Brésil : Suite à la nouvelle fuite de pétrole du 16/03, 17 cadres dirigeants de Chevron sont interdites de sortie de territoire | Des 4 coins du monde | Scoop.it

La réaction des autorités brésiliennes n'a pas tardé. A peine vingt-quatre heures après l'annonce d'une nouvelle fuite de pétrole en eaux profondes, au large de l'Etat de Rio de Janeiro, un tribunal a imposé, samedi 17 mars, une interdiction de sortie du territoire à 17 cadres dirigeants du géant américain Chevron et de son associé, le groupe de forage suisse Transocean.

 

Ils sont poursuivis pour avoir provoqué une marée noire en novembre 2011 sur un champ pétrolifère situé à environ 3 km à l'est de cette nouvelle fuite, dans cette même zone d'extraction du bassin de Campos, appelé Campo de Frade.

 

Chevron, qui s'est déjà vu infliger plusieurs amendes, a assuré que la fuite repérée vendredi, une nappe de pétrole d'environ un kilomètre de long, était minime. Selon le numéro deux américain du pétrole, elle a été provoquée par des fissures d'origine naturelle dans le sol marin et non par les forages menés par Transocean. Des propos mis en doute par les autorités, qui estiment que la fuite pourrait être plus importante qu'annoncée.

Surtout, les enquêteurs soupçonnent que celle-ci pourrait être directement liée à la catastrophe de novembre qui avait entraîné, selon l'Agence nationale du pétrole (ANP), l'autorité de régulation brésilienne, une fuite de 3 000 barils de pétrole brut.

 

Soupçonné d'avoir falsifié des informations, Chevron aurait utilisé une sonde capable de perforer jusqu'à 7 600 mètres de profondeur. Un procédé qui pourrait avoir été mis en place pour atteindre clandestinement les gigantesques réserves de pétrole dit "pré-sal", découvertes en 2007 et enfouies à 7 000 m sous une épaisse croûte de sel devant les côtes des Etats de Rio de Janeiro et de Sao Paulo.

Une condamnation serait un coup dur pour les activités sud-américaines de Chevron, qui a entamé ses activités au large de Rio, en 1997, quand le Brésil a ouvert les portes du secteur pétrolier aux compagnies étrangères. Selon des chiffres officiels, la société américaine exploite 3,6 % du pétrole produit au Brésil (80 425 barils par jour) et 1 % du gaz naturel. Une suspension de la production du champ de Frade entraînerait pour l'entreprise une perte sèche de 4 millions de dollars (3 millions d'euros) par jour.

 

Les 17 cadres visés par la justice fédérale de Rio, parmi lesquels figure le patron de Chevron au Brésil, Geroge Buck, ont vingt-quatre heures pour remettre leurs passeports à la police, selon le bureau du procureur. Ils pourraient être inculpés dès mardi ou mercredi.