Didactique, éducation, pédagogie
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Les compétences en éducation aux médias - cadre général | CSEM

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Le Conseil Supérieur de l’Education aux Médias (CSEM) a notamment pour mission de favoriser l’intégration de l’éducation aux médias ainsi que l’exploitation pédagogique des médias et des technologies de l’information et de la communication (TIC)...

 

http://www.educationauxmedias.eu/sites/default/files/files/CompetencesEducationMedias_Web.pdf

Julien Lecomte's insight:

Cadre de compétences basé notamment sur les travaux de T. De Smedt et P. Fastrez :

- DE SMEDT Thierry, « L'insertion scolaire des compétences en littératie médiatique », conférence donnée le 12 février 2011 à Paris (in Site INA-Expert, janvier 2012) : http://www.ina-expert.com/e-dossier-de-l-audiovisuel-l-education-aux-cultures-de-l-information/l-insertion-scolaire-des-competences-en-litteratie-mediatique.html

- FASTREZ Pierre, « Quelles compétences le concept de littératie médiatique englobe-t-il ? Une proposition de définition matricielle », in Recherches en communication n°33 : les compétences médiatiques des gens ordinaires (I), Louvain-la-Neuve : Université catholique de Louvain, 2010 : http://sites.uclouvain.be/rec/index.php/rec/issue/view/494

 

Sur le compte slideshare de ce dernier : http://fr.slideshare.net/pfastrez

> « La compétence médiatique : du concept à la mesure », le 17/05/2010. 

> « Littératie médiatique : quelles compétences ? », le 16/11/2010.

> « De la lecture à la navigation : quelles compétences médiatiques ? », le 06/04/2011.

 

Actualisation de mon article relatif aux compétences en éducation aux médias en conséquence : http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/

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Réflexions pédagogiques / sur la didactique et ressources en sciences humaines et sociales. Voir aussi : http://www.philomedia.be (catégorie Enseignement)
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Wikipédia et Vikidia en 2016 : évolutions et pistes pédagogiques - prof' doc'

Wikipédia et Vikidia en 2016 : évolutions et pistes pédagogiques - prof' doc' | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Un travail conséquent de Gilles Sahut sur l’encyclopédie en ligne Wikipédia permet de faire le point sur ce type de document bien particulier.

Avec une thèse soutenue en novembre 2015 à l’université de Toulouse, dirigée par Marlène Coulomb-Gully [1] et André Tricot [2], Gilles Sahut, enseignant en information-documentation dans la même université, et donc docteur en Sciences de l’information et de la communication, nous invite à re-découvrir « Wikipédia, une encyclopédie collaborative en quête de crédibilité » [3].

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"L'efficacité et l'équité des systèmes éducatifs sous l'angle du curriculum prescrit dans une approche par compétence"

Regard sur la situation belge francophone.

 

Par Marc Demeuse, Natacha Duroisin, Sabine Soetewey et Antoine Derobertmasure

 
À côté des recherches portant sur l’efficacité et l’équité des systèmes éducatifs à travers des comparaisons statistiques internationales ou l’étude des flux d’élèves au sein des systèmes éducatifs, il est possible de prendre en compte ces deux grandes dimensions à travers l’analyse des documents curriculaires. C’est ce que propose cet article dans un contexte très particulier, celui de la Belgique francophone où les programmes d’études, bien que cadrés par des textes communs, jouissent d’une très grande liberté dans leur conception. La thèse principale qui est développée ici postule que cette liberté, si elle existe bien, n’est sans doute pas un facteur favorisant efficacité et équité dans un système éducatif encore relativement peu régulé.
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L'enseignement ou la nouvelle Nef des fous... Quelle galère !

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Il y a une quinzaine d'années [en Belgique francophone, ndlr], le paysage de notre enseignement a été bouleversé par l'adoption d'une nouvelle pédagogie dite "approche par compétences" (APC).

 

Il n'est plus possible aujourd'hui de consulter un document pédagogique destiné aux professeurs sans retrouver, à chaque page et parfois même plusieurs fois sur la même page, ce terme de "compétence". Le décret qui nous a fait entrer dans l'ère de l'APC est le fameux "Décret définissant les missions prioritaires de l'enseignement" (voté en 1997).

 

Voir aussi l'article cité : "Dangers, incertitudes et incomplétude de la logique de la compétence en éducation", à l'adresse http://rfp.revues.org/143

Julien Lecomte's insight:

Article intéressant sur plusieurs points.
Sujet tellement vaste et complexe, que je traite en partie dans
http://www.philomedia.be/pedagogie-des-formations-professionnelles-discours-sur-la-methode
- http://www.philomedia.be/un-bac-pour-tous/
- http://www.philomedia.be/la-pedagogie-des-travaux-de-groupe/
- voire http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/
... Et à la fois que je contrebalance en utilisant le vocabulaire des compétences et les arguments didactiques sur lesquels "l'approche" (pour peu qu'il n'y en ait qu'une) peut se reposer, notamment dans
- http://www.philomedia.be/category/les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/
- http://www.philomedia.be/considerations-enseignement/
- http://www.philomedia.be/defis-de-l-education/ ou encore mon cours de philosophie et éthique de la communication http://www.philomedia.be/category/philosophie-et-ethique-de-la-communication/

 

En très - trop - bref et caricatural (par rapport à cet article qui mérite mieux) :

- Sur le risque de marchandisation croissante de l'école, j'adhère.

- Sur l'absence de fondements logiques, scientifiques ou empiriques en-dehors du monde entrepreneurial, je suis moins d'accord.

- Sur le fait de considérer qu'il n'y a qu'une seule approche uniforme des compétences - grosso modo, les pédagogies dites "actives", "par projets", etc., et ce au détriment de "savoirs" -, je suis assez en désaccord, même si ce sont celles qui semblent implicitement le plus mises en avant. On peut opter pour une pluralité de contenus et de méthodes tout en s'inscrivant dans certaines logiques sous-jacentes des approches par compétences.

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"Les éducations à" : Actes du Colloque International de Rouen

Synthèse de plusieurs conférences sur les "éducation à"

Julien Lecomte's insight:

Certaines interventions de ce colloque fournissent également des réponses et approfondissements - parfois explicitement - à un article d'Alain Beitone que j'avais recensé ici : http://www.scoop.it/t/didactique-education-pedagogie/p/4031574799/2014/11/12/educations-a-ya-basta-par-alain-beitone-revue-skhole-fr

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Site de Philippe Meirieu : Cours de philosophie de l'éducation

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Ce cours et les textes qui l'accompagnent peut être utilisés par des étudiants en sciences de l'éducation et, plus globalement, en sciences humaines. Ce sont également des documents utilisables en formation initiale et continue des métiers de l'éducation (enseignement, cadres éducatifs, travailleurs sociaux, etc.).

 

Les textes d'illustration présentés ici peuvent être complétés opportunément par les textes présentés dans le chapitre : "Textes du patrimoine pédagogique" : http://www.meirieu.com/PATRIMOINE/patrimoineliste.htm

Julien Lecomte's insight:

Plusieurs chapitres recoupent, nuancent ou prolongents des éléments que j'aborde dans mon cours sur les enjeux philosophiques (épistémologiques et éthiques) des médias et de l'éducation aux médias ( anciennement intitulé "Cours de philosophie et éthique de la communication" : http://www.philomedia.be/dossier-philosophie-et-ethique-de-la-communication/ ) : http://www.philomedia.be/enjeux-epistemologiques-et-ethiques-des-medias-et-de-leducation-aux-medias/

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Faut-il interdire le smartphone à l’école ?

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C’est une question qui taraude beaucoup de parents et d’enseignants : faut-il interdire le smartphone à l’école ? Je ne vais pas vous faire attendre : la réponse est… oui !

 

Du moins s’il faut en croire une étude réalisée par le Centre pour la performance économique de la London School of Economics, pas la première haute école venue. C’est le Guardian qui en parle, le journal britannique le plus ouvert au numérique. Ce n’est donc pas un truc de vieux réacs technophobes.

Julien Lecomte's insight:

Les deux études citées dans l'article :

- http://cep.lse.ac.uk/pubs/download/dp1350.pdf ;

- http://advertising.microsoft.com/en/cl/31966/how-does-digital-affect-canadian-attention-spans

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Approche socioéducative des usages et enjeux des TIC | Philosophie, médias et société

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Approche socioéducative des usages et enjeux des technologies de l’information et de la communication (15h), dans le cadre de la troisième année de Bachelier en éducateur spécialisé, Haute École Libre Mosane – Centre de Formation Éducationnelle Liégeois (HELMo-CFEL), Liège, 2015.

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Albert Jacquard : l'intelligence - YouTube

Albert Jacquard à propos de l'intelligence.

Julien Lecomte's insight:

Une vision de l'intelligence constructiviste et existentialiste, étude de cas intéressante dans le cadre du cours de Philosophie et éthique de la communication http://www.philomedia.be/category/philosophie-et-ethique-de-la-communication/

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Éduquer aux médias ou imposer la vérité officielle ?

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Ce ne sera pas un cours à part entière, tel que celui de français ou de mathématiques. L’éducation aux médias et à l’information consistera en « un enseignement intégré de manière transversale dans les différentes disciplines », nous annonce le site du ministère de l’Éducation nationale. Concrètement, que cela signifie-t-il ? « À apprendre aux élèves à lire et à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique et à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie. »
L’objectif est à la fois très ambitieux et… totalement creux. Apprendre à nos chères têtes blondes à réfléchir par eux-mêmes en les plaçant sous le joug de la tyrannie médiatique, il fallait y penser ! Mais rendons tout de même à César ce qui lui appartient, ce n’est pas une initiative du gouvernement actuel. L’éducation aux médias figure depuis juillet 2006 dans le socle commun de connaissances et de compétences que tout élève doit maîtriser en fin de scolarité obligatoire.

La ministre a annoncé de grands changements sans indiquer comment ils pourront être financés dans le détail. On sait simplement que l’enveloppe globale s’élève à 250 millions d’euros.

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Faut-il imposer le numérique en éducation ? | Philosophie, médias et société

Faut-il imposer le numérique en éducation ? | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Certains "penseurs" du numérique devraient probablement être plus à l'écoute des fondements des critiques qui leur sont adressées par les apprenants eux-mêmes...

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Activités d'éducation aux médias : recherche documentaire et production de contenu | Philosophie, médias et société

Activités d'éducation aux médias : recherche documentaire et production de contenu | Philosophie, médias et société | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Cet article présente d'une part un cadre par rapport à la recherche documentaire sur Internet (comment questionner les jeunes sur leur expérience de la recherche et comment la baliser en conséquence), et d'autre part un ensemble d'éléments à prendre en compte dans le contexte d'une activité de production de contenu médiatique, avec un focus sur la conception d'un blog.

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Médias & informations : 40 activités pédagogiques pour le secondaire

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Médias & informations, un focus sur l'éducation aux médias d'information.

 

Qu'est-ce qu'un média ? Qu'est-ce que l'information ? Comment éduquer les élèves à distinguer une information fiable d'une information peu fiable ?

 

40 activités pédagogiques pour aborder en classe :

- la presse écrite et en ligne,

- l'information en télé et en radio,

- les encyclopédies collaboratives,

- les réseaux sociaux.

 

Un outil idéal pour les enseignants du secondaire ou pour toute personne désireuse de développer son esprit critique face à la masse d'informations quotidienne.

Julien Lecomte's insight:

J'ai rédigé les points théoriques et une partie de l'introduction de cet ouvrage, en collaboration avec ACMJ asbl (Manuela Guisset, Sophie Lapy et Jehanne Bruyr).

 

La logique de ce livre est d'allier l'usage des médias avec une réflexion critique. Il tâche de susciter la curiosité, la créativité et les productions des jeunes tout en les amenant à s'interroger "de l'intérieur", via des éclairages théoriques et pratiques.

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Julien Lecomte's curator insight, October 13, 2014 3:15 AM

J'ai rédigé les points théoriques et une partie de l'introduction de cet ouvrage, en collaboration avec ACMJ asbl (Manuela Guisset, Sophie Lapy et Jehanne Bruyr).

 

La logique de ce livre est d'allier l'usage des médias avec une réflexion critique. Il tâche de susciter la curiosité, la créativité et les productions des jeunes tout en les amenant à s'interroger "de l'intérieur", via des éclairages théoriques et pratiques.

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Education aux médias et propagande

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A propos du statut ambigu de l'éducation aux médias.

 

L'école contre les théories du complot, dessin du jour par @tsoulcie ebx.sh/1KQVgHE pic.twitter.com/DCajervkOk 

Julien Lecomte's insight:

Cf.

- http://www.philomedia.be/questions-philosophiques-d-education-aux-medias/

- http://www.philomedia.be/presupposes-moraux-en-education-et-en-journalisme/

- http://www.philomedia.be/pdf/Mediadoc-reflexivite.pdf

 

Un risque éminent par rapport aux éducations à "l'esprit critique" et a fortiori à tout ce qui prétend "émanciper" ou encore revêtir un rôle de contre-pouvoir.

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Recherches en éducation - Des élèves et des savoirs à l’ère numérique : regards croisés

http://www.recherches-en-education.net/IMG/pdf/REE-no18.pdf

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Métacognition et réussite des élèves - Les Cahiers pédagogiques

Métacognition et réussite des élèves - Les Cahiers pédagogiques | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Suffit-il de mettre les élèves en activités en classe pour qu’ils s’approprient les savoirs, savoirs faire sur lesquels est construite la séance qui leur est proposée ? L’analyse ergonomique des situations d’apprentissage scolaire amène à être très réservé dans la réponse. En effet, quels que soient les modalités pédagogiques, les supports didactiques prévus, un constat s’impose : les enseignants n’arrivent pas toujours à atteindre les objectifs visés.

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Entre fascination et rigueur scientifique : les dérives des neurosciences | Canadian Education Association (CEA)

Entre fascination et rigueur scientifique : les dérives des neurosciences | Canadian Education Association (CEA) | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Dans cet article, les deux auteures portent un regard critique sur l’important développement des neurosciences, depuis quelques décennies, grâce notamment à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, et sur les dérives qui en découlent. Selon elles, les tests effectués grâce à ces appareils d’imagerie cherchent à apporter une brique de plus dans la construction des hypothèses de psychologie cognitive, qui reste la base théorique des expérimentations. Elles affirment que les chercheurs neuroscientifiques et les chercheurs en éducation ont un devoir éthique vis-à-vis de la société de communiquer clairement sur leurs recherches et leurs limites, et les acteurs du système éducatif doivent de leur côté être suffisamment informés pour éviter toute dérive préjudiciable aux élèves.

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Bruno De Lièvre's curator insight, September 12, 2015 3:30 AM

Garder l'esprit ouvert mais critique. 

Ne pas tout refuser. Ne pas tout absorber.


La science avance à petits pas, avec rigueur et construction socio-cognitive... mais elle avance aussi parce que la créativité et l'innovation font partie du processus.


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Metacognition: Nurturing Self-Awareness in the Classroom

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"When students practice metacognition, the act of thinking about their thinking helps them make greater sense of their life experiences and start achieving at higher levels".

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"Toujours plus libres..." ou le marketing de la créativité (par Jacques Cornet, Changements pour l'égalité)

"« Creative Wallonia », « ID campus », « École numérique », « European schoolnet », « Creative School Lab »... l’arsenal complet du salut de la Wallonie par la créativité. Centrons-nous sur « Creative School Lab ». « C’est une belle mission pour l’école d’essayer d’amener chaque enfant à devenir qui il est, fondamentalement et singulièrement, détaché de tout conformisme, de tout “il faut”, “on doit”, parce que ce qui tue la créativité à l’école, c’est le côté normal, comme dans les Écoles normales... » [7]. C’est pour cela que le projet est centré sur les Écoles Normales où le laboratoire, ilot de créativité au sein d’un océan de normalité, provoquera une « modification incrémentale » [8] dont les concepteurs annoncent un « effet de masse » [9] attendu. La Wallonie est sauvée.


L’idéologie, ce n’est pas seulement les idées (fausses) de mon adversaire (5), l’idéologie, ce sont des idées qui produisent de l’aliénation sociale et culturelle (6). Aliénation sociale : le Public discrédite le Public, le ministre discrédite ses enseignants. Le Public se déclare dépendant de l’expertise du privé, d’une certaine idéologie managériale, d’une certaine culture d’entreprise privée."

 

"Si ce marketing de la créativité produit de l’aliénation sociale, elle produit, encore plus et de manière plus profonde, de l’aliénation culturelle. Elle impose une certaine conception de l’humain, de la créativité et de la manière de la générer".

 

"« Amener chaque enfant à devenir qui il est, fondamentalement et singulièrement » dit le cultivateur d’idées qui cultive particulièrement celle-ci. Ceci fonde une conception de l’humain en tant qu’individu immanent sans besoin d’aucune autre transcendance que lui-même et sans aucune contingence, sociale principalement. Chacun aurait en lui une identité profonde, naturellement riche et féconde, dont, paradoxalement, la normalité empêcherait l’épanouissement et qui, en même temps, libérée par les techniques, deviendrait toute puissante indépendamment de son environnement social, économique, culturel et politique."

Julien Lecomte's insight:

Plusieurs développements de cet article mériteraient à mon avis un peu de nuance, notamment lorsqu'il est question de ce que l'auteur n'analyse qu'en termes d'individualisation des parcours (d'autres dimensions interviennent), d'autant que l'organisation du décret sur le terrain tend à baliser malgré tout celle-ci (ne serait-ce que parce que ça implique des ajustements logistiques).

De même, si Jacques Cornet prend la peine de distinguer créativité et innovation, il est intéressant de s'interroger sur le fait que ces deux termes soient galvaudés et idéologiquement marqués.
Le marketing de l'innovation, comme celui qui confond créativité et innovation (managériale, définie comme "capacité à convertir des idées en factures"), s'impose comme une idéologie quand l'innovation pourrait être vue en termes humains ou scientifiques et non seulement marchands, et quand de surcroit celle-ci n'est pas nécessairement à voir comme synonyme de progrès.

 

Enfin, le texte témoigne lui-même de partis pris (voire de quelques jugements à l'emporte-pièce) de son auteur, notamment en termes politiques et y compris dans la "résistance" organisée du wallon par rapport à une primauté idéologique de l'anglais. Je garde une distance par rapport à cela.

Du reste, le propos sur des aliénations ambiantes dans l'enseignement me semble particulièrement intéressant et interpellant. Les synergies entre le monde privé et le public ne sont pas mauvaises en tant que telles, mais elles posent des questions lorsqu'elles s'accompagnent d'un discours univoque et marqué par des valeurs (un certain type de créativité et d' "être-au-monde" est valorisé,  et ceci de manière sous-jacente, "inconsciente", et donc idéologique). Il y a un formatage à un certain type de "liberté". Formatage renforcé à grands coups de marketing et de slogans, auxquels certains adhèrent sans même se rendre compte qu'il s'agit d'idéologies.

J'ai développé des idées similaires dans plusieurs articles que j'ai écrits sur la pédagogie, cf. http://www.philomedia.be/enseignement-education-pedagogie-didactique-liste-des-articles/ notamment dans http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/ et http://www.philomedia.be/pedagogie-des-formations-professionnelles-discours-sur-la-methode/ ainsi que dans mon dossier sur les "apprentis sorciers de l'éducation aux médias" http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/

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What's Your Motivation? | Powerful Voices

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A free professional development resource for K-6 educators for teaching media literacy using digital media and popular culture.

Julien Lecomte's insight:

Cf. http://powerfulvoicesforkids.com/blogs/motivations-using-digital-media

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Raciste, qui es-tu ?

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Gouverné par la gauche, peu éduqué, pas toujours vieux… Le raciste français n'est pas forcément celui qu'on croit.

Julien Lecomte's insight:

Cet article met en perspective le racisme, les préjugés et l'éducation

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L'EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ?

L'EMI, une « bonne nouvelle » pour les professeurs documentalistes ? | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Par Pascal Duplessis.

 

Pourquoi réagir aujourd'hui plus qu'hier à un énième article sur le prétendu miracle de la révolution numérique à l'école ? Entre les pages d' Eduscol, les lettres TIC'Edu, les Traam, le MoocdocTice et jusqu'aux Boussoles du numériques et Ludovia, il y a pourtant mille et une occasions de marquer sa distance vis-à-vis de la massive online stratégie de l'institution consistant à précipiter « l'école dans l'ère du numérique », à moins qu'il ne s'agisse de faire entrer – par tous les moyens possibles - l'économie numérique dans l'école. Cette stratégie est le fait d'une institution (pourtant) publique qui semble pressée d'en finir avec le modèle humaniste de l'école française.

 

Non, c'est un humble article de collègues[1] récemment publié sur docpourdocs qui provoque cette réaction et m'incite à appeler à la prudence, au risque de passer en l'occurrence pour retardataire ou technophobe, puisque aujourd'hui, tout discours appelant à prendre le temps de l'examen est qualifié de négatif.

Julien Lecomte's insight:

En 2014, j'ai écrit "Faut-il imposer le numérique en éducation" ( http://www.philomedia.be/faut-il-imposer-le-numerique-en-education/ ) ainsi que "Sur la réflexivité dans les pratiques d’éducation aux médias et à l’information" (Mediadoc, 2014 - http://www.philomedia.be/pdf/Mediadoc-reflexivite.pdf ).

Il y a des enjeux à penser les différentes mutations et évolutions des sociétés contemporaines : médias et technologies (numériques ou non), interculturalité, valeurs (citoyenneté, démocratie, etc.), langages, etc. (quelle que soit la forme que prennent les dispositifs visant à y éduquer, bien que le débat soit aussi très important).

 

De plus, je pense que les compétences info-documentaires sont effectivement une excellente base pour réfléchir à une "éducation à l'information" (j'ai d'ailleurs coécrit un article avec Akémi Roberfroid, intitulé "Journaliste et documentaliste : quelle complémentarité ?" http://www.abd-bvd.be/index.php?page=cah/rc-2013-1&lang=fr ). Une éducation à l'info-doc qui ne serait qu'une éducation aux usages de la presse me semblerait sérieusement lacunaire, par exemple.

 

Cependant, je rejoins Pascal Duplessis dans plusieurs de ses inquiétudes et réserves quand celui-ci pointe des repères flous, parfois fourre-tout, accompagnés d'effets de mode pédagogiques (et politico-institutionnels, témoignant parfois de conflits territoriaux entre les acteurs de terrain, revendiquant tous leur part du gâteau). Surtout dans la mesure où il invite à prendre du recul. Déjà en 2012, j'attirais l'attention sur "Les apprentis sorciers de l'éducation aux médias" ( http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/ ) qui s'engouffrent dans des pratiques hasardeuses, inefficaces ou encore marquées d'un parti pris flagrant à l'égard des technologies et leurs usages.

En effet, si l'éducation aux médias (et à l'information) consiste à remplacer les idées reçues des apprenants par celles des enseignants ou du pouvoir en place, selon moi elle passe tout-à-fait à côté de ses enjeux. Mais bon, quand une Ministre laisse entendre qu'elle va allouer des budgets (ce n'est pas tous les jours, il faut le reconnaitre), l'occasion est trop belle, sans doute...

 

A ce niveau, je crois néanmoins que les professeurs documentalistes, dont le statut relativement hybride occasionne des difficultés de terrain, notamment au niveau de la reconnaissance institutionnelle, sont loin d'être les premiers concernés.

 

[Edit : lire une réponse des auteures de l'article auquel Pascal Duplessis a entendu réagir : http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article555#forum2193 ]

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Julien Lecomte's comment, February 11, 2015 2:37 PM
@LNmulot j'ai ajouté ceci : [Edit : lire une réponse des auteures de l'article auquel Pascal Duplessis a entendu réagir : http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article555#forum2193 ]
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Mon désarroi par rapport à une prof qui parle de "Charlie" à ses élèves

Cet article fait suite à la lecture de ce témoignage d'une enseignante, que l'on a pu lire dans la presse : http://www.lepoint.fr/societe/le-desarroi-d-une-prof-qui-parle-de-charlie-a-ses-eleves-09-01-2015-1895173_23.php

 

Mon propos ici est d'analyser ce témoignage, et d'ouvrir la réflexion sur des pistes éducatives pour aborder ce sujet.

 

A la lecture de cet article, j'ai été choqué (comme l'enseignante a pu être choquée par ce à quoi elle a été confrontée). A chaud, je me suis dit que cette prof a raté l'occasion de faire véritablement son métier, ce jour-là.
Mon ami Cyrille Frank m'a fait remarquer que mes propos étaient durs, démesurés sans doute. En effet, et je le rejoins, une enseignante ne peut régler à elle seule les tensions auxquelles elle a été confrontée. Ce problème la dépasse à plusieurs niveaux, et il ne faut pas chercher bien loin pour constater que certains individus subissent un puissant endoctrinement.
L'émotion est encore grande par ailleurs. Ces attentats et meurtres ont eu l'effet d'une gifle pour les citoyens, de toutes cultures. Il serait malvenu de la fustiger parce qu'elle n'a pas eu une réaction "à froid". Ce serait inhumain de demander aux profs de ne pas avoir de réaction émotionnelle, quand le reste de la population partage un deuil...
De plus, elle n'avait pas l'air de s'attendre à la réaction de certains jeunes. Elle a été prise de court, elle n'y était pas préparée et a donc fait ce qu'elle a pu. Elle dit à deux reprises avoir été choquée, ce qui est tout à fait compréhensible.


Les professeurs n'ont pas la mission la plus facile qui soit, et beaucoup d'attentes reposent sur eux, pour une reconnaissance relativement faible par rapport à leur travail... L'article que j'ai choisi de traiter ici n'est d'ailleurs pas le seul témoignage d'un enseignant qui a rencontré des difficultés lorsqu'il a abordé le sujet de Charlie Hebdo.

 

Pour ces raisons et d'autres encore, je ne prétends pas que j'aurais mieux géré la situation que cette prof, et tiens à souligner que pour être cohérent, il est justement sain que l'émotion de la prof dont il est question ici puisse être exprimée et entendue, et que l'on puisse retrouver une démarche constructive qui ne nie pas cette facette de la réalité.

Je ne suis d'accord ni avec ce qu'elle a dit, ni avec sa manière de le dire. Pourtant, je peux essayer d'entendre son émotion (la reconnaître, être empathique avec elle, comprendre son ressenti) et, plutôt que de vouloir la faire taire parce que ses propos m'ont choqué, je peux ouvrir le dialogue avec elle.

 

Ceci étant dit, et justement parce que je suis de ceux qui pensent que l'enseignement est un pilier fondamental de la civilisation, je reste vraiment perplexe par rapport à la réaction de cette enseignante.


Voici pourquoi.

D'abord, elle mentionne qu'un élève lui demande "Pourquoi respecter une minute de silence pour des gens que je ne connaissais pas ?", qu'elle a "trouvé cette réaction violente" et que "ses camarades ont été choqués également".
Sa réaction ? Lui rappeler "l'évidence", tenter de manipuler l'assemblée et jouer sur le conformisme ("plomber l'ambiance") : "il fallait éviter que d'autres s'amusent à jouer les caïds pour épater la galerie pendant ce moment de recueillement".
Derrière ce qu'elle interprète comme un comportement de caïd, il y a une vraie question de fond. Ne pas prendre ses élèves aux sérieux, première erreur didactique.
Peut-être voulait-il jouer le caïd, mais en lui donnant comme seule réponse de se taire par rapport à une question qui n'est absolument pas évidente, elle nie les valeurs qu'elle prétend honorer. Que dire des musulmans décimés dans le conflit israélo-palestinien, des morts en Irak, en Syrie, en Afghanistan... De ces humains tués par milliers, pour qui on ne fait pas de minute de silence ? A ce sujet, lire notamment : http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori/080115/ces-morts-que-nous-n-allons-pas-pleurer

L'enseignante continue ensuite : "Durant la minute de silence, dans les autres classes, il y a eu plusieurs expulsions d'élèves, les uns parlaient, disaient des choses affreuses, les autres rigolaient. Un petit de 6e de confession musulmane a carrément refusé de respecter la minute de silence. Tous ces élèves un peu "retors" ont été envoyés chez le principal de l'établissement et chez l'infirmière scolaire pour entendre un discours différent de celui qu'ils entendent sans doute chez eux".
Visiblement, elle est loin d'être la seule à être dans le désarroi. Cependant le vocabulaire utilisé est symptomatique : "disaient des choses affreuses" "carrément refusé" "ces élèves un peu "retors" " ! Ces mots sont forts. On la sent estomaquée, comme frappée au ventre.

Dans la suite de son récit, elle mentionne une autre jeune, qui lui dit "Madame, on ne va pas se laisser insulter par un dessin du prophète, c'est normal qu'on se venge. C'est plus qu'une moquerie, c'est une insulte !"
Il y a deux choses dans cette phrase, que la prof ne semble manifestement pas distinguer.
D'une part, il y a caution de l'acte commis. Ce n'est pas acceptable. Non, ce n'est pas normal que l'on se venge, que l'on veuille faire taire ceux qui nous choquent (...).
Mais d'autre part, il y a aussi la blessure, et l'émotion qui résulte des caricatures. La même émotion ressentie par cette enseignante par rapport à des enfants qui refusent de faire une minute de silence ou qui en questionnent le sens.
Elle dit : "j'étais choquée, j'ai tenté de rebondir sur le principe de liberté et de liberté d'expression". C'est paradoxal. Au nom du principe de liberté d'expression, ces jeunes n'auraient pas le droit d'exprimer leur perplexité, leur colère ? De quelle liberté d'expression est-il question ? Y aurait-il en France une liberté d'expression à deux vitesses, qui fait que le choc et les émotions désagréables imposés à certains sont plus légitimes que d'autres ?

Ce n'est pas de liberté d'expression dont il est question lorsqu'il s'agit de condamner des actes criminels, mais de principes avec lesquels une grande partie de musulmans se dit d'accord (cf. entre autres Hassen Chalghoumi ( http://www.bfmtv.com/societe/la-communaute-musulmane-condamne-l-attentat-contre-charlie-hebdo-856227.html ), Tareq Oubrou ( http://www.sudouest.fr/2015/01/09/en-video-le-preche-sans-concession-de-tareq-oubrou-a-la-mosquee-de-bordeaux-1791654-2780.php ), Mohamed Ramousi ( http://www.lalibre.be/actu/international/apres-l-attentat-contre-charlie-hebdo-il-est-urgent-d-etre-lucides-54ad878c3570d587e32a2005 ), Muhammad Tahir-ul-Qadri ( http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/02/un-erudit-musulman-publie-une-fatwa-contre-le-terrorisme_1313557_3214.html ) ou encore Tariq Ramadan ( https://www.facebook.com/official.tariqramadan/posts/1010354452312184 ). A cela s'ajoutent des communiqués signés par des collectifs d'associations ( http://mrax.be/wp/charlie-hebdo-un-collectif-dassociations-reagit/ ) et autres messages publics ( http://www.europe1.fr/societe/musulmans-de-france-entre-peur-et-condamnation-2340445 )). Il est donc possible de se baser AUSSI sur l'islam, une certaine lecture ou une certaine pratique de celui-ci, pour condamner les crimes commis, les meurtres.
Par contre, il est bel et bien question de liberté d'expression lorsque des individus expriment un désaccord, choquent.
Il est facile de parler de liberté d'expression lorsque l'on a l'impression que tout le monde est d'accord, lorsqu'il y a un unanimisme écrasant tout sur son passage, tel un rouleau compresseur. Un défi d'une société qui prétend à la liberté réside dans l'organisation équitable du débat pluraliste et de la critique. Il faut accepter que l'on puisse condamner les crimes commis tout en étant choqué et/ou en désaccord par rapport aux caricatures (cf. à ce sujet : http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/09/charlie-hebdo-force-incroyable-complexe-dessin-256987 - http://www.slate.fr/story/96619/etats-unis-attentat-charlie-hebdo-debat-blaspheme - http://liberationdephilo.blogs.liberation.fr/mon-blog/2015/01/que-reste-t-il-de-la-libert%C3%A9-doffenser-.html )

 

Continuons. Selon la prof, "leur professeur de français avait eu l'intelligence de leur montrer les unes de Charlie pour leur montrer que l'islam n'était pas la seule religion à être moquée. Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison". Selon moi, cela fait partie de l'approche pédagogique. En effet, face au possible sentiment d'être stigmatisé - une fois encore - par cette France que les citoyens "pure souche" honorent (ce qui est paradoxal, quand on connait un peu Charlie Hebdo et ses "cibles" favorites), envoyer le message que l'on ne veut pas faire d'amalgame. Je pense qu'il est nécessaire également d'aller plus loin, ce que font probablement de nombreux professeurs (y compris ce professeur de français).

Dans la fin de cet article, je sens comme du découragement de la part de l'enseignante, ainsi que de la peur, ce qui peut se comprendre. Elle écrit : ""Mais ils réagissent avec ce qu'ils ont entendu à la maison [...] Les communautarismes ont resurgi d'un coup".

Le message, cependant, est terriblement connoté. Cette prof nous met face à ce qui est pour elle une fatalité. Au fond, "on a tout essayé" (en une heure de cours), on a tenté de leur inculquer les "bonnes valeurs républicaines", mais ils n'ont rien compris.
Ces jeunes sont irrécupérables. "Nous ne pouvons rien faire, face à leur famille, leurs parents qui leur mettent des trucs pas catholiques (...) en tête".
Ne s'est-elle pas interrogée sur le fait que ces jeunes allaient se reconnaitre dans cet article ? Eux, ces "hors-système" avec lesquels la France a tout essayé mais qui ne veulent désespérément rien comprendre et s'intégrer ?

"Je venais de voir quelques-unes de mes élèves de confession musulmane debout, la tête baissée, presque gênées, pour elles, pour leurs familles, ça doit être dur de voir certains faire l'amalgame". La voilà la bonne attitude de personne musulmane : celle qui s'excuse pour des crimes qu'elle n'a pas commis. Celle qui baisse bien la tête, et qui ferme bien sa gueule... Est-ce cela le message à envoyer ? Je ne crois pas.

 

Le message envoyé par son attitude, c'est que la valeur de respect des uns est plus légitime que celle des autres ; que l'émotion des uns (la colère, la tristesse, la peur) est plus légitime que celle des autres ; que l'expression des uns (la minute de silence) est plus importante que celle des autres.
Ce n'est pas le message de la liberté d'expression.
Ce n'est pas le discours défendu par Charlie Hebdo, qui se bat(tait) contre les dogmes, la parole unique. Toute proportion gardée (j'insiste), faire taire des gens à l'opinion dissidente, c'est ce que font justement les terroristes.


Toutes ces raisons font que pour moi, l'attitude de cette prof - et le fait qu'elle en fasse le récit dans la presse ! - envoie plusieurs messages dommageables aux jeunes ET sont incohérents avec les valeurs dont elle se revendique !

Je pense par ailleurs qu'il y a un symptôme inquiétant dans le fait que certains professeurs ne se rendent compte de ce qui se vit dans leurs classes que suite à ces attentats. Cette école bien-pensante et choquée n'aurait peut-être pas du attendre des attentats pour parler d'interculturalité et de vivre ensemble ? A quoi sert-il de former des intellectuels si demain, ils passent leur temps à se taper dessus ?

 

Alors, qu'aurait pu faire l'enseignante ?

 

- Pour moi, il est déjà intéressant d'interroger le caractère "obligatoire" d'une minute de silence. Si nous devions faire une minute de silence pour toutes les morts injustes et absurdes dues à la guerre, nous n'ouvririons probablement plus jamais la bouche, malheureusement. Il était possible de répondre à un jeune qu'il était libre de ne pas faire silence, pour peu qu'il ne perturbe pas la minute de silence de ses semblables qui ont envie de la faire (en allant ailleurs par exemple, dans une salle d'étude surveillée si c'est possible...). La minute de silence aurait pu concerner "tous ceux qui sont morts suite à l'absurdité d'une guerre, d'un meurtre ou d'un attentat, dans quel que pays ou quelle que culture que ce soit". Libre à chacun d'honorer ceux qu'il souhaite, tant qu'il respecte la pratique des autres.
Il s'agit là seulement de pistes parmi d'autres.

 

- Lorsqu'une question est posée, ou qu'une remarque est faite par un élève, il y a une opportunité d'apprendre des choses. De faire son métier de prof.
Je suis déjà sorti exténué d'un débat que j'avais lancé sur des questions de racisme et de xénophobie dans une classe d'étudiants qui correspond à celle décrite par l'enseignante (en termes de mixité et de contexte social). Je suis conscient que ce n'est pas facile à gérer. Je sais cependant que j'ai pu assurer un cours sur la shoah et le conflit israélo palestinien et bénéficier d'une participation constructive des élèves ensuite. Durant ce débat, je n'ai parlé que pour cadrer le débat (et il le fallait, c'était un terrain glissant, je ne le nie pas) : les élèves ont parlé de leurs réalités, je ne suis pas venu avec mes gros sabots leur imposer la mienne. Après, nous avons pu construire. 

 

- Accepter que l'on puisse choquer, sortir de l'unanimisme ET écouter (cf. tous ces moments plein de "bons sentiments" et d'"unité nationale" qui ont débouché sur plus de stigmatisation : http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 ).
On ne condamne pas des valeurs ou des émotions. Il est possible de les entendre, d'y faire droit.
Le problème est infiniment complexe : n'a-t-on pas le droit d'être choqué lorsque l'on a l'impression que la France soutient Israël ? Qu'est-ce qui fait que nous ne connaissons pas le nombre de civils morts en Afghanistan, en Irak, en Syrie... Et que les médias Occidentaux n'en parlent pas dans la presse ? N'est-il pas légitime d'être en colère quand l'immigration est un des sujets les plus traités par la presse en France, à travers les voix de Zemmour, Le Pen ou encore Houellebecq récemment ?
Comme pour le raciste qui a eu une mauvaise expérience avec une personne d'origine étrangère et qui fait l'amalgame, plusieurs jeunes dont il est question ont peut-être été brimés, injustement traités ou violentés par des gens ou un système.
Il n'est aucunement question de justifier la violence qui en résulte, mais de faire la part des choses : ce qui est condamné - avec fermeté -, ce sont les actes criminels, les propos haineux, la violence. Pas le vécu, le ressenti, leur expérience (cf. ma réflexion sur la sémantique et la pragmatique : http://www.philomedia.be/les-polemistes-sont-ils-responsables-de-leurs-propos/ ).

 

- Condamner avec eux, et non contre eux. Être partenaires dans la construction (cf. http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ versus http://www.philomedia.be/la-discussion-c-est-la-guerre/ ). Organiser le dialogue constructif et pluraliste, qui peut permettre aux jeunes d'apprécier et de s'approprier les valeurs dont il rend compte.
Il y a des problématiques sur lesquelles le monde musulman gagnerait sans doute à se pencher : le fait qu'il y ait des passages interprétés de facto comme un appel au jihad dans le Coran, le fait qu'il n'y ait pas d'autorité religieuse centralisée avec suffisamment de légitimité pour assumer le fait que le Coran soit lu et interprété différemment par les hommes et que certaines lectures devraient prévaloir, etc. (Lire Abdennour Bidar - Lettre ouverte au monde musulman http://quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html et une réponse aux thèses de A. Bidar par Adel Taamalli, qui est également dans un questionnement mais de l'ordre de la conciliation plutôt que de la réforme http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-1-4.html - http://adeltaamalli.over-blog.com/2014/05/une-critique-islamique-de-la-pensee-d-abdennour-bidar-4-4.html ).
A ce titre, je pense qu'il est contre-productif de leur imposer une réflexion de l'extérieur (tout comme il me semble carrément inadéquat de leur imposer de s'excuser). Cette réflexion me semble d'autant plus belle et constructive qu'elle est portée par des musulmans (tout comme le mouvement #NotInMyName, ainsi que dans la vague d'expression de nombreux musulmans face aux crimes commis - cf. http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo ).
Bien sûr, il y a aussi une propagande nauséabonde (armée de théories du complot, appelant à la haine et à la violence) qui vise à recruter des jeunes et à en faire de la chair à canon... Celle-ci doit être déconstruite, par un travail de fond (à ce sujet, http://www.philomedia.be/faut-il-censurer-les-propos-racistes/ ).
Cependant, pour qu'un enseignant arrive à cette réflexion, il doit déjà connaître un minimum l'islam, et le contexte dans lequel baignent les croyants. Balayer d'un revers de la main le sentiment que le prophète est insulté par des caricatures, c'est une erreur.
Par contre, les réactions de différents musulmans ont montré que l'on pouvait aussi condamner les actes terroristes à partir même de l'islam. Il y a des points d'accord : "tuer un homme revient à tuer l'humanité", "le jugement n'appartient qu'à Allah" (même si un musulman peut dire à un égaré qu'il le trouve égaré, le conseiller, le guider, ce n'est pas à lui de le punir). Le prophète n'a pas besoin d'être "vengé".

 

Dans la mesure où il est possible de concilier religion(s) et droits de l'homme (par exemple), justement par le respect du pluralisme intrinsèque à la liberté d'expression, cette piste me semble prioritaire.

Au niveau rhétorique, je crois aussi que le fait d'aborder un problème d'une telle ampleur de front n'est pas la meilleure stratégie, du moins pas la seule. Dès le plus jeune âge, des œuvres ou encore l'Histoire nous permettent de dresser des parallélismes et de construire une réflexion critique partagée. Roméo et Juliette, ou encore "Les Rivaux de Painful Gulch" (Lucky Luke !) sont des exemples de supports de discussion (parmi tant d'autres) par rapport à deux familles qui se détestent depuis des générations, au point d'en avoir oublié pourquoi, par exemple. Ils permettent de mettre à distance l'émotionnel, du moins dans un premier temps.
Je crois que l'esprit critique véritable est capable d'une autocritique. Fustiger les autres, c'est facile, mais assumer sa part, ce n'est pas évident. C'est la paille et la poutre. Exercer son jugement moral, y compris envers soi-même, cela s'apprend, se travaille, s'entraine (cf. Hannah Arendt : http://www.philomedia.be/lexique-auteurs-concepts-philo/#_Arendt ).

 

- "L’idéologie n’est jamais assumée en première personne : c’est toujours l’idéologie de quelqu’un d’autre", écrivait Ricoeur à ce sujet. Cela me mène à mon dernier point : je pense que l'identité collective est une chose à aborder en classe, de manière intelligente. Ce processus qui crée un "nous" et un "eux". Celui qui fait dire que vous êtes "avec nous" (dites-le que "vous êtes Charlie") ou "contre nous". Il importe d'être conscient de ses propres prises de position, et si l'on veut dénoncer les dogmatismes, de sortir soi-même des dogmes (lire par ex. http://www.philomedia.be/bien-pensants-la-tolerance-l-esprit-critique-et-le-dogme-du-libre-examen-et-de-la-raison/ ).

L'unité n'est pas un mal en soi. Elle est parfois le résultat de sentiments louables, et peut se manifester de manière pacifique.
Je ne peux que saluer encore une fois les démarches silencieuses et pacifiques qui ont eu lieu en réponse aux drames meurtriers. C'est un beau témoignage, qui envoie un message fort : nous ne répondons pas aux armes par les armes (et pourvu que cela dure !).
Ce que j'espère, comme d'autres (cf. http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 par exemple, déjà cité), c'est que cet unanimisme ne se transforme pas dans une attitude grégaire que l'on gagnerait par ailleurs à dénoncer dans ce contexte. La compréhension des processus à l’œuvre dans la création d'étiquette est fondamentale en éducation (d'ailleurs, pour éviter de qualifier un élève de "retors", de lui assigner indirectement une étiquette de "cas désespéré") ou pour comprendre la société.
A ce sujet, cf. notamment :
- http://www.philomedia.be/la-problematique-de-l-identite/
- http://www.philomedia.be/l-identite-selon-brubaker/
- http://www.philomedia.be/communautarismes-le-cas-belge/
- http://www.philomedia.be/reserves-a-parler-de-la-societe/
- http://www.philomedia.be/serge-paugam-la-disqualification-sociale/
- http://www.philomedia.be/quelques-regards-sur-l-exclusion-sociale/
- http://www.philomedia.be/ideologies-communautarismes-et-arrogance/

Pour conclure, je dirais que s'il est question de "défendre" "nos" "libertés", il importe d'être bien au clair sur ce que ces termes représentent. De quel "nous" est-il question ? Défendre, à quel prix, par quels moyens ? S'agit-il d'écraser les dissidents ? Quelles sont les limites de la liberté d'expression ? Comment être cohérent ?
La liberté d'expression entendue comme liberté de s'exprimer dans la mesure de l'offense (en reconnaissant le caractère poreux de cette frontière), excluant de ce fait les appels à la haine et les actes violents, est d'autant plus riche si elle se nourrit et si elle s'appuie de la diversité des opinions, du pluralisme et de la différence.
(Sur la liberté d'expression, des dossiers pédagogiques et articles existent, cf. notamment : http://www.amnestyinternational.be/doc/militer/militer-pres-de-chez-vous/les-groupes-ecoles/l-espace-enseignants/article/dossier-pedagogique-2011 - http://www.justice-en-ligne.be/article522.html )


Un système libre autorise sa critique.

C'est la raison pour laquelle un enfant qui exprime son désaccord par rapport à une minute de silence n'est pas fouetté publiquement - et ne doit pas l'être ! -, comme il le serait dans d'autres systèmes pour une telle "infraction".

C'est la raison pour laquelle je relaie des opinions avec lesquelles je suis en désaccord, et que je tâche d'y répondre avec les mots.

C'est cette liberté d'expression là, qui bénéficie à celui qui n'est pas d'accord et qui s'insurge ou à celui avec qui personne n'est d'accord et contre qui tout le monde s'insurge, que j'aurais invoquée pour "remettre le cadre", et pas celle qui bénéficie à ces autres qui sont bien dans les rangs... C'est parce que cette morale protège l'expression des minorités qu'elle se veut universaliste...

Julien Lecomte's insight:

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

Edit 10/2015 : http://www.philomedia.be/lutter-contre-la-haine-de-lautre/

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Julien Lecomte's curator insight, January 12, 2015 4:26 PM

Lire aussi mon article : http://www.scoop.it/t/varia-philomedia/p/4035082933/2015/01/12/il-m-a-fallu-un-peu-de-temps-avant-d-ecrire-charliehebdo

 

Edit 23/01/2015 : quelques extraits intéressants dans cet article d'une enseignante qui a pris le temps d'expliquer et d'écouter : http://www.chouyosworld.com/2015/01/14/mes-eleves-un-drame-et-des-mots/
"Les propos de certains de mes élèves, rares pour les provocateurs, plus nombreux pour les « testeurs », paraissent outranciers ? Écoutons-les. Que nous disent-ils d’eux, de notre société, de nous ? Ces élèves tâtonnent. Questionnent. Répètent. Provoquent. Essaient d’interpréter à partir des seuls cadres de pensée dont ils disposent. Ce sont des adolescents qui sont en train de se former. A les contrer en ridiculisant leurs vues que nous jugeons étriquées, passéistes et dangereuses, nous perdrons à chaque fois"

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Scoop.it!

"Educations à… Ya basta !", par Alain Beitone | Revue Skhole.fr

"Educations à… Ya basta !", par Alain Beitone | Revue Skhole.fr | Didactique, éducation, pédagogie | Scoop.it

Par Alain Beitone.

 

Les « éducations à » sont à la mode : nombreux textes officiels qui recommandent la mise en place de telles démarches, articles dans des revues de sciences de l’éducation, colloques et assises, ouvrages, formations universitaires, etc.

 

[...]

 

Les promoteurs des « éducations à » souhaitent aussi motiver les élèves, renouveler les pratiques pédagogiques… Qui pourrait s’y opposer ? D’autant que ces défenseurs des « éducations à » se présentent volontiers comme progressistes et critiques : « c’est dans le courant de l’approche critique sociale, que nous situons nos propres travaux » (Lange et Victor, 2006).

 

Nous voudrions montrer dans ce qui suit qu’au-delà de cette première approche « sympathique » se dissimule un projet de transformation de l’école qui remet globalement en cause à la fois les savoirs et les apprentissages sur fond d’exaltation de la post-modernité et du relativisme. Plus grave encore peut-être, cette logique, qui relève clairement de la pédagogie invisible, est de nature à créer des malentendus source d’inégalité dans les apprentissages. [...]

Julien Lecomte's insight:

Critique très virulente des "éducations à...", avec une réflexion épistémologique extrêmement nourrie.

 

Selon l'auteur, ces courants relèveraient d'un relativisme postmoderniste. Leurs contours seraient flous et impliqueraient une posture normative (qui n'est pas toujours assumée).

 

Sur ces points, l'article a le mérite de poser un débat trop souvent absent des réflexions pédagogiques, à savoir celui des présupposés épistémologiques et moraux des pratiques éducatives.

 

J'ai pour ma part déjà relevé des "dérives" similaires à celles pointées dans l'article, en ce qui concerne les "apprentis sorciers de l'éducation aux médias" ( cf. http://www.philomedia.be/dossier-les-apprentis-sorciers-de-l-education-aux-medias/ ) ou encore dans "pédagogie des formations professionnelles : discours sur la méthode" ( http://www.philomedia.be/pedagogie-des-formations-professionnelles-discours-sur-la-methode/ ).
Sous prétexte d'une "ouverture à...", certains ne font en réalité que plébisciter une vision du monde spécifique.
En prétendant rejeter des "certitudes" et "rigidités", ce courant ne ferait en réalité qu'asseoir de nouvelles rigidités, parfois simplistes. Paradoxalement, vouloir asseoir une politique éducative sur du relativisme implique une posture normative parfois assez radicale.
Enfin, les innovations sont parfois mises sur un piédestal en tant que telles, au détriment parfois d'une approche intégrée qui fasse réellement la part des choses entre ce qui fonctionne ou non (cf. par exemple  http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-de-la-passivite-de-la-masse-a-l-interactivite-revolution/ ). Certains croient à tort qu'ils ont inventé la poudre.

 

Là où je suis en désaccord avec l'auteur, c'est quand il généralise les positions doctrinaires (explicites ou implicites) de certains "défenseurs" des "éducations à..." à toute une communauté qui serait homogène et qui par conséquent se positionnerait de la même façon sur les questions épistémologiques soulevées.
Je crois que quand on creuse, effectivement on peut trouver des postures doctrinaires assez simplistes, mais également une diversité de prises de position rationnelles, ou du moins réfléchies (qui à ce moment-là peuvent d'ailleurs faire droit à une "pensée du complexe" tout en faisant droit à une pensée "moderne").

Pour ma part, je développe d'ailleurs les questions d'épistémologie appliquées à l'éducation aux médias dans mon cours de Philosophie et éthique de la communication : http://www.philomedia.be/category/philosophie-et-ethique-de-la-communication/

 

Si l'auteur a raison par exemple quand il pointe des contours flous de certaines approches, je ne pense pas que ce soit nécessairement un caractère rédhibitoire. Je crois par exemple que la philosophie, justement, comme épistémologie ou comme philosophie morale, peut constituer un noyau fédérateur et transversal pour éclairer la question du savoir (information, connaissance, fiabilité...) ou encore celle de l'agir (citoyenneté, relation, responsabilité, etc.). La philosophie n'est pas uniquement un ensemble clos de contenu, une "discipline" : elle peut nourrir sa réflexion à partir des sciences de la nature, des mathématiques, des sciences sociales, de l'art, etc.

 

Par rapport à l'argumentaire relatif aux disciplines et à leur existence objective, j'ai plusieurs points de désaccords, mais je n'estime pas que ce soit la partie la plus intéressante de l'article, et donc ne m'y attarde pas.

 

De même, là où il pointe un relativisme, que l'on peut parfois observer en effet, je dirais que le pluralisme n'implique pas nécessairement le relativisme.
Il est un fait qu'un certain nombre de prises de position témoignent d'un parti pris idéologique.
Il est dommageable à mon sens que ce parti pris soit parfois ignoré, tabou ou encore nié avec mauvaise foi.
Le relativisme n'est cependant pas la seule alternative à un positivisme qui ne raisonnerait que par certitudes, et qui ne représente en réalité pas la majeure partie des penseurs qui se disent aujourd'hui "modernes", d'ailleurs. Il est dommage de critiquer une prise de position dualiste en ne dépassant pas davantage ce dualisme.

 

Il est notamment possible d'acter que les représentations mentales sont construites (constructivisme) et dépendent des perspectives particulières (perspectivisme) sans toutefois acter le fait que celles-ci sont alors relatives et se vaudraient, en s'accordant sur des postulats pragmatistes et/ou réalistes (voir aussi http://www.philomedia.be/pour-une-ethique-de-la-discussion/ et http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4018999544/2014/04/04/faut-il-innover-en-pedagogie )

 

Je terminerais par dire que l'article sous-estime à mes yeux un des arguments principaux des "défenseurs" d'une révolution en didactique, qui est que le système scolaire "actuel" est (lui aussi) lacunaire, partial, inégalitaire, etc. Si ceux-ci sont souvent marqués par un parti pris qui n'est pas nécessairement meilleur, ils se basent également sur une critique d'éléments observables du système scolaire (sur ce point, lire aussi mes chroniques : "Faut-il révolutionner les pédagogies ?" http://www.philomedia.be/nouveaux-medias-faut-il-revolutionner-la-pedagogie/ - "Se méfier du "il n'y a pas de recette" en pédagogie" http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4003446537/2013/06/19/se-mefier-du-il-n-y-a-pas-de-recette - "Faut-il innover en pédagogie ?" http://www.scoop.it/t/chroniques-inedites/p/4018999544/2014/04/04/faut-il-innover-en-pedagogie ).

 

Il ne s'agit ici que de bribes de réponses à un article très riche.
A charge, cet article sera sans doute repoussé d'un revers de la main par celles et ceux qu'il vise, ce qui est dommage étant donné qu'il met le doigt à certains endroits où la discussion mériterait davantage d'être menée que là où elle l'est souvent (à savoir dans une soupe militante de présentation de "bonnes (nouvelles) pratiques" et de slogans selon lesquels la réforme de fond en comble du scolaire est urgente)...

 

En somme, je dirais que cet article fait très bien office de poil à gratter, et qu'il est dans cette mesure une excellente base pour discuter. Il fait un travail de questionnement philosophique auquel ne procèdent pas toujours les "penseurs" qui se revendiquent de l'un ou l'autre courant.

En ce sens, c'est un article sérieux, documenté et argumenté, mais qui reste à lire comme un article "à charge", et donc à enrichir / nuancer.

[ Edit 2015-09 : lire aussi les Actes du colloque sur les "Educations à" (aout 2015) : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01183403/document ]

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