Economie : des voix s'élèvent au PS contre... de nouvelles hausses d'impôts ! | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it
La perspective d'un nouveau tour de vis fiscal inquiète à droite, mais aussi... à gauche ! Le président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, s'inquiète ainsi ce matin du risque que ferait courir à la croissance de nouvelles hausses d'impôts. Dans un entretien publié par 'Les Echos' du jour, M. Bartolone estime que "la priorité va à la réduction des dépenses", et met en garde le gouvernement contre l'alourdissement de la fiscalité : "attention à ne pas nous retrouver dans une situation où on étoufferait le peu de croissance qui existe encore en réduisant le pouvoir d'achat des ménages... Ce serait une solution de facilité aux conséquences lourdes". 

Le responsable socialiste ajoute qu'il est "contre une nouvelle hausse générale d'impôt. En revanche, "cela ne me dérangerait pas que l'on réexamine une à une les niches fiscales à l'aune de trois critères : leur impact sur l'emploi, la protection de l'environnement et la justice dans la répartition de l'effort", conclut-il.

Pour sa part, le Premier secrétaire du Parti socialiste, Harlem Désir, a estimé hier sur 'RTL' qu'il ne fallait pas "en rajouter" sur le plan de la fiscalité et il a appelé privilégier les "réductions de dépenses" en faisant "des efforts dans toutes les administrations".

Les responsables du PS réagissent ainsi aux déclarations du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, qui a estimé hier à 6 Milliards d'Euros le montant des recettes fiscales supplémentaires à trouver en 2014, afin de combler le manque à gagner lié à la crise économique. Un revirement décrié à gauche comme à droite, le gouvernement ayant jusqu'ici promis de ne plus alourdir la fiscalité après avoir déjà mis en oeuvre un tour de vis fiscal de l'ordre de 20 MdsE dans le budget 2013.

Entretemps, la Commission européenne a balayé les hypothèses de croissance et de dette du gouvernement. Elle a publié vendredi de sombres prévisions : la croissancefrançaise se limiterait à 0,1% en 2013 (contre 0,8% prévu par Paris) avant une légère reprise de 1,2% en 2014. Quant au déficit public, il s'établirait à 3,6% cette année (loin de l'objectif de 3% de Paris), et si rien n'est fait, il grimpera encore en 2014, pour atteindre à 3,9% !

Pour enrayer ce dérapage, Paris promet de nouveaux efforts afin de ramener le déficit à 3%, sinon en 2013, du moins en 2014... La priorité irait donc aux réductions des dépenses, mais il apparaît désormais que des prélèvements fiscaux supplémentaires seront sans doute aussi nécessaires... Ainsi, au Salon de l'Agriculture ce week-end, François Hollande a estimé que "c'est d'abord par des économies, et subsidiairement par des prélèvements supplémentaires, que nous devrons atteindre nos objectifs" en 2014. Au passage, le chef de l'Etat a aussi admis que le chômage ne baisserait pas cette année, contrairement à ses engagements précédents, et qu'il faudrait attendre 2014 pour observer une inflexion positive pour l'emploi...