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Enseigner l'Histoire-Géographie
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Comment et à quelle échelle périodiser l’histoire ? | lecture de Jacques le Goff

Comment et à quelle échelle périodiser l’histoire ? | lecture de Jacques le Goff | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
alozach's insight:

Introduction

 

"Que vaut le découpage traditionnel de l’histoire en périodes comme le Moyen Âge ou la Renaissance ? La mondialisation actuelle et ses précédents ne remettent-ils pas en cause l’importance de ces phases par trop enracinées dans l’histoire européenne ? Est-il raisonnable enfin, et plus généralement, de trancher dans le fil de l’histoire pour construire des intervalles précis, supposés porteurs d’identité et de sens ? Telles sont quelques unes des questions que pose Jacques Le Goff au seuil de son dernier ouvrage. S’il y montre avec brio combien la Renaissance est une période largement arbitraire, il n’esquive pas pour autant la question méthodologique de l’intérêt du travail de « découpage de l’histoire en tranches ». Il aborde enfin, trop rapidement peut-être, la possibilité de construction de périodes dans une histoire devenue « globale ».

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L'histoire globale pour tous - un n° de la documentation photographie à ne pas manquer

L'histoire globale pour tous - un n° de la documentation photographie à ne pas manquer | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it

Nonfiction.fr L'histoire globale pour tous Nonfiction.fr La même interrogation pourrait s'appliquer à la recherche en histoire : combien de temps faut-il pour que le renouveau d'un courant historiographique se répande dans ce qui constitue son...


Via bossfanhn
alozach's insight:

à propos de la parution du dernier numéro de la documentation photographique écrit par Patrick Boucheron. Attention, la lecture de cette ouvrage donne de fortes envies de bouleverser les programmes scolaires !

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Jacques Le Goff : Faut-il découper « l’histoire en tranches » ? | Mediapart

Jacques Le Goff : Faut-il découper « l’histoire en tranches » ? | Mediapart | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
alozach's insight:

Extraits de l'interview de l'historien à propos de la parution de son nouveau livre

 

Oui, il faut découper l’histoire en tranches, mais ce travail de découpage n’est pas évident et doit être repensé. Depuis maintenant près d’un demi-siècle, à la suite notamment de l’historien Fernand Braudel, on sait qu’il faut étudier et expliquer l’histoire dans la longue durée, ce qui semble aller contre l’habitude de la découper en tranches. Un problème majeur de la périodisation historique est de mettre l’accent sur les ruptures, davantage que sur les continuités, alors que les premières sont, en fin de compte, rares.

Cette recherche de la longue durée n’est pourtant pas incompatible avec la nécessité de distinguer des périodes dans l’évolution de l’histoire. L’histoire se situe dans le temps. Le temps est même la matière de l’histoire. Le problème, pour l’historien, est de combiner cet intérêt pour la longue durée avec la reconnaissance d’un certain nombre de mutations qui aboutissent à de nouveaux visages de l’histoire. L’histoire aujourd’hui n’a pas le même visage que l’histoire de l’Antiquité.

Le développement d’une histoire connectée, mondialisée, soucieuse d’un récit historique à parts égales entre l’Europe et le reste du monde, brouille la périodisation de l’histoire issue d’un récit occidental. Faut-il alors en abandonner les grandes scansions pour ne pas reproduire le« vol de l’histoire » dénoncé par l’anthropologue Jack Goody ? L’opposition canonique entre antiquité et modernité a-t-elle, par exemple, un sens cohérent pour l’ensemble de la planète ?

Il est toujours nécessaire de combiner le temps avec l’espace. Même s’il n’y a plus de blancs sur les cartes du monde, il existe encore des types différents de civilisation, qui échangent et interagissent, mais ne se confondent pas. Du fait de la mondialisation des cultures et du décentrement de l’Occident, le principe de la périodisation en histoire est aujourd’hui mis en cause. La périodisation demeure cependant un instrument nécessaire à l’historien, mais elle doit être employée avec plus de souplesse qu’elle ne l’a été depuis qu’on a commencé à périodiser l’histoire, à une époque où l’Occident dominait le monde.

Quant aux notions d’antiquité et de modernité, elles ont joué un grand rôle dans l’histoire, mais sont complexes. « Moderne » a longtemps signifié simplement « récent », entendu comme une question de fait, et non de valeur, alors que désormais la modernisation est devenue quasiment synonyme de progrès. Quant à l’idée d’une Antiquité constituant une période à part de l’histoire, elle ne s’est imposée que tardivement en Europe, à partir du XVIe siècle.

De toute façon, l’idée de périodiser l’histoire est corollaire de la transformation de ce qui était avant tout un récit littéraire en matière que l’on enseigne et que l’on transmet, à travers l’école et les Universités, qui ne se développent en Europe qu’à partir de la fin du XIIe siècle.

 

La principale périodisation que vous cherchez à redéfinir est celle qui oppose le Moyen Âge et la Renaissance, comme si le Moyen Âge n’était qu’une parenthèse reliant l’Antiquité à la modernité. Faut-il alors supprimer le terme même de Renaissance ?

Pétrarque

La notion même de Moyen Âge a été inventée au XIVe siècle, par Pétrarque. Le Moyen Âge a connu plusieurs renaissances : la renaissance carolingienne, celle du XIIesiècle... Je considère que ce qu’on appelle habituellement la Renaissance, avec une majuscule, n’est en réalité que l’une de ces renaissances à l’intérieur d’un long Moyen Âge, qui ne se termine pas, comme on le croit traditionnellement, au XVesiècle, mais plutôt à un moment que je situe vers le milieu du XVIIIe siècle, où se situe un véritable changement de période.

Dans le domaine économique, c’est au milieu XVIIIe siècle, et pas avant, que se produit le changement profond qu’est la fin d’une économie essentiellement rurale, scandée par des famines qui se terminent alors partout en Europe si on met à part la Russie, et le développement de l'industrie avec l’invention de la machine à vapeur.

D’un point de vue intellectuel, l’Europe a été longtemps dominée par la religion chrétienne et je ne pense pas qu’il faille accorder une aussi grande importance que certains le font à la Réforme du XVIe siècle. L’apparition des protestants ne constitue pas le passage d’une période à une autre. Le christianisme reste présent, même s’il l’est désormais sous deux formes. Au contraire, au milieu du XVIIIe siècle, la lente laïcisation des sociétés éclate avec la parution en 1753 de l’Encyclopédie.

Enfin, dans le domaine politique et social, la Révolution française met fin à un monde politique dominé par la monarchie et initie des progrès démocratiques, plus ou moins lents selon les régions. Si on considère la genèse de l’État moderne, c’est là que se situe la rupture, et non pas entre le Moyen Âge et la Renaissance, puisqu’il existe un long développement sans rupture fondamentale du VIIe au milieu du XVIIe siècle.

Mais je ne pense pas qu’il faille supprimer le mot de renaissance, parce qu’elle porte une référence importante à l’Antiquité en termes de valeur. L’Antiquité ne représente pas seulement le passé, mais la formation de dimensions qui, plus tard, conquerront le monde : République, Démocratie, École, Philosophie…

 

(à lire en intégralité sur médiapart)

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