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Retraites complémentaires : ce que prévoit le projet d'accord

Retraites complémentaires : ce que prévoit le projet d'accord | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Incitation à travailler plus longtemps via un système de bonus-malus, moindre revalorisation des retraites, fusion des régimes Agirc-Arrco... : voici les principales mesures destinées à renflouer les caisses de retraite complémentaire. Ce projet d'accord, qui doit être finalisé vendredi entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC) vise 6,1 milliards d'économies à l'horizon 2020, ce qui limiterait le déficit des régimes à 2,3 milliards d'euros à cette date.
À partir de 2016 :

- Moindre revalorisation des pensions pendant trois ans (1 point de moins que l'inflation), avec une « clause plancher » pour empêcher une diminution. La mesure devrait rapporter 2,1 milliards d'euros à l'horizon 2020.
- Date de revalorisation des pensions décalée au 1er novembre (au lieu d'avril) : 1,3 milliard.
- Augmentation du prix d'achat du point pendant trois ans, de manière à diminuer le rendement des régimes pour le futur retraité. Le montant de la retraite complémentaire dépend du nombre de points Arrco (cadres) et Agirc (tous salariés du privé) accumulés. Alors que pour 100 euros, le salarié achète actuellement 6,56 points, il n'obtiendra plus que 6 points dans 3 ans. Économies escomptées : 100 millions.
- Ouverture avant le 1er janvier 2018 d'une négociation nationale interprofessionnelle pour définir la notion d'encadrement.
- Afin de « favoriser l'emploi des seniors », sera examinée lors de la prochaine négociation sur l'assurance chômage une contribution des employeurs aux régimes complémentaires de retraite en cas de rupture du contrat de travail donnant lieu à indemnité.
À partir de 2019 :

- Mise en place (dès 2019 pour la génération 1957) d'un bonus-malus pour inciter les salariés à travailler un an de plus une fois qu'ils ont rempli les conditions nécessaires pour partir avec une retraite à taux plein (âge légal et durée de cotisation). Un salarié disposant de toutes ses annuités et qui prendrait sa retraite à 62 ans verrait sa retraite complémentaire amputée de 10 % par an pendant deux ans, voire trois ans, avant d'obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. En revanche, s'il travaillait jusqu'à 63 ans, ce malus temporaire serait annulé. Il bénéficierait pendant un an d'un bonus de 10 % s'il restait deux ans de plus en activité, bonus qui grimperait à 20 % pour trois ans de plus et 30 % pour quatre ans de plus.
Les personnes pouvant partir dès 60 ans (carrières longues) et celles devant travailler au-delà de 62 ans pour avoir toutes leurs annuités seront également concernées par ce système, qui s'applique au maximum jusqu'à 67 ans. Les nouveaux retraités exonérés de CSG seront dispensés, ceux qui sont soumis à son taux réduit pourront subir des décotes de 5 % pendant trois ans. Des dérogations sont également prévues pour les salariés handicapés (50 % d'incapacité) et les aidants familiaux. Ce dispositif doit rapporter 500 millions d'euros en 2020.
- Création d'un nouveau régime réunissant l'Agirc et l'Arrco
- Augmentation des cotisations patronales via une augmentation de deux points du « taux d'appel », passant de 125 à 127 %. Économies attendues : 800 millions d'euros. Les cotisations aux régimes complémentaires sont calculées via deux taux, le « taux contractuel » et le « taux d'appel ». Le premier ouvre des droits : plus on cotise, plus on engrange de points, plus la retraite sera élevée. Le « taux d'appel » n'ouvre en revanche pas de droits : même si on cotise plus, la pension ne sera pas plus élevée, ce qui permet de remplir les caisses des régimes.
- Nouvelle répartition des cotisations à l'Agirc à hauteur de 60 % à la charge de l'employeur et de 40 % à la charge des salariés (contre respectivement 62 et 38 % actuellement), comme c'est le cas à l'Arrco.
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Loi Macron, loi Rebsamen: où sont les décrets?

Loi Macron, loi Rebsamen: où sont les décrets? | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Certaines mesures phares des lois "Croissance et activité" et "dialogue social" ne peuvent être mis en oeuvre, faute de décrets d'application. Ce 29 octobre, le ministre de l'Économie a assuré que ce serait fait dans les mois à venir. Précisions.

Embouteillage au sommet de l'Etat. La croissance et activité (dite loi Macron) et celle sur le dialogue social ont toutes deux été promulguées (le 6 août pour la première, le 17 août pour la seconde) mais elles ne sont pas encore intégralement en vigueur, faute de décrets publiés. Si tous les articles de lois ne nécessitent pas forcément un décret - certains sont applicables immédiatement - cette étape est souvent nécessaire. Et les chiffres ne sont guère positifs puisque pour la seule loi croissance, seulement six décrets sur 85 ont été publiés. Lors d'un point d'étape avec les parlementaires organisé jeudi 29 octobre, le ministre de l'Économie a assuré qu'"avant fin janvier 2016, 80% des décrets [seraient] pris". 

Le gouvernement promet d'accélérer la mise en oeuvre afin de ne pas laisser en suspens des mesures présentées comme importantes lors des votes au Parlement. On fait le point. 

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Loi Macron
1. Prud'hommes  

Pour l'instant, seule la réorganisation du fonctionnement des prud'hommes est en vigueur. 


A noter: le plafonnement des indemnités, censuré par le Conseil constitutionnel, devrait revenir dans un prochain texte de loi. 

Mesure : la mise en place d'un référentiel indicatif pour le versement des indemnités prud'homales.  

Date de publication du décret: mars 2016 

2. Information des salariés souhaitant reprendre leur entreprise 

Le dispositif d'information des salariés sur les possibilités de reprise d'une société présent encadré par la loi Hamon est fortement remanié dans la loi Macron (article 204). 

Mesure attendue : les nouveaux contours de l'information-cession.  

Date de publication (éventuelle) du décret : décembre 2015 

3. Prêt inter-entreprises 

Mesure attendue : la possibilité de prêts de moins de deux ans entre des sociétés anonymes (SA) ou par des sociétés à responsabilité limitée (SARL) à des microentreprises, des petites et moyennes entreprises ou à des entreprises de taille intermédiaire avec lesquelles elles entretiennent des liens économiques. 

Date de publication du décret : novembre 2015 

4. Simplification du recouvrement des petites créances 

Mesure attendue : les retards de paiement de faible montant (2 000 euros maximum) pourront être récupérées via une procédure simplifiée, par huissier de justice. 

Date de publication du décret : décembre 2015 

5. Tribunaux de commerce  

Mesure attendue : des tribunaux de commerce spécialisés devraient traiter des affaires concernant les entreprises de plus de 250 salariés. La liste et le ressort de ces tribunaux de commerce spécialisés figurera dans le décret. 

Date de publication du décret : décembre 2015 

Loi sur le dialogue social
La loi du 17 août 2015 sur le dialogue social concerne les entreprises au premier chef. Le texte étend les prérogatives de la DUP ou créée des commissions paritaires régionales dans les TPE. Là aussi, tous les décrets n'ont pas été publiés, loin s'en faut.  

1. Extension de la DUP dans les entreprises de moins de 300 salariés  

Mesures : Fixation du nombre de représentants dans la DUP. Fixation des conditions et du nombre d'heures de délégation.  

Date de publication du décret: novembre 2015 

2. Pénibilité 

Les décrets complétant la mise en place du dispositif compte pénibilité sont attendus dans le cadre de la loi sur le dialogue social.  

Mesures : déclaration par l'employeur de l'exposition à la pénibilité des travailleurs entrant dans le champ du compte pénibilité. Détermination des facteurs de risque professionnel et des seuils. 

Date de publication du décret: novembre 2015 

3. CPRI dans les TPE 

C'est une des nouveautés de ce texte. Des commissions régionales paritaires vont être créées dans les TPE de moins de onze salariés. 

Mesure : Mise en place des commissions paritaires régionales interprofessionnelles pour les salariés et les employeurs des entreprises de moins de onze salariés. 

Date de publication du décret : mars 2016  

4. Reconnaissance du burn out 

Les maladies psychiques comme le burn-out pourront être reconnues comme d'origine professionnelle, (sans que cela soit systématique).  

Mesure : Modalités spécifiques de traitement des dossiers relatifs aux pathologies psychiques qui peuvent être reconnues comme maladies d'origine professionnelle. 

Date de publication du décret : février 2016  

 
+ Plus d'actualité sur : Loi Macron: ce qui change

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USA : la croissance ralentit au 3e trimestre

USA : la croissance ralentit au 3e trimestre | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
De juillet à septembre, l'économie des États-Unis a progressé de façon modeste à 1,5 % en rythme annualisé, conformément aux attentes des analystes.
SOURCE AFP
Publié le 29/10/2015 à 18:27 | Le Point.fr
Tout en laissant les taux proches de zéro, la Fed n'a pas exclu de resserrer le crédit dès le mois de décembre, estimant que l'activité économique continuait de croître à un rythme "modéré", soutenue par une croissance "solide" des dépenses de consommateurs. © AFP PHOTO/ SPENCER PLATT
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La croissance économique des États-Unis a marqué le pas au 3e trimestre, alourdie par l'accumulation des stocks mais soutenue par l'appétit des consommateurs, confirmant le diagnostic de la banque centrale qui n'exclut pas une hausse des taux en décembre.
De juillet à septembre, l'économie des États-Unis a progressé de façon modeste à 1,5 % en rythme annualisé, conformément aux attentes des analystes, selon la première estimation du ministère du Commerce publiée vendredi. Cela représente une nette décélération par rapport aux + 3,9 % enregistrés au 2e trimestre, qui représentaient un rebond après l'hiver long et rigoureux (+ 0,6 % au 1er trimestre).
Les consommateurs comme moteur

L'expansion modérée a été tirée par les dépenses des consommateurs, les investissements résidentiels et les dépenses publiques. Les stocks accumulés au cours des trimestres précédents ont en revanche fortement pesé sur la croissance du PIB, les entreprises ayant enfin puisé dans ces stocks au détriment de la production. Cet impact des stocks a grevé la croissance de 1,4 point de pourcentage.
Les consommateurs, moteur traditionnel de l'économie américaine, ont poursuivi leur rythme soutenu de dépenses (+ 3,2 % après + 3,6 % au trimestre précédent). "Il n'y a rien dans ce rapport qui fasse regretter à la Réserve fédérale (Fed) son ton un peu plus faucon à l'issue de la réunion du Comité monétaire" de mercredi, a commenté Jim O'Sullivan, économiste en chef pour High Frequency Economics (HFE).
"Frein budgétaire allégé"

Tout en laissant les taux proches de zéro, la Fed n'a pas exclu de resserrer le crédit dès le mois de décembre, estimant que l'activité économique continuait de croître à un rythme "modéré", soutenu par une croissance "solide" des dépenses de consommateurs. "Le produit intérieur brut a progressé à un rythme plus lent qu'au 2e trimestre, mais l'essentiel de cette différence s'explique par le fort déclin des investissements dans les stocks, qui sont un des composants les plus volatils de la production économique", a affirmé la Maison-Blanche dans un communiqué.
Elle s'est aussi félicitée du fait que "le frein budgétaire qui a pesé sur la croissance de 2011 à 2013 se soit allégé, le récent accord budgétaire (avec le Congrès) ajoutant un point positif à cette tendance".
Influence des prochains rapports sur l'emploi

 
Hormis l'impact des stocks, ces chiffres sur la croissance "sont vraiment bons", a jugé l'économiste indépendant Joel Naroff, soulignant la solide progression du marché immobilier durant l'été (+ 6,1 %) et, malgré le dollar fort, la relative bonne tenue du commerce extérieur. "Il faudra que la Fed voie un raffermissement du marché de l'emploi et des indications que les prix hors énergie sont en augmentation pour qu'elle décide de relever les taux en décembre", estime cet expert.
Même son de cloche chez Capital Economics, où Paul Ashworth assure que "les deux prochains rapports sur l'emploi et sur l'inflation auront une grande influence sur le choix de la Fed d'augmenter les taux d'intérêt en décembre ou d'attendre le début de l'année prochaine". La décision "reste serrée", affirme cet économiste pour qui la Fed devrait néanmoins "finir par repousser la hausse à 2016".
Le ralentissement va-t-il s'intensifier ?

Pour Chris Low, de FTN Financial, "les chances d'un relèvement des taux en décembre sont à 50-50". La dernière réunion de l'année du Comité monétaire de la banque centrale se tiendra les 15 et 16 décembre. Ce sera aussi le 7e anniversaire de la politique monétaire à taux zéro, adoptée pour sortir de la crise financière de fin 2008 et soutenir la reprise.
Le ministère du Travail publie le 6 novembre les chiffres de l'emploi pour octobre, très attendus après les créations d'emploi décevantes de septembre (142 000). Même s'il est beaucoup plus faible que les mois précédents, ce rythme peut néanmoins suffire pour continuer à faire baisser le taux de chômage situé à 5,1 % actuellement.
"La grande question est de savoir si le ralentissement va s'intensifier d'ici la fin de l'année", se demande Chris Williamson, de Markit, alors que certains soupçonnent qu'en puisant dans leurs stocks les entreprises sont en train d'anticiper un ralentissement de la demande des consommateurs. Sur l'ensemble de l'année, la Fed prévoit une croissance de 2,1 % pour la première économie mondiale, après 2,4 % en 2014.
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Politique - Les entreprises de la nouvelle économie s'unissent sous la bannière du Mene - Environnement Magazine

Politique - Les entreprises de la nouvelle économie s'unissent sous la bannière du Mene - Environnement Magazine | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Le Mouvement des entreprises de la nouvelle économie ou Mene a été officiellement lancé le 23 octobre à Paris.
« C'est le fruit de la réflexion collaborative que nous avons eu pour préparer le rapport, remis à Ségolène Royal en juin dernier, sur l'économie du nouveau monde », raconte Corinne Lepage. L'ancienne ministre de l'Environnement est à l'initiative de ce projet qui veut faire converger transition énergétique, numérique, santé-environnement, économie collaborative, circulaire, du partage, de la fonctionnalité… Parmi ses membres, le Mene réunit déjà des regroupements professionnels comme la fédération du recyclage Federec et l'Institut de l'économie circulaire. Mais aussi des sociétés comme Roquette (chimie verte) et Blablacar (autopartage). Au total, directement ou par l'intermédiaire de leurs fédérations, 5000 entreprises seraient concernées. Leur point commun ? Ces acteurs veulent construire « une économie libérée des énergies fossiles et fissiles, connectée, relocalisée et au service de l'humain », présentent les statuts du mouvement.
Dans un premier temps, il va falloir structurer le mouvement. « On ne sortira pas de la crise économique comme on y est entré », professe Jean-Philippe Carpentier, le président de Federec. « Il faut donc réinventer l'économie et, pour cela, rassembler et stimuler les énergies. »
Relancer la fiscalité écologique
Des déclinaisons régionales sont en cours de création : Pays-de-Loire, Normandie, Nord Picardie, Bourgogne Franche-Comté, Rhône-Alpes et Provence. « J'espère que le Languedoc-Roussillon va bientôt suivre », ajoute Corinne Lepage. « Puis la Bretagne. » L'avocate partage avec Myriam Maestroni, fondatrice de la société Économie d'énergie, la présidence du Mene. Un mouvement dont la feuille de route reste à préciser. Dans l'immédiat, l'objectif sera de faciliter les échanges entre ses membres. Mais très vite, il va falloir monter en puissance. « J'attends du Mene qu'il soit le bras armé politique de la nouvelle économie », témoigne Jacques Huybrechts, porte-parole du réseau Entrepreneurs d'avenir.
Pour peser dans le débat, le Mene va donc chercher à identifier les problématiques transversales à toutes ces entreprises. « Un point nous semble fondamental : nous allons travailler sur les règles du jeu à modifier pour permettre un changement d'échelle des nouveaux modèles économiques », pointe Victor Ferreira, trésorier du Mene. À écouter les premiers échanges, un premier sujet devrait vite faire l'unanimité parmi les membres : relancer le débat sur la fiscalité écologique.
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Comment la troisième révolution industrielle va créer une économie verte

Comment la troisième révolution industrielle va créer une économie verte | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Cet essai est le premier d'une série de quatre sur le thème de la troisième révolution industrielle.

ENVIRONNEMENT - L'économie mondiale tourne au ralenti, le déclin de la productivité est général et le taux de chômage refuse de baisser dans tous les pays. Dans le même temps, les inégalités entre les riches et les pauvres n'ont jamais été aussi marquées dans l'histoire de l'humanité. En 2010, le poids des 388 plus grosses fortunes égalait celui des richesses cumulées de la moitié de la population mondiale. En 2014, 50% des richesses de la planète étaient détenues par 80 personnes.

À cette réalité économique désespérée s'ajoute l'accélération du changement climatique, provoqué par l'émission croissante des gaz à effets de serre. Les climatologues indiquent que la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone, qui avait augmenté de 180 à 300 parties par million (ppm) au cours des 650.000 dernières années, est passée de 280 ppm à la veille de l'ère industrielle à 400 en 2013. La concentration atmosphérique en méthane et en oxyde d'azote, les deux autres principaux gaz à effet de serre, présente les mêmes caractéristiques de croissance.

Lors du sommet de Copenhague sur le changement climatique, en décembre 2009, l'Union européenne a proposé que l'ensemble des pays limitent la hausse de la température à 2°C. Une hausse de 3,5°C nous ramènerait à la température qui régnait sur Terre au Pliocène, il y a plusieurs millions d'années, ce qui aurait des conséquences dévastatrices sur l'écosystème et l'humanité.

La proposition de l'Union européenne est restée lettre morte. Six ans plus tard, l'utilisation à outrance des combustibles à base de carbone a rejeté dans l'atmosphère bien plus de dioxyde que les précédents modèles le laissaient supposer. La hausse probable de la température n'est désormais plus de 2°C, mais de 4,8°C d'ici à 2100. Des températures que l'on n'avait pas observées depuis des millions d'années (n'oublions pas que l'homme moderne - au sens anatomique du terme - est apparu il y a environ 195 000 ans.)



Ce qui rend ces pics de température si effrayants, c'est qu'une telle hausse modifiera radicalement le cycle hydrologique de la planète. En raison des vastes quantités d'eau présentes sur Terre, les écosystèmes ont évolué au fil du temps avec les cycles de précipitations. Chaque augmentation de 1°C de la température équivaut à une hausse de 7% de la capacité de rétention d'humidité de l'atmosphère. La façon dont l'eau retombe sous forme de pluie s'en trouve radicalement modifiée, avec des précipitations plus intenses, mais moins durables et moins fréquentes. Les conséquences s'en font déjà sentir sur les écosystèmes à travers le monde, avec des hivers plus rigoureux, des crues et des tempêtes printanières plus spectaculaires, des sécheresses estivales prolongées, des feux de forêts plus fréquents, des ouragans plus violents (de catégorie 3, 4 et 5), une fonte de la calotte glaciaire, et la montée du niveau des océans.

Les écosystèmes terrestres, qui ne peuvent s'adapter aussi rapidement à un tel changement dans le cycle de l'eau, sont soumis à un stress croissant et certains sont sur le point de s'effondrer. La déstabilisation de ces écosystèmes a amené la biosphère au bord de la sixième extinction de masse en 450 millions d'années. Lors de chacune des cinq extinctions précédentes, le climat a atteint un point de non-retour, entraînant les écosystèmes dans un cercle vicieux qui a conduit à une destruction rapide de la biodiversité. Il a fallu en moyenne dix millions d'années pour récupérer la biodiversité perdue. Les biologistes estiment que la moitié des espèces terrestres pourraient disparaître d'ici la fin du siècle actuel. Il en résulterait une nouvelle ère stérile qui pourrait durer des millions d'années. James Hansen, ex-directeur du Goddard Institute for Space Studies de la NASA, prévoit une hausse de température de 4°C d'ici à la fin du siècle - et, par conséquent, la fin de la civilisation telle que nous la connaissons. Selon lui, le seul espoir réside dans la réduction de la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, de 400 à 350 ppm au moins.


Les survivants du typhon hawaiien construisent un camp sur les ruines de leur quartier à la périphérie de Tacloban, aux Philippines. (AP/David Guttenfelder)
Le paradigme économique qui est en train d'émerger va modifier de façon spectaculaire la façon dont la vie économique s'organise sur Terre. L'Union européenne emprunte un chemin audacieux - intitulé Europe numérique - pour créer une économie numérique high-tech, intelligente et écologique, qui pourrait faire de ce continent l'espace commercial le plus productif et la société écologique la plus durable de la planète au XXIe siècle. La Chine et de nombreux pays en voie de développement ont aujourd'hui adopté cette vision européenne d'une économie écologique et numérique.

La numérisation de l'Europe va bien au-delà de le haut débit pour tous, le wifi gratuit et l'échange de mégadonnées. L'économie numérique va révolutionner tous les secteurs du commerce, perturber le fonctionnement de la quais totalité des industries, mais aussi engendrer des opportunités économiques sans précédent, remettre des millions de personnes au travail, démocratiser la vie économique et créer une société plus durable dont la faible émission de carbone permettra d'atténuer le changement climatique. Tout aussi important, cette nouvelle aventure économique s'accompagne d'une nouvelle prise de conscience de la biosphère, au moment où l'espèce humaine se met à percevoir la Terre comme une communauté indivisible. Chacun d'entre nous commence à se responsabiliser en tant que gardien des écosystèmes planétaires qui assurent la survie de l'humanité.

Pour bien saisir l'énormité du changement économique qui se met en place, il faut comprendre les forces technologiques qui ont donné naissance aux nouveaux systèmes économiques à travers l'Histoire. Un grand paradigme économique a besoin de trois éléments, dont chacun interagit avec l'autre pour permettre au système de fonctionner comme un tout: de nouveaux modes de communication pour gérer plus efficacement l'activité économique, de nouvelles sources d'énergie pour stimuler plus efficacement cette activité, et de nouveaux modes de transport pour que les déplacements soient plus efficaces.

Au XIXe siècle, la presse à vapeur et le télégraphe, le charbon en abondance et les locomotives ont déclenché la première révolution industrielle. Au XXe siècle, l'électricité, le téléphone, la radio et la télévision, le pétrole bon marché et les véhicules à combustion interne ont, tous ensemble, ouvert la voie à une deuxième révolution industrielle.

La troisième révolution industrielle

Aujourd'hui, l'Europe jette les bases de la troisième révolution industrielle. Un internet de la communication numérique, un internet de l'énergie durable et numérique et un internet du transport et de la logistique se sont combinés pour créer l'internet des objets. Chaque appareil, chaque application sont dotés de capteurs leur permettant de communiquer entre eux et avec les internautes, tout en fournissant des données en temps réel sur la gestion, la stimulation et le déplacement de l'activité économique dans une Europe numérique intelligente. Actuellement, des milliards de capteurs intégrés à des flux de ressources, des entrepôts, des réseaux routiers et d'électricité, des chaînes de production, des bureaux, des maisons, des magasins et des véhicules suivent en permanence leur état et leurs performances et transmettent ces données à l'internet de la communication ainsi qu'à celui de l'énergie, du transport et de la logistique. D'ici à 2030, on estime à plus de cent trillions le nombre de capteurs qui relieront les hommes à leur environnement naturel dans un réseau intelligent mondial. Pour la première fois dans l'Histoire, tous les êtres humains sont capables de collaborer directement les uns avec les autres, démocratisant ainsi la vie économique.


La station terrestre de télécommunications par satellite de Raisting, en Allemagne, travaille avec les organisations humanitaires, les Nations Unies et les marchés émergents. (Sean Gallup/Getty Images)
La numérisation de la communication, de l'énergie et des transports soulève également des risques et des défis: comment garantir la neutralité du réseau, empêcher de nouveaux monopoles industriels, protéger la vie privée, assurer la sécurité des données et déjouer la cybercriminalité et le cyberterrorisme? La Commission européenne a déjà commencé à apporter des solutions en instaurant le principe d'intégration de la protection de la vie privée et des données, et de la sécurité des informations, dans l'internet des objets.

Dans cette économie numérique étendue, les entreprises privées connectées à l'internet des objets peuvent utiliser les mégadonnées et les outils d'analyse pour développer des algorithmes visant à améliorer l'efficacité, augmenter la productivité et réduire massivement le coût marginal que représentent la production et la distribution de biens et de services, rendant ainsi le commerce européen plus compétitif sur le marché mondial post-carbone naissant.

Le coût marginal de certains biens et services dans une Europe numérique, sera même proche de zéro, permettant à des millions de "prosommateurs" connectés à l'internet des objets de produire et échanger entre eux des biens pour presque rien dans une économie de partage croissante. On voit déjà une génération numérique produire et partager la musique, les vidéos, les blogs d'actualités, les réseaux sociaux, les e-books gratuits, une multitude de cours universitaires gratuits en ligne et d'autres biens virtuels pour un coût marginal quasiment nul. Ce phénomène a mis l'industrie de la musique à genoux, ébranlé celle de la télévision, mis sur la touche les journaux et les magazines et paralysé le marché de l'édition.

Si de nombreuses industries traditionnelles en souffrent, le coût marginal quasi nul a permis l'éclosion d'une pléthore de nouvelles sociétés à forte culture d'entreprise, comme Google, Facebook, Twitter, YouTube et des milliers d'autres sociétés en ligne, qui génèrent les profits par la création de nouvelles applications et la mise en place de réseaux permettant à l'économie du partage de prospérer.

Les économistes reconnaissent l'effet retentissant de ce coût marginal quasi nul sur les industries des biens d'information. Mais, jusqu'à peu, ils faisaient valoir que les gains de productivité de l'économie numérique ne passeraient pas le pare-feu séparant le monde virtuel de celui de l'économie traditionnelle de l'énergie et des biens et services. Or, une brèche a désormais été ouverte. En constante évolution, l'internet des objets va permettre aux entreprises classiques aussi bien qu'aux millions de "prosommateurs" de produire et distribuer leur propre énergie durable, et d'utiliser des véhicules électriques sans conducteur et des véhicules à pile à combustible par le biais de services de partage automatisés. Ils pourront aussi fabriquer un éventail de plus en plus large d'objets et d'autres biens imprimés en 3D à un coût marginal très faible dans l'économie d'échange, ou à un coût marginal quasi nul dans l'économie de partage, comme ils le font aujourd'hui avec les biens d'information.

Jeremy Rifkin est l'auteur de "La nouvelle société coût marginal zéro: l'internet des objets, l'émergence des communaux collaboratifs et l'éclipse du capitalisme" (traduction de Paul Chemla). Il est consultant auprès de l'Union européenne et des chefs d'État du monde entier, et président de la Fondation sur les tendances économiques, à Washington. Pour de plus amples informations, rendez-vous sur le site The Zero Marginal Cost Society.
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Sondage BFMTV: pour près d'un Français sur deux, l'économie française redémarre

Sondage BFMTV: pour près d'un Français sur deux, l'économie française redémarre | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Après la baisse historique du chômage annoncée lundi, la première pour la catégorie A depuis 2011, les Français semblent plus optimistes quant à une reprise de l'économie française. Une tendance partagée principalement par les sympathisants de gauche.

Une baisse du chômage faible mais une baisse quand même, et surtout la plus élevée depuis 2007. Lundi, le gouvernement s'est félicité de la diminution du nombre de chômeurs pour le mois de septembre avec - 0,7% par rapport au mois précédent. Une bonne nouvelle notamment pour les jeunes chez qui le chômage a diminué de 2,7% en un an et de quoi redonner un peu d'optimisme aux Français.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 46% des personnes interrogées jugent que ces chiffres sont le signe que l'économie nationale redémarre. Ils sont toutefois 43% à penser que la situation va s'améliorer "lentement". Et seulement 3% à considérer que la France va sortir de son marasme "rapidement". Pis, la majorité d'entre elles estime toutefois que ces chiffres ne sont pas le signe d'un redémarrage de l'économie.

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Un enthousiasme relatif

Cet enthousiasme relatif ne se partage pas de la même manière selon les couleurs politiques, la catégorie socio-professionnelle ou le lieu de résidence des sondés. Si 67% des sympathisants de gauche, et 78% des proches du Parti socialiste, voient le signe d'une reprise de l'économie, ils sont 51% chez les sympathisants de la droite et du centre, 55% chez Les Républicains, à penser le contraire. 74% des partisans du FN partagent cette opinion.

Selon les catégories socio-professionnelles des personnes interrogées, juste après la publication des chiffres du chômage du mois de septembre, les ouvriers et les employés, pourtant considérés comme des électeurs favorables à la gauche, sont une large majorité (59%) à estimer que l'économie ne redémarre pas. A l'inverse, ils sont 53% à imaginer une amélioration, plus ou moins proche, de la situation du pays.

Concernant le lieu de résidence des Français, les habitants d'Ile-de-France sont plus optimistes (54%) que ceux vivant en région (55%).

Plus de Français croient en l'inversion de la courbe du chômage

Après l'annonce des chiffres en septembre, plus de Français croient en une inversion de la courbe de chômage (26%, contre 20% en août) avant la fin 2016. Mais malgré cet enthousiasme relatif, les sondés sont majoritairement pessimistes quant à une amélioration de la situation des chômeurs. Une très large majorité, 73%, ne pensent pas que leur sort va évoluer. En août, ils étaient 79%. 

Le pessimisme est encore plus grand parmi les catégories populaires où 79% répondent que la situation pour les chômeurs ne va pas s'arranger avant la fin 2016. Ils ne sont "que" 68% parmi les catégories socio-professionnelles supérieures.

Le résultat varie, enfin, selon les opinions politiques des sondés. 81% des sympathisants de la droite et du centre estiment que la courbe du chômage s'inversera après 2016 et 88% parmi les partisans du Front national. Et parmi les proches de la gauche, la situation est inquiétante pour François Hollande, qui a conditionné sa possible candidature en 2017 à l'inversion de la courbe du chômage. Seuls 48% pensent que cela arrivera avant la fin 2016. Ce chiffre descend même à 33% pour les sympathisants du Front de gauche et 27% chez EELV.
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L'Etat escargot

L'Etat escargot | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
C'est une bonne initiative qu'a organisée ce jeudi Emmanuel Macron en recevant des parlementaires pour faire le point sur l'application de la loi qui porte son nom. Elle a permis au ministre de l'Economie de prendre un engagement qu'il faudra vérifier : la grande majorité des dispositions de sa loi « croissance et activité » entreront en vigueur d'ici à la fin de l'année. Pourtant, cette démarche met en évidence - en creux - un véritable scandale français, dont la portée est plus large encore. Il s'agit de la lenteur des décisions publiques. Face à une économie qui attend peu, l'action publique souffre d'un retard à l'allumage dont les dégâts se font sentir chaque jour davantage.
De ce point de vue, la loi Macron n'est pas la pire. Mais son calendrier montre à quel point notre degré d'exigence est somme toute bas. Présenté à l'automne 2014, le texte a été voté à l'été 2015 et chacun se félicite qu'un de ses points les plus visibles, l'ouverture du service des autocars, soit effective depuis deux mois. Pour le reste, par exemple le changement qui affectera les professions libérales comme les notaires, le rendez-vous est plutôt fixé à partir de 2016. Un an et demi constitue donc une performance…
Trois exemples piochés dans l'actualité de ces jours-ci illustrent à merveille ce handicap devenu le nôtre. Combien de temps faut-il pour construire un simple entrepôt, entre l'obtention d'un permis de construire et la fin des procédures ? Le rapport annuel « Doing Business » de la Banque mondiale a apporté la réponse mardi. 81 jours aux Etats-Unis, 96 en Allemagne, 105 au Royaume-Uni et 183 en France. A quand remonte le projet de liaison LGV Tours-Bordeaux dont on reparle ces jours-ci ? Le choix politique a été présenté aux Français il y a vingt-trois ans (sans financement !), mais le premier train ne roulera pas avant juillet 2017. Enfin, à un mois de la COP21, les industriels des énergies renouvelables se lamentent des délais auxquels ils sont soumis pour leurs projets. Ainsi, si les centrales éoliennes offshore ont été évoquées pour la première fois en 2007, les pales tourneront en 2020.

A chaque fois, des explications légitimes sont avancées. Le temps indispensable à la concertation quand il s'agit de textes de loi à traduire dans les faits. L'obligatoire temps des enquêtes et des recours quand il est question de grands projets. Un principe de précaution bien utile quand des risques ne peuvent pas être exclus. La difficulté est que la machine judiciaire et administrative s'est emballée et que personne ne semble véritablement la contrôler. Cette question, très éloignée des choix politiques et intellectuels n'intéresse naturellement personne. Elle est même considérée comme bas de gamme et peu digne d'attention. Elle est essentielle.
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La Fed évoque une possible hausse de taux en décembre

La Fed évoque une possible hausse de taux en décembre | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
La Fed se fait plus affirmative, en évoquant l’éventualité d’une hausse des taux lors de sa prochaine réunion, en décembre.
Enfin un peu de clarté ! Accusée d’envoyer des messages contra­dictoires quant à ses intentions monétaires, la Réserve fédérale américaine a apporté un peu de transparence en évoquant, mercredi, l’éventualité d’une « hausse des taux lors de la prochaine réunion du comité monétaire », à savoir les 15 et 16 décembre prochain. La Fed se donne ainsi deux mois pour évaluer la santé de l’économie américaine et l’opportunité de normaliser sa politique monétaire dès cette année. La décision lui semble prématurée aujourd’hui, compte tenu des « développements à l’international ». Elle préfère donc maintenir ses taux d’intérêt à un niveau ­proche de zéro pendant les deux prochains mois (0 % à 0,25 %). C’est le contraire qui eut étonné : la quasi-totalité (95 %) des économistes interrogés par la chaîne CNBC avaient fait le pari du statu quo.
Précipiter leur chute
De nombreux facteurs poussent en ce sens : la Chine montre de ­nouveaux signes de fragilité . Sa croissance est retombée à son niveau de 2009, pénalisant tous les pays émergents qui lui vendent des matières premières (pétrole, produits agricoles, etc.) En relevant ses taux, la Fed aurait pris le risque de précipiter leur chute : elle aurait rendu les placements plus attractifs aux Etats-Unis, et aurait encouragé les investisseurs à y rapatrier leurs capitaux, au détriment des autres régions du monde. La Réserve fédérale américaine n’est pas censée en tenir compte, en tout cas officiellement : son mandat est de soutenir l’économie américaine, et non ­l’économie mondiale. Mais nul n’imagine que la première puisse prospérer si la seconde s’effondre.
Conditions de financement sévères
Des inquiétudes persistent aussi sur la scène nationale : l’inflation reste moitié inférieure aux objectifs de la Fed (2 %), compromettant les chances d’une reprise vigoureuse de la consommation. La publication de la croissance du troisième trimestre, ce jeudi, permettra de savoir ce qu’il en est réellement. Compte tenu de l’instabilité des marchés, les conditions de financement aux Etats-Unis sont, par ailleurs, nettement plus sévères qu’il y a deux mois. Dit autrement, les marchés ont imposé un durcissement financier, avant même que la Réserve fédérale ait eu besoin de le faire. L’augmentation du coût du crédit et la nouvelle flambée du dollar ont eu le même effet que si la Fed avait relevé ses taux de trois quarts de point, estimait Goldman Sachs il y a quelques semaines. Le durcissement est donc trois fois plus sévère que ce que la Fed compte faire dans un premier temps, avec une hausse de l’ordre d’un quart de point.

Le statu quo comme marque de prudence
Le statu quo peut être perçu comme une marque de prudence. « La précipitation avec laquelle certaines banques centrales ont durci leur politique monétaire a provoqué de nombreuses récessions récemment », défendait au début du mois Eric Rosengren , qui préside la Réserve fédérale de Boston. En jouant l’attentisme, Janet Yellen a toutefois perdu le consensus qui prévalait depuis plusieurs années au sein du conseil de la Réserve fédérale. Le statu quo monétaire n’est plus approuvé à l’unanimité, comme il l’était en début d’année. Il a encore été rejeté hier par le ­gouverneur de Richmond, Jeffrey Lacker.
Lucie Robequain
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Après la fiscalité, à quand un mea maxima culpa sur le chômage?

Après la fiscalité, à quand un mea maxima culpa sur le chômage? | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Puisque le mea culpa devient à la mode, le couple exécutif ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin… Après avoir reconnu sa magistrale erreur fiscale, pourquoi ne pas se repentir sur son incapacité à faire reculer le chômage ?

Après tout, les deux thèmes sont plus liés qu’on ne le croit. Notre modèle social ne peut supporter la logique du toujours plus de protections et toujours moins d’heures travaillées qu’au prix d’une hausse des prélèvements et d’une explosion de la dette devenues mortifères pour la croissance, donc pour l’emploi… Et lorsque le Premier ministre déplore à raison dans Le Monde les « dégâts considérables » du matraquage fiscal, il pourrait dans la même veine dénoncer les ravages tout aussi dramatiques du choix français pour l’inactivité et le chômage de masse : gâchis humain, relégation dans les cités, déficits sociaux, tentation communautariste, etc.

Bien sûr, d’un point de vue politique, comparaison n’est pas raison. En matière de fiscalité, le gouvernement cherche à se faire pardonner une politique dont il ne peut nier la responsabilité. Sur l’emploi, il y a toujours manière de finasser, de tergiverser, de travestir, de se cacher derrière des boucs-émissaires – austérité, euro, employeurs… C’est une supercherie. Nos voisins l’ont montré : il n’y a pas de fatalité à condition de faire de la reprise de l’emploi une priorité absolue, sans tabou, quitte à revoir à la baisse la générosité du système. Or sur le salaire minimum, le temps de travail, les « petits boulots », les minima sociaux, les statuts divers, l’alternance, l’indemnisation chômage ou la flexicurité, le gouvernement n’a eu de cesse d’étouffer le débat et d’interdire toute ambition législative. C’est bien sa faute.
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Chômage : malgré des signaux positifs, la situation reste préoccupante

Chômage : malgré des signaux positifs, la situation reste préoccupante | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
De janvier à août, le nombre de chômeurs sans aucune activité a augmenté de 70.900 personnes. Il n'est pas certain que les chiffres de septembre, qui seront publiés ce lundi, marquent une inversion de tendance.


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Ce lundi à 18 heures seront dévoilés par le ministère du Travail les chiffres des inscrits à Pôle Emploi au mois de septembre. Seront-ils en baisse? C'est loin d'être certain. Le marché du travail en France est aujourd'hui convalescent. Parmi les signaux positifs, le secteur privé a créé 23.800 emplois au deuxième trimestre, après en avoir détruit 7100 au premier. Par ailleurs, l'intérim, qui est un indicateur avancé du marché du travail - les entreprises recommençant souvent à embaucher sous ce type de contrat -, retrouve des couleurs. Selon l'indicateur Prism'Emploi, l'emploi intérimaire a progressé de 6,1 % en septembre. Mieux, il est en hausse de 3,1 % sur les neuf premiers mois de l'année, après avoir reculé continûment depuis 2012.
Reste qu'il faut que l'économie crée au moins 100.000 emplois par an pour absorber la hausse de la population active. Ce n'est qu'à partir de ce seuil que le chômage peut diminuer. L'Unedic, le gestionnaire de l'assurance-chômage, estime qu'il ne sera pas atteint cette année. D'après cet organisme, le taux de chômage en France métropolitaine ne fera que se stabiliser à 10% d'ici la fin 2015. Il commencera à reculer uniquement en 2016, pour terminer à 9,7%, grâce à 159.000 créations de postes.
Envolée du chômage de longue durée

En tous cas, depuis le début de l'année 2015, l'addition est lourde. De janvier à août, l'Hexagone a enregistré 70.900 demandeurs d'emploi supplémentaires en catégorie A (sans aucune activité). En août, 3,6 millions de personnes étaient dans ce cas en métropole. Le chômage de longue durée continue de progresser. Le nombre de chômeurs inscrits depuis trois ans ou plus à Pôle Emploi a bondi de 18,6% entre août 2014 et août 2015. Ils sont désormais 785.100. Au total, ce sont même 2,4 millions de personnes qui sont au chômage depuis plus d'un an. François Hollande, en liant sa candidature de 2017 à la décrue du chômage, a fait un pari audacieux. Pas sûr que la légère baisse de 2016, si elle devait se confirmer, suffise à faire oublier un bilan jusqu'à ce jour désastreux.
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Coût du travail : match nul entre la France et l’Allemagne

Coût du travail : match nul entre la France et l’Allemagne | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Le coût du travail y a progressé à peu près au même rythme depuis la crise.Le Cice permet au coût de la main-d’œuvre hexagonale de grimper moins vite ces dernières années, mais la France reste plus chère que l’Allemagne.
En matière d’évolution du coût du travail, la France et l’Allemagne sont au coude-à-coude depuis 2008 . Selon une étude de l’Insee publiée ce mercredi, le coût du travail (qui inclut salaires, cotisations salariales et patronales) a grimpé de 12,3 % en France depuis la crise de 2008, alors qu’il a progressé de 15 % en Allemagne. Mais le véritable infléchissement a eu lieu en 2012. Depuis cette date, le coût du travail en France augmente moins vite que celui des Allemands. Entre 2012 et fin 2014, le coût de la main-d’œuvre dans l’industrie a augmenté de 1,1 % par an en France, contre 3,2 % en Allemagne. « Cette croissance modérée s’explique par la mise en place puis la montée en puissance du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) », considère Elise Coudin, économiste à l’Insee. Dans le même temps, la modération salariale a pris fin en Allemagne. La différence est un peu moins forte dans les services, mais le mouvement est le même : depuis 2012, le coût du travail a augmenté de 0,8 % par an en France, contre 1,4 % en Allemagne.
Entre 2000 et 2012, c’était l’inverse : le coût du travail progressait plus vite en France qu’en Allemagne, qui était alors considérée comme « le malade de l’Europe ». Les réformes du marché du travail, comme la décentralisation des négociations salariales après la réunification, puis les lois « Hartz » et l’externationalisation de certains processus de fabrication dans les pays d’Europe de l’Est ont permis à l’Allemagne d’améliorer sa compétitivité. Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime ainsi que « la modération salariale allemande est responsable de l’ordre de la moitié de l’écart de performances à l’exportation de la France par rapport à l’Allemagne, l’autre moitié s'expliquant par la montée en qualité des l’industrie allemande. La modération salariale allemande explique aussi près de 2 % du taux de chômage français », poursuit-il. Dans les faits, pour cet économiste, « l’Allemagne a substitué la demande externe en se tournant vers la Chine, les pays émergents et la zone euro, à la demande interne en comprimant les salaires et donc la consommation. »
Différentiel logique

Alors que les deux pays étaient dans des situations comparables à la fin des années 1990, l’Allemagne est aujourd’hui proche du plein emploi et le pays a le plus fort excédent commercial au monde. A l’inverse, le chômage est élevé en France et la balance commerciale reste largement déficitaire. Le différentiel dans l’évolution du coût du travail depuis 2012 est donc logique : les Allemands, plus compétitifs, voient leurs salaires augmenter plus vite que ceux des Français. Et la mise en place du salaire minimum outre-Rhin au début de l’année devrait encore renforcer cette tendance.
L’augmentation du prix de la main-d’œuvre s’observe dans toute la zone euro, même si les pays du Sud connaissent une moindre progression depuis 2008. Si l’on regarde cette fois non pas l’évolution mais le niveau, l’Hexagone reste toujours plus cher que la Grande-Bretagne, l’Espagne ou même l’Allemagne avec un coût de 36,20 euros de l’heure mi-2015. Le fruit d’une dynamique salariale qui a longtemps été vive.
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Quand la BCE rappelle à la France l'impérieuse nécessité de réformer

Quand la BCE rappelle à la France l'impérieuse nécessité de réformer | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

L'institution estime que la mise en place de réformes structurelles en France est trop lente.

Le gouvernement Valls peut bien se vanter d'avoir obtenu de Bruxelles, l'an dernier, un sursis de deux ans pour ramener son déficit budgétaire sous la barre des 3 % du PIB. Mais il n'y a pas de quoi crier victoire. Et les institutions européennes sont là pour lui rappeler que la France doit mettre les bouchées doubles en matière de réformes structurelles profondes, dignes de ce nom. Cette fois, c'était au tour de la Banque centrale européenne (BCE) de se faire entendre. «La France a opté pour la multiplication des petits pas, mais les résultats restent limités jusqu'à présent, avertit l'un des six membres du directoire de la banque, Peter Praet, dans une interview accordée à l'AFP.
La question des réformes structurelles est la question clé.» Sa critique, vis-à-vis de la deuxième économie européenne qui mise sur une croissance de 1 % du PIB cette année, ne s'arrête pas là. «Ce qui frappe le plus quand on regarde la France, c'est qu'elle n'a pas eu de graves crises d'endettement ou bancaire comme d'autres pays. Cela rend la faible performance de l'économie d'autant plus surprenante», renchérit Peter Praet. Selon lui, la volonté du gouvernement Valls de réformer la France «est visiblement là» mais «il reste des blocages très importants» et la mise en œuvre des réformes est «très» difficile.


À commencer par l'épineuse réforme du marché du travail. «Il y a de grandes difficultés à convaincre la population», juge utile de préciser le banquier central. Il est vrai que la France est bien souvent perçue comme le pays des grèves par excellence, en Europe.

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La préférence française pour l’inactivité

La préférence française pour l’inactivité | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Si la population française travaille moins que celle des autres pays développés, c’est parce que la durée annuelle moyenne du travail et la part des actifs dans la population sont plus faibles.
C’est un fait : la France ne crée plus suffisamment de richesse pour se payer son modèle social. Cette situation est le résultat d’une réduction volontaire et dramatique des heures travaillées en France depuis plus de trente ans.
Le déterminant principal de la richesse disponible dans un pays est en effet le nombre global d’heures travaillées par habitant, et cet indicateur est sans appel : lorsqu’un Français travaille 100 heures, un Allemand travaille 110 heures, un Britannique 124 heures, un Suédois 129 heures, un Américain 131 heures et un Canadien 139 heures. Ce décalage explique pourquoi la France n’en finit pas de dégringoler dans la hiérarchie des pays en termes de revenu par habitant, notre productivité élevée ne permettant pas de compenser de tels écarts. Notre retard de croissance reflète le recul très net des heures travaillées par habitant, 20 % en moins par rapport à 1975, tandis que leur volume est resté plutôt stable dans la plupart des autres pays.
Suffirait-il de réduire le taux de chômage français pour combler l’écart avec les autres pays et fournir le même nombre d’heures de travail ? C’est la première explication qui vient à l’esprit. Pourtant ce n’est pas la réalité. Si la population française travaille moins que celle des autres pays développés, c’est parce que la durée annuelle moyenne du travail et la part des actifs dans la population est plus faible. Autrement dit, il y a en France moins de personnes qui participent au marché du travail, et celles qui le font y passent moins d’heures.
De simples ordres de grandeur permettent de fixer les idées : une augmentation du temps de travail annuel de deux jours conduit au même résultat, en termes d’heures de travail globales, qu’un point de chômage en moins. Et élever de 60 à 65 ans l’âge de cessation d’activité serait du même ordre qu’annuler le taux de chômage ! On ne mesure pas en France combien un temps de travail réduit sur l’année, lorsqu’il s’applique à tous les emplois, compte bien davantage qu’un écart de chômage apparemment significatif. De façon analogue, on ne comprend pas suffisamment les conséquences dramatiques en termes de croissance du fait qu’une grande partie de la population cesse de travailler à 60 ans.
Choix malthusiens

Ainsi, quand on décompose la différence d’heures travaillées en France par rapport à d’autres pays, on s’aperçoit ainsi que le chômage n’explique qu’une faible part de cette différence : moins de 10 % en général. L’essentiel s’explique par la durée annuelle du travail et la longueur de la vie active, en général de façon équilibrée. Seule l’Allemagne occupe une position singulière dans ce tableau général depuis quelques années. Le temps de travail annuel y est plus faible qu’en France, du fait d’un recours toujours plus important au temps partiel, qui a permis de diminuer fortement le taux de chômage. Mais, au total, le montant d’heures travaillées est plus important qu’en France.
Le déficit d’heures travaillées en France vient ainsi d’abord des choix malthusiens de la puissance publique : le mythe du partage du travail comme solution au chômage s’est traduit par une réduction du temps de travail sur la semaine, sur l’année, sur la vie active. La France a fait le choix de l’inactivité, et non du chômage, comme il est devenu courant de le dire. La réduction du temps de travail est une perte de production et de revenu. In fine, davantage de ressources sont consacrées au loisir, moins à l’activité économique. Il ne peut y avoir de miracle : le partage du travail fait baisser le revenu moyen dans l’économie par rapport à son potentiel de croissance. On peut aller plus loin, il crée même un surcroît du chômage. La France a fait le choix de l’inactivité en voulant éviter à tout prix le chômage. Elle a finalement récolté des deux !
Il faut en priorité augmenter l’âge de la retraite, réformer l’assurance-chômage des seniors, qui est en fait une préretraite universelle, et renégocier le temps de travail dans les entreprises et les branches.
Jean-Olivier Hairault est professeur à l’université Paris-I et à l’Ecole d’économie de Paris, auteur de « Ce modèle social que le monde ne nous envie plus » chez Albin Michel.
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Malgré le risque de récession, la Banque du Japon maintient sa politique monétaire

Malgré le risque de récession, la Banque du Japon maintient sa politique monétaire | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
La BoJ a reconduit vendredi son programme de rachat d'actifs au même rythme. Elle a néanmoins annoncé que son objectif d'inflation de 2% ne serait pas atteint dans les délais espérés.
La Banque du Japon (BoJ) a décidé vendredi 30 octobre de maintenir en l'état sa politique monétaire, faisant le pari que la troisième économie mondiale pouvait surmonter les conséquences du ralentissement de la croissance chinoise sans mesures incitatives supplémentaires.

Alors que près de la moitié des économistes pariaient sur un assouplissement, les neuf membres du comité de politique monétaire ont reconduit - par huit voix contre une - le programme de rachat d'actifs au même rythme. Le dispositif d'assouplissement qualitatif et quantitatif actuel vise à augmenter la base monétaire de 80.000 milliards de yens par an (près de 600 milliards d'euros).

Cette décision n'a été assortie d'aucun commentaire, la Banque du Japon les réservant pour plus tard dans la journée, quand elle publiera son rapport économique semestriel. Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, a également prévu de tenir une conférence de presse. Son discours sera disséqué, alors qu'il a tenu jusqu'à présent des propos résolument optimistes, mettant en avant la "reprise modérée" de l'économie.

La consommation en baisse
De nombreux économistes craignent pourtant une récession (deux trimestres consécutifs de repli du PIB), à l'issue du troisième trimestre pour lequel les chiffres seront publiés mi-novembre.

Vendredi, de nouvelles statistiques avaient accru la pression sur la BoJ: en septembre, la consommation des ménages a accusé une baisse surprise et les prix ont de nouveau reculé. Mais d'un autre côté, le rebond de la production industrielle et le chômage au plus bas ont pu faire pencher la balance en direction du statu quo.

L'objectif d'inflation révisé

Si la banque centrale japonaise a décidé de ne pas bouger pour l'instant, elle revoit cependant ses prévisions. Elle a annoncé vendredi qu'elle ne parviendrait pas à atteindre dans les délais espérés son objectif d'inflation de 2%. La BoJ, qui a également abaissé ses prévisions de croissance, pense désormais y parvenir au second semestre de l'exercice 2016-17 (octobre 2016-mars 2017), alors qu'elle visait auparavant le premier semestre.

Dans la foulée de l'annonce de la BoJ, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a accentué son recul, cédant 0,77% avant de se redresser. La Bourse de Tokyo a néanmoins fini dans le vert (+0,78), signant ainsi sa troisième séance positive d'affilée, les investisseurs s'étant concentré sur les résultats d'entreprises.

Sur le volet des changes, le dollar est ponctuellement tombé à 120,44 yens, contre 121 yens quelques heures plus tôt, mais il remontait ensuite autour de 120,85 yens.
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UE: Moscovici prévient la Grèce de "décisions lourdes" à prendre d'ici fin 2015

UE: Moscovici prévient la Grèce de "décisions lourdes" à prendre d'ici fin 2015 | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a prévenu la Grèce que des "décisions lourdes" étaient à prendre "d'ici la fin de l'année", afin de bénéficier de l'aide des créanciers, dans un entretien à l'AFP jeudi à Bruxelles.
Pierre Moscovici prévient la Grèce de "décisions lourdes" à prendre d'ici fin 2015. AFP

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a insisté jeudi 29 octobre sur "les décisions lourdes" à prendre "d'ici la fin de l'année" par la Grèce pour bénéficier de l'aide des créanciers. "Il y a des défis, il y aura des décisions lourdes à prendre d'ici la fin de l'année", a déclaré M. Moscovici, qui doit se rendre mardi et mercredi à Athènes. La Grèce, à court d'argent, est en attente d'une tranche de 2 milliards d'euros du nouveau prêt international de 86 milliards d'euros, consenti sur trois ans en juillet, en échange de la mise en oeuvre de réformes structurelles et d'une consolidation budgétaire.

"Depuis le mois de juillet nous travaillons dans un climat de confiance et de coopération sans doute inédit entre un gouvernement grec et les institutions européennes depuis le début de la crise grecque", s'est néanmoins félicité le commissaire européen.

"Cela ne veut pas dire que tout est facile, il y a des sujets compliqués, il y a des défis (...), mais je constate une volonté partagée de travailler ensemble", a-t-il ajouté.

Deux milliards d'euros attendus par Athènes

M. Moscovici a insisté sur la mise en oeuvre des mesures réclamées par les créanciers avant le déboursement des deux milliards d'euros attendus par Athènes. "Le préalable, c'est que les mesures soient prises, c'est la raison pour laquelle il est important qu'elles le soient, et que la semaine prochaine soit une semaine de clarification à cet égard", a-t-il avancé.

Au cours de sa visite, M. Moscovici doit notamment s'entretenir avec le Premier ministre de gauche Alexis Tsipras et le ministres des Finances Euclide Tsakalotos. La Grèce s'apprête à adopter d'ici début novembre un deuxième train de mesures pour compléter les "mesures préliminaires" qui lui sont réclamées pour le déboursement de la tranche de deux milliards d'euros, suivi d'un milliard supplémentaire.

Le projet de loi qui sera soumis au Parlement grec doit inclure une réforme du système des retraites, avec de nouvelles coupes dans les pensions, et des mesures de dérégulation du secteur des pharmacies. Il pourrait aussi réduire la protection contre les saisies de leur résidence principale dont jouissent les ménages endettés.

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La croissance économique, notre amie l’Arlésienne

La croissance économique, notre amie l’Arlésienne | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

La croissance économique est devenue aujourd’hui une espèce d’Arlésienne. Tout le monde en parle, on croit qu’elle va surgir d’un instant à l’autre, on ne doute pas de son prochain retour mais elle reste à l’écart. Bien des gouvernements aimeraient la tenir dans leurs bras, et tous lui promettent des merveilles si elle voulait bien se donner à eux. Mais non, elle refuse. À peine montre-t-elle le bout de son nez qu’elle s’évapore aussitôt. La France ne confirme pas la règle, une fois n’est pas coutume.
Aussi, les grands argentiers du monde, c’est-à-dire les gouverneurs des banques centrales, cherchent désespérément à l’attirer avec de l’argent. Dit autrement, ils injectent des liquidités pour stimuler l’activité. Les États-Unis pratiquent cette danse du ventre depuis plusieurs années, avec un succès très fragile. L’Europe s’y est mise aussi résolument. Le grand manitou monétaire qu’est Mario Draghi vient de confirmer qu’il ne se décourageait pas et qu’il entendait bien par faire sortir l’Arlésienne de sa réserve. Il a promis des dizaines de milliards.
À titre de comparaison, certes un peu curieuse, mettons en regard un euro et un kilomètre. La planète naine Pluton, neuvième plus gros objet orbitant autour du Soleil, se trouve à environ 5 milliards de kilomètres de la Terre. Aucun appareil optique actuel même très puissant ne permet d’en déceler plus que la présence lumineuse dans le ciel. Trop lointaine pour cela. De son côté, Mario Draghi se dit prêt à injecter jusqu’à 80 milliards d’euros par mois dans la machine économique. Cela dépasse nos capacités de représentation. Mais cela nous indique à quel point la croissance est prisée.
Pourquoi? C’est assez simple, dans le fond. Prenez un simple vélo. Son invention remonte à 1817, par le baron von Drais. La draisienne, ou vélociphère, ne comportait pas encore de pédalier. Pour convaincre le commun des mortels, sceptique, habitué à voir deux roues placées en parallèles, et tirées par un cheval, Drais accompagna son invention d’un manuel de plus de cent pages. Et, de fait, tout enfant d’aujourd’hui qui enfourche pour la première fois une bicyclette n’arrive à rien sans petites roulettes. Comprendre qu’il faut avancer pour trouver l’équilibre est une opération de la pensée qui ne va pas de soi. À l’arrêt, vous tombez; en mouvement, seule une maladresse provoque la chute. L’image résume assez bien l’aventure du capitalisme et cette invention des pays à économie de marché, «l’ascenseur social». Les développements de l’aviation relèvent d’ailleurs de la même logique. Tant que l’appareil n’a pas atteint la vitesse qui permet, grâce à sa forme ailée, de compenser son poids, il ne peut s’élever dans les airs.
Alimentation monétaire
Comprendre qu’il faut avancer pour trouver l’équilibre est une opération de la pensée qui ne va pas de soi
Le problème, avec la croissance, est qu’elle n’est pas d’un ordre mécanique aussi simple. Si, entre l’an 1000 et l’an 1800, elle resta voisine de zéro dans le monde occidental, elle ne décolla qu’au XIXe siècle pour atteindre des records au XXe. La France dépassait les 5% annuels. Quant à l’URSS, elle connaissait des taux à deux chiffres, comme ce fut le cas pour la Chine par la suite. À de telles vitesses, la richesse nationale et les revenus des individus augmentent rapidement au point de doubler en une génération. Avec des taux de 0,5 à 1%, comme actuellement, le doublement s’effectue en un peu moins d’un siècle. Cela change tout.
On comprend que cela inquiète. D’autant que l’atmosphère ambiante n’est guère optimiste. Elle provient d’une vision plus ou moins partagée, en tout cas répandue, très suspicieuse à l’égard du modèle socio-économique né de la Révolution industrielle. Celui-ci est présenté de la façon suivante: extractions, transformations, rejets. La critique alors s’appuie sur un constat factuel: à l’entrée, une limite physique ne permettra pas à l’extraction de matières énergétiques fossiles non reproductibles (bois, charbon, pétrole, gaz) de se poursuivre encore longtemps; à la sortie, la dégradation l’environnement (immédiat et atmosphérique) par des rejets polluants doit cesser ou diminuer. La conséquence est simple: le milieu, la transformation, est remis en question. Il faut ou bien accepter la décroissance, ou s’organiser différemment pour qu’un autre modèle s’impose. Et là est toute la difficulté, si l’on veut éviter la régression sociale.
Suffit-il de pratiquer le quantitative easing –l’argent facile– pour changer de monde? Tandis que les vieilles industries (aéronautique, automobile, chimie, sidérurgie…), fatiguées, se cherchent un nouveau souffle, les nouvelles (informatique, connectique, robotique, photovoltaïque, «ubertique»…) n’assurent pas encore de rendements financiers suffisants. D’un côté, des investissements qui ne rapportent plus assez; de l’autre, des dépenses qui ne rapportent pas encore assez. De sorte que la situation actuelle combine une abondance de monnaie avec une rareté d’occasions à investir. Tant que celle-ci perdurera, la croissance restera une belle Arlésienne.
Que faire? Ne pas supprimer l’alimentation monétaire, car la vie ne se développe qu’en présence d’un liquide nutritif. Mario Draghi a donc raison, sur le fond. Mais il serait souhaitable aussi, surtout dans un pays comme la France, pétri d’imagination et de travail qualifié, de se demander ce que signifie plonger dans le nouveau monde. Aménager la transition énergétique, bien sûr; financer la recherche pour améliorer considérablement la conversation de l’énergie solaire, oui encore; lutter contre le dérèglement climatique, oui toujours, et même avec audace et détermination. Mais aussi promouvoir l’idée de progrès soutenable, c’est-à-dire redonner confiance dans un avenir respectueux de l’environnement, certes, mais également soucieux d’un développement renouvelé. Cela passe par une libération des forces innovatrices plutôt que par le maintien des archaïsmes. Le tournant semble pris. Il est encore timide. Mais dans un virage, la tenue de route dépend d’une juste accélération, nom du freinage.
François Rachline

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Pourquoi le poids des PME dans l'économie diminue

Pourquoi le poids des PME dans l'économie diminue | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Pour son enquête 2015 sur "Les entreprises en France", parue ce 28 octobre, l'Insee revoit sa méthode d'observation. Sous ce nouveau prisme, les TPE et PME emploient moins de 50% des salariés. En-deçà des chiffres circulant fréquemment.

Avoir une vision plus réaliste des performances des entreprises, en effaçant les segmentations artificielles en place jusqu'ici. Voilà tout l'intérêt de la nouvelle approche de l'Insee pour étudier le tissu productif, approche qui se répercute dans l'étude annuelle sur Les entreprises en France, qu'elle rend publique ce 28 octobre. La nouvelle lunette d'observation de l'Insee, imposée dans le cadre d'une harmonisation des systèmes statistiques européens et répondant de la loi LME de 2008, consiste à prendre en compte non plus les "unités légales" répondant à une définition juridique, mais les entreprises au sens économique du terme. Holding, société immobilière, société commerciale prenant en charge une fonction support, les exportations ou encore la recherche et développement... dès lors que ces entités concourent au fonctionnement de l'entreprise, elles lui sont désormais intégrées, pour la statistique. L'Insee a déjà réalisé un dialogue en face-à-face avec 43 groupes, pour reconstituer leurs comptes consolidés. Mais elle a aussi mené en parallèle un profilage automatique, grandement aidée par les numéros Siren en sa possession, qu'elle a pu faire "parler". 

La France gagne 434 ETI
Des PME, jusqu'ici considérées comme des unités à part entière, sont donc désormais rattachées à des entreprises de taille intermédiaire (ETI) ou des grands groupes. C'est ainsi que le nombre d'ETI passe de 4792 en 2011, à 5226 en 2012. On compte pour le reste 243 grands groupes, 138 082 PME et 3,4 millions de micro-entreprises.  

Dans cette nouvelle configuration d'observation, qui se veut plus proche de la réalité, les TPE et PME de moins de 250 salariés n'emploient (données 2012) que 48,8% des salariés, contre 61,5% si l'on prenait en compte les unités légales. La valeur ajoutée* de ces même TPE et PME diminue également fortement : elle descend à 44,1% contre 59,1% dans l'ancien schéma. Autre enseignement, très peu d'entreprises, finalement, ne sont pas présentes à l'export. En effet, si 78% des unités légales ne sont pas exportatrices, seules 16% des unités légales sont dans des entreprises qui n'exportent pas...  

*la valeur ajoutée est un indicateur de la "richesse" produite par une entreprise. Elle est égale, selon l'Insee, à la valeur de la production à laquelle on retranche la consommation intermédiaire.  
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Challenges vous donne rendez-vous au Sommet de l'Economie

Challenges vous donne rendez-vous au Sommet de l'Economie | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

Pour sa deuxième édition, au Palais de Tokyo, le Sommet de l'Economie réunit encore un casting de haut vol - chefs d'entreprise et hommes politiques. Au menu, Internet et l'emploi, la croissance et le climat, la nécessité de la réforme.
Rendez-vous les 5 et 6 novembre pour le 2ème Sommet de l'Economie, au Palais de Tokyo DR

Remue-ménage et remue-méninges les 5 et 6 novembre au Palais de Tokyo, à Paris, à l’occasion du 2ème Sommet de l’Economie organisé par Challenges. Au sommaire et à la tribune, des questions dérangeantes : « La droite française a-t-elle encore des idées ? » « L’Europe se tire-t-elle une balle dans le pied en luttant contre le réchauffement climatique ? » « La France est-elle une terre de « licornes » ? » « Internet contre l’emploi ? »… Trois demi-journées qui se déclineront au rythme des « Trois échéances pour la France » : 2017, réformer à tout prix ; 2020, Internet pour tous ; 2030, un climat de croissance.

Sur ces thèmes, les candidats aux primaires des Républicains (Alain Juppé, François Fillon, NKM) seront soumis à la question par des entrepreneurs ; des consciences écolos (Daniel Cohn-Bendit, Pascal Canfin…) dialogueront avec des PDG chahutés par les impératifs de la COP 21 ; des pirates du digital (Airbnb, Facebook, Hyperloop…) bousculeront des patrons du monde ancien (La Poste, SNCF, Accorhotels…) . Plusieurs ministres du gouvernement de Manuel Valls sont également invités.

Réunir à la même tribune des chefs d’entreprise et des ténors du monde politique, développer la pédagogie de l’économie, capitaliser sur l’image des entrepreneurs, multiplier les passerelles vers l’opinion… C’est la vocation de Challenges, et l’ambition du Sommet de l’Economie dont la 1ère édition s’était déroulée en décembre 2014 au Grand Palais, sous le titre « Entreprises, Politiques, même combat ».

Alors ne manquez pas cette deuxième édition du Sommet dans l’environnement stimulant du Palais de Tokyo. Un rendez-vous qui réserve encore quelques surprises !  

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Brouillard économique : trop d'indicateurs sont faux ou périmés

Brouillard économique : trop d'indicateurs sont faux ou périmés | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui: brouillard économique, trop d'indicateurs sont faux ou périmés.
Je vais m'épancher ici sur notre difficulté croissante à poser des représentations intelligibles sur l'économie dans laquelle nous vivons. Nous essayons à Xerfi, jour après jour de décrypter les évolutions du monde, d'y mettre du sens.

Mais cet exercice nous permet de saisir aussi à quel point les schémas théoriques, les domaines où se déploie la recherche académique, les chiffres eux-mêmes, peinent à saisir les phénomènes contemporains.

L'analyse d'une "économie uberisée"
La définition de ces catégories repose sur l'hypothèse d'une certaine stabilité du droit et d'une certaine homogénéité des comportements et des finalités. Prenons le distinguo fondateur entre entreprises et ménages, par exemple. Il semble aller de soi.

D'un côté ceux qui produisent, investissent et se rémunèrent de leurs ventes, et de l'autre ceux qui consomment en contrepartie d'un salaire, d'allocations et de revenus du patrimoine.

Ce distinguo n'était malmené que par l'objet hybride mais minoritaire de l'entreprise indépendante et l'impasse faite sur la production domestique. La simplification était acceptable. Or on le voit bien, avec l'uberisation, c'est le capital installé par les ménages eux-mêmes qui est mobilisé.

Avec l'extension de l'économie collaborative, le consommateur est de plus en plus associé à la conception et à la production. Cette collaboration en apparence gratuite se fait souvent avec l'idée d'un revenu différé, ce qui fait entrer de plus en plus d'individus dans une logique entrepreneuriale. Les frontières entre la sphère du travail et celle de la vie familiale deviennent de moins en moins étanches... Bref, la représentation est de moins en moins pertinente. Je pourrais aussi évoquer la catégorie des banques, et toute la partie immergée du shadow-banking qui nous échappe.

Parmi nos catégories mentales, les notions de secteurs, de filières par exemple, volent aussi en éclat. C'est de plus en plus le concept d'écosystème d'affaire qui fait sens. La production s'organise en galaxie, associant sous des formes partenariales très diverses des activités en apparence hétérogènes, mais complémentaires pour développer de nouvelles fonctionnalités... j'ai parlé de fonctionnalité, pas de bien, ni de services... Là encore, rien dans notre appareillage statistique ou théorique (du moins du côté des économistes) ne nous permet de saisir cette réalité.

Un problème de chiffrage
Ce fameux partage entre prix et volume. Notre PIB s'enrichit chaque jour de nouveaux produits-services (non séparables). Lorsque leur prix est stable, c'est que leur qualité s'enrichit. Lorsque leur prix diminue, c'est que leur qualité est constante. On n'achète pas au même prix un smartphone ou une voiture aux fonctionnalités qui datent. Une partie de la baisse des prix que l'on mesure dans nos indices qui suivent des produits de qualité constante est assimilée à de la déflation... Or cette baisse est aussi une conséquence du progrès technique. Et encore, nos statisticiens sous-estiment-ils sans doute cette baisse. Suivre des biens homogènes est mission impossible.

Du coup, on sous-estime aussi, notre croissance, nos gains de productivité et on surestime a contario la stagnation séculaire... Cette défiance sur la qualité de nos mesures est largement partagée. Et je n'ai évoqué ici que de nos insuffisances involontaires. Que dire de nos estimations de la croissance mondiale lorsque l'on connaît l'incertitude qui entoure la fiabilité des chiffres chinois par exemple.

Avec ce brouillage des lignes, entre prix, volume, producteur consommateur, c'est toute notre modélisation de l'économie de marché qui est ébranlée. Avec l'éclosion de nouvelles formes partenariales, c'est celui de la concurrence qui perd en pertinence. Et le fait que les ménages entrent de plus en plus dans des logiques entrepreneuriales ou dans des arbitrages patrimoniaux perturbe tout autant les représentations keynésiennes.

Face à ces incertitudes radicales, notre rôle est celui de testeurs d'idées. Nous les expérimentons, dans un jeu permanent de correction d'erreurs.

>> Plus de vidéos sur le site Xerfi Canal, le médiateur du monde économique
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La Fed fait grimper le dollar

La Fed fait grimper le dollar | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
La perspective d’une remontée des taux de la Fed en décembre fait progresser le billet vert, qui flirte avec son plus haut niveau depuis deux mois. L’euro s’échange contre moins de 1,10 dollar.
Le dollar évolue ce jeudi matin à des niveaux proches de son plus haut depuis deux mois. Après la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed), l’euro est passé sous la barre de 1,10 dollar et campe sur ce niveau. Le billet vert grimpe de près de 1 % contre la monnaie unique alors que les cambistes jouent la divergence des politiques monétaires entre les Etats-Unis et l’Europe.
Ce mouvement fait suite au communiqué de la Fed mercredi soir. Après une réunion de deux jours, la banque centrale américaine a décidé de maintenir les taux inchangés pour le moment, mais a apporté un peu plus de clarté sur le calendrier . Elle a notamment évoqué l’éventualité d’une « hausse des taux lors de la prochaine réunion du comité monétaire », c’est-à-dire les 15 et 16 décembre. De plus la Fed a retiré de son communiqué la référence à l’impact du ralentissement mondial sur l’économie américaine.


Toute hausse des taux rendra le dollar plus rémunérateur et donc plus attractif. Cette réunion de la Fed « est favorable au dollar (...) ne serait-ce que parce que le marché tablait sur des déclarations plus accommodantes » après une succession d’indicateurs américains médiocres sur les commandes de biens durables, les ventes de logement et la baisse des cours du pétrole, a relevé Kit Juckes, à la Société Générale.
Les taux des obligations américaines se sont tendus après la réunion de la Fed. Dans leur sillage, les rendements de la zone euro se tendent aussi.
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Coup de froid sur l’économie américaine

Coup de froid sur l’économie américaine | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Le PIB n’a crû que de 1,5 % au troisième trimestre, contre 3,9 % au trimestre précédent. Inquiètes, les entreprises ont préféré puiser dans leurs stocks que surproduire. La consommation, qui continue de tirer la croissance, a également ralenti.
Le coup de froid sur l’économie américaine se confirme. Selon les derniers chiffres du département du commerce, le PIB n’a grimpé que de 1,5 % entre juillet et septembre (en rythme annualisé), un chiffre conforme aux prévisions des économistes mais en forte baisse par rapport au bond du trimestre précédent, quand l’activité avait progressé de 3,9 %.
Les économistes craignaient que les effets combiné du ralentissement en Chine, de l’appréciation du dollar, et de la baisse des prix du pétrole ne pénalisent l’économie américaine, mais ce sont en réalité les entreprises qui, en préférant écouler leurs stocks au détriment de la production, ont conduit à un essoufflement de la croissance.
Voitures et immobilier tirent encore les dépenses

La diminution des stocks a lourdement pesé sur le PIB, tandis que la consommation, moteur de l’économie américaine, a elle aussi ralenti, croissant de 3,2 % au troisième trimestre, contre 3,6 % au deuxième. Ce sont encore les ventes de biens de consommation durable, comme les voitures, et les dépenses dans l’immobilier qui ont tiré les dépenses des foyers américains. Les investissements des entreprises dans les équipements ont en revanche continué à progresser.
Le ralentissement de l’économie américaine est perceptible dans une série d’indicateurs depuis quelques semaines. Début octobre, les créations d’emploi s’étaient ainsi révélées décevantes et les chiffres de l’été avaient été revus à la baisse. Autant d’éléments qui viennent conforter la décision de la Fed de reporter une nouvelle fois le relèvement des taux. La présidente Janet Yellen a expliqué mercredi que l’économie avait « crû à un rythme modeste », mais qu'elle pourrait agir lors de la prochaine réunion du comité de politique monétaire, en décembre.
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Retraite : le report des trimestres d’une année sur l’autre risque de passer à la trappe !

Retraite : le report des trimestres d’une année sur l’autre risque de passer à la trappe ! | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Un amendement adopté dans le cadre de l’examen de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2016 remet en cause une mesure de la réforme des retraites de 2014.
C'est une mesure présentée comme "technique", mais qui risque pourtant de torpiller un dispositif important de la réforme des retraites de 2014. Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2016, les députés viennent en effet de voter un amendement visant à supprimer purement et simplement la possibilité de reporter d'une année sur l'autre des trimestres de retraite.

Pour rappel, la loi de janvier 2014 a abaissé le seuil de validation d’un trimestre de 200 heures à 150 heures de Smic. Autrement dit, il suffit désormais d’avoir cotisé à hauteur de 1.441,5 euros brut pour valider un trimestre en 2015. Un moyen de faciliter l’acquisition de trimestres pour les assurés ayant un faible salaire et travaillant à temps partiel réduit.

Parallèlement, la loi avait prévu un nouveau dispositif permettant de reporter sur l’année civile suivante les cotisations non utilisées pour valider un trimestre, lorsque l’assuré avait validé moins de 4 trimestres au titre d’une année. Il s’agissait d’éviter à "certains assurés, ceux qui ont les plus faibles salaires, de cotiser pour rien" estimait alors la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale lors de l’examen de la réforme de 2014. Mais ce dispositif n’est jamais entré en vigueur faute de décret d’application.

Les députés veulent désormais définitivement l'enterrer, sachant que cet amendement doit encore être soumis à l'examen du Sénat avant d'être entériné. Motif invoqué : "Les travaux techniques préparatoires à la mise en œuvre de la réforme ont mis en lumière la complexité du système". Les parlementaires estiment en outre que ce mécanisme serait devenu caduc à partir de 2017 avec la mise en œuvre d’une pension unique pour les assurés ayant cotisé auprès de plusieurs régimes alignés (régime des salariés, des indépendants et de la mutualité sociale agricole).

Sauf que cette mesure ne visait pas uniquement - comme l'affirme l’exposé des motifs de l’amendement - les travailleurs saisonniers qui cotisent chaque année dans plusieurs régimes et ne parviennent pas à atteindre le seuil de 150 heures dans chaque régime. Elle aurait pu aussi profiter aux femmes car ce sont elles qui occupent la majorité des emplois à temps partiels, aux jeunes qui effectuent des petits boulots de courte durée ainsi qu’à certains artisans et commerçants qui ne parviennent pas toujours à valider 4 trimestres par an !

Nathalie Cheysson-Kaplan
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Chômage : les chiffres de septembre peuvent-ils nous rassurer ?

Chômage : les chiffres de septembre peuvent-ils nous rassurer ? | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

LE SCAN ÉCO/INFOGRAPHIE - Malgré la plus forte baisse enregistrée depuis 8 ans, la tendance de fond reste la même depuis trois ans : avec plus de 5,7 millions de demandeurs d'emploi, la France peine à vaincre le chômage de masse. Pourquoi ? Quelles solutions ? Explications.

«Satisfaisants». C'est par ce terme que la ministre du Travail a qualifié les chiffres du chômage de septembre. Certes, avec 24.700 de chômeurs en moins le mois dernier, le nombre de demandeurs d'emplois a enregistré sa plus forte baisse depuis 8 ans. Mais la tendance de fond reste la même: la France peine à vaincre le chômage de masse. Cela fait même trois ans que le taux de chômage n'est pas repassé sous la barre des 10%. Depuis que François Hollande a été élu président en 2012, il a même tendance à stagner autour de cette barre symbolique. Si l'on en croit l'Unedic, le gestionnaire de l'assurance-chômage, cette inertie devrait persister jusqu'à la fin de l'année.


Une situation d'autant plus inquiétante que les principales puissances économiques du monde qui ont vu leur chômage grimper à cause de la crise économique de 2008, ont réussi à le faire baisser. C'est le cas notamment des États-Unis qui ont renoué en août dernier avec le plein-emploi. Dès 2010, la courbe du chômage s'est inversée outre-Atlantique pour retomber à 5,1% il y a un mois. Un niveau que le pays n'avait plus connu depuis...2008. Sans parler de l'Allemagne qui aura mis moins d'un an pour inverser sa courbe du chômage.

Pire, même la plupart des pays d'Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie), pourtant très sévèrement touchés par la crise ont réussi cette performance. «C'est bien la preuve que le chômage français n'est pas seulement lié aux circonstances économiques», affirme l'économiste Bertrand Martinot, auteur de l'ouvrage «Pour en finir avec le chômage: ce qui marche, ce qui ne marche pas» (Fayard, collection Pluriel). Ce qui fait dire au PDG du groupe Axa, Henri de Castries: «Non, le chômage français n'est pas dû à l'euro, à Bruxelles, à Berlin ou à la Chine. Il a tout à voir avec nos corporatismes et notre refus de regarder la réalité en face». Qu'en pensent les économistes? Le Figaro a interrogé deux experts, Pierre Sabatier, président du cabinet de recherche financière PrimeView, et l'économiste Bertrand Martinot, ancien délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle.


LE FIGARO. - Depuis trois ans, le chômage plafonne, en France, à un peu plus de 10%. Est-ce devenu une fatalité?


Pierre SABATIER. - Oui et non. Ce niveau élevé est surtout l'expression des difficultés qu'éprouvent les dirigeants français à faire preuve de pragmatisme, dans un environnement économique bien moins favorable que par le passé. La France, comme l'ensemble des pays riches, n'est pas en crise, mais plutôt en mutation vers un monde où la croissance sera moins «automatique». Il faut désormais avoir le courage d'adapter concrètement un modèle de développement construit dans les années 60 sur la base d'une population aux caractéristiques structurellement différentes de celle d'aujourd'hui.


Bertrand MARTINOT. - Non, mais c'est bien comme cela qu'il est ressenti. Sur les 30 dernières années, le taux de chômage moyen s'est établi à 9% et n'est que très rarement redescendu en-dessous de 8%. Le chômage est un mal dont la France, contrairement à bon nombre de ses voisins européens, n'arrive pas à se guérir, malgré les innombrables dispositifs mis en place pour tenter d'«inverser la courbe». Et c'est un mal qui mine à la fois la compétitivité économique et notre cohésion sociale. Le problème est peu à peu devenu une constante au point que nous ne nous étonnons même plus que de ces chiffres alarmants et de l'absence d'efficacité des politiques de l'emploi.


Voulez-vous dire que la politique de l'emploi du gouvernement n'a aucun impact sur le chômage?


B. M. - Il n'y a pas de politique de l'emploi en France, tout au plus des mesurettes. Les gouvernements ont, depuis François Mitterrand, abandonné l'idée que leur action pourrait ramener le pays au plein emploi. Le mot d'ordre d'aujourd'hui, c'est plutôt: «On serre les dents et on attend le retour de la croissance».


«La France a aujourd'hui moins besoin de purs gestionnaires mais plus de réformateurs pragmatiques»

Pierre Sabatier, président du cabinet de recherche financière 


Quelles solutions pour en finir avec le chômage de masse?


P. S. - Il faut profiter du léger regain de croissance que nous connaissons actuellement pour mettre enfin en œuvre les conditions de baisse du chômage. Pour cela, le gouvernement doit se poser les bonnes questions: quelles entreprises ont vraiment besoin d'aide (TPE, PME, ETI, grandes entreprises)? Sur quels secteurs d'activité le pays souhaite-t-il miser, tous n'étant pas soumis à la même concurrence et n'ayant pas les mêmes contraintes de compétitivité? Enfin, il faudra s'interroger sur notre volonté d'utiliser ou non le gisement de la «silver économie» (séniors inactifs) pour créer des emplois. En somme, une réforme globale du marché du travail peut permettre de gagner la bataille du chômage, mais elle devra s'appuyer sur une compréhension fine de ce que sont les caractéristiques de la population française et de son tissu d'entreprises.


B. M. - Il n'y aura pas de baisse durable du chômage, sans modération du coût du travail, donc des salaires et des charges sociales. Ce n'est pas normal que les salaires, après prise en compte de l'inflation, ralentissent à peine chez nous quand le chômage explose, alors qu'ils s'ajustent à la baisse non seulement dans les pays européens les plus touchés par la crise mais aussi dans les pays les mieux lotis en matière de chômage comme l'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark. Dans ces pays, les syndicats ont accepté une grande modération du pouvoir d'achat pour protéger ou créer de l'emploi.
Nous devons également réformer notre régime d'indemnisation du chômage, et plus généralement notre système de protection sociale qui, dans certains cas, retarde le retour à l'emploi et enferme dans la précarité. Ensuite, il faut donner une qualification, même de base, à tous les jeunes. Parce que notre économie pourra de moins en moins absorber de la main d'œuvre non qualifiée. Et pour cela, la solution est de mettre l'apprentissage au cœur de l'enseignement professionnel et de développer des formes de pré-apprentissage dès le collège qui, d'unique, deviendrait différencié.
Et pour que ces politiques aient un impact maximum sur le chômage, le gouvernement doit jouer sur tous ces leviers en même temps et expliquer leur cohérence.


Pourquoi on ne le fait pas?


B. M. - Il faudrait, pour cela, que la lutte contre le chômage mobilise l'ensemble des acteurs économiques et sociaux. Elle est donc étroitement liée à la réforme du dialogue social. Mais l'État ne doit plus intervenir dans les plus petits détails des normes s'appliquant au niveau de l'entreprise, au risque d'infantiliser le dialogue social. Il doit se recentrer sur les principes fondamentaux du droit du travail. C'est au niveau de l'entreprise que les décisions doivent être prises. Employeurs et salariés sont en effet les mieux qualifiés pour décider des mesures qui sont les plus adaptées à leur situation propre.


Les dirigeants politiques peuvent-ils vaincre le chômage de masse?


B. M. - On peut se demander si des dirigeants politiques issus du sérail seront à même de mener des réformes économiques. Derrière la problématique du chômage, se posent deux questions centrales: «Que doit être un homme politique en 2015?» et «Pourquoi la France ne s'adapte-t-elle pas au monde tel qu'il l'est et non pas tel qu'elle voudrait qu'il soit?». Il me semble qu'une personnalité comme Emmanuel Macron (ministre de l'Économie, ndlr) se pose ce genre de questions.

 

Et c'est sans doute pour cela qu'il dérange.


P. S. - Quelles que soient les personnes, la France a aujourd'hui moins besoin de purs gestionnaires mais plus de réformateurs pragmatiques, capables d'allier vision de terrain et compréhension du business, et qui affiche une vraie priorité: créer les conditions optimales d'expression du potentiel des Français.
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Le marché du travail français apparaît de plus en plus précaire

Le marché du travail français apparaît de plus en plus précaire | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

Plus de 4,2 millions de personnes en France métropolitaine (4,5 millions dom compris) étaient, fin 2014, sans emploi et souhaitaient travailler. Le nombre de personnes entre l'inactivité et le chômage ne cesse de s'accroître.


1,37 million de personnes en France métropolitaine étaient à la fin de l'année dernière ni au chômage, au sens du BIT, ni en emploi. Une population entre-deux qui constitue selon l'Insee, qui publie ce mercredi sa photographie 2014 du marché du travail, le «halo du chômage»: à savoir des personnes souhaitant travailler mais classées comme inactives car découragées par la conjoncture, attendant les résultats de recherches précédentes…


A fin juin, selon les dernières statistiques de l'Insee, ce «halo» concernait 1,5 million de personnes. Un plus haut historique, qui reflète la précarité croissante du marché du travail en France. La situation s'est franchement dégradée depuis l'éclatement de la crise en 2008/2009. A partir de cette année, la population du «halo du chômage» n'est jamais redescendue sous un plancher de 1,2 million de personnes.


A fin 2014, les personnes prises dans ce halo représentait ainsi 4,6% (contre 4,3% en 2013) des actifs ou inactifs souhaitant travailler. Les femmes apparaissent sur-représentées, avec 5,4% de leur population active et inactive souhaitant travailler, tombé dans le «halo». Chez les jeunes de moins de 25 ans, ce taux frôle même les 10%.


Différents outils de mesure du chômage

L'Insee a intégré depuis 2008 -et suivant une nouvelle méthode recommandée par Eurostat depuis 2013-, ce calcul dans son exercice trimestriel de mesure du chômage en France. Pour dénombrer les chômeurs, l'Institut suit la méthode du Bureau international du travail, en décomptant, à partir des réponses à une batterie de questions, les personnes qui n'ont pas travaillé au cours de la semaine de référence, recherchent activement du travail et sont libres pour l'occuper.


Cette définition date de 1982. Elle a le mérite de la clarté mais ne reflétait absolument pas les multiples situations particulières de sous-emplois ou d'inactivité forcée, induites par une longue période de crise et la fragmentation du marché du travail. D'où l'introduction du «halo» à la fin des années 2000. Un critère comparable dans une certaine mesure aux catégories B et C de Pôle emploi, qui recensent les travailleurs à temps partiel, et tentent ainsi de mesurer par un autre biais le poids du sous-emploi.


Les deux mesures de l'Insee -chômage au sens du BIT et halo du chômage- viennent en effet compléter les outils plus connus en France du ministère du Travail. Lorsqu'il publie ses traditionnelles données mensuelles, le ministère se base sur les variations des inscriptions au mois le mois à Pôle Emploi. D'après cette grille, en septembre, le nombre de chômeurs atteignait, en France métropolitaine, 3,5 millions de personnes (catégorie A) ou 5,4 millions, si on intègre ceux qui ont travaillé à temps partiel (catégorie A, B et C comprises). A comparer avec les 2,85 millions de chômeurs au sens du BIT ou les 4,35 millions de personnes sans emploi, mais qui souhaitaient travailler, comptabilisés par l'Insee à fin juin.

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La France de l'injustice fiscale

La France de l'injustice fiscale | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
Plus de 50 % des foyers français sont aujourd'hui totalement exonérés de l'impôt sur le revenu. Guidé par des préoccupations électoralistes, cet état de fait est non seulement discutable sur le plan éthique mais destructeur sur le plan économique.
de Pascal Salin
François Hollande a toujours exprimé le souhait, même avant son élection à la présidence de la République, d'effectuer une importante réforme fiscale. Jusqu'à présent, elle a toujours consisté à augmenter la charge fiscale globale des Français, mais aussi à diminuer celle qui pèse sur les revenus les plus faibles. Cette politique qui, il faut bien le reconnaître, avait commencé avant lui, a conduit à une situation où plus de 50 % des foyers fiscaux sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu. Et François Hollande a récemment annoncé qu'il allait continuer dans cette même voie à l'occasion du budget de 2016, qui devrait faire bénéficier 8 millions de foyers fiscaux de baisses ou d'exonérations d'impôt sur le revenu.
Lors de la première baisse d'impôts ciblée sur les revenus les plus faibles, nombre de commentateurs avaient proclamé qu'il y avait là un indice de la conversion de François Hollande et de son gouvernement à une politique libérale. On soulignait qu'on abandonnait ainsi une politique de demande d'inspiration keynésienne consistant à accroître les dépenses publiques pour augmenter la demande globale et qu'on se convertissait à ce qu'on appelle une « politique de l'offre ». Par ailleurs une telle politique est évidemment présentée comme une expression de la justice fiscale puisqu'elle consiste à soulager ceux dont les revenus sont les plus faibles. La réalité est malheureusement bien différente, aussi bien du point de vue de l'efficacité de cette politique que de son aspect éthique.
Les politiciens le savent bien : tout l'art de la politique consiste à maximiser le nombre de ceux qui sont satisfaits en tant que bénéficiaires des dépenses publiques et en tant que contribuables, et à minimiser le nombre de ceux qui sont mécontents (en particulier parce qu'ils paient des impôts élevés). Ceci explique parfaitement la « réforme fiscale » proposée par François Hollande alors qu'on se rapproche de la prochaine élection présidentielle.
Si un président veut obtenir des soutiens électoraux, il a tout intérêt à exonérer d'impôt un grand nombre de petits contribuables plutôt que de baisser les impôts d'un petit nombre de gros contribuables. Pour qu'il en aille autrement, il faudrait être dans un système tout différent où un électeur disposerait d'un nombre de votes proportionnel aux impôts qu'il paierait (à l'image de ce qui se passe pour une entreprise où les droits de vote sont proportionnels au nombre d'actions possédées), ce qui serait évidemment difficilement accepté.
Où est donc la morale dans ce jeu politique ? La prétendue justice fiscale qui consisterait à favoriser les titulaires de faibles revenus n'est en fait qu'un paravent pour masquer l'égoïsme des politiciens. En exonérant un grand nombre d'électeurs de l'impôt sur le revenu, les dirigeants politiques font peser de manière croissante le poids des dépenses publiques sur les titulaires de revenus moyens ou élevés. Ces derniers supportent ce poids soit immédiatement, soit ultérieurement dans le cas où le gouvernement finance les exonérations d'impôts par un déficit public (ce qui consiste à cacher à court terme le poids réel de leurs décisions).

Or, les titulaires de revenus moyens ou élevés n'ont pas volé les ressources dont ils disposent. Ils les ont obtenues par leurs propres efforts de travail, d'épargne, d'imagination, et leurs droits de propriété sont légitimes. Y porter atteinte de manière démesurée - au nom de la justice fiscale - constitue en fait une grande injustice fiscale. Le gouvernement français compte faire voter une loi contre les discriminations. Mais il pratique lui-même une discrimination considérable entre contribuables. Par ailleurs, en exonérant d'impôt sur le revenu un très grand nombre de contribuables, les dirigeants politiques développent ce qu'on peut appeler « l'illusion de la gratuité » : les services de l'Etat paraissant gratuits, il y a une incitation à demander un accroissement sans limites des activités étatiques.
De manière générale, lorsque la morale n'est pas respectée, l'efficacité n'est pas au rendez-vous. Tel est bien le cas en l'occurrence. C'est à tort, en effet, qu'on considère toute baisse d'impôt comme une application des principes de l'économie de l'offre car toutes les baisses d'impôts n'ont pas les mêmes effets. Ce qui est déterminant ce sont les modifications des incitations productives qu'elles entraînent et c'est d'ailleurs pourquoi, au lieu de parler d'économie de l'offre, il conviendrait de parler d'économie des incitations. Ce qu'il faut supprimer ce sont les impôts les plus destructeurs des incitations productives.
De ce point de vue, il convient de diminuer ou même de supprimer la progressivité de l'impôt qui a pour conséquence de punir ceux qui sont les plus productifs, les plus innovateurs, les plus travailleurs, les plus aptes à investir. Or, en les punissant, on réduit les capacités de croissance et d'emploi d'une économie, ce qui nuit à tous. En exonérant d'impôts les titulaires de faibles revenus on crée l'illusion d'une politique bienveillante à leur égard, mais on empêche en fait l'amélioration à terme de leur niveau de vie. Il serait donc souhaitable que la raison remplace la démagogie. Mais il y a de quoi être inquiet lorsqu'on constate que même les hommes politiques de droite, s'ils commencent à avoir le courage de critiquer (à juste titre) l'ISF, n'osent pas - sauf de très rares exceptions - mettre en cause le tabou de la progressivité de l'impôt.
Pascal Salin
Pascal Salin est professeur honoraire à l'université Paris-Dauphine.
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