Le Royaume-Uni du «splendide isolement» au pauvre isolement? | Slate | Europa | Scoop.it
Si l'Europe surmonte la crise, la position prise par David Cameron lors du sommet de Bruxelles débouchera sur une défaite stratégique.

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C’est au fond la mise en cohérence de l’attitude de la City qui, avec Wall Street, cherche depuis l’été dernier et le début de la crise des dettes souveraines l’explosion de la zone euro. Mais c’est une position qui, si l’Europe surmonte cette crise, ressemblera, pour le Royaume-Uni, à une défaite stratégique. Bien sûr si, au contraire, la crise devait mal tourner pour les Européens, Londres pourrait triompher sur le mode: on vous l’avait bien dit!

On le sait depuis le début: ni la City, ni le gouvernement britannique n’ont accepté l’idée qu’une construction politique –la zone euro– puisse s’imposer aux marchés. Mais, dans le même temps, David Cameron ferait mieux d’y regarder à deux fois. Son pays est dans un triste état: dettes énormes, chômage record (même s’il est moins élevé qu’en France), baisse du pouvoir d’achat, extension des zones de pauvreté et menace de récession. Jouer contre la zone euro, et hors de celle-ci, peut donc signifier que l’on cherche à l’affaiblir.

Or, si la zone euro plongeait vraiment dans la récession et si elle devait éclater, cela coûterait au Royaume-Uni, compte tenu des données de son commerce extérieur qui reste accroché de façon significative à l’Europe continentale, quelques points de croissance en moins. Cette seule perspective va probablement conduire les travaillistes, comme le font déjà les libéraux-démocrates, qui pourtant participent au gouvernement, à revenir vers un discours pro-européen....


Via Vincent DUBOIS