Chimie des substances naturelles : la forêt amazonienne comme vertigineuse source d’inspiration | Environnement et développement durable, mode de vie soutenable | Scoop.it

Entretien avec Christophe Duplais, laboratoire « Écologie des forêts de Guyane »

 

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« Comment êtes-vous arrivé à focaliser vos recherches sur les fourmis ?

 

CD : Je m’intéresse beaucoup aux arthropodes, et plus particulièrement aux fourmis, car nous sous-estimons peut-être l’intérêt thérapeutique de leurs métabolites secondaires, notamment contre le paludisme. L’apparition de souches résistantes à l’artémisinine, molécule  antipaludéenne de référence, est un problème inquiétant, d’autant plus que peu de molécules sont en phase clinique III. Il existe donc un besoin important en nouvelles structures actives. Bien que l’étude des arthropodes soit largement développée en écologie chimique, peu d’extraits d’arthropodes ont fait l’objet d’étude dans des tests biologiques. Rappelons que les dernières estimations donnent une fourchette entre 6 et 7 millions d’espèces. Le problème, lorsqu’on s’attaque à la chimie des insectes, est d’avoir suffisamment de matériel biologique pour effectuer un test in vitro et une analyse RMN. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous nous tournons vers les insectes sociaux pour assurer des quantités nécessaires reproductibles. Les fourmis sont de formidables usines chimiques ambulantes composées de nombreuses glandes et pour certaines de poches à venins. Plus de 200 alcaloïdes ont été identifiés chez une dizaine de d’espèces tropicales. Cependant nous sommes loin de connaître la diversité chimique des 14 000 espèces présentes sur Terre ni des 550 présentes en Guyane. A nouveau, l’aide de nos collègues écologues du laboratoire Ecofog spécialistes des fourmis et leur expertise écologique et entomologique nous est vitale pour démarrer une telle activité.»

 


Via Bernadette Cassel