Chronologie des événements en Egypte depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011.

2011

25 janvier - Inspirée par le soulèvement en Tunisie contre le régime de Zine ben Ali, la contestation contre Hosni Moubarak est lancée en Egypte par des milliers de manifestants participant à un "Jour de colère" contre la pauvreté et la répression.

11 février - Moubarak démissionne. Le pouvoir est confié au Conseil suprême des forces armées (CSFA).

12 février - Le CSFA, dirigé par le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, s'engage à rendre le pouvoir à un gouvernement civil issu d'élections et à respecter tous les traités internationaux, dont le traité de paix de 1979 avec Israël.

En novembre, islamistes et libéraux se mobilisent pour dénoncer une proposition de dispositions constitutionnelles qui mettraient l'armée à l'abri de tout contrôle civil. La situation dégénère. En quatre jours, le bilan est de 36 morts et plus de 1.250 blessés.

Le 22 novembre, le maréchal Tantaoui annonce une accélération du processus de transfert du pouvoir aux civils: l'élection présidentielle aura lieu en juin 2012.

 

2012

23 janvier - Session inaugurale du parlement issu des élections législatives libres remportées fin 2011/début 2012 par les islamistes du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), émanation des Frères musulmans.

16-17 juin - Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, est élu au second tour de la présidentielle avec 51,7% des voix.

 

Le 30 juin, il prête serment et devient le premier président démocratiquement élu de l'histoire du pays, refermant les dix-sept mois de transition dirigée par l'armée.

22 novembre - Morsi s'attribue par décret des pouvoirs étendus, suscitant des tensions dans la société civile.

26 décembre - Il ratifie la nouvelle Constitution approuvée par référendum les 15 et 22 décembre au terme d'une campagne électorale qui a polarisé l'Egypte, en raison de l'opposition du camp laïque au texte, jugé trop influencé par les idées islamistes.

 

2013

27 janvier - Le président rétablit l'état d'urgence à Port-Saïd, Suez et Ismaïlia à la suite de manifestations contre le pouvoir islamiste qui dégénèrent en émeutes. On compte plusieurs dizaines de morts. Ces manifestations trouvent leur origine dans la condamnation à mort de 21 accusés dans la bousculade meurtrière de février 2012 qui a fait au moins 74 morts dans le stade de football de Port-Saïd.

30 juin - Des millions d'Egyptiens répondent à l'appel du mouvement Tamarod (Rébellion) et descendent dans les rues du Caire, d'Alexandrie et d'autres villes pour réclamer le départ de Morsi, jugé incapable de gérer le pays et de faire face à la crise économique.

3 juillet - L'armée, menée par le général Abdel Fattah al Sissi, destitue le président et suspend à titre temporaire la Constitution. Morsi est arrêté.

14 août - Les forces de sécurité interviennent pour vider les campements des partisans de Morsi au Caire. Des violences éclatent à travers le pays.

Dans les mois qui suivent, plus de 1.500 Égyptiens trouvent la mort dans des violences politiques, dont quelque 1.300 manifestants pro-Morsi tués par les forces de l'ordre, selon les chiffres des organisations des droits de l'homme.

4 novembre - Le procès pour incitation au meurtre et à la torture de Mohamed Morsi s'ouvre au Caire. L'ancien président fait l'objet de trois autres procédures judiciaires pour les violences qui ont accompagné son évasion de prison début 2011 avec plusieurs dizaines d'autres détenus, pour "complot terroriste" avec l'aide de l'étranger et pour outrages à magistrats.

 

2014

14-15 janvier - La nouvelle Constitution est approuvée par référendum à plus de 98%. La participation ressort à 39%.

25 janvier - Le troisième anniversaire du soulèvement contre Moubarak est marqué par de nouvelles violences qui font une cinquantaine de morts.

27 janvier - Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) approuve une candidature de Sissi à la présidence.

6 février - Sissi officialise sa candidature dans une interview accordée à un quotidien koweïtien. Il explique n'avoir "pas d'autre choix" que celui de répondre à l'appel du peuple égyptien. (voir ) (Rédaction du Caire; Julien Dury, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français)