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#MatièresPremières #Trading Dossier complet Le Temps du 3.6 sur #Trafigura #Suisse

#MatièresPremières #Trading Dossier complet Le Temps du 3.6 sur #Trafigura #Suisse | DIVERS | Scoop.it

source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5a9dd522-cbab-11e2-872a-d3ac0c71c5ae/Argent_agents_pr%C3%A9sidents_comment_les_traders_bas%C3%A9s_en_Suisse_s%C3%A9duisent_les_Etats_p%C3%A9troliers#.UaxQb4NCR2E


Via Juan Carlos Hernandez
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Juan Carlos Hernandez's curator insight, June 3, 2013 4:29 AM
MATIÈRES PREMIÈRES Lundi3 juin 2013 Argent, agents, présidents: comment les traders basés en Suisse séduisent les Etats pétroliersSylvain Besson et Pierre-Alexandre Sallier

Les relations opaques et lucratives avec les Etats sont au cœur des critiques visant le secteur du négoce. Enquête sur Trafigura, géant suisse des matières premières, au moment où un vent de transparence souffle sur cette industrie

ur la boîte aux lettres, il est écrit «chien méchant». Entourée de murs et défendue par un portail bardé de caméras, la propriété de Claude Dauphin, magnat des matières premières établi à Cologny (GE), symbolise bien ce secteur immensément riche, resté longtemps impénétrable aux regards extérieurs.

Mais aujourd’hui, cette industrie, devenue l’un des atouts de l’économie suisse, est «en train d’acquérir une visibilité qu’elle n’a sans doute jamais connue», avertissait Greg Page, directeur du géant céréalier Cargill, lors du sommet des matières premières organisé en avril à Lausanne. Il appelait ses pairs à assumer leurs «responsabilités sociales» et à faire preuve de plus de transparence. Sans quoi les Etats pourraient leur infliger des contraintes dont ils ne veulent pas, à l’image de ce qu’a subi la finance ces dernières années.

 

Le négoce de matières premières permet au producteur de métaux, de pétrole ou de céréales de vendre sa marchandise, pour ainsi dire sur le pas de sa porte, à un trader. Charge à ce dernier de dénicher le client final et d’acheminer le produit. «Notre rôle, c’est d’équilibrer l’offre et la demande entre pays excédentaires et pays en déficit: stocker lorsqu’il y a surplus, relâcher lorsqu’il y a déficit. Nous fluidifions les échanges physiques», résume Pierre Lorinet, directeur financier de Trafigura, l’entreprise fondée par Claude Dauphin il y a vingt ans.

Confidentiel à ses débuts, Trafigura est aujourd’hui un géant global comptant plus de 8000 employés. En 2012, le groupe a engrangé presque un milliard de dollars de profit. Il est devenu la troisième entreprise suisse en terme de chiffre d’affaires. Flair et efficience, alliés à une culture du travail acharnée, ont été les moteurs de son succès. Mais il y a aussi un élément dont les traders parlent moins volontiers: leur capacité à séduire les gouvernements qui contrôlent l’accès aux matières premières.

Dès les origines, dans les années 1970, il a fallu «savoir se mettre dans les bonnes grâces des pays exportateurs de pétrole», raconte Christian Weyer, ancien banquier de BNP Paribas considéré comme le «pape» du financement du négoce à Genève. «Il faut de l’astuce et du pouvoir de conviction, pour dire «confiez-moi une partie de vos exportations». Conviction? Le récent rapport du Conseil fédéral sur le négoce pose le problème avec brutalité, en notant que la «forte interaction des entreprises concernées avec les autorités étatiques» expose «particulièrement le secteur des matières premières au risque de corruption».

La nature sensible des relations entretraders et Etats transparaît dans lesdocuments diplomatiques américains révélés par WikiLeaks. Lorsque Trafigura s’étend en Amérique centrale, en 2006, Washington s’inquiète de ses liens avec le président vénézuélien Hugo Chavez. Le groupe l’aurait approvisionné en essence lors de la grève de la ­compagnie pétrolière nationale, ­PDVSA. «Trafigura, écrit un ambassadeur américain, a fourni les importations d’urgence au Venezuela en 2002 et 2003, qui ont permis au régime de Chavez de briser l’échine des syndicats de PDVSA et de purger les employés […] qui n’étaient pas jugés suffisamment bolivariens.»

 

Lorsque Trafigura remporte l’appel d’offres pour acheter une raffinerie à Saint-Domingue, en 2007, les diplomates américains, alertés par un concurrent, notent que le secrétaire au Commerce de l’île pourra déterminer le prix d’achat du pétrole importé par Trafigura et «créer un énorme cash-flowpour le parti au pouvoir».

Toutes proportions gardées, c’est ce qui s’est produit en Jamaïque en 2006. Trafigura, qui commercialise le pétrole que ce pays reçoit à prix préférentiel du Nigeria, a versé 475 000 dollars au ministre de l’Information, Colin Campbell. Selon les documents américains, l’entreprise a décrit ce paiement comme un «arrangement commercial» destiné à «rémunérer des services futurs». L’opposition, en revanche, a dénoncé un financement politique occulte.

Partout dans le monde, les traders se disputent les contrats avec acharnement. Parfois en accusant leurs rivaux de corruption. Ou en tentant de les évincer, grâce à des intermédiaires introduits au cœur du pouvoir. En 2009, au Yémen, Trafigura obtient d’exporter une partie du brut du pays grâce à son agent sur place, Ibrahim Abulahoum, puissant chef tribal ami du président. Son concurrent londonien Arcadia, appuyé par un autre chef tribal, riposte en achetant le brut yéménite à un prix artificiellement haut, pour dégoûter la compétition.

Morale de cette histoire, selon les diplomates américains en poste à Sanaa: «Chaque changement dans la façon dont ces contrats sont soumis à appel d’offres, attribués et exécutés contrarie inévitablement des intérêts commerciaux bien implantés et déplace les centres de décision au sein du gouvernement.»

 

Interrogé par Le Temps , Trafigura ne commente pas les exemples donnés plus haut – l’entreprise précise toutefois qu’elle n’est «pas partie» à l’enquête ouverte en Jamaïque. Mais selon son directeur financier, Pierre Lorinet, «notre code de conduite est très clair, c’est tolérance zéro, pas seulement en ce qui concerne la corruption, mais aussi les manipulations du marché, les sanctions internationales, le blanchiment. Les employés signent ce document en venant dans l’entreprise, chaque trader voit le chef de lacompliance [conformité] dans les trois jours.»

Trafigura estime que l’essentiel des contrats qu’il remporte est issu d’appels d’offres, qui mettent en concurrence plusieurs entreprises de façon anonymisée. Mais ces procédures peuvent être manipulées. En février, Trafigura a été écarté des achats de carburant de la société maltaise d’électricité, un marché qui s’élève à 360 millions d’euros par an. Selon l’hebdomadaire Malta Today , la société rémunérait comme «consultant» un professionnel qui donnait à ses clients des informations confidentielles sur les appels d’offres, ainsi qu’un membre du comité qui attribuait les contrats.

 

«On a fait nos propres enquêtes, et on n’a rien trouvé qui porte à croire que des activités n’auraient pas dû être faites chez nous», répond Pierre Lorinet de Trafigura. Selon lui, l’entreprise a remporté des contrats parce qu’elle est compétitive et dispose d’entrepôts à Malte. Le groupe juge «incorrecte sur le plan légal» sa mise à l’écart des appels d’offres.

En Afrique, où Trafigura réalise près du tiers de son chiffre d’affaires, la pratique des appels d’offres s’étend. Mais l’attribution de contrats pétroliers reste souvent le fruit d’un «accord avec le top», comme le dit un trader. En novembre, selon nos informations, Claude Dauphin était à Londres pour rencontrer le président du Gabon, Ali Bongo, en marge d’uneconférence pétrolière. Mais c’est Vitol, rival de Trafigura basé à Genève, qui a décroché le premier contrat de l’année 2013 octroyé par le Gabon.

En Angola, en revanche, la position de Trafigura semble imprenable. Le groupe a commencé à livrer du fioul et autres produits raffinés à ce pays, deuxième producteur de pétrole d’Afrique, dans les années 1990, lorsque la guerre civile faisait rage. Aujourd’hui, il est présent dans la distribution d’essence, le fret ferroviaire, le recyclage, l’immobilier, le transport aérien. Il a formé des joint-ventures avec la société pétrolière d’Etat, la Sonangol. Surtout, il dispose d’un quasi-monopole sur l’importation des produits pétroliers raffinés – un marché estimé à quelque 3 milliards de dollars par an.

 

«Ils ont verrouillé le pays, leur position est totalement dominante», maugrée un concurrent, qui dit avoir fait des pieds et des mains auprès des autorités angolaises sans avoir pu «toucher une goutte de quoi que ce soit». Alexandra Gillies, de l’ONG new-yorkaise Revenue Watch, parrainée par George Soros, trouve «étrange qu’un pays utilise une compagnie privée pour ses importations de pétrole. Cela montre le rôle considérable de ces sociétés dans les affaires publiques. Elles vendent le pétrole d’Etat, et elles contrôlent une part importante des dépenses gouvernementales, car l’achat de carburant est un très gros poste.»

Trafigura affirme que ses investissements réussis dans le bitume, puis la distribution d’essence – qui ont résorbé une pénurie chronique – lui ont ouvert les portes de l’Angola. «On a tenu nos engagements, obtenu des résultats, formé des gens et amélioré la situation. Cela nous a permis de trouver d’autres opportunités», explique le directeur financier, Pierre Lorinet.

Des facteurs historiques ont aussi joué. Marc Rich, figure tutélaire du trading pétrolier, qui a formé les fondateurs de Trafigura, est le premier à avoir commercialisé le brut angolais, juste après l’indépendance en 1975. Lorsque Trafigura prend son essor dans les années 1990, le groupe s’appuie sur BNP Paribas à Genève, la plus grande banque de financement du négoce. «Les gens de Trafigura ont su se rendre irremplaçables en rassemblant régulièrement les 400 ou 500 millions de dollars nécessaires pour financer l’exploitation pétrolière, raconte un ancien banquier. Ils arrivaient à convaincre les banques de les suivre grâce à la maîtrise dont ils avaient fait montre chez Rich.»

Pour investir en Angola, il faut aussi des appuis au sein du régime. «Dans le secteur pétrolier ou parapétrolier, c’est la qualité de la fiancée que vous choisissez qui va déterminer si vous grandissez vite, très vite ou pas du tout», commente un diplomate sur place. Comme le relève un rapport de la Déclaration de Berne, une ONG critique envers le négoce de matières premières, la «fiancée» de Trafigura se nomme Leopoldino Fragoso do Nascimento, alias «général Dino». Cet ancien haut gradé de l’armée angolaise détient 50% de DT Group, l’entité qui coiffe l’essentiel des activités de Trafigura dans le pays. Selon l’entreprise, c’est un homme d’affaires qui n’a pas de rôle public et n’a «jamais été employé de l’Etat». Mais son rang d’ex-officier de laCasa militar de la présidence le rattache au premier cercle du pouvoir.

 

Opposant le plus vocal au gouvernement angolais, le journaliste Rafael Marques estime que «Trafigura est la société qui a offert les meilleurs outils d’enrichissement au régime», en nouant des partenariats lucratifs avec ses représentants. Il juge aussi qu’en s’intercalant entre l’Angola et la Chine, principal acheteur de son pétrole, Trafigura a permis de «garder les profits loin d’Angola», notamment à Singapour, siège de DT Group et de la division de négoce pétrolier de Trafigura.

L’actuel vice-président de l’Angola et numéro deux du régime, Manuel Vicente, a également favorisé l’essor de Trafigura durant ses dix années à la tête de la Sonangol. Cet amateur de Pétrus, qui voyage en jet d’affaires et reçoit dans les grands palaces européens, est décrit comme un fin connaisseur des rouages financiers internationaux, «très smart», tour à tour cordial et glaçant. Dans les années 2000, il administrait une société genevoise, Crossoil, qui générait des fonds secrets à l’usage de personnalités du régime. A cette époque, «les Angolais admettaient que leur comptabilité nationale était un foutoir, que la Sonangol était leur bras agissant, qu’il y avait des vases communicants colossaux entre les comptes de l’Etat et ceux de la Sonangol», se souvient un banquier. A Genève, la compagnie nationale était connue pour pouvoir placer un milliard de dollars cash dans n’importe quelle banque. Depuis que Manuel Vicente a quitté la Sonangol, en 2012, le contrat de swap – de troc – qui permettait à Trafigura de recevoir du pétrole brut bon marché en échange des livraisons de produits raffinés a été suspendu. Sonangol aurait aussi commencé à donner certains contrats, des «petits bonbons», selon le mot d’un professionnel, à d’autres traders, dont Vitol, ce qui nourrit les spéculations sur la fin prochaine du règne de Trafigura.

Face aux attaques visant sa présence en Angola, la société de négoce se veut stoïque, et rappelle qu’elle a créé 1400 emplois directs dans le pays. «Notre code de conduite est appliqué de manière uniforme partout, on est absolument confortable avec cette situation», explique son directeur financier, Pierre Lorinet. Un banquier genevois nuance: «Ce n’est pas illégal d’avoir une position dominante dans un pays. Ça a été accordé, c’est tout. On ne viole aucune loi, mais il y a un risque de réputation.»

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MATIÈRES PREMIÈRES Lundi3 juin 2013 Claude Dauphin, un patron incontesté et redouté à la tête de TrafiguraSylvain Besson et Pierre-Alexandre Sallier

Bourreau de travail, le fondateur a marqué au fer rouge la culture de son entreprise

 Depuis deux décennies, un mystère entoure le président et directeur exécutif de Trafigura, Claude Dauphin. A 62 ans, ce fils d’un grand ferrailleur normand, qui a commencé comme négociant en métaux, n’a jamais donné d’interview – ou plutôt si, une seule fois, en 2010, dans Le Point . «Honnêtement, je me fous de l’image que l’on donne de moi», déclarait-il en racontant ses cinq mois passés en prison à Abidjan, en 2006, durant l’enquête sur les déversements toxiques du Probo Koala. Malgré des conditions de détention sordides, «c’étaient les premières vacances de ma vie», ironisait-il.

Les géants des matières premières sont souvent dominés par un noyau de dirigeants qui imprime sa marque à toute l’entreprise, même lorsqu’elle grandit de façon spectaculaire. «Dans ce genre de boîte, l’exemple vient toujours d’une tête», résume le patron d’une société concurrente.

L’histoire de Trafigura, c’est d’abord la vision des six fondateurs, dont Claude Dauphin, le seul d’entre eux encore aux commandes aujourd’hui. «Dès l’origine, ils avaient l’ambition de créer un groupe global», rappelle Pierre Lorinet, le directeur financier de Trafigura.«Ils se sont structurés au fil des années, avec des gens qui viennent d’horizons très différents, ajoute Jacques-Olivier Thomann, président de GTSA, l’association professionnelle du négoce genevois. Ils sont extraordinairement organisés dans leurs procédures, très consciencieux.»

Cette culture du contrôle et de la prudence financière était celle d’Eric de Turckheim, ancien de la banque BNP-Paribas et membre fondateur de Trafigura, qui a pris ses distances avec la conduite opérationnelle il y a quelques années. Elle cohabite avec l’instinct du pur trader qu’est resté Claude Dauphin. «C’est un visionnaire qui sniffe les trucs avant tout le monde, et les gens le respectent pour cela», dit de lui un professionnel genevois du pétrole.

Toujours installé dans un cube de verre au milieu de sa salle de trading, le patron incontesté de «Traf» présente une double face. D’abord celle d’un homme charmant, amateur de Picasso et de Modigliani, qui a su rester modeste malgré sa réussite.

 

«Il n’a pas d’ego visible, assure Christian Weyer, ancien responsable du financement du négoce chez BNP-Paribas. Il donne les moyens aux gens de réussir. Son vrai talent a été de construire une équipe unique par ses qualités humaines, soudée, solidaire, avec un état d’esprit extrêmement productif. Chez eux, pas de prima donna, pas de jalousies ou de querelles de préséance. C’est quelque chose qui existe dans les petites sociétés, moins dans les grandes.» Mais tout n’est pas qu’altruisme et amour du prochain chez Trafigura. Claude Dauphin a la réputation d’être un bourreau de travail, aussi dur avec lui-même qu’avec ses employés. Ceux qui ont le privilège d’embarquer dans son jet privé doivent s’attendre à travailler non-stop, sans une minute de repos. L’histoire du cadre dirigeant expatrié abruptement en Afrique du Sud, alors qu’il venait d’investir des millions dans une belle propriété au bord du Léman, fait encore jaser le monde pétrolier genevois.

«Endroits pourris»

Ceux qui les fréquentent de l’extérieur dépeignent les employés de «Traf» comme des êtres «taillables et corvéables à merci», que leur patron peut appeler n’importe quand pour «mettre la pression», les hommes toujours en complet cravate, cheveux courts. Et très bien payés, ce qui assure leur loyauté envers l’entreprise.

Il est resté chez Trafigura quelque chose de la culture de Marc Rich, estime Daniel Ammann, auteur d’une biographie du grand trader américain: «Pour moi, les gens de Trafigura sont vraiment ses héritiers, agressifs, rapides, sachant saisir les opportunités, avec cette capacité d’aller à la limite, aussi au sens géographique, c’est-à-dire aux frontières du monde.» Ce qui implique, pour certains employés, «un choix de vie radical, passer la moitié de son temps dans des endroits pourris et surtout ne pas avoir peur de prendre des risques «perso», ajoute une source qui les côtoie en Afrique.

En 2009, l’entreprise a engagé un consultant d’élite, Kieran Looney, pour stimuler les performances de ses 25 plus hauts cadres. L’affaire s’est mal passée et Kieran Looney a été remercié après un an de travail, empochant au passage 4 millions de livres (environ 5,8 millions de francs).

 

Lors du procès qu’il a ensuite intenté à Trafigura – et qu’il a perdu – le consultant a décrit une entreprise en crise de croissance, ayant grandi trop vite pour ses structures relativement minces, avec «trop de latitude individuelle» et un «langage relâché» au sein du personnel.

L’emprise exercée par Claude Dauphin sur la société se fait sentir dans les documents produits lors du procès. Dans un courriel adressé à Kieran Looney, le directeur financier de Trafigura, Pierre Lorinet, insiste ainsi pour que «Claude» soit mis au courant d’un défaut du programme de coaching: «Il serait très dommageable qu’il le découvre par lui-même (et il le découvrira).»

Trafigura a réfuté le diagnostic dressé par le consultant, et dit n’avoir jamais connu de crise de croissance. Quant à Claude Dauphin, il détiendrait aujourd’hui moins de 20% du capital. Selon Pierre Lorinet, «sa succession sera planifiée le jour où la question se posera, ce n’est pas un sujet tabou, ou immédiat».

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MATIÈRES PREMIÈRES Lundi3 juin 2013 Trafigura, un groupe sans patrie?Sylvain Besson

Eclatée entre plusieurs nationalités, l’entreprise de matières premières mérite tout de même son label suisse

 

Pas facile de savoir à quel pays se rattache le groupe Trafigura. Juridiquement et fiscalement, c’est une société néerlandaise. Mais sa principale base opérationnelle est à Genève, alors que sa division de négoce pétrolier a été déplacée à Singapouren 2012. Le siège historique se trouve à Lucerne, et la société mère du groupe, baptisée Farringford NV, est enregistrée àCuraçao. Les têtes dirigeantes de l’entreprise sont surtout françaises et britanniques, alors que les noms anglais et néerlandais dominent chez les cadres supérieurs. Très peu de Suisses, en revanche. Mais cela n’empêche pas Trafigura de mériter le label helvétique qui lui est souvent attribué, estime une personne en contact régulier avec le groupe: «Je les trouve très suisses par leur esprit mercenaire, apolitique, c’est le business et rien d’autre.»

Si l’on s’en tient au domicile de ses fondateurs, Trafigura reste solidement ancrée à Genève: son président, Claude Dauphin, possède une vaste propriété dans un des quartiers les plus exclusifs de la Rive gauche. En 2012, il a fait don d’une maison située à Choulex (GE), valant plus de 17 millions de francs, à son fils Guillaume, qui siège dans l’entreprise familiale de traitement de déchets, Guy Dauphin Environnement .

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MATIÈRES PREMIÈRES Lundi3 juin 2013 Métier à risquesSylvain Besson

Les géants du négoce doivent relever un défi douloureux: passer de l’opacité à la transparence

 

Ils sont riches et puissants, mais les traders en matières premières ont un problème d’image. Peu de gens comprennent ce qu’ils font, et ils évoluent depuis des décennies dans l’opacité. Habitués à définir leurs propres règles, ils sont mal préparés au vent de transparence qui souffle sur le secteur. Cette évolution concerne au premier chef la Suisse, devenue le bastion de cette industrie.

La pression sur les traders vient de plusieurs directions. Les Etats s’intéressent de plus près au fonctionnement de ces entreprises devenues névralgiques pour l’économie globale. Médias et ONG tentent de percer le secret qui entoure leurs opérations. Cette curiosité est bienvenue, car l’activité de négoce comporte des risques majeurs. Les contrats pétroliers, par exemple, ont longtemps fait l’objet d’arrangements incestueux entre décideurs étatiques et négociants. On ne peut plus justifier que ces transactions, qui se chiffrent en milliards, soient gardées secrètes. Le danger de corruption et de détournement de fonds, qui s’est abondamment matérialisé dans le passé, est trop grand.

Loin d’ignorer les critiques, les géants du négoce, du moins leurs nouveaux préposés aux «affaires publiques», semblent sincèrement inquiets, soucieux de changer, de faire des propositions, et c’est en soi nouveau. L’évolution est à saluer, même s’il s’agit aussi de gagner les faveurs de l’opinion pour éviter de se voir imposer, à terme, des règles comparables à celles qui corsètent le monde financier.

Définir des normes de transparence à la fois applicables et susceptibles de faire la différence sera difficile. Confrontés à une concurrence féroce, les traders ont un besoin vital de discrétion, qu’il s’agira de ménager. Et des règles limitées à un seul pays – la Suisse, par hypothèse – seraient facilement contournées, en délocalisant les transactions sensibles vers des places moins regardantes.

La nouvelle ère qui s’ouvre réservera des moments douloureux aux traders. Des squelettes vont sortir des placards. Les professionnels du négoce ont des raisons d’être fiers de leur métier, qui a stimulé le prodigieux décollage des pays émergents. Ils devront aussi en assumer, le moment venu, le côté obscur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Trading à haute fréquence : première amende britannique

Trading à haute fréquence : première amende britannique | DIVERS | Scoop.it

Un trader basé aux Etats-Unis a été condamné lundi 22 juillet par les autorités américaine et britannique à verser au total 3,7 millions de dollars (2,8 millions d'euros) pour avoir tenté de manipuler les marchés en ayant recours à un logiciel de trading à haute fréquence.

Michael Coscia a été condamné au Royaume-Uni par l'Autorité de bonne conduite financière britannique, la FCA (Financial Conduct Authority) à "une amende de 597 993 livres [696 189 euros]" pour "manipulation délibérée des marchés des matières premières". Il a bénéficié d'une réduction de 30 % de sa peine en acceptant un accord à l'amiable.

C'est la "première fois" que le gendarme britannique des marchés financiers sanctionne un trader effectuant des opérations à haute fréquence, a souligné l'organisme dans un communiqué séparé.

 


Via BABinfo
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