Enseigner l'Histoire-Géographie
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Et si... ? «Imaginer d’autres fins possibles permet de défataliser l’histoire»

Et si... ? «Imaginer d’autres fins possibles permet de défataliser l’histoire» | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
Et si Hitler avait gagné la Seconde Guerre mondiale ? Prisée par les romanciers, l’uchronie est un genre délaissé par les historiens, qui considèrent qu’imaginer les futurs non advenus ne serait pas chose sérieuse. Une idée que réfutent les deux chercheurs.
alozach's insight:

On appelle cela un raisonnement «contrefactuel». Blaise Pascal l’utilisait déjà en se demandant quel visage aurait eu le monde si le nez de Cléopâtre avait été plus court. Imaginer ce que serait notre présent si le passé avait été différent est une tentation qui ressurgit à chaque fois que l’avenir semble bien ouvert et incertain - après la Révolution française, quand le genre de l’uchronie connaît son heure de gloire, ou depuis la fin de la guerre froide. Quentin Deluermoz a beaucoup travaillé sur les révolutions. Pierre Singaravélou sur le fait colonial et l’histoire globale (1). Dans leur ouvrage Pour une histoire des possibles (Seuil), ils plaident pour que le contrefactuel entre dans la boîte à outils de l’historien. La méthode permet de s’interroger sur l’instant où le cours des choses bascule. Et de rappeler que rien n’est inéluctable, et surtout pas l’histoire.

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De l'histoire universelle, à l'histoire globale, à la Chronique des mondes ? Hervé Inglebert

De l'histoire universelle, à l'histoire globale, à la Chronique des mondes ? Hervé Inglebert | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
Hervé Inglebert analyse les enjeux de l’histoire à grande échelle : comment restituer la totalité des passés de l’humanité ?

Hervé Inglebert est un historien qui affectionne la longue durée, les grandes synthèses. Son dernier ouvrage, Le Monde, L’Histoire (1 240 pages) est unehistoria, une enquête au sens antique du terme. Ce livre protéiforme peut se lire comme un exposé quasi exhaustif des histoires universelles*, d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui ; ou comme une réflexion épistémologique sur la notion d’Histoire universelle ; voire un questionnement sur la raison d’être de telles fresques. Car l’auteur ambitionne d’adapter la marche de cette histoire aux nécessités de notre temps.

alozach's insight:

Dans une interview pour Science Humaines (mars 2015), extraits :

 

Un premier constat : l’Histoire universelle, comme concept, apparaît vers 1750 en Europe. Il a existé avant des récits qui se sont intéressés à la totalité du passé. Mais la plupart des cultures s’intéressent au passé comme mythologie, non pas comme histoire. Et parmi celles qui voient le passé comme histoire, rares sont celles qui envisagent une histoire universelle. Car cela suppose de prendre en compte l’histoire des autres, quand la plupart des peuples ne s’intéressent qu’à eux-mêmes.

[...]

Vers 1750, en Europe, l’idée d’une providence divine incompréhensible, ou partiellement incompréhensible, cède la place à autre chose. Pour Bossuet (1627-1704), dans sonDiscours sur l’histoire universelle, il existe des points clairs, et d’autres qui ne le sont pas. Ces points clairs, pour Bossuet, montrent que Dieu intervient dans l’histoire, que sa providence agit, mais ils n’expliquent pas tout. C’est seulement vers 1750 que l’on estime que l’on peut comprendre toute l’histoire, lui donner des lois, comme on peut comprendre la physique.

[...]

Néanmoins, nous autres historiens avons quand même intérêt à écrire des histoires universelles pour aujourd’hui. Parce que si nous ne le faisons pas, n’importe qui le fera. Comme tout point de vue idéologique et partiel a prétention à la totalité, on va pouvoir écrire des récits qui seront très problématiques. Ne serait-ce que parce que l’on écrit encore aujourd’hui des histoires universelles comme en 1900, où la quasi-totalité du contenu ne porte que sur l’histoire européenne…

L’autre option, si l’on ne veut pas faire comme en 1900, c’est de faire de l’histoire globale. C’est la seule forme sérieuse actuelle de l’Histoire universelle aujourd’hui. Avec des aspects qui sont tout à fait intéressants, et d’autres qui posent question.

Le principal problème, c’est que l’histoire globale a tendance à s’intéresser à ce qui globalise. D’où le risque de téléologie, d’une part. Mais surtout, et c’est peut-être plus gênant du point de vue de la méthode : ceux qui sont le moins connectés apparaissent beaucoup moins. La globalisation apporte de la lumière sur un certain nombre de processus, mais elle met dans l’ombre toute une série d’autres choses. Et c’est pour ça que l’histoire globale ne peut pas être une histoire totale.

[...]

L’idée, c’est qu’il faut dépasser l’étape de l’histoire globale. Et l’étape suivante serait une chronique des Mondes. On comprend bien le pluriel, car un seul point de vue ne sera pas suffisant. Par exemple, un Européen n’a pas la même perception du monde qu’un Chinois. Mais on peut estimer que vraisemblablement, nous avons des perspectives et des conceptions différentes d’un monde commun. Ce qui n’était sans doute pas vrai il y a cent ans. La globalisation actuelle fait que le monde devient de plus en plus commun, partagé. Même les gens de Daesh sont de leur temps, condamnés à être modernes.

Le terme « chronique » est important, parce que le terme « histoire » n’est pas neutre. Il suppose un récit continu et intelligible. Or il n’est pas certain qu’il y ait une histoire universelle comme processus continu.

[...]

L’histoire globale est démunie pour expliquer le temps antérieur à la connexion. L’histoire mondiale n’intègre pas la diversité des points de vue. Il faut inventer une chronique des Mondes qui rompe avec la téléologie et les visions chronocentrées, mais ce seront les réalisations concrètes qui trancheront la querelle des mots. Historiens, au travail !

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De quoi l’histoire est-elle faite ? - Sommes-nous responsables ou impuissants face aux événements ?

De quoi l’histoire est-elle faite ? - Sommes-nous responsables ou impuissants face aux événements ? | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
À propos de : Christophe Bouton, Faire l'histoire – De la Révolution française au Printemps arabe, Cerf
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Sommes-nous responsables de notre histoire, dont nous sommes les acteurs, ou impuissants face aux événements, dont nous sommes les jouets ? La question, comme le montre Christophe Bouton, n’a cessé d’être agitée. Elle explique bien des contradictions qui traversent nos sociétés contemporaines.

 

recension du livre de Christophe Bouton, Faire l’histoire – De la Révolution française au Printemps arabe, Cerf, coll. « Passages », 2013, 259 p., 20 €

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La géographie et l'histoire : l'association de deux disciplines qui s'ignorent ? - revue Echogéo

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deux textes à lire sur le métier :

 

Alexis SierraLa géographie et l’histoire : l’association de deux disciplines qui s’ignorent ? [Texte intégral]IntroductionAlexis SierraLes relations entre géographes et historiens : enseignement, didactique, épistémologie, recherche [Texte intégral]Débat entre Christian Grataloup, géographe, et Patrick Garcia, historien 
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Patrick Boucheron : “Les historiens se doivent d’être indisciplinés”

Patrick Boucheron : “Les historiens se doivent d’être indisciplinés” | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
C’est quoi, être médiéviste aujourd’hui ? Puiser dans le passé pour comprendre le présent, ou l’inverse ? Etre au cœur de la...
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extrait : 

En quoi l’histoire peut-elle être « critique » ?
Je suis bien conscient qu'il s'agit là d'un usage minoritaire de la discipline. Beaucoup d'historiens s'intéressent d'abord au passé pour échapper au présent. Mais on demande sans cesse aux historiens de nous rassurer sur nos origines, nos identités, nos valeurs, et je crois que face à cette injonction, les historiens se doivent d'être indisciplinés. Défendre des valeurs républicaines comme la laïcité ou la liberté d'expression est certes res­senti comme une urgence, mais pour les défendre effica­cement à l'école, c'est-à-dire pour se préparer à ce que certains les contestent, mieux vaut avoir été formé à la critique de ces valeurs.

Comprendre, par exemple, que l'héritage des Lumières est une collection de problèmes davantage que de certitudes, que la liberté de la presse s'est d'emblée pensée au XVIIIe siècle dans une tension avec la nécessité de protéger l'espace public contre la calomnie. Critiquer, ce n'est pas tout détruire. C'est mettre à jour l'histoire de nos socles de croyance, rappeler que ces croyances sont des constructions sociales, et que celles-ci sont toujours complexes et contradictoires. Cela n'empêche pas, ensuite, de les défendre, bien au contraire.

Commémorations de 14-18, du débarquement de juin 1944, bientôt de la mort de Louis XIV. Trop d’histoire tue-t-il l’histoire ?
La critique de la fièvre commémorative, conduite depuis les années 80, alerte sur un double danger : considérer que l'histoire n'est qu'un simple rappel des événements du passé et, en même temps, un réservoir commode pour justifier certaines positions que l'on prend sur l'actualité. En specta­cularisant la Révolution française, les manifestations du bicentenaire lui ont enlevé son contenu idéologique qui fait toujours débat, même si, par ailleurs, elles furent aussi dynamiques et inventives. On pourrait dire de même du centenaire de la Première Guerre mondiale. Quoi qu'il en soit, les historiens doivent occuper ­l'espace des commémorations, même s'ils sont parfois ­insatisfaits de leur contenu. Pour être au plus près de la ­société, ils doivent faire entendre leur voix.

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Les enjeux renouvelés d’un problème fondamental: la périodisation en histoire

Les enjeux renouvelés d’un problème fondamental: la périodisation en histoire | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it

Avant-propos de la revue n°17 de la revue Atala, des professeurs d'histoire-géographie du lycée Châteaubriand à Rennes

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Résumé de l'article de Stéphane Gibert.

 

L’acte de périodisation est au cœur du travail de l’historien. Il est le fruit de son savoir-faire. Outil d’interprétation, il constitue en conséquence une étape souvent incontournable de son activité, que
ce soit au stade de la recherche ou de la transmission, scolaire ou éditoriale. Toutefois, parce que la périodisation est une construction par nature simplificatrice, elle a été, en toutes ses dimensions,
l’objet de nombreuses critiques. Celles-ci ont favorisé une meilleure prise en compte de la genèse des constructions, de la pluralité des processus, de la diversité des rythmes, de la complexité des regards. Cette mise à distance critique de la périodisation a contribué à la relecture des périodes héritées. Elle a aussi conduit à repenser les passages d’une période à une autre. Enfin, elle a accompagné
la création de nouveaux découpages. Ces nouvelles approches ont ainsi assuré à l’opération de périodisation une actualité permanente.

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Jacques Le Goff : Faut-il découper « l’histoire en tranches » ? | Mediapart

Jacques Le Goff : Faut-il découper « l’histoire en tranches » ? | Mediapart | Enseigner l'Histoire-Géographie | Scoop.it
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Extraits de l'interview de l'historien à propos de la parution de son nouveau livre

 

Oui, il faut découper l’histoire en tranches, mais ce travail de découpage n’est pas évident et doit être repensé. Depuis maintenant près d’un demi-siècle, à la suite notamment de l’historien Fernand Braudel, on sait qu’il faut étudier et expliquer l’histoire dans la longue durée, ce qui semble aller contre l’habitude de la découper en tranches. Un problème majeur de la périodisation historique est de mettre l’accent sur les ruptures, davantage que sur les continuités, alors que les premières sont, en fin de compte, rares.

Cette recherche de la longue durée n’est pourtant pas incompatible avec la nécessité de distinguer des périodes dans l’évolution de l’histoire. L’histoire se situe dans le temps. Le temps est même la matière de l’histoire. Le problème, pour l’historien, est de combiner cet intérêt pour la longue durée avec la reconnaissance d’un certain nombre de mutations qui aboutissent à de nouveaux visages de l’histoire. L’histoire aujourd’hui n’a pas le même visage que l’histoire de l’Antiquité.

Le développement d’une histoire connectée, mondialisée, soucieuse d’un récit historique à parts égales entre l’Europe et le reste du monde, brouille la périodisation de l’histoire issue d’un récit occidental. Faut-il alors en abandonner les grandes scansions pour ne pas reproduire le« vol de l’histoire » dénoncé par l’anthropologue Jack Goody ? L’opposition canonique entre antiquité et modernité a-t-elle, par exemple, un sens cohérent pour l’ensemble de la planète ?

Il est toujours nécessaire de combiner le temps avec l’espace. Même s’il n’y a plus de blancs sur les cartes du monde, il existe encore des types différents de civilisation, qui échangent et interagissent, mais ne se confondent pas. Du fait de la mondialisation des cultures et du décentrement de l’Occident, le principe de la périodisation en histoire est aujourd’hui mis en cause. La périodisation demeure cependant un instrument nécessaire à l’historien, mais elle doit être employée avec plus de souplesse qu’elle ne l’a été depuis qu’on a commencé à périodiser l’histoire, à une époque où l’Occident dominait le monde.

Quant aux notions d’antiquité et de modernité, elles ont joué un grand rôle dans l’histoire, mais sont complexes. « Moderne » a longtemps signifié simplement « récent », entendu comme une question de fait, et non de valeur, alors que désormais la modernisation est devenue quasiment synonyme de progrès. Quant à l’idée d’une Antiquité constituant une période à part de l’histoire, elle ne s’est imposée que tardivement en Europe, à partir du XVIe siècle.

De toute façon, l’idée de périodiser l’histoire est corollaire de la transformation de ce qui était avant tout un récit littéraire en matière que l’on enseigne et que l’on transmet, à travers l’école et les Universités, qui ne se développent en Europe qu’à partir de la fin du XIIe siècle.

 

La principale périodisation que vous cherchez à redéfinir est celle qui oppose le Moyen Âge et la Renaissance, comme si le Moyen Âge n’était qu’une parenthèse reliant l’Antiquité à la modernité. Faut-il alors supprimer le terme même de Renaissance ?

Pétrarque

La notion même de Moyen Âge a été inventée au XIVe siècle, par Pétrarque. Le Moyen Âge a connu plusieurs renaissances : la renaissance carolingienne, celle du XIIesiècle... Je considère que ce qu’on appelle habituellement la Renaissance, avec une majuscule, n’est en réalité que l’une de ces renaissances à l’intérieur d’un long Moyen Âge, qui ne se termine pas, comme on le croit traditionnellement, au XVesiècle, mais plutôt à un moment que je situe vers le milieu du XVIIIe siècle, où se situe un véritable changement de période.

Dans le domaine économique, c’est au milieu XVIIIe siècle, et pas avant, que se produit le changement profond qu’est la fin d’une économie essentiellement rurale, scandée par des famines qui se terminent alors partout en Europe si on met à part la Russie, et le développement de l'industrie avec l’invention de la machine à vapeur.

D’un point de vue intellectuel, l’Europe a été longtemps dominée par la religion chrétienne et je ne pense pas qu’il faille accorder une aussi grande importance que certains le font à la Réforme du XVIe siècle. L’apparition des protestants ne constitue pas le passage d’une période à une autre. Le christianisme reste présent, même s’il l’est désormais sous deux formes. Au contraire, au milieu du XVIIIe siècle, la lente laïcisation des sociétés éclate avec la parution en 1753 de l’Encyclopédie.

Enfin, dans le domaine politique et social, la Révolution française met fin à un monde politique dominé par la monarchie et initie des progrès démocratiques, plus ou moins lents selon les régions. Si on considère la genèse de l’État moderne, c’est là que se situe la rupture, et non pas entre le Moyen Âge et la Renaissance, puisqu’il existe un long développement sans rupture fondamentale du VIIe au milieu du XVIIe siècle.

Mais je ne pense pas qu’il faille supprimer le mot de renaissance, parce qu’elle porte une référence importante à l’Antiquité en termes de valeur. L’Antiquité ne représente pas seulement le passé, mais la formation de dimensions qui, plus tard, conquerront le monde : République, Démocratie, École, Philosophie…

 

(à lire en intégralité sur médiapart)

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