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Les compétences en éducation aux médias - cadre général | CSEM

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Le Conseil Supérieur de l’Education aux Médias (CSEM) a notamment pour mission de favoriser l’intégration de l’éducation aux médias ainsi que l’exploitation pédagogique des médias et des technologies de l’information et de la communication (TIC)...

 

http://www.educationauxmedias.eu/sites/default/files/files/CompetencesEducationMedias_Web.pdf

Julien Lecomte's insight:

Cadre de compétences basé notamment sur les travaux de T. De Smedt et P. Fastrez :

- DE SMEDT Thierry, « L'insertion scolaire des compétences en littératie médiatique », conférence donnée le 12 février 2011 à Paris (in Site INA-Expert, janvier 2012) : http://www.ina-expert.com/e-dossier-de-l-audiovisuel-l-education-aux-cultures-de-l-information/l-insertion-scolaire-des-competences-en-litteratie-mediatique.html

- FASTREZ Pierre, « Quelles compétences le concept de littératie médiatique englobe-t-il ? Une proposition de définition matricielle », in Recherches en communication n°33 : les compétences médiatiques des gens ordinaires (I), Louvain-la-Neuve : Université catholique de Louvain, 2010 : http://sites.uclouvain.be/rec/index.php/rec/issue/view/494

 

Sur le compte slideshare de ce dernier : http://fr.slideshare.net/pfastrez

> « La compétence médiatique : du concept à la mesure », le 17/05/2010. 

> « Littératie médiatique : quelles compétences ? », le 16/11/2010.

> « De la lecture à la navigation : quelles compétences médiatiques ? », le 06/04/2011.

 

Actualisation de mon article relatif aux compétences en éducation aux médias en conséquence : http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/

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Didactique, éducation, pédagogie
Réflexions pédagogiques / sur la didactique et ressources en sciences humaines et sociales. Voir aussi : http://www.philomedia.be (catégorie Enseignement)
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Faut-il interdire le smartphone à l’école ?

Faut-il interdire le smartphone à l’école ? | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

C’est une question qui taraude beaucoup de parents et d’enseignants : faut-il interdire le smartphone à l’école ? Je ne vais pas vous faire attendre : la réponse est… oui !

 

Du moins s’il faut en croire une étude réalisée par le Centre pour la performance économique de la London School of Economics, pas la première haute école venue. C’est le Guardian qui en parle, le journal britannique le plus ouvert au numérique. Ce n’est donc pas un truc de vieux réacs technophobes.

Julien Lecomte's insight:

Les deux études citées dans l'article :

- http://cep.lse.ac.uk/pubs/download/dp1350.pdf ;

- http://advertising.microsoft.com/en/cl/31966/how-does-digital-affect-canadian-attention-spans

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Approche socioéducative des usages et enjeux des TIC | Philosophie, médias et société

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Approche socioéducative des usages et enjeux des technologies de l’information et de la communication (15h), dans le cadre de la troisième année de Bachelier en éducateur spécialisé, Haute École Libre Mosane – Centre de Formation Éducationnelle Liégeois (HELMo-CFEL), Liège, 2015.

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Albert Jacquard : l'intelligence - YouTube

Albert Jacquard à propos de l'intelligence.

Julien Lecomte's insight:

Une vision de l'intelligence constructiviste et existentialiste, étude de cas intéressante dans le cadre du cours de Philosophie et éthique de la communication http://www.philomedia.be/category/philosophie-et-ethique-de-la-communication/

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Éduquer aux médias ou imposer la vérité officielle ?

Éduquer aux médias ou imposer la vérité officielle ? | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Ce ne sera pas un cours à part entière, tel que celui de français ou de mathématiques. L’éducation aux médias et à l’information consistera en « un enseignement intégré de manière transversale dans les différentes disciplines », nous annonce le site du ministère de l’Éducation nationale. Concrètement, que cela signifie-t-il ? « À apprendre aux élèves à lire et à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique et à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie. »
L’objectif est à la fois très ambitieux et… totalement creux. Apprendre à nos chères têtes blondes à réfléchir par eux-mêmes en les plaçant sous le joug de la tyrannie médiatique, il fallait y penser ! Mais rendons tout de même à César ce qui lui appartient, ce n’est pas une initiative du gouvernement actuel. L’éducation aux médias figure depuis juillet 2006 dans le socle commun de connaissances et de compétences que tout élève doit maîtriser en fin de scolarité obligatoire.

La ministre a annoncé de grands changements sans indiquer comment ils pourront être financés dans le détail. On sait simplement que l’enveloppe globale s’élève à 250 millions d’euros.

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Faut-il imposer le numérique en éducation ? | Philosophie, médias et société

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Certains "penseurs" du numérique devraient probablement être plus à l'écoute des fondements des critiques qui leur sont adressées par les apprenants eux-mêmes...

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Activités d'éducation aux médias : recherche documentaire et production de contenu | Philosophie, médias et société

Activités d'éducation aux médias : recherche documentaire et production de contenu | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Cet article présente d'une part un cadre par rapport à la recherche documentaire sur Internet (comment questionner les jeunes sur leur expérience de la recherche et comment la baliser en conséquence), et d'autre part un ensemble d'éléments à prendre en compte dans le contexte d'une activité de production de contenu médiatique, avec un focus sur la conception d'un blog.

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Médias & informations : 40 activités pédagogiques pour le secondaire

Médias & informations : 40 activités pédagogiques pour le secondaire | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Médias & informations, un focus sur l'éducation aux médias d'information.

 

Qu'est-ce qu'un média ? Qu'est-ce que l'information ? Comment éduquer les élèves à distinguer une information fiable d'une information peu fiable ?

 

40 activités pédagogiques pour aborder en classe :

- la presse écrite et en ligne,

- l'information en télé et en radio,

- les encyclopédies collaboratives,

- les réseaux sociaux.

 

Un outil idéal pour les enseignants du secondaire ou pour toute personne désireuse de développer son esprit critique face à la masse d'informations quotidienne.

Julien Lecomte's insight:

J'ai rédigé les points théoriques et une partie de l'introduction de cet ouvrage, en collaboration avec ACMJ asbl (Manuela Guisset, Sophie Lapy et Jehanne Bruyr).

 

La logique de ce livre est d'allier l'usage des médias avec une réflexion critique. Il tâche de susciter la curiosité, la créativité et les productions des jeunes tout en les amenant à s'interroger "de l'intérieur", via des éclairages théoriques et pratiques.

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Julien Lecomte's curator insight, October 13, 2014 3:15 AM

J'ai rédigé les points théoriques et une partie de l'introduction de cet ouvrage, en collaboration avec ACMJ asbl (Manuela Guisset, Sophie Lapy et Jehanne Bruyr).

 

La logique de ce livre est d'allier l'usage des médias avec une réflexion critique. Il tâche de susciter la curiosité, la créativité et les productions des jeunes tout en les amenant à s'interroger "de l'intérieur", via des éclairages théoriques et pratiques.

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Peut-on changer les profs ?

Peut-on changer les profs ? | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Peut-on vraiment modifier les croyances des futurs enseignants ? On voit tout de suite l'intérêt de cette question au moment où on rétablit une formation professionnelle des enseignants avec la volonté de ne pas reproduire de génération en génération la même école mais de la changer. Marcel Crahay et Fanny Boraita, université de Genève, se sont attachés à compulser toutes les études sur ce sujet pour arriver à définir les bonnes stratégies de changement et donc, finalement, de formation des enseignants. Ils nous offrent dans la Revue française de pédagogie, n°183,une véritable réflexion sur la formation des professeurs.

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Faut-il prescrire des comportements aux élèves en matière d'éducation aux médias ? Le cas de Child Focus | Philosophie, médias et société

Faut-il prescrire des comportements aux élèves en matière d'éducation aux médias ? Le cas de Child Focus | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Par Nathalie Papleux (@napapleux) – Master 1 en Éducation aux médias. Rédigé dans le cadre du Cours de Philosophie et éthique de la communication, IHECS, année scolaire 2013-2014

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Pédagogie des formations professionnelles : discours sur la méthode | Philosophie, médias et société

Pédagogie des formations professionnelles : discours sur la méthode | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Malgré le clin d’œil à Descartes, ce texte n'est pas un discours de la méthode, recommandant comment faire, mais bien sur la méthode, par rapport à ce qui existe. Il s'agit d'un point de vue qui se veut critique quant au modèle didactique ambiant dans les formations pour adultes en Belgique francophone.

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Fragilités et défis de la formation des enseignants à la complexité culturelle

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Philotozzi | L'apprentissage du Philosopher

Ce site a pour objectif de présenter les travaux menés depuis 1988 par Michel TOZZI sur la didactique de la philosophie, ou plus exactement la didactique de l’apprentissage de philosopher. On y trouvera les références bibliographiques d’ouvrages et d’articles sur la question, ainsi que certaines publications récentes in extenso. Le champ de recherche couvre :

1) les pratiques de la philosophie à l’école

2) Les pratiques nouvelles de la philosophie dans la cité


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L’oral argumentatif en philosophie - Les Cahiers pédagogiques

Note de lecture relative à l'ouvrage de M. Tozzi, sur le site des Cahiers pédagogiques.

 

[...] À noter aussi un intéressant chapitre sur le dialogue philosophique (le fonctionnement du dialogue argumentatif, ses règles, ses limites) où l’on voit qu’il ne s’agit pas seulement de faire dialoguer ses élèves mais bien aussi de les faire réfléchir sur le dialogue [...] Est-ce parce que [la discussion] aborde des notions ou des problèmes philosophiques ? Sans doute, mais c’est bien autant par la manière dont ces questions sont abordées [...]

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What's Your Motivation? | Powerful Voices

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A free professional development resource for K-6 educators for teaching media literacy using digital media and popular culture.

Julien Lecomte's insight:

Cf. http://powerfulvoicesforkids.com/blogs/motivations-using-digital-media

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Raciste, qui es-tu ?

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Gouverné par la gauche, peu éduqué, pas toujours vieux… Le raciste français n'est pas forcément celui qu'on croit.

Julien Lecomte's insight:

Cet article met en perspective le racisme, les préjugés et l'éducation

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L'EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ?

L'EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ? | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Par Pascal Duplessis.

 

Pourquoi réagir aujourd'hui plus qu'hier à un énième article sur le prétendu miracle de la révolution numérique à l'école ? Entre les pages d' Eduscol, les lettres TIC'Edu, les Traam, le MoocdocTice et jusqu'aux Boussoles du numériques et Ludovia, il y a pourtant mille et une occasions de marquer sa distance vis-à-vis de la massive online stratégie de l'institution consistant à précipiter « l'école dans l'ère du numérique », à moins qu'il ne s'agisse de faire entrer – par tous les moyens possibles - l'économie numérique dans l'école. Cette stratégie est le fait d'une institution (pourtant) publique qui semble pressée d'en finir avec le modèle humaniste de l'école française.

 

Non, c'est un humble article de collègues[1] récemment publié sur docpourdocs qui provoque cette réaction et m'incite à appeler à la prudence, au risque de passer en l'occurrence pour retardataire ou technophobe, puisque aujourd'hui, tout discours appelant à prendre le temps de l'examen est qualifié de négatif.

Julien Lecomte's insight:

En 2014, j'ai écrit "Faut-il imposer le numérique en éducation" ( http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/ ) ainsi que "Sur la réflexivité dans les pratiques d’éducation aux médias et à l’information" (Mediadoc, 2014 - http://www.philomedia.be/pdf/Mediadoc-reflexivite.pdf ).

Il y a des enjeux à penser les différentes mutations et évolutions des sociétés contemporaines : médias et technologies (numériques ou non), interculturalité, valeurs (citoyenneté, démocratie, etc.), langages, etc. (quelle que soit la forme que prennent les dispositifs visant à y éduquer, bien que le débat soit aussi très important).

 

De plus, je pense que les compétences info-documentaires sont effectivement une excellente base pour réfléchir à une "éducation à l'information" (j'ai d'ailleurs coécrit un article avec Akémi Roberfroid, intitulé "Journaliste et documentaliste : quelle complémentarité ?" http://www.abd-bvd.be/index.php?page=cah/rc-2013-1&lang=fr ). Une éducation à l'info-doc qui ne serait qu'une éducation aux usages de la presse me semblerait sérieusement lacunaire, par exemple.

 

Cependant, je rejoins Pascal Duplessis dans plusieurs de ses inquiétudes et réserves quand celui-ci pointe des repères flous, parfois fourre-tout, accompagnés d'effets de mode pédagogiques (et politico-institutionnels, témoignant parfois de conflits territoriaux entre les acteurs de terrain, revendiquant tous leur part du gâteau). Surtout dans la mesure où il invite à prendre du recul. Déjà en 2012, j'attirais l'attention sur "Les apprentis sorciers de l'éducation aux médias" ( http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/ ) qui s'engouffrent dans des pratiques hasardeuses, inefficaces ou encore marquées d'un parti pris flagrant à l'égard des technologies et leurs usages.

En effet, si l'éducation aux médias (et à l'information) consiste à remplacer les idées reçues des apprenants par celles des enseignants ou du pouvoir en place, selon moi elle passe tout-à-fait à côté de ses enjeux. Mais bon, quand une Ministre laisse entendre qu'elle va allouer des budgets (ce n'est pas tous les jours, il faut le reconnaitre), l'occasion est trop belle, sans doute...

 

A ce niveau, je crois néanmoins que les professeurs documentalistes, dont le statut relativement hybride occasionne des difficultés de terrain, notamment au niveau de la reconnaissance institutionnelle, sont loin d'être les premiers concernés.

 

[Edit : lire une réponse des auteures de l'article auquel Pascal Duplessis a entendu réagir : http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article555#forum2193 ]

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Julien Lecomte's comment, February 11, 2:37 PM
@LNmulot j'ai ajouté ceci : [Edit : lire une réponse des auteures de l'article auquel Pascal Duplessis a entendu réagir : http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article555#forum2193 ]
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Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves

Cet article fait suite à la lecture de ce témoignage d'une enseignante, que l'on a pu lire dans la presse : http://www.lepoint.fr/societe/le-desarroi-d-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves-09-01-2015-1895173_23.php

 

Mon propos ici est d'analyser ce témoignage, et d'ouvrir la réflexion sur des pistes éducatives pour aborder ce sujet.

 

A la lecture de cet article, j'ai été choqué (comme l'enseignante a pu être choquée par ce à quoi elle a été confrontée). A chaud, je me suis dit que cette prof a raté l'occasion de faire véritablement son métier, ce jour-là.
Mon ami Cyrille Frank m'a fait remarquer que mes propos étaient durs, démesurés sans doute. En effet, et je le rejoins, une enseignante ne peut régler à elle seule les tensions auxquelles elle a été confrontée. Ce problème la dépasse à plusieurs niveaux, et il ne faut pas chercher bien loin pour constater que certains individus subissent un puissant endoctrinement.
L'émotion est encore grande par ailleurs. Ces attentats et meurtres ont eu l'effet d'une gifle pour les citoyens, de toutes cultures. Il serait malvenu de la fustiger parce qu'elle n'a pas eu une réaction "à froid". Ce serait inhumain de demander aux profs de ne pas avoir de réaction émotionnelle, quand le reste de la population partage un deuil...
De plus, elle n'avait pas l'air de s'attendre à la réaction de certains jeunes. Elle a été prise de court, elle n'y était pas préparée et a donc fait ce qu'elle a pu. Elle dit à deux reprises avoir été choquée, ce qui est tout à fait compréhensible.


Les professeurs n'ont pas la mission la plus facile qui soit, et beaucoup d'attentes reposent sur eux, pour une reconnaissance relativement faible par rapport à leur travail... L'article que j'ai choisi de traiter ici n'est d'ailleurs pas le seul témoignage d'un enseignant qui a rencontré des difficultés lorsqu'il a abordé le sujet de Charlie Hebdo.

 

Pour ces raisons et d'autres encore, je ne prétends pas que j'aurais mieux géré la situation que cette prof, et tiens à souligner que pour être cohérent, il est justement sain que l'émotion de la prof dont il est question ici puisse être exprimée et entendue, et que l'on puisse retrouver une démarche constructive qui ne nie pas cette facette de la réalité.

Je ne suis d'accord ni avec ce qu'elle a dit, ni avec sa manière de le dire. Pourtant, je peux essayer d'entendre son émotion (la reconnaître, être empathique avec elle, comprendre son ressenti) et, plutôt que de vouloir la faire taire parce que ses propos m'ont choqué, je peux ouvrir le dialogue avec elle.

 

Ceci étant dit, et justement parce que je suis de ceux qui pensent que l'enseignement est un pilier fondamental de la civilisation, je reste vraiment perplexe par rapport à la réaction de cette enseignante.


Voici pourquoi.

D'abord, elle mentionne qu'un élève lui demande "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ?", qu'elle a "trouvé cette réaction violente" et que "ses camarades ont été choqués également".
Sa réaction ? Lui rappeler "l'évidence", tenter de manipuler l'assemblée et jouer sur le conformisme ("plomber l'ambiance") : "il fallait éviter que d'autres s'amusent à jouer les caïds pour épater la galerie pendant ce moment de recueillement".
Derrière ce qu'elle interprète comme un comportement de caïd, il y a une vraie question de fond. Ne pas prendre ses élèves aux sérieux, première erreur didactique.
Peut-être voulait-il jouer le caïd, mais en lui donnant comme seule réponse de se taire par rapport à une question qui n'est absolument pas évidente, elle nie les valeurs qu'elle prétend honorer. Que dire des musulmans décimés dans le conflit israélo-palestinien, des morts en Irak, en Syrie, en Afghanistan... De ces humains tués par milliers, pour qui on ne fait pas de minute de silence ? A ce sujet, lire notamment : http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

L'enseignante continue ensuite : "Durant la minute de silence, dans les autres classes, il y a eu plusieurs expulsions d'élèves, les uns parlaient, disaient des choses affreuses, les autres rigolaient. Un petit de 6e de confession musulmane a carrément refusé de respecter la minute de silence. Tous ces élèves un peu "retors" ont été envoyés chez le principal de l'établissement et chez l'infirmière scolaire pour entendre un discours différent de celui qu'ils entendent sans doute chez eux".
Visiblement, elle est loin d'être la seule à être dans le désarroi. Cependant le vocabulaire utilisé est symptomatique : "disaient des choses affreuses" "carrément refusé" "ces élèves un peu "retors" " ! Ces mots sont forts. On la sent estomaquée, comme frappée au ventre.

Dans la suite de son récit, elle mentionne une autre jeune, qui lui dit "Madame, on ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète, c'est normal qu'on se venge. C'est plus qu'une moquerie, c'est une insulte !"
Il y a deux choses dans cette phrase, que la prof ne semble manifestement pas distinguer.
D'une part, il y a caution de l'acte commis. Ce n'est pas acceptable. Non, ce n'est pas normal que l'on se venge, que l'on veuille faire taire ceux qui nous choquent (...).
Mais d'autre part, il y a aussi la blessure, et l'émotion qui résulte des caricatures. La même émotion ressentie par cette enseignante par rapport à des enfants qui refusent de faire une minute de silence ou qui en questionnent le sens.
Elle dit : "j'étais choquée, j'ai tenté de rebondir sur le principe de liberté et de liberté d'expression". C'est paradoxal. Au nom du principe de liberté d'expression, ces jeunes n'auraient pas le droit d'exprimer leur perplexité, leur colère ? De quelle liberté d'expression est-il question ? Y aurait-il en France une liberté d'expression à deux vitesses, qui fait que le choc et les émotions désagréables imposés à certains sont plus légitimes que d'autres ?

Ce n'est pas de liberté d'expression dont il est question lorsqu'il s'agit de condamner des actes criminels, mais de principes avec lesquels une grande partie de musulmans se dit d'accord (cf. entre autres Hassen Chalghoumi ( http://www.bfmtv.com/societe/la-communaute-musulmane-condamne-l-attentat-contre-charlie-hebdo-856227.html ), Tareq Oubrou ( http://www.sudouest.fr/2015/01/09/en-video-le-preche-sans-concession-de-tareq-oubrou-a-la-mosquee-de-bordeaux-1791654-2780.php ), Mohamed Ramousi ( http://www.lalibre.be/actu/international/apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-il-est-urgent-d-etre-lucides-54ad878c3570d587e32a2005 ), Muhammad Tahir-ul-Qadri ( http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/un-erudit-musulman-publie-une-fatwa-contre-le-terrorisme_1313557_3214.html ) ou encore Tariq Ramadan ( https://www.facebook.com/official.tariqramadan/posts/1010354452312184 ). A cela s'ajoutent des communiqués signés par des collectifs d'associations ( http://mrax.be/wp/charlie-hebdo-un-collectif-dassociations-reagit/ ) et autres messages publics ( http://www.europe1.fr/societe/musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnation-2340445 )). Il est donc possible de se baser AUSSI sur l'islam, une certaine lecture ou une certaine pratique de celui-ci, pour condamner les crimes commis, les meurtres.
Par contre, il est bel et bien question de liberté d'expression lorsque des individus expriment un désaccord, choquent.
Il est facile de parler de liberté d'expression lorsque l'on a l'impression que tout le monde est d'accord, lorsqu'il y a un unanimisme écrasant tout sur son passage, tel un rouleau compresseur. Un défi d'une société qui prétend à la liberté réside dans l'organisation équitable du débat pluraliste et de la critique. Il faut accepter que l'on puisse condamner les crimes commis tout en étant choqué et/ou en désaccord par rapport aux caricatures (cf. à ce sujet : http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987 - http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme - http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html )

 

Continuons. Selon la prof, "leur professeur de français avait eu l'intelligence de leur montrer les unes de Charlie pour leur montrer que l'islam n'était pas la seule religion à être moquée. Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison". Selon moi, cela fait partie de l'approche pédagogique. En effet, face au possible sentiment d'être stigmatisé - une fois encore - par cette France que les citoyens "pure souche" honorent (ce qui est paradoxal, quand on connait un peu Charlie Hebdo et ses "cibles" favorites), envoyer le message que l'on ne veut pas faire d'amalgame. Je pense qu'il est nécessaire également d'aller plus loin, ce que font probablement de nombreux professeurs (y compris ce professeur de français).

Dans la fin de cet article, je sens comme du découragement de la part de l'enseignante, ainsi que de la peur, ce qui peut se comprendre. Elle écrit : ""Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison [...] Les communautarismes ont resurgi d'un coup".

Le message, cependant, est terriblement connoté. Cette prof nous met face à ce qui est pour elle une fatalité. Au fond, "on a tout essayé" (en une heure de cours), on a tenté de leur inculquer les "bonnes valeurs républicaines", mais ils n'ont rien compris.
Ces jeunes sont irrécupérables. "Nous ne pouvons rien faire, face à leur famille, leurs parents qui leur mettent des trucs pas catholiques (...) en tête".
Ne s'est-elle pas interrogée sur le fait que ces jeunes allaient se reconnaitre dans cet article ? Eux, ces "hors-système" avec lesquels la France a tout essayé mais qui ne veulent désespérément rien comprendre et s'intégrer ?

"Je venais de voir quelques-unes de mes élèves de confession musulmane debout, la tête baissée, presque gênées, pour elles, pour leurs familles, ça doit être dur de voir certains faire l'amalgame". La voilà la bonne attitude de personne musulmane : celle qui s'excuse pour des crimes qu'elle n'a pas commis. Celle qui baisse bien la tête, et qui ferme bien sa gueule... Est-ce cela le message à envoyer ? Je ne crois pas.

 

Le message envoyé par son attitude, c'est que la valeur de respect des uns est plus légitime que celle des autres ; que l'émotion des uns (la colère, la tristesse, la peur) est plus légitime que celle des autres ; que l'expression des uns (la minute de silence) est plus importante que celle des autres.
Ce n'est pas le message de la liberté d'expression.
Ce n'est pas le discours défendu par Charlie Hebdo, qui se bat(tait) contre les dogmes, la parole unique. Toute proportion gardée (j'insiste), faire taire des gens à l'opinion dissidente, c'est ce que font justement les terroristes.


Toutes ces raisons font que pour moi, l'attitude de cette prof - et le fait qu'elle en fasse le récit dans la presse ! - envoie plusieurs messages dommageables aux jeunes ET sont incohérents avec les valeurs dont elle se revendique !

Je pense par ailleurs qu'il y a un symptôme inquiétant dans le fait que certains professeurs ne se rendent compte de ce qui se vit dans leurs classes que suite à ces attentats. Cette école bien-pensante et choquée n'aurait peut-être pas du attendre des attentats pour parler d'interculturalité et de vivre ensemble ? A quoi sert-il de former des intellectuels si demain, ils passent leur temps à se taper dessus ?

 

Alors, qu'aurait pu faire l'enseignante ?

 

- Pour moi, il est déjà intéressant d'interroger le caractère "obligatoire" d'une minute de silence. Si nous devions faire une minute de silence pour toutes les morts injustes et absurdes dues à la guerre, nous n'ouvririons probablement plus jamais la bouche, malheureusement. Il était possible de répondre à un jeune qu'il était libre de ne pas faire silence, pour peu qu'il ne perturbe pas la minute de silence de ses semblables qui ont envie de la faire (en allant ailleurs par exemple, dans une salle d'étude surveillée si c'est possible...). La minute de silence aurait pu concerner "tous ceux qui sont morts suite à l'absurdité d'une guerre, d'un meurtre ou d'un attentat, dans quel que pays ou quelle que culture que ce soit". Libre à chacun d'honorer ceux qu'il souhaite, tant qu'il respecte la pratique des autres.
Il s'agit là seulement de pistes parmi d'autres.

 

- Lorsqu'une question est posée, ou qu'une remarque est faite par un élève, il y a une opportunité d'apprendre des choses. De faire son métier de prof.
Je suis déjà sorti exténué d'un débat que j'avais lancé sur des questions de racisme et de xénophobie dans une classe d'étudiants qui correspond à celle décrite par l'enseignante (en termes de mixité et de contexte social). Je suis conscient que ce n'est pas facile à gérer. Je sais cependant que j'ai pu assurer un cours sur la shoah et le conflit israélo palestinien et bénéficier d'une participation constructive des élèves ensuite. Durant ce débat, je n'ai parlé que pour cadrer le débat (et il le fallait, c'était un terrain glissant, je ne le nie pas) : les élèves ont parlé de leurs réalités, je ne suis pas venu avec mes gros sabots leur imposer la mienne. Après, nous avons pu construire. 

 

- Accepter que l'on puisse choquer, sortir de l'unanimisme ET écouter (cf. tous ces moments plein de "bons sentiments" et d'"unité nationale" qui ont débouché sur plus de stigmatisation : http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 ).
On ne condamne pas des valeurs ou des émotions. Il est possible de les entendre, d'y faire droit.
Le problème est infiniment complexe : n'a-t-on pas le droit d'être choqué lorsque l'on a l'impression que la France soutient Israël ? Qu'est-ce qui fait que nous ne connaissons pas le nombre de civils morts en Afghanistan, en Irak, en Syrie... Et que les médias Occidentaux n'en parlent pas dans la presse ? N'est-il pas légitime d'être en colère quand l'immigration est un des sujets les plus traités par la presse en France, à travers les voix de Zemmour, Le Pen ou encore Houellebecq récemment ?
Comme pour le raciste qui a eu une mauvaise expérience avec une personne d'origine étrangère et qui fait l'amalgame, plusieurs jeunes dont il est question ont peut-être été brimés, injustement traités ou violentés par des gens ou un système.
Il n'est aucunement question de justifier la violence qui en résulte, mais de faire la part des choses : ce qui est condamné - avec fermeté -, ce sont les actes criminels, les propos haineux, la violence. Pas le vécu, le ressenti, leur expérience (cf. ma réflexion sur la sémantique et la pragmatique : http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/ ).

 

- Condamner avec eux, et non contre eux. Être partenaires dans la construction (cf. http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ versus http://www.philomedia.be/la-discussion-c-est-la-guerre/ ). Organiser le dialogue constructif et pluraliste, qui peut permettre aux jeunes d'apprécier et de s'approprier les valeurs dont il rend compte.
Il y a des problématiques sur lesquelles le monde musulman gagnerait sans doute à se pencher : le fait qu'il y ait des passages interprétés de facto comme un appel au jihad dans le Coran, le fait qu'il n'y ait pas d'autorité religieuse centralisée avec suffisamment de légitimité pour assumer le fait que le Coran soit lu et interprété différemment par les hommes et que certaines lectures devraient prévaloir, etc. (Lire Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html ).
A ce titre, je pense qu'il est contre-productif de leur imposer une réflexion de l'extérieur (tout comme il me semble carrément inadéquat de leur imposer de s'excuser). Cette réflexion me semble d'autant plus belle et constructive qu'elle est portée par des musulmans (tout comme le mouvement #NotInMyName, ainsi que dans la vague d'expression de nombreux musulmans face aux crimes commis - cf. http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo ).
Bien sûr, il y a aussi une propagande nauséabonde (armée de théories du complot, appelant à la haine et à la violence) qui vise à recruter des jeunes et à en faire de la chair à canon... Celle-ci doit être déconstruite, par un travail de fond (à ce sujet, http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/ ).
Cependant, pour qu'un enseignant arrive à cette réflexion, il doit déjà connaître un minimum l'islam, et le contexte dans lequel baignent les croyants. Balayer d'un revers de la main le sentiment que le prophète est insulté par des caricatures, c'est une erreur.
Par contre, les réactions de différents musulmans ont montré que l'on pouvait aussi condamner les actes terroristes à partir même de l'islam. Il y a des points d'accord : "tuer un homme revient à tuer l'humanité", "le jugement n'appartient qu'à Allah" (même si un musulman peut dire à un égaré qu'il le trouve égaré, le conseiller, le guider, ce n'est pas à lui de le punir). Le prophète n'a pas besoin d'être "vengé".

 

Dans la mesure où il est possible de concilier religion et droits de l'homme, justement par le respect du pluralisme intrinsèque à la liberté d'expression, c'est cette piste qui me semble la plus riche.

Au niveau rhétorique, je crois aussi que le fait d'aborder un problème d'une telle ampleur de front n'est pas la meilleure stratégie, du moins pas la seule. Dès le plus jeune âge, des œuvres ou encore l'Histoire nous permettent de dresser des parallélismes et de construire une réflexion critique partagée. Roméo et Juliette, ou encore "Les Rivaux de Painful Gulch" (Lucky Luke !) sont des exemples de supports de discussion (parmi tant d'autres) par rapport à deux familles qui se détestent depuis des générations, au point d'en avoir oublié pourquoi, par exemple. Ils permettent de mettre à distance l'émotionnel, du moins dans un premier temps.
Je crois que l'esprit critique véritable est capable d'une autocritique. Fustiger les autres, c'est facile, mais assumer sa part, ce n'est pas évident. C'est la paille et la poutre. Exercer son jugement moral, y compris envers soi-même, cela s'apprend, se travaille, s'entraine (cf. Hannah Arendt : http://www.philomedia.be/lexique-auteurs-concepts-philo/#_Arendt ).

 

- "L’idéologie n’est jamais assumée en première personne : c’est toujours l’idéologie de quelqu’un d’autre", écrivait Ricoeur à ce sujet. Cela me mène à mon dernier point : je pense que l'identité collective est une chose à aborder en classe, de manière intelligente. Ce processus qui crée un "nous" et un "eux". Celui qui fait dire que vous êtes "avec nous" (dites-le que "vous êtes Charlie") ou "contre nous". Il importe d'être conscient de ses propres prises de position, et si l'on veut dénoncer les dogmatismes, de sortir soi-même des dogmes (lire par ex. http://www.philomedia.be/bien-pensants-la-tolerance-l-esprit-critique-et-le-dogme-du-libre-examen-et-de-la-raison/ ).

L'unité n'est pas un mal en soi. Elle est parfois le résultat de sentiments louables, et peut se manifester de manière pacifique.
Je ne peux que saluer encore une fois les démarches silencieuses et pacifiques qui ont eu lieu en réponse aux drames meurtriers. C'est un beau témoignage, qui envoie un message fort : nous ne répondons pas aux armes par les armes (et pourvu que cela dure !).
Ce que j'espère, comme d'autres (cf. http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 par exemple, déjà cité), c'est que cet unanimisme ne se transforme pas dans une attitude grégaire que l'on gagnerait par ailleurs à dénoncer dans ce contexte. La compréhension des processus à l’œuvre dans la création d'étiquette est fondamentale en éducation (d'ailleurs, pour éviter de qualifier un élève de "retors", de lui assigner indirectement une étiquette de "cas désespéré") ou pour comprendre la société.
A ce sujet, cf. notamment :
- http://www.philomedia.be/la-problematique-de-l-identite/
- http://www.philomedia.be/l-identite-selon-brubaker/
- http://www.philomedia.be/communautarismes-le-cas-belge/
- http://www.philomedia.be/reserves-a-parler-de-la-societe/
- http://www.philomedia.be/serge-paugam-la-disqualification-sociale/
- http://www.philomedia.be/quelques-regards-sur-l-exclusion-sociale/
- http://www.philomedia.be/ideologies-communautarismes-et-arrogance/

Pour conclure, je dirais que s'il est question de "défendre" "nos" "libertés", il importe d'être bien au clair sur ce que ces termes représentent. De quel "nous" est-il question ? Défendre, à quel prix, par quels moyens ? S'agit-il d'écraser les dissidents ? Quelles sont les limites de la liberté d'expression ? Comment être cohérent ?
La liberté d'expression entendue comme liberté de s'exprimer dans la mesure de l'offense (en reconnaissant le caractère poreux de cette frontière), excluant de ce fait les appels à la haine et les actes violents, est d'autant plus riche si elle se nourrit et si elle s'appuie de la diversité des opinions, du pluralisme et de la différence.
(Sur la liberté d'expression, des dossiers pédagogiques et articles existent, cf. notamment : http://www.amnestyinternational.be/doc/militer/militer-pres-de-chez-vous/les-groupes-ecoles/l-espace-enseignants/article/dossier-pedagogique-2011 - http://www.justice-en-ligne.be/article522.html ; )
Un système libre autorise sa critique. C'est la raison pour laquelle un enfant qui exprime son désaccord par rapport à une minute de silence n'est pas fouetté publiquement - et ne doit pas l'être ! -, comme il le serait dans d'autres systèmes pour une telle "infraction". C'est la raison pour laquelle je relaie des opinions avec lesquelles je suis en désaccord, et que je tâche d'y répondre avec les mots. C'est cette liberté d'expression là, qui bénéficie à celui qui n'est pas d'accord et qui s'insurge ou à celui avec qui personne n'est d'accord et contre qui tout le monde s'insurge, que j'aurais invoquée pour "remettre le cadre", et pas celle qui bénéficie à ces autres qui sont bien dans les rangs... C'est parce que cette morale protège l'expression des minorités qu'elle se veut universaliste...

Julien Lecomte's insight:

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

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Julien Lecomte's curator insight, January 12, 4:26 PM

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

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"Educations à… Ya basta !", par Alain Beitone | Revue Skhole.fr

"Educations à… Ya basta !", par Alain Beitone | Revue Skhole.fr | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Par Alain Beitone.

 

Les « éducations à » sont à la mode : nombreux textes officiels qui recommandent la mise en place de telles démarches, articles dans des revues de sciences de l’éducation, colloques et assises, ouvrages, formations universitaires, etc.

 

[...]

 

Les promoteurs des « éducations à » souhaitent aussi motiver les élèves, renouveler les pratiques pédagogiques… Qui pourrait s’y opposer ? D’autant que ces défenseurs des « éducations à » se présentent volontiers comme progressistes et critiques : « c’est dans le courant de l’approche critique sociale, que nous situons nos propres travaux » (Lange et Victor, 2006).

 

Nous voudrions montrer dans ce qui suit qu’au-delà de cette première approche « sympathique » se dissimule un projet de transformation de l’école qui remet globalement en cause à la fois les savoirs et les apprentissages sur fond d’exaltation de la post-modernité et du relativisme. Plus grave encore peut-être, cette logique, qui relève clairement de la pédagogie invisible, est de nature à créer des malentendus source d’inégalité dans les apprentissages. [...]

Julien Lecomte's insight:

Critique très virulente des "éducations à...", avec une réflexion épistémologique extrêmement nourrie.

 

Selon l'auteur, ces courants relèveraient d'un relativisme postmoderniste. Leurs contours seraient flous et impliqueraient une posture normative (qui n'est pas toujours assumée).

 

Sur ces points, l'article a le mérite de poser un débat trop souvent absent des réflexions pédagogiques, à savoir celui des présupposés épistémologiques et moraux des pratiques éducatives.

 

J'ai pour ma part déjà relevé des "dérives" similaires à celles pointées dans l'article, en ce qui concerne les "apprentis sorciers de l'éducation aux médias" ( cf. http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/ ) ou encore dans "pédagogie des formations professionnelles : discours sur la méthode" ( http://www.philomedia.be/pedagogie-des-formations-professionnelles-discours-sur-la-methode/ ).
Sous prétexte d'une "ouverture à...", certains ne font en réalité que plébisciter une vision du monde spécifique.
En prétendant rejeter des "certitudes" et "rigidités", ce courant ne ferait en réalité qu'asseoir de nouvelles rigidités, parfois simplistes. Paradoxalement, vouloir asseoir une politique éducative sur du relativisme implique une posture normative parfois assez radicale.
Enfin, les innovations sont parfois mises sur un piédestal en tant que telles, au détriment parfois d'une approche intégrée qui fasse réellement la part des choses entre ce qui fonctionne ou non (cf. par exemple  http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ ). Certains croient à tort qu'ils ont inventé la poudre.

 

Là où je suis en désaccord avec l'auteur, c'est quand il généralise les positions doctrinaires (explicites ou implicites) de certains "défenseurs" des "éducations à..." à toute une communauté qui serait homogène et qui par conséquent se positionnerait de la même façon sur les questions épistémologiques soulevées.
Je crois que quand on creuse, effectivement on peut trouver des postures doctrinaires assez simplistes, mais également une diversité de prises de position rationnelles, ou du moins réfléchies (qui à ce moment-là peuvent d'ailleurs faire droit à une "pensée du complexe" tout en faisant droit à une pensée "moderne").

Pour ma part, je développe d'ailleurs les questions d'épistémologie appliquées à l'éducation aux médias dans mon cours de Philosophie et éthique de la communication : http://www.philomedia.be/category/philosophie-et-ethique-de-la-communication/

 

Si l'auteur a raison par exemple quand il pointe des contours flous de certaines approches, je ne pense pas que ce soit nécessairement un caractère rédhibitoire. Je crois par exemple que la philosophie, justement, comme épistémologie ou comme philosophie morale, peut constituer un noyau fédérateur et transversal pour éclairer la question du savoir (information, connaissance, fiabilité...) ou encore celle de l'agir (citoyenneté, relation, responsabilité, etc.). La philosophie n'est pas uniquement un ensemble clos de contenu, une "discipline" : elle peut nourrir sa réflexion à partir des sciences de la nature, des mathématiques, des sciences sociales, de l'art, etc.

 

Par rapport à l'argumentaire relatif aux disciplines et à leur existence objective, j'ai plusieurs points de désaccords, mais je n'estime pas que ce soit la partie la plus intéressante de l'article, et donc ne m'y attarde pas.

 

De même, là où il pointe un relativisme, que l'on peut parfois observer en effet, je dirais que le pluralisme n'implique pas nécessairement le relativisme.
Il est un fait qu'un certain nombre de prises de position témoignent d'un parti pris idéologique.
Il est dommageable à mon sens que ce parti pris soit parfois ignoré, tabou ou encore nié avec mauvaise foi.
Le relativisme n'est cependant pas la seule alternative à un positivisme qui ne raisonnerait que par certitudes, et qui ne représente en réalité pas la majeure partie des penseurs qui se disent aujourd'hui "modernes", d'ailleurs. Il est dommage de critiquer une prise de position dualiste en ne dépassant pas davantage ce dualisme.

 

Il est notamment possible d'acter que les représentations mentales sont construites (constructivisme) et dépendent des perspectives particulières (perspectivisme) sans toutefois acter le fait que celles-ci sont alors relatives et se vaudraient, en s'accordant sur des postulats pragmatistes et/ou réalistes (voir aussi http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ et http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4018999544/2014/04/04/faut-il-innover-en-pedagogie )

 

Je terminerais par dire que l'article sous-estime à mes yeux un des arguments principaux des "défenseurs" d'une révolution en didactique, qui est que le système scolaire "actuel" est (lui aussi) lacunaire, partial, inégalitaire, etc. Si ceux-ci sont souvent marqués par un parti pris qui n'est pas nécessairement meilleur, ils se basent également sur une critique d'éléments observables du système scolaire (sur ce point, lire aussi mes chroniques : "Faut-il révolutionner les pédagogies ?" http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4013838069/2014/01/08/apprentissage-2-0-faut-il-revolutionner-les-pedagogies - "Se méfier du "il n'y a pas de recette" en pédagogie" http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4003446537/2013/06/19/se-mefier-du-il-n-y-a-pas-de-recette - "Faut-il innover en pédagogie ?" http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4018999544/2014/04/04/faut-il-innover-en-pedagogie ).

 

Il ne s'agit ici que de bribes de réponses à un article très riche.
A charge, cet article sera sans doute repoussé d'un revers de la main par celles et ceux qu'il vise, ce qui est dommage étant donné qu'il met le doigt à certains endroits où la discussion mériterait davantage d'être menée que là où elle l'est souvent (à savoir dans une soupe militante de présentation de "bonnes (nouvelles) pratiques" et de slogans selon lesquels la réforme de fond en comble du scolaire est urgente)...

 

En somme, je dirais que cet article fait très bien office de poil à gratter, et qu'il est dans cette mesure une excellente base pour discuter. Il fait un travail de questionnement philosophique auquel ne procèdent pas toujours les "penseurs" qui se revendiquent de l'un ou l'autre courant.

En ce sens, c'est un article sérieux, documenté et argumenté, mais qui reste à lire comme un article "à charge", et donc à enrichir / nuancer.

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L'autonomie de l'élève : émancipation ou normalisation ?


Via Questions d'éduc Unsa Education
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Les apprentis sorciers de l'éducation aux médias (6) : contenus et méthodes | Philosophie, médias et société

Les apprentis sorciers de l'éducation aux médias (6) : contenus et méthodes | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Dans les articles précédents concernant les "apprentis sorciers", nous avons fait état de dérives typiques de leurs pratiques qui se revendiquent de l'éducation aux médias. Ensuite, nous avons évoqué les enjeux de cette discipline et les implications didactiques issues de notre constat de l'existence de pédagogies et partis pris peu propices à la réflexion critique, et enfin expliqué comment ces finalités abstraites peuvent se subdiviser en compétences à développer. Dans ce sixième et dernier numéro, nous évoquons des pistes pédagogiques en termes de contenus et méthodes concrètes.

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Image et pédagogie - Visées éducatives de l'éducation aux médias

Image et pédagogie - Visées éducatives de l'éducation aux médias | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Écrits et ressources sur l'image, proposés par Jean-Paul Achard.

 

L'auteur met ici en lien les filiations théoriques et différents paradigmes éducatifs de l'éducation aux médias.

Julien Lecomte's insight:

La connaissance des paradigmes éducatifs, de leurs fondements et présupposés, ainsi que le choix raisonné d'un dosage entre ces paradigmes est un enjeu pour l'enseignant (ici, éducateur aux médias).

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Questions philosophiques d’éducation aux médias | Philosophie, médias et société

Questions philosophiques d’éducation aux médias | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

(Renee Hobbs, Jacques Piette et Jacques Gonnet)

 

Cet article est consacré à la présentation de questions philosophiques spécifiques d'éducation aux médias, dans le cadre du cours de philosophie et éthique de la communication (master en éducation aux médias, IHECS).

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Dossier : les apprentis sorciers de l'éducation aux médias | Philosophie, médias et société

Dossier : les apprentis sorciers de l'éducation aux médias | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Comment développer des pédagogies critiques réellement efficaces en éducation aux médias ?

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La pensée critique - Pourquoi est-elle si difficile à enseigner ?

Source : American Educator - http://www.aft.org/pdfs/americaneducator/summer2007/Crit_Thinking.pdf
Daniel T. Willingham
La pensée critique. Pourquoi est-elle si difficile à enseigner ?
Traduction (avec l'autorisation expresse de l'auteur) : Françoise Appy

 

"Tout un chacun est d’accord pour convenir que l’un des buts de l’école, même s’il est insuffisamment atteint, est de permettre aux élèves de développer une pensée critique. En termes profanes, la pensée critique consiste à envisager tous les aspects d’une question, à être ouvert à de nouvelles démonstrations infirmant vos idées premières, à raisonner sans passion, à s’appuyer sur des preuves, à déduire et inférer des conclusions à partir de faits valides, à résoudre les problèmes et ainsi de suite. Il y a aussi des types de pensée critique spécifiques caractérisant les différents sujets. Par exemple, la « pensée du scientifique » ou celle de l’historien".

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Nouvelles pratiques de la philosophie : qui interroge qui ?, par Michel Tozzi

Fait nouveau dans le paysage éducatif français [en 2001, ndlr], de nouvelles pratiques, dites "philosophiques", se développent à l'école primaire, en collège (SEGPA), en lycée professionnel notamment. Ces pratiques s'inscrivent dans un renouveau de l'intérêt de la philosophie dans ce pays (ouvrages philosophiques à grand tirage, développement des "cafés-philo", etc.).

Julien Lecomte's insight:

Le mot "nouveau" fait référence à l'enseignement traditionnel de la philosophie tel que pratiqué en France. Peut-être en effet que ces "nouvelles pratiques" font référence à des formes de philosophie (ou d'apprentissage de la philosophie) qui ne sont pas neuves.

 

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