La France peine à attirer les projets d'investissements internationaux - Localtis.info un service Caisse des Dépôts | ECONOMIE ET POLITIQUE | Scoop.it

La France a de plus en plus de mal à attirer les projets d'investissements internationaux. D'après le dernier rapport de l'Agence française des investissements internationaux (Afii), 693 nouveaux projets de ce type ont été réalisés, contre 782 en 2011. Et le nombre moyen d'emplois créés est aussi à la baisse... Illustration en Alsace, pourtant considérée comme l'une des régions les plus attractives.


"On résiste, mais cela s'effrite et on voit bien que l'attractivité de la France est à l'épreuve." D'après le sénateur du Bas-Rhin, également président d'Alsace International, André Reichardt, l'Alsace a de plus en plus de difficultés à attirer des investisseurs étrangers. "Auparavant, nos atouts, concernant notre positionnement géographique, notre main-d'oeuvre très qualifiée et notre biculturalisme faisaient la différence, maintenant l'Alsace n'échappe plus à la règle", explique ainsi le sénateur.
Car l'Alsace ne fait malheureusement pas figure d'exception. Le rapport 2012 de l'Agence française des investissements internationaux (Afii), publié le 4 avril 2013, témoigne de cette difficulté qu'a la France à attirer de nouveaux projets issus de l'international. Au total, en 2012, 693 nouveaux projets d'investissements étrangers ont été réalisés en France, qui ont créé 25.908 emplois, contre 782 projets en 2011, et 31.815 emplois. De plus, le nombre moyen d'emplois créés ou maintenus par les projets est inférieur au niveau observé ces cinq dernières années. Il s'élève en 2012 à 37, contre 40 en 2011 et 60 en 2006… D'après l'Afii, ces chiffres s'expliquent par "une tendance à l'implantation dans les pays d'Europe centrale et orientale de projets intensifs en main-d'oeuvre, l'effet de la crise économique, qui a conduit les investisseurs à réduire l'ambition initiale de certaines projets", mais aussi par "un nombre plus élevé de projets de petite taille". 402 projets d'une taille inférieure à 20 emplois ont ainsi été recensés en 2012, soit 58% de l'ensemble des projets. En 2010, ils comptaient pour 54% et en 2007 pour 42%... "Maintenant quand on fait venir une entreprise, elle correspond davantage à 10 ou 20 emplois qu'à 50 ; 100 salariés, c'est extraordinaire, précise André Reichardt, et il faut proposer beaucoup d'aides aux entreprises pour qu'elles acceptent de venir !" Pour le sénateur, les difficultés viennent aussi d'une mauvaise image de la France. "La productivité de la France est reconnue difficile, sans parler de la compétitivité, détaille-t-il. Le départ de Gérard Depardieu par exemple a aussi été dramatique pour l'image de la France. Et pour 2013, on ne voit pas comment la tendance pourrait s'inverser…"