HLM : pourquoi pas eux ? En attendant, la ville de Paris respecte la loi SRU... Grâce aux heureux bénéficiaires de logements ""sociaux"".

 

D'un autre côté, les maires foulant au pied l'exigence de construction d'HLM obtiennent de leurs administrés toute latitude pour payer les amendes. Si ce n'était pas le cas, lesdits maires se planteraient lors des élections suivantes. Et Isabelle Rey-Lefebvre fait mine de conclure que des amendes plus lourdes changeront quelque chose. Tant que le prix du mètre-carré progresse, chaque propriétaire s'arrange de ce caillou dans la chaussure.

 

*

 

Le 18 mai 2010, David Pujadas consacrait son dossier spécial de journal télévisé à un bilan du "plan de rénovation urbaine" lancé cinq ans plus tôt. Ce plan de rénovation urbaine a coûté plus de 40 milliards d'€. Résultat en demi-teinte (commentaire en demi-mesure :) ? En réalité, la partie BTP y a seule trouvé son compte ! Des milliards d'euros ont été engloutis pour détruire des barres d'immeubles. Mais la mixité sociale s'avère aussi insaisissable que le monstre du Loch Ness.

 

Les accédants à la propriété piégés dans cette rénovation urbaine ne sont pas au courant de ce que vaudront leurs biens dans 10 ou 20 ans. Ils n'auront personne pour se retourner. A Meaux, le sujet se termine par un appel à plus de moyens de la part de l'Etat.  

http://www.ina.fr/video/4196688001

 

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La résidence alternée, et ses conséquences

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Exclusif : Près d’un enfant de divorcés sur cinq vit en résidence alternée, selon une étude du ministère de la justice dont La Croix publie les résultats. ...
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La résidence alternée concerne désormais 25 à 30.000 enfants chaque année (120.000 divorces par an en moyenne http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/09/17/01016-20100917ARTFIG00631-les-disparites-geographiques-du-divorce.php ) Cette progression modifie à la marge la situation générale des couples séparés : en effet, dans plus des deux tiers des jugements, la mère assume seule la prise en charge des enfants du couple.

 

Au-delà des questions de confort - les adultes ne sont pas seuls concernés - la garde alternée bouscule les pratiques tout en fragilisant encore la situation des plus mal loti(e)s [*]. Les pensions alimentaires estimées par le juge permettent en effet à nombre de mères sans emploi d'assurer les dépenses courantes. Or nombre d'entre elles ne reçoivent pas leur dû.

 

Un tiers des divorces sont désormais prononcés sans fixation de pension alimentaire. La conclusion de l'étude n'étonnera donc pas quant à la paupérisation des mères isolées et à la mauvaise répartition des dépenses entre pères et mères : au détriment des secondes.

 

[*] En France, le divorce est pourtant réclamé dans 3 cas sur 4 par les conjointes

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Inondation à La Londe (86)...

Inondation à La Londe (86)... | Geographedumonde | Scoop.it
#Inondations à La Londe : la zone était cartographiée depuis 1997, alors tous responsables ?
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Surconcentration des classes d'âges "extrêmes" / Diagonale du vide

Surconcentration des classes d'âges "extrêmes" / Diagonale du vide | Geographedumonde | Scoop.it
Datavisualisation. Dans quelles communes y a-t-il le plus de naissances et de morts en France ?
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Ce 'post' des Décodeurs du Monde synthétise intelligemment les données démographiques de l'Insee sur la natalité. L'occasion de replonger dans le vieux concept de 'diagonale du vide'. Le risque est fort d'oublier que les cartes surreprésentent des tendances : des enfants naissent dans le Massif central, et on meurt aussi en région parisienne ou dans l'Ouest. A l'échelle du territoire, la montagne se vide : vieillissement de la population et surmortalité s'alimentent. En Corse, l'insularité pèse aussi sur la fécondité, car elle accentue l'exode des jeunes actifs vers le continent.

 

Le rapprochement entre communes/départements ne doit pas faire oublier les mécanismes. La commune de Guer concentre une population de jeunes aspirants et officiers en formation dans le camp de Coëtquidan. Cela n'est d'aucun secours pour comprendre la natalité des premières couronnes d'agglomérations !

 

Parmi les 'plus', il faut signaler la carte des communes démographiquement sinistrées. Elles ont plus de 5.000 habitants, mais cumulent faible natalité et forte natalité. On pourrait à cette occasion relier les points d'un "S" qui serpente du Béarn (Bagnères de Bigorre) jusqu'à la Franche-Comté (Louhans et Gray) en passant par le Berry (Saint-Amand Montrond) et la Bourgogne (Bourbon-Lancy et Paray-le-Monial). Les littoraux concentrent également nombre de communes du même type, attirant touristes saisonniers et retraités ; l'un conduit généralement à l'autre.

 

Autre mention spéciale ? Les histogrammes frappent moins que les cartes du début. Ils montrent cependant quels départements et communes se distinguent par leur sur-mortalité ou par leur sur-natalité. De ce point de vue - thème de la semaine ! - la Seine Saint-Denis s'avère démographiquement en pointe, mais dans l'incapacité de faire face. Car les infrastructures scolaires ne suivent pas dans le 93 (voir Scoop-it) : le Conseil général court après les financements... Et les enseignants !

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Les bases de la fragilité chinoise

"If they don't succeed by 2022, you're looking at pretty tough situation for China."
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Quelques traits saillants donneront aux plus curieux l'envie d'aller lire en anglais les arguments de l'analyste Damien Ma (Institut Paulson). Ce dernier commence par décrire les spécificités de la consommation domestique. En Chine, celle-ci n'atteint pas encore les niveaux d'avant la guerre civile. Elle s'approcherait de la moitié du total obtenu aux Etats-Unis : l'équivalent de 70% du PIB. Dans ces conditions, les choix d'investissement ont accentué les déséquilibres internes du pays. Le PCC a donc favorisé les infrastructures (routes, ponts, centrales, voies ferrées, etc.) mais c'est en partie faute d'alternatives.

 

Ce que Damien appelle "piège à salaires moyens" semble corroborer avec la situation chinoise. Comme d'autres pays hier décrits comme "ateliers", la Chine semble avoir atteint une limite de son modèle de développement, basé sur l'industrie. Rien ne permet de dire qu'elle a trouvé des relais durables à la poursuite de sa croissance : au contraire du Japon, de la Corée du sud... et de Taiwan. Ces pays ont pourtant bâti un modèle stable (et démocratique) sur les décombres d'un héritage détruit.

 

Le PCC porte la responsabilité d'une croissance inégale du territoire - très favorable aux provinces côtières dans lesquelles les responsables et proches du parti ont prospéré indûment. Elle a favorisé une frange minoritaire de la population mais n'a en aucun cas rejailli sur les 600 millions de paysans. 200 à 300 millions de néo-ruraux (et faux citadins), plus ou moins légalement installés en ville ('mingongs') connaissent un sort contrasté. Pour l'heure relativement bénéficiaires du 'système', ils risquent beaucoup dans le dégonflement des bulles immobilière et boursière. Leur ressentiment provient de leur instabilité juridique en tant que citadins de "seconde classe" : méritants et laborieux mais peu récompensés en moyenne.

 

Rien - ou peu de choses - changent en Chine. Les monopoles (dans l'industrie, ou les services) prolongent celui - politique - du parti communiste. Faute de concurrence, les Chinois doivent ronger leur frein. Damien Ma cite en exemple le secteur de l'énergie dans lequel une seule entreprise fait travailler un million et demi de salariés : China National Petroleum Corporation. L'entreprise truste tout le secteur pétrolier, y compris l'exploitation des ressources non conventionnelles (dans les schistes). Toucher à cela, c'est désarçonner un ordre social au sein du quel les bénéficiaires perdraient tout en cas de réforme

 

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Les leçons des émeutes de Baltimore

Les leçons des émeutes de Baltimore | Geographedumonde | Scoop.it
Pour comprendre pourquoi le cas Gray provoque de tels remous, il faut se demander comment les grandes villes américaines en sont arrivées là.
Geographedumonde's insight:

Cette tribune illustre les limites du genre. Il n'empêche que l'auteure, à la fois médecin et militante, esquisse une mise en perspective historique et géographique. Elle souhaite visiblement ne pas s'enfermer dans une grille de lecture trop simplificatrice (opprimés vs oppresseurs).

Un homme est mort à Baltimore, qui provenait des quartiers péri-centraux : autant dire concentrant des populations Noires-Américaines et des paysages post-industriels. Dans cette partie d'agglomération où l'espérance de vie atteint celle de l'Irak (le rapprochement est de l'auteure), on survit soit grâce à l'économie informelle, soit par l'entremise d'emplois réservés ou à compétences diplômées & sans diplômes (donc mal payés). Le premier employeur de la ville est l'hôpital John Hopkins...

Debra Hanania-Freeman rappelle que le port de Baltimore a une histoire pluriséculaire. La ville appartient d'abord aux Insurgents (sans préciser que le port connut des heures difficiles après la rupture du commerce colonial). Baltimore connaît ensuite les désillusions de l'après-guerre de Sécession, malgré un développement industriel rapide. Sparrows Point a même été un site stratégique pendant la Deuxième Guerre mondiale :

"Baltimore emploie [alors] 260 000 personnes dans l’industrie, dont 77 000 dans la construction navale, 50 000 dans l’usine de General Motors ré-outillée pour l’aéronautique et 29 000 dans le complexe sidérurgique de Sparrows Point."

On apprend que l'ancien maire de Baltimore (par ailleurs gouverneur du Maryland) réfléchit à une candidature pour les primaires américaines. Apparemment peu disert sur son bilan, Martin O'Malley tente un constat (*) partiel, basé sur la dénonciation des banques plus que du 'rêve américain'. Les banques portent toutefois une responsabilité très indirecte dans l'urbanisme des métropoles nord-américaines : des villes étalées, homogènes (par quartier) et spécialisées (par activités)...

[*] "L’immense colère qui a éclaté au cœur de notre ville – dont les images ont fait le tour du monde – a rappelé à tous une vérité très dure. Cette vérité, nous devons l’affronter en tant que nation. Car c’est une vérité qui menace l’avenir de nos enfants. C’est la réalité qui ronge le cœur de l’Amérique et le rêve américain que nous partageons. Cette dure vérité est la suivante : un nombre croissant de nos concitoyens des villes américaines ont le sentiment qu’on ne les écoute pas, qu’on ne les voit pas, qu’on ne les reconnaît pas – que leur vie ne sert à rien. Ce n’est pas un simple problème policier en Amérique. Il s’agit de tout ce qu’être américain est supposé vouloir dire.
Comme le disait un jour Martin Luther King : ‘l’émeute est le langage des sans voix’. Et cette semaine, les gens de notre ville et de tout le pays ont été forcés d’écouter. Écoutez la colère des jeunes Américains qui entrent dans l’âge adulte sans la moindre perspective de moyens de subsistance ni de succès. Écoutez les craintes des jeunes sans le moindre espoir de trouver un job d’été, sans même parler d’un emploi permettant de nourrir une famille. Écoutez le cri sourd des cœurs vides de ces garçons américains qui sentent que l’Amérique les a oubliés, que l’Amérique se fiche de ce qu’ils vont devenir, qu’elle préfère regarder ailleurs et qu’il disparaissent derrière les barreaux.
Détrompez-vous, la colère qu’on a vue à Ferguson, à Cleveland, à Staten Island, dans le Charleston du nord et dans les flammes de Baltimore, ne se limite pas à la brutalité policière. Il s’agit d’un héritage racial qui voudrait que la vie d’un Noir ait moins de valeur – que sa mort découle du geste d’un policier ou d’un autre jeune Noir.
Le vrai problème, c’est la baisse des salaires et le manque de perspectives qu’offre notre pays. Le vrai problème, c’est la brutalité d’un système économique qui dévalue le travail humain, qui dévalue le potentiel humain et la vie humaine. Le vrai problème, c’est lorsque nous mentons à propos du rêve américain en faisant passer les intérêts des plus aisés et des plus puissants avant le bien-être du plus grand nombre. La pauvreté extrême est extrêmement dangereuse. Le problème n’est pas simplement la présence policière ou la question raciale." Martin O'Malley

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Lutter contre les inégalités sociales, à moyens constants...

Lutter contre les inégalités sociales, à moyens constants... | Geographedumonde | Scoop.it
L'objectif de cette réforme est de parvenir à «l’excellence pour tous». Mais confondre égalité des chances par la valorisation du mérite et même cursus pour tous est un non-sens.
Geographedumonde's insight:

Chacun lira Laurent Bouvet dans le texte. Je regrette son bilan excessivement pessimiste (tout serait bien sombre en France) et ne partage pas certaines de ses conclusions Je retiens cependant une remarque très pertinente que l'on peut résumer d'une phrase. On n'habille pas forcément Pierre en déshabillant Paul. Autrement dit, supprimer les "voies privilégiées" pour bons élèves et enfants de familles protégées ne signifiera pas forcément contenter le plus grand nombre. Aurait-on oublié que l'essence même du "collège unique" était de fournir le meilleur modèle (certes supposé tel) au plus grand nombre ?

 

L'accès universel aux savoirs & diplômes contrarie une sélection plus ou moins précoce des "meilleurs" (et inversement). Mais si les recalés d'un jour réussissent plus tard à rattraper l'élite et si les élus décevants cèdent leur place, la société évolue sans heurts, conciliant équité et mobilité sociale. Dans le cas contraire, les tensions sociales augmentent.

 

L'inégalité des territoires (périurbanisation, gentryfication), des bassins d'emploi, des situations familiales, rien de tout cela n'apparaît dans les débats bourrés d'arrière-pensées. L'école ne peut créer à elle seule la justice sociale. Réforme ? On peut du bout des lèvres dénigrer l'existant http://www.francetvinfo.fr/politique/reforme-du-college-denis-baupin-on-a-un-systeme-scolaire-qui-fonctionne-mal_899837.html. On peut oublier avoir fait peu de choses pour l'améliorer hier... On peut vilipender ou se parer de toutes les vertus afin d'éviter de s'interroger sur le fond... http://www.paris-normandie.fr/detail_article/articles/3142879/reforme-des-colleges--la-reponse-de-jean-christophe-cambadelis-a-bruno-le-maire#.VVDV9_5FA5t ;

 

Un exemple ? Les nouveaux rythmes scolaires pouvaient s'avérer utiles : à condition de prévoir la concurrence privé/public et le financement périscolaire. Ni l'un ni l'autre n'ont été faits. Marianne encense Bourdieu pour mordre Piketty. Il montre surtout l'impact symbolique de l'inégalité scolaire http://www.marianne.net/bourdieu-plus-fort-que-piketty-100233350.html ;…

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Métropolisation en Midi-Pyrénées (et dvt d'une économie de redistribution)

Métropolisation en Midi-Pyrénées (et dvt d'une économie de redistribution) | Geographedumonde | Scoop.it
Entre 2006 et 2011, l'emploi en Midi-Pyrénées progresse deux fois plus rapidement qu'en métropole. Comme dans les autres régions métropolitaines, il se développe bien plus vite dans les activités de la sphère présentielle, c'est-à-dire tournées vers la satisfaction des personnes présentes, résidantes ou touristes. Mais contrairement à la moyenne métropolitaine, il augmente aussi dans les activités de la sphère productive, majoritairement tournées vers les entreprises et les marchés extérieurs.
Geographedumonde's insight:

La métropolisation ressemble à la culture de tomates sous serre. A la place des intrants, quelques milliers d'emplois "présentiels". Ainsi, en Midi-Pyrénées, le poids de l'agglomération toulousaine s'accroit. Pour l'Insee, les activités "présentielles" se définissent comme des services 'financés' par la redistribution publique (santé, écoles...) Mais l'Insee englobe dans ces mêmes emplois "présentiels" le tourisme : ne s'agit-il pas d'une autre forme de redistribution, même si elle se passe d'administration ? Par sa dépendance, l'économie locale se retrouve finalement assimilable à celle des régions à mono-activité

 

L'aire métropolitaine s'impose alors que l'Etat s'efface et que les fonctions de "production réelle" régressent dans toute la région : à l'exception de Figeac, citée pour avoir su préserver sa part de "fabrication". A Toulouse, il y a stabilisation. Une région peut-elle devenir "région fantôme" ? Les effectifs (dans la "production concrète") ont diminué de 44 % en 30 ans. Que se passerait-il néanmoins si l'aéronautique perdait l'appui de l'Etat, si Airbus quittait Toulouse au profit d'Hambourg ?

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Le problème de la démocratisation scolaire, c’est qu’on n’a pas le choix

Le problème de la démocratisation scolaire, c’est qu’on n’a pas le choix | Geographedumonde | Scoop.it
Geographedumonde's insight:

Alors que les robots se sont emparé de Radio France, je rebondis sur un post concernant la (nécessaire) démocratisation scolaire. Mais qu'est ce qui a produit la massification scolaire : les savoirs, le patronat, le corps enseignant ou les parents de la classe moyenne ? Les savoirs - champs disciplinaires et recherche - ont explosé; l'entreprise recrute des salariés sur la base de compétences grandissantes; Le corps enseignant s'accroît avec l'augmentation des diplômés, la féminisation de l'emploi, etc. ; les parents attendent la co-éducation, sorte de vaste sous-traitance aux contours flous.

 

Plusieurs causes produisent donc la massification. Mais celle-ci rencontre pourtant l'hostilité constante. Stéphane Ménia montre l'impact du chômage de masse sur la déqualification de l'école. Le plein emploi ne sortira pas de l'école massifiée car les tâches répétitives s(er)ont assurées par des robots. Le chômage dit structurel a cependant bien d'autres causes : sociale, économique, ...

La massification bute quant à elle sur d'autres obstacles.

 

Le premier est d'ordre financier; assurer l'élévation d'une classe d'âge à un niveau d'exigence satisfaisant (qui reste à déterminer :) implique que les enseignants ne soient pas seulement des répétiteurs. Leur nombre et leur compétence impliquent des dépenses publiques en hausse.

 

Le deuxième relève des fonctions fixées à l'origine par l'Etat et des souhaits plus ou moins formulés par les parents. L'école forgeait le citoyen - l'électeur ne vote qu'épisodiquement - et le soldat - l'armée est professionnelle. Concernant les parents hier ignorés et désormais fort consultés, plusieurs contradictions apparaissent. Chacun attend pour ses enfants la juste connaissance de leurs mérites, de leurs différences, mais aussi de leur épanouissement (sans injustice) : le Ritz avec les prix du fast-food.

 

[Sur le thème de l'enfant - tyran http://geographie.blog.lemonde.fr/2009/10/10/cccxc-lenfant-tyran-des-discussions-autour-dun-statut-de-beau-parent-au-sein-du-couple ]

 

Il y a plus scandaleux pour ceux qui croient au Progrès continu de l'Humanité ! La massification met en concurrence les élèves - quel que soit le dispositif prévu pour atténuer la notation -  ; certains fil(le)s de premiers de classes ou de "bonnes familles" sont donc susceptibles d'échouer plus ou moins temporairement. La massification contredit en outre le goût pour l'endogamie et l'entre-soi même si - là encore - des stratégies de contournement existent : établissements privés (à ticket d'entrée), classes recrutant sur la base du dossier scolaire pour une finalité linguistique, professionnelle ou autre. Au delà d'un certain seuil, le plus souvent après le baccalauréat, les étudiants se mélangent sans considération d'origine sociale.

 

La massification met tout simplement à l'épreuve la démocratie : encore faut-il y réfléchir ! 

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Profs et candidats FN

Profs et candidats FN | Geographedumonde | Scoop.it
Ils sont plus d'une centaine à se présenter aux élections départementales sous les couleurs du Front national. Dans un milieu qui était un bastion de la gauche, cette percée ne passe pas inaperçue. D'autant que nombre d'entre eux en sont issus.
Geographedumonde's insight:

Ils seraient 40.000 à avoir rempli leur enveloppe dans l'isoloir, en 2012. Mais sur quelle bases statistiques trouve t-on ce chiffre ? Libie Cousteau n'en souffle mot, sans doute estomaquée par l'effectif. Néanmoins, l'ordre de grandeur empêche de minimiser le phénomène. Une petite minorité d'enseignants reconnaît voter FN, certains irrationnels, d'autres, égarés de vieilles familles à quartiers de noblesse; mais combien sont passe-partout ?

 

Le reproche que l'on peut faire à la journaliste, une fois brossé le portrait de son instituteur encarté, c'est de multiplier les adjectifs légèrement méprisants, sur les personnes rencontrées ('obséquieux'), et leur physique ('gominés', 'aquilin'). Elle n'aime pas les frontistes ? C'est son droit. Elle a rencontré des parents qui n'aiment pas les enseignants frontistes ? Elle n'explique pas en quoi ils évoquent dans les classes leur engagement [Ne préfèrent-ils pas rester discrets ?].

 

Cela n'apporte rien à son enquête, qui vasouille aussi dans l'historique du FN. Puisqu'il n'a pas cherché à plaire aux enseignants - ou très tardivement - la stratégie de ce parti compte peu. Le Front National propose de trier les enfants/adolescents entre ceux qui ont droit et ceux qui devraient n'avoir droit à rien. Sans même aller au-delà, il se disqualifie en tant que parti de gouvernement (c'est-à-dire soucieux des problématiques éducatives). Pour qui veut transmettre son savoir, aucune préférence extérieure ne doit rentrer en ligne de compte.

 

Il fallait donc aller chercher des motivations extérieures, d'autant qu'à l'intérieur de l'Education Nationale, la coloration progressiste du corps enseignant implique un certain sens du contrepied ! Libie Cousteau l'admet d'ailleurs assez honnêtement. Le parcours politique individuel de tel ou tel doit-il être compris comme généralisable ? Le piège du micro-témoignage ressemble à celui du micro-trottoir : corrélation n'est pas démonstration... En outre, l'argument 'l'extrême-gauche-conduit-à-l'extrême-droite-même-combat a été ressassé. Donc ?

 

Pour creuser un peu, je suggère à la journaliste quelques mines inexplorées pour saisir le vote FN :)

 

1/ le corporatisme qu'aucun ministre n'a affronté par peur des grèves, qui a fossilisé pratiques et rapports professionnels, et laisse des milliers d'enseignants dans la solitude et le doute. Dans la rage, pour ceux qui attendaient un retour des promesses tenues en l'air.

2/ la déroute financière de l'école, qui paie ses maîtres au lance-pierres, encourageant les plus diplômés à repousser même l'idée d'enseigner (dans le supérieur).  

3/ La médiocrité de la hiérarchie tatillonne, prompte à faire des réunions-concertations mais souvent absente lorsque l'enseignant a besoin d'aide matérielle ou pour donner du sens à l'enseignement. La dilution des références nationales dans un grand tout bienveillant et sympathique s'ajoute.

4/ L'individualisme forcené qui pousse les déçus/nostalgiques à s'encarter dans un parti populaire, là où nombre de syndicats pratiquent la défense du petit-peuple par papiers interposés.

5/ L'humiliation de ceux qui - venant d'un milieu modeste - ont accédé aux concours d'enseignement et subissent hostilité ou (parfois) le mépris des enfants indisciplinés et impolis : ceux des cités difficiles mais aussi (plus encore :) ceux des beaux quartiers.

6/ 'Alors, en vacances... ?' La hargne nihiliste de ceux qui veulent 'renverser la table' entendez l'ordre social me semble également valable pour les enseignants. Mais ils ne sont visiblement pas seuls concernés

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Les urgences hospitalières au bord de l'implosion

Les urgences hospitalières au bord de l'implosion | Geographedumonde | Scoop.it
Une note du ministère de l'Intérieur confirme l'inquiétude des soignants.
Geographedumonde's insight:

Dans cette note du ministère qui soulève quelques vaguelettes, on trouve matière à réfléchir sur la situation hospitalière. Les urgences françaises souffrent d'un encombrement grandissant. Les circonstances hivernales n'ont fait qu'accentuer cette dégradation, par le développement de virus grippaux virulents. Soit. On pourrait relever que le vieillissement de la population - les plus âgés s'avèrent plus sensibles que d'autres aux complications respiratoires - ne date pas d'hier. Qu'importe.

 

Les personnels fatiguent, souhaiteraient plus de temps de récupération et de l'aide (psychologique, matérielle, etc.). Des opérations sont déprogrammées, tandis que les patients aux heures de pointe échouent dans des couloirs, avec l'espoir d'obtenir, qui un diagnostic, qui un pansement, qui une prescription. 

Cette situation devrait susciter une prise de conscience. Les faits renvoient à une situation de guerre dans un théâtre d'opération extérieur; tout cela se passe au beau milieu d'un pays en paix.

 

A ceux qui voient une forme d'exagération, je suggère l'écoute du docteur P.Pelloux http://www.franceinfo.fr/vie-quotidienne/sante/article/les-urgences-hospitalieres-au-bord-de-l-implosion-sociale-654701

 

La ministre ne s'embarrasse toutefois pas de circonlocutions pour présenter la situation des urgences hospitalières. Marisol Touraine nie bonnement et simplement les faits : "L'hiver est une période de grande fatigue pour le personnel des urgences qui a été confronté cette année à une épidémie de gastro à Noël puis une importante épidémie de grippe. Il peut y avoir des situations de crise localement, nous les avons identifiées, nous les suivons de près avec les agences régionales de santé".

 

Car l'objectif de santé publique a été décidé à Bercy. La médecine de ville étant présumée par principe trop coûteuse, les comptables ont procédé à une politique de pénurie par le prix : baisse des facturations par les urgences privées (- 2,5 %) et publiques (- 1 %). Avec les socialistes, on trouve la distinction entre les nantis et les gentils. Au total, la "bobologie" gratuite concurrence la médecine libérale dite "de proximité". Elle donne l'illusion aux Français que l'on peut soigner et traiter de mieux en mieux tout en diminuant effectifs et nombre de lits.

 

Les urgences ont au contraire besoin de financements : les soignés devront - je ne parle même pas au conditionnel - en assumer la charge. Ils paieront pour ce service, comme à l'époque de leurs parents et des consultations en ville : parce qu'ils peuvent se rendre aux urgences de l'hôpital le plus proche  par leur propre moyen, sans même recourir à une ambulance. Leur promettre que ce service précieux ne coûte quasiment rien - en substance - est MENSONGER, avec des économies de lignes budgétaires ; sans compter le risque de guerre fratricide entre professionnels de santé...

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François Dubet : «Le collège restera un monstre pédagogique»

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Qui réformera les théoriciens de la réforme du collège ? La question peut paraître polémique. Je ne relève en tout cas dans ce long entretien aucune distance critique par rapport à ce que François Dubet - avec d'autres spécialistes des sciences de l'éducation - ont formulé (à tort ou à raison) depuis la création du collège unique. Avoir prêché la fin du maître et la disparition du prescripteur http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Dubet ;… et terminer perroquet pour ministre de l'Education s'avèrerait cocasse si ce n'était tragique.

 

Depuis des lustres, les spécialistes comme Dubet surfent sur l'idée d'une école qui exclut - seule, et uniquement en France, sans considérations d'autres interactions sociales et territoriales  ?  -.  Dubet joue au sage qui prêche dans le désert, mais semble oublier que le message est passé. Le maître n'existe plus et la note est injuste.

 

Je brûle de demander à François Dubet ce qu'il prescrit dans les "filières d'excellence" [non seulement elles n'ont pas disparu mais se portent bien]... Que propose t-il pour ces "excellents" qui ont intériorisé le mépris du maître et la sûreté de leur succès (leurs mérites font peu de cas de la force propre à la reproduction sociale) ?

 

Dubet élabore il est vrai un discours idéal et rassurant pour ceux qui veulent enseigner en perdant tout contact avec la recherche universitaire. L'élève à éduquer qui bâtit son propre parcours nécessite d'avoir autour de lui des répétiteurs : l'expérience compte davantage que les connaissances disciplinaires pointues. 

 

Pour saisir les enjeux, rien ne vaut une métaphore astronomique. En histoire et en géographie, les chercheurs partent sur Mars tandis que les enseignants du secondaire prennent les bus scolaires... Pendant ce temps, la ministre annonce la nécessité de lancer une mission sur Mars en autobus. Merci François Dubet (entre autres) qui dit pis que pendre des concours d'enseignement. Malgré leurs défauts incontestables - asseoir une corporation conservatrice - ont pourtant offert à tant d'enseignants un ascenseur social : celui-là même qu'il semble appeler de ses vœux...

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Jean Sivardière, lobbyiste des transports en commun

Jean Sivardière, lobbyiste des transports en commun | Geographedumonde | Scoop.it
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Portrait saisissant d'un Polytechnicien, ex-physicien "des solides et de la matière condensée" qui s'est engagé dans le monde associatif (on dirait aujourd'hui citoyen) à la l'âge où d'autres se consacraient à leurs familles ou à l'achat de leur résidence. En 1974, il a en effet 31 ans. La Fédération Nationale des associations d'usagers de transport (Fnaut) naît sous sa houlette quatre ans plus tard. Jean Sivardière lâche aujourd'hui la main, ce qui lui vaut cet article finalement très élogieux : discrétion, abnégation au profit du bien commun, fidélité à la parole donnée.

 

On peut toutefois retourner chacune de ses qualités dans le sens inverse. Le personnage n'a suscité aucun grand débat à l'Assemblée Nationale ou dans les médias, il a gardé ses slogans d'origine alors que bien des choses ont changé dans l'organisation de la ville et l'économie nationale (la rebattue tertiarisation, par exemple). Michel Waintrop ne s'en laisse d'ailleurs pas trop compter, lorsqu'il dit que la Fnaut perd un "croyant et un pratiquant du transport public" (réutilisant les propos du président de la SNCF) !

 

Son engagement contre la voiture - dont il affirme découler des lectures d'Alfred Sauvy sur la civilisation américaine - peut s'avérer in fine justifié. Le fait de s'opposer à des intégristes de l'automobile ne vous commue pas forcément en prince de la sagesse. De fait, le développement des transports en commun n'a nullement entraîné un déclin de l'usage de l'automobile. Il y a plus cruel; on ne ressent dans ces quelques paragraphes aucun recul critique, nul bilan des politiques de transport ou des aménagements urbains en France.

 

Ainsi, quand Jean Sivardière se félicitait du tramway (à Nantes) https://twitter.com/FdeRugy/status/533675888760848384 oubliait-il ce qui a accompagné la mise en place de ce transport en commun. Alors que le tramway se mettait en place, l'aire urbaine de Nantes s'est étalée au point d'atteindre les limites départementales http://aireurbainenantaise.e-monsite.com/medias/images/densit-pop-fini-1.jpg

 

Faute de gestion de la densité et des formes urbaines, le transport en commun a produit ce qu'il était censé combattre : l'étalement. Il a reporté (et donc démultiplié) l'usage de l'automobile dans les couronnes d'agglomération. A l'heure de la décentralisation, il a concrétisé la prise d'indépendance d'agglomérations trop heureuses de se débarrasser de la tutelle des préfets. On ne peut aujourd'hui que constater les dégâts. L'endettement des communes alimenté par la bulle immobilière (via les prélèvements sur des transactions en hausse tendancielle - prix et volume -) débouchera sur une crise de la dette communale.

 

La France de la voiture (périurbaine) acceptera t-elle de payer l'ardoise laissée par la France des transports en commun. Peut-être, mais je gage que cela ne se fera pas sans heurts.

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L'histoire d'une dette européenne réputée insurmontable

L’annonce par Mario Draghi que la Banque centrale européenne allait racheter des dettes souveraines à hauteur de 1 000 milliards d’euros a fait l’effet d’une...
Geographedumonde's insight:

Dans ce documentaire d'Arte consacré à la dette, on trouve à la fois l'historique, les mécanismes et des propositions de parade (sortie de crise ?) Les intervenants font des efforts louables de pédagogie (un satisfecit à Karine Berger) et éclairent les aspects les plus épineux. Exemple ? Le traité de Maastricht a été négocié au mauvais moment : élargissement à l'est de l'UE et baisse régulière de la croissance économique.

 

Deux faiblesses sont inhérentes aux présupposés des documentaristes. La première est l'assimilation entre l'histoire de l'UE et celle du monétarisme, qui justifie l'instruction d'un procès contre le libéralisme. Or corrélation n'est pas démonstration. Plus gênant est l'oubli que le pays dans lequel sont émis les dollars s'appelle les E.-U. La guerre du Vietnam (qui scelle la grande crise des 70's) s'inscrit ainsi dans le cadre d'une guerre froide dont les participants sont multiples : ex-puissances coloniales, URSS et Chine de Mao !

 

La CEE (puis l'UE) s'est - elle - construite aux portes d'une Europe occupée par l'URSS. Après 1989-91, la dette de l'oubli est lourde. L'intégration d'une Europe meurtrie, appauvrie, et moralement à genoux a été une belle cause mais aux conséquences financières importantes (dont le documentaire ne souffle mot)... Quant aux pays méditerranéens, les fautes politiques commises doivent être rappelées.

 

Il est difficile enfin de ne pas regretter l'absence de mise en cause explicite. Si la CDU est évoquée, le PS non. Pour les Français, entre Mitterrand et Delors, le plus grand parti "européiste" a tout promis : la paix, la prospérité et la puissance retrouvée des Européens. Pour décrire la part de responsabilité allemande, Arte donne ensuite la parole à Heiner Flassbeck http://www.arte.tv/guide/fr/058222-001/entretien-avec-heiner-flassbeck?autoplay=1 … Pour lui, la CDU a mis en péril l'UE par populisme, pour se maintenir au pouvoir en caressant son électorat vieillissant et conservateur. 

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Comment mettre du "local" dans les cantines ?

Comment mettre du "local" dans les cantines ? | Geographedumonde | Scoop.it
CONSOMMATION - MADE IN FRANCE – Le gouvernement envoie un guide aux maires pour favoriser la proximité dans les cantines. Réalisable ?
Geographedumonde's insight:

L'enfer est pavé de bonnes intentions. Proverbe vérifié aujourd'hui. En cédant aux pressions à la fois ruralistes (voir http://geographie.blog.lemonde.fr/2014/11/28/rural-qui-rale-les-maires-de-communes-isolees-difficultes-aveuglement/)et productivistes (voir http://geographie.blog.lemonde.fr/2014/10/31/la-guerre-du-productivisme-agricole-xavier-beulin-heraut-de-la-fnsea/ ;), le gouvernement donne une fois encore une très mauvaise image de la fonction du politique.

 

Forcer le rapport libre entre acheteurs et vendeurs - produit final du "Made in France" - c'est enfreindre les engagements pris par la France du point de vue de la libre concurrence, mais c'est aussi forcer les communes (école primaire), les départements (collèges) et les régions (lycées) à payer cher une règle insensée au plan économique. La règle incluse dans le code des marchés publics ne peut souffrir contestation : c'est celle du moins disant. 

 

Si les collectivités sortent de ce cadre, elle dépenseront davantage et devront - encore plus - affronter en cette période de crise une mesure de rétorsion de la part de parents incapables de supporter le coût des repas : sortie des enfants de la cantine, augmentation d'un contentieux désormais courant (le retard de paiement). 

 

Dès lors que les cantines devront écouler les productions "locales", comment fixera t-on les prix d'achat, et sur quels critères le contribuable estimera t-il "en avoir pour son argent" ? Je ne peux m'empêcher de remarquer que les repas à la cantine sont souvent jugés de qualité médiocre par les enfants, alors même que les parents se plaignent de la note à payer...

 

L'aberration s'avère plus encore géographique. Où s'arrête le "local" : à vingt, cinquante ou cent kilomètres ? L'enfant de Perpignan devra t-il manger du blé picard ou berrichon plutôt que du blé cultivé dans la vallée de l'Ebre, de l'autre côté des Pyrénées ? La boulangerie industrielle qui cuit du pain congelé, le producteur de frites qui importe son huile et le fabricant d'hamburgers son pain pourront-ils s'arroger l'adjectif "local" ?

 

Cette campagne de promotion minable m'attriste. Le ministre de l'Agriculture promeut une politique de "préference nationale" qui ne serait pas reniée par des partis opposés au gouvernement Valls dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale. Et plus encore, à l'extérieur. 

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"Polisse" sur Arte Replay

"Polisse" sur Arte Replay | Geographedumonde | Scoop.it
Le quotidien de la Brigade de protection des mineurs, à Paris. Vrai choc émotionnel et grand succès en salles, cette chronique signée Maïwenn s’inspire d’affaires réelles. Le film est porté par l'énergie de ses acteurs, de Karin Viard à Nicolas Duvauchelle, en passant par Marina Foïs et l'impressionnant JoeyStarr.
Geographedumonde's insight:

Trois ans après sa sortie, le film "Polisse" gagne à être visionné sur petit écran. Les ressorts d'un succès initial porté par la critique parisienne apparaissent clairement : le sujet de mœurs pousse le spectateur aux frontières du misérabilisme social et la prouesse des acteurs équilibre les faiblesses du scénario.

 

Sortie de son contexte, l'accusation de complaisance tombe d'elle-même. La réalisatrice de "Polisse" a voulu coller le plus possible à son histoire. Maïwenn joue le rôle de la photographe-intruse dans la brigade de police, mais la mièvrerie du personnage sert à alléger le propos, souvent éprouvant. Toutes les époques produisent des enfants maltraités.

 

En revanche, "Polisse" actualise le regard porté par le grand public sur l'intérieur d'une administration délabrée : si la police n'a plus de voitures, si elle ne fait plus peur, "à quoi sert-elle ?" semble regretter l'un des personnages interrogeant un suspect méprisant.

 

On suit avec intérêt le travail complexe de fonctionnaires qui ne peuvent se reposer sur une hiérarchie éloignée, aux prises avec des difficultés pratiques : un open-space empêchant toute intimité, une salle commune exigüe, des trajets parisiens dépendants des embouteillages.

 

Le niveau d'étude et de compétence augmente en bas de l'échelle, mais la difficulté d'exercer le métier de policier aussi; il faut être psychologue, maître de sa force, capable d'encaisser les coups, etc. Un policier rentre chez lui mais n'a plus d'autre vie personnelle que celle du groupe dans lequel il évolue dans la journée.

La misère se transmet, dans "Polisse"... 

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