3 février 1946 – 3 février 201 Anniversaire du décès Victor Loret : un égyptologue haut de gamme, musicologue, philologue, lexicologue… et botaniste. | Égypt-actus | Scoop.it

Victor Loret naît le 1er septembre 1859, à Paris, dans une famille de musiciens - des organistes d'origine belge - de grande renommée. Son avenir s'annonce "musical" ; au conservatoire, il suit des cours avec Debussy.

Deux histoires magnifiques - véridiques ou non - vont changer le cours de sa vie. Sa mère lui aurait un jour apporté des brioches enveloppées dans un papier recouvert de hiéroglyphes. Sa curiosité d'enfant se porte alors vers l'Égypte, stimulée par une visite au Louvre. Stimulée de la plus belle façon qui soit car, par un hasard providentiel, il y rencontre Gaston Maspero qui explique et commente à ses élèves les collections d'antiquités égyptiennes. 
Il deviendra lui aussi son élève à l'École pratique des hautes études de Paris. Il apprend le copte, l'arabe, l'allemand, l'italien, l'espagnol, le latin, le grec. Il s'intéresse aux sciences, à l'histoire, à la géographie, et ses domaines de prédilection sont : l'égyptologie, la botanique, la faune, la flore, la minéralogie, la religion, la littérature et, bien sûr, toujours la musique.

De 1881 à 1885, il est membre de la Mission archéologique française au Caire. Avec Eugène Lefébure, il relève les inscriptions de tombeaux dans la nécropole thébaine. Il participe également aux fouilles de Jacques de Morgan à Daschour.

En 1886, il revient en France et rejoint l'université de Lyon où une section d'archéologie égyptienne a été créée pour lui. Il y enseigne pendant 10 ans. 
En 1897, au décès de Jacques de Morgan, il est appelé en Égypte afin de lui succéder à la direction du Service des antiquités. Il y reste deux ans… deux belles et pleines années. Il fonde les "Annales du service des antiquités de l'Égypte". Il fouille à Saqqarah, puis à la Vallée des Rois où il fait des découvertes magnifiques : la tombe de Maherprâ, celle de Thoutmosis III et celle d’Aménophis II. Cette dernière, recèle une "cachette" contenant 17 momies royales mises à l'abri des violeurs de sépultures. Elle sera dénommée la "seconde cachette" (la première étant celle de la DB320).

Pour des raisons - semble-t-il relationnelles -, son mandat à la direction des antiquités n'est pas renouvelé. En 1899, il revient en France où il reprend son poste à l'université de Lyon. Pendant 30 ans il y enseigne l'égyptologie, l'histoire, la langue et l'épigraphie hiéroglyphiques, l'archéologie, l'histoire de l'art de l'Égypte pharaonique. 
Dans son cabinet de travail, il poursuit des recherches. Il produit la première flore pharaonique, étudie les onguents et les parfums. "Son article '’Le Kyphi, parfum sacré des anciens Égyptiens', ou l’opuscule 'La Résine de térébinthe (sonter) chez les anciens Égyptiens' demeurent des modèles pour ses successeurs."

Philologue, il est prolifique en études ("Les Valeurs phonétiques des signes hiéroglyphiques d’époque gréco-romaine”, "Manuel de la langue égyptienne").
Et comme il est resté un musicien de cœur (Camille Saint-Saens est son ami fidèle), il se consacre aussi à des études poussées sur les instruments de musique. Il redonne même vie à certains comme les flûtes et les cymbales de l'Égypte antique. 

Atteint d'une pneumonie, il décède le 3 février 1946 à Lyon. Il lègue une partie de ses collections à l'un de ses élèves, Alexandre Varille, qui lui-même trouve la mort peu de temps après. En 2000, ses héritiers les vendent à Ars Libris, une maison d'édition américaine, qui les revendra en 2002 à l'université de Milan. L'autre partie du "fonds" Loret est versée à la bibliothèque de l'Université de Lyon. La valorisation de ces riches ouvrages est réalisée conjointement entre chercheurs, bibliothécaires et membres de la Maison de l'Orient et de la Méditerranée.
Marie Grillot

Pour en savoir plus
http://www.inha.fr/spip.php?article2422

 

 
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1946_num_90_1_77946