Jacques Sapir: "Chypre est condamnée à un appauvrissement considérable" | Econopoli | Scoop.it

Le simple fait qu’un pays ne représentant que 0,2% du PIB de cette zone puisse poser un tel problème est bien le symptôme d’une situation extrêmement détériorée. Le Président François Hollande se mordra les doigts pour avoir affirmé, avec un rare aplomb et une rare impudence que « la crise de l’euro est derrière nous ». C’est en réalité tout le contraire. Déjà, la Slovénie va frapper à la porte, connaissant elle aussi une crise importante de son système bancaire. Alors que la situation économique continue de se dégrader en Espagne, où le chômage s’apprête à dépasser les 27% de la population active et la dette publique à atteindre les 100% du PIB, alors que l’Italie va connaître dans les semaines qui viennent une crise grave liée à l’impact de la contraction du crédit sur les PME-PMI, l’heure n’est plus aux rodomontades. Or, la méthode employée sur Chypre contient tous les ingrédients nécessaires pour paniquer les déposants espagnols et italiens. Un processus de contagion à ces deux pays signifierait l’explosion à court terme de la zone Euro. La meilleure solution reste encore, tant qu’il en est temps, de procéder de manière coordonnée à la dissolution de la monnaie unique afin de préserver des mécanismes de coordination entre les monnaies nationales retrouvées, par exemple dans le cadre d’une système de monnaie commune.