GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI
41.2K views | +0 today
Follow
 
Scooped by Romain
onto GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI
Scoop.it!

Nord-Mali : Le MUJAO a été sous-estimé - Zone Militaire

Un peu plus de trois mois après avoir rendu un premier rapport concernant la situation au Mali, les sénateurs Gérard Larcher et Jean-Pierre Chevènement viennent d’en déposer un second, le 4 juillet dernier. Dans ce copieux document, les deux parlementaires ont étendu leur étude à la région allant de l’Afrique occidentale au Sahel, en décrivant avec minutie les enjeux les tendances qui sont en train de s’y développer ainsi que les conséquences de ces derniers au niveau sécuritaire.

Démographie galopante, convoitises suscitées par les ressources naturelles, sous-développement chronique, difficultés économiques, trafics, radicalisation religieuse et bien évidemment terrorisme… Voilà les problèmes majeurs auxquels cette partie du monde doit faire face. Pour ce qui concerne plus particulièrement le risque terroriste, plusieurs pays y sont exposés car ils présentent des fragilités. C’est notamment le cas du Niger, de la Mauritanie, du Tchad, de la Tunisie, où le salafisme s’enracine, et de la Libye.

Ces pays sont susceptibles de constituer autant de refuges pour les groupes jihadistes armés. Notamment à cause de leur géographie. Le Niger, par exemple, dispose de massifs montagneux offrant les mêmes possibilités que l’Adrar des Ifoghas, au Nord-Mali, d’où les forces françaises et tchadiennes ont chassé les combattants d’al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) cet hiver. Quant à la Libye, qui reste un sujet de préoccupation majeur, il est à craindre qu’elle finisse par devenir une “plaque tournante articulant crises malienne et syrienne.”

Quant à la question de la radicalisation religieuse “qui s’opère en Afrique de l’Ouest”, les deux sénateurs estimer que “la question de la scolarisation des enfants dans des écoles coraniques et de l’action des organisations caritatives des pays du Golfe doivent faire l’objet d’un suivi attentif”. Et que, par conséquent, le “soutien à l’éducation francophone et laïque doit être un des axes forts de notre politique de développement.” Il s’agit là de couper les vannes du recrutement des groupes jihadistes.

Ainsi, la “force” du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) est, expliquent les deux parlementaires, “d’être parvenu à combiner les effets de l’idéologie et du narcotrafic pour recruter et endoctriner des jeunes, principalement dans la région de Gao.”

D’ailleurs, le rapport estime que le Mujao, né d’une scission avec AQMI en 2011, a été sous-estimé dès le départ. “Considérés à l’origine comme de ‘simples’ narcotrafiquants, voire des ‘va-nu-pieds’, suivant une expression utilisée par une haute autorité algérienne rencontrée par vos rapporteurs, ils se sont avérés un ennemi coriace, particulièrement bien implanté dans la région de Gao”, écrivent les sénateurs.

“Son recrutement (ndlr, du Mujao), essentiellement mauritanien et malien, lui assure un très bon enracinement local au Sahel. Certains estiment même que, grâce à un système de recrutement temporaire particulièrement lucratif pour les familles (600 euros forfaitaires pour un jeune de 14 à 16 ans, puis 400 euros de ‘revenus’ par mois ont été les estimations avancées), l’effectif du MUJAO aurait pu atteindre jusqu’à 10.000 personnes (l’effectif habituellement cité est toutefois presque 10 fois moindre : entre 400 et 1 000 combattants au plus haut)”, ajoutent-ils.

Aussi, et selon les autorités algériennes, citées par les sénateurs, le Mujao “demeure la principale menace terroriste aujourd’hui au Mali et dans la région” et il est même susceptible de “représenter un risque (…) durable du même ‘calibre’ qu’AQMI alors qu’il a pu être considéré un temps, peut-être à tort, comme une organisation locale de trafiquants.

more...
No comment yet.
GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Romain
Scoop.it!

Attentat au Mali: cinq morts et trois assaillants tués (actualisé)

Attentat au Mali: cinq morts et trois assaillants tués (actualisé) | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Dimanche, l’insécurité au Mali a doublement été illustrée.

C’est d’abord un parachutiste français qui a trouvé, accidentellement, la mort lors d’une opération d’appui aux troupes maliennes dans le secteur de Tarikent où "les groupes armés terroristes contestent la présence des forces armées maliennes" selon le ministère français des Armées.

C’est ensuite l’attaque du Campement Kangaba, un site de détente situé à la périphérie de Bamako, prisé des expatriés et fondé par un Français, Hervé Depardieu.

Selon le dernier bilan fourni par les autorités maliennes, un militaire malien et quatre clients de l’écolodge ont péri: un Franco-Gabonais, un militaire portugais de la mission européenne EUTM (formation de l’armée malienne), une Malienne travaillant pour la délégation locale de l’union européenne et un client chinois. 36 autres clients ont pu être évacués.

Un client français et un officier suédois, portés disparus, ont été retrouvés sains et saufs.

Trois assaillants auraient également été tués lors de l’intervention des forces maliennes appuyées par des commandos français et des militaires de la force onusienne. Cinq suspects ont été interpelés ce lundi.

En mars 2015, une attaque contre un restaurant-bar, La Terrasse à Bamako, avait fait cinq morts, dont deux Occidentaux. En novembre de la même année, un attentat contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako avait fait 20 morts, outre ses deux auteurs. L'attentat avait été revendiqué par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : deux morts, dont une Franco-Gabonaise, dans une attaque

Mali : deux morts, dont une Franco-Gabonaise, dans une attaque | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Dimanche 18 juin, une salve de balle traçante rouge illumine le ciel de Yrimadio, un quartier en périphérie de Bamako. Les restes du Campement, un espace hôtelier hautement prisé des expatriés et des Occidentaux, brûlent encore ardemment à quelques centaines de mètres.

Selon le dernier bilan de l’attaque terroriste survenue sur le site, il y a eu deux morts, dont une Franco-Gabonaise, et quatre blessés ; 32 personnes ont été secourues ; par ailleurs les quatre terroristes ont été abattus.

Plus tôt dans l’après-midi, deux petits groupes d’assaillants, selon des témoignages concordants, ont attaqué l’établissement ; ce dernier est un petit village dont les maisons sont éparpillées dans les collines ; on y trouve une multitude de petits restaurants et de lieux de détente, avec des piscines.

« Les premiers assaillants sont arrivés très bien armés à la porte principale, a raconté Karim, un employé. Ils ont tiré en l’air alors avant de grimper vers les piscines. » Le ministre de la sécurité publique du Mali, le général Salif Traoré, qui a dénoncé une « attaque djihadiste », a par la suite confirmé ce scénario. Un autre employé de l’hôtel, Boubacar Konta, raconte avoir vu les assaillants brandir « leurs armes en l’air, crier Allah Akhbar, avant de tirer des rafales dans le ciel ».
Intenses échanges de tirs

Un autre groupe d’attaquants s’est lui approché par le haut de l’établissement, ouvrant le feu sur les clients. « Par chance, poursuit Karim, il y avait des militaires en permission. » Les soldats présents auraient alors aussitôt saisi leurs armes pour répliquer, parvenant à repousser les assaillants.

Les Forces spéciales antiterroristes du mali (Forsat) sont ensuite arrivées sur les lieux pour exfiltrer les clients, certains, vêtus de leur seul short de bain, équipés à la hâte par les soldats d’un gilet pare-balles.

La configuration des lieux a toutefois rendu extrêmement difficile la progression des forces de l’ordre ; la zone est vaste et verdoyante. La nuit venue, sans aucun moyen de vision nocturne, les forces spéciales ont traqué les assaillants.
Les Forsat, appuyées par l’armée et des éléments de sécurité de l’ONU lancent alors un assaut sur la colline où les terroristes se sont retranchés. D’intenses échanges de tirs et des explosions se font alors entendre alors que la consigne d’éteindre toute source de lumière a été donnée afin que les djihadistes ne disposent pas de cibles. Ce sont finalement quatre assaillants qui sont abattus.Selon une source proche du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, jointe par Le Monde, des signaux laissaient présager une attaque djihadiste imminente. « Nous avions eu des alertes récentes, a précisé cette source. Il y a deux jours, en prélude à la marche de l’opposition [qui s’est tenue samedi à Bamako], nous avions découvert une voiture avec des armes… »
Etat d’urgence

La dernière attaque djihadiste visant des Occidentaux dans la capitale malienne remonte à mars 2016 ; elle avait visé l’hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant la mission de l’Union européenne qui entraîne l’armée malienne (EUTM Mali). Un assaillant avait été tué.

Le 20 novembre 2015, un attentat contre l’hôtel Radisson Blu avait fait vingt morts, outre ses deux auteurs. Il avait été revendiqué par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), en coordination avec le groupe djihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, Al-Mourabitoune, qui avait scellé à cette occasion son ralliement à Aqmi.

L’état d’urgence est en vigueur dans le pays quasiment sans interruption depuis cette attaque. En mars 2015, l’attaque contre le restaurant-bar La Terrasse avait également fait cinq morts, dont deux Occidentaux.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida. Ils ont été en grande partie chassés de cette région par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement. Mais des zones échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature, en mai-juin 2015, d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, mais dont la mise en application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues dans le centre et dans le sud du pays, et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : Un quatrième Casque bleu guinéen tué

Mali : Un quatrième Casque bleu guinéen tué | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Un quatrième Casque bleu a été retrouvé mort après l’attaque contre une position onusienne à Kidal, dans le nord du Mali, revendiquée vendredi par la principale alliance jihadiste de la région, liée à Al-Qaïda, selon un nouveau bilan diffusé samedi.

« Le corps d’un Casque bleu qui était porté disparu suite à l’attaque contre une position de la Minusma le 8 juin, a été retrouvé aujourd’hui non loin du lieu de l’attaque. Le bilan des victimes de l’opération terroriste menée contre les Casques bleus s’élève ainsi à quatre morts et huit blessés », indique un communiqué de la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

Une mission coûteuse en vies humaines

« Les blessés ont été traités à l’hôpital de la Minusma à Kidal et leur condition est stable. La Minusma présente ses condoléances les plus attristées aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple guinéens », poursuit le communiqué.

Déployée depuis juillet 2013, la Minusma est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 Casques bleus tués en opération.

En février 2016, sept Casques bleus guinéens, dont une femme, avaient été tués dans une attaque jihadiste contre le camp de Kidal.

Jihadistes liés à Al-Qaïda

L’attaque de jeudi soir, comme la plupart de celles perpétrées au Mali ces derniers mois, a été revendiquée par une nouvelle alliance entre jihadistes du Sahel liés à Al-Qaïda, dirigée par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Dans un communiqué diffusé vendredi sur les réseaux sociaux, le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », a indiqué avoir tiré au mortier sur le camp des forces internationales à Kidal.

La semaine dernière, au moins six soldats nigériens et trois soldats maliens avaient été tués dans des attaques distinctes imputées à des groupes jihadistes au Niger et au Mali.

Avec Jeune Afrique.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Les blessés français de Tombouctou seraient des artilleurs du 1er RA

Selon mes confrères de l'Est Républicain, trois des militaires français blessés la semaine dernière au Mali "appartiennent au 1er régiment d’artillerie (1er RA) basé à Bourogne, dans le Territoire de Belfort. Ces militaires sont engagés au Mali dans le cadre de l’opération Barkhane, qui a pris la suite depuis le 1er août 2014 des opérations Serval et Épervier. Les militaires français blessés se trouvaient à proximité du camp de la Minusma. Ils ont été blessés de "manière indirecte" dans l’attaque. Les militaires belfortains appartiennent à un détachement d’artillerie qui sert en appui du 51e régiment des forces armées maliennes (FAMa)."

L'EMA-Com, contacté ce matin, a refusé de confirmer cette information, précisant que, la semaine dernière, le bombardement avait été, en revanche, confirmé parce que plusieurs sources en avaient fait état.

L'un des trois blessés, touché à la jambe, a été évacué vers Paris où il a été hospitalisé.

Pour lire l'article de mes collègues, cliquer ici.

Pour lire mon post sur le bombardement de la base de Tombouctou, cliquer ici.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Trois militaires maliens tués dans une embuscade

Trois militaires maliens tués dans une embuscade | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Trois militaires maliens ont péri mercredi dans une embuscade dans le nord du Mali, contre un convoi de ravitaillement de l’armée malienne, selon un responsable du ministère malien de la Défense.



« Un véhicule en tête de convoi de l’armée malienne a sauté sur une mine à une trentaine de km de Nampala. Les terroristes ont ensuite attaqué notre convoi », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère.



« Nous avons réagi. Il y a eu des victimes dans le camp de l’ennemi et nous avons perdu trois hommes. Trois autres ont été blessés », selon la même source.


Cette embuscade a été revendiquée dans un communiqué jeudi par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », nouvelle alliance entre jihadistes du Sahel liés à Al-Qaïda, dirigée par le chef islamiste touareg malien Iyad Ag Ghaly.



Le groupe y affirme avoir tué neuf soldats maliens et avoir perdu deux de ses combattants.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali: le nouveau ministre de la Défense veut réformer l'armée

Mali: le nouveau ministre de la Défense veut réformer l'armée | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Le nouveau ministre malien de la Défense, Tiéna Coulibaly, a été nommé en avril dernier. Pour changer les choses, bâtir une armée nouvelle, il a engagé des consultations, des séances de travail. La semaine dernière, il a fait des déclarations fracassantes devant les députés, et ce mardi 29 mai, il poursuit ses rencontres pour sortir l’armée malienne du creux de la vague.

Nouveau ministre, nouveau style. Tiéna Coulibaly n’aime pas la langue de bois. Devant les députés, il a très rapidement mis les pieds dans le plat. Le principal problème de l’armée malienne se situe au niveau du recrutement, a-t-il asséné.

Il donne des détails : lors des recrutements, des ministres, des députés, des officiers se présentent avec des listes parallèles et exigent que leurs protégés soient recrutés sans concours. Résultat, sur le terrain, ces soldats « pistonnés » ont peur de l’ennemi. Ils ne sont pas dans l’armée pour combattre, mais pour recevoir un salaire mensuel.

Ministre de la Défense depuis quelques semaines seulement, Tiéna Coulibaly est décidé à changer les choses. Seuls les plus méritants porteront le treillis, et il demande plus de rigueur sur le plan de la discipline. L’équipe du ministre malien de la Défense met également un accent particulier sur la formation.

L’aide étrangère sera toujours appréciée, mais il faudra de plus en plus tenir compte des réalités locales. Fournir de véritables moyens de combat aux militaires maliens est un autre objectif du ministre. Une loi de programmation militaire a été déjà adoptée par le Parlement.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Au Mali, avec les soldats de Barkhane

Au Mali, avec les soldats de Barkhane | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Des hommes de l'opération militaire française Barkhane arpentent les sables venteux du nord du Mali. Emmanuel Macron les a rencontrés vendredi dernier, sur la base de Gao.

"Y a quelqu'un pour jouer au président?" Tout occupé à trouver des partenaires pour sa partie de cartes dans son bivouac du Nord malien, le soldat du 126e régiment d'infanterie de Brive n'a pas relevé la malice de sa question. Ce vendredi matin, au même moment, 130 km plus au sud, Emmanuel Macron s'apprête à atterrir à Gao. Une visite de sept heures dans la principale ville du Nord-Mali destinée à soutenir les 4.000 hommes déployés au Sahel dans le cadre de Barkhane, l'opération qui a succédé à Serval en août 2014 et vise à aider les cinq pays de la région à lutter contre les groupes armés terroristes (GAT). La venue du nouveau chef de l'État provoque une joie mesurée chez les soldats du groupement tactique ­désert Korrigan. "C'est bien qu'il nous consacre son premier déplacement, reconnaît un soldat. Mais ça ne va pas changer grand-chose pour nous, à moins qu'il fasse des annonces." Las, sur cette question, le président du renouvellement s'est placé dans la droite ligne de son prédécesseur. "Il faut accélérer sans barguigner", a-t-il précisé. Mission inchangée donc pour les militaires de Barkhane. Mission inchangée donc pour les Korrigans qui arpentent les sables du Nord malien depuis trois mois.
De l'infirmerie, il ne reste qu'un amas de parpaings

Almoustarat, dans la vallée du Tilemsi. C'est autour de ce bourg de 3.000 habitants que les 230 hommes dirigés par le commandant Daniel ont établi leur base opérationnelle avancée depuis la semaine dernière dans le cadre de l'opération Ioke 2. Pour le commun des mortels, la zone se résume à un enfer sur terre : à midi, les jours raisonnables, le mercure atteint les 50 °C à l'ombre. La nuit, quand le vent a la mauvaise idée de se lever, ce sont des paquets de sable qui se déversent sur les soldats, empêchant tout sommeil. Le paysage est à l'avenant : un désert pierreux dans lequel surnagent quelques épineux. Des troupeaux de chèvres malingres et quelques ânes tentent d'y trouver de quoi paître.

Contrairement aux apparences, Almoustarat est une ville stratégique. Elle est traversée par la ­fameuse transsaharienne, l'autoroute des sables par laquelle s'effectue l'essentiel du commerce et des trafics entre le Nord-Mali et l'Algérie. C'est aussi la seule bourgade entre Gao et Tessalit, dans l'extrême nord du pays, où les forces armées maliennes (Fama) disposent d'un camp. Est-ce pour cela que les GAT en ont fait depuis peu une cible privilégiée ? Fin mars, trois soldats ­maliens ont été tués dans l'attaque d'un poste de contrôle au sud de la ville. Le 7 mai, c'est un véhicule suicide qui s'est fait exploser à l'entrée du camp où était stationné le GTIA 8 (groupement tactique interarmes) malien. Les djihadistes ont ensuite arrosé les forces maliennes pendant une heure. Sept soldats ont été tués, sept autres blessés. De l'infirmerie située à l'entrée, il ne reste aujourd'hui qu'un amas de parpaings et de tôles froissées.
Les soldats maliens n'ont que leur téléphone portable

Après un passage mi-avril, les Korrigans avaient prévu de revenir dans la zone mi-mai. Ils ont dû précipiter leur retour. Les hommes du génie s'emploient aujourd'hui à terminer au tractopelle les défenses passives autour du camp. En attendant l'arrivée de nouvelles troupes maliennes, les différentes sections dispensent de l'instruction aux hommes du solide capitaine Diarra, qui dirige la force de réaction rapide malienne venue en urgence réoccuper la zone. "Il faut montrer que les attaques ne changeront rien, assène l'énergique capitaine Jean-Luc, du 126e régiment d'infanterie, un vieux de la vieille qui a connu la Bosnie et l'Afghanistan. Les soldats maliens sont partout chez eux. Il ne faut pas céder un bout de terrain aux GAT." Reste que, de la théorie à la pratique, il y a parfois un gouffre. En l'état, l'équipement des forces maliennes ne leur permet pas de tenir seules la ville. "Le problème est qu'on ne peut pas communiquer", se plaint le capitaine Diarra. Les djihadistes ont saboté l'antenne-relais de la ville lors de l'attaque du 7 mai. Or, les soldats maliens n'ont que leur téléphone portable pour joindre l'extérieur.

Autre écueil : Almoustarat est peuplé majoritairement d'Arabes. Les soldats maliens, qui viennent principalement du sud du pays, sont vécus ici comme des intrus. "Les Arabes et les Bambaras ne peuvent pas s'aimer, c'est comme ça", soupire Taklita Ag Ilouza, un Touareg de 57 ans, gérant du dispensaire. Les soldats maliens ne sont pas mieux disposés à l'égard de la population. "Les terroristes ont des complices ici, assure le capitaine Diarra. Le 7 mai, la voiture suicide est partie du village, c'est certain." Une accusation tempérée par le capitaine Fabrice, l'officier du 3e RIMa de Vannes, chargé de récolter le renseignement sur place. "Dans le Nord-Mali, tout est question de liens familiaux, de fidélités tribales. À 100 km d'ici, au nord-ouest, il y a un sanctuaire d'Al-Mourabitoune [un des groupes terroristes sévissant au Mali]. Peut-être ont-ils installé une partie de leur famille ici et qu'ils y ont des informateurs."

Dans ce contexte, difficile de parler encore d'une stabilisation du Nord-Mali. D'autant que le reste des institutions maliennes y sont, plus de quatre ans après Serval, toujours aux abonnés absents. Depuis quatre mois, les professeurs sont en grève en raison de l'insécurité qui y règne. Sur l'un des tableaux noirs de l'école d'Almoustarat, la dernière leçon date du 25 février. Ce vide étatique profite inévitablement aux GAT. Plus facile ainsi de recruter de nouveaux combattants. Ou de payer quelques gamins désœuvrés pour poser des mines et engins explosifs improvisés sur les axes empruntés par Barkhane, les soldats maliens ou la Minusma (la force de l'ONU).

Désormais, pour voir la situation évoluer, chacun attend que les ­accords d'Alger soient totalement appliqués. Signés en août 2015, ils sont censés amorcer la pacification en activant le désarmement d'anciens combattants rebelles et en faisant revenir des autorités intérimaires dans le nord. Pour l'instant, c'est loin d'être le cas. "Les périodes de stabilisation de conflit sont souvent comme ça, philosophe le capitaine Ludovic, du 126e régiment d'infanterie. Pour cinq pas en avant, il y a deux pas en arrière."
Des terroristes ­professionnalisés et unis

Depuis plusieurs mois, l'impression générale est plutôt à un retour en arrière en matière de sécurité. Les GAT se sont adaptés à la présence de l'armée française. "Ils se sont professionnalisés depuis Serval, ont appris à manœuvrer, reconnaît le capitaine Fabrice. Ils savent qu'on les écoute, ils ont appris à crypter leur téléphone satellite." Le 1er mars, Ansar Dine, Aqmi, Al-Mourabitoune et le Front de libération du Macina, quatre des principaux GAT du Mali, se sont regroupés en une seule organisation, le RVIM (Rassemblement pour la victoire de l'islam et des musulmans). "En réalité, cela n'a pas changé grand-chose pour Barkhane, assure le commandant Daniel. Ces groupes travaillaient déjà ensemble." Dans certaines localités, l'ambiance rappellerait la situation qui avait précédé l'occupation du Nord-Mali par les djihadistes en 2012 si les terroristes n'avaient pas subi de lourdes pertes. Le RVIM y mène des raids éclair pour terroriser les populations. À Almoustarat, l'atmosphère s'est viciée. Même s'il refuse de le dire ouvertement, le gérant du dispensaire reconnaît que les GAT y font parfois intrusion : "Quand Barkhane est là, on dort mieux, mais en même temps c'est dangereux pour nous. Les groupes peuvent nous accuser de collaborer. Alors on se contente de fermer notre bouche."

Plus grave, la menace s'est étendue dans le centre du pays, de la région de Mopti jusqu'à la frontière du Burkina. "C'est une zone boisée où il est beaucoup plus facile de se cacher", explique le capitaine Fabrice. Régulièrement, des postes de l'armée malienne y sont attaqués, des fonctionnaires exécutés.

Face à cette nouvelle donne, Barkhane a revu son dispositif, redéployant une partie de ses efforts sur la boucle du Niger et dans le centre. Dernièrement, l'opération Bronco, menée avec les forces maliennes et burkinabées, a permis de "neutraliser" une vingtaine de combattants dans la forêt de Foulsaré, près de la frontière du Burkina Faso. La France devra-t-elle aller plus loin et revoir, comme le suggèrent plusieurs ONG dont Human Rights Watch ou la FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme), sa stratégie du tout-militaire au Sahel ? Si, vendredi, Emmanuel Macron a promis 470 millions d'euros pour l'aide au développement, il n'a pas renoncé au combat frontal avec les djihadistes. Les Korrigans devraient pour un moment encore hanter les sables du Nord.

A Almoustarat (Nord-Mali)
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Le président Macron confirme l’engagement militaire de la France au Mali

Le président Macron confirme l’engagement militaire de la France au Mali | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Pour son premier déplacement en dehors de l’Union européenne depuis son élection, le président Macron a choisi de se rendre au Mali afin d’y rencontrer les troupes françaises engagées dans l’opération anti-terroriste Barkhane. Mais avant d’aller à Gao, où est installé le Groupement tactique Désert (GTD), il a rencontré, à Bamako, Ibrahim Boubacar Keïta, son homologue malien.

À l’issue de l’entretien avec M. Keïta, le président Macron a confirmé l’engagement militaire de la France auprès du Mali et évoqué une accélération des opérations françaises contre les groupes jihadistes qui sévissent dans la bande sahélo-saharienne (BSS).

« La France est engagée depuis le début à vos côtés et ce que je suis venu ici vous dire, de manière très claire, c’est qu’elle continuera à l’être, de la même manière », a en effet assuré le président français, lors d’une conférence de presse donnée aux côtés de M. Keïta. « Il est indispensable aujourd’hui que nous accélérions », a-t-il continué. Car, a-t-il ajouté, « nous l’avons bien vu durant ces derniers mois, les terroristes islamistes s’organisent, se regroupent, sont en train de se fédérer. » Aussi, « nous serons intraitables à l’égard de ces derniers », a-t-il assuré.

En plus des opérations militaires, M. Macron a fait part de sa « volonté, dans le cadre de nos engagements en Afrique, sur le plan militaire, de faire davantage avec l’Europe », et en particulier « avec l’Allemagne ».

Vaste programme… étant donné qu’au Mali, comme le souligne Nicolas Gros-Verheyde, toujours très bien informé sur les questions de défense européenne, les « militaires européens ne sortent que très peu du camp pour patrouiller…. Trop dangereux. L’essentiel de l’action semble être de briquer les locaux impeccables pour recevoir leurs visiteurs, et de faire des selfies dans une posture guerrière, qui n’effraient personne. »

Mais le président Macron a visiblement conscience de ces limites. Cette coopération qu’il appelle de ses voeux se ferait « en regardant de façon pragmatique sous quelle forme chacun peut intervenir », avant de souligner les « contraintes » allemandes en matière de règles d’engagement.

Par ailleurs, le président français veut également une accélération du processus de paix entre les mouvements indépendantistes, essentiellement touareg, et les groupes armés pro-Bamako, l’accord signé à Alger en 2015 ayant toujours du mal à se mettre en place, même si des avancées ont récemment eu lieu avec le lancement de patrouilles mixtes. « On sait où sont les difficultés principales et ce que nous devons faire. Faisons-le sans barguigner », a-t-il lancé.

Enfin, l’action de la France ne se limitera pas qu’aux aspects militaires. Ainsi, M. Macron a dit vouloir faire preuve d’un « grand volontarisme en matière de développement » au bénéfice du Sahel, via l’Agence française de développement (AFD).

« Un peu plus de 470 millions d’euros (d’aides) on été décidés sur la zone pour les années à venir, pour accompagner cet effort militaire », a détaillé M. Macron. « Cela permettra d’investir dans l’éducation, les infrastructures, la santé », a-t-il dit. « Permettre à la population de mieux vivre (est) le meilleur antidote au développement du terrorisme islamiste », a-t-il estimé.

Sur ce dernier point, il faut être prudent. « Des travaux montrent […], à partir d’études empiriques, que les terroristes, loin d’être des individus irrationnels, pauvres et non éduqués, cherchent par le meurtre et parfois le suicide à valoriser leurs compétences (les plus éduqués sont les plus « productifs ») et à maximiser l’impact politique et médiatique de leurs actes. Plutôt que des gains matériels, ils recherchent la reconnaissance et le sentiment d’accomplissement de soi, ces « gains » étant d’autant plus élevés que la cible et les dégâts sont importants, et que le terroriste est engagé dans la cause défendue (ce qui est corrélé au niveau d’éducation) », relevait, en novembre 2015, Anne Châteauneuf-Malclès.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

La MINUSMA va déployer une force de réaction rapide dans le centre du Mali

La MINUSMA va déployer une force de réaction rapide dans le centre du Mali | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Pour le seconde fois en 15 jours, le camp de la Mission multidimentionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) installé à Tombouctou a une nouvelle fois été la cible de tirs de mortiers. Le bilan de cette attaque est moins élevé que la première, 4 Casques bleus et 3 soldats des Forces armées maliennes (FAMa) ayant été blessés.

Depuis quelques mois, les attaques, qu’elles soient le fait de jihadistes ou de groupes armés ayant d’autres motivations, se sont multipliés dans le centre de Mali. Aussi, lors d’un déplacement à Bamako, Jean-Pierre Lacroix, le nouveau chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, a annoncé qu’une force de réaction rapide, armée par des soldats sénégalais, y serait prochainement déployée.

« Nous attendons le déploiement prochain dans le centre (du Mali), par le Sénégal, d’une force d’intervention rapide pour faire face à la situation d’insécurité », a en effet déclaré M. Lacroix, le 17 mai, sans donner de précisions sur les moyens dont disposeront les Casques bleus sénégalais (notamment au niveau des hélicoptères, par exemple).

Cette force de réaction rapide, qui doit prendre ses quartiers à Mopti, aurait dû être fournie par l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) il y a déjà plusieurs semaines.

« Au regard de la situation sécuritaire », la MINUSMA « a un mandat robuste, mais il y a, malgré les efforts, un manque de capacités », a toutefois admis le diplomate français. « Nous avons bon espoir que, prochainement, un certain nombre de renforts arriveront, qui permettront de pallier ces manques », a-t-il ajouté.

Alors que ses effectifs théoriques ont été revus à la hausse et que son mandat a été adapté à la situation malienne, la MINUSMA peine toujours à trouver les moyens militaires qui lui font actuellement défaut. Un rapport publié en avril en a donné le détail. Il lui manque en effet des « des véhicules blindés de transport de troupes », des « hélicoptères d’attaque équipés de système de vision », ainsi que des « hélicoptères de manoeuvre » devant être basés à Tombouctou.

Photo : Casque Bleu du Benin (c) MINUSMA/Marco Dormino
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : grande opération de recrutement dans l'armée

Mali : grande opération de recrutement dans l'armée | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Après le lancement d'une campagne en janvier dernier, l’armée malienne est en pleine opération d’enrôlement. 5 000 nouvelles recrues devraient grossir les effectifs de soldats. Serait-ce suffisant pour reconstruire une armée nationale face aux dangers qui guettent le Mali ?

Le Bureau de recrutements des Forces armées maliennes (FAMA) n'a pas dû avoir assez d'espace sur sa table pour recevoir les 60 000 Maliens pressés de rejoindre les rangs de l'armée nationale. En réponse à une campagne massive de recrutement lancée en janvier dernier, les candidats espèrent être retenus parmi les 5 000 nouvelles recrues que l'armée compte intégrer dans ses effectifs.
Une renaissance par le gonflement des effectifs

L'armée malienne a été inefficace et mal préparée face à la crise de 2012, née de la partition du pays et qui a fait le lit de la prolifération des groupes terroristes stoppés dans leur avancée par l'intervention française dans le pays. Le président de l'époque, Amadou Toumani Touré, accusé de n'avoir pas doté l'armée de moyens pour contrer les rebelles et les terroristes l'a payé d'un renversement de son régime. Depuis cet épisode, le Mali veut reconstruire une armée sous-équipée, mal entraînée et souvent mal préparée à affronter les colonnes de jihadistes qui sèment la terreur dans le nord Mali et même au-delà.

L'opération de recrutement s'effectue dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation. Celle-ci prévoit de tirer du budget 2017, quelque 265 milliards de Fcfa pour rebâtir le secteur de la Défense, tandis que 51 milliards seront alloués au secteur de la sécurité. L'objectif est d'accomplir la renaissance d'une armée nationale malienne en la rééquipant pour remplacer son arsenal obsolète.

En renforcement des 13 000 militaires qui constituent l'armée malienne, les 5 000 recrues vont permettre de grossir les rangs des FAMA. Cinq mille autres recrues supplémentaires sont prévues d'ici 2019. Mais est-ce vraiment un gonflement des effectifs dont l'armée malienne a besoin ? Rien n'est moins sûr. L'élargissement des rangs de l'armée ne ferait qu'accroître le ratio soldat par habitant dans ce pays qui compte plus de 16 millions de personnes.
Les insuffisances de la stratégie de restructuration des Forces armées

C'est d'équipements, de renseignements humains et collaboration avec les pays voisins sur les frontières poreuses que l'armée malienne a besoin pour contrer la menace terroriste. Dans le premier cas, des efforts sont en train d'être réalisés pour le remplacement des véhicules et d'une partie de l'équipement.

Dans le deuxième cas, les autorités maliennes traînent les pieds. Pire, un rapport très critique de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) dénonce «la riposte de l'armée malienne face à l'insécurité grandissante [qui] s'accompagne de graves violations des droits humains. Notamment de nombreuses arrestations, des détentions arbitraires, et des actes de torture perpétrés dans le cadre d'opérations anti-terroristes». La communauté peule serait particulièrement visée.

«Pour rétablir le lien de confiance entre les populations civiles et l'État, crucial dans la lutte contre le terrorisme, il est urgent d'encadrer davantage la réponse militaire afin de mettre fin à ces exactions et de tout mettre en œuvre pour permettre le retour des services publics de base», plaide la FIDH. Reste à savoir si l'appel sera entendu
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : une armée sous équipée face à une menace terroriste constante

Mali : une armée sous équipée face à une menace terroriste constante | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Les attaques meurtrières contre les soldats maliens se comptent par dizaines au point de ne plus retenir l’attention des médias. La dernière remonte au 18 avril, dans la région de Tombouctou, quatre militaires ont péri dans cette énième attaque imputée aux djihadistes.

L’attaque visait un camp de l’armée malienne à Gourma Rharous, une localité d’accès difficile, située à quelque 120 km à l’est de Tombouctou. Barkhane a envoyé un module d’intervention de combat aérien et aéroporté transportant un détachement de commandos de montagne qui a permis aux Français de repérer les terroristes en fuite à une trentaine de kilomètres du lieu de l’attaque et de neutraliser deux pick-up dérobés et lourdement armés, ainsi qu’une dizaine de terroristes, selon un communiqué de l‘état-major de l’armée française. L’état d’urgence au Mali, a été rétabli pour dix jours à la suite de ces évènements tragiques, une réaction des autorités maliennes. Mais, d’aucuns pensent qu’il faut beaucoup plus d’actions et de moyens à la hauteur des enjeux.

Pour une zone difficilement accessible comme le nord du Mali, doter l’armée malienne d‘équipements adaptés à la zone comme des hélicoptères de combat serait d’un avantage. Le président malien promettait à l’occasion de la célébration de la fête de l’Armée en janvier 2016, de fortes mesures, entre autres des moyens, une formation adaptée et un équipement approprié. La réforme du secteur de la sécurité ainsi que l’adoption et la mise en œuvre de la Loi d’Orientation et de Programmation Militaire. Des mesures qui tardent à voir le jour.

Aussi, en dépit de la présence française dans le nord depuis janvier 2013, la menace terroriste n’a pu être vaincue. Déclenchée dans l’urgence, l’opération « Serval » devenue Barkahane intervient directement contre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et ses alliés locaux afin de restaurer l’intégrité territoriale du pays. Mais face à des djihadistes déterminés et aguerris, l’armée française, épaulée par un contingent tchadien ne parvint pas à atteindre ses objectifs. Les morts se comptent autant dans les rangs de l’armée française, de la mission de l’ONU que chez les FAMA. Devant cette impatience des Maliens et le nombre croissant de militaires tués chaque jour dans le nord du Mali, les avis restent partagés.
La menace terroriste est aussi liée pour certains aux désaccords entre les parties maliennes. C’est pourquoi le chef de la MINUSMA, Mahamat Saleh Annadif exhorte à la mise en place de l’Accord pour la paix et la réconciliation pour qu’un échec soit infligé au terrorisme. Un fléau qui selon lui continue d’alimenter les séquelles que la crise malienne a engendrées. La mise en place des autorités intérimaires chargées d’administrer les cinq régions du Nord du Mali serait peut-être un signe ?
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali: la force Barkhane indique avoir tué deux terroristes durant une opération

Mali: la force Barkhane indique avoir tué deux terroristes durant une opération | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Au Mali, le déploiement militaire Barkhane a communiqué les résultats de l'opération Panga, qui s'est déroulée du 27 mars au 10 avril à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. C'est au cours de cette opération que le caporal-chef Julien Barbé est mort, tué dans un accrochage avec des terroristes.

Deux terroristes tués, huit autres capturés ainsi qu'une dizaine de suspects remis aux autorités burkinabè. Voilà le bilan de plus de deux semaines d'opérations transfrontalières dans la très sensible forêt de Fhero. L'armée française ne précise pas dans quelles conditions les deux personnes présentées comme terroristes ont été tuées, ni comment les autres ont été capturés.

Un véhicule saute sur une mine

Il faut souligner que c'est lors de cette opération qu'un militaire français a trouvé la mort dans une embuscade. Un véhicule de Barkhane a d'abord sauté sur une mine puis les assaillants ont ouvert le feu sur les équipes du génie venues sécuriser la zone.

L'opération a mobilisé les armées de trois pays et Barkhane a mis à disposition ses hélicoptères, ses moyens de ravitaillement aérien et ses blindés sur le terrain. Des chasseurs-bombardiers Mirage 2000 et les drones Reaper qui décollent, eux, de Niamey ont aussi été mis à contribution.

Coopération transfrontalière

C'est la première fois qu'une opération de coopération transfrontalière va aussi loin dans les échanges ; ainsi, un détachement de soldat français a même opéré du côté Burkinabé, souligne une source sécuritaire. L'intégralité de cette opération, qui a mis à contribution plus de 1 200 hommes, a été dirigée depuis Mopti, dans le centre du Mali.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : La MINUSMA n’a toujours pas les moyens militaires pour mener à bien ses missions

Mali : La MINUSMA n’a toujours pas les moyens militaires pour mener à bien ses missions | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
En juin 2016, le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) fut prolongé d’un an supplémentaire par la résolution 2295 du Conseil de sécurité.

Compte tenu de l’évolution de la situation sur le terrain, ce texte prenait en compte des recommandations formulées quelques semaines plus tôt afin de renforcer les capacités et les moyens militaires de la MINUSMA face à la menace jihadiste.

Ainsi, le plafond de ses effectifs autorisés avait été porté de 11.240 à 13.289 Casques bleus afin de pouvoir déployer une force de réaction rapide de 650 soldats, des forces spéciales à Kidal et à Tombouctou ainsi qu’un unité d’hélicoptères supplémentaires.

Seulement, près d’un an plus tard, les actes n’ont pas suivi les intentions. Dans son dernier rapport sur la situation au Mali, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, déplore le fait que la MINUSMA « continue […] de manquer cruellement de personnels et de moyens pour pouvoir s’acquitter efficacement de son mandat, notamment pour ce qui est de la protection des civils et de la création d’un espace favorable à l’action humanitaire. »

En effet, insiste le document, « aucun des 2.049 militaires et 480 policiers supplémentaires autorisés et aucun des moyens militaires supplémentaires autorisés n’a été déployé, malgré les efforts faits en ce sens. »

Normalement, les effectifs de la Force de réaction rapide de la MINUSMA, qui aurait dû être fournis par l’opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, sont toujours attendus à Mopti. Leur « arrivée a été reportée » et « on s’attend maintenant à ce que l’unité se déploie au mois de mai, à partir de Dakar », indique le rapport.

Pour le moment, le besoin de la MINUSMA en effectifs militaires n’est couvert qu’à hauteur de 82%. Et il manque toujours des véhicules blindés de transport de troupes, d’hélicoptères d’attaque « équipés de système de vision nocturne à Kidal », d’hélicoptères de manoeuvre à Tombouctou, d’une compagnie de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, des groupes d’appui aéroportuaire (notamment à Gao), d’une compagnie de forces spéciales, d’une compagnie de sapeurs spécialisés dans la neutralisation des explosifs et des munitions et de moyens de protection pour les convois.

Quant à la composante « police de la MINUSMA », c’est la même chose. Au 22 mars, 1.276 policiers étaient déployés (contre 1.920 attendus), soit 66% seulement de l’effectif autorisé. Il manque un équipe d’intervention spéciale, une trentaine de véhicules blindés ainsi que des spécialistes de la criminalistique, de la lutte antiterroriste et des engins explosifs.

« L’appui de tous les pays qui fournissent des contingents ou du personnel de police est plus que jamais indispensable. Je demande aux États membres d’aider à remédier à ce manque de moyens, notamment en fournissant à la MINUSMA les unités d’hélicoptères dont elle a un besoin urgent », fait valoir M. Guterres dans son rapport.

D’autant plus que le document décrit une situation instable, avec une hausse significative des attaques constatées en 2016 par rapport à l’année précédente, tant dans le nord que dans le centre du Mali. En outre, la criminalité transnationale se développe rapidement et alimente l’insécurité.

« Les tendances récentes observées – intensification du trafic de
drogues, financement du terrorisme par le trafic illicite [drogue, armes médicaments contrefaits, etc, ndlr], utilisation plus fréquente des filières de trafic pour les migrations illégales – font apparaître un lien croissant entre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée dans la sous-région », souligne le rapport.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Des militaires maliens capturés par des jihadistes après l’attaque de leur base

Des militaires maliens capturés par des jihadistes après l’attaque de leur base | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Le camp des Forces armées maliennes (FAMa) implanté près de la localité de Bintagoungou, située à 80 km de Tombouctou, a été attaqué, ce 17 juin, à l’aube, par un groupe armé terroriste (GAT).

« Vers cinq heures, les jihadistes ont attaqué le camp militaire de Bintagoungou. Il y a au moins deux militaires tués », a en effet indiqué un élu de ce village à l’AFP. « Beaucoup d’autres (militaires) sont pour le moment portés disparus. Tout le matériel militaire du camp a été détruit », a-t-il ajouté.

« On ne voit plus de militaire malien. Le camp a été détruit. Les jihadistes sont repartis avec des otages militaires », a témoigné un habitant de Bintagoungou.

L’attaque a été confirmée par une source militaire malienne. « Je n’en dirai pas plus pour le moment », a-t-elle dit, en se gardant de donner un bilan.

Les camps militaires maliens sont régulièrement attaqués selon un mode opératoire identique, en particulier dans les régions du centre et du sud du Mali.

De même que les postes de gendarmerie et de douane, comme cela s’est encore passé à Hombori, le 15 juin, avec des assaillants repartis ensuite vers le Burkina Faso. Là, aucune victime n’a été à déplorer, ce qui n’est pas toujours le cas. Le même jour, un soldat malien a été tué par un engin explosif improvisé (IED) près d’Asongo, dans la région de Gao.

Ces incidents, auxquels il faut ajouter ceux ayant eu lieu dans la région de Kidal (nord) entre d’ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et des combattants de la Plateforme (pro-Bamako), surviennent alors que le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a pressé le Conseil de sécurité des Nations unies d’adopter un projet de résolution qui, porté par la France, vise à soutenir politiquement et financièrement la création de la Force conjointe du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso).

Or, pour le moment, les États-Unis, sans lesquels la France aurait du mal à mener l’opération Barkhane, ne serait-ce qu’au niveau du ravitaillement en vol pour ses opérations aériennes au-dessus du Sahel, sont réticents à voter pour ce texte, estimant que le mandat qu’aura cette force conjointe du G5 Sahel manque de précision et que, par conséquent, une simple déclaration du Conseil serait suffisante.

Cela étant, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a défendu la nécessité d’une telle résolution, dans le dernier rapport sur la situation au Mali qu’il vient de remettre au Conseil de sécurité. « L’instabilité qui règne au Mali s’étendant de plus en plus aux pays voisins, il est nécessaire de renforcer la coopération et l’appropriation régionales, de manière à lutter contre les menaces qui pèsent sur la sécurité », a-t-il justifié.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : l'Elysée annonce la mort d'un soldat français lors d'une opération

Mali : l'Elysée annonce la mort d'un soldat français lors d'une opération | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
L'Elysée a annoncé, dimanche 18 juin, "la mort accidentelle" d'un soldat français au Mali, lors d'une opération aéroportée effectuée dans la nuit de samedi à dimanche dans la région d’Almoustarat. Le soldat était membre du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers (Ariège).

Dans un communiqué, le président de la République "salue la mémoire de ce militaire français tué dans l’accomplissement de sa mission pour la défense de notre pays et la protection de nos concitoyens. Il adresse ses sincères condoléances à sa famille, ses amis et ses frères d’armes."

Emmanuel Macron tient aussi à exprimer "sa confiance et sa fierté aux militaires français qui combattent avec courage les groupes armés terroristes au Sahel". Cela fait près de cinq ans que les troupes françaises sont présentes au Mali.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Encore trois Casques bleus tués à Kidal; leur camp a été attaqué jeudi soir

Encore trois Casques bleus tués à Kidal; leur camp a été attaqué jeudi soir | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Trois morts et blessés parmi les Casques bleus, hier soir au Mali!

Le camp de la Minusma de Kidal a été la cible de tirs intensifs de roquettes/mortiers jeudi soir. Selon l'Onu, les informations préliminaires indiquent qu'une dizaine d'obus de différents calibres ont ciblé le camp. Cinq membres du personnel de la MINUSMA ont été légèrement blessés. Quelques obus ont atterri dans les quartiers avoisinant du camp de la MINUSMA.

Peu après, une position de la Force a été attaquée à l'extérieur du camp. Trois Casques bleus ont été tués et trois autres blessés. La Minusma n'a précisée dans son communiqué la nationalité des trois morts. Mais il s'agit de casques bleus guinéens, a fait savoir Conakry.

Vendredi, le NIM(Nusrat Al Islam Wal muslimin) dirigé par Iyad ag Aghali a revendiqué l'attaque au mortier contre le camp onusien.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali: 10 000 hommes et 50 millions d’euros pour la force commune du G5 Sahel

Mali: 10 000 hommes et 50 millions d’euros pour la force commune du G5 Sahel | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Au Mali, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie se sont réunis, ce lundi 5 juin, pour faire le point sur l'avancée du G5 Sahel. Une force armée sous régionale doit être mise en place pour lutter contre le terrorisme et l'Union européenne apporte une aide financière de plusieurs dizaines de millions d'euros.

10 000 soldats pour sécuriser, entre autres, la zone des trois frontières entre le Mali, le Burkina et le Niger. Un effectif qui a été doublé par rapport aux prévisions initiales et « une nécessité », pour le ministre des Affaires étrangères malien, Abdoulaye Diop, tant les missions de cette future force armée sont nombreuses.

« Cette force conjointe vient au Mali et dans l’espace du G5 Sahel pour prendre en charge la lutte contre le terrorisme. Ce qui est nouveau aussi dans le cadre d’une force de cette nature, au niveau du continent africain, c’est qu’elle va également être chargée de lutter contre tous les trafics : le trafic de drogue, le trafic d’êtres humains et tous les autres trafics », a déclaré Abdoulaye Diop.

Deuxième annonce phare de cette rencontre à Bamako, celle des 50 millions d'euros d'aide financière annoncée par l'Union européenne.

« Ce sera une contribution qui va vite arriver et qui, j’espère, montrera la bonne direction aux autres partenaires du G5 Sahel. L’Union européenne est fière d’être la première à soutenir ce projet parce que nous croyons fermement que, dans les faits, il s’agit d’un investissement dans notre propre sécurité », a pour sa part déclaré Féderica Mogherini, représentante de l'Union européenne.

Sur le papier, les contours de cette nouvelle force se dessinent mais on ne sait toujours pas concrètement quels seront les contributions des pays du G5 et comment seront déployées ces troupes.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : des soldats français blessés à Tombouctou dans une attaque au mortier

Mali : des soldats français blessés à Tombouctou dans une attaque au mortier | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Un militaire français a notamment été grièvement touché, jeudi, par un tir lancé contre le camp de l'ONU, dans le nord du Mali.

Les militaires français, africains et onusiens qui luttent contre le djihadisme au Sahel connaissent le danger des mortiers et roquettes dont leurs camps sont parfois les cibles. Des dispositifs de protection et d'alerte permettent parfois de minimiser ce risque. Mais jeudi matin, des soldats français de l'opération Barkhane n'ont pu se mettre à couvert lors d'une attaque au mortier visant le camp de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) sur lequel ils trouvaient. Plusieurs d'entre eux ont été blessés, dont un grièvement, selon l'état-major des armées (EMA). De son côté, l'armée malienne a affirmé dans un communiqué qu' «aucun des 8 blessés français n'est en danger de mort».

«Un tir de mortier est intervenu ce matin à 8h40 sur le camp de la Minusma. Il est tombé à proximité de l'emplacement des soldats de la force Barkhane», a indiqué le porte-parole de l'EMA, le colonel Patrik Steiger. D'autres tirs sont tombés à l'extérieur du camp, sans faire de victimes.

Les blessés ont été pris en charge par les structures médicales de la Minusma et de la force française Barkhane, toutes deux stationnées à l'aéroport de Tombouctou. L'armée suédoise, qui a mobilisé son antenne médicale après l'attaque, a fait état de son côté de quatre soldats blessés, sans préciser leur nationalité.
Regain de l'activité djihadiste

Environ deux tiers des 4000 militaires français de Barkhane sont désormais déployés au Mali, dont la région centrale - et la boucle élargie du fleuve Niger - connaissent depuis quelques mois un regain de l'activité djihadiste, jusqu'alors plutôt centrée sur l'extrême nord du pays. Les djihadistes ont en grande partie été chassés de cette région par l'opération française Serval en 2013. Mais des zones entières du pays échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, qui sont régulièrement les cibles d'attaques.

C'est notamment le cas dans la région centrale, qui a connu récemment la résurgence de divers mouvements djihadistes, notamment des activistes radicalisés d'ethnie peule. Le 5 avril, un soldat français a été tué dans un accrochage avec un groupe armé dans le sud-est du pays, proche la frontière du Burkina Faso où ces mouvements trouvent des zones de repli.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Deux casques bleus tués dans le nord-est du Mali

Deux casques bleus tués dans le nord-est du Mali | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
a Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a annoncé, mardi 23 mai, la mort de deux casques bleus dans une embuscade tendue aux environs d’Aguelhok (Nord-Est malien), près de la frontière algérienne. Un autre militaire a été blessé lors de l’attaque, survenue pendant une patrouille à pied.

« Cette attaque s’ajoute à une vague de violences qui, au cours des dernières semaines, a ciblé sans distinction les populations civiles, les forces armées maliennes et les forces internationales », a souligné le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif, dans un communiqué. Il fait notamment référence à la mort le 3 mai d’un casque bleu libérien dans une attaque contre le camp de la force de l’ONU à Tombouctou (Nord-Ouest).

« Ces violences ne visent qu’à ébranler les efforts du camp de la paix pour ramener la stabilité et l’unité au Mali », a-t-il estimé, réaffirmant le soutien de la Minusma aux « efforts du gouvernement malien et des autres parties signataires ainsi que du peuple du Mali dans la mise en œuvre de l’accord » de paix.
Plus de 70 casques bleus tués en quatre ans

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida à la faveur de la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont l’application accumule les retards.

Déployée depuis juillet 2013, la Minusma est la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines depuis la Somalie en 1993-1995, avec plus de 70 casques bleus tués en opération.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Opération Barkhane : au cœur du désert malien avec les soldats français

Opération Barkhane : au cœur du désert malien avec les soldats français | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Quelques centaines de militaires des régiments de l’Ouest lancent des raids entre Sahel et Sahara. L’enjeu : détruire les réseaux djihadistes. Reportage

Texte et photos : Bruno Jézéquel

L’hélicoptère file au-dessus des zones désertiques du nord du Mali. Des fleuves de sable aux multiples méandres succèdent à des escarpements de roche noire. Arbustes et touffes d’herbes parsèment des oueds asséchés. De Gao, la base arrière française à 350 km, l’appareil, un MI-8 civil de conception soviétique, affrété par la Défense, rejoint Kidal, bourgade d’environ 8 000 habitants, poste de commandement du groupement tactique interarmes Korrigan. Cette unité de plus de cinq cents soldats de la 9e Brigade d’infanterie de marine, commandée par le colonel Jean-Marc Giraud, patron du 3e Régiment d’infanterie de marine de Vannes, est au Mali depuis le début de l’année et doit revenir avant l’été.

L’appareil se pose. Un officier lance : « Bienvenue à Kidal. Ce matin, un engin explosif improvisé (IED) a sauté juste devant un véhicule de la Minusma (force de l’ONU), deux hier. C’est Kidal, c’est le nord du Mali. » À Gao, un jeune officier, conseiller auprès d’une unité malienne dans un bourg sur le Niger, a déjà donné le ton : « Dans les villages, tout le monde sait. Mais c’est la loi du talion, la loi du silence. Dans mon secteur, les djihadistes, des Mourabitounes, mais on a aussi l’EI (État islamique), ne font que passer. Ils viennent se ravitailler avant de prendre la route du nord vers les zones refuges sur la frontière. » Des renseignements sont cependant obtenus, selon un capitaine, auprès de civils qui craignent les IED pour leur sécurité. Des enfants ont été tués par des explosifs.

« Il y a ce qu’on voit et ce qu’on entend, note, de son côté, le colonel Jean-Bruno Despouys, représentant à Gao, de Barkhane. Nous avons une chaîne de renseignements précise avec l’armée malienne, les groupes qui ont signé la paix et qui connaissent le terrain. Nous ne sommes pas aveugles. Korrigan a trouvé des caches d’armes, désamorcé un engin au cœur de Kidal. »
En route vers Aguelhok, Patrick dans un véhicule de l'avant blindé
En route vers Aguelhok, Patrick dans un véhicule de l'avant blindé. (photo : Bruno Jézéquel)

Des actions qui exigent coopération et patience. Un soldat saisi par ce travail de Sisyphe de l’armée lâche : « Les djihadistes posent des mines, ne cherchent pas le contact direct. Ils ont le temps pour eux. On dirait qu’ils attendent qu’on parte. »

L’armée a un autre récit à défendre. « Les Touaregs apprécient notre présence, nous sommes comme un arbitre, un juge de paix entre des factions qui se sont toujours battues entre elles », souligne ainsi le colonel Giraud. L’officier insiste sur le rôle positif de la France dans le processus de paix entre les groupes armés qui ont signé les accords d’Alger : mouvements armés de la Plateforme, proches de Bamako, Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), d’anciens rebelles et ex-djihadistes. Le colonel Jean-Bruno Despouys met aussi en avant les opérations avec les armées des pays voisins. Celles-ci coopèrent désormais. Et si certains militaires évoquent « une éradication » du terrorisme, d’autres plus réalistes parlent de réduire le danger à un niveau qui ne menace plus l’équilibre du Mali. Dans l’immédiat, Barkhane semble incontournable.
Les officiers recherchent du renseignement. Une mission difficile
Les officiers recherchent du renseignement. Une mission difficile. (photo : Bruno Jézéquel)
« Un climat de tension et d'insécurité »

Quelques centaines d’hommes pour les 260 000 km2 de la région administrative de Kidal, c’est peu. Mais cette troupe bénéficie d’un soutien aérien (Mirages 2000, drones basés à Niamey, au Niger, hélicoptères, avions d’observation) qui assure une large couverture du terrain. Des forces spéciales peuvent également y intervenir. Depuis son arrivée fin janvier, Korrigan a quadrillé le terrain, lancé des raids pour imposer la présence de la force française des sables du djebel Timétrine, à l’ouest, aux empilements granitiques de l’Adrar des Ifoghas, à l’est.

Au Mali, l’opération française Barkhane couvre, en ajoutant les régions frontalières du Niger et du Burkina Faso, une zone équivalente à deux fois la France. Et, entre Sahel et Sahara, du Tchad à la Mauritanie, Barkhane (4 000 militaires) s’étend sur une surface grande comme l’Europe. Depuis les airs, un véhicule est un point minuscule perdu dans l’immensité. Un convoi, un nuage de poussière le jour, un halo de lumière la nuit. Sur 100 kilomètres, au cœur du pays touareg, entre les deux villages d’Aguelhok et Tessalit, la colonne croisera uniquement une tente d’éleveurs de chèvres et de vaches et un second campement qui, sans doute, commerce du carburant avec l’Algérie toute proche. Non loin d’un abri, un poids lourd stationne près de larges bidons.
Les soldats arrivent dans un village
Les soldats arrivent dans un village. (photo : Bruno Jézéquel)

À Kidal, Barkhane travaille dans toutes les directions. Des négociations sont en cours afin de mettre en place, comme à Gao, au sein d’un bataillon MOC (Mécanisme opérationnel de coordination), des patrouilles communes entre les groupes armés pro Bamako, les anciens rebelles et les forces maliennes. Korrigan a permis l’ouverture d’une école, des forages ont été effectués, un barrage mis en place, du fourrage distribué. Versant militaire, les déplacements des groupes armés qui ont signé la paix sont contrôlés, ainsi que leurs autorisations pour les armements.

Ce travail est complexe dans une région divisée entre plusieurs groupes. Le village d’Aguelhoc est tenu par le Gatia, un groupe touareg pro Bamako. Kidal est contrôlé par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), groupe des nobles Ifoghas, et Tessalit plus au Nord, par le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, où l’on retrouve quelques anciens d’Ansar Dine, un groupe djihadiste. « Les rivalités entre groupes armés signataires entretiennent un climat de tension et d’insécurité peu propice aux avancées », a souligné le 15 avril, dans un communiqué, le ministère de la Défense. La mission est d’autant plus ardue pour les Français que banditisme et trafics (drogues, armes…) sont très présents.
En patrouille, le risque est permanent
En patrouille, le risque est permanent. (photo : Bruno Jézéquel)
Neuf litres d'eau par jour... Forcément chaude

Ce jour-là, il s’agit de rejoindre le village d’Aguelhoc, de l’encercler et de conduire contrôles et fouilles. Le village est situé au sud-ouest de l’Adrar Tigharghar, mont de l’Adrar des Ifoghas. Une zone montagneuse refuge des Touaregs pendant les rébellions de 1990-1996, et de 2006-2009. De 2010 à 2013, la région a été le principal sanctuaire d’Al-Qaida au Maghreb islamique. Un terrain idéal pour se cacher.

Au lendemain d’une longue journée de route, au PC tactique, la manœuvre se prépare. Un capitaine rend compte : « Au téléphone, ils annoncent en tamacheq (langue berbère touarègue) qu’on arrive. » Avec son lourd convoi, Barkhane sait qu’il est observé. « On entre avec nos gros sabots dans Aguelhoc. »

L’essentiel pour Korrigan est de repérer, avec des patrouilles, des moyens aériens (drones, hélicoptères, avions d’observation), des écoutes, les mouvements, les départs que son arrivée provoque. Et de montrer sa présence, sa capacité à agir partout et à utiliser la force si besoin. Une action conduite avec des hommes qui enchaînent les opérations et nomadisent dans le désert depuis janvier. Une endurance qui signe la qualité de l’entraînement.
Des villages oubliés au cœur du pays touareg
Des villages oubliés au cœur du pays touareg. (photo : Bruno Jézéquel)

La soif accentuée par la poussière est constante. Chaque militaire a droit quotidiennement à 9 litres d’eau forcément chaude. Il suffit de poser au sol une conserve de ration de combat, veau marengo ou cassoulet, pour la cuire… Dans les véhicules de l’avant blindé (VAB) chacun a son rôle, pilote, servant de la mitrailleuse de 12,7 mm. À l’arrière, deux hommes, le torse sorti, chèche remonté sur le nez, surveillent les alentours, Famas (fusil d’assaut) au poing. Le chef de groupe coordonne et reste en relation radio avec l’ensemble de l’unité.

« À l’intérieur, près de la plaque moteur, c’est la fournaise, jette Jérémy un fantassin du 3e Rima. J’ai hâte de prendre mon tour à l’extérieur. »
« L'ennemi se cache au sein de la population »

La zone demeure une des plus dangereuses du Mali. La tension est permanente pendant les opérations. Un sous-officier qui a connu l’Afghanistan note : « Le risque est réel. Ici, c’est la guerre. » « Lors de la dernière opération, on a trouvé, sur renseignements, 40 obus de mortier, 60 roquettes, de la cartoucherie, des grenades…, explique le colonel Jean-Marc Giraud. Loin de nos bases, notre maillage dans la durée doit obliger l’adversaire à se dévoiler. »

Barkhane tente de compenser ainsi le manque d’hélicoptères lourds transports de troupes par des raids blindés. « C’est la partie chasse à courre. » Le colonel ajoute : « L’ennemi se terre, il est au sein de la population, il passe de campement en campement, se déplace rapidement à moto. Il doit sortir pour chercher des munitions. Pour nous, c’est la 2e période, une chasse à l’affût. » Touaregs d’Ansar Dine pour l’essentiel ou membres d’une katiba d’Al-Qaida, les djihadistes de la région font partie de Jamaat Nosrat al-Islam wal-Mouslimin (Le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans), une organisation djihadiste formée le 1er mars dernier.

Deux hommes à moto sont arrêtés. Les fantassins prennent les numéros de téléphone, contrôlent les bagages. Il s’agit de bergers. Plus loin, un officier interroge trois hommes. Ils se disent membres d’un groupe qui a signé la paix. Leurs armes, fusil-mitrailleur et bandes de munitions, sont sorties. Les soldats vérifient l’ordre de mission du trio.
Les Français vérifient que les groupes armés qui circulent sont bien membres de mouvements qui ont signé la paix
Les Français vérifient que les groupes armés qui circulent sont bien membres de mouvements qui ont signé la paix. (photo : Bruno Jézéquel)

Sur la piste, les soldats stoppent à hauteur d’un campement. Les hommes sont absents. Un pick-up stationne à proximité. Les femmes ne parlent pas français. Scènes étonnantes de militaires français qui contrôlent, interrogent. Certes Barkhane ne fait pas de prisonniers. Les personnes interpellées sont remises aux autorités maliennes. Mais que pensent vraiment ces Touaregs, ces Arabes de cette présence, 57 ans après l’indépendance ?

Une petite colonne gagne Aguelhoc. Les soldats empruntent les rues. Les enfants s’égaillent tout autour. Un prévôt de la gendarmerie accompagne la patrouille. Officier de police judiciaire, placé sous l’autorité du procureur de la République de Paris, il est le garant de la légalité des opérations de fouille. Une famille a été ainsi déboutée d’une plainte pour un vol de bijoux. À Gao, une officier conseillère juridique est en charge de définir le cadre légal des opérations.

Le colonel Giraud propose une rencontre aux autorités d’Aguelhoc. L’officier demande une coopération pour la sécurité des populations. Il pointe les lourdes pertes subies par les Casques bleus.

Les Touaregs s’inquiètent de la lenteur du processus de paix. Et souhaitent que Barkhane favorise la liberté de circuler. Membres du Gatia, ils ne peuvent se rendre à Kidal, fief du MNLA. « Vous avez la force sur terre et dans le ciel, vous pouvez agir. » « Oui, mais nous manquons de renseignement », rétorque l’officier.
L’endurance au cœur du métier de soldat
L’endurance au cœur du métier de soldat. (photo : Bruno Jézéquel)

Les deux jours suivants, deux VAB sautent sur un IED et une mine. Deux soldats sont blessés légèrement. Les militaires interpellent quatre suspects. La manœuvre est bloquée. La colonne a seulement deux camions dépanneurs. Un troisième VAB hors service devrait être détruit sur place. Impensable pour l’image de Barkhane.

Une partie de la colonne gagne Tessalit sur la frontière algérienne. Deux roquettes de 122 mm viennent d’y tomber, non loin de la base française.

Sur la piste, autour du bivouac, à perte de vue, des étendues mornes. À peine troublées par quelques épineux, de rares arbres. Un instant d’inattention et là-bas, surgis de nulle part, à l’ombre d’un acacia, trois enfants se sont assis sur leurs talons. Ils regardent le camp. D’un geste de la main, un soldat leur demande de partir.

L’avion quitte Tessalit. Multiples, les pistes, les traces se croisent, trahissant l’histoire de la région. Hostile pour le sédentaire. Entre les regs rocailleux blanchis par la lumière, des touffes d’herbes apparaissent. Des pâturages. Azawad en tamacheq. La richesse du nomade.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Macron au Mali: la France doit réorienter sa stratégie, selon la FIDH

Macron au Mali: la France doit réorienter sa stratégie, selon la FIDH | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
La politique française en Afrique, et particulièrement au Mali où se rend vendredi le président Emmanuel Macron, est trop "purement militaire", et doit prendre en compte le besoin de changement démocratique qui s'exprime sur le continent, estime Florent Geel, de la FIDH.

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) a publié récemment un rapport alarmant sur le Mali, qui connaît "un niveau d'insécurité sans précédent" près de deux ans après la signature d'un accord de paix.

Q- Quelle est la situation au Mali ?

R- La situation empire, puisque la violence s'est étendue au centre du pays, ainsi qu'aux frontières avec le nord du Burkina et le Niger. C'est conforme à la stratégie des groupes armés qui instrumentalisent, faute d'arbitre étatique, des conflits locaux, et leur donnent une dimension régionale et "terroriste".

Les groupes armés, y compris parmi les signataires de l'accord de paix d'Alger (en mai 2015), entretiennent l'instabilité qui est bonne pour eux et leurs business. Et leur stratégie de harcèlement marche très bien, notamment avec la Minusma (Mission de maintien de la paix de l'Onu), qui a passé plus de temps à se protéger qu'à protéger les civils.

Cela va de pair avec des progrès extrêmement lents dans la mise en ?uvre de l'accord d'Alger.

Q- Quel regard portez-vous sur l'action de la France au Mali?

R - La stratégie purement militaire demeure limitée, et il va falloir que la diplomatie française en tire les conséquences. On ne nie pas la nécessaire dimension sécuritaire mais le constat est sans appel: on ne règlera pas la question du terrorisme sans prendre en compte toutes les dimensions.

Jusqu'à présent, la politique africaine française a été marquée par la prépondérance de la vision de Jean-Yves Le Drian (ex6ministre de la Défense devenu chef de la diplomatie) et une stratégie mêlant la présence militaire et les alliances avec les autocrates de la région comme le président tchadien Idriss Deby. Le tout au prix d'un silence important sur les violations des droits de l'homme et les enjeux de gouvernance. Ainsi, rien n'a été dit sur l'élection contestée et contestable de Deby, rien n'a été dit sur le Congo- Brazzaville, rien ou presque n'a été dit sur le Gabon.

Parallèlement, en terme d'aide publique au développement la politique française a atteint un niveau historiquement bas, 0,38% du revenu national brut, et n'est pas forcément bien orientée ou adaptée.

Q- Qu'attendez vous de la nouvelle présidence française ?

R - M. Macron représente au niveau international le pragmatisme, l'ouverture. Il doit savoir que la nécessité de changement est aussi importante en Afrique qu'en France. La gouvernance, la démocratie, et les élections sont les conditions du développement. Il faut faire confiance à l'espoir démocratique en Afrique, investir dans le secteur de la gouvernance.

A cet égard, la lutte contre l'impunité est cruciale, et nous devons réorienter notre aide publique vers la justice. Je vous donne un exemple. La FIDH a déposé deux plaintes au Mali, concernant des crimes sexuels commis à Tombouctou pendant l'occupation jihadiste (en 2012 et 2013). Il y a 130 victimes, et 15 principaux responsables ont été identifiés. Certains sont morts, d'autres sont dans la nature, d'autres sont encore bien connus. C'est le cas de Alfousseyni Ag, dit "Houka Houka", l'ancien juge islamiste de Tombouctou, inculpé pour de graves crimes. Il vit dans la région, c'est quelqu'un qu'on pourrait appréhender sans déstabiliser l'accord de paix. Et pour les habitants de Tombouctou, cela serait un message fort, cela montrerait qu'on ne fait pas la paix à n'importe quel prix.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali : jouer la sécurité locale

Mali : jouer la sécurité locale | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Au Mali, face à la recrudescence des attaques de groupes armés terroristes, dans la région de Menaka et de Talatayt (est du pays), le secrétaire général du Mouvement pour le Salut de l’Azawad (MSA), Moussa Ag Acharatoumane, dissident de l’ancien Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA), s’est associé avec le général El Hadj Ag Gamou, chef du Groupe d’autodéfense touareg Imghad (Gatia, créé en août 2014, mouvement armé de la Plate-forme d’Alger), et à l’ancien gouverneur de Kidal, Alhamadou Ag Ilyene, désormais ambassadeur du Mali à Niamey, pour lancer le principe d’un quadrillage sécuritaire assuré par le Gatia, des éléments des Forces armées maliennes (FAMA) et des combattants du MSA.

Ils étaient en visite cette semaine à Paris pour rencontrer des responsables des services et des autorités politiques et se sont, auparavant, engagés dans une tournée malienne visant à obtenir la validation par les communautés locales du principe de ces patrouilles mixtes «hybrides».

Les prochaines élections régionales prévues en juillet 2017, source d’inquiétudes, pourraient justifier la mise en place de ces dispositifs inédits, laboratoires de sécurité locale (dans le cadre des Accords d’Alger) en appui au dispositif français et afin de pallier le déficit capacitaire des FAMA, qui ne sont que 8 000 pour un territoire de 1,24 million de kilomètres carrés ! C’est notamment le cas dans la région de Menaka, où «officie» Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, un des plus célèbres transfuges d’AQMI ayant fait allégeance à Daech en octobre 2015. Ce dernier a indiqué vouloir perturber le processus électoral, en lançant des attaques contre la MINUSMA et les FAMA.

Du côté français, les deux dernières opérations engagées par le dispositif Barkhane sur le territoire malien depuis le 29 avril (Panga et Bayard), visant à identifier puis frapper les dépôts logistiques des groupes armés terroristes repliés dans la forêt de Foulsaré (située à la frontière entre le Mali et le Burkina-Faso), ont permis de neutraliser une vingtaine de terroristes. Elles s’ajoutent aux quelque 150 opérations menées en 2016 et 2017 par les forces françaises dans les cinq pays composant le G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad).

Parmi celles-ci, la plupart des opérations sont menées en englobant un dispositif des FAMA, parfois dans une logique transfrontalière, comme l’opération Tomonon, à la frontière entre la Mauritanie et le Mali, ou encore l’opération Garekou entre le Mali et le Niger, dans la région du Liptako-Gourma, à cheval sur le Mali, le Niger et le Burkina. Le général De Villiers, CEMA, s’est rendu sur place, il y a quelques jours, pour partager des éléments d’analyse de la situation avec ses homologues du G5 Sahel.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali: l'armée française dresse le bilan de l'opération «Bayard»

Mali: l'armée française dresse le bilan de l'opération «Bayard» | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
L'opération Barkhane s'étend désormais du centre du Mali jusqu'à la frontière avec le Burkina Faso. Si la force française Barkhane poursuit son effort dans le nord du Mali, la multiplication des attaques, dans la région du Gourma, à cheval entre le Mali, le Burkina et le Niger, l'a conduit à lancé plusieurs opérations d'envergure ce printemps. Dernière opération, l’opération « Bayard » a permis de localiser et de détruire de nuit un campement jihadiste dans une région boisée à la frontière malienne. L'état-major français précise toutefois qu'une partie des terroristes a pu s'enfuir et l'armée française cherche à exploiter les indices afin de remonter la filière.

Pour découvrir ce campement terroriste, Barkhane a mis les moyens : des drones de reconnaissance, des écoutes, une traque de plusieurs semaines. Et au final, l’un des bilans les plus importants depuis près de trois ans : des terroristes délogés dans la forêt de Foulsaré, au sud-ouest de Gao, une vingtaine d’éléments mis hors d’état de nuire, selon Barkhane, et beaucoup de matériels saisis.

A Paris, le porte-parole de l’état-major des armées, le colonel Patrick Steiger dresse le bilan de cette opération : « Au bilan de ces actions : une vingtaine de motos, un autre pick-up, de l’armement, aussi bien des armes légères d’infanterie que des lance-roquettes, des pistolets automatiques, des munitions, des chargeurs, du matériel informatique, ainsi que des composants rentrant dans la fabrication d’engins explosifs improvisés. Il est à noter qu’un certain nombre de terroristes s’est enfui, et a sans doute emporté une partie de ses blessés, de ses tués. Les renseignements sont en cours d’exploitation, pour savoir exactement de quel groupe il s’agissait. C’est une zone dans laquelle est présent Ansaroul Islam, c’est une zone dans laquelle tâche de s’implanter le RVIM. On n’exclut pas une possibilité d’alliance de circonstance entre les deux ».

RVIM, désignation du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, né de l’alliance de plusieurs groupes sahéliens. EI pour le Grand Sahara (EIGS) a également par le passé revendiqué des actions au Burkina Faso et tenterait par ailleurs d’y opérer. Le renseignement français estime à 400 le nombre total de jihadistes encore actifs dans l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

Mali: cinq soldats tués par des jihadistes, la France neutralise des "terroristes"

Cinq soldats maliens ont péri mardi dans une attaque jihadiste dans la région de Tombouctou, au nord du Mali, selon Bamako, la France annonçant que sa force Barkhane avait neutralisé une dizaine de "terroristes".

L'attaque a visé un "détachement des Forces armées maliennes basé à Gourma Rharous", une localité d'accès difficile située à quelque 120 km à l'est de Tombouctou, selon un communiqué du gouvernement malien.

L'assaut a été mené "par un groupe terroriste aux environs de 05H00 du matin" (heure locale et GMT), elle "a occasionné la mort de cinq soldats et une dizaine de blessés", a ajouté le gouvernement, sans identifier de groupe en particulier.

L'attaque avait été rapportée plus tôt mardi à l'AFP par le porte-parole de l'armée malienne, le colonel Diarran Koné, qui avait parlé de "pertes en vies humaines et en matériel du côté des forces armées et de sécurité".

Une source locale avait parlé de quatre soldats tués, bilan également évoqué dans un communiqué par l'état-major de l'armée française, en attribuant l'attaque à "un groupe armé terroriste".

Les soldats maliens, qui ont mis "hors de combat plusieurs assaillants", ont transmis "une alerte à (la force française) Barkhane afin de déclencher une mission d'appui", a expliqué l'état-major français.

En réponse, Barkhane a envoyé "un module d'intervention" de combat aérien et aéroporté avec "un détachement de commandos de montagne". Les Français ont repéré "les terroristes en fuite à une trentaine de kilomètres du lieu de l'attaque" et neutralisé "deux pick-up dérobés et lourdement armés, ainsi qu'une dizaine de terroristes", selon le communiqué, qui n'a pas précisé si les "terroristes" neutralisés avaient été tués ou blessés.

De même source, "le militaires maliens blessés ont été évacués par la Minusma (Mission de l'ONU au Mali). Les blessés les plus graves ont été pris en charge par les équipes médicales de Barkhane" à Gao (nord-est).

La Minusma a fait également état d'une attaque mardi vers 04H00 GMT contre un véhicule d'un de ses convois logistiques, qui a "heurté un engin explosif improvisé ou une mine, à environ 30 km au sud de Tessalit" (nord-est), "le bilan préliminaire est de trois blessés graves, dont deux Casques bleus et un civil".

"Il n'y a presque pas un jour où l'on ne reçoit pas de rapports sur des actes abominables de terrorisme commis par les ennemis de la paix et les ennemis de ce pays et de son peuple", s'est indigné le chef de la Minusma, Mahamat Saleh Annadif.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces jihadistes en ont été en grande partie chassés par une opération militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières du pays échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes
more...
No comment yet.
Scooped by Romain
Scoop.it!

L’aumônier militaire en Opex: reportage au nord du Mali

L’aumônier militaire en Opex: reportage au nord du Mali | GUERRE AU MALI - FRENCH MILITARY OPERATIONS IN MALI | Scoop.it
Aumônier militaire / Opération Barkhane : reportage exclusif de David Baché au nord du Mali à la frontière algérienne.
David Baché nous fait vivre la messe du père Amaury, célébrée au milieu des dunes. Témoignage du père Amaury sur le rôle de l’aumônier militaire et le sens de la présence militaire française au Mali.
Persécutions des chrétiens à travers le monde : l’index 2017 de l’ONG évangélique Portes Ouvertes confirme une progression de 1,7% en 2016. Si les persécutions des chrétiens au Proche-Orient sont perpétrées par les organisations islamistes, en Asie les idéologies nationalistes, notamment en Inde, nourrissent de plus en plus les violences à l’égard des chrétiens et aussi des musulmans.
Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes, au micro de Nicolas Falez.
more...
No comment yet.